Bonjour/Bonsoir tout le monde ! :) Voilà le nouveau chapitre. J'espère sincèrement qu'il vous plaira. Dîtes moi ce que vous en avez pensé en me laissant une petite review après votre lecture ^^
Alors, j'ai plusieurs choses à vous dire ! Tout d'abord, je posterai le prochain chapitre, non pas Mardi prochain, mais Lundi. En revanche, je ne sais pas si vous aurez un autre chapitre dans deux semaines étant donné que je ne pourrais sûrement pas écrire de la semaine. Je quitte ma chère Normandie Mercredi prochain pour aller à Paris à l'occasion de la Japan Expo, et je ne reviens que le Lundi suivant. Mais j'essaierai d'écrire et je ferai mon maximum pour poster le chapitre aussi vite que possible ! :) Ensuite, à peine rentrée, déjà repartie ! Du Jeudi 9 au Dimanche 12 Juillet je serai également très occupée car je participe à une fête médiévale, donc je n'aurai pas le temps d'écrire... J'ai l'impression de vous raconter ma vie en fait, désolée. Bref, tout ça pour dire que les chapitres arriveront un peu ( beaucoup ? ) en retard. Sorry...
Maintenant, passons aux remerciements ! ameliesky61, Le Poussin Fou, MICHONCHON, Shell, Merwyn, Black-Tulipe, fandemerlin et tahury... Vous êtes adorables ! :D Vos reviews m'ont faite plaisir à un point, vous ne pouvez pas imaginer ! Merci beaucoup ! ^^
Merlin est la propriété de la BBC, comme vous le savez tous. Je n'ai aucun droit sur cette magnifique série.
Allez, trêve de bavardages, je vous ai déjà assez ennuyés ! Bonne lecture, mes très chers ! :)
Chapitre 8: Garder espoir...
( Inspirational Music [NIGHTWISH ~ Sleeping Sun instrumental] )
La nuit venait de tomber sur Camelot, apportant avec elle une brume froide et dense. Les habitants se faisaient rare, autant dans la ville basse que dans la cour du château. Ils s'enfermaient chez eux pour se reposer après une longue et éreintante journée. Seule une personne était encore dehors, malgré l'heure avancée de la soirée.
Merlin marchait sans se presser, profitant de ses quelques minutes de solitude pour respirer un peu. Arthur venait de le « congédier » après qu'ils aient passé l'heure précédente ensemble. Il n'aurait pas pensé le voir débarquer dans sa misérable piaule pour lui demander s'il était d'accord de passer du temps avec lui. A vrai dire, Merlin pensait ne revoir Arthur que le lendemain. Il aurait dû se réjouir de ce pas en avant, mais c'était plutôt l'effet inverse...
En entrant dans les appartements de Gaïus, Merlin trouva celui-ci en train de faire cuir un met à l'odeur particulièrement aigre et repoussante.
- Alors, cette première journée avec Arthur ? Entama chaleureusement le médecin.
- En un mot: minable.
Gaïus leva un sourcil étonné. Il avait entendu des échos du discours qu'Arthur avait prononcé dans la matinée, discours dans lequel il prenait la défense du sorcier d'une façon virulente. Il avait alors imaginé que ce dernier se serait montré plus... reconnaissant. Merlin s'affala sur un tabouret en réprimant un soupir.
- Puis-je savoir pourquoi ? Demanda Gaïus.
- J'imagine qu'il fait des efforts. Vous qui le connaissez, c'est sûrement ce que vous pensez, mais franchement... je préférerai encore qu'il ne fasse rien. Tout à l'heure il m'a emmené dans des endroits où j'avais l'habitude d'aller quand j'étais à son service et il m'a expliqué ce que je faisais... mais je m'en fous !
- As-tu au moins eu la courtoisie de l'écouter ?
- Bien-sûr que oui ! J'ai été d'une patience exemplaire... enfin, pas jusqu'au bout.
- Qu'as-tu fait ? S'inquiéta Gaïus en secouant la tête, dépité.
- Bah... je lui ai dit que je n'en avais rien à faire. Comprenez-moi, ma patience à ses limites ! Et, évidemment, il s'est énervé, je me suis aussi énervé, on s'est disputé et il m'a dit de m'en aller.
- Ce que tu n'as pas fait, j'espère ?
- Si je ne l'avais pas fait, croyez-vous que je serais là ? Vous comprenez quand je vous parle oui ou non ?!
Gaïus soupira profondément. Les efforts d'Arthur et de Merlin étaient très fragiles. L'un éprouvait un blocage, un problème de comportement et un désordre émotionnel, et l'autre avait des envies de meurtre qui le poussaient à être constamment désagréable et instable. Quelle belle paire !
- Si tu tiens à arranger les choses je te conseille d'aller t'excuser, Merlin.
- Pardon ?! M'excuser ?! Il n'en est pas question !
- Bon, agis comme tu l'entends, mais ne viens pas te plaindre ensuite. Tiens, mange.
Gaïus déposa un bol de soupe devant son pupille qui afficha une grimace de dégoût.
- Votre plat ne me dit rien qui vaille...
- Tu vas me faire le plaisir d'avaler ça ! S'énerva t-il en s'asseyant à son tour. Tu n'as pas mangé depuis trop longtemps.
Merlin poussa un grognement agacé. Il n'avait pas envie de remplir son estomac avec une soupe aussi... ragoutante. Pourtant, son ventre criait famine et il devait avouer qu'il était affamé. Il se força à manger, mais ne desserra pas les lèvres une seule fois. Le repas se déroula donc dans un silence religieux. Par principe et pour ne pas attiser les nerfs de son tuteur, il aida celui-ci à débarrasser la table et alla même jusqu'à se proposer pour aller chercher de l'eau au puits, ce que le médecin sembla apprécier.
- Ne traînes pas.
- Non, non.
Sur le chemin, Merlin songea qu'il aurait tout de même fait une bonne action dans la journée: rendre service. C'était peut-être une action infime, mais pour lui qui ne demandait qu'à retrouver Morgane, il s'agissait d'un grand pas. Cette pensée l'amena à reconsidérer son attitude envers Arthur. Il était peut-être un peu dur envers lui. Sûrement. Obligatoirement. Son but était de tester le souverain pour savoir s'il représentait quelque chose à ses yeux, mais il ne faisait rien de bien pour le motiver. De plus, il savait qu'Arthur n'était pas dans ses meilleurs jours et que les derniers événements l'avaient énormément ébranlé, fragilisé.
« Ok... Je suis un peu en tort... Il a avoué en public que j'étais son ami, il m'a défendu et il essaie de m'aider du mieux qu'il peut. Je ne fais rien pour lui rendre la pareille... ».
Alors qu'il prononçait mentalement ces paroles, une vague de haine explosa dans sa poitrine et ses pensées se troublèrent de nouveau.
« Mais peut-être que c'est un piège. Peut-être qu'il veut m'avoir dans son camp pour combattre Morgane. Peut-être que tout ça n'est qu'un plan monté de toutes pièces. Peut-être que tout le monde est dans le coup... Morgane... Morgane... ».
Merlin arriva devant le puits dans un état agité. Ses jambes et ses bras flageolaient, sa respiration était anormalement accélérée et sa tête lui faisait mal, si mal... Il laissa tomber le seau qu'il avait apporté et posa ses mains sur le rebord du puits, écrasant la pierre écaillée sous ses doigts. Il avait l'impression que quelqu'un martelait rageusement sa boîte crânienne, comme pour en extraire quelque chose et, au vu de la douleur fulgurante qu'il ressentait, cette chose devait être d'une importance capitale, cruciale, vitale. Jamais encore il n'avait expérimenté un tel degré de souffrances. Il se mordit la lèvre inférieure jusqu'à sentir le sang couler dans sa bouche, mais même cela ne fut pas suffisant. Merlin s'écroula contre le puits, à bout de forces. Son sang bourdonnait à ses oreilles. Son souffle se faisait haché et difficile. La sueur mouillait son front et ses joues.
- A... A... Ar... Arth... Arthur...
Fut le seul mot qu'il trouva la force de murmurer avant d'être happé par l'inconscience.
Gaïus jeta un coup d'œil inquiet vers la porte d'entrée pour la dix-septième fois. Merlin était sorti depuis presque trente minutes. Son tuteur avait-il des raisons de s'inquiéter ou le jeune sorcier était-il simplement en train de faire une balade de santé ? Il avait peut-être rencontré Arthur sur sa route, ou Guenièvre, ou Gauvain, ou... ou il lui était arrivé quelque chose. Gaïus se mit en route pour le puits situé à l'entrée de la ville basse, peu après le pont-levis, celui installé dans la cour n'étant plus en service depuis plusieurs mois. Il avait fait part de cette information à Merlin et il espérait que celui-ci s'en soit souvenu. La brume l'empêchait de s'orienter comme il le souhaiterait, allant même jusqu'à le ralentir. Il avait beau connaître le terrain sur le bout des doigts, il n'était pas à l'abri de trébucher sur un obstacle qui entraverait son chemin. En plissant les yeux il parvint à distinguer les contours du mur derrière lequel était niché le puits principal. Même si accélérer le pas était très tentant, il décida de jouer la carte de la prudence et préserva son allure.
- Merlin ? L'appela t-il en arrivant. Merlin !
Bien que son entreprise fut inutile, il chercha son pupille des yeux à travers le brouillard aveuglant qui masquait dangereusement la visibilité.
- Merlin, ce n'est pas le moment de me faire une farce...
Aucune réponse.
Seul un silence oppressant résonna aux oreilles de Gaïus. Il fit un pas pour se rapprocher du puits et heurta quelque chose. Intrigué, il s'agenouilla lentement et tâta sa découverte.
De la peau. Bouillante. Une main.
Gaïus se pencha un peu plus et, comme si elle obéissait à sa volonté, la brume se dissipa. Le sang du médecin se glaça dans ses veines.
- Merlin !
Celui-ci était recroquevillé contre le puits. Son visage semblait aussi pâle que celui d'un mort et une sueur moite lui collait à la peau. Au vu de ses inspirations et expirations saccadées, Gaïus comprit qu'il avait du mal à respirer. Il devina aisément qu'il était victime d'une violente fièvre: le contact avec sa main le lui avait prouvé. Gaïus se redressa et scruta les environs, à la recherche d'un signe lui montrant qu'il n'était pas seul dans l'immensité de la nuit. Habituellement, des gardes surveillaient la ville basse, il n'y avait donc aucune raison pour qu'il n'en soit pas de même ce soir-là. A force de persévérance, le médecin entrevit la lueur d'un flambeau.
- Gardes !
Des bruits de pas précipités se firent entendre devant lui, puis un garde se détacha du brouillard. Il repéra la silhouette inconsciente aux pieds du vieil homme, mais ne dit mot.
- Vite, prévenez le roi Arthur et dîtes lui de me retrouver ici immédiatement. C'est urgent !
En attendant la venue du souverain, Gaïus fit son maximum pour aider Merlin à respirer. Il détacha son foulard qu'il plaça derrière sa tête et le tourna délicatement sur le côté. Il n'avait rien sur lui, pas de sacoche, pas de potions, strictement rien. Il fallait vite qu'Arthur l'aide à ramener Merlin dans ses appartements où il serait plus à son aise pour le soigner. La brume qui amenuisait son champ de vision n'était pas un bon point non plus, elle l'enfermait dans une prison et l'empêchait de se mouvoir à sa guise. Tout en remplissant le seau d'une eau bien fraîche, propice à faire descendre la fièvre de Merlin, Gaïus utilisa le temps qui lui était donné pour réfléchir... Son pupille n'avait manifesté aucun signe prévoyant une éventuelle maladie, pas un indice laissant penser à un manque de sommeil, pas de toux, absolument rien ! Il était en pleine forme en partant une demi-heure plus tôt. Comment avait-il pu tomber malade aussi vite, et surtout, aussi gravement ? Ça n'avait pas de... fil conducteur, pas de logique.
- Gaïus ? Fit la voix d'Arthur derrière lui. Que se passe t-il ?
- Baissez-vous, Sire.
Arthur s'accroupit, ne sachant à quoi s'attendre. Le garde l'avait seulement prévenu que Gaïus était auprès d'une personne inconsciente, devant le puits, dans la ville basse. Point barre.
- Qu'y a t...
Son regard tomba sur Merlin. Il le reconnaîtrait n'importe où. La peur monta en flèche dans le cœur d'Arthur, la peur mélangée à l'incompréhension. Il posa une main hésitante sur le bras du sorcier. Malgré l'épaisseur de ses vêtements, il sentit une chaleur anormale sous sa main.
- Gaïus, il est brûlant ! Que lui est-il arrivé ?!
- Je ne sais pas, Sire. Pouvez-vous m'aider à le ramener dans mes appartements ?
- Bien-sûr.
Arthur prit Merlin dans ses bras avec beaucoup de précaution. Son état était déjà alarmant, il n'avait pas envie de le blesser intentionnellement. En franchissant le pont-levis, il tomba nez à nez avec le garde qu'il l'avait mis au courant.
- Merci de m'avoir prévenu. Vous pouvez retourner à votre poste.
Le soldat se courba avec respect et regarda les trois hommes disparaître dans la brume, tel des fantômes silencieux.
- C'est donc ici que tu te cachais, Emrys..., murmura t-il, victorieux. Remets toi vite, surtout. Morgane sera impatiente de te voir.
Alkmar retira son casque et secoua ses cheveux en respirant un bon coup. L'équipement des gardes était vraiment lourd à porter.
- On crève de chaud, là-dessous.
Il éteignit le flambeau pour ne pas attirer l'attention sur lui et le jeta par dessus le pont, avant de s'engager dans la ville basse. Il devait vite rejoindre le domaine séculaire de Morgane. Elle serait au comble du bonheur en apprenant où se cachait son « petit protégé ».
( Brothers (Fullmetal Alchemist) – Violin – Taylor Davis )
Arthur déposa Merlin sur le lit de Gaïus, servant la plupart du temps à accueillir les malades. Tandis que le médecin se chargeait d'éteindre le feu de cheminée, Arthur se demanda ce qu'il pouvait faire pour lui venir en aide.
- Gaïus...
- Sire, servez-vous de l'eau que j'ai rapportée et appliquez une serviette mouillée sur le front de Merlin. Il faut à tout prix réguler sa température.
Le monarque s'exécuta sans perdre une seconde. Dès que le tissus rentra en contact avec sa peau, Merlin poussa un soupir apaisé. Mais sa respiration ne s'en trouva pas moins soulagée et il serra les dents à plusieurs reprises, comme pour étouffer des cris de douleur.
- Gaïus, je ne comprends pas, fit Arthur sans quitter Merlin des yeux, il allait très bien il y a une heure !
- Je le sais, Sire.
- Se serait-il fait attaquer, d'après vous ?
- Je ne crois pas. Ses symptômes correspondent plus à une maladie, pas aux effets secondaires provoqués par une blessure.
Alors qu'Arthur allait répondre, Merlin ouvrit les paupières, lui faisant complètement oublier sa phrase. Il cligna plusieurs fois des yeux pour adapter sa vue à la faible luminosité et étudia son environnement. Se concentrer pour savoir où il était se révéla ardu. La douleur qui envahissait sa tête n'avait pas diminué, elle semblait profondément ancrée en elle.
- Merlin ? S'enquit une voix qu'il reconnut vaguement. Tu m'entends ?
- Merlin ? Ajouta une deuxième voix, plus grave cette fois, plus âgée.
Quelque part au fin fond de sa conscience, il sut qui lui parlaient et il voulait leur répondre. Malheureusement, quelque chose le paralysait. Sa tête était une grande partie du problème, mais il n'y avait pas que ça. C'était... c'était...
- Merlin, si tu nous entends dis-nous exactement où tu as mal.
C'était... c'était...
- M... mon... coeu... cœur...
Oui. Son cœur. La douleur venait de se déclencher. Brûlante. Foudroyante. Quelqu'un, ou plutôt quelque chose, cherchait à sortir de son cœur. Cette chose, quelle qu'elle soit, frappait avec une force inhumaine pour échapper à l'emprise de son geôlier, un geôlier qui avait pris asile dans le cœur de Merlin, un geôlier fait de... ténèbres, de haine, de mépris.
- Il n'y a que ton cœur qui te fait souffrir ? Persista la voix.
- Ma... t... tê... tête...
- Ton cœur et ta tête. Je vois. Arthur, restez auprès de lui. Continuez à faire descendre sa fièvre.
Arthur trempa la serviette dans l'eau glacée, l'essora et la reposa sur le front de Merlin qui, contre toute attente, gardait obstinément les yeux ouverts, tout en se murant dans le silence. Il ne laissa échapper aucun cri de souffrance, aucun gémissement, aucune plainte. Son regard restait fixé sur le plafond, comme si cela lui permettait de tenir bon, de lui procurer un ancrage pour ne pas avouer à quel point il avait mal. Arthur prit une deuxième serviette et s'en servit pour hydrater les joues et le cou de Merlin. Il ne savait pas si cela aurait le pouvoir de le détendre ou de faire chuter un peu sa fièvre, mais il ne voyait que cette piètre contribution pour se rendre utile. Il jeta un rapide coup d'œil à Gaïus qui semblait plongé dans un livre.
- Vous avez trouvé quelque chose ?
- Je cherche, je cherche..., répondit-il, préoccupé.
Toutefois, Gaïus reposa très vite son livre et se laissa tomber sur une chaise, comme si ses jambes n'avaient plus la force de le soutenir. Merlin avait développé des symptômes communs à beaucoup de maladies, mais les zones de douleurs qu'il avait indiquées en faisait un cas unique. D'après lui, sa tête et son cœur étaient touchées, alors... serait-ce possible que...
- Gaïus, à quoi pensez-vous ? L'interrompit Arthur.
- Arthur, vous souvenez-vous de ce que je vous ai dis au sujet de l'emlevian ?
- Oui... C'est un poison que craignaient les prêtresses de l'Ancienne Religion et... il s'attaque directement au cerveau et au cœur de... Attendez, vous pensez que l'emlevian pourrait être lié ?
- En quelque sorte, acquiesça le médecin en hochant la tête. Si l'emlevian vise le cerveau et le cœur de la victime, cela expliquerait pourquoi Merlin ressent la douleur à ces endroits-là.
- Mais le poison a agi depuis longtemps, fit remarquer Arthur, perdu.
- Oui, il a agi. Il a bloqué la mémoire et les sentiments réels de Merlin. Or, la souffrance qu'il endure n'est pas directement liée au poison. Bon, ce n'est qu'une hypothèse... mais je pense que... le « vrai » Merlin cherche à revenir parmi nous, il combat le poison.
Arthur regarda le jeune sorcier avec étonnement, bouche-bée.
- Déjà ? Il n'est là que depuis une journée ! Comment cela est-il possible ?
- Si l'on en croit le dragon, il semblerait que vous ayez réussi à stimuler votre lien.
- Pardon ? Non, on n'a rien stimulé du tout, Gaïus. La journée a été abominable pour nous deux. Ce n'est pas le... le lien, ce n'est pas possible.
- Que suggérez-vous alors, Sire ?
Arthur ne sut quoi répondre. Il demeurait certain que le lien n'avait rien à voir là dedans. L'état de Merlin n'était peut-être dû qu'à une maladie, tout ça n'était peut-être qu'une coïncidence.
- Je ne sais pas..., soupira t-il, passant une main nerveuse dans ses cheveux.
- Sire, si mon hypothèse est la bonne, alors... je crains que Merlin n'ait pas fini de souffrir...
Arthur déglutit avec difficulté. Oui, il était très en colère contre Merlin, il se sentait trahi et blessé à un point inimaginable, mais il ne souhaitait pour rien au monde qu'il subisse une telle torture... il ne le méritait pas. Gaïus dut lire en lui car il poursuivit:
- Il est possible que la douleur dure un certain temps, mais que les souvenirs ne reviennent que plus tard.
- Vous êtes en train de me dire qu'il va souffrir pour rien ?!
- Pas pour rien, Sire ! En étant débarrassé du poison, Merlin pourra accueillir les sentiments et les souvenirs qui constituent celui qu'il est.
- Combien de temps cela va t-il prendre ?
La voix de Gaïus était pleine de tristesse quand il fut obligé de répondre:
- Je ne sais pas, mais l'emlevian est un poison très puissant, même pour les grands pouvoirs de Merlin. Il serait capable de le conduire à la folie...
Arthur s'écroula lourdement sur le tabouret, à côté de Merlin. Il n'osa pas prononcer une parole ni même lancer un seul regard à son ami. Dévasté par ce qu'il venait d'apprendre, il se cacha le visage dans les mains, tâchant de calmer les battements effrénés de son cœur, des battements regorgeant d'anxiété et d'affliction. C'est en entendant le son étouffé de sanglots qu'Arthur releva la tête.
Merlin s'était maladroitement retourné sur le côté. Il pleurait. Ses larmes coulaient sur ses joues, son nez et son menton, intarissables.
- Merlin !
- Vous... êtes... là... P... pourq...
- Je n'allais pas te laisser tout seul.
Un éclair de surprise passa sur le visage pâle de Merlin. Arthur était auprès de lui. Pourquoi ? Il n'avait pas été d'une très bonne compagnie, il avait même été irritant et insultant à souhaits, et ce, toute la journée ! Comment Arthur pouvait être là ? Comment pouvait-il se soucier de lui ? Comment pouvait-il le regarder pleurer, le voir dans une position aussi vulnérable et ne pas en rire ? Se sentant honteux et stupide, Merlin se détourna.
- Ne... Ne me... regard... regardez... pas...
- Tu n'as pas à avoir honte de pleurer, Merlin.
Le sorcier s'enferma dans un silence gêné. Arthur l'imita afin de ne pas le brusquer. La douleur avait parfois le don de rendre les gens agressif, même les personnes les plus pures et inoffensives, et il ne préférait pas prendre ce risque. De son côté, Gaïus s'activait à concocter un somnifère suffisamment puissant pour plonger son pupille dans un sommeil de plomb. Dormir l'aiderait à supporter son mal.
- Ar... Arthur..., l'appela subitement Merlin.
- Oui ? Murmura le concerné, attentif.
- J'ai... j'ai mal... j'ai si m... mal...
- Je sais, Merlin, je... je sais...
Arthur enlaça la main de son ami dans un geste de réconfort et de soutien. Il ne supportait pas de le voir souffrir de la sorte. Lui qui ne montrait jamais ses peurs, ses faiblesses, ses chagrins, ses malaises, lui qui était toujours enclin à tout intérioriser... ce soir-là il semblait aussi fragile qu'un enfant, incapable de refréner ses larmes.
Après d'interminables minutes, Gaïus apporta un verre rempli d'un liquide suave destiné à calmer le supplice de Merlin. Dès que celui-ci l'ingurgita, il tomba aussitôt dans les bras de Morphée. En jaugeant sa silhouette frêle et chétive et en repensant aux deux parties de son corps touchées par la douleur, Arthur reconnut que peut-être, peut-être, ce n'était là que l'œuvre de leur mystérieux lien.
- Gaïus... c'est vraiment le lien, d'après vous ?
- Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ?
Il avait raison. Bien-sûr qu'il avait raison. Merlin n'avait pas pu tomber malade en un claquement de doigts, à moins d'avoir reçu un sort ou tout autre chose en rapport avec la magie, ce qui était peu probable étant donné qu'il n'avait eu aucun contact avec l'extérieur. Non, il n'y avait pas d'autres explications. Il fallait arrêter de se voiler la face.
- C'est à cause de moi, alors ? Souffla Arthur, le cœur lourd.
- Sire ?
- C'est ma faute s'il est dans cet état.
- Arthur, ne vous rendez pas coupable, répondit Gaïus, compatissant. Merlin doit souffrir pour redevenir celui que l'on connaît tous.
- Et c'est moi qui doit le pousser à souffrir, termina le souverain.
- Il ne peut en être autrement. Réfléchissez, Arthur. La journée que vous avez passée ensemble a eu un impact sur Merlin et c'est cet impact qui l'a rendu comme ça.
- Je ne comprends pas ! Explosa t-il. Tout ce que nous avons fait c'est hurler et nous disputer, vous comprenez ?! Il ne s'est rien passé entre nous ! Comment notre lien a t-il pu se manifester, vous pouvez me le dire ?!
Mais Arthur n'attendit pas la réponse du médecin. Il quitta les appartements en claquant la porte. C'en était trop. Il ne pouvait continuer à regarder Merlin tout en connaissant le poids de sa responsabilité. C'était trop dur. Ses pas l'amenèrent à vagabonder dans la galerie, à faire les cents pas de long en large. Il espérait trouver un semblant de tranquillité au sein de l'état léthargique de la nuit, mais même le calme et la fraîcheur qui régnaient au château n'eurent aucun effet sur son âme tourmentée. Arthur se laissa emmener inconsciemment dans une aile abandonnée depuis l'attaque du Grand Dragon sur Camelot. Monter les escaliers de pierre le fatigua plus qu'il ne l'aurait cru et c'est avec beaucoup de peine qu'il arriva au sommet. Une fenêtre à demi voilée par un vieux rideau pourpre lui accordait une vue panoramique sur l'ensemble du royaume. Le vent sifflait entre les interstices murales de la tour. Arthur posa ses mains sur le rebord de la fenêtre, accueillant l'air estival à bras ouverts.
Il avait naïvement pensé que Merlin ne serait sujet à aucune souffrance, que leur lien se manifesterait d'une manière douce et libératrice et qu'après quelques jours, quelques semaines, les choses redeviendraient comme avant... ou presque. Mais il s'était trompé. Merlin devait souffrir pour s'en sortir. C'était une question de nécessité, d'obligation. Et comme Arthur était le seul à pouvoir stimuler leur lien, c'était aussi le seul responsable. Peu importe ce qu'il ressentait pour Merlin, peu importe son ressentiment et sa colère, il détestait le voir endurer cela. Songer au fait que Morgane avait réussi à l'approcher sans que personne ne remarque rien, songer que lui-même n'avait pas noté le changement de comportement de Merlin plus tôt, songer que sa crise de panique dissimulait des causes plus profondes, tout cela était déjà trop. Il aurait dû faire attention, il aurait dû voir. Mais... Et si Merlin avait fait exprès de cacher ce qui le perturbait, tout ce temps là ? S'il avait utilisé sa manie de se dénigrer, de se faire passer au second plan pour éviter d'attirer l'attention sur lui ? S'il avait menti en souriant innocemment à Arthur ? Mentir. C'est apparemment ce qu'il faisait de mieux depuis son arrivée. Pourquoi ? Pourquoi, après tout ce temps passé au côté d'Arthur, ne lui avait-il pas dit la vérité ? Pourquoi avait-il appris la magie, d'ailleurs ? Pourquoi était-il venu à Camelot ? Pourquoi ne lui faisait-il pas confiance ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Arthur sortit de sa poche la lettre de Merlin et la relut attentivement.
Ne pensez pas différemment de moi, peu importe ce dont vous serez témoin.
Vous savez que ma loyauté vous est acquise.
Vous êtes mon roi et mon ami.
Vous devez garder cela à l'esprit.
Je vous implore de me pardonner.
En relisant ces mots, Arthur avait envie de hurler. Comment pouvait-il penser de même malgré ce qui s'était passé ? Comment pouvait-il le considérer encore comme son ami ? Pourquoi ne doutait-il pas de sa loyauté et de sa franchise à travers ces lignes ?
Il était tiraillé, détruit. Des sentiments contradictoires mais tous sincères faisaient rage dans son cœur, se battaient en duel pour savoir qui l'emporterait.
La rancœur déchirait l'amitié.
La déception pourfendait la confiance.
La tristesse brisait la joie.
Jusqu'à ce que l'amitié, la confiance et la joie reviennent à la charge pour récidiver et reprendre leur juste place dans le cœur de leur hôte.
Arthur baissa la tête. Sa vision se troubla et des larmes amères envahirent ses joues. Là, seul dans cette tour aussi en ruine que son cœur, il se laissa aller, il laissa ses émotions prendre le dessus sur ses résolutions, celles de ne pas craquer, de se montrer fort. Il oublia qu'il était roi, qu'il avait des obligations, un statut, une réputation, un peuple, il oublia tout.
Cette nuit-là, juste pendant quelques minutes, il voulait être un homme.
( Ed Sheeran – I See Fire ( Instrumental ) )
Le début d'après-midi étincelait par un soleil rayonnant. Le royaume n'avait jamais été aussi animé. La cour était arpentée par les serviteurs, les chevaliers, les nobles et les habitants de la ville basse. Tout le monde voyait d'un mauvais œil la présence de Merlin au château, mais, par peur d'encourir des réprimandes, personne n'avait osé lever la main sur lui. De plus, la nouvelle de la « maladie » du jeune sorcier s'était vite répandue et la plupart ne souhaitait qu'une chose: qu'il meure. Ainsi, Arthur pourrait faire son deuil sans avoir personne à blâmer. Il passerait vite à autre chose.
Voilà quelle était l'opinion commune.
Arthur venait de quitter la salle du conseil et faisait route vers les quartiers de Gaïus. Trois jours étaient passés depuis ce soir fatal où Merlin s'était écroulé devant le puits. Il avait souffert pendant trois jours, devant vivre avec une douleur perforante et lancinante qui l'avait plongé dans un état de faiblesse extrême. Mais le plus frustrant dans cette histoire, c'est que rien n'avait changé. Absolument rien. Merlin n'avait pas encore éliminé le poison et, par conséquent, n'avait retrouvé ni ses souvenirs, ni ses sentiments, ni son raisonnement propre. Morgane occupait toujours une grande partie de ses pensées.
« ça prendra plus de temps. » répétait Gaïus jour après jour.
En entrant dans les appartements du médecin, Arthur trouva Merlin assit dans son lit, les yeux rivés sur les braises froides de l'âtre. Le souverain avait quitté son conseil car il avait appris par un serviteur que Merlin se « sentait mieux ». Et, en effet, c'était le cas, même incroyablement le cas. Son teint avait retrouvé des couleurs alors qu'il était d'une pâleur cadavérique le matin même et sa respiration était de nouveau régulière.
Merlin était paisible. Comme si rien ne s'était passé.
- Je ne m'attendais pas à te trouver aussi... bien portant, fit remarquer Arthur en s'asseyant près de lui.
- Pour être honnête, moi non plus. Je me suis réveillé il y a une heure et... je n'avais plus mal.
- C'est une bonne chose, je suppose.
Merlin hocha la tête, puis enchaîna, déjà au taquet:
- Je veux sortir.
- Quoi, maintenant ?
- Oui, pas demain ! Balança t-il en levant les yeux au ciel. Ça empeste les produits chimiques ici !
- Je ne sais pas si Gaïus sera d'accord, objecta Arthur.
- Roh, il n'est même pas là ! Il est parti faire sa tournée avant que vous n'arriviez.
Constatant la réticence du roi, Merlin précisa d'un ton timide, espérant le convaincre:
- J'irai là où vous voudrez et... et je ferai ce que vous me direz, je vous écouterai. L'autre soir... euh... je n'aurais pas dû vous parler aussi sèchement.
Arthur haussa les sourcils, agréablement surpris. Il se réjouissait intérieurement d'entendre ce qui ressemblait à des excuses. Il était persuadé que c'était un bon signe et qu'avec du temps et de la patience, Merlin finirait par embrasser la guérison.
- Bon, c'est d'accord ?! S'écria ce dernier, impatient et mal à l'aise.
- D'accord. Je sais où je vais t'emmener.
- Une séance d'entraînement ?! C'est une blague ?!
- Habituellement tu aurais servi de cible ou de bouclier, alors si tu ne veux pas rendosser ce rôle je te conseille de te tenir tranquille.
- Je ne vous laisserai pas me forcer, de toute façon, maugréa Merlin en croisant les bras d'un air hautain.
Arthur ne répliqua pas. Les chevaliers étaient en train d'arriver sur le terrain et il n'avait pas envie de faire une esclandre devant eux. Beaucoup marquèrent un temps d'arrêt en voyant Merlin sur le banc, croyant qu'il était gravement malade et donc surpris de le voir rétabli, d'autres l'ignorèrent tout simplement, mais personne n'exprima son opinion devant Arthur. Tous avaient à l'esprit le côté protecteur qu'il avait développé envers son serviteur. S'il avait remarqué l'attitude des chevaliers, Merlin ne le montra pas. Il attrapa un bâton avec lequel il s'amusa à faire des cercles dans la terre. Il évitait d'avoir recours à la magie afin de ne pas se mettre le château entier à dos et être obligé de partir en quatrième vitesse ( même si cela lui donnerait une excuse pour rejoindre Morgane ). Tandis qu'il écoutait les ordres volontaires et strictes d'Arthur d'une oreille distraite, quelqu'un vint s'asseoir à côté de lui.
- Je peux ? Demanda Gauvain.
Merlin haussa les épaules, indifférent.
- Tu sais, Arthur est quelqu'un de bien, même si tu penses le contraire.
Nouveau haussement d'épaules.
- C'est ici qu'est ta place, pas auprès de Morgane.
- Bon, qu'est-ce que tu veux ? S'écria Merlin, importuné.
- Léon, Perceval et Elyan pensaient que venir à quatre te dérangerait, alors j'ai été désigné pour te parler. Je suis venu te dire qu'on reste tous tes amis. Et je te demanderai de ne pas l'oublier. Tu n'es pas seul à Camelot.
Merlin ne répondit pas, mais il était touché de ces propos. Gauvain était le premier à lui adresser la parole, et apprendre qu'il avait, en plus de son soutien, celui de ses trois frères d'armes, suffisait à alléger un peu le cœur du jeune sorcier. Gauvain tapota amicalement son bras et repartit sur le terrain au pas de course. En le suivant des yeux, Merlin croisa les regards acerbes d'Acheric, Dalmace et Warin. Un message explicite était imprimé sur leur visage renfermé: pars vite ou tu le paieras. Merlin n'avait pas peur d'eux, mais il savait que leur avertissement silencieux n'était pas feint. Il avait une chance. Il n'en aurait pas une deuxième.
Il reporta son attention sur l'exercice d'échauffement qu'Arthur venait de mettre en place. Il s'ennuyait. Il avait envie de voir Morgane. Même Alkmar et Aithusa lui manquaient. Les ruines dans lesquelles la prêtresse avait élu domicile avaient également laissé leur marque sur Merlin. Il sentait encore l'odeur de parchemin ranci, l'humidité glissante sur les murs et la quiétude qui régnait dans la cour d'honneur. Sa solitude imposée l'emporta dans une plongée au cœur de ses derniers souvenirs avec Morgane...
« Merlin était assis au bord de la fontaine et caressait les ailes maigrichonnes de la petite dragonne.
- Comment l'avez-vous trouvée ? Demanda t-il à Morgane.
- C'est plutôt elle qui m'a trouvée, murmura t-elle en se remémorant le moment. Arthur avait réussi à reprendre Camelot et à me chasser... J'étais blessée et j'errais dans la forêt. Aithusa est venue à moi. Elle était alors si petite... C'est elle qui m'a soignée.
- De quelle façon ? S'intéressa le sorcier, fasciné.
- Je ne sais pas vraiment. J'ai juste senti un souffle chaud parcourir mon corps et l'instant d'après j'allais mieux.
Morgane posa une main douce sur le crâne maladif de sa fidèle amie, un sourire émue aux lèvres.
- Nous en avons fait du chemin ensemble, Aithusa.
- Ce soir, vous aurez votre trône, Morgane, lui assura Merlin, attendri. Je tuerai Arthur moi-même s'il le faut.
- Je suis heureuse que tu sois là, Merlin.
…
- Je te remercie, Merlin. Tu es un homme très courageux... quand il n'y a rien à craindre.
- Vous ignorez combien de fois je vous ai sauvé la vie ! ».
Merlin se releva brusquement. Que venait-il d'entendre ? Ces voix... c'étaient la sienne et celle d'Arthur. Ils étaient dans une pièce sombre et glaciale, assis l'un à côté de l'autre dans l'angle d'un mur. Des cris déchirants résonnaient en fond, faisant écho à leur peur. Car, oui, Merlin avait senti la peur immense qu'il éprouvait à ce moment-là.
- Un souvenir... ? Souffla t-il, éberlué.
Il chercha Arthur des yeux, trépidant intérieurement de cette légère avancée. Le roi de Camelot avait laissé ses chevaliers en autonomie et discutait avec d'autres soldats. D'après leurs habits et leur allure exténuée, ils revenaient probablement de patrouille. Tant pis pour la politesse, Merlin alla rejoindre le groupe et l'interrompit net.
- Arthur, j'ai...
- Attends ! Le coupa t-il d'une voix forte. Répétez, je vous prie, Sir Alidor.
Le novice s'éclaircit la gorge pour se donner bonne figure et reprit:
- Nous avons passé la forêt au peigne fin, Sire. Il n'y a aucune trace de Morgane.
- Étendez les recherches. Il faut à tout prix savoir si elle manigance quelque chose.
- A vos ordres.
Le chevalier et ses compagnons s'inclinèrent et laissèrent Arthur et Merlin en tête à tête. L'enthousiasme avait fait place à la haine dans le cœur du réfugié. Il avait ressenti une joie pure et innocente à l'idée d'annoncer à Arthur qu'un souvenir lui était revenu. Et il apprenait que ce dernier faisait rechercher Morgane.
Morgane.
- Vous voulez capturer Morgane ?! S'exclama t-il, hors de lui. Et vous me l'avez caché ?!
- Si je te l'avais dit tu l'aurais très mal pris et, à ce que je vois, j'avais raison. Je ne veux pas la capturer, je ne suis pas idiot. Je ne risquerai pas la vie de mes hommes dans une mission perdue d'avance.
- Que voulez-vous faire, alors ?!
- Je récolte des informations, Merlin, relata Arthur en préservant son calme. L'autre jour elle a disparu avec toi, mais vous avez été séparés, c'est bien ça ?
- Ça ne répond pas à ma question !
- Si elle t'a perdu en route et que le dragon t'a trouvé, que va t-elle tenter de faire, à ton avis ? Te reprendre ! Les mauvaises langues parlent et les rumeurs jasent dans un royaume, surtout à Camelot. Si elle a eu vent que tu étais ici, elle va passer à l'action. Nous devons être prêt.
Toute étincelle de bonté avait disparu dans le regard et le cœur de Merlin. Il ne restait plus que menace et aigreur.
- Espérons qu'elle ne l'apprendra pas, lâcha t-il d'une voix cassante. Car si elle vient... ne comptez pas sur moi pour vous protéger. Je partirai avec elle.
Et sur ces mots, Merlin tourna les talons. Il ne se retourna pas une seule fois et traça sa route jusqu'aux appartements de Gaïus. La fureur le faisait trembler, la rage animait chaque battement de son cœur. Arthur prenait des précautions et, vu son rang de monarque, il n'avait pas le choix. C'était son devoir. Mais Merlin ne pouvait pas l'accepter. S'il touchait un cheveu de Morgane...
- Je le tuerais. Je le tuerais, je le tuerais, je le tuerais !
Merlin pénétra dans la pièce principale d'une démarche rustre. Il claqua magiquement la porte, renversant dans son élan plusieurs objets qui volèrent contre les murs et se brisèrent en mille morceaux, ou s'écrasèrent misérablement sur le sol. C'est seulement après cet « incident » que Merlin remarqua la présence d'une autre personne. Une jeune fille aux longs cheveux blonds ondulés, aux yeux bleus cristallins et aux joues rosies patientait sur un tabouret. Aucune émotion ne se reflétait sur ses traits fins et juvéniles.
- Oups. Pardon, s'excusa Merlin à contre cœur. Si vous cherchez le médecin, il fait sa tournée dans la ville, à côté.
La fille se leva et s'approcha sans crainte. Elle emprisonna les mains du sorcier dans les siennes.
- J'ai cru que je ne te retrouverai jamais.
Merlin fronça les sourcils, incrédule. Il n'avait jamais vu cette fille de sa vie, elle devait faire erreur sur la personne.
- C'est moi, ajouta t-elle calmement.
Il eut besoin de quelques secondes pour que les pièces du puzzle s'assemblent et forment un nom, un visage, une identité. Une fois le choc estompé, Merlin amena la visiteuse dans une étreinte affectueuse.
- Morgane, murmura t-il en fermant les yeux de bonheur.
A très bientôt ! ! :D
