Bonjour/Bonsoir ! Je suis de retour ( pour vous jouer un... STOP ! Je fais tout le temps cette blague, elle perd toute sa saveur à la fin ^^' ) avec le premier chapitre. J'espère que vous l'apprécierez ! :) Je me suis amusée à l'écrire, surtout le début en fait xD
Un immense merci à Sieba972, Le Poussin Fou, tahury, Anne2014 et MICHONCHON pour leurs adorables reviews et pour avoir ajouté cette histoire à la rubrique " Follow/Fav " ! :D
Je sais que je devais ajouter quelque chose... comme... dire que Merlin n'est pas à moi mais à la BBC, mais... je ne me souviens pas quoi (a) Ah et je suis désolée, je n'ai pas de musiques à vous proposer. J'en ai essayé plusieurs, mais rien ne me convenait... Je me rattraperai sur la suite, promis ! :)
Bonne lecture mes très chers ! :)
Chapitre 1: Un frêle quotidien...
Une semaine plus tôt.
- Le soleil est levé, il brille de milles feux et les oiseaux chantent ! Entonna gaiement Merlin en ouvrant grands les rideaux des appartements de son maître.
- La ferme, Merlin ! Marmonna ce dernier, la tête cachée sous les draps.
- On se bouge, espèce de fainéant ! Continua le serviteur en riant.
Pour toute réponse, Arthur se redressa en sursaut, attrapa un gobelet en étain posé sur la table de chevet et le jeta férocement à la figure de Merlin. Celui-ci esquiva de justesse tout en balayant la pièce d'un regard circulaire. Des vêtements roulés en boule et des objets divers traînaient au hasard sur le sol. Merlin soupira mollement et déclara d'un faux air dépité:
- Pourquoi ne suis-je pas étonné que votre chambre soit un véritable capharnaüm ?
- Si tu passais plus de temps à faire ton travail qu'à traîner à la taverne on n'en serait sûrement pas là, répliqua Arthur en se levant.
- Je passe presque tout mon temps à polir votre armure et astiquer vos bottes, vous voulez dire ! Vous devriez me remercier au lieu de vous plaindre. Grâce à moi, vous êtes parfaitement équipé en cas d'attaque !
- Te dire merci ?
Arthur posa une main sur l'épaule de Merlin et l'observa d'un œil sérieux et pénétrant. Il garda un silence songeur, comme s'il réfléchissait honnêtement à la question et à une réponse convenable à apporter. Puis, tel un acteur qui aurait été frappé par l'inspiration, il laissa tomber, arborant une fausse mine compatissante:
- Je suis navré de te l'apprendre, mais... ça n'arrivera certainement jamais.
Tandis qu'Arthur disparaissait derrière le paravent, fier de son petit numéro, Merlin leva les yeux au ciel. Il collecta les vêtements du roi dans la penderie qu'il déposa nonchalamment sur son bras et les lui tendit.
- Quel est le programme de la journée ?
- Il faut que tu polisses mon armure, fasses la lessive, reprises plusieurs de mes tuniques...
- Je voulais dire, votre programme ?
- Mais j'allais y venir, assura Arthur d'un sourire satisfait. Ce matin, j'ai décidé d'entretenir un conseil sur la sécurité du royaume, puis j'ai des papiers à traiter. Et cette après-midi, j'ai organisé une séance d'entraînement. Gauvain a la fâcheuse manie de se rouiller quand il passe ses journées à boire. J'ose espérer qu'il ne t'influence pas, Merlin.
- Moi ? Bien-sûr que non ! S'esclaffa t-il.
Arthur sortit de derrière le paravent, raccordant à la hâte les manches de sa tunique. Il dévisagea Merlin d'un air profondément blasé et lâcha, perplexe au plus haut point:
- Il est très difficile de te croire quand tu affiches ce sourire d'idiot.
- J'aime mieux être un idiot qu'un crétin royal, marmonna Merlin en se détournant.
- Pardon ?
- Oh euh... j'ai dis: il fait si beau, ça me rend jovial ! D'ailleurs, où est Guenièvre, ce matin ?
- Elle fait des commissions dans la ville basse.
Arthur étira les bras en étouffant un bâillement. Merlin jugea qu'il n'avait pas du tout l'allure d'un roi avec ses grimaces ridicules, mais il garda son commentaire pour lui.
- Je pars au conseil, l'informa Arthur. A mon retour, je veux que cet endroit soit impeccable, d'accord, Merlin ?
- Vous ne prenez pas de petit-déjeuner ?
- Pas aujourd'hui.
Merlin ouvrit la bouche pour répondre, mais le roi avait déjà filé des appartements. Il darda un regard désespéré sur le plateau qu'il avait apporté à son arrivée, puis il soupira. Si Arthur prenait la manie de sécher les repas il pourrait avoir la décence de le prévenir, histoire qu'il n'ait pas à se coltiner des plateaux à longueur de temps.
- Allez... au travail !
Arthur entra dans la salle où se tenaient régulièrement les banquets et les audiences, aménagée ce matin-là spécialement pour le conseil. Gaïus était attablé, discutant à voix basse avec Geoffrey, le généalogiste de la cour qui était au service de la famille Pendragon depuis de nombreuses années. Plusieurs conseillers et chevaliers, dont Léon, Perceval, Gauvain et Elyan, étaient également présents et attendaient silencieusement l'arrivée de leur monarque. Quand celui-ci prit un siège en bout de table afin de dominer l'ensemble du groupe, les quelques conversations qui emplissaient la salle s'estompèrent.
- Je vous remercie d'être tous là. La table ronde est en réparation, ce pourquoi je vous ai demandé de venir ici. Aujourd'hui, j'aimerais aborder un point qui me semble essentiel et qui, selon moi, a été bien trop négligé sous le règne de mon père. La sécurité du royaume.
- Sire, le coupa Gaïus, sous le règne de votre père, le roi Uther, le peuple de Camelot n'a jamais été négligé. Sa sécurité primait avant toute chose.
- Ce n'est pas de cela dont il s'agit, Gaïus. Je veux parler de la sécurité interne du château, rectifia Arthur, en particulier les tunnels et les voies secrètes d'accès à la ville basse. La protection du château et de ses dirigeants entraîne la protection et la sécurité du peuple, si vous voyez ce que je veux dire.
- Où voulez-vous en venir, Sire ? Je ne vous suis pas...
Arthur ferma brièvement les yeux, repensant à la cuisante trahison d'Agravain. Il avait eu des soupçons à son sujet, même Merlin avait tenté de le prévenir, mais il n'avait pas été suffisamment vigilant malgré cela. Il avait encore du mal à digérer cette énième perte, cette énième trahison. Parfois, il lui semblait que les seules personnes en lesquelles il pouvait nourrir une confiance absolue étaient ses chevaliers, Guenièvre et Gaïus. Et Merlin. Surtout Merlin. Arthur s'éclaircit discrètement la gorge et poursuivit:
- Morgane a déjà pénétré la citadelle, elle a déjà réussi à prendre le trône... et cela, à cause d'Agravain. Il a volé les plans des tunnels et les lui a remis. Je ne veux plus qu'une telle chose se reproduise. J'ai donc pris la décision de garder ces plans dans mes appartements, de les cacher des traîtres potentiels.
- Sire, sauf votre respect, les avoir déplacés dans vos appartements ne réduira pas la possibilité qu'ils soient volés de nouveau, argumenta un conseiller.
- C'est exact, mais personne n'a accès librement à mes appartements, personne sauf mon épouse et mon serviteur. Et tous les deux ont mon entière confiance. Je suis conscient que cette initiative ne mettra pas les plans en réelle sûreté, il suffit d'un mensonge de la part d'un traître, d'une manipulation pour qu'ils soient repris, mais c'est l'initiative la plus préventive.
- Cela est vrai, reconnut Gaïus. Les risques en sont tout au moins diminués.
Arthur et quelques personnes approuvèrent d'un hochement de tête.
- Sire, enchaîna Léon, et si Morgane a mémorisé les plans des tunnels, si elle attaque de nouveau... que ferons-nous ?
- J'ai pensé à cette possibilité, en effet. Mais cela fait plus d'un an maintenant qu'elle ne s'est pas manifestée, alors j'ai bon espoir qu'elle ne recommencera pas. De plus, j'ai ordonné la surveillance constante de l'entrée de ces tunnels. En cas de mouvement suspect ou d'invasion, nous serons alertés.
Arthur guetta la réaction des conseillers et des chevaliers, s'attendant à ce que l'un d'eux émette une objection ou lui fasse part d'une meilleure idée concernant le sujet. Plusieurs secondes passèrent dans un calme plat. Arthur se leva, donnant par ce fait la permission aux autres d'en faire autant.
- Bien, si personne n'a rien à ajouter, le conseil est terminé.
Tout le monde emprunta l'entrée principale pour sortir, mais Arthur préféra passer par la porte dérobée dissimulée derrière une tapisserie, porte qui donnait sur le couloir menant aux cuisines et aux extérieurs. Il voulait prendre un peu de nourriture, la faim commençait à se faire sentir. Il n'aurait pas dû délaisser son petit-déjeuner avant de partir, finalement. En ouvrant la dite porte, il tomba nez à nez sur son serviteur.
- Merlin ?
Quand Arthur fut parti, Merlin fit le tour de la chambre afin de récupérer les vêtements et les objets, pour la plupart de la vaisselle et des ustensiles, jonchant le sol. Arthur n'arrivait décidément pas à calmer ses ardeurs meurtrières envers lui. Le plus souvent, lorsque Merlin travaillait ailleurs, Guenièvre se chargeait de remettre un peu d'ordre, mais elle avait été plutôt occupée durant les derniers jours. Une fois les babioles remises à leur place et les vêtements balancés en vrac dans le panier, Merlin déposa celui-ci sur la table avec l'intention de s'en occuper plus tard. Il prit le plateau qu'Arthur avait royalement ignoré, puis s'engagea dans le couloir, direction les cuisines. Il était hors de question de gaspiller de la nourriture. Élevé à Ealdor, un petit village avec très peu de richesses, Merlin avait appris la valeur des choses, surtout la nourriture. Sur le chemin il salua gentiment les quelques serviteurs qu'il croisa, mais il n'y avait pas grand monde. En zigzaguant sur sa droite, empruntant le dernier couloir avant sa destination, Merlin vit quelque chose remuer derrière la tapisserie donnant accès à la salle où se tenait le conseil du roi. Intrigué, mais surtout inquiet, il s'approcha lentement et souleva la tapisserie de sa main libre. Un homme, pas plus âgé qu'Arthur, portant l'habit des serviteurs, était penché contre le bois de la porte.
- Je peux vous aider ? Lâcha Merlin, méfiant.
L'homme retint un cri apeuré et s'extirpa de la petite cavité. Il réprima un rire nerveux et expliqua, les mains levées en signe de paix:
- Ne vous méprenez pas sur mes intentions, je n'étais pas en train d'espionner ! Je suis nouveau, ici, et j'avoue avoir du mal à m'orienter.
- Cela n'explique pas ce que vous faisiez à l'instant, rétorqua Merlin, les sourcils froncés.
- Oui, bien-sûr, je voulais donner du contexte, c'est tout, bredouilla le serviteur, mal à l'aise. On m'a indiqué le chemin des cuisines, en me disant qu'il fallait passer derrière une tapisserie. J'ai été un peu étonné, mais j'ai suivi les indications malgré tout. Comme j'étais très intimidé, je n'ai pas osé entrer...
Merlin fronça les sourcils de plus belle. Il n'était pas convaincu par les propos de ce nouveau serviteur. Bien qu'il ait sincèrement l'air d'être gêné et honteux, le jeune sorcier avait un mauvais pressentiment. Il passa outre, néanmoins, et répondit sur un ton naturel:
- On a dû vous faire une mauvaise blague. Continuez tout droit, les cuisines sont au fond.
- Je me disais aussi ! Rigola l'homme. Merci beaucoup.
Il reprit sa route d'un pas mal assuré, sans se retourner une seule fois. Merlin décida de surveiller attentivement ce nouvel arrivant. Quelque chose, chez lui, le perturbait, quelque chose qu'il n'arrivait pas à définir.
- Merlin ? Fit la voix d'Arthur.
- Votre conseil est déjà terminé ? S'étonna t-il.
- Oui, j'ai dit tout ce qu'il fallait. Euh... Puis-je savoir pourquoi tu es planté comme un idiot au milieu du couloir ?
- Oh... je me rendais aux cuisines pour rendre votre petit-déjeuner quand...
- Changement de programme ! Déclara Arthur. Rapporte le dans mes appartements, je meurs de faim !
Merlin ne fut pas surpris de se retrouver à soupirer une fois encore. En plus d'être un crétin royal tous les jours, il fallait qu'Arthur devienne lunatique et changeant. Que de bonheur ! Merlin secoua la tête et suivit donc son maître jusqu'à ses appartements.
L'après-midi s'annonçait calme pour Merlin, comme pour Arthur. Entraîner ses chevaliers était une tâche quotidienne et relaxante pour ce dernier. Il avait toujours particulièrement adoré donner des ordres aux autres, cela avait le don de le détendre. Tandis qu'Arthur vérifiait les postures des chevaliers nouvellement adoubés, les mains sur les hanches, Merlin patientait sur un banc, une moue défaite sur les lèvres. Il s'ennuyait. A part ramasser les boucliers ou les épées qui gisaient sur l'herbe, il n'avait rien à faire. Il aurait aimé s'atteler à la couture qu'Arthur lui avait assignée dans la matinée, mais le roi de Camelot tenait à sa présence à chaque séance d'entraînement. Merlin n'avait jamais compris pourquoi, mais il obéissait tout de même. Sa dernière volonté était bien de mettre Arthur en colère. Il l'agaçait souvent quand il disparaissait à droite à gauche sans le prévenir, il n'allait pas en rajouter.
- Sir Alidor, votre jeu de jambes se relâche.
Le chevalier en question s'immobilisa un court instant afin de rectifier sa position.
- Bien-sûr, il n'y a que sa royale crétinesse ici présent qui a un jeu de jambes parfait, marmonna Merlin en jouant avec des brins d'herbes.
- S'il t'entendait il t'enverrait sur le terrain pour servir de bouclier, ironisa Gauvain en s'asseyant à côté de lui.
- Oh je m'en fiche. Je ne compte plus mes bleus, tu sais.
- Tu as l'air de dépérir, tout seul sur ce banc, Merlin, continua son ami. Tu devrais te réjouir d'avoir du temps libre.
- Du temps libre à regarder Arthur donner des ordres et des chevaliers se faire frapper. C'est vrai que c'est très amusant, j'adore ça ! Renchérit Merlin en esquissant un sourire moqueur.
- Gauvain ! L'appela Arthur, visiblement contrarié.
- Je te laisse, on ne voudrait pas jouer avec les nerfs de la princesse !
Merlin éclata de rire, amusé. Gauvain avait ce talent rare d'égayer ( ou de désespérer selon les cas ) n'importe qui rien qu'en parlant. Il le regarda s'exercer sous l'œil patient et inquisiteur d'Arthur durant quelques minutes, mais reporta vite son attention sur autre chose. Il n'avait pas recroisé le serviteur dans la journée et cela l'inquiétait fortement. Si ce dernier traînait derrière lui de mauvaises intentions envers Arthur ou le royaume, Merlin se devait d'en être au courant pour prévenir son maître ou empêcher une future potentielle catastrophe. Mais ce qui le tourmentait le plus, à cet instant, était le fait que les appartements soient vides. Guenièvre, escortée par Elyan et Léon, était allée se promener en forêt, il n'y avait donc pas âme qui vive aux alentours des quartiers royaux. Enfin, théoriquement. Angoissé, Merlin ne demandait qu'à aller vérifier si une menace se présentait, une menace qu'il avait vue rôder près de la salle du conseil le matin même. Il se leva brusquement et se dirigea vers le roi.
- Arthur, est-ce que je peux m'occuper de mes autres corvées ?
- C'est la première fois que tu t'intéresses à ton travail, Merlin, remarqua Arthur, sarcastique. Eh bien, puisque ce n'est pas tous les jours, je t'en donne la permission.
- 'erci.
Arthur fut légèrement étonné du ton pressé qu'avait eu Merlin. Il l'observa quitter le terrain en courant... puis soupira gravement. Oui, il pouvait affirmer que c'était la première fois que son valet avait hâte de se mettre au travail.
Merlin entra dans les appartements, le souffle coupé. Il avait couru sans s'arrêter un seul instant, pas même pour répondre à Gaïus qui lui demandait d'aller lui cueillir des herbes quand il aurait un moment de libre. Haletant, Merlin fit le tour de la pièce, vérifiant chaque recoin, allant même jusqu'à regarder sous le lit. Non, il n'y avait personne, absolument personne. Un calme apaisant régnait dans la grande chambre du roi et de la reine. Seuls le chant des oiseaux et les cris lointains des chevaliers entraient par la fenêtre ouverte. Un soleil majestueux illuminait l'ensemble du château. Cette ambiance donnait à Merlin l'envie de se prélasser. Il secoua la tête et frappa dans ses mains pour se motiver. Ne surtout pas laisser la flemme prendre le dessus, rester au taquet ! S'il avait eu l'intention de terminer ses obligations un peu plus tôt, cette intention s'était évanouie dans les airs.
- Bon... c'est reparti.
Il se glissa derrière le paravent afin de prendre les vêtements ayant besoin d'être reprisés. C'est alors qu'il entendit la porte s'ouvrir. Il se raidit. Le mauvais pressentiment qu'il avait ressenti tout au long de la journée refaisait désagréablement surface. Qui cela pouvait bien être ? Arthur entraînait les chevaliers et Guenièvre était dans la forêt, partie pas plus d'une heure auparavant. Ça ne pouvait pas être eux. Merlin veilla à rester caché et tendit l'oreille...
Des bruits de pas qui claquent sur le sol.
Une respiration lente et mesurée.
Des ongles qui martèlent le bois de la table.
Une voix d'homme...
- Où est-ce que tu les caches, Pendragon ?
Merlin n'osa plus respirer et se plaqua contre le mur, sentant son cœur s'accélérer violemment. Cette voix. C'était celle du serviteur qu'il avait surpris quelques heures plus tôt. Sauf que... sa voix n'était plus la même. Elle n'était plus riante et maladroite, elle était... emplit d'avidité et de cruauté. Merlin avait eu raison de se méfier. Mais que devait-il faire ? Sortir de sa cachette, peut-être. Sûrement. Toutefois, s'il se dévoilait maintenant l'homme pourrait s'enfuir et alors il n'aurait pas de preuve à apporter à Arthur quant à sa culpabilité. Merlin préféra donc attendre qu'il fasse quelque chose, il préféra voir quelles étaient ses intentions.
- Où les caches-tu ? Répéta une deuxième fois l'intrus d'une voix sournoise.
De son poste d'écoute, Merlin l'entendit taper sur la table, puis se diriger vers le fond de la pièce. Il osa jeter un discret coup d'œil et le vit alors penché sur le bureau d'Arthur, en train de soulever des parchemins, de les déplacer, de les reposer, veillant à laisser l'agencement de la paperasse dans son état initial.
« Mais que cherche t-il, exactement ? »
La curiosité de Merlin était piquée. Il ne voyait pas ce qu'il y avait d'intéressant dans les travaux d'Arthur qui vaille la peine d'être volé. Il avait beau se creuser les méninges, rien ne lui vint à l'esprit. Il continua d'observer la situation, surveillant les faits et gestes de ce faux serviteur, zieutant avec précaution ses allées et venues entre le bureau et les tiroirs de la table de chevet. Merlin hésita. Devait-il se montrer et l'emmener de force devant Arthur ? Mais s'il se débattait, s'il lui échappait ? Cet homme était peut-être plus petit que lui, mais sa carrure n'en restait pas moins imposante. Ou alors... il pouvait l'effrayer afin de le faire fuir. L'espion, en admettant qu'il en soit un, reviendrait obligatoirement à la charge. Merlin n'aurait qu'à s'en occuper à ce moment-là. S'il construisait un plan bien formé entre temps, nul doute qu'il l'attraperait.
« Ouais... ça ne me semble pas une si bonne stratégie, en fait. », résuma Merlin, maussade. « Mais je ne peux pas me montrer devant lui tout de suite et encore moins dévoiler ma magie... ». Il savait qu'il perdait du temps à cogiter comme il le faisait, mais il n'avait malheureusement pas d'autres idées en tête.
- Vous voilàààà ! Minauda subitement l'homme.
Merlin l'aperçut serrer contre lui des rouleaux de parchemins, assez anciens d'après leur apparence. Ces rouleaux, il les reconnut immédiatement. C'était les plans des tunnels du château ! Voilà quel était le sujet du conseil et pourquoi ce soit disant serviteur avait écouté secrètement la conversation. Merlin comprenait mieux, désormais. Là, il n'avait plus le choix. Il devait agir. Peut-être que son deuxième plan n'était pas si mauvais, en fin de compte.
Il se concentra sur les parchemins et n'eut même pas besoin de prononcer une formule qu'ils échappèrent à l'emprise du voleur, se mirent à flotter dans le vide et allèrent se poser sur le bureau. L'homme resta quelques instants interdit, les yeux rivés sur les plans, puis murmura, épouvanté:
- Oooooohh... cet endroit est maudit...
Sur ces mots, il recula vers la porte et s'engouffra à l'extérieur en courant, trébuchant au passage contre la table. Merlin cacha son fou rire derrière ses mains. Certes, la situation n'avait rien de drôle, mais la réaction de l'homme était hilarante. Bon, un autre problème se posait: devait-il, oui ou non, prévenir Arthur ? La dernière fois il avait tenté de l'alerter au sujet d'Agravain, mais sa bonne foi n'avait servi à rien, son plan était tombé à l'eau. Il ne tenait pas à ce que cela se reproduise.
« Je vais m'en occuper tout seul... Ce n'est pas comme si c'était la première fois, après tout. »
Merlin remit les plans à leur place et sortit des appartements, regardant dans tous les sens, à l'affût du moindre danger. Les couloirs étaient déserts et silencieux. Il décida donc de terminer ses corvées avant d'entreprendre quoi que ce soit.
Mais Merlin ne se doutait pas que, dissimulé à l'angle du couloir, le voleur l'observait attentivement. Les pièces se mettaient en place une à une dans l'esprit de ce dernier...
Les plans qui lévitent tout seuls, la présence de ce serviteur dans les appartements, son air méfiant en scrutant les couloirs...
« C'est le garçon de ce matin, ça doit être lui le serviteur du roi Arthur. Mais alors... Serait-ce possible que... Mais bien-sûr, c'est évident ! C'est la chose la plus évidente qui soit ! C'est forcément lui... Emrys. ».
Oh oui, toutes les pièces se rejoignaient, s'assemblaient. C'était clair comme de l'eau de roche, il ne pouvait en être autrement.
« J'ai bien senti de la magie quand ces fichus plans se sont mis à flotter, j'ai bien senti qu'il y avait quelqu'un... Je n'ai eu qu'à simuler une piètre crise de panique, histoire de rester dans le rôle... et voyez qui je découvre ! ».
Il était resté sagement près des appartements, attendant que le sorcier terré quelque part dans la pièce daigne se montrer. Et il était tombé sur Emrys. Emrys ! Il tourna les talons, particulièrement fier de lui-même, puis laissa une dernière pensée se former dans son esprit...
« Dame Morgane sera sûrement très intéressée... ».
Alors, petite précision: Je sais, il ne s'est pas passé grand chose. Mais ce chapitre est le seul qui sera vraiment " tranquille ". A partir du prochain, l'intrigue va réellement se mettre en place ! ( Le prologue vous a prouvé que ça n'allait pas être la joie... ).
J'espère de poster la semaine prochaine, à bientôt ! :)
