Bonjour/Bonsoir ! C'est encore moi ( qui d'autre ? ) ! Je poste maintenant le chapitre 2 :) J'espère que vous l'aimerez... Plusieurs questions seront posées, mais vous aurez aussi quelques éclaircissements je pense. Les choses vont réellement dégénérer dans le prochain chapitre et seront pires dans le chapitre suivant puis dans le suivant etc., vous êtes prévenus.

Je tiens à remercier ameliesky61, Sieba972, tahury, Black-Tulipe, Le Poussin Fou et Anne2014 pour leurs reviews ! :D Un deuxième remerciement pour Black-Tulipe, ameliesky61 et marco29830 pour avoir mis cette histoire en Fav/Follow ! :3

Oh je vous raconte pas la dernière nouvelle... Merlin est à la BBC. Ah, vous n'êtes pas étonnés ?

Bon, après ce petit blabla je vous laisse lire :) Bonne lecture mes très chers ! ;)

Chapitre 2: Au delà de soi-même...

( Ed Sheeran - I see fire ( instrumental ) )

« Il y a quelque chose qui cloche... ».

Voilà à quoi pensait Merlin en pénétrant dans les appartements de Gaïus pour déposer les herbes qu'il venait de cueillir. Deux jours étaient passés depuis qu'il avait vu le faux serviteur, ou devrait-il plutôt le surnommer « l'ennemi de Camelot », s'introduire dans la chambre d'Arthur et Guenièvre pour tenter de voler les plans des tunnels. Deux jours que Merlin le cherchait, en vain. Deux jours que ce mystérieux personnage n'était plus réapparu, n'avait pas donné signe de vie. Il s'était tout simplement... volatilisé. Cette brusque disparition inquiétait le jeune sorcier. Si cet homme était un voleur, comme il le pensait, pourquoi n'avait-il pas terminé le travail ? Merlin ne savait pas quelle était la ou les raisons de son absence, ni s'il reviendrait dans les prochains jours. Il aurait aimé mener son enquête pour en savoir plus et, si besoin ait, se préparer à un danger potentiel, mais Arthur l'accablait de corvées.

Merlin se laissa tomber sur une chaise et lança un coup d'œil par la fenêtre. Le soleil était encore en train de se lever, tirant doucement les habitants de Camelot du sommeil. Il serait bien retourné dormir, lui aussi. Sa nuit avait été agitée... sans qu'il ne sache pourquoi. Il se rappelait s'être réveillé, puis s'être rendormi, mais n'avait pas le souvenir de ce qu'il avait fait entre temps.

- Tu es bien matinal, mon garçon, remarqua Gaïus en entrant.

- Je suis allé cueillir les plantes dont vous avez besoin, expliqua rapidement Merlin, le regard dans le vide.

- Tu aurais pu t'en charger plus tard, ce n'était pas pressé.

- Pour vous peut-être pas, mais ma journée à moi va être plutôt chargée. Je dois nettoyer les écuries, polir tout l'attirail d'Arthur et l'accompagner en patrouille cet après-midi.

- Oh tu as vu pire depuis toutes ces années à son service, rectifia Gaïus en riant.

- Oui, je sais, je sais...

Gaïus prit un siège en face de son pupille et l'examina. Merlin ne semblait pas concentré le mois du monde sur la conversation. Il fixait un coin de la table, les yeux fixes, le teint légèrement pâle, même.

- Tu es sûr que tout va bien, Merlin ? Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler ?

- Hein ? Fit-il en relevant la tête. Non, Gaïus, tout va bien, je vous promets. Je suis fatigué, rien de plus.

Habituellement, lorsque quelque chose de... non conforme aux lois du royaume se produisait au château, Merlin en touchait mot au médecin afin d'avoir son avis et entendre ses conseils, mais cette fois-là il ne lui avait pas parlé de la scène dont il avait été témoin deux jours plus tôt, tandis qu'il se cachait dans les appartement de son maître. Étant donné que l'homme n'avait pas refait surface, il estimait qu'il n'était pas d'une grande utilité de mettre Gaïus au courant.

Merlin se leva prestement et agita les bras, comme pour se remettre d'aplomb.

- Il faut que j'aille réveiller sa majesté, le roi Arthur ! Annonça t-il, moqueur. A moins que Guenièvre s'en soit chargée... ça m'éviterait de recevoir des projectiles. Hier matin j'ai eu droit à une assiette encore pleine des restes de la veille !

- Voilà pourquoi j'ai retrouvé ta tunique parsemée de légumes, comprit Gaïus, amusé. J'ai pensé que tu étais encore retourné au pilori.

- Croyez-moi, j'ai appris à éviter le pilori, répliqua Merlin d'un ton à la fois fier et espiègle.

Merlin attrapa une pomme dans la coupelle remplie du même fruit, la contempla quelques secondes pour déterminer sa comestibilité, puis la croqua goulûment.

- Où les avez-vous eues ?

- Un présent de Guenièvre, l'informa distraitement Gaïus.

Celui-ci s'installa confortablement sur sa chaise et ouvrit un livre de médecine. Merlin esquissa un sourire, comprenant que son tuteur était reparti dans ses lectures. Il prit le temps de terminer sa pomme, lui tenant lieu de petit-déjeuner, avant de sortir des appartements, prêt à démarrer la journée. Le couloir était calme, il n'y avait pas âme qui vive aux alentours.

FLASH

Merlin perdit l'équilibre et s'écroula contre le mur. Quelque chose était passé devant ses yeux. Quelque chose dont il ne connaissait pas l'origine. C'était une sorte... d'image... floue et sombre. Il avait cru reconnaître une silhouette et apercevoir une lumière blanche. Mais rien d'autre.

FLASH

Un deuxième. Cette fois, en plus d'avoir vu la même image, il avait entendu une voix, trop étouffée pour qu'il puisse mettre une signification sur ses paroles. Il sentit son cœur cogner furieusement dans sa poitrine et sa respiration s'accélérer. L'inquiétude et l'angoisse le faisaient trembler. Mais que lui arrivait-il ?

FLASH FLASH FLASH

Merlin se prit la tête entre les mains et serra les dents. Toujours la même image. Une silhouette noire. Une lueur incandescente blanche. Une voix. Être harcelé par des semblants d'images et des sons hachés n'était pas censé figurer au programme de la journée. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond, chez lui, tout à coup ? Quel était le sens de ces... flashs étranges et imprécis ? Que devait-il comprendre ? Devait-il essayer de les déchiffrer ?

- Peut-être que c'est la fatigue... J'ai peut-être eu une hallucination...

Merlin avait beau prononcer des hypothèses à voix haute, il n'était même pas sûr de ce qu'il avançait, ni si ce qu'il disait avait réellement un fondement. A ses oreilles, cela sonnait complètement erroné. Il apaisa son souffle précipité et tâcha de calmer les battements frénétiques de son cœur. Il sentait la migraine poindre, ce qui n'allait pas arranger sa journée. Celle-ci avait bien commencé, il fallait que des visions, des flashs, des images, n'importe quoi, lui tombent dessus pour la gâcher ! Une fois sûr qu'il avait retrouvé son état normal et, surtout, son équilibre, il reprit son chemin. A cet instant, son plus grand souhait était de ne pas afficher un teint maladif. Arthur avait peut-être tendance à faire semblant d'être intéressé de l'état de santé de son serviteur, mais il n'était pas aveugle. Guenièvre non plus, et Gaïus encore moins ! La dernière volonté de Merlin était bien de se faire materner.

Il gagna rapidement la chambre des souverains et, évidemment, ne s'attarda pas à frapper pour s'annoncer. Guenièvre et Arthur, encore couchés, dans les bras de l'autre, discutaient à voix basse. Merlin ne sut pourquoi, mais il s'arrêta brusquement en les voyant. Il sentit une vague de haine le parcourir, vague qui s'estompa aussi vite qu'elle était arrivée.

- Pendant que vous vous prélassez au lit, il y en a qui travaillent ! S'exclama t-il, les bras croisés.

- Arrêtes, Merlin, la journée n'a même pas commencé ! Rétorqua Arthur en levant les yeux au ciel.

- Si, elle a commencé il y a une heure pour moi. Gaïus avait besoin de plantes.

- Et alors, ce que tu fais de ton temps libre ne regarde que toi !

Merlin serra les poings, furieux. Mais d'où lui venait cette subite... colère vis à vis d'Arthur ? Même voir Guenièvre sourire à leurs chamailleries le révolta. Il inspira profondément et demanda:

- Puis-je me retirer pour me mettre au travail, Sire ?

- Oh je t'en prie, Merlin, ne prends pas ce ton vexé, soupira Arthur, sarcastique.

Guenièvre se redressa et dirigea un regard à la fois peiné et amusé vers son ami.

- Oui, tu peux te retirer, Merlin. Le fainéant qui me sert de mari t'appellera s'il a besoin de quoi que ce soit.

- J'ai entendu, je ne suis pas sourd ! Grogna Arthur.

Le jeune sorcier réprima un rire moqueur. Il jubilait intérieurement que Guenièvre ait pris sa défense. Et, là encore, il ne comprenait pas pourquoi. Ce n'était pas dans sa nature de se vexer pour de telles altercations enfantines. Il se courba légèrement et laissa le couple en tête à tête. Dès que la porte se referma, Guenièvre donna un coup de coude à Arthur qui n'eut pour réponse qu'un simple marmonnement.

- Arthur, vous lui avez fait de la peine. Vous êtes pourtant le premier à me dire que Merlin travaille d'arrache-pied tous les jours.

- Je suis rassuré que vous ne lui ayez pas répété, en tout cas, murmura le roi en détournant le regard.

- Vous devriez vous montrer plus gentil avec lui, plus... attentionné.

- Attentionné ? Fit Arthur en éclatant de rire.

- Ne faîtes pas l'innocent. Je sais que vous tenez à lui. C'est votre meilleur ami.

A l'entente de ces mots, Arthur perdit son sourire et devint subitement sérieux. Il n'avait jamais réellement réfléchi à la question, il ne s'était jamais dit un jour « Merlin est mon meilleur ami. ». Il s'agissait d'une sorte de sujet tabou... bien que son cœur, lui, le pensait. Et... en se penchant sur la question... Oui, il pouvait affirmer que Merlin était son meilleur ami, quelqu'un de loyal, de courageux, d'honnête et d'irremplaçable, quelqu'un à qui il tenait énormément. Même si jamais, ô grand jamais il ne l'avouerait.

Arthur garda donc le silence, mais Guenièvre savait qu'elle avait raison.


Nettoyer les écuries n'était pas une tâche particulièrement contraignante, ni dérangeante, mais Merlin était pris d'une flemme atroce. Habituellement, cette corvée lui donnait le temps de penser, lui tenant même lieu d'excuse si le palefrenier, un chevalier ou Arthur le surprenait en train de rêvasser. Il n'avait qu'à se justifier en disant: « Je n'ai pas besoin d'utiliser ma tête pour effectuer les mêmes mouvements » et, généralement, ça calmait les ardeurs.

Ce matin-là, il levait la fourche et renversait la paille crasseuse dans la brouette avec des gestes précipités et brusques. Même faire ça, cette simple petite chose, l'agaçait.

FLASH

Merlin s'arrêta. Son cœur avait raté un battement, son équilibre tanguait.

« Non... ça ne va pas recommencer ! ».

Il recula lentement et posa sa tête contre le mur. Ses mains tremblaient, rendant sa poigne sur la fourche misérable, faible.

FLASH FLASH FLASH

Il lâcha l'outil et se massa les tempes, les yeux clos pour refréner la douleur. Bon, c'était une douleur supportable, mais qui commençait sérieusement à jouer sur ses nerfs.

- Merlin ? Tout va bien ?

Il se retrouva nez à nez avec Tyr Seward, le garçon d'écurie. Les yeux de celui-ci luisaient par l'inquiétude.

- Tu veux que j'appelle Gaïus ?

- Non, Tyr, surtout pas ! Tout va bien... J'ai... J'ai juste passé une mauvaise nuit, je suis fatigué. Ça ne sert à rien d'importuner Gaïus pour ça.

- C'est vrai que tu n'as pas très bonne mine...

- Comment ça ? S'horrifia Merlin.

- Tu es très pâle, je trouve...

Merlin fronça les sourcils, interloqué. Guenièvre ne lui avait pas fait la remarque de ce détail, aussi espérait-il que cette pâleur se soit déclenchée pendant qu'il nettoyait les box.

- Tu devrais peut-être aller te reposer ? Suggéra Tyr.

- Crois moi, si je pouvais je le ferais... mais je n'ai pas le temps.

FLASH

Merlin serra les poings, priant pour que Tyr n'ait pas remarqué son expression torturée. Il ne devait pas laisser paraître le moindre indice sur son état, personne ne devait être au courant. Il manquerait plus qu'il devienne fou, que la douleur se fasse envahissante, écrasante, qu'il se mette à hurler, qu'il...

- Merlin ? Tu m'écoutes ?

- Hein ?

- Tu es sûr que tu vas bien ? Demanda encore une fois le garçon avec plus d'insistance.

- Oui, oui, ne t'inquiètes pas. Il faut que je me remette au travail.

Merlin ramassa la fourche et reprit le nettoyage sous le regard anxieux de Tyr. Il espérait que son ami ne resterait pas indéfiniment au même endroit, à le fixer avec des yeux ronds et inquisiteurs. Par chance, Tyr posa une main sur son épaule et quitta les lieux sans ajouter un mot.

« Il faut que j'arrive à terminer ça sans attirer l'attention... », fut la seule pensée qui traversa l'esprit de Merlin.


( Magi: the labyrinth of magic original soundtrack - La voix sombre 01 )

Il arrivait enfin à l'orée de la forêt. Plus que quelques champs, quelques prairies et quelques routes montagneuses avant d'arriver au domaine de Morgane. Comme celle-ci le lui avait répété juste avant son départ, la veille, il aurait dû prendre un cheval, cela lui aurait fait gagné un temps considérable. Mais non, il n'en avait fait qu'à sa tête en prétextant que la marche était un exercice indispensable pour rester en bonne santé. Morgane avait levé les yeux au ciel, mais n'avait pas répliqué. Du moment qu'il atteignait Camelot, qu'il remplissait sa mission et qu'il revenait sans chevaliers à ses trousses, c'était tout ce qui lui importait. Il marcha encore une heure, puis finit par apercevoir la silhouette d'un château en ruine. Un petit sourire victorieux naquit sur ses lèvres: la prêtresse allait être satisfaite.

Il entra d'un pas nonchalant dans ce qui fut autrefois la cour d'honneur. Là, au milieu de celle-ci, accoudée aux restes d'une statue représentant un lion, se tenait Morgane. Le regard cruel et pénétrant qu'elle dardait sur son espion et la longue robe noire qu'elle portait lui donnaient un air des plus sadiques, du moins est-ce ainsi qu'il le qualifia.

- Alkmar. Je t'écoute.

Le fameux Alkmar bâilla et s'étira, les muscles endoloris et les jambes lourdes. Il sortit de sa poche une fiole vide qu'il agita sous le nez de Morgane.

- C'est fait.

Le sourire de la jeune femme se fit mesquin et triomphant. Elle s'approcha d'Alkmar et demanda:

- As-tu rencontré des problèmes ? Quelqu'un t'a t-il surpris ? Merlin ?

- Eh bien, c'est-à-dire que... Déjà, quand je suis arrivé le médecin n'était pas là, probablement une urgence dans la ville basse.

- Oui, oui, je connais ton attachement à apporter du contexte, mais serait-ce trop te demander d'abréger ?

- Vous pourriez vous montrer plus aimable, Dame Morgane ! Railla Alkmar, déçu. Vous m'avez envoyé il y a deux jours voler les plans des tunnels qui, je tiens à vous le rappeler, se trouvent maintenant dans les appartements de votre « cher frère ». Heureusement que j'ai eu la chance d'apprendre cette information, d'ailleurs... mais bon, passons. A la place de ces plans je vous ai rapporté l'identité d'Emrys, j'estime que vous pourriez vous montrer plus reconnaissante.

- Et moi j'estime que tu as assez parlé ! Hurla Morgane. J'ai eu suffisamment de temps pour écouter des gens blablater pendant que le Sarrum me retenait prisonnière. Aithusa ne s'est toujours pas remise de ses blessures, ajouta t-elle plus doucement, chagrinée. Il est clair qu'elle gardera des séquelles. Alors si tu pouvais me faire le plaisir d'en venir à ce que je veux savoir.

Alkmar préserva un court silence. Il savait que Morgane avait énormément souffert pendant cette longue période de captivité, période qui n'avait fait que redoubler sa haine à l'égard de Camelot, d'Arthur... et de Merlin. Avoir en sa possession le vrai nom d'Emrys était un cadeau d'une valeur inestimable, un cadeau qui lui redonnait confiance en elle et en sa magie, un cadeau sur lequel elle misait pour assouvir sa vengeance et asseoir son pouvoir sur le royaume. Lorsque Alkmar lui avait annoncé avoir découvert qui se cachait derrière le prénom « Emrys », Morgane s'était montrée incrédule. Mais les explications et le raisonnement de son allié l'avaient poussée à considérer cette possibilité... et, en effet, toutes les pièces concordaient à la perfection. Elle aurait dû y penser plus tôt. Merlin était le plus proche d'Arthur, capable d'agir dans l'ombre sans être soupçonné de rien, toujours celui à interférer dans ses plans. C'était obligatoirement lui... Emrys.

Alkmar poussa un soupir résigné et expliqua:

- Malheureusement, juste après avoir... exécuté votre petit plan, Emrys m'a vu. Je pensais qu'il dormait, mais j'ai dû le réveiller.

Les yeux verts clairs de Morgane se recouvrir d'un voile de crainte. Elle garda néanmoins son calme, ayant à l'esprit l'image de la fiole vide, signe que son soldat avait achevé la mission sans rencontrer de problèmes conséquents ensuite.

- Mais j'ai appliqué le sortilège que vous m'avez enseigné, poursuivit Alkmar. Théoriquement, il ne devrait avoir aucun souvenir de la nuit dernière.

- Théoriquement ? Souligna Morgane d'une voix sèche.

- Euh... Disons que c'est un peu plus compliqué. Votre magie est puissante, bien plus que la mienne. Vous auriez réussi ce sortilège à la perfection, mais je crains que ce ne soit pas mon cas.

Morgane jura entre ses dents et se détourna. Elle fit les cents pas dans la vaste cour, une colère froide l'animant soudain. Si Merlin venait à se rappeler de ce qui s'était passé, s'il trouvait un moyen de lui mettre une fois de plus des bâtons dans les roues...

- Penses-tu qu'il va recouvrer la mémoire ? S'enquit-elle, angoissée.

- C'est très probable...

- Tu dis qu'il t'a surpris, c'est cela ? Il a vu ce que tu étais en train de faire ? Il t'a posé des questions ? Avez-vous discuté ? Parle !

- Calmez-vous, Dame Morgane, ce n'est pas en prenant ce ton impatient que je finirais mes explications, précisa t-il d'une voix mesurée. Il m'a questionné, bien-sûr.

- Que lui as-tu dit ?

- J'ai bien vu qu'il avait l'intention d'utiliser la magie pour m'arrêter, alors j'ai dû entretenir la conversation afin de gagner du temps. La mauvaise nouvelle, c'est que je lui ai révélé votre plan...

- Quoi ?!

- Mais la bonne, c'est qu'il s'est laissé distraire et que j'ai pu utiliser le sortilège.

Morgane lança un regard noir à Alkmar, les nerfs mis à rude épreuve. Le caractère de ce dernier avait le don de l'énerver, mais elle ne pouvait se permettre de se débarrasser de lui. Sa détermination et sa loyauté envers elle lui étaient précieuse. Sans lui, elle n'aurait jamais été libérée du Sarrum et de ses sbires, elle ne se serait jamais remise de cette douloureuse expérience que fut son enfermement...

- Quand estimes-tu qu'il va se souvenir de cette nuit ?

- Je dirai... quelques jours.

- Combien ? Sois précis !

- Une semaine, grand maximum. D'ici là, il ne devrait avoir que des bribes sans aucune interférence sur le plan.

Cette fois, Morgane eut un sourire comblé, d'une reconnaissance mielleuse. Elle examina attentivement son fidèle espion, s'attardant sur sa carrure aussi solide que celle d'Arthur, sur ses cheveux d'un brun clair et ses grands yeux marrons, remplient de sincérité. Elle ne doutait pas de sa soumission, ni de son attachement pour elle.

- Ce délai suffira amplement. Il ne faut pas plus de trois jours pour que mon plan porte ses fruits.

Alkmar inclina la tête avec respect, arborant le même sourire machiavélique que la prêtresse.

- Oui... murmura t-elle, dans trois jours... Emrys sera dans nos griffes.


( Merlin 4 soundtrack " Knight of the round " 17 )

Un soleil ardent irradiait le royaume de Camelot alors que l'après-midi n'était qu'à son commencement. Merlin, Arthur et les chevaliers venaient de quitter le château, salués par les habitants de la ville basse, toujours enchantés de voir passer leur souverain et leurs protecteurs. Ils pénétrèrent au galop dans la forêt avoisinante, prêtant un regard scrutateur sur les alentours, sur les recoins les mieux dissimulés échappant le plus souvent à leur surveillance, sur l'horizon. Les patrouilles qu'ils effectuaient régulièrement leur étaient primordial, c'était comme une sorte de tradition avec laquelle Arthur ne voulait pas rompre. Des bandits, des mercenaires et des trafiquants d'esclaves étaient susceptibles de se tapir quelque part dans la forêt, commettant toutes sortes de vols, de crimes et de marchandages. Ils devaient tous se montrer sur leur garde. Même Morgane pouvait très bien apparaître et les attaquer à tous moments, chacun en était parfaitement conscient.

Après avoir vérifié que le coin était sécurisé, Arthur ralentit sa monture, incitant Merlin et ses chevaliers à l'imiter.

- Tu es bien silencieux, Merlin, fit-il, les sourcils froncés.

- Pour une fois que je me tais, vous allez me dire que vous regrettez mes bavardages ? Balança t-il sur un ton malicieux.

- Je n'irai pas jusque là, non.

- Oh mais si vous voulez je peux parler, j'ai pleins de sujet de conversations en réserve.

- Merlin ?

Celui-ci rencontra le regard azuré de son maître, un regard digne de Arthur Pendragon lorsqu'il s'apprêtait à dire...

- La ferme, devina Merlin en souriant innocemment.

- Tu progresses.

Arthur esquissa un sourire amusé et reporta son attention sur la route. S'il avait fait remarquer à son serviteur qu'il le trouvait étrangement silencieux, c'est parce que son attitude ne lui ressemblait pas. La plupart du temps, lorsque Merlin se montrait aussi renfermé, c'était parce que quelque chose le tourmentait et, bien-sûr, il était la dernière personne à se confier.

De son côté, Merlin s'était vu obligé de répondre à Arthur par ses blagues et sa bonne humeur habituelles. Il ne voulait pour rien au monde qu'il le questionne, puis lui donne l'ordre de s'expliquer. Bon, d'accord, Arthur n'était pas du genre à agir ainsi, mais Merlin ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire scénario. Mais, surtout, ce qui lui faisait le plus de mal, c'est qu'il s'était forcé. Se forcer et mentir sur son état d'esprit étaient chose courante pour lui, mais là, c'était différent. Il ne s'était pas forcé pour ménager Arthur d'une possible inquiétude qu'il pourrait nourrir à son sujet, mais parce qu'il se sentait... irrité. Oui, c'était le mot: irrité. Les pics et autres commentaires du roi commençaient à lui peser très sérieusement sur la conscience. Il s'était contraint à se montrer souriant et narquois juste pour préserver son image, alors qu'il n'avait qu'une envie: faire demi-tour et rentrer au château, ne plus se tenir en présence d'Arthur, ne plus devoir le supporter.

Ces pensées pétrifièrent Merlin. Littéralement. Jamais encore il n'avait vu son maître d'un œil aussi noir, jamais encore il ne lui était venu à l'idée qu'il aimerait s'éloigner d'Arthur, jamais encore il n'avait ressenti une telle... colère. Mais pourquoi ? Il n'y avait aucune raison à cela, rien n'expliquait ses sentiments soudains. Certes, il lui était déjà arrivé de perdre le contrôle sur des situations, mais jamais sur sa propre personne. Il avait toujours su ce qui était le plus juste à faire, quelle voie il devait emprunter, quel était son destin, ce qu'il ressentait pour ses proches, pour Arthur. Et aujourd'hui... il ne savait plus, il était perdu, son cœur ne réagissait plus.

C'est en naviguant sur un océan d'incertitudes et d'appréhensions, au cœur même d'une peur cachée, que Merlin se mit à trembler, sentit sa respiration se bloquer, perdit l'équilibre... Il ft ralentir son cheval sans même s'en rendre compte, ayant soudainement l'impression d'évoluer dans un autre univers, un univers entouré de ténèbres.

- Wow, Merlin qu'est-ce qui te prend ? S'écria Gauvain, prit au dépourvu.

En effet, le chevalier faisait avancer sa monture juste derrière celle de son ami. Constatant l'absence de réaction de ce dernier, il s'approcha un peu. Ce qu'il vit l'alarma. Merlin éprouvait sans conteste des difficultés à respirer et tous ses membres étaient secoués de tremblements incontrôlables. Gauvain posa une main sur son épaule afin de le maintenir sur sa selle et attrapa les rênes de l'autre main.

- Arthur ! Hurla t-il.

- Quoi, Gauvain ?

Quand Arthur se retourna, tous ses chevaliers étaient arrêtés. Perceval s'était mobilisé pour faire descendre quelqu'un de sa selle... Merlin. Inquiet, Arthur mit son cheval au trot afin de rejoindre le groupe. Il alla s'accroupir près de son serviteur que Perceval avait déposé sur le sol, et ne put que constater ses étonnants symptômes.

- Mais qu'est-ce qui lui arrive ? Bredouilla t-il, désarmé.

- Je ne suis pas sûr, mais je crois qu'il fait une crise de panique..., expliqua Gauvain.

- Quoi ? Une crise de panique ? Ça n'a pas de sens...

- Ces crises peuvent se déclencher à n'importe quel moment.

- Bon... d'accord... Qu'est-ce qu'on doit faire ?

- Il faut attendre. Elle va passer toute seule.

Arthur allait ajouter quelque chose quand, tout à coup, Merlin se redressa. C'était principalement sa respiration qui semblait poser problème ainsi que les tremblements qui le harcelaient. Arthur posa une main hésitante dans son dos et dessina des cercles dans l'espoir que cette maigre initiative soit en mesure d'apaiser Merlin. Mais pourquoi avait-il une crise de panique ? Ce n'était pas dans ses habitudes de montrer ses peurs aussi ouvertement, il était, à l'inverse, plus enclin à tout intérioriser.

- Comment sais-tu tout ça, Gauvain ? S'intéressa Elyan.

- C'est l'avantage d'avoir voyagé un peu partout. On apprend des choses en observant et en écoutant.

La crise de Merlin s'estompa aussi vite qu'elle était arrivée, n'ayant duré que quelques minutes. Une fois avoir repris la maîtrise de ses émotions, il darda un regard coupable sur les chevaliers et, principalement, sur Arthur.

- Désolé..., murmura t-il. Je... Je ne sais pas ce qui...

- Tout va bien, Merlin, le rassura Arthur. Ce n'est pas grave, d'accord ?

Merlin hocha la tête, peu convaincu. Il avait honte de s'être donné en spectacle. Sans compter qu'il n'avait jamais expérimenté une crise de panique. Même dans les pires situations, les embuscades, les empoisonnements, les batailles, il n'avait jamais ressenti une angoisse aussi forte, aussi oppressante. Il avait toujours su gérer ses émotions, peu importe ce qui lui tombait dessus. Là, il devait avouer qu'il ne se comprenait pas. Son anxiété sur le fait de perdre tout contrôle et toute compréhension sur son cœur et ses pensées l'avait atteint plus qu'il ne l'aurait jamais cru.

- Peux-tu te lever ? S'enquit Arthur, soucieux.

- Oui...

Merlin regagna son cheval sous l'œil scrutateur du roi et des chevaliers, évitant soigneusement de croiser leurs regards. Mais que lui arrivait-il, depuis son réveil ? Qu'allait-il encore se passer ? Finirait-il par comprendre le tumulte émotionnel qui s'emparait de lui ? Était-ce... était-ce temporaire ou serait-il condamné à vivre avec à jamais ?

Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Avez-vous des hypothèses quant au plan de Morgane et à l'origine de la mystérieuse fiole ? Je vous écoute ! :)

J'essaierai de poster Lundi prochain, sur ce, portez-vous bien ^^