Bonjour/Bonsoir tout le monde ! :) C'est encore moi ( sans blague ? ) et je vous apporte le chapitre 12. J'espère que vous l'aimerez et, surtout, n'hésitez pas à laisser une review dans le carré blanc, en bas :)
Un immense merci à ameliesky61, lele-35, un guest qui ne m'a pas laissé son nom, fandemerlin, MICHONCHON et Le Poussin Fou pour leurs reviews ! :D Je tiens également à remercier Lyra Morgana qui a eu la gentillesse d'ajouter cette histoire aux rubriques " follow " et " fav " ! ^^
Alors, j'ai un message spécial à passer, à vous, chers fans de Merlin ! :D Si vous avez facebook, recherchez le groupe " Merlin's Guardians ", allez sur leur page et signez la pétition qu'ils ont partagé " BBC: Film Merlin Season 6 " s'il vous plaît ! C'est une chance de nous faire entendre pour avoir une saison 6 :3
For foreign people who read my fiction, please go on facebook, search " Merlin's Guardians " and sign the petition for a season 6 of Merlin ! :D It's a great opportunity to be heard by the BBC. Do you want a season 6 ? Do you think Merlin deserves a season 6 ? So, please, sign the petition ! :D ( I hope my english is not that bad and that you understood me :) )
Sur ce, fini les bavardages, je vous laisse lire. Bonne lecture, mes très chers ! :)
Chapitre 12: Un soupçon de délivrance...
( Celtic Music – Prophecy )
Alkmar emmena Merlin sur le lieu du rendez-vous où ils devaient retrouver Morgane. Le jeune sorcier avait été surpris de ne pas filer directement au château abandonné, derrière les montagnes, qui lui servait de résidence. Non, la prêtresse les attendait en dehors de la forêt, dans une clairière magnifiquement éclairée par la lumière de la lune.
L'écho du galop des chevaux fit comprendre à Morgane que ses deux alliés approchaient.
- Pars, Valdric. Tiens toi prêt à agir si Arthur arrive.
- A vos ordres, Dame Morgane, répondit-il en s'inclinant.
Pour un mercenaire d'une telle carrure, la jeune femme n'aurait pas imaginé qu'il ferait preuve d'une si grande politesse à son égard. Une fois seule, elle se posta au centre et retrouva son sourire de vipère, prête à accueillir Merlin en bonne et due forme. La silhouette de ce dernier, jusqu'alors dissimulée par les ténèbres de la forêt, se détacha d'entre les arbres. Le jeune sorcier confia son cheval à Alkmar et se précipita vers Morgane qu'il serra dans ses bras.
- Je suis désolé, j'aurais dû vous écouter, je n'aurais pas dû faire confiance à Arthur !
- Que s'est-il passé, Merlin ? Fit-elle mine de s'inquiéter.
- Il a voulu me tuer, il a... il a construit un bûcher dans la cour.
Morgane ouvrit grand les yeux de stupéfaction.
- Il a osé..., souffla t-elle, arborant un état de choc feint.
- Je ne remettrai plus en doute votre parole !
- Merlin, tu es secoué et je le comprends, mais tu dois te calmer, d'accord ?
Il hocha la tête et prit une grande inspiration pour retrouver un minimum de contenance. Il n'avait pas le droit de se montrer aussi blessé, aussi affecté devant Morgane alors qu'elle l'avait prévenu de ce qui l'attendait.
Alkmar, qui les observait du coin de l'œil tout en surveillant les chevaux, affichait un visage grave, concentré. L'hésitation et le doute luisaient dans ses yeux. Il avait peur. Peur de faire une grave erreur, peur de bouleverser les éléments, le destin, peur des conséquences de ses décisions, peur de rester éternellement en conflit avec lui-même. En créant cette illusion, en manipulant ainsi Merlin, le sentiment qui l'avait habité était l'incertitude. Il n'était pas heureux ni fier de ce qu'il avait fait. Est-ce qu'Arthur et Merlin méritaient de subir cela ? Probablement pas. Enfin, sûrement pas. Il n'en savait rien. Il avait agi dans l'intérêt de Morgane, mais était-ce le bon choix ?
- Alkmar ?
- Euh... Oui, Dame Morgane ?
- Cesses de rêvasser et vas attacher les chevaux.
- Pourquoi cela ? Nous ne rentrons pas au château ?
- Changement de plan. Nous allons attendre Arthur ici. Mon cher frère est intelligent et il n'abandonnera pas Merlin. Tu peux être sûr qu'il nous retrouvera d'ici peu.
- Êtes-vous sûre que l'affronter ici est une sage décision ?
- Le terrain est parfait, apprécia Morgane. Merlin ne le laissera pas s'en tirer aussi facilement, cette fois-ci. Le bûcher a été la trahison de trop.
Alkmar jeta un coup d'œil vers le concerné. Il s'était assis sur un tronc d'arbre et mangeait en silence, le regard perdu dans le lointain. La haine transformait son visage en celui d'un tueur, d'un homme plein de dégoût, animé par le désir de vengeance.
« C'est moi qui ai fait ça... », songea Alkmar, amer.
- Reposes toi, conseilla Morgane, adoucie. Arthur ne va pas tarder.
- Sire, vous êtes sûr de vous ? Demanda encore une fois Léon.
- Oui, Sir Léon. Je ne rentrerai pas à Camelot avant d'avoir retrouvé Merlin !
Arthur répétait la même chose depuis plusieurs heures. Il avait beau faire noir, faire froid, ils avaient beau n'être que cinq, rien ne fonctionnait pour faire changer d'avis le souverain. Son argument restait le même: il avait déjà perdu Merlin trop de fois. Ça ne devait plus se produire. Arthur ne semblait pas penser au danger auquel ils s'exposaient. Le jeune sorcier et le traître qui l'accompagnait pouvaient très bien avoir rejoint Morgane. Peut-être qu'ensemble, ils leur tendaient une embuscade. Le pire était à prévoir.
Le roi et ses compagnons avaient voyagé sans relâche pendant plusieurs heures, arpentant la forêt de fond en comble dans l'espoir de mettre la main sur une piste, de relever une trace qu'ils auraient malencontreusement négligée. Malheureusement, la nuit profonde des bois ne leur avait pas permis de s'orienter et, par conséquent, de les aider dans leurs recherches.
Léon était le genre d'homme à toujours obéir au doigt et à l'œil aux ordres donnés. Mais il devait avouer que la ténacité d'Arthur jouait en leur défaveur. S'ils ne se reposaient pas très vite, jamais ils ne seraient à la hauteur dans un combat direct avec Morgane et Merlin. Léon fit donc accélérer sa monture pour se retrouver au plus près de son roi.
- Arthur, nous sommes tous exténués. Poursuivre les recherches ne donnera rien, vous le savez...
Sentir le découragement dans la voix de son chevalier décontenança Arthur. Léon n'était pas enclin à se montrer aussi épuisé, il était même le dernier à se plaindre. Il lança un coup d'œil au reste du groupe et comprit que la fatigue l'avait gagné. Même Gauvain avait fini par se taire, ce qui était rare.
- Très bien... Arrêtons nous. Nous reprendrons la route au petit matin.
Même après avoir installé le campement, il fut impossible à Arthur de trouver le sommeil. Ce pourquoi il remplaça vite Perceval dans les tours de garde. Tout en réanimant les braises avec un bâton, le souverain scrutait la forêt d'un œil vigilant. Parfois, il s'accordait un moment seul avec ses pensées. Sa colère à l'égard de Morgane était déjà forte, mais ressasser les stratagèmes magiques de cette dernière pour s'attirer les bonnes grâces de Merlin le dégoûtait. Entre l'emlevian, son infiltration et le bûcher, Arthur se demandait quelle serait la prochaine étape et, principalement, s'il arriverait à raisonner son ami. Oui, voilà ce qui lui faisait le plus peur, en réalité. Trouver les mots justes. Trouver le courage. Finalement, lorsque Gauvain se proposa pour le troisième tour, Arthur accepta et, contrairement à ce qu'il avait pensé, accueillit Morphée à bras ouverts.
Quelques rayons de soleil pointaient timidement quand le roi et les chevaliers levèrent le camp. Grâce à la douce luminosité du matin, ils purent se remettre en quête des traces de Merlin et Alkmar et parvinrent facilement à les dénicher. Les suivre fut un jeu d'enfants. Au bout d'un certain moment, Arthur décida de mettre ses soldats en garde:
- Je ne sais pas où vont nous mener ces traces. Mais il faut que vous sachiez... le traître qui accompagne Morgane est aussi un sorcier, ce qui signifie que les risques sont multipliés par trois. Au moindre problème... je vous ordonne de prendre la fuite. Nous ne sommes pas de taille à affronter trois sorciers.
- Ayez confiance en Merlin, Arthur, il ne vas pas nous laisser tomber ! S'exclama Gauvain.
- Ce n'est pas une question de confiance, Sir Gauvain, répliqua Arthur. Merlin est sous l'influence du poison, rien ne garanti qu'il prêtera une quelconque attention à ce que je vais lui dire... Vous l'avez vu vous-même, dans la salle du trône. Il est dangereux et tant que le poison agira, il le restera.
- Et qu'en est-il de ce lien que vous partagez ? S'informa Elyan.
Arthur soupira profondément et haussa les épaules, dépassé par les événements.
- Je crois qu'il s'est manifesté ces derniers jours. D'après Gaïus, ce sont mes paroles et mon comportement envers Merlin qui ont eu un impact sur lui. Mais la ruse de Morgane a suffi à... à tout détruire.
- Sire, regardez ! Fit Perceval en désignant l'horizon.
Plus ils avançaient, plus la verdure luxuriante de la forêt s'égrenait. Les arbres et les buissons perdaient en grandeur et en importance. Quelques mètres plus loin, ces derniers laissèrent place à une immense clairière partiellement réchauffée par le soleil levant.
Et au centre de la clairière se tenaient trois personnes.
Morgane. Merlin. Alkmar.
Au vu de leur emplacement, il était clair que le trio les attendait de pied ferme. Arthur arrêta ses chevaliers d'un geste de la main, leur faisant comprendre de ne pas aller plus loin. Il savait d'expérience que les sorciers pouvaient se montrer imprévisibles. Pourtant, en les regardant, là, positionnés devant lui, remplis de confiance, la peur le gagna. Il n'avait aucun plan, aucun moyen de les mettre en déroute. Il n'avait décidé de rien. En fait... il avait quitté le château en état d'urgence, de détresse, sans penser à élaborer une stratégie ou recruter plus de monde. Il avait été... négligeant. Sur tous les points. Il avait mené ses chevaliers ET amis à une mort certaine.
Bon sang, mais qu'avait-il fait ?!
( Merlin Season 4 Soundtrack – Isle Of The Blessed )
- Vous comptez rester planté là longtemps, Arthur ? Demanda Morgane, impatiente.
Arthur déglutit avec difficulté. Il ne devait pas laisser à sa sœur le privilège de percevoir son angoisse, il ne devait pas laisser sous-entendre qu'il était arrivé sans un plan en tête. Hors de question. Il descendit prudemment de son cheval, imités par ses soldats, et fit quelques pas méfiants vers la prêtresse. En croisant le regard de Merlin, il ne lut qu'une haine bouillonnante, une amertume féroce... mais aussi de la tristesse.
- Merlin...
- Je ne veux pas entendre vos excuses, Arthur Pendragon ! Vous m'avez trompé, vous vouliez...
- Je ne t'ai pas trompé ! C'est Morgane qui te trompe, depuis le début ! As-tu oublié ce que je t'ai dit au sujet du poison ? Et le dragon, as-tu oublié ce qu'il t'a expliqué ?
- Cette histoire de poison et de lien n'est qu'un mensonge monté de toutes pièces ! Vous êtes tous contre moi et ne venez pas me dire le contraire !
Arthur savait que déblatérer sur le sujet ne rimait à rien et ne ferait en aucune façon avancer les choses. Merlin n'entendrait pas raison. Il fit un pas hésitant, surveillant du coin de l'œil l'attitude de Morgane et de son allié. La prêtresse arborait un visage d'une neutralité incroyable, presque... indifférente à la situation, comme si elle ne craignait pas qu'Arthur parvienne à gagner.
- Merlin... le bûcher que tu as vu... c'était une illusion. Rien de plus qu'une illusion. Morgane voulait me décrédibiliser auprès de toi pour que tu repartes vers elle. Elle a vu qu'elle était en train de perdre ton soutien...
- Elle m'a sauvé de vous, Arthur ! Je n'ai guère besoin d'entendre vos beaux discours ! Ils ne me touchent plus, désormais !
Merlin disait une chose, mais les larmes qui scintillaient dans ses yeux en disaient une autre. Il se sentait... trahi. Aussi trahi qu'Arthur lorsqu'il avait découvert la vérité.
- Si tu me détestais, tu ne serais pas aussi blessé, précisa le monarque d'une voix plus douce, plus posée. Si vraiment tu n'en avais rien à faire de moi, tu ne serais pas aussi bouleversé, tu ne resterais pas là à me regarder et à m'écouter parler.
- Je...
- Si j'avais voulu te tuer, tu ne crois pas que je l'aurais déjà fait ?
- Vous...
- J'aurai pu te tuer lorsque tu étais alité, ça n'aurait pas été difficile. Mais je ne l'ai pas fait.
Constatant le silence troublé de Merlin, Morgane décida d'intervenir avant de perdre le contrôle de la situation:
- Cela suffit ! Vous vous doutez bien que nous ne sommes pas ici pour prendre le thé, Arthur, ironisa t-elle de son éternel sourire mauvais.
- Vos intentions sont suffisamment claires, Morgane.
- Parfait !
Arthur fut violemment éjecté sur sa droite, allant s'écraser brutalement à l'autre bout de la clairière. Alkmar ferma les yeux pour éviter d'assister à la scène. Merlin, quant à lui, observa le corps de celui qu'il considérait comme son ami s'écraser sur l'herbe, sans broncher, sans bouger, sans lever le petit doigt.
Aussitôt, les chevaliers dégainèrent leurs armes, les traits déformés par la menace.
- Autrefois, j'admirais les chevaliers de Camelot, se souvint la jeune femme en fixant Léon.
- Je suis peiné de voir ce que vous êtes devenue, Dame Morgane, rétorqua ce dernier. Autrefois, je vous admirais. Vous étiez si généreuse, si bonne avec le peuple de Camelot.
- J'ai grandi, j'ai mûri.
Morgane envoya Léon valser au fond de la clairière. Par chance, sa chute s'arrêta avant qu'il ne heurte les arbres en bordure.
- Alors, à qui le tour ? S'amusa la prêtresse.
- A vous !
Morgane eut à peine de le temps de se rendre compte de ce qui se passait, et encore moins d'agir. Merlin l'éjecta vers l'arrière avec une puissance colossale. L'impact lui coupa le souffle et lui brouilla les sens. Le jeune sorcier profita de son état de faiblesse pour courir vers Arthur. Il tomba à genoux près de lui et dut faire de gros efforts pour refréner son envie de vomir. Il pouvait sentir le goût métallique du sang dans sa gorge et dans sa bouche. L'emlevian n'appréciait pas du tout son « écart de conduite ».
- Arthur ! Relevez-vous ! Il faut partir !
Le roi cligna des paupières et tenta de relever la tête dans un geste machinal. Il avait l'impression d'être dans un état second, un état qui l'empêchait de se concentrer sur le monde extérieur. Merlin lança un regard par dessus son épaule. Les chevaliers étaient penchés sur Léon qu'ils essayaient eux aussi de ranimer. Seul Alkmar n'avait pas bougé d'un millimètre. Il fixait Morgane, puis Arthur, puis les soldats de Camelot, mais ne faisait rien pour venir en aide à quelqu'un. Il semblait... paralysé. Tout en tapotant les joues d'Arthur pour le stimuler, Merlin se réjouissait d'une chose: s'il ne crachait plus autant de sang, s'il arrivait à endiguer son irrépressible envie de vomir, cela voulait dire qu'une partie du poison était éliminée. Il avait moins à résister, car l'emlevian n'était plus aussi puissant. Du moins, Merlin ne voyait pas d'autres hypothèses à formuler.
- Merlin..., marmonna Arthur en ouvrant complètement les yeux.
- Pouvez-vous vous lever ? S'inquiéta t-il.
Arthur hocha la tête et se remit lentement debout, soutenu par son ami qui veillait à préserver son équilibre.
- Morgane...
- Elle est là-bas.
La jeune femme gisait un peu plus loin. Sa robe noire apportait un contraste intimidant avec le paysage clair et coloré qui les entourait.
- Est-ce que...
Le hennissement des chevaux empêcha Arthur de finir sa phrase. Alkmar avait détaché sa monture et fuyait la clairière au galop.
- Quel lâche ! Vociféra le souverain, furibond.
- Sire, que faisons-nous ? Demanda Elyan, sur le qui-vive.
Si le traître prenait la fuite, cela ne pouvait signifier qu'une chose. Il était dépassé, vulnérable, inférieur. Peut-être qu'il serait plus simple à atteindre de cette manière.
- Poursuivez-le et tuez-le ! Ordonna t-il.
L'heure n'était plus à la pitié, Arthur en avait assez. Léon, Gauvain, Elyan et Perceval s'emparèrent de leurs chevaux sans attendre et s'engagèrent à nouveau dans la forêt. Restés seuls avec une Morgane à demi inconsciente, les deux hommes jugèrent qu'ils seraient plus utiles en prêtant main forte aux quatre chevaliers, au cas où Alkmar réussirait à leur tenir tête. Malheureusement, dès qu'ils eurent le dos tourné pour prendre leurs montures, Morgane sauta sur l'occasion. Elle ferma les poings et écarta les bras, envoyant Merlin s'échouer à droite et Arthur à gauche. Après s'être assuré que ce dernier ne risquait pas de récidiver, elle marcha jusqu'à Merlin. Sur le dos, le visage crispée par une grimace de douleur, il peinait à reprendre un souffle normal et à se redresser.
- Tu me déçois, Merlin, marmonna Morgane. Je pensais que tu étais « Emrys, le plus puissant sorcier que la terre ait jamais porté »... Quand je te regarde, je me demande où est la vérité dans ces paroles.
- Arthur..., murmura t-il en le cherchant du regard.
- Arthur, Arthur, Arthur ! Tu ne vois que par lui ! Qui est-il pour toi, déjà ? Ah oui... Ton destin.
- Je doute que vous puissiez comprendre ce mot, Morgane.
En la laissant ainsi parler, Merlin avait eu le temps de recouvrer totalement ses sens et se remettre sur ses jambes. Son équilibre ne lui était pas totalement revenu, mais il parvenait au moins à ne pas s'écrouler. Son premier réflexe fut de déterminer l'endroit exact où avait atterri Arthur. Il reposait, inconscient, au pied d'un tronc d'arbre abandonné, à l'opposé de sa position. Merlin priait pour que sa tête ait été épargnée, auquel cas il serait susceptible de garder des séquelles ou être victime d'une grave commotion. Mais le jeune sorcier ne devait pas penser à cela pour le moment. Il devait se débarrasser de Morgane. C'était ça, la priorité.
- Arduithe gaoithe suas !
Merlin disposa ses mains paumes contre terre et les leva doucement, ordonnant à sa magie de soulever la moindre parcelle de vent retenue prisonnière dans la clairière. Les bourrasques s'élevèrent du sol, descendirent du ciel, et fusionnèrent pour créer une gigantesque tornade. Morgane recula prudemment, effarée devant une telle maîtrise de la magie. Elle regrettait presque de l'avoir provoqué en sous-estimant ouvertement ses capacités, en ayant ri de sa réputation. Toutefois, elle n'avait pas dit son dernier mot.
- Arduithe dóiteáin suas !
Deux boulets enflammés sortirent de ses paumes, formant des armes magiques que la jeune femme fit grossir avec toute la puissance qu'elle était capable de rassembler. S'estimant satisfaite de leur taille, elle les envoya sur Merlin. Celui-ci para de justesse en étouffant les sphères brûlantes dans la tornade qu'il avait créée. Morgane réitéra son attaque à plusieurs reprises, jusqu'à épuiser complètement, et sa résistance, et celle de son ennemi. Si elle devait se retrouver faible, à devoir ramper pour combattre, elle comptait bien emporter Merlin dans sa chute. Leur petit jeu dura un certain temps, mais le serviteur d'Arthur perdit vite patience. Il fit avancer son tourbillon menaçant droit sur la prêtresse. Il avait déjà usé de ce stratagème une fois, lorsqu'il avait volé le fomorroh mère pour le brûler et qu'il avait dû affronter Morgane. Malheureusement, celle-ci ne se fit pas prendre au piège deux fois. Elle contourna la tornade avec une agilité et une vitesse époustouflantes. La voyant arriver dangereusement sur lui, Merlin relâcha sa magie pour être libre de ses mouvements, prêt à recevoir son prochain coup.
Une seconde plus tard, Morgane était devant lui.
( Angel Beats! - Otonashi )
Alkmar avait fait son choix. Et pour devoir l'assumer complètement, il avait dû fuir. Il aurait néanmoins espéré ne pas être poursuivi par les chevaliers de Camelot. Ils étaient non seulement réputés dans les royaumes avoisinants pour leur loyauté, mais aussi pour leur force et leur ténacité. Même en étant un sorcier, Alkmar était parfaitement conscient qu'il ne ferait pas le poids face à quatre hommes. Il devait les semer, et le plus vite possible ! Il emprunta alors un chemin broussailleux, un chemin qu'il aimait parcourir avec ses amis d'enfance, avant la tragédie qui avait frappé sa famille, et pas uniquement sa famille, mais son village tout entier... Il connaissait cette partie de la forêt sur le bout des doigts, il n'aurait aucune difficulté à laisser de fausses pistes. Sa magie l'y aiderait également. Alkmar se retourna à demi sur sa selle pour voir s'il était toujours suivi. Oui, ses assaillants ne l'avaient pas lâché d'une semelle. Leur roi avaient dû leur ordonner de le mettre définitivement hors d'état de nuire. Excellant dans le jeu des illusions, Alkmar utilisa cette performance à son avantage et créa de faux obstacles destinés à ralentir les chevaliers. Son entreprise fut un succès. Après avoir creusé une distance raisonnable entre eux, il retapissa le sol de la forêt avec sa magie de sorte à laisser de fausses traces. Une fois encore, Léon, Gauvain, Perceval et Elyan tombèrent dans le panneau et empruntèrent un chemin qui les conduirait non pas vers leur adversaire, mais vers la clairière. Alkmar avait volontairement crée une boucle.
Après s'être assuré que les soldats ne risquaient pas de le retrouver, il reprit sa route initiale, qui était aussi la route principale pour se rendre au château. Arthur et Merlin devraient obligatoirement la traverser. Alors qu'il longeait un talus plutôt imposant, une voix se fit entendre à son sommet.
- Hé, toi !
Alkmar leva la tête et reconnut le fameux Valdric, engagé par Morgane pour tuer Arthur et Merlin au cas où ils prendraient la fuite. Il venait de sortir de derrière un arbre.
- Sais-tu où sont les cibles ? Demanda t-il d'un ton neutre, les yeux froids, le visage inexpressif.
- Elles sont dans la clairière avec Dame Morgane. J'ai réussi à semer les chevaliers, ils ne devraient pas poser de problème.
Valdric émit un hochement de tête.
- Ne restes pas là. Je dois surveiller le chemin.
Alkmar acquiesça et fit demi-tour sous l'œil scrutateur du mercenaire, jusqu'à être tout à fait hors de son champ de vision. Là, il se posta derrière deux arbres suffisamment larges pour le cacher entièrement, veillant à garder une vue dégagée de la route.
Une fois paré, il ne lui restait plus qu'à attendre.
( Yuki Kajiura – I talk to the rain )
C'est une route cabossée qui réveilla Arthur. Il battit des paupières et s'autorisa plusieurs secondes pour sortir de l'état léthargique qui l'engourdissait. La première chose qu'il constata après s'être réveillé fut qu'il n'était plus dans la clairière. Devant ses yeux ne se dressaient pas les couleurs chatoyantes du paysage dans lequel il se trouvait auparavant, mais un marron foncé en mouvement.
Un marron foncé en mouvement ?
Arthur se concentra pour percevoir d'autres éléments. Il entendait les sabots des chevaux et sentait un souffle agréable dans sa nuque et ses cheveux. Mais c'est en remuant légèrement qu'il comprit ce qui se passait. Il était allongé en travers de sa selle, il en était sûr. Alors, ce qu'il voyait défiler n'était rien d'autre que la route. Soudain, sa monture s'arrêta et Arthur entendit quelqu'un s'approcher de lui.
- Arthur... ? Vous êtes réveillé ?
Merlin. C'était la voix de Merlin.
- Si tu pouvais m'aider à descendre, je t'en serais très reconnaissant, grogna Arthur.
Le jeune sorcier le fit lentement glisser de sa selle et passa son bras autour de son cou pour le guider, puis l'incita gentiment à s'asseoir sur le bord de la route.
- Vous avez pris un sacré coup sur la tête, expliqua Merlin, inquiet. Il faut que Gaïus vous examine de toute urgence.
Le souverain se sentait en effet nauséeux, fatigué, malade. Tous ses membres lui faisaient mal, en particulier sa tête qui hurlait à l'agonie lorsqu'il avait le malheur de la bouger.
- A part votre tête, je crois que vous n'avez rien de cassé, releva Merlin, soulagé.
- Que... Que s'est-il passé ?
- Morgane nous a pris par surprise. Vous vous êtes cogné contre un tronc d'arbre...
- Et Morgane ? Où est-elle ?
- J'ai réussi à la repousser... elle a pris la fuite.
Arthur hocha la tête, le regard dans le vague, éprouvant de plus en plus de difficulté à se concentrer. Il se frotta les yeux, comme si ce geste pouvait l'aider à rester éveillé.
- Et toi... ça... ça va ?
Malgré la douleur et l'épuisement, il étudia rapidement son ami pour vérifier qu'il n'était pas blessé. Il ne releva aucune trace de sang, aucune trace de déchirure pouvant suggérer un combat à mains nus ou avec une épée, strictement rien. Merlin était pâle, mais un petit sourire ornait ses lèvres.
- Je vais bien. Vous sentez-vous la force de remonter ?
Arthur perdit connaissance avant d'avoir pu répondre. Merlin se pencha sur lui pour l''examiner une dernière fois, voulant être certain qu'il n'avait pas oublié un détail ou manqué une autre blessure. Rien. Le monarque ne souffrait que d'une sévère commotion qui devait être traitée rapidement. Merlin le remit en selle avec délicatesse et enfourcha sa propre monture, puis se remit en route. Le trajet se fit dans un calme total. Les chevaliers n'étaient pas réapparus, ils devaient être encore à la recherche d'Alkmar.
En bifurquant sur la route principale menant au château, Merlin se fit plus attentif à son environnement. Cet itinéraire était très fréquenté, il pouvait faire de mauvaises rencontres à tout moment. Il aurait aimé prendre un autre chemin, mais l'état d'Arthur était trop alarmant pour qu'il se permette un détour qui l'aurait rallongé.
Merlin ouvrit l'œil... mais pas assez. Valdric, soigneusement dissimulé derrière un arbre niché au sommet de la pente, avait sorti une flèche de son carquois et l'avait encochée, aussi discret qu'une ombre. La pointe était dirigée sur Merlin. Pourtant, Valdric n'eut guère le loisir de tirer. Une autre flèche, taillée dans un bois parfait, venait de lui transpercer la poitrine. Le sifflement qu'elle avait produit alerta aussitôt Merlin. Il sauta à terre et étudia les alentours, les sens aux aguets. Environ deux cents mètres derrière lui, assit sur un cheval aussi immobile que son cavalier, se dressait Alkmar. C'est lui qui avait tiré. C'est lui qui venait d'arrêter le mercenaire. Merlin et lui se regardèrent dans le blanc des yeux, ni l'un ni l'autre ne sachant quoi dire, ne trouvant les mots pour s'exprimer. Valdric, qui, malheureusement, n'avait pas encore rendu l'âme, profita de leur égarement pour se relever et tirer la flèche qu'on l'avait empêché de décocher.
Sauf qu'il ne visa pas Merlin, cette fois-ci. Il visa Alkmar.
La flèche se ficha dans l'abdomen de ce dernier. Œil pour œil, dent pour dent. Alkmar ignora la douleur et encocha une seconde flèche qui trouva sa cible en plein milieu du front de Valdric. Le mercenaire s'écroula, mort.
Tout s'était passé tellement vite. Si vite que Merlin n'avait pas eu le temps de réagir. Alkmar s'agrippa aux rênes et à la crinière de son cheval pour ne pas tomber.
~ Pars, Emrys... Sauve le. Sauve Arthur Pendragon.
~ Tu es un druide ?!
~ Les gens ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être. J'ai fait des erreurs... et je tiens à m'excuser... Je sais que je n'ai pas le droit de te demander ça... mais... s'il te plaît... il y a une femme du nom de Lamira qui vit dans une grotte, au cœur de la forêt. Si tu retrouves mon corps... apportes le lui.
~ … D'accord... je le ferai.
~ Je suis désolé d'avoir perdu foi en toi, Emrys... Puisses-tu un jour me pardonner.
Et sur ces mots, Alkmar mit son cheval au galop et disparut entre les arbres. Merlin resta quelques secondes silencieux, immobile, profitant de sa solitude pour faire un constat de la scène à laquelle il venait d'assister. Alkmar lui avait sauvé la vie. Et il s'était enfuit, seul, faible, mourant. Merlin ressentait tout à coup une immense tristesse pour lui, mêlée à de la pitié et à une touche de compassion. Il aurait voulu le poursuivre, avoir des explications sur son changement d'attitude, l'aider, même... mais il ne pouvait se permettre de jouer avec la vie d'Arthur.
Pas Arthur.
En début d'après-midi, la silhouette majestueuse du château se découpa à l'horizon, ne laissant apparaître que le haut des tours, le bas étant voilée par les arbres. Le soleil projetait son éclatante lumière sur la pierre blanche, la rendant presque lumineuse. Merlin en eut les larmes aux yeux. C'était sa maison. Camelot était sa maison. Il rentrait enfin, avec Arthur à ses côtés. Ses pensées et ses émotions ne lui faisaient plus mal, le poison n'avait plus de pouvoir sur lui, ou si peu. La douleur paraissait inexistante, si infime comparée à la joie extrême qu'il ressentait tout à coup. L'emlevian avait presque disparu, il le savait.
Désormais, il devait se hâter de regagner la citadelle. Ils pourraient être soignés, là-bas.
Oui.
Ils.
Merlin souleva sa veste qui recouvrait la profonde blessure que Morgane, armée d'un poignard qu'il n'avait pas remarqué, lui avait infligée. La scène se jouait encore devant ses yeux...
« Une seconde plus tard, Morgane était devant lui.
Comment avait-elle fait aussi vite pour le rejoindre ? D'où venait ce poignard qu'elle serrait entre ses doigts ? Pris sur le fait, Merlin n'eut pas le temps d'esquiver. La lame s'enfonça dans son abdomen. Un cri de souffrance resta coincé dans sa gorge.
- Contrairement à toi, Emrys, je n'utilise pas que la magie pour me battre, siffla Morgane, victorieuse.
Quand elle retira le poignard, Merlin tomba à genoux, le souffle coupé, les mains appuyées sur sa blessure pour stopper l'hémorragie. Certaine de ne plus courir aucun risque, la prêtresse fit volte-face et toisa Arthur, évanoui de l'autre côté de la clairière. Comprenant ses intentions, Merlin se précipita sur elle et la plaqua au sol avec une brutalité décuplée par l'adrénaline.
- Je vous interdis de le toucher ! Hurla t-il.
- Sinon quoi, Merlin ?
- Sinon...
Il repéra la dague que Morgane avait lâché en tombant. Il s'en saisit et l'enfonça dans le ventre de la sorcière sans montrer aucune once de pitié.
- Sinon, la prochaine fois qu'on se croisera, je vous tuerai pour de bon.
- Aucune arme mortelle ne peut me tuer.
- Qui a dit que je parlais d'une arme mortelle ?
L'incompréhension masqua subitement les traits autrefois si doux de Morgane. Elle n'avait pas connaissance de l'existence d'une telle arme. Paniquée, elle repoussa violemment Merlin et, les mains crispées autour de sa taille, pris la fuite hors de la clairière. Le jeune sorcier se laissa retomber au sol, à bout de force. Il n'avait pas l'énergie pour la poursuivre, la douleur provoquée par sa blessure était si intense, si poignante, elle ne ferait rien d'autre que le ralentir. Sa préoccupation première se résumait en un mot: Arthur. Il devait vite le ramener à Camelot. Mais, avant toute chose, il devait s'occuper de sa blessure. Si son ami reprenait connaissance et apprenait ce qui avait eu lieu, il serait sujet à la peur et à l'inquiétude. Et il n'avait pas besoin de ça. Il ne devait rien savoir jusqu'à ce qu'ils soient rentrés au château. Merlin s'estima chanceux que le sang n'ait pas traversé sa veste. Vu de l'extérieur, personne ne pouvait deviner qu'il était blessé. Il rassembla les connaissances qu'il possédait en matière de médecine et cautérisa la plaie à l'aide de sa magie. Cette maigre précaution suffirait à le faire tenir jusqu'à destination... du moins, c'est ce qu'il espérait. ».
( Another OST – Track 6. Mei Misaki Theme )
Lorsque Merlin traversa la ville basse, les marchands disposaient leurs produits sur leurs étalages ou parlaient affaires avec des clients, tandis que les habitants sortaient faire leurs commissions. Tout le monde s'arrêta pour le regarder passer et, bien-sûr, personne ne manqua de dévisager le monarque inconscient. Le jeune sorcier ignora la foule et hâta le pas pour atteindre le pont-levis rapidement. La magie exercée sur sa blessure pour diminuer la douleur s'était considérablement estompée. Il ressentait désormais un lancement piquant, brûlant, insoutenable.
Malheureusement, Merlin fut stoppé à la sortie de la ville basse.
- Qu'est-ce que je t'avais dis, Warin ? S'amusa Acheric en barrant le passage au cavalier.
- Qu'il ne prendrait pas nos menaces au sérieux ?
- Exactement.
Dalmace, assit sur un muret, rejoignit ses compagnons d'armes, la main sur le pommeau de son épée.
- Nous t'avons mis en garde, Merlin, rappela t-il.
- Laissez moi passer... Je n'ai pas le temps de vous écouter.
- Regarde dans quel état tu as mis Arthur. Notre roi.
- Quoi ?! S'exclama le serviteur, outré. C'est faux ! Je lui ai sauvé la vie !
- Mais ça, qui pourra en témoigner ? Demanda Acheric. Arthur, peut-être ? Ça m'étonnerait fort.
- Vous n'avez qu'à attendre qu'il se réveille, il pourra vous expliquer !
- Tu l'as ensorcelé, Merlin. Tu lui feras dire uniquement ce que tu veux qu'il nous dise.
- Vous dîtes n'importe quoi ! Laissez moi passer !
Merlin força le passage, mais Warin avait prévu le coup. Il attrapa les rênes et obligea le cheval à s'arrêter. De leur côté, Dalmace et Acheric s'étaient chargés de prendre la monture de leur souverain et de l'éloigner. Hors de lui, le jeune sorcier se pencha en avant et leva la main pour utiliser la magie, mais sa blessure le rappela à l'ordre. Il se courba sur sa selle, haletant, les traits déformés par un rictus de douleur.
- Oh, mais que t'arrive t-il ? Une crampe ? Se moqua Warin, jouissant du spectacle. Va t-en, Merlin. Nous prendrons soin d'Arthur. Les sorciers ne sont pas les bienvenus à Camelot.
Lorsque Merlin releva la tête, le cheval d'Arthur avait disparu, emmené à l'intérieur de la citadelle. Seul Warin continuait de le toiser, son regard de glace inscrivant un seul message que son « ennemi » n'eut pas de mal à déchiffrer: Pars. Exténué, blessé, démoralisé, Merlin sentit les larmes lui monter aux yeux et un chagrin indescriptible lui comprimer le cœur. Il savait qu'il n'aurait pas la puissance de se battre contre la Cour entière, contre tous ces nobles qui le méprisaient pour ce qu'il avait fait. Arthur ne lui serait d'aucune aide, pas plus que Guenièvre. Son état d'esprit tout à coup défaillant permit à l'emlevian de créer une fissure dans sa carapace mentale et émotionnelle. Sa résistance s'effondrait. Le poison avait peut-être diminué, mais une petite dose circulait encore dans ses veines. Cette dernière avait profité de la faiblesse de sa proie pour percer sa défense, pour reprendre le contrôle.
Merlin lança un regard noir à Warin et parvint, malgré la douleur, à dessiner un sourire sarcastique sur ses lèvres.
- Très bien, déclara t-il froidement. Je sais ce qu'il me reste à faire.
Et, ainsi, après avoir prononcé ces quelques mots, il fit demi-tour, décidé à retrouver la personne qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Morgane.
A la semaine prochaine ! :)
