/!\ Pour celles/ceux qui seraient sensible à cela, ce chapitre contient une description graphique d'une punition physique assez violente. Si vous ne voulez pas lire ce passage, arrêtez vous à ce signe : /!\


Kili se réveilla recroquevillé sur lui même, au sol de la cage, ses fourrures retirées de son corps. Le sol était ferme et l'air froid traversé par de nombreux courants d'airs. Il ne pouvait ni se relever ni étendre ses jambes. Les cordes avaient disparues pour être remplacées par les entraves de fer qu'affectionnaient tellement les Firebeard pour leurs esclaves. Il ressentait un douloureux élancement dans son bras et dans son dos. Kili baissa les yeux sur son corps pour découvrir son bras enroulé dans un bandage recouvert par le sang qui l'avait traversé. Ses pieds étaient nus et froid. Le large hall était vide, excepté pour la présence de six Firebeards, assis à une table en son centre entrain de boire et discuter.

Il sentit soudainement une fourrure se poser sur ses pieds et se retourna pour apercevoir Bilbo entrain d'essayer de l'atteindre à travers les barreaux.

- Bilbo, demanda-t-il faiblement.

- Chut, répondit-il. Ne dit rien.

- Je suis si fatigué, murmura Kili.

- Tu as perdu beaucoup de sang.

- Bilbo… qu'est-ce qui ce passe ?

- Silence. Tu es un esclave en fuite et ton destin est entrain d'être discuté. Fili essaye de négocier pour ta vie. Tu n'aurais pas du t'enfuir, Kili. C'était stupide. Personne ne s'est jamais échappé.

Le ton du murmure de Bilbo était tranchant et en colère mais malgré tout teinté de tristesse. Il plongea la main dans un petit sac et en tira un petit bout de pain ainsi qu'un peu de viande qu'il fit passer à travers les barreaux.

- Celui que tu appelles Visage Brulé est entrain d'essayer de te réclamer. Il veut te prendre pour le sport.

- Qu'est ce que ça veut dire ?

- Te chasser, te violer, te tuer. Ce qui lui plaira. Si j'étais toi, je supplierais pour une mort rapide s'il arrivait à m'obtenir. Mais il se peut qu'il te garde en vie pendant un certain temps avant de te tuer.

- Je pensais que j'appartenais à Fili.

- Tu lui appartenais jusqu'à ce que tu te fasses attraper par un autre Firebeard sans porter de collier. Fili essaye de te réclamer à nouveau. Il revient au Chef et son conseil – dont Fili et les autres font partis – de décider.

L'esprit de Kili s'embruma, la douleur dans tout son corps devenant difficile à supporter. Il reposa sa tête et regarda Bilbo bouger pour venir se placer derrière Fili toujours assit à la table. Le blond se retourna et trouva les yeux de Kili. Le jeune nain put alors distinguer son chagrin et il fronça les sourcils avant d'enfoncer son visage entre ses bras. Il ne voulait pas voir Fili contrarié. Il avait fuit pour arrêter tout cela mais c'était désormais encore pire. Il ferma les yeux et retomba dans le sommeil de manière à échapper à la douleur qui tourmentait son corps et son esprit.


- L'esclave devrait être à moi, dit Grenik en abattant sa choppe sur la table.

- Dis-moi ce que tu veux et je te le donnerais en échange, supplia Fili.

Darek secoua la tête en lui lançant un regard.

- L'esclave devrait appartenir à celui qui l'a trouvé.

Le guérisseur secoua la tête.

- Les esclaves devraient rester avec leurs maitres. Ils savent mieux ce qui est bon pour eux. Laissez Fili le reprendre.

Fili se mordit la lèvre, détestant le guérisseur pour ce qu'il avait fait à Kili mais hochant néanmoins la tête en agréant. Il devait le récupérer.

Nurek hocha la tête.

- Laissez celui-là retourner à Fili.

Le groupe bascula à nouveau dans une argumentation, chacun hurlant pour être entendu.

- Stop ! Bronin se releva et les regarda tour à tour. J'ai besoin d'un instant avec Fili. Seul.

Les autres nains hochèrent la tête et se relevèrent pour s'écarter de la table. Bilbo resta à côté ; l'ordre ne s'appliquait pas à lui à moins que Bronin ne le précise. Fili regarda nerveusement Darek s'approcher de la cage mais fut soulagé quand il aperçut Nisor se placer entre Kili et lui.

- J'ai pris une décision. Grenik ne sera peut-être pas content, mais tu feras tout ce qu'il voudra pour compenser.

Fili inspira profondément.

- Je t'écoute.

- Le village a entendu les dernières nouvelles à propos d'un esclave qui se serait échappé ; ils vont donc se rassembler pour voir un spectacle. La punition doit être donnée. Et je peux autoriser Darek à la lui délivrer. Cent coups de fouet pour s'être enfui.

- Cent ? De Darek ? Tu n'es pas sérieux !

La respiration de Fili accéléra et il jeta un œil en arrière vers Kili qui était toujours étendu les yeux fermés.

- Il s'est fait attrapé avec plusieurs armes, Fili. Voler des armes est aussi une sérieuse offense.

Le blond secoua la tête avec un rictus sur le visage.

- Darek le tuera en moins de trente coups.

- C'est pour cela que tu seras satisfait par mon autre solution. Je te rendrais ton esclave à deux conditions. Premièrement, tu devras te tenir devant le village pour leur annoncer que tu n'as plus l'intention de devenir Chef et que tu me cèdes ton titre.

- Et deuxièmement ?

- Tu seras celui qui lui donne les cent coups de fouet.

Bronin ne cacha pas le sourire et le plaisir qu'il tirait de sa suggestion.

Fili ferma les yeux. C'était à la fois de la torture et un soulagement. Il ferait de son mieux pour garder la douleur la plus basse possible. Mais apporter à Kili n'importe quelle genre de douleur le rendait anxieux. Exactement ce que son oncle voulait.

- Autrement, je le donnerais à Grenik et autoriserais Darek à le fouetter.

- Je n'ai pas le choix n'est ce pas ?

Il serra les dents.

- Il semblerait que non, sourit Bronin. Tu as toujours été destiné à perdre ce petit jeu, Fili.

Le blond s'inclina en arrière en frottant son visage de ses mains.

- Je vois. J'y vois clair maintenant. Cette nuit là, dans le hall, tu me l'as donné… pour me donner un point faible que tu pourrais exploiter à ton profit. Il n'est qu'un pion dans ton petit jeu, un nain innocent prit au piège. Il ne mérite pas ça. Et qu'aurais tu fais si je l'avais abandonné ? S'il n'était jamais arrivé parmi nous, mon oncle ?

- J'avais d'autres plans. Te dévaloriser n'était que le début. Je connais des secrets que toi même ignores, Fili.

- De tout manière tu as ce que tu veux. Alors que sais tu mon oncle ? Je ne crois pas qu'il y ait autre chose de plus que tu pourrais possiblement utiliser contre moi. Je suis un honnête nain, un bon travailleur qui n'a rien fait d'autre que d'essayer d'aider son village depuis que j'ai été assez âgé pour tenir une épée.

Bronin rigola.

- Ce n'est pas vrai.

Fili plissa les yeux.

- Alors parle.

- Bilbo approche plus près, lui ordonna Bronin.

Le hobbit regarda nerveusement Fili mais avança et s'arrêta près des deux nains.

- Bilbo est resté au chevet de ton père lors de ses derniers mois, tout comme moi. Ton père nous a dit pleins d'étonnantes choses ces mois ci, Fili, et Bilbo pourras te confirmer ce que je sais. Il a essayé de s'excuser pour les mauvais actes commit durant sa vie. La vieillesse affaiblit les guerriers.

Fili pencha sa tête sur le côté, écoutant attentivement.

- Te rappelles-tu de tes premières années, Fili ? Je doute que ce soit le cas. Laisse moi te raconter une histoire. Tu n'es pas le fils de ton père, Fili. Non. Tu as été trouvé au sud du passage dans la montagne avec ta mère, Dis. Vous avez tous les deux été capturés lors d'un raid ; ton père et moi y étions. Ta mère a hurlé et hurlé ce jour là, tout en essayant de retourner aux chariots avec son fils. Mais elle fut attachée et emportée. Tu t'es bien débattu pour une si petite chose, donnant des coups de pieds et mordant. Ton père a été intrigué par ta bravoure. Il a proclamé que tu étais son fils et t'as rapporté avec lui. Plusieurs des autres nains se sont demandé comment il avait soudainement eu un fils âgé de cinq ans mais il a sévèrement punit ceux qui l'on remit en question, incluant la mort, et il ne fut plus jamais contredit.

- Tu mens.

Les poings de Fili se resserrèrent.

- Ecoute-moi. Ta mère a essayé de t'en apprendre plus à propos d'Erebor. Ton vrai foyer. Mais ton père te voulait pour lui et il l'a battu jusqu'à ce qu'elle arrête de t'apprendre la langue et de te raconter des histoires de chez toi. Ensuite il t'a dit d'oublier. Et quand tu ne le faisais pas et parlais en langue commune ou bien même demandais des histoires d'Erebor, il te bâtait. Ne te rappelles-tu pas ? Il te frappait et t'enfermait dans un placard. Ca a prit du temps, mais tu as fini par l'écouter ; il t'a dit d'oublier tout ce que tu savais et tu l'as fait pour te protéger.

Un sourire malsain traversa le visage de Bronin.

- Si c'était vrai, je me rappellerais de quelque chose ! Ce n'est pas vrai !

- Dis-lui, Bilbo.

Le hobbit prit une profonde respiration.

- Tu te souviens quand je t'ai demandé ce dont tu te souvenais d'Erebor ? Et que tu m'as répondu que ce que tu savais était grâce aux histoires de ta mère. Il a raison, Fili. Tu viens d'Erebor.

Tremblant, Fili agrippa le rebord de la table.

- Ton père m'a raconté cela sur son lit de mort. Il voulait que je te le dise après que tu sois devenus le Chef du village. C'est vrai. Je suis désolé.

Fili observa d'un regard vide la pièce où les autres étaient réunis autours de la cage de Kili. Mais il ne voyait désormais plus le brun ou quoi que ce soit d'autre. Il essaya de se rappeler des ses plus jeunes années mais le battement dans sa poitrine et dans sa tête l'empêchèrent de penser correctement.

- Ne t'es tu jamais demandé, mon cher neveu, pourquoi tu étais le plus petit guerrier du village ? Pourquoi ta barbe n'est pas rouge comme les nôtres ? Apparemment tu tiens cela de ton père biologique.

- Je suis désolée Fili. Mais il a raison. Tu n'es pas un Firebeard. Fili est bien ton vrai prénom en revanche, celui que ta mère t'a donné. Mais je ne sais rien d'autre à propos de ta famille.

- Moi je le sais, l'interrompit Bronin. Dis a pleuré la perte du fils qu'elle était encore entrain de nourrir au sein. Elle disait que nous avions dû le tuer lors du raid. Son mari avait été tué lors d'une bataille. Elle t'élevait avec son frère avant que nous la capturions. Elle a d'ailleurs toujours juré que celui-ci vous sauverait tous les deux. Elle avait tord. Personne n'est venu d'Erebor pour vous récupérer. Ton père Firebeard l'a prit pour lui et a fait de toi son fils. Personne ne s'est préoccupé de te retrouver, Fili. Erebor se fiche de son fils disparut.

Fili laissa sa tête tomber contre la table. Bilbo fit un pas vers lui mais Bronin lui fit signe de s'éloigner et il reprit alors sa place quelques pas derrière. Après quelques instants, Fili releva finalement la tête.

- J'en ai assez entendu. Je vais renoncer à mon titre de Chef du village, donner la punition de Kili puis le ramener chez moi. Et tu lui ficheras la paix, il sera sous ma protection en tant que mon esclave. Est-ce que j'ai ta parole ? Sommes-nous d'accord ?

Bronin hocha la tête.

- Bien. Allons-y avec ça.

Le vieux nain sourit et partit annoncer aux autres que le conseil avait décidé. Bilbo se précipita alors aux côtés de Fili.

- Je ne voulais pas te le dire ici. Mais maintenant que tu sais tout ça… tu te souviens de ce que je t'ai dit à propos des membres d'une même famille à Erebor ayant souvent des noms similaires ?

Fili se redressa.

- Quoi ?

- Tu as refusé de m'écouter. Fili… je pense que toi et Kili êtes relié. Je me suis posé la question depuis qu'il est arrivé.

- Un cousin ?

- Possible. Ou plus proche encore. Bronin a dit que Dis avait un nouveau né qui est mort. Peut-être qu'il n'est pas mort, Fili. Regarde le ! Est-ce qu'il ressemble à ta mère ?

Fili se tourna et regarda Kili toujours endormit dans la cage. C'est vrai qu'il avait les mêmes cheveux que sa mère, ceux dont il n'avait pas hérité. Et le même sourire maintenant qu'il y pensait. Fili n'aimait pas la pensée que son frère ou son cousin était là, allongé et blessé à cause de lui. Il refusait de croire cela.

- Non. C'est impossible. C'est juste une coïncidence, Bilbo, c'est tout.

La tête baissée, le hobbit traina des pieds avec un soupir.


Kili se réveilla au son d'une lourde cloche sonnant à l'extérieur du hall dans la cour. Il souleva la tête et sentit des pointes de douleur à travers tout son corps. Tout lui faisait mal. Il ferma à nouveau les yeux, espérant que le monde entier disparaisse. Les portes du hall s'ouvrirent dans un claquement et deux Firebeards en armures de cuire approchèrent de sa cage. Kili était effrayé. Il était fatigué et encore plus faible que la première fois qu'ils l'avaient capturé. Du sang avait traversé le bandage sur son bras, se répandant sur le sol en dessous de lui. Rentrer chez lui lui paraissait désormais peu probable et il espérait que la mort l'accueillerait avec des bras amicaux. Il espérait aussi avoir la chance de retrouver son père et sa mère dans l'au-delà.

Les deux guerriers déverrouillèrent la cage, l'attrapèrent et le relevèrent sur ses pieds. Il tomba sur le sol, comme désossé. Ils grognèrent et le soulevèrent à nouveau, glissant ses bras par dessus leurs épaules pour le porter à travers la porte et sur la place.

Le soleil brillait de milles éclats, obligeant Kili à cligner des paupières et regarder ailleurs jusqu'à ce que ses yeux s'ajustent à la luminosité. Il était encore tôt dans la matinée. La neige avait fondue pour à nouveau glacer pendant la nuit, laissant ainsi une petite surface qui reflétait le soleil. Mais le plus surprenant était que tout le village semblait être là. Tous les guerriers, leurs femmes, enfants et même tous les esclaves se tenaient là. La plupart des guerriers semblaient joyeux mais certain gardaient le visage baissé. Kili fut tiré jusqu'à l'obélisque au centre de la place. Un anneau de fer ainsi qu'une paire de menottes pendaient du pilier de pierre. Les nains qui l'escortaient le pressèrent contre le pilier, soulevant ses bras pour attacher ses mains au dessus de sa tête. Il laissa son torse se reposer contre l'obélisque.

Une grande partie de la foule était debout en demi cercle derrière son dos et il pouvait entendre le Chef, l'oncle de Fili, commencer de parler. La foule murmura son approbation et son mécontentement puis applaudit. Kili essaya de secouer un bras pour le libérer mais les menottes étaient attachées trop fermement alors il se contenta de fermer les yeux contre le piller.

- Fili, gémit-il, mais personne ne vint à lui.

Pendant le discours du Chef, il sentit ses bras devenir mou et ses genoux lâcher. Ses yeux se fermèrent. Il fut ramené à la conscience quand un sceau d'eau froide fut renversé sur sa tête. Il jeta alors un œil au garde à côté de lui qui tenait un sceau dans les mains. En dépit du soleil, l'air était gelé. Il commença de frémir en hoquetant ce qui entraina immédiatement les rires de la foule. Kili trembla violement dans l'air frais du matin tout en observant les autres esclaves du village se faire placer devant et autour de lui. Ils furent ensuite tous agenouillés pour pouvoir clairement apercevoir son visage. Bilbo s'agenouilla là où il pouvait le mieux entrevoir son visage. Le hobbit portait ses légères et fines restreintes, contrairement aux autres esclaves qui portaient des versions de métal bien plus lourdes. Il avait l'air bouleversé ; son visage et ses yeux étaient rouges et gonflés. Kili voulait l'étreindre, le réconforter. Malgré son épuisement, il lui parut évident que Bilbo avait pleuré pour lui.

Bronin continua de parler jusqu'à ce qu'il désigne finalement Fili. Le blond parla haut et fort. Kili reconnu de la colère dans sa voix mais ne comprit cependant pas ce qu'il se passait. Il ne comprenait pas assez de mots pour comprendre que Fili venait juste de renoncer à son droit de devenir Chef dans quelques années. La foule devint silencieuse puis commença à applaudir. Fili était de toute évidence fâché ; Kili put seulement deviner qu'une fois encore il en était la source. Il ferma les yeux avant de recevoir un nouveau sceau d'eau froide dans le visage qui l'obligea à ouvrir ses paupières.

Il y eu un bruit de pas derrière lui et il voulut regarder mais ne put tourner la tête. Il ferma les yeux et sentit ensuite une mains douce se presser contre sa joue puis continuer son chemin dans ses cheveux. De la chaleur s'en émanait. Il ouvrit alors les yeux pour découvrir Fili se tenant juste à coté de lui. Le blond baissa la tête, se plaçant juste à côté de l'endroit où Kili pendait au bout de ses menottes.

- Désolé, Kili, dit-il doucement en langue commune.

Le brun releva ses yeux à moitié entre ouverts avec surprise ; Fili n'avait jamais parlé en langue commune auparavant. Il appuya sa tête contre la main mais elle disparue soudainement en même temps que le réconfort qu'elle lui avait apporté. Il était au milieu de la place du village, enchainé à un pilier, trempé par de l'eau glacée lors d'un matin froid.

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Il y eu un son de bottes sur l'estrade derrière lui. Puis un couteau découpa sa tunique, la réduisant en morceau pour l'arracher hors de son dos. Kili regarda Bilbo, terrifié et craignant ce qui allait se passer. Mais le hobbit détourna les yeux. Le premier coup de fouet le fit se relever sur ses orteils avec un cri de surprise. Au second, ses muscles se crispèrent. Au troisième ils se contractèrent. Au vingtième, Kili ferma à nouveau les yeux, seulement pour qu'un nouveau sceau d'eau lui soit jeté à la tête. Après cela, tout devint flou ; les coups s'abattant rapidement et durement, la foule poussant des acclamations. Ce son, était-ce Bilbo entrain de pleurer ? Au quarantième coup il perdit le contrôle de sa vessie. Autour du cinquantième il reçu un nouveau sceau d'eau. Au soixante-dixième il ne pouvait plus rien sentir d'autre que son dos ardent contrastant avec ses pieds, bras et mains gelés. Au quatre-vingtième il rigolait, délirant. Au quatre-vingt-dixième il y eu un nouveau sceau d'eau. Et après le centième, il gémissait ; ses jambes avait lâchées, le laissant désormais pendre à ses menottes alors que le sang coulait abondamment de ses poignets et de son dos.

Il avait besoin de Bilbo et Fili. Il essaya de les appeler mais ses lèvres ne voulaient pas obéir. Ses yeux commencèrent à nouveau de se fermer mais un énième sceau fut renversé sur sa tête. Ca n'avait plus aucune importance. Ses yeux se fermèrent et un autre sceau lui fut renversé dessus. Il obligea ses genoux à se redresser pour soulager le poids sur ses poignets. Il était entièrement trempé et ses orteils gelés commencèrent d'être agréablement chaud. Mais les coups de fouets s'étaient arrêtés. Du coin de ses yeux, il aperçut le fouet arriver à côté de lui et essaya de faire un pas en arrière mais ne réussit qu'à se balancer sur lui même. Il souleva alors la tête avec lassitude. Fili tenait le fouet. Kili laissa un faible gémissement s'échapper de sa bouche, son corps avachit contre le pilier, les menottes seules l'empêchant de s'effondrer.

Fili parvenait difficilement à garder ses émotions sous contrôle devant la foule mais conservait néanmoins le comportement contrôlé qu'il avait toujours eu l'habitude d'avoir. Cependant, le gémissement de Kili le perdit presque et il dû poser une main sur le pilier pour empêcher ses genoux de trembler. C'aurait sans doute été plus miséricordieux d'accepter la mort de Kili ; la plupart des esclaves étaient fouettés sévèrement et mourraient quelques jours plus tard à cause d'infections et d'affamement. Quelque uns étaient mort sur le pilier, si maigre que le fouet avait endommagé des organes intérieurs. Mais Fili avait besoin de garder Kili en vie. Ses coups avaient été suffisamment fort pour montrer qu'il avait essayé mais avaient aussi été du plus légers qu'il avait osé pour épargner Kili la mort dont la plupart des autres succombaient. Cette décision le hantait désormais alors qu'il regardait le nain d'Erebor. Son corps tremblait de douleur ou de froid, Fili ne su pas le dire. Il craint alors que ce soit les des deux. Kili gémissait occasionnellement à voix haute et Fili se dit alors que le brun devait en être inconscient. Le garde avec le sceau le remplit à nouveau puis le renversa sur sa victime, ce qui eut l'effet de lui faire relever sa tête brune.

Fili fit le tour de Kili ; il y avait une large zébrure rouge en forme de lame traversant son épaule, là où la lance l'avait touché. Mais aussi une longue coupure sur son visage laissée par la tribu rivale de Firebeard qui avait attaquée le village. Et une profonde coupure sur son bras dû à hache de Grenik. Puis une grande quantité de sang et de peau déchirée sur son dos : la punition que Fili avait été forcé de lui administrer pour le sauver. Allait-ce réellement être le dernier acte déplorable que son oncle allait le forcer à commettre ?

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Fili se pencha et attrapa aussi doucement qu'il le put le menton de Kili pour le soulever.

- Je suis vraiment désolé Kili, murmura t-il dans sa langue, sachant que le brun ne comprendrais pas mais espérant que sa voix pourrait lui apporter un peu de réconfort. Je ne voulais pas faire ça. J'aurais souhaité que tu ne te sois jamais enfuit. Sois fort s'il te plait et survit à cette journée.

Les yeux bruns regardaient dans le vide. Est-ce que Kili réalisait au moins qu'il lui parlait ?

L'oncle de Fili, le Chef, vint derrière lui et commença de parler à la tribu à propos des ordres et de l'obéissance des esclaves. Il marcha autour du piller, avançant en direction de Kili mais Fili se plaça devant le jeune nain. Son oncle se contenta de lui sourire innocemment et continua son chemin vers les esclaves à genoux, laissant sa main courir sur l'arrière de leurs colliers alors qu'ils courbaient la tête. Le blond l'observa attentivement quand il fit une pause à Bilbo en gardant sa main placée sur sa tête. Fili se tendit et fixa son oncle, le désir de protéger le hobbit seulement surpassé par son besoin de rester auprès de Kili qui avait souffert de blessures beaucoup plus graves

Finalement son oncle reprit son chemin puis sa position sur l'estrade. Il avança ensuite vers Kili ; il passa à côté de Fili et se plaça derrière.

- Ceux qui ont la chance d'avoir un esclave vont les ramener chez eux et leur rappeler qui ils servent. S'ils sont désobéissants ou essayent de fuir, dites leurs qu'ils subiront un destin bien pire que celui de celui là.

Sa main se tendit et il agrippa les cheveux de Kili pour tirer sa tête en arrière. Le brun gémit, ressentant clairement beaucoup de douleur. Fili se crispa à nouveau.

- Maintenant rentrez chez vous.

La foule commença alors de se disperser tandis que Bronin contournait Fili.

- La prochaine fois que toi ou ton esclave faite la moindre petite chose pour m'agacer, il sera de retour contre se pilier. Rappelle toi de ta place ici, neveu, et tu vivra. Défis moi et je le détruirais pièce par pièce.

Fili se sentit bouillir mais se retint pour le bien de Kili. La main du Chef glissa sur les zébrures rouges de l'esclave et enfonça ses doigts dans les blessures. Le brun respira d'un souffle fragile.

- Il reste ici jusqu'à ce que je le libère.

- A midi ?

- Quand je serais prêt.

Fili baissa la tête et se détourna. Il récupéra Bilbo et le conduit chez eux, là où le hobbit serait en sécurité puis revint avec une large fourrure qu'il pourrait draper autour de Kili. C'était plutôt improbable que quelqu'un puisse chercher à s'en prendre à Bilbo quand Kili était une cible bien plus alléchante. Fili avança sur la plateforme et quelques passants le regardèrent quand il souleva la fourrure sur le dos de l'esclave presque nu pour essayer d'enrouler son corps pale et en sang à l'intérieur. Les villageois eurent un petit sourire mauvais alors qu'il secouaient leurs têtes avec désapprobation mais tous continuèrent néanmoins leurs chemins. Fili se plaça devant Kili et prit doucement son visage froid entre ses mains mais celui ci ne se réveilla pas.

- Je suis désolée, je suis désolé, murmura-t-il. J'ai fait ce que j'ai pus. C'est dur mais je réalise que ce n'était pas assez. J'aurais dû te le dire. Je… Je pense que je n'ai jamais eu un égal de toute ma vie, Kili. Je veux faire de toi mon égal. Ce sera difficile mais tu dois me faire savoir si je fais comme il faut. Je te parlerais plus et si tu ne veux pas apprendre ma langue, j'apprendrais la tienne. Et nous discuterons à travers Bilbo jusqu'à ce que je puisse te parler. Est-ce que tu comprends ? Ca ne se reproduira plus jamais.

Il observa le visage pale avec un froncement de sourcils et frotta doucement son pouce sur la lèvre de Kili.

- Réveille toi. Donne moi une nouvelle chance, s'il te plait ?

Les pieds de Kili glissèrent dans le sang par terre et il grogna alors qu'il glissait, les menottes écorchant ses bras. Fili referma rapidement ses bras autour de lui pour tenter de le soulager puis continua de murmurer à son oreille.

Le blond resta debout pendant des heures, mais cela aurait aussi bien put être une vie entière. Il vérifia la respiration de Kili, enleva le sang de ses poignets et le porta pour soulager ses poignets menottés de son poids. Il pressa son corps contre le sien pour le garder au chaud. Le nain d'Erebor se réveilla vaguement, ses membres convulsant et ses yeux papillonnants. Fili sentit son cœur se soulever mais Kili retomba en un instant dans l'inconscience.

Le blond se jura alors que Kili ne quitterait plus jamais ses yeux. Il désirait fortement partir le lendemain avec lui et Bilbo mais agir de la sorte reviendrait à être une sentence de mort pour Kili. Il serait trop faible pour survivre dans cet environnement froid, même s'il pouvait le cacher dans une grotte. Ils seraient ensuite coincés au nord du passage dans la montagne où son oncle le retrouverait et les tuerait tous s'ils n'étaient pas déjà morts de froid avant. Fili enroula un bras autour du torse nu de Kili pour le maintenir contre lui. Le seul qui souffrait plus que Kili était Fili.


Bonjour ! Je suis vraiment vraiment désolée d'avoir mis autant de temps à publier ce nouveau chapitre mais récemment, entre mon boulot, mon copain et la préparation de mon déménagement, j'ai été plus que débordée… Je préfère ne rien promettre, mais je vais vraiment essayer de récupérer un rythme plus régulier ! On m'a demandé si cette fanfiction était entièrement parue en anglais et la réponse est oui :) Si vous le pouvez, n'hésitez pas à aller la lire directement en anglais ! (le lien est sur mon profil).

Un grand merci pour vos reviews et encouragement ! :D