Bonjour bonjour !

Tout d'abord, je voulais dire un grand merci à ceux qui prennent toujours le temps de laisser une review : Bonne Ame, littlesitter, stitch attitude, PllandOncer, ZoZen, Griffon10, plus récemment Slopopina, les Guests aussi bien évidemment, et désolée si j'en oublie certains, je pense à vous quand même... Bref, merci à vous tous, vos commentaires me font toujours plaisir et me donnent le sourire, et vos avis m'intéressent toujours !
Merci aussi à ceux qui me lisent mais ne se manifestent pas, je ne vous oublie pas et je suis heureuse de vous compter parmi mes lecteurs !

Guest "VLS" : Comme je l'ai dit, je suis d'accord avec toi. Pour moi c'est vraiment de cette façon que se définit leur relation, c'est ça qui fait que c'est si fort et que ça nous plaît tellement je trouve. Sinon, Emma est la Sauveuse à la base quand même, elle va s'en sortir et trouver une solution, tu t'en doutes ;)

Bon, après avoir enfin fait avancer les choses avec un baiser dans le chapitre 15, j'avais fait ma sadique dans le dernier chapitre... Je sais que vous me détestez (enfin d'après vos reviews j'ai cru comprendre que c'était surtout Cora que vous détestiez ahah), mais aujourd'hui je vais pouvoir me racheter. Eh non, vous ne rêvez pas ! Dans ce chapitre ça va bouger, ça va vraiment bouger, si si je vous assure ;)

Je ne vous retiens pas plus longtemps et je vous souhaite une bonne lecture :)


Regina n'avait répondu à aucun des messages qu'elle lui avait envoyés le dimanche, alors Emma passa sa journée du lundi à chercher la brune partout dans le lycée, mais elle ne trouva aucune trace d'elle. Le lendemain néanmoins, elle avait un cours de français et la verrait donc forcément. Le cours lui sembla interminable. Monsieur Glass était encore plus ennuyeux et soporifique que d'habitude et Emma dut lutter pendant une heure et demie pour ne pas s'endormir. Quand enfin la sonnerie annonçant la fin du cours et de la journée retentit, elle s'empressa de sortir pour être sûre de ne pas rater la brune. Celle-ci resta quelques minutes dans la salle à discuter avec leur professeur, lequel était un peu trop proche de Regina au goût de la blonde. Quand finalement son amie sortit, elle l'entraîna à part, dans un couloir déjà laissé désert par les élèves pressés de quitter le lycée.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? s'énerva la brune à qui Emma n'avait donné aucune explication.

- Je t'ai laissé quelques jours pour réfléchir.

Regina sembla mal à l'aise face à cette remarque et se tortilla.

- Tu as pris une décision ? reprit la blonde.

- Oui. On… On ne peut pas être ensemble toi et moi.

- Pourquoi ? demanda Emma avec un air contrarié et triste à la fois.

- Je ne ressens rien pour toi Emma, tu es juste une amie.

- Tu ne peux pas me dire ça, pas après m'avoir embrassée.

- J'avais trop bu, je ne savais pas ce que je faisais.

- Te fous pas de moi, j'ai bien vu que t'étais tout juste pompette, tu étais tout à fait consciente de tes actes.

- Ecoute Emma, je ne vais pas m'obliger à t'aimer sous prétexte que tu veux sortir avec moi. Je tiens à toi mais tu es seulement une amie.

- N'essaye même pas de me faire avaler ça.

La brune, ne comprenant apparemment pas ce qu'elle voulait dire, fronça les sourcils.

- Tu ne me feras pas croire que tu n'as pas des sentiments plus forts à mon égard que de l'amitié. Tu peux ne pas être amoureuse de moi, ça je veux bien l'admettre, mais je suis plus qu'une amie pour toi.

- Et après c'est moi la prétentieuse ? Non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité !

- Je ne suis pas prétentieuse, seulement lucide. Je sens quand les gens mentent et c'est ce que tu es en train de faire.

Regina détourna rapidement le regard à cette réflexion.

- Rien que ton attitude le prouve, souffla la blonde. Alors dis-moi la vérité : pourquoi non ?

- Emma, c'est long et compliqué à expliquer.

- Ça tombe bien, j'ai tout mon temps.

La brune lâcha un profond soupir mais Emma croisa les bras et la fixa, bien décidée à obtenir des explications.

- C'est impossible parce que… Tu es une fille.

La blonde écarquilla les yeux, prise au dépourvu. Elle s'attendait à n'importe quelle excuse mais certainement pas à celle-là.

- Et alors ? Où est le problème ? L'amour n'a pas d'âge comme on dit, alors pourquoi est-ce qu'il aurait un sexe ?

Regina sembla piquée au vif par ces paroles mais elle garda sa contenance.

- Je suis d'accord avec toi mais ma mère ne l'entendra pas de cette oreille.

- Encore ta mère, gronda la blonde. Mais quand est-ce que tu vas arrêter de la laisser tout décider pour toi ? C'est ta vie, pas la sienne !

- Emma tu ne comprends pas, c'est plus compliqué que ça.

- Mais en quoi c'est compliqué ? s'énerva-t-elle.

- Elle serait capable de te faire du mal ! cria soudain la brune.

Emma resta un instant indécise, tentant de voir si son amie était sérieuse et à son expression elle sut que c'était le cas.

- Seulement parce que je suis une fille ?

- Ça jouerait, mais pas seulement.

- Alors quoi d'autre ? Parce que si ce n'est que ça je m'en fiche, je n'ai pas peur de ta mère.

- Tu devrais pourtant.

- Mais qu'est-ce que j'ai de si terrible pour qu'elle me déteste à ce point ?

- Tu es la fille des Swan, répondit du tac au tac la brune. Et tu es un vampire.

La blonde fut sciée par cette annonce. Bien entendu elle avait connaissance du conflit inexpliqué entre leurs deux familles, mais allait-il vraiment jusque-là ?

- Ça ne pourra jamais marcher entre nous, parce que tu es un vampire.

- Et alors ?

- Tout nous oppose, on est trop différentes toi et moi.

- Je ne comprends pas, souffla-t-elle.

- Tu n'as pas l'air de bien prendre conscience de l'ampleur de la chose. Ce n'est pas une simple querelle de voisinage, ça s'apparente bien plus à une guerre froide, et si on a le malheur d'être ne serait-ce qu'un peu trop proches ce sera l'étincelle qui mettra le feu aux poudres, chaque camp le verra comme une déclaration de guerre.

Emma resta muette, trop choquée de découvrir que cette haine qui existait d'aussi loin qu'elle s'en souvienne puisse les empêcher de vivre leurs vies comme elles l'entendaient. Ce conflit opposaient leurs parents, pas elles, et ils ne voulaient même pas leur dire d'où il était né. En aucun cas elles n'auraient dû en pâtir elles aussi.

- Tu as raison, j'aimerais qu'on soit ensemble, avoua soudain Regina, la tirant de sa torpeur. Mais c'est impossible. Alors le mieux c'est sûrement qu'on arrête de se fréquenter et qu'on s'oublie, ça évitera des problèmes à tout le monde.

La brune commença à s'éloigner et Emma fut incapable de faire le moindre geste pour la retenir, trop écœurée par l'injustice de ce choix imposé par leurs parents. Au moment où Regina tourna le dos, il lui sembla apercevoir le scintillement d'une larme au coin de son œil mais avant qu'elle ait pu en être certaine, la jeune fille était partie.

- SwanQueen -

A peine arrivée dans sa chambre, Emma jeta rageusement son sac à travers la pièce. Il alla heurter un mur et en retombant il fit tomber une tasse qu'elle avait laissé traîner et qui se cassa. Heureusement pour elle ses parents n'étaient pas encore rentrés. Elle n'aurait qu'à dire qu'elle lui avait échappé des mains. Elle s'assit un moment à son bureau pour tenter de se calmer et éviter de laisser libre cours à sa colère. Après quelques minutes, elle se mit à réfléchir. « Tu es la fille des Swan. Et tu es un vampire. ». Cette phrase de Regina tournait en boucle dans sa tête. Qu'avait-elle voulu dire par là ? La mère de la brune était-elle au courant de leur secret ? Savait-elle qui sa mère et elle étaient réellement ? Mais dans ce cas, si elle avait gardé cela secret, qu'est-ce qui pouvait tant la déranger ? « Tu es un vampire. ». « Tout nous oppose, on est trop différentes toi et moi. ». Les mots de la brune lui revenaient à l'esprit les uns après les autres et elle avait la désagréable impression de passer à côté de quelque chose. Qu'avait-elle voulu dire ? Emma ferma les yeux pour tenter de se concentrer et tout à coup, sans qu'elle comprenne pourquoi, le déclic se fit. Elle se rua vers son lit et se pencha en-dessous pour sortir une boîte. C'était là qu'elle enfermait tout ce qui lui était cher et qu'elle ne voulait pas que ses parents voient. Elle tourna les molettes du cadenas pour entrer le bon code puis le retira et ouvrit. Elle se saisit du premier papier, celui qu'elle avait caché là le dernier : le journal où un article annonçait la mort du mari de la mairesse. Elle le déplia et tourna rapidement les pages pour atteindre celle qui l'intéressait. Elle relut attentivement l'article mais sous un autre angle de vue et avec en main les nouveaux événements qui étaient survenus depuis l'accident, et cette fois, tout s'éclaira. Et si elle avait pris le problème à l'envers depuis le début ? Ce n'était peut-être pas un loup qui avait pris forme humaine dont il était question, mais plutôt un homme qui s'était transformé en loup. Immédiatement, elle pensa à ce que toute personne aurait pensé : un loup garou. Mais à peine l'idée lui était venue qu'elle se traita d'idiote. Les loups garous venaient des légendes et des contes, ces créatures n'existaient pas réellement. Il était vraiment temps qu'elle sorte de l'enfance et devienne une adulte, avoir de telles idées à son âge était ridicule ! Puis elle se ravisa et reconsidéra son idée. Après tout, la majeure partie des gens pensaient que les vampires n'existaient que dans l'imaginaire populaire. Pourtant, elle était la preuve vivante que c'était faux. Alors pourquoi pas les loups garous ? Non, c'était impossible ! Si le père de Regina avait été un loup garou il y aurait forcément eu d'autres événements alarmants, des gens retrouvés morts, ou même des habitants qui auraient remarqué des traces de pattes inhabituelles. Mais une nouvelle fois, sa théorie fut mise à mal : elle et sa mère parvenaient à subvenir à leur besoin de vampires sans que personne ne s'en aperçoive. Il suffisait que le père de Regina reste caché les nuits de pleine Lune pour rester inaperçu. Mais à supposer qu'il ait vraiment été un loup garou, sa femme et sa fille étaient-elle au courant ? Et si oui, est-ce que… Tout à coup, sa réflexion se bloqua net. Elle revint en arrière comme on aurait rembobiné une cassette vidéo et revit le fil de ses pensées. Pleine Lune. C'était la pleine Lune le soir où avait été organisée la soirée d'intégration. Emma referma le journal d'un geste frénétique pour revenir à la une. Un détail lui avait échappé et il fallait qu'elle vérifie. Elle laissa son regard se balader quelques instants pour trouver l'information qu'elle cherchait, puis ses yeux se figèrent sur le haut de la page. Elle se précipita alors vers son bureau pour saisir le calendrier qui y était posé et regarder quand avait eu lieu les dernières pleines Lunes : la date du journal concordait. Elle était prise par l'euphorie et l'inquiétude de ce qu'elle était peut-être en train de découvrir et dut faire un gros effort pour se calmer et refaire le fil de l'histoire sans oublier aucun des éléments qu'elle possédait. A la soirée d'intégration, Regina avait eu un comportement bizarre. Elle était partie précipitamment et quand Emma avait voulu la retenir elle avait été particulièrement agressive. La blonde avait alors remarqué que ses dents ressemblaient davantage à des crocs et que son attitude était en tout point semblable à celle d'un chien qui aurait grogné pour dissuader son agresseur d'approcher. La brune était finalement parvenue à s'éclipser et avait disparu dans la nature. Ce soir-là c'était la pleine Lune. Emma venait seulement de le réaliser, mais elle s'en souvint en se rappelant qu'elle voyait parfaitement même en pleine nuit. Regina avait donc disparu sans laisser de trace, et le lendemain on retrouvait son père mort en forêt, abattu par des chasseurs qui prétendaient avoir tiré sur un loup. Toutes les pièces du puzzle se mettaient maintenant en place et le doute n'était plus permis : non seulement Henry, mais sans doute toute sa famille et donc Regina elle-même, étaient des lycanthropes. Elle resta parfaitement immobile, bouche bée par ce qu'elle venait de découvrir. Tout était plus clair à présent. Voilà d'où venait ce conflit qui existait entre les Mills et les Swan, voilà pourquoi les deux familles se haïssaient tant. Regina elle, l'avait sans doute compris depuis longtemps, depuis qu'elle avait appris qu'Emma était à moitié vampire. C'était ce qu'elle avait voulu dire par « tout nous oppose », car c'était le cas, tout les opposait. Emma prenait petit à petit conscience de la véracité des propos de la brune : comment auraient-elles pu avoir une relation en appartenant à des peuples que toutes les légendes décrivaient comme des ennemis jurés ? Elle lâcha un profond soupir, abattue. Regina avait peut-être raison après tout, en sachant tout cela il valait peut-être mieux qu'elles restent éloignées l'une de l'autre. Mais elle ne pouvait pas se résoudre à tout abandonner alors qu'elle sentait qu'elle avait trouvé une personne qui pourrait réellement lui correspondre, et plus que tout elle refusait de céder face à leurs parents, car en faisant cela elle les aurait laissé gagner et aurait admis qu'ils avaient raison. Mais non, ils se trompaient. Pour elle l'amour n'avait pas d'âge, pas de sexe, et surtout pas de race. Pendant trop longtemps on avait opprimé des gens à cause de leur couleur de peau et de leurs origines, les empêchant de vivre comme bon leur semblait et surtout d'aimer comme ils le voulaient. Ces injustices, qui existaient encore, écœuraient Emma et lui donnaient la nausée, alors il était hors de question qu'elle accepte de se tenir éloignée de Regina sous prétexte qu'elles avaient eu le malheur de naître dans des familles qui se détestaient. Elle se releva, plus déterminée que jamais.

- SwanQueen -

Un peu plus tard dans la soirée, alors que ses parents étaient tous les deux à la cuisine pour préparer le repas, elle saisit son portable. Elle chercha le numéro de Regina dans son répertoire et colla le téléphone à son oreille après avoir appuyé sur le bouton d'appel. Au bout de deux sonneries la brune décrocha.

- Emma, je t'ai dit qu'il fallait qu'on arrête de se parler, ce sera mieux pour tout le monde.

- Je sais tout, lança-t-elle sans détour.

- De quoi tu parles ?

- Je sais qui tu es vraiment. Ou plutôt ce que tu es vraiment.

- Bon je ne comprends rien, alors est-ce que tu veux bien m'expliquer s'il-te-plaît ?

- Tu comptais me dire quand que toi et toute ta famille étiez des loups garous ?

Un silence pesant s'installa et pendant un instant Emma crut que la brune avait raccroché. Mais elle sut qu'elle était toujours là en l'entendant se racler la gorge.

- Où est-ce que tu es allée chercher des idées pareilles ? demanda Regina avec un rire que la blonde sentit forcé.

- Arrête de te cacher, c'est bon. J'ai bien réfléchi à ce que tu m'as dit aujourd'hui en rentrant chez moi. Je n'arrivais pas à comprendre certaines choses que tu avais dites, je ne voyais pas en quoi le fait que je sois un vampire puisse empêcher une relation entre nous si tu gardais le secret. Et puis plus j'y pensais plus j'avais l'impression de manquer quelque chose. J'ai relu l'article concernant l'accident de chasse et là j'ai tout compris. Tu es partie parce que c'était la pleine Lune à la soirée d'intégration, pas vrai ?

A nouveau le silence fit écho à ses mots.

- Regina, réponds-moi. Est-ce que je me trompe ?

- Je… C'est compliqué.

- Arrête de dire que c'est compliqué ! s'emporta soudain la blonde. Tu es un loup garou oui ou non ?

Emma entendit que la brune prenait une profonde inspiration avant de répondre, mais elle fut coupée par un bruit qui ressemblait à celui d'une porte qu'on ouvre.

« A qui téléphones-tu ? » entendit-elle une voix demander d'un ton autoritaire.

« Une amie. » répondit Regina d'une voix soudain fluette, si différente du ton assuré qu'elle employait habituellement.

« Quelle amie ? »

« Ruby. »

Emma n'entendit plus aucun bruit et commença à craindre qu'il ne soit arrivé quelque chose à la brune.

- Regina, tu m'entends ?

Mais avant que celle-ci n'ait pu répondre, la voix reprit.

« Raccroche et pose ce téléphone, il va bientôt faire nuit. »

« Je n'en ai pas pour longtemps. »

« Raccroche, Regina. » reprit la voix d'un ton menaçant.

- Regina, c'est qui ? tenta la blonde.

« Comme tu voudras, donne-moi ce téléphone. »

« Non ! »

« Donne-le-moi ! » cria la voix.

Emma eut juste le temps d'entendre le son d'une gifle avant qu'une sonnerie grave lui indique que la communication avait été coupée. Malgré tout elle tenta d'appeler la brune.

- Regina ? Regina, tu m'entends ? Regina !

Elle finit par abandonner, consciente que c'était inutile, et raccrocha. La panique l'envahit petit à petit. Qui d'autre à part la mère de la brune aurait pu lui parler ainsi et la gifler pour un simple coup de fil ? Elle avait beau tenter de se raisonner, la peur que Cora ne s'en soit réellement prise à sa fille fut plus forte. Elle se leva subitement de sa chaise de bureau, manquant de la renverser, et saisit ses clés avant de sortir en trombe de sa chambre et de dévaler les escaliers. Sa mère, alertée par le bruit, sortit de la cuisine.

- Emma, qu'est-ce qui te prend ?

- J'ai un truc à faire, je serai pas longue.

- Mais on va manger dans cinq minutes.

- C'est urgent, dit-elle tout en enfilant sa veste et en passant une écharpe autour de son cou.

Son père sortit à son tour de la cuisine.

- On peut au moins savoir où tu vas ?

- Je ne peux rien vous dire mais vous n'avez pas à vous inquiéter.

Alors qu'elle s'apprêtait à sortir, David s'interposa, lui bloquant l'accès à la porte.

- Tu n'iras nulle part tant que tu ne nous auras pas donné d'explication.

- Mais j'ai pas le temps !

- Eh bien tu vas le prendre.

- Putain mais lâchez-moi !

La jeune fille poussa son père sans ménagement pour passer et malgré la carrure imposante de celui-ci, il ne put rien faire face à la force de vampire de sa fille. Emma ouvrit la porte et partit en courant sans se retourner, laissant ses parents choqués et inquiets.

- SwanQueen -

Tandis qu'elle courait à en perdre haleine, la blonde constata que le crépuscule touchait à sa fin et que dans quelques minutes la ville serait plongée dans l'obscurité. A chaque seconde son inquiétude montait. De quoi la mairesse était-elle vraiment capable dans ses moments d'énervement ? Si elle faisait du mal à Regina elle ne se le pardonnerait jamais. Elle arriva finalement au manoir Mills mais eut la présence d'esprit de rester à distance. Elle n'avait aucune envie de croiser la mairesse, d'autant que si Regina disait vrai, elle était capable du pire. Mais comment s'assurer que Regina allait bien si elle ne pouvait pas approcher ? Elle avait essayé de l'appeler plusieurs fois en venant mais n'avait eu aucune réponse, ce qui n'avait fait qu'accentuer son inquiétude. Après quelques minutes, trop préoccupée, Emma se remit en marche, prête à prendre le risque d'affronter la mère de la brune. Mais elle se figea et se cacha rapidement à l'angle d'une maison en voyant la porte du manoir s'ouvrir. La mairesse sortit de la maison et se dirigea vers sa voiture garée non loin. Elle avait une attitude étrange, ses pas étaient incertains et elle était courbée à l'avant, si bien que la blonde ne put pas voir son visage. Elle monta dans la voiture et démarra avant de s'éloigner rapidement. Emma n'hésita qu'une seconde. C'était sa chance, elle ne savait pas combien de temps Cora serait absente mais elle devait en profiter. Elle courut vers le manoir et commença à inspecter les fenêtres. Il n'y avait pas la moindre lumière allumée à l'intérieur, pas même au deuxième étage alors que Regina lui avait dit que c'était là que se trouvait sa chambre. Soudain une nouvelle peur s'empara d'elle : et si Cora avait emmené Regina avec elle ? Mais elle se ressaisit rapidement. C'était une éventualité mais elle devait avant tout vérifier que la maison était bien vide. Elle passa dans le jardin qui se trouvait derrière le manoir et escalada le pommier qui s'y dressait fièrement. Une fois à hauteur du deuxième étage elle repéra rapidement la pièce qui pouvait être la chambre de la brune. Elle descendit de son observatoire de fortune et se rapprocha de la façade. Après avoir rapidement testé la solidité de la gouttière, elle commença à grimper pour atteindre la chambre qui l'intéressait. Une fois à la bonne hauteur, elle cala ses appuis de façon à avoir les mains libres et se pencha pour regarder à l'intérieur. Elle vit alors quelqu'un allongé sur le lit, en sous-vêtements, dos à elle, et reconnut rapidement son amie. Regina ne réagit pas quand elle frappa de légers coups à la fenêtre, mais elle remua quand elle tapa plus fort.

- Regina ? C'est moi, Emma.

Elle essayait de parler suffisamment fort pour être entendue mais ne criait pas pour ne pas attirer l'attention du voisinage.

- Tu vas bien ?

La brune remua davantage et finit par se redresser tout en restant dos à elle. Elle resta un instant immobile puis se retourna vivement, faisant sursauter Emma qui manqua de tomber. Elle se rattrapa juste à temps et reporta à nouveau son attention sur la jeune fille à l'intérieur.

- Est-ce que ta mère t'a-

Les mots se bloquèrent dans sa bouche quand elle vit l'aspect inhabituel qu'avaient les yeux de la brune. Le beau marron chocolat qui colorait habituellement son iris était visible dans l'intégralité de son œil, si bien que la partie blanche n'existait plus, et ses pupilles étaient anormalement dilatées. Mais dans la pénombre elle n'aurait pas dû apercevoir les pupilles de la jeune fille. Si c'était possible, c'était parce qu'elles réfléchissaient la lumière comme l'auraient fait les pupilles d'un animal. Celles d'un animal, pas celle d'un humain. Emma s'aperçut alors que la nuit était complètement tombée. Mais alors que l'obscurité aurait dû gêner sa vue, elle voyait comme un plein jour. Elle releva la tête et découvrit alors la Lune blanche et parfaitement ronde. Sa respiration s'emballa et ses soupçons furent confirmés : Regina était en train de se transformer. Elle reporta son attention sur la brune qui se trouvait maintenant à quatre pattes sur son lit.

- Va-t'en Emma ! l'entendit-elle crier à travers la vitre. Je ne veux pas que tu vois ça !

Elle non plus ne voulait pas voir ça, mais son corps ne lui obéissait plus. Elle aurait voulu descendre et partir en courant mais elle restait pétrifiée, incapable de faire le moindre mouvement. C'était tout juste si elle respirait encore. Regina ouvrit la bouche, sans doute pour parler, mais ce fut un cri de douleur qui s'échappa avant qu'elle n'enfouisse sa tête dans la couette qui couvrait son lit. Elle avait les deux mains de chaque côté de la tête et elles étaient si crispées que ses phalanges en étaient blanches. Elle resta un moment dans cette position puis se redressa, la bouche grande ouverte. Emma écarquilla les yeux en découvrant les crocs qui avaient remplacé ses dents. La brune se mit soudain debout et se jeta sur la porte. Elle eut beau tenter de l'ouvrir et s'acharner dessus, elle ne céda pas, et Emma comprit que sa mère l'avait sans doute enfermée. Voyant qu'elle n'arriverait à rien, Regina se recula, secouée de tremblements. Elle ne tarda pas à tomber à genoux et poussa un cri à mi-chemin entre le hurlement de douleur et le grognement d'un animal. Sous les yeux médusés de la blonde, les tremblements se transformèrent rapidement en spasmes qui agitaient violemment le corps de leur victime. Emma ne put retenir une grimace en entendant soudain un craquement d'os sinistre, rapidement suivi d'un deuxième. Elle voulait partir, ne plus voir cette scène horrible et effrayante, mais elle ne pouvait pas bouger. Elle avait l'impression que son esprit l'obligeait à regarder pour la convaincre qu'elle ne rêvait pas et qu'elle ne s'était pas trompée. Emma vit avec horreur les doigts de la brune se raccourcir petit à petit tandis que ses ongles s'allongeait jusqu'à se transformer en griffes. De nouveaux craquements d'os se firent entendre, tordant horriblement les bras et les jambes de Regina alors que des poils commençaient à apparaitre sur sa nuque et ses épaules. Elle lança un regard suppliant à Emma, comme un appel à l'aide, et alors la blonde comprit que cette transformation était tout aussi angoissante pour la brune que pour elle. Tout à coup Regina se mit à quatre pattes et c'est seulement à ce moment qu'Emma remarqua que ses jambes étaient devenues plus courtes et avaient maintenant une longueur équivalente à celle de ses bras. Ses oreilles elles aussi avaient changé pour devenir pointues et du poil commençait déjà à y apparaître. La jeune fille bondit avec agilité pour arriver derrière son lit, si bien que la blonde ne put plus la voir. Elle fixa l'endroit où elle avait disparu, l'estomac noué par la peur et l'appréhension. Après de longues minutes de silence sans le moindre signe d'agitation ou de mouvement, un petit cri se fit entendre. C'était plutôt un couinement semblable à celui que poussent les chiens quand ils sont apeurés. Puis plus rien. Emma se rapprocha de la fenêtre comme si cela avait suffi à lui faire voir ce qui se passait de l'autre côté du lit.

- Regina ? appela-t-elle doucement.

Elle n'eut aucune réponse ni aucune réaction. La tension était palpable et la blonde sentit ses poils se dresser sur sa peau tandis qu'un mauvais pressentiment s'insinuait en elle. Aucun mouvement à l'intérieur, pas le moindre bruit. Puis tout à coup, un loup surgit de derrière le lit à la vitesse de l'éclair. Il lui suffit d'un bond pour atteindre la fenêtre, toutes griffes dehors et les crocs découverts. Prise par surprise et terrorisée, Emma perdit l'équilibre et dérapa. Par chance, elle parvint à se rattraper de justesse au rebord de la fenêtre ce qui lui permit de se réceptionner tant bien que mal en arrivant au sol et de s'épargner des blessures sérieuses. Elle se remit debout et leva les yeux vers la fenêtre. L'animal semblait fou de rage. Il se ruait contre la fenêtre, griffait, grognait, apparemment déterminé à sortir. Puis soudainement, plus rien. Le calme revint et le loup s'éloigna de la fenêtre. La blonde, sous le choc après ce qu'elle venait de voir, s'apprêtait à quitter les lieux au plus vite. Mais alors qu'elle allait tourner les talons, elle entendit un bruit d'éclat de verre et elle eut juste le temps de se retourner pour voir le loup atterrir à quelques mètres d'elle avec agilité. Elle se figea, pétrifiée par la peur. Immédiatement, l'animal planta ses yeux dans les siens. Il retroussa les babines, rabattit ses oreilles sur son crâne et se mit à grogner sourdement, menaçant. Malgré la situation, Emma ne put s'empêcher d'admirer sa beauté et sa grâce. Même sous cette forme, Regina ne perdait rien de son élégance habituelle. Elle était un peu plus grosse que les loups normaux, ses yeux étaient perçants et son pelage magnifique, ébène tout comme l'étaient ses cheveux en temps normal. La blonde n'osait pas faire ou dire quoi que ce soit de peur que son amie n'interprète cela comme une agression, car elle en avait la certitude, elle n'était plus elle-même. L'être qu'elle avait en face d'elle n'était plus Regina, c'était une bête sauvage dont l'instinct lui criait qu'elle était une menace. Le face à face dura pendant quelques minutes qui parurent interminables à Emma, jusqu'à ce que le cri d'un loup retentisse dans la nuit. Immédiatement, Regina se redressa et son attitude changea du tout au tout. Elle cessa de grogner et ses oreilles restèrent plaquées, mais de crainte cette fois. Avant que la blonde n'ait pu réaliser ce qui se passait, elle avait détalé et traversé une haie. Emma resta là, encore sous le choc après ce qu'elle venait de vivre. Ce fut la vibration de son téléphone portable dans sa poche qui la ramena à la réalité. Elle le sortit et constata qu'elle avait manqué une dizaine d'appels, sans doute trop obnubilée par ce à quoi elle avait assisté quelques instants auparavant pour les remarquer. Elle décrocha rapidement avant de rater un autre appel de sa mère.

- Maman ? dit-elle d'une voix tremblante.

- Emma, où es-tu ? commença sa mère d'un ton affolé.

- Je vais bien ne t'en fais pas. … Non je n'ai pas essayé de me suicider maman ! … Oui. … D'accord. … Je rentre tout de suite, je serai là dans une quinzaine de minutes. … Non ne viens pas me chercher ! Il ne va rien m'arriver. … J'arrive, à tout de suite.

Elle mit fin à l'appel et rangea son téléphone dans sa poche. Elle lança un dernier regard à la haie par laquelle s'était volatilisée Regina et sortit de la propriété des Mills pour rentrer chez elle, les jambes encore tremblantes.


Alors, qu'en avez-vous pensé ? Ça y est, on peut officiellement dire que le mystère est levé : Emma est un vampire, Regina est un lycanthrope, voilà pourquoi les Swan et les Mills ne peuvent pas se voir en peinture. La question qui se pose maintenant, c'est de savoir quel impact tout ça va avoir sur nos deux protagonistes...

Au fait, je voulais aussi vous remercier parce que j'ai remarqué l'autre jour qu'on avait dépassé les 10 000 vues ! C'est énorme, j'ai du mal à y croire, et ça me fait vraiment plaisir, alors merci mille fois à vous très chers lecteurs :D

Et maintenant teaseeer :
Une conversation s'impose entre les deux jeunes filles. Emma est prête à s'engager malgré le danger, mais en sera-t-il de même pour Regina ?
(plus court que d'habitude, ce qui ne veut pas forcément dire que le chapitre n'aura pas d'importance, loin de là ! Mais je n'en dis pas plus...)

Sur ce, à bientôt :)