Bonjour/Bonsoir tout le monde ! Je suis de retour ( pour vous jouer un mauvais tour... pardon, j'ai tout le temps envie de faire cette blague ^^' ) avec le chapitre 4. J'ai hâte de savoir ce que vous en penserez ! :D N'hésitez pas à laisser une review après votre lecture ^^
Je remercie du fond du cœur ameliesky61, Le Poussin Fou, Sieba972, MICHONCHON, Falis, Lina et tahury pour leurs reviews si gentilles ! :3 Je croise les doigts pour que vous aimiez ce nouveau chapitre.
Il était une fois une production du nom de BBC. Un jour, elle créa une oeuvre qu'elle intitula Merlin, oeuvre sur laquelle je n'ai donc aucun droit mais que j'emprunte humblement.
Les musiques sont intégrées dans le chapitre, comme d'habitude.
Bonne lecture mes très chers ! :)
Chapitre 4: Disparition...
( Interstellar Soundtrack – No Time For Caution )
La cloche.
C'est le premier son qui réveilla Arthur et Guenièvre.
- Que se passe t-il ? S'écria la reine.
L'esprit encore embrumé, les souverains de Camelot se lancèrent un regard terrifié, mêlé d'une incompréhension totale. Ils coururent à la fenêtre pour prendre connaissance de la situation. Le soleil n'était pas encore levé et aucun cri de détresse ne résonnait à l'extérieur. Plusieurs gardes et chevaliers s'agitaient dans tous les sens et plusieurs flambeaux étaient allumés, illuminant la cour d'une chaude lumière, mais, à première vue, aucune attaque n'était en vue, aucun combat n'était engagé. Que pouvait-il bien se passer ?
Arthur ne perdit pas une seconde de plus à scruter les environs, à se demander quelle était la raison d'un tel remue-ménage. Il passa derrière le paravent et s'habilla à la hâte. Il venait d'enfiler la première tunique à sa portée quand il entendit la porte s'ouvrir. Il entendit alors sa femme prendre la parole:
- Léon, Gauvain, que se passe t-il exactement ?
Les deux chevaliers se consultèrent silencieusement, chacun incitant l'autre à expliquer la raison de cette alerte. Paraissant perdu dans ses pensées, Gauvain ne se porta pas volontaire, obligeant Léon à se désigner.
- C'est Merlin, majesté... il a disparu.
- Quoi ? Merlin ?
- Oui. Il s'en est prit aux gardes et il s'est évaporé dans la nature.
Guenièvre lança un coup d'œil angoissé vers le paravent: elle savait qu'Arthur écoutait la conversation.
- Mais... comment a t-il réussi à sortir ?
- Nous ne le savons pas. La porte de sa cellule gisait par terre, les gonds étaient détruits.
- Et la citadelle ?
- C'est la même chose. Il a échappé à la surveillance des gardes, nous ne savons pas comment.
Mit volontairement à l'écart de la discussion, Arthur n'en croyait pas ses oreilles. Merlin s'était échappé. Merlin. Mais pourquoi ? Comment ? Où était-il allé ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond, chez lui ? Était-il en danger ?
- S'est-il échappé seul ? Demanda t-il en se postant devant les chevaliers. Pensez-vous que quelqu'un ait pu l'aider ?
Arthur avait en tête le conseil improvisé au sujet de Merlin qu'il avait tenu un peu plus tôt dans l'après-midi. Il s'entendait encore formuler l'hypothèse que la magie soit à l'origine de son comportement agressif et violent, que quelqu'un ou quelque chose ait pu s'immiscer dans son esprit pour l'utiliser, l'inciter à faire du mal... Gauvain semblait penser à la même chose puisqu'il répondit:
- Oui, c'est obligé. Mis à part Perceval ou un sorcier, je vois mal comment Merlin aurait pu défoncer la porte de sa cellule et encore moins comment il aurait pu s'attaquer aux gardes des donjons.
- Il s'agit probablement de la personne... du sorcier... qui le manipule, suggéra logiquement Léon.
Arthur hocha lentement la tête, l'estomac noué par la peur. Imaginer Merlin à la merci d'un sorcier, d'un monstre sans scrupules ni morale, l'inquiétait plus qu'il ne voulait le montrer, venait le tirailler de l'intérieur. Il serra les poings, sentant la colère poindre. Pourtant...
- Attendez, quelque chose ne va pas. Si un sorcier cherche réellement à se servir de lui pour m'atteindre, pourquoi l'avoir libéré et emmené avec lui ? Pourquoi l'avoir... enlevé ?
- Enlevé ? Répéta Gauvain, dubitatif. Vous pensez vraiment qu'il a pu être enlevé ?
- Je pense à toutes les possibilités, répondit Arthur. Mais qu'il soit partit de son plein gré ou non avec cette personne... ça ne fait aucun sens.
Léon et Gauvain gardèrent un silence prouvant que, tout comme leur roi, ils n'avaient pas la moindre idée à formuler, pas la moindre indication, pas la moindre suggestion à transmettre.
- Arthur, il faut envoyer des patrouilles, requit Guenièvre, tout aussi alarmée.
- Oui... Léon, Gauvain, prenez la tête des patrouilles.
Les chevaliers s'inclinèrent et quittèrent les appartements au pas de course, prêts à entamer toutes les recherches nécessaires, à fouiller la forêt entière et les villages pour retrouver Merlin.
- Je vais voir Gaïus, décida Arthur. Il doit se faire du soucis.
- Très bien.
Arthur ne perdit pas son temps à bavarder avec son épouse et s'engagea dans les couloirs du château en courant. Ces derniers étaient pour la plupart vides, seulement arpentés par des gardes à la recherche de l'évadé. Merlin était quelqu'un de connu et d'aimé à Camelot, même respecté, mais ce qu'il avait osé faire à son maître, le roi, était vite arrivé aux oreilles de la cour et des habitants de la ville basse, et le fait qu'il ait soudainement disparu n'ajoutait rien de plaisant à son cas. Désormais, il n'était plus qu'un fugitif.
Arthur ne s'arrêta pas une seule fois en route, pas même pour écouter les rapports de ses soldats ni donner des instructions aux patrouilles prêtes à partir. Sa priorité était de voir Gaïus, de s'entretenir avec lui, priant pour qu'il ait trouvé un remède pour Merlin, priant pour que, si remède il y avait, ses chevaliers parviennent à le retrouver afin de lui faire ingurgiter. Arthur longea la galerie, la respiration haletante, sentant la sueur apparaître sur son front, mais il ne pensa pas une seule seconde à ralentir. C'était Merlin qui était partit, ce n'était pas n'importe qui.
Toutefois, Arthur fut brusquement obligé de s'arrêter lorsqu'il manqua de mettre le pied dans... du sang. Une petite mare de sang jonchait le sol juste devant lui. Arthur regarda plus en avant et fut témoin du même phénomène. Des gouttes et des gouttes d'un liquide pourpre s'étalaient dans la galerie. Il revint lentement sur ses pas et suivit à la trace le chemin dessiné par les tâches de sang. Oubliant Gaïus et sa résolution d'aller le voir rapidement, Arthur porta toute son attention sur cette étrange piste, cette inexplicable ligne faite de sang. Il traversa ainsi la cour, entra dans le château, dévala plusieurs couloirs et... arriva dans les donjons.
Les donjons.
Arthur s'adossa au mur, le souffle coupé, le teint blême. Non, ce n'était pas possible. Ça ne pouvait pas être ce qu'il croyait. Il reprit la route, toujours focalisé sur son itinéraire, souhaitant désespérément que son hypothèse soit fausse, qu'il se fasse des idées. Les donjons avaient été désertés, mais la cellule du fond était ouverte, la porte reposant à ses pieds comme le lui avait expliqué Léon. Arthur entra à l'intérieur d'un pas tremblant et incertain. Les traces de sang s'arrêtaient là. Ou plutôt... elles venaient de là.
Ce sang était celui de Merlin.
- Non..., souffla Arthur, terrifié.
Il était rarement en proie à une peur aussi vive, mais il s'agissait de Merlin, son serviteur. Non, son ami. Non, son meilleur ami.
Arthur tenta de ne pas laisser l'angoisse le submerger. Il devait réfléchir. Comment les chevaliers et les gardes avaient-ils pu manquer le sang qui parsemaient le sol des donjons, du château, de la cour, de la galerie, peut-être même d'autres endroits ? Ils avaient l'œil, habituellement. Cela dit... Arthur ne l'avait remarqué qu'en arrivant dans la galerie, donc il ne pouvait pas blâmer ses soldats. S'il ne s'était pas penché pour regarder où il allait, il aurait obligatoirement raté cet important détail, tout comme eux. Mais une question se posait: Pourquoi Merlin saignait-il autant ? Et surtout... s'il avait vraiment été enlevé, comme il l'avait suggéré, pourquoi avait-il traversé la moitié du château pour se rendre dieu sait où ? Pourquoi avait-il eu une telle liberté de mouvement ? A moins qu'on l'ait traîné ? Qu'on l'ait forcé ? Mais Arthur n'avait repéré aucune trace de lutte et il savait que Merlin ne se serait pas laissé emmener sans essayer de s'échapper, de se battre.
Arthur essuya la sueur qui coulait sur son visage et examina une dernière fois les traces de sang. Le seul moyen de savoir où s'était rendu Merlin, seul ou avec quelqu'un d'autre, était de suivre les troublantes empreintes qu'il avait laissées. Arthur refit le chemin en sens inverse, évitant sur son passage les petites flaques d'un rouge profond. Bientôt, il se retrouva au milieu de la galerie, à l'endroit même où il avait découvert le sang, mais cette fois-ci il continua sur sa lancée. Plus il marchait, plus il devinait la destination de Merlin.
Les quartiers de Gaïus.
En arrivant devant la porte, Arthur se figea net, pétrifié. Sur le bois se détachait une forme de main, rendue visible par cette même couleur pourpre. Du sang. Merlin avait poussé la porte avec une main couverte de sang. Arthur déglutit avec difficulté. Mais que s'était-il passé ? Pourquoi ? Comment en était-il arrivé là ?
Le roi de Camelot se sentait tout à coup... faible. Démuni. Frustré. Vulnérable. Il ouvrit doucement la porte et entra. Encore du sang. Toujours du sang. Par terre, sur la table de travail de Gaïus. Une chaise était renversée au milieu d'objets divers, du papier, des plantes, des ustensiles.
- Gaïus ? Appela Arthur, la voix tremblante.
Pas de réponse. Où était passé le médecin de la cour ? Arthur savait qu'il s'absentait parfois dans la ville basse pour une urgence, mais la cloche d'alerte avait sonné. Il devrait déjà être revenu. Arthur s'enfonça un peu plus dans la grande pièce, passant en revue le fouillis qu'avait provoqué Merlin et remettant un peu d'ordre en attendant que Gaïus revienne.
- Sire ?
- Ah, Gaïus ! S'exclama Arthur, soulagé.
Le médecin se tenait à côté de la porte entrouverte, dévisageant le sang incrusté sur le bois et le bazar qui régnait dans ses appartements. Il ne semblait être au courant de rien.
- Sire, que se passe t-il ? J'ai entendu la cloche, mais je n'ai pas pu revenir tout de suite, j'assistais un accouchement.
- Merlin a disparu, annonça le monarque de but en blanc.
- Merlin ?!
- Nous pensons qu'il a été aidé, voire enlevé, mais ce sang qui m'a mené jusqu'ici me laisse croire le contraire...
- Comment cela ?!
Jamais Arthur n'avait vu Gaïus aussi alarmé. Il savait que Merlin était comme son fils, mais généralement il avait coutume de cacher ses émotions aux autres, les dissimulant sous un masque de professionnalisme.
- Il n'y a aucune trace de lutte, rien qui indique la présence d'une autre personne, expliqua t-il, et, surtout... ce n'est pas possible que Merlin soit venu ici si on l'avait réellement enlevé, vous ne croyez pas ?
- En effet..., murmura Gaïus en faisant le tour de la pièce, les yeux écarquillés.
- Il a aussi réussi à échapper aux gardes, je ne sais comment... J'ai lancé des patrouilles à sa recherche. S'il... s'il est blessé, il n'a pas pu aller loin. Nous le retrouverons.
Arthur avait prononcé ces paroles pour rassurer le médecin, mais avant tout pour se rassurer lui-même. L'idée que Merlin vagabonde seul et blessé quelque part, dans la forêt ou ailleurs, qu'il se vide de son sang, sans trouver d'aide ni recevoir de soins... Non, il ne devait pas penser à cela. Surtout pas.
- Gaïus... dîtes-moi que vous avez trouvé quelque chose ?
- Malheureusement non...
Gaïus aurait aimé trouvé une solution, un antidote à ce mal mystérieux qui rongeait son pupille, mais par dessus-tout il aurait aimé être présent lorsque Merlin était venu. Il avait fallu qu'il s'absente cette nuit-là, comme par hasard. Une nuit, juste une. Quelques heures seulement. Le destin pouvait être cruel. S'il était resté dans ses appartements, il aurait peut-être pu raisonner Merlin, l'empêcher de partir, prévenir quelqu'un ou... ou... il ne savait pas ce qu'il aurait fait, mais il aurait pu éviter sa disparition, il en était sûr.
- D'ailleurs... comment a t-il été blessé ? Demanda Arthur à haute voix, bien qu'il savait que personne ne détenait la réponse.
- C'est ce que j'aimerais aussi savoir...
- Je suis perdu ! S'écria t-il alors. Je suis presque certain que Merlin n'a pas reçu d'aide extérieure, mais si c'est le cas, comment a t-il pu être blessé et avoir échappé aux gardes ? Dans son état, c'était quasiment impossible...
- Oui... c'est incompréhensible...
C'est en remuant de sombres pensées que Gaïus et Arthur joignirent leur force pour remettre de l'ordre dans les appartements, nettoyant le sang et replaçant chaque chose au bon endroit. Soudain, en soulevant un tas de paperasse médicale, le médecin mit la main sur un papier froissé et taché de sang, à moitié enseveli par le foulard rouge de Merlin. Il prit ses lunettes posées sur la table et lut.
- Gaïus ? Fit Arthur, les sourcils froncés. Qu'avez-vous trouvé ?
Gaïus arborait un air grave, mais aussi... profondément inquiet. Il tendit sa trouvaille au souverain.
- Lisez.
Arthur ne savait pas à quoi s'attendre. La seule chose dont il était certain, c'est qu'il n'allait pas aimer sa prochaine lecture...
« Arthur, je suis en danger. Je viens de comprendre qu'il faut que je rejoigne Morgane. Elle m'appelle, c'est elle que je dois aller voir. Je sens que quelque chose se passe en moi. Je ressens l'envie de vous tuer, c'est une envie qui me rend fou. Je n'arrête pas de me dire que Morgane a toujours eu raison et que vous êtes un être abominable.
Arthur, je vous en supplie, ne pensez pas différemment de moi, peu importe ce dont vous serez témoin. Vous savez que ma loyauté vous est acquise et que je ne servirai personne d'autre que vous. Vous êtes mon roi et mon ami. Vous devez gardez cela à l'esprit, quoi qu'il arrive. Je vous implore de me pardonner. ».
Confirmé. Arthur n'avait pas du tout, mais alors pas du tout aimé ce qu'il venait de lire. Au vu de l'expression de Gaïus, il devinait avoir perdu toute couleur. Sa bouche s'était subitement asséchée et son cœur s'était affolé. Ce qu'il venait de lire... ne pouvait être vrai. Ça ne pouvait pas être de la main de Merlin, de son serviteur... maladroit, idiot, moqueur, attachant, indispensable.
Sous le choc, Arthur se laissa tomber contre la table, la main crispée sur la lettre. La lettre. C'était bien l'écriture de Merlin. Il ne l'avait vu écrire que lors de très rares occasions, mais il reconnaîtrait son écriture entre milles. Sa manière particulière de faire les « l » et les « s », c'était lui, sans aucun doute. Mais... ces lignes, ces mots... ils étaient tracés avec une telle maladresse, rien de ce qu'il avait noté n'était droit, tout partait en diagonal. Du sang imbibait le papier, mélangé à... autre chose. Une substance transparente. Des larmes. Merlin pleurait en écrivant cette lettre.
Mais le contenu de cette dernière posait problème à Arthur. C'était un paradoxe. Merlin disait vouloir le tuer, se rallier à Morgane, et juste après il lui rappelait sa loyauté et son amitié. Ça n'avait pas de sens, pas de... ligne directrice. Qu'était-il censé comprendre ?
Ne pensez pas différemment de moi, peu importe ce dont vous serez témoin.
Vous savez que ma loyauté vous est acquise.
Vous devez garder cela à l'esprit.
Je vous implore de me pardonner.
Mais de quoi Merlin se sentait-il coupable ? De rejoindre Morgane ? Pourquoi Arthur penserait-il différemment de lui, du jour au lendemain ? Merlin allait-il servir Morgane, dorénavant et s'en prendre à Camelot avec elle ? Était-ce de cela dont il voulait parler ? Se sentait-il coupable du mal qu'il s'apprêtait sûrement à commettre sous les directives de la prêtresse ? Mais quand ? Et qu'allait-il se passer exactement ? Que projetait de faire Morgane ? Arthur ne comprenait rien, il était perdu. Il ne comprenait pas ce que voulait dire Merlin, il ne comprenait pas les intentions de Morgane.
Morgane.
C'était elle. Depuis le début, c'était elle. Mais... comment avait-elle pu empoisonner l'esprit de Merlin alors qu'elle n'avait même pas mis les pieds au château ? A moins que... qu'elle se soit déguisée ? Non, impossible. Ou alors... elle avait des alliés. Quelqu'un comme Agravain. Mais pourquoi Merlin ? L'avait-elle fait libérer ou l'avait-elle manipulé pour qu'il parte de lui-même ? En quoi pouvait-elle l'utiliser en dehors du château ? Que comptait-elle faire de lui ? Quel était son but en enlevant Merlin à Arthur ? Voulait-elle détruire encore plus son « cher frère » ? Après elle, sa propre sœur, tombée dans l'obscurité, après leur père, mort à cause de la magie, après la traîtrise d'Agravain, qu'allait-il encore subir ? Qui devait-il encore perdre ? Pas Merlin... surtout pas Merlin. Arthur n'était pas aveugle. Il savait que Morgane était consciente de son attachement pour son serviteur et il était sûr qu'elle n'hésiterait pas à utiliser cette... faiblesse... pour l'atteindre. Était-ce cela, son nouveau plan, son nouveau projet sadique et monstrueux ? Oh non... pas Merlin.
- Sire ?
La voix paniquée de Gaïus ramena Arthur dans le moment présent.
- Pardon... Je... j'étais... en train de réfléchir.
- Sire, je redoute ce qui va arriver à Merlin. Vous savez tout comme moi que Morgane est capable du pire...
- Oui, je sais ! Hurla Arthur. Pardon... excusez-moi...
Un long et oppressant silence s'insinua entre les deux hommes. Tout les deux savaient le mal que la prêtresse était susceptible de faire à Merlin. Si celui-ci était en route pour le repère de Morgane, il fallait à tout prix l'arrêter avant qu'il n'atteigne sa destination. C'était une question de vie ou de mort. Arthur osa un dernier regard sur la lettre, puis la plia et la rangea dans sa poche.
- Gaïus, je veux que vous employiez tout votre temps à chercher un remède pour Merlin. De mon côté, je vais prendre la tête des patrouilles et déployer tous mes chevaliers. Nous devons le retrouver coûte que coûte.
Gaïus acquiesça d'un hochement de tête déterminé avant de s'installer à sa table de travail pour poursuivre les recherches.
( Pandora hearts OST – Another dimension )
La matinée touchait à sa fin lorsque Merlin émergea enfin sur la plaine luxuriante le séparant de la forteresse en ruine de Morgane. Les routes sinueuses des montagnes qu'il avait dû traverser pour arriver là lui en avaient fait baver. Il s'était vu obliger de faire plusieurs pauses pour ne pas s'écrouler d'épuisement. Néanmoins, il dut attribuer à Morgane un certain mérite. Elle avait su s'établir au bon endroit. Aucun cheval ne pourrait gravir les montagnes et atteindre ce coin reculé. Merlin inspira l'air frais à pleins poumons, puis s'engagea vers le château. Il pénétra dans la cour d'honneur et fut aussitôt satisfait de l'accueil qui lui était réservé. Morgane était assise sur le rebord d'une fontaine presque réduite à l'état de vestiges et caressait tendrement les ailes difformes d'un dragon blanc. Celui-ci semblait affaibli, extrêmement mal en point, mais respirait sereinement malgré tout, apaisé par les caresses de sa maîtresse. En voyant Merlin arriver, un grand sourire vint illuminer le visage de cette dernière.
- Merlin ! Te voilà enfin !
- Je suis désolé d'arriver aussi tard, Morgane, je ne pensais pas que la route était aussi longue et difficile.
- Du moment que tu es là, c'est ce qui m'importe le plus. As-tu été suivi ? As-tu rencontré des problèmes ?
- Aucun. Je n'ai eu qu'à m'occuper de la porte de ma cellule, des gardes et m'en aller.
Morgane fut toutefois interpellée par les traces de sang qu'elle détectait sur sa tunique bleue et son visage. Était-ce une conséquence de...son plan ? Un contre-coup du sortilège d'Alkmar, peut-être ? Ou ce sang résultait-il d'une blessure ?
- D'où vient ce sang ? Demanda t-elle en s'approchant.
Merlin baissa la tête d'un air interrogateur, comme s'il ne comprenait pas à quoi faisait référence sa nouvelle alliée, et inspecta ses vêtements.
- Ah. Je ne sais pas. Mais je peux vous jurer que je n'ai pas été suivi si c'est ce que vous craigniez.
- Je te crois.
Et, en effet, Morgane le croyait. Merlin était sous ses ordres, désormais, elle avait toute emprise sur lui, il ne pouvait pas lui mentir.
- Préfères-tu que je t'appelle Merlin ou Emrys ?
- Merlin est le nom que j'ai toujours connu. Emrys est celui que les druides m'attribuent. C'est comme vous voulez.
- On va garder ton nom d'origine.
Morgane avait l'impression de décrédibiliser Merlin en préservant son prénom de naissance. Emrys, le plus puissant sorcier que la terre ait jamais porté, n'était pas un nom qui lui convenait. Après tout... elle l'avait dupé si facilement. Il n'avait rien vu venir. Quelle puissance avait-il, au juste ? Morgane posa une main sur le bras de Merlin et ancra son regard de vipère dans le sien. Ses yeux bleus-gris, habituellement étincelant de bonté et rieur, n'étaient plus que froideur et méchanceté. C'est alors que, tout en l'étudiant, elle remarqua un détail manquant, un détail caractéristique de son style vestimentaire.
- Oh, tu as perdu ton foulard.
- Oui. Je ne sais plus où je l'ai mis.
- Ce n'est pas grave, ajouta t-elle avec un sourire cruel. Tu n'en as plus besoin maintenant. Mais ce serait dommage de briser les habitudes, n'est-ce pas ? Suis-moi. Je vais t'en trouver un autre.
Morgane emboîta le pas au sorcier, le menant à l'intérieur d'une tour partiellement rénovée et, heureusement, habitable. Elle monta un escalier de pierre et entra dans la première pièce sur sa droite. Un lit trônait au centre, entouré d'une table sur laquelle avait été disposée de la nourriture, et d'une chaise. Un foulard noir reposait sur le dossier de cette dernière. Morgane l'attrapa et l'enfila autour du cou de Merlin, l'ajustant comme il le faisait.
- Voilà, c'est mieux ainsi, murmura t-elle en le contemplant.
- Merci, Morgane.
- Tu dois avoir faim. Je te laisse te sustenter.
Morgane laissa le jeune sorcier seul et retourna dans la cour, auprès d'Aithusa. Elle reprit sa place devant elle, au bord de la fontaine, et laissa un sourire remplit de satisfaction fleurir sur ses lèvres.
- Il est enfin à nous, Aithusa.
- Ah, j'en déduis qu'il est arrivé ? Fit une voix en provenance de l'entrée.
Alkmar arriva, une biche gisant en travers de son épaule. La chasse avait été bonne, apparemment. Morgane attendit qu'il balance son butin par terre avant de répondre.
- Oui, il vient d'arriver.
Alkmar étira ses membres endoloris et fit craquer ses os.
- ça y est, ça va mieux ! Alors, il est bel et bien sous vos ordres ?
- Il l'est.
- A t-il recouvré la mémoire ?
- Il ne me l'a pas dit. Et même si c'était le cas, ça ne changerait rien. Il a perdu toute trace de celui qu'il était avant, son identité réelle, ses souvenirs, ses sentiments sont bloqués par le poison. Il n'est plus rien, plus rien !
- Vous avez l'air sûre de vous.
- Pourquoi ne le serais-je pas ? Railla Morgane, hautaine.
- Êtes-vous certaine que le poison a atteint son cerveau et, surtout... son cœur ?
- Absolument certaine. Remettrais-tu en doute mes pouvoirs, Alkmar ?
- Bien-sûr que non, vous m'avez déjà prouvé être une grande prêtresse, mais je reste méfiant. C'est à Emrys que vous vous êtes attaquée.
- Tu l'as vu comme moi. Merlin n'est pas assez vigilant, il ne l'a jamais été ! Il s'est fait démasquer en faisant voler de pauvres parchemins, cela prouve bien ce que je viens de dire.
- En effet, je ne peux pas le nier.
Alkmar se décida finalement à aller s'asseoir à côté de Morgane et demanda sur le ton de la conversation:
- Lui avez-vous donné son nouveau foulard ?
- Oui, le noir lui sied à ravir, ajouta t-elle, sarcastique.
- Et si quelqu'un découvre la vérité ?
- Aurais-tu peur, par hasard ? Si quelqu'un découvre la vérité, il ne pourra rien changer à ce qui est fait. Merlin porte ses foulards presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, donc suffisamment longtemps pour que le poison ait eu le temps d'agir. Si quelqu'un apprend la vérité, il ne pourra pas renverser le processus, pas sans devoir m'affronter avant.
- Ce pourquoi vous êtes si sereine, n'est-ce pas ? Fit Alkmar, un sourire mesquin aux lèvres.
Pour toute réponse, Morgane lui rendit son sourire, fière d'elle-même et de son plan plus qu'ambitieux.
- Je pars m'enquérir des occupations de notre invité, annonça t-elle dans une froide ironie.
- Faîtes donc, faîtes donc.
Morgane se pencha sur Aithusa et posa une main douce sur sa tête.
- Reste avec Alkmar. Je reviens te chercher tout à l'heure.
( Pandora Hearts – Alone )
La petite dragonne émit un léger grognement en signe d'acceptation et regarda la prêtresse disparaître dans la tour. Morgane monta lentement les escaliers et, une fois devant la porte, frappa quelques coups. Aucune réponse, aucun son ne lui parvint. Curieuse, elle s'infiltra à l'intérieur et s'avança. Merlin était allongé sur le lit, endormi d'après ce que pouvait deviner Morgane. Elle prit la seule chaise mise à sa disposition et la plaça près du sorcier, de sorte à se tenir aussi près de lui que possible, puis s'assit. Pendant plusieurs minutes, elle ne fit rien d'autre que l'observer, s'attardant sur sa frêle carrure, rendue encore plus fragile et innocente quand il dormait, et écoutant sa respiration régulière et apaisée. Mais ses pensées finirent par diverger...
Comment Merlin avait-il pu s'en sortir aussi facilement toutes ces années durant ? Comment avait-il pu faire croire à tout le monde, et principalement à Arthur, qu'il n'était qu'un simple serviteur idiot et maladroit ? Mais surtout... Pourquoi ? Pourquoi avoir agi ainsi ? Pourquoi avait-il caché ses pouvoirs ? Pourquoi avait-il choisi de donner une image aussi médiocre de lui-même, de jouer un rôle qu'il aurait pu rejeter facilement s'il l'avait voulu ? Pourquoi avoir servi et protégé celui qui n'hésiterait pas un seul instant à le tuer s'il découvrait sa véritable nature ? Morgane ne comprenait pas, ne le comprenait pas. Il devrait normalement se sentir... triste, révolté, en colère. Mais non. Il paraissait se complaire à rester aux côtés d'Arthur en tant que vulgaire valet. Comment faisait-il pour... le défendre, l'aider, le seconder, lui être loyal, le suivre partout, plaisanter avec lui ?
Et aussi... pourquoi...
- Pourquoi tu ne m'as jamais rien dit ? Murmura Morgane, rongée par une haine lancinante
Il savait. Il avait toujours su. Il avait toujours su ce qu'elle ressentait, ces longues et douloureuses journées où elle devait rester enfermée dans la crainte d'utiliser involontairement ses pouvoirs devant Uther, morte de peur à l'idée d'être brûlée vive. Il l'avait toujours comprise, au fond. Alors pourquoi avait-il gardé le silence ?! Pourquoi ne l'avait-il pas aidée ?!
- J'ai trouvé les miens. Ils sont comme moi. J'avoue que je me sens moins seule, ici. Tu comprends ?
- … Mieux que quiconque.
- Tu ignores ce que c'est d'être en exil, d'éprouver ce sentiment de honte, de devoir cacher qui tu es aux yeux des autres. Crois-tu que je mérite d'être condamnée à mort à cause de ma nature ?
- Non... les choses peuvent être différentes.
Lui aussi ? Est-ce que lui aussi avait déjà ressenti cette... souffrance, cette peur, ce sentiment d'injustice, cette solitude ? Probablement. Alors... pourquoi l'avait-il laissée subir ça au lieu de lui venir en aide ? Pourquoi, lorsqu'il en avait eu l'occasion, ne lui avait-il pas révélé son secret ?
- Je l'aurai fait pour toi si nos rôles avaient été inversés... Serviteur ou non, sorcier ou non, tu étais mon ami.
- Je te sais gré de ne lui avoir rien dit.
- Je vous en prie.
- Tu es un ami.
Tu es un ami. Ami. Ce mot n'avait plus aucun sens aujourd'hui. Tout ce temps, il n'avait été qu'un mensonge. Merlin avait empoisonné Morgane à peine une heure après qu'elle lui ait avoué cela. Il avait essayé de la tuer. Ils étaient pourtant les mêmes, à cette époque. C'était un geste regorgeant d'une cuisante trahison. Jamais elle ne l'oublierait, jamais elle ne lui pardonnerait.
- Uther voue une véritable haine à tous ceux qui sont comme moi, pourquoi devrais-je ressentir autre chose pour lui ?
- Plus que nulle autre vous pouvez changer l'état d'esprit d'Uther, mais vous servir de la magie comme cela ne fera que durcir son cœur.
- Tu n'as pas de pouvoirs magiques, Merlin. Tu ne saurais comprendre quoi que ce soit.
- Vous faîtes erreur, je comprends, croyez-moi... Si j'avais vos dons je les mettrais au service du bien, c'est le seul maître de la magie, c'est pour cela que vous avez vos pouvoirs.
Était-ce cela son but ? Changer les choses ? Trouver un moyen de redonner une place d'honneur à la magie ? Tenter d'ouvrir les yeux d'Arthur, d'éviter que son cœur ne durcisse, lui aussi ? Mais n'avait-il pas compris qu'Arthur était le portrait craché d'Uther ? Depuis toutes ces années à son service, n'avait-il pas deviné que sa cause était perdue d'avance ? Ses efforts et sa patience n'aboutiraient à rien. Il pensait peut-être avoir de l'importance aux yeux du roi de Camelot, mais si celui-ci venait à savoir la vérité, Merlin ne deviendrait plus qu'un monstre à traquer et éliminer. L'amitié n'avait pas lieu d'être. Les sorciers n'y avaient pas droit.
Morgane caressa doucement la joue de Merlin et lui murmura, des sanglots dans la voix:
- Je te fais une faveur, en fait. Tu ne sauras jamais ce que les gens penseront de toi. Tu n'es plus qu'une marionnette.
( Shiki OST – Blue Bell )
La journée s'achevait lorsque Arthur, suivit de ses fidèles chevaliers, revint au château. Il avait passé une grande partie de la matinée et tout l'après-midi à ratisser la forêt et les environs, allant même jusqu'à s'aventurer sur des terres plus éloignées...
Sans aucun résultat. Merlin n'avait pas été retrouvé.
Alors que le soleil se couchait lentement à l'horizon, signant la fin d'une nouvelle journée, Arthur avait perdu le moral. D'accord, Merlin n'avait pas disparu depuis très longtemps, mais le souverain avait un mauvais pressentiment. S'il était blessé, comme en témoignait le sang retrouvé, il n'aurait pas dû aller loin... à moins que Morgane l'ait intercepté avant et l'ait emmené quelque part.
Quand il entra dans la cour et descendit de son cheval, Guenièvre et Gaïus arrivèrent immédiatement vers lui.
- Du nouveau ? S'enquit la reine.
Son époux hocha négativement la tête, retourné par la situation et frustré de rentrer les mains vides.
- Gaïus... quelque chose ? Demanda t-il.
- J'ai passé tous mes livres au peigne fin, Sire, en particulier ceux sur les prêtresses de l'Ancienne Religion, mais ils ne m'ont été d'aucune aide. Même le peu d'indices que j'avais en ma possession ne m'a servi à rien.
- Vous avez cherché dans ce qui ressemblerait à... de la manipulation mentale, un changement de comportement... ?
- Évidemment, Sire. Là encore, il me manque d'autres éléments pour trouver exactement ce dont il s'agit. Morgane a toujours été minutieuse dans ce qu'elle fait, j'ai besoin de plus d'indices.
Second hochement de tête. Arthur n'était pas d'humeur à réfléchir, à se creuser l'esprit pour espérer faire la lumière sur le nouveau plan machiavélique de sa... sœur. Les derniers événements l'avaient drainé de son énergie, l'avaient complètement épuisé. Surtout la lettre. Cette maudite lettre qu'il avait rangée au fond de sa poche. Il n'arrivait pas à la déchiffrer entièrement. Il ne savait pas à quoi s'attendre.
- Continuez de chercher.
Alors qu'il allait rentrer à l'intérieur du château, Gauvain vint à sa rencontre.
- Arthur, nous reprenons les recherches demain ?
- Bien-sûr.
- Il faut à tout prix retrouver Merlin. Cette sorcière est capable de commettre les pires atrocités et croyez-moi je sais de quoi je parle.
- Oui, je sais... Évitez de vous saouler ce soir, Gauvain.
Si Arthur avait tenté de faire de l'humour, il avait réussi. Le chevalier éclata de rire, un rire profondément désabusé, et prit le chemin de la ville basse, direction la taverne.
- Quoi ? Qu'est-ce que vous avez dit ? Fit-il innocemment.
Le roi de Camelot regarda son soldat et ami disparaître sur le pont levis en riant toujours. Il savait pourquoi il partait à la taverne. Boire était sa façon bien à lui de décompresser, d'oublier les problèmes, de s'empêcher de ruminer. Arthur en aurait peut-être fait autant s'il n'était pas le roi, s'il n'avait pas un royaume entier à gérer et des responsabilités à assumer. Il se hâta de rejoindre ses appartements et s'affala sur la première chaise qu'il vit.
Le mauvais pressentiment qui le tiraillait auparavant ne s'était pas estompé. Non, il s'était intensifié. Arthur sentait que quelque chose allait se passer, quelque chose de terrible. Si seulement il pouvait savoir quoi.
Pour le moment, il priait simplement pour que Merlin aille bien, toute ironie à part, et que Morgane ne s'amuse pas avec lui comme elle en avait l'habitude. Il craignait que cette dernière nourrisse le dessein d'assassiner Merlin et de faire déposer son corps devant son cher frère. Arthur ne savait pas d'où lui venait ce genre de pensées morbides et terrifiantes, mais il n'arrivait pas à les faire taire.
Il était juste certain qu'une catastrophe allait survenir.
Dans très peu de temps.
Alors, quel est votre verdict ?
A la semaine prochaine ( j'essaierai de poster Lundi, mais cette semaine je n'aurai pas l'occasion d'écrire à volonté, donc je ne vous promets rien ) ! :)
