Hey !

Voilà donc comme promis le chapitre du mardi :)

Encore une fois, merci pour les follows, les favs, et les reviews de chacun ! Je me répète mais ça me semble important de le dire parce que c'est à travers ça que vous les lecteurs, vous nous motivez et vous nous donnez envie de continuer à nous les auteurs :)

Vous avez été plusieurs à trouver Cora vraiment dure avec Regina dans le dernier chapitre, mais on sait tous comment elle est après tout ;) En plus, il y a une raison bien précise à ça (quelqu'un l'a d'ailleurs trouvée !).

Je ne vous "retiens" pas plus longtemps et je vous souhaite une bonne lecture en espérant que ce chapitre vous plaira :)


Après sa promenade en forêt, Emma était rentrée chez elle. Sa mère lui avait dit qu'une de ses camarades de classe était passée pour récupérer un sac. Seul problème : elle ne connaissait personne du nom de Rose. Mais elle n'en dit rien à sa mère et se contenta de lui dire que c'était chez cette jeune fille qu'elle était passée. Le soir, comme prévu, elle avait rejoint ses amis au Granny's où ils avaient dîné tous ensemble. Quand Anna lui avait envoyé un message pour lui demander si elle n'avait pas oublié leur projet de se voir, Emma avait prétendu avoir trop de travail pour sortir et avait simplement promis qu'elles mangeraient ensemble le lundi midi. Mais bien entendu elle oublia sa promesse, ce qui lui valut une dispute avec sa petite amie qui, malgré les apparences, avait un caractère bien trempé et ne se gênait pas pour le dire quand quelque chose la dérangeait.

- Tu sais quoi ? On devrait peut-être arrêter là, lâcha Emma sans ménager la rousse.

- Quoi ? Tu veux dire… se séparer ?

- Oui.

- Mais ça fait à peine une semaine qu'on est ensemble !

- Justement, on se dispute déjà après une semaine. Tu imagines le résultat quand ça fera un mois ?

- Tu trouves que j'ai tort de m'énerver ?

- Je ne suis pas sûre qu'un simple oubli de déjeuner justifie ta réaction, en effet.

- Mais si tu oublies ce genre de chose dès maintenant je suis en droit de me demander ce que tu oublieras la prochaine fois.

- Alors séparons-nous !

Anna la fixa d'un regard accusateur.

- Quoi ? demanda Emma.

- J'espérais que ce qu'on dit à ton sujet était faux, mais apparemment j'en attendais trop de toi.

- Qu'est-ce qu'on dit à mon sujet ?

- Je pense que tu le sais déjà, inutile d'en parler.

- Si ça ne te convient pas tu peux partir, ça m'est égal.

Blessée, Anna ne put retenir les larmes qui commençaient déjà à briller dans ses yeux. Elle tourna les talons et partit sans un mot. Comme à chaque fois, Emma ne se sentit même pas coupable. Ce n'était pas sa faute si sa façon de faire et son caractère ne convenait à personne après tout. Ce qu'elle voulait c'était séduire, elle se fichait bien de ce que pouvaient ressentir ceux qui avaient le malheur de tomber dans ses filets.

- SwanQueen -

Le lendemain, alors qu'elle déjeunait tranquillement en compagnie de Neal et Ruby, elle vit une silhouette s'approcher de la table où ils étaient installés. Elle tourna la tête et découvrit Regina. La brune était encore plus belle que d'habitude dans sa robe noire qui moulait parfaitement ses formes avantageuses, et Emma ne se gêna pas pour la détailler du regard.

- Je pourrai te parler quand tu auras fini de me mater ? lança Regina.

- Bien sûr. De quoi veux-tu parler, Rose ?

Ruby et Neal, qui savaient pertinemment que Rose n'était pas le nom de la brune, échangèrent un regard intrigué. La blonde n'avait parlé des évènements du weekend à personne et aucun de ses amis n'était au courant de ce qui s'était passé. Regina serra les dents.

- On peut aller plus loin ?

- Ça te dérange de parler devant mes amis ?

- Plutôt oui, lâcha la brune d'un ton sec.

Satisfaite de l'énervement qu'elle semblait avoir provoqué chez son interlocutrice, Emma se leva et la suivit jusqu'à un endroit du réfectoire isolé, loin des oreilles indiscrètes.

- Alors ? Je t'écoute, commença la blonde.

- Je voulais te remercier d'être venue jusque chez moi pour me rapporter mon sac.

- Tu m'as fait bouger juste pour me dire ça ?

- Les gens bien élevés disent « de rien » quand on les remercie, dit Regina en lui lançant un regard méprisant.

- Alors tu diras à ta mère qu'habituellement on dit « merci » quand les gens font ce que j'ai fait.

La brune la fixa sans rien dire, prise à son propre jeu.

- Bon je peux y aller si tu as fini ? demanda Emma.

- Je voulais aussi te parler de ce qui s'est passé vendredi.

- Je n'ai rien dit à mes parents si c'est ce qui t'inquiète.

- Par contre tu ne t'es pas gênée pour en parler à ma mère.

- Je n'ai pas vraiment eu le choix, elle n'avait pas l'air de me croire quand je lui ai dit que le sac était à toi.

- Tu aurais pu inventer quelque chose d'autre !

- Je ne pensais pas que ça poserait problème qu'elle sache ce qui s'était passé, dit la blonde avec un air blasé. Elle t'a passé un savon ?

- Rien de grave, mentit Regina. C'est juste qu'elle n'a pas aimé que je prenne de tels risques.

- En parlant de ça… commença Emma. Merci beaucoup. Je comptais te remercier en venant chez toi, mais tu n'étais pas là alors… Merci, tu m'as sauvée la vie.

- N'en fais pas trop non plus, lâcha la burne en détournant le regard, mal à l'aise.

- Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?

Regina ne s'attendait absolument pas à ce genre de question, si bien qu'elle ne sut pas quoi répondre.

- Et surtout… reprit Emma qui semblait hésiter. Comment tu as fait ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Regina en fronçant les sourcils.

- Ce que tu as fait… C'est humainement impossible.

- Humainement ? Tu parles comme s'il existait des êtres humanoïdes doués de capacités supérieures aux nôtres, dit Regina avec un rire sarcastique.

- Après tout pourquoi pas, lâcha Emma.

La brune lui lança un regard intrigué, tentant de décrypter l'expression fermée de la blonde.

- Alors, comment tu as fait ? recommença Emma.

- J'ai de bons réflexes, voilà tout, dit la brune pour couper court à la conversation.

- Ne te fiche pas de moi. Même Usain Bolt n'aurait pas pu arriver à temps pour m'écarter avant que je me fasse renverser.

- Il faut croire que j'ai été plus rapide que lui alors.

- Tu me caches quelque chose, je le sens, et je compte bien découvrir ce que c'est.

- Si ça peut apporter un peu de piment dans ta vie je t'en prie, ne te gêne pas, ironisa Regina. Maintenant tu m'excuseras, je dois y aller.

La brune lança un dernier regard à son interlocutrice avant de s'éloigner. Emma la regarda partir, les sourcils froncés, pensive, avant de finalement rejoindre ses deux amis pour finir son repas.

- SwanQueen -

C'était la fin de la journée. Emma rangeait quelques affaires dans son casier avant de rentrer chez elle. Elle referma la porte, prête à quitter le lycée. Mais quand elle se retourna, son regard croisa celui d'Elsa. La jeune fille était non loin d'elle et semblait réconforter sa petite sœur qui avait les yeux rouges, signe qu'elle venait de pleurer. Emma préféra tourner les talons et s'en aller, fuyant comme toujours pour ne pas avoir à assumer les conséquences de ses actes. Mais c'était sans compter Elsa et la promesse que cette dernière lui avait faite quelques jours auparavant.

- Eh, Swan ! Reste là !

La blonde fit la sourde oreille et accéléra le pas, bousculant les élèves qui se trouvaient sur son passage pour avancer plus vite. Mais il ne fallut que quelques secondes à Elsa, qui elle aussi avait forcé le pas, pour rattraper Emma qu'elle saisit par l'épaule pour la tourner face à elle.

- J'ai deux mots à te dire.

- Mais moi j'ai pas envie de te parler, alors lâche-moi, dit-elle en se dégageant brutalement de la prise de la jeune fille.

- C'est con, j'avais pas l'intention de te demander ton avis.

A peine se phrases terminée, Elsa poussa Emma sans ménagement et celle-ci heurta un élève qui passait par là.

- Fous-moi la paix, ok ?

- Qu'est-ce que je t'avais dit ?

- Je sais pas, et je m'en fous.

- Je t'avais dit que si tu faisais souffrir ma sœur, tu allais avoir à faire à moi.

- La belle affaire, dit Emma avec un sourire en coin.

- Tu as peut-être ta petite réputation à toi, mais moi aussi j'en ai une.

- Voyez-vous ça, continua Emma d'un ton ironique, provoquant ouvertement son adversaire.

- J'ai pas pour habitude de laisser des gens comme toi faire souffrir ceux que j'aime.

- Oh si c'est pas mignon ! Arrête, tu vas me faire pleurer.

Anna, qui s'était entre temps approchée, vit sa sœur serrer les dents. Elle la connaissait et savait qu'Emma était en train de mettre sa patience à rude épreuve. Mais ça, Emma aussi le savait, et c'était exactement ce qu'elle voulait : pousser son adversaire à bout.

- Joue pas la maligne, tu pourrais le regretter, gronda Elsa.

- C'est fou ce que tu me fais flipper.

- T'es en train de te payer ma tête ?

- A peine, sourit Emma.

- J'ai pas envie de m'embrouiller aujourd'hui, alors voilà ce que je te propose : tu présentes tes excuses à Anna pour le comportement déplacé que tu as eu et on en reste là.

Pour toute réponse, la blonde éclata de rire, ce qui eut pour effet d'énerver encore davantage Elsa.

- Non mais tu t'écoutes ? T'as quand même pas sérieusement cru que j'allais accepter comme un bon petit toutou ? Parce que si c'est le cas, laisse-moi te dire que tu te plantes.

- C'est bon, c'est pas grave Elsa, allons-y, dit doucement Anna.

- Non, pas question. Il est temps que cette file apprenne à respecter les gens.

Elle reporta son attention sur Emma et planta ses yeux bleus dans les deux émeraudes qui la narguaient.

- Excuse-toi.

L'atmosphère était électrique. Tous les élèves présents observaient la scène d'un air inquiet. Emma prit un air provocateur au possible et s'approcha de son interlocutrice. Elle se planta à quelques centimètres à peine d'elle, les bras croisés.

- Va te faire foutre.

Laissant la colère l'envahir, Elsa poussa à nouveau la blonde qui lui faisait face.

- C'est tout ce que tu sais faire ? la nargua Emma avant d'agir à son tour.

Emma n'avait pas froid aux yeux, et surtout elle n'avait absolument pas peur d'Elsa. Et ça, elle comptait bien le lui montrer. Elle fut immédiatement bien plus brutale que son adversaire. Tous les élèves s'écartèrent quand elle plaqua Elsa contre les casiers. Celle-ci gifla violemment la blonde pour se dégager mais immédiatement Emma la saisit par les cheveux et la fit tomber au sol. Elle s'approcha d'un pas colérique d'Elsa qui se relevait tout juste et l'empoigna par le col pour la plaquer de nouveau aux casiers. Emma avait totalement perdu le contrôle. Elle était folle de rage que quelqu'un ait osé s'en prendre à elle, qui plus est devant des dizaines d'élèves qui observaient maintenant la bagarre sans intervenir. Elsa se débattit pour tenter de se dégager de la position de faiblesse dans laquelle elle se trouvait et qui la désavantageait largement. Alors, Emma laissa parler sa colère et son poing s'abattit sur le visage de son adversaire. Elle avait frappé si fort que la lèvre de la jeune fille avait été fendue. La seconde d'après, le sang coulait déjà de la blessure, et toute l'assemblée était immobile et parfaitement muette, sous le choc. Emma, qui ne réalisait pas encore ce qu'elle venait de faire, raffermit sa prise. Sa respiration était saccadée, désordonnée. Elle posa les yeux sur le sang qui coulait maintenant sur le visage d'Elsa, et alors, ce fut comme si plus rien d'autre n'existait. La vue de ce liquide rouge la bloqua, l'empêchant de réfléchir et de penser logiquement. Il n'y avait plus que ce saint graal qui semblait l'appeler, la tenter. Elle aurait donné n'importe quoi à cet instant pour boire un peu de ce sang qu'elle trouvait pourtant habituellement dégoûtant. Ses yeux restaient rivés sur cette blessure dont elle était l'auteure et par laquelle s'échappait maintenant le précieux liquide. Le silence fut brisé par des pas qui accouraient et une voix.

- Ça suffit !

Emma fut alors ramenée à la réalité. Elle lança un regard à celle qui venait d'arriver et eut la surprise de voir que ce n'était pas un professeur mais Regina.

- Lâche-la ! ordonna la brune en éloignant Emma de sa victime.

La blonde obéit, prenant tout à coup conscience de ce qui venait de se passer. Elsa prit de la distance et lança un regard apeuré à son bourreau. Emma tremblait comme une feuille, choquée par ce qu'elle venait de faire. Tout à coup, elle sentit ses canines ressortir, réclamant leur dû. Prise de panique à l'idée que quelqu'un le remarque, elle prit juste le temps de ramasser son sac abandonné par terre dans la bagarre et s'enfuit en courant. Elle voulut s'enfermer dans les toilettes le temps de se calmer, puis se ravisa. C'était la première fois qu'elle se trouvait dans ce genre de situation, mais elle savait que ce qu'il lui fallait, c'était du sang. Tant qu'elle n'aurait pas bu, ses canines ne reprendraient pas leur aspect habituel. Elle courut donc jusqu'à l'arrêt de bus mais pesta en constatant qu'elle venait de rater le premier et que le suivant ne serait pas là avant de longues minutes. Un élève la bouscula sans le vouloir et s'excusa, mais elle ne dit rien. Son angoisse monta d'un cran quand elle s'aperçut qu'elle commençait à voir tous les gens qui l'entouraient comme de potentiels repas. Si elle se concentrait suffisamment, elle pouvait même entendre leur cœur battre et sentir la chaleur de leur sang, juste sous leur peau. Après une courte hésitation, elle préféra rentrer chez elle à pieds plutôt que de prendre le risque de perdre à nouveau le contrôle et de s'en prendre à quelqu'un. Elle sursauta violemment en tombant nez à nez avec Regina quand elle se retourna pour prendre la direction de sa maison.

- Qu'est-ce qui t'a pris avec Elsa ? lui demanda la brune d'un ton accusateur.

Mais Emma n'entendit pas la question posée, ne réalisa même pas que Regina lui parlait. Tout ce qu'elle voyait, à cet instant, c'était le cou palpitant de la brune qui lui tendait les bras. Elle n'avait qu'à s'avancer de quelques centimètres pour mordre et boire. Réalisant subitement ce à quoi elle était en train de penser, elle se ressaisit.

- Est-ce que ça va ? l'interrogea à nouveau Regina.

- O… Oui. Mais je dois rentrer.

- Pas avant que tu m'aies donné une explication et que tu te sois excusée auprès d'Elsa.

- J'ai pas le temps je te dis.

La blonde contourna la brunette et commença à s'éloigner, mais alors Regina la saisit par le poignet, l'empêchant de partir.

- Non, tu restes là.

Emma se dégagea brutalement et fit volte-face.

- Lâche-moi !

Se sentant agressée, son instinct avait pris le dessus et elle avait crié, attirant l'attention de tout le monde, et surtout, dévoilant ses dents aux yeux de Regina qui affichait maintenant un air effrayé. Se maudissant, elle partit en courant avant que la brune n'ait le temps de la retenir à nouveau.

- SwanQueen -

- Emma, sors d'ici ! Dis-moi ce qui s'est passé !

Emma était maintenant enfermée depuis plus d'une heure dans sa salle de bain. Elle avait couru depuis le lycée jusque chez elle sans s'arrêter. Heureusement pour elle, les réserves de « nourriture » ne manquaient jamais chez elle. Le Docteur Whale, un médecin de l'hôpital de la ville, véreux et facilement corruptible, acceptait sans problème de fournir chaque semaine à la mère d'Emma, et ce sans poser de questions, des poches de sang en échange de quelques billets. A peine arrivée, Emma avait foncé jusqu'au frigo où elle avait pris une poche de sang entière avant de filer à l'étage. Tous ses talents de vampire exacerbés par l'appel du sang, elle n'avait eu aucun mal à pousser sa commode, pourtant lourde, pour bloquer l'entrée de sa chambre. Une fois certaine que personne n'entrerait, elle s'était ruée dans sa salle de bain. Dominée par un instinct animal, elle avait mordu à pleine dents sans la moindre hésitation dans la poche de sang et avait bu jusqu'à la dernière goutte.

Elle se trouvait maintenant assise à même le sol, le dos contre la porte. Elle se dégoûtait d'avoir pu en arriver à se comporter comme une bête en quête de survie, un animal sauvage sans le moindre contrôle. Elle essayait sans succès de vider son esprit, d'oublier tout ce qui s'était passé pendant les dernières heures, oublier cette perte de contrôle totale dont elle avait été victime. Mais rien n'y faisait, elle revoyait sans cesse les mêmes images se répéter, comme si elle revivait les mêmes scènes en boucle. Elle n'entendait même plus la voix de sa mère qui essayait sans relâche de la convaincre de sortir.

- Emma, c'est papa.

Cette nouvelle voix attira l'attention de la jeune fille. Son père, qui travaillait comme shérif, venait sûrement de rentrer du poste.

- Emma, écoute-moi. Laisse-nous entrer, d'accord ? On va discuter. Quoi qu'il se soit passé on peut comprendre ta mère et moi, et on ne te jugera pas, ne t'en fais pas. Maintenant ouvre, s'il-te-plaît.

La blondinette resta immobile, incapable de bouger alors qu'elle sentait dans tout son corps une force qu'elle n'avait encore jamais connue auparavant.

- S'il-te-plaît, ouvre, répéta calmement son père.

Alors que le ton affolé de sa mère l'avait davantage faite paniquer, la voix posée de son père rassurait Emma et l'aidait à se calmer.

- Je… Je ne veux pas vous faire de mal, dit-elle.

- Tu ne nous feras aucun mal, j'ai confiance en toi.

- Mais tout à l'heure… J'ai complètement perdu les pédales…. J'arrivais plus à me contrôler.

- C'est passé maintenant. Tout va bien, tu n'as plus rien à craindre. Laisse-nous entrer.

Le silence répondit à cette nouvelle demande et se prolongea.

- Emma ? appela David.

Soudain, du mouvement se fit entendre de l'autre côté de la porte, puis le verrou claqua. Avec toutes les précautions du monde, le père d'Emma ouvrit délicatement la porte pour ne pas effrayer sa fille. Ce qu'il découvrit le laissa pétrifié. Même Mary-Margaret, qui était pourtant habituée à la vue du sang depuis longtemps, fut choquée de voir dans quel état se trouvait sa fille. Recroquevillée contre le mur opposé à la porte, Emma releva un regard effrayé vers eux. Elle avait du sang sur le visage, mais aussi sur ses vêtements et ses mains. Elle tremblait de tout son corps et sa peau était plus pâle encore que celle de sa mère. Très vite, comprenant qu'elle était en état de choc, David prit les choses en mains. Il retourna dans la chambre de sa fille et en revint avec sa couette dont il la couvrit. Puis il se saisit d'un gant de toilette qu'il imbiba d'eau avant de s'accroupir en face de sa fille.

- Donne-moi tes mains, dit-il calmement.

Emma obéit et il les frotta énergiquement pour en faire disparaître toute trace de sang. Une fois fait, il s'occupa du visage de sa fille qui ne disait rien, le regard perdu dans le vide. Pendant ce temps, Mary-Margaret avait fini par se reprendre. Elle avait jeté la poche de sang vide et avait effacé toute trace de sang de la pièce, puis elle avait ramené des vêtements propres pour remplacer ceux souillés que sa fille portait et avait commencé à faire couler de l'eau dans la baignoire.

- Je vais l'aider à se laver, dit-elle à son mari quand il eut terminé le plus gros. Va lui préparer quelque chose de chaud.

David hocha la tête et s'exécuta, emmenant avec lui le gant de toilette qu'il avait utilisé.

- Tu peux te lever ?

Aidée par sa mère, Emma se mit debout et se déshabilla lentement pour se plonger dans l'eau chaude de la baignoire. Mary-Margaret la lava entièrement, sa fille ne faisant pas le moindre geste pour l'aider. Au bout de plusieurs minutes, cette dernière finit par parler.

- Tu n'aurais jamais dû me mettre au monde.

En entendant ses mots, la petite brune interrompit immédiatement ses gestes pour regarder sa fille.

- Mais qu'est-ce que tu racontes, enfin ?

- Je suis une espèce d'hybride, un croisement improbable incapable de se contrôler. Je suis un monstre.

- Je t'interdis de dire une chose pareille ! s'écria sa mère.

Emma ne réagit pas. Elle semblait imperméable au monde extérieur, comme devenue incapable d'exprimer la moindre émotion.

- Regarde-moi, dit Mary-Margaret d'un ton ferme.

Sa fille n'obéissant pas, elle la saisit par le menton et tourna sa tête face à elle.

- Tu n'es pas un monstre, tu entends ? Tu es née de l'amour qui existe entre ton père et moi, un grand et bel amour, et rien que pour ça, c'est impossible que tu sois un monstre. Je sais que ce n'est pas facile tous les jours pour toi, mais tu ne dois pas avoir honte de ce que tu es. Au contraire, sois en fière.

Emma n'eut pas la moindre réaction, pas même une lueur ne s'alluma dans ses yeux. Les mots glissaient sur elle comme s'ils n'avaient pas été prononcés. Elle se sentait tellement vide. Voyant qu'elle n'était absolument pas réceptive, sa mère finit de la laver sans rien ajouter, puis elle l'aida à sortir et à s'habiller.

- SwanQueen -

Emma était assise à la table de la cuisine, une tasse de chocolat chaud à la cannelle entre les mains, face à ses parents. Sa mère l'avait faite descendre une fois qu'elle avait été propre et changée, et son père lui avait immédiatement servi sa boisson chaude préférée qu'il venait tout juste de finir de préparer. Ses deux parents avaient attendu qu'elle ait bu quelques gorgées et se soit réchauffée avant de l'interroger.

- Qu'est-ce qui s'est passé, ma chérie ? commença sa mère.

Emma releva un regard un peu plus réactif vers elle et la fixa avant de répondre.

- Je… Je me suis battue avec une fille au lycée, admit-elle, honteuse.

Alors qu'elle s'attendait à ce qu'ils la réprimandent, ses parents ne dirent rien. Ils continuèrent à l'observer, prêts à écouter la suite de son récit. Alors elle reprit.

- Ça aurait pu s'arrêter là mais… Je l'ai blessée et… Elle a commencé à saigner.

A ces mots, Mary-Margaret se raidit et serra plus fort la main de son mari qu'elle tenait dans la sienne. Elle avait une petite idée de ce qui avait pu se produire après cela, et rien que d'imaginer sa fille dans une situation dans laquelle elle s'était elle-même trouvée plusieurs fois, elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

- D'un seul coup, j'ai eu besoin de boire du sang. Alors je suis partie avant de totalement perdre le contrôle et de faire une bêtise… En arrivant ici, ma première idée a été de boire pour arrêter tout ça. J'avais…

Sa voix se brisa dans sa gorge, l'empêchant de continuer. Son père prit sa main dans la sienne pour la rassurer et l'encourager à aller jusqu'au bout de son histoire. Il voulait qu'elle dise ce qu'elle avait sur le cœur, ce qu'elle ressentait, il savait qu'elle en avait besoin.

- J'avais l'impression… reprit alors Emma. J'avais l'impression de ne plus être moi-même. C'était comme si quelqu'un… ou plutôt quelque chose… avait pris possession de mon corps. Ça ne m'était jamais arrivé avant, c'est la première fois. C'était… C'était horrible.

Les larmes coulèrent sur ses joues sans qu'elle puisse les retenir et sa mère lui tendit un paquet de mouchoirs. Quand elle se fut un peu calmée, Mary-Margaret prit la parole.

- C'est normal, Emma.

- Normal ?! s'exclama la blonde. J'aurais pu mordre n'importe qui au lycée ou dans la rue et toi tu trouves ça normal ?!

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

- Mais tu l'as dit.

- Ecoute… Je suis passée par là, je sais ce que c'est.

- Alors pourquoi tu ne m'avais pas mise en garde ? demanda Emma d'un ton plein de reproches.

- Je ne pensais pas que ça t'arriverait à toi aussi. Je sais comment peut réagir un vampire, mais je n'ai jamais connu aucun sang mêlé, je ne sais absolument pas comment va se faire ton développement. Petite, tu n'avais quasiment aucun signe indiquant que tu grandirais comme un vampire. Tu n'étais pas particulièrement forte, tes sens ne semblaient pas plus développés que la moyenne et tu avais tout d'un enfant normal à part ton besoin de sang. Mais de toute évidence au fil des années tu commences à prendre certains de mes traits.

- Alors ça peut recommencer ?

Mary-Margaret échangea un bref regard avec son mari.

- Maman, dis-moi la vérité.

Après un instant d'hésitation, sa mère prit à nouveau la parole.

- Oui, admit-elle. Si ça t'est arrivé une fois alors ça peut recommencer.

Emma s'affaissa sur sa chaise, assommée par la nouvelle.

- Mais ça peut aussi n'être que passager, tenta de la rassurer sa mère. Tu n'auras qu'à emmener un peu de sang avec toi, au cas où tu en aurais besoin pendant la journée. Tu apprendras à gérer tout ça comme je l'ai fait. Je serai là pour t'aider, ne t'en fais pas.

Mais déjà, Emma n'entendait plus ce que lui disait sa mère. Peu importe que ça ne soit peut-être que passager, le fait est qu'elle allait certainement être obligée de boire plus de sang pour satisfaire ses besoins et éviter un nouveau dérapage. C'était tellement injuste. Elle qui n'avait déjà pas la vie facile, coincée entre deux peuples, deux cultures, elle allait maintenant devoir assumer de nouveaux inconvénients apportés par le sang de sa mère.

Ce soir-là, Emma ne mangea pas. Les derniers événements de la journée lui avait coupé l'appétit, et rien que l'idée qu'elle devrait dorénavant se nourrir de sang non seulement le soir comme c'était le cas jusqu'à présent, mais aussi le matin, lui donnait la nausée. Elle se coucha de bonne heure et seule dans sa chambre, plongée dans l'obscurité, elle laissa libre cours à sa douleur.


Voilà voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Un chapitre plutôt centré sur Emma donc, et qui marque un tournant important pour elle. J'ai un peu laissé Regina de côté du coup, et donc ce n'est pas encore maintenant qu'on en apprendra plus sur elle... Mais ne vous en faites pas, dès le chapitre suivant je parlerai à nouveau d'elle, et il se pourrait bien que la relation entre nos deux demoiselles évolue un peu... ;)

J'attends vos commentaires pour me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, si vous avez le temps ça fait toujours plaisir :)

A bientôt pour la suite !

PS : Je vais sûrement publier un OS aujourd'hui ou dans les jours à venir pour ceux que ça intéresserait.