Bonjour/Bonsoir à tous ! :) J'espère que vous allez bien et que vos vacances se passent bien ^^. Je poste donc le chapitre 13. Encore une fois, j'ai la désagréable impression qu'il est court... mais c'est sûrement parce qu'il y a beaucoup de dialogues. J'espère qu'il vous plaira ! :) Alors, je dois malheureusement vous annoncer une triste nouvelle... le prochain chapitre sera probablement le dernier. Je dis " probablement " parce que j'ai pas mal de choses à dire encore et je ne sais pas si ça tiendra en un chapitre. Je verrai bien ^^
Merci beaucoup à Sieba972, Lyra Morgana, Le Poussin Fou, Listelia, fandemerlin et lele-35 pour leurs reviews ! Vous m'encouragez énormément, vous ne pouvez pas imaginer ! :D Merci également à La-Force-Est-En-Toi pour avoir mis cette histoire en favori, ainsi qu'à Aayala pour l'avoir ajoutée à la rubrique " follow " ^^
Annonce: Merlin est à la BBC. Merci de votre compréhension. Bonne fin de journée.
Allez, bonne lecture mes très chers ! :)
Chapitre 13: Un juste choix...
( Owari no Seraph OST – SOTE )
Où aller ?
C'était la question principale que se posait Merlin. Il tournait en boucle depuis plus de deux heures, réfléchissant à l'endroit où aurait pu se cacher Morgane. Il l'avait blessée, elle ne pouvait donc pas aller loin. A moins qu'elle ait utilisé la magie pour disparaître et retourner au château, derrière les montagnes. Merlin priait pour que ce ne soit pas le cas, il n'avait pas la force de chevaucher jusqu'à cette destination. Il ne tiendrait pas jusque là. Si seulement il avait eu assez de jugeote pour deviner que le Pendragon et ses amis se payaient sa tête, rien de tout ça ne serait arrivé. Une fois de plus, il s'était fait avoir par les belles paroles de ce maudit roi...
- Je suis si pathétique ! S'écria Merlin, furieux contre lui-même.
Pour passer sa frustration, il mit sa monture au galop afin de retourner à la clairière. Il suivrait la piste de Morgane à partir de ce point. Néanmoins, il fut contraint de ralentir sa couse effrénée à cause de la douleur émanant de sa blessure. Il souleva sa veste pour y jeter un coup d'œil inquiet. Sa tunique était souillée par le sang et il était prêt à parier que la plaie s'était rouverte.
- Non, ce n'est pas le moment...
Merlin fit abstraction de son état pour se forcer à continuer. Blessé ou non, il n'avait pas le temps de se morfondre, de gémir sur son sort ou de ralentir. Il devait avancer. D'après ses souvenirs, la clairière n'était plus très loin.
« - Quoi que tu aies fait derrière mon dos, Merlin, toutes ces fois où j'ai été sauvé, je... je t'en remercie, sincèrement.
- Il est ton ami.
- Tout ira bien, je t'assure.
- Si j'avais voulu te tuer, tu ne crois pas que je l'aurai déjà fait ? »
Le jeune sorcier fut soudainement assaillit par un flot de sentiments intenses. Le bonheur, la reconnaissance, le soulagement... l'amitié. Il se courba sur sa selle, en proie à une souffrance extrême, paralysante. Il sentait l'emlevian s'agiter, frapper contre sa cage thoracique et son crâne pour reprendre le contrôle.
Reprendre le contrôle. Alors, cela voulait dire que...
« - Cette histoire de poison et de lien n'est qu'un mensonge monté de toutes pièces ! »
- Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Comment ai-je pu... laisser le poison me contrôler ? Pourquoi ?
Le « Pourquoi » n'était pas de mise. Il se rappelait très bien ce qui s'était passé. Il était parvenu à endiguer l'emlevian dans la clairière, c'était lui, le maître, à ce moment-là. Et puis, ces trois chevaliers l'avaient empêché de rentrer dans la citadelle. Jamais il ne s'était senti aussi... seul et désespéré. Il avait baissé sa garde. Il avait fait preuve de faiblesse.
- Quel idiot ! Arthur a raison, je ne suis qu'un idiot !
Merlin fit demi-tour et donna de violents coups de talons dans les flancs de son cheval pour lui ordonner de se mettre au galop. Malheureusement, sa précipitation lui fit défaut. Il perdit l'équilibre et s'écroula brutalement sur la terre sèche. Les quelques forces qui l'habitaient précédemment l'avaient quitté, s'étaient épuisées et vidées. Là, seul au milieu de la forêt, perdu, livré à lui-même, il ne voyait pas comment se remettre debout, comment se redresser pour affronter cette nouvelle épreuve. Ses jambes ne lui obéissaient plus, la douleur martelait sa tête, sa poitrine et son abdomen, ses paupières cherchaient à se fermer, il avait froid, si froid... Il aurait aimé être auprès d'un bon feu pour se réchauffer. Penser à la chaleur bienfaisante des flammes fit apparaître l'image du dragon dans son esprit. Mais oui, Kilgharrah devrait être en mesure de l'aider. Il lui avait déjà sauvé la vie un nombre incalculable de fois par le passé. Toutefois, un seul point tourmentait Merlin. Il n'arrivait pas à se souvenir de l'incantation pour appeler le Grand Dragon.
- Non... Non, non, non... Ce n'est pas possible... pas maintenant !
La peur le gagna. Il était rarement sujet à des trous de mémoires, et il fallait que cette lacune se déclenche au moment où il avait le plus besoin de se souvenir ! Merlin convoqua toute sa concentration pour rappeler à lui les mots exacts de la formule. Il allait tenter le tout pour le tout, quand il entendit soudain des branches craquer derrière lui. Trop faible pour bouger, il ne put que retenir son souffle en attendant de voir qui se présentait.
- Je pensais que tu étais à Camelot ? S'étonna Alkmar.
- Alkmar ? Que... Que fais-tu ici ?
Son ancien ennemi s'agenouilla lentement près de lui, une main ensanglantée pressée contre sa blessure. Son teint était d'une pâleur lunaire, aussi pâle que Merlin était sûr de l'être lui-même.
- J'ai eu un mauvais pressentiment... alors je suis revenu. Que t-est-il arrivé ?
- J'ai pu ramener Arthur... mais le poison... il a repris le contrôle... Si je n'étais pas redevenu moi-même à temps, je... j'aurai rejoint Morgane...
- Tu es redevenu toi-même de ton plein gré ?
- Je... Je ne sais pas ce qui s'est passé... Je n'ai rien fait pour que ça se produise.
- C'est une bonne nouvelle, fit Alkmar, ravi. Ça signifie que le poison n'a plus la même emprise sur toi qu'avant... Tu es presque guéri.
- Vraiment ?
Alkmar répondit par un hochement de tête affirmatif.
- Je peux ? Demanda t-il en désignant la veste de Merlin.
Même s'il aurait voulu opposer un refus, ce dernier ne voyait pas comment. Il n'était pas en position de résister, ni de se débattre. Alors, calmement, il accepta. Alkmar ouvrit doucement sa veste et examina l'entaille avec un visage des plus concentrés.
- Comment... est-ce arrivé ?
- Morgane. Je n'ai pas vu que... qu'elle avait un poignard...
L'ancien allié de la prêtresse acquiesça silencieusement, mais ne répondit pas. Il resta plusieurs secondes muet et immobile, les yeux clos, les mains posées sur ses genoux, comme s'il méditait. Son comportement intrigua Merlin, mais, sachant qu'il avait en face de lui un druide, il s'abstint de poser des questions. Quand Alkmar rouvrit les yeux, il arborait un air de détermination infaillible.
- Tu ne me fais pas confiance... mais... me laisseras-tu t'aider ?
- Comment ?
Alkmar plaça délicatement ses deux mains sur la plaie béante de Merlin. Son geste mit la puce à l'oreille du jeune sorcier. Il lui saisit le poignet en signe d'opposition.
- Tu es un guérisseur.
- Je n'ai jamais utilisé ce don que mère nature m'a offert.
- Ne fais pas ça ! S'écria t-il, paniqué. Tu n'as plus assez de force pour...
Merlin fut interrompu en crachant tout le sang qui s'était accumulé dans sa gorge. Ses paupières étaient de plus en plus lourdes et le froid commençait à étouffer le peu de chaleur dont il disposait encore.
- Reste calme, l'incita gentiment Alkmar.
- Tu vas mourir si tu m'aides...
- Ma vie ne vaut rien comparée à la tienne.
- Non... Ne fais pas ça...
- Tu ramèneras mon corps à Lamira, n'est-ce pas ?
Merlin savait qu'il ne gagnerait pas ce combat. Ses protestations n'arrêteraient pas Alkmar, elles resteraient vaines, sourdes à ses oreilles. Les yeux brillants de larmes reconnaissantes, la gorge nouée, il ne put que confirmer en hochant la tête. D'accord... Si Alkmar mourrait, il apporterait son corps à cette femme du nom de Lamira. Il s'en fit la promesse. Mais seulement s'il rendait l'âme, pas autrement.
- Merci beaucoup, Emrys.
« - Dis, maman, est-ce que je le rencontrai un jour, Emrys ?
- La vie est faite de beaux cadeaux et de merveilleuses rencontres, mon trésor. Si elle estime que tu en es digne, elle t'accordera peut-être ce privilège.
- Est-ce qu'on deviendra ami ? Et est-ce que je pourrai l'aider à créer Albion, moi aussi ? Avec Arthur Pendragon seulement, il n'y arrivera pas. Deux hommes, ce n'est pas beaucoup.
Un grand sourire plein d'entrain transfigura le visage d'Alkmar alors qu'il s'imaginait prendre part à ce projet incroyable. Sa mère s'accroupit à sa hauteur et passa une main douce sur sa joue.
- Peu importe ce que tu feras pour aider Emrys, ton geste lui permettra de faire un pas de plus vers Albion, vers cet avenir lumineux que nous souhaitons tous. Tu comprends ?
- Oui, maman.
Elle pointa le cœur de son fils avec son index et ajouta:
- N'oublies jamais qui tu es, Alkmar. N'oublies jamais quel est le devoir des druides.
- Je ne l'oublierai pas.
- Jure moi que tu me rendras fière de toi.
- Je te le jure !
- Viens dans mes bras, mon grand garçon.
Alkmar serra sa mère avec amour, s'accrochant à son cou et enfouissant son visage dans ses cheveux.
- Je t'aime très fort, maman. »
Une éblouissante lumière dorée s'échappa des paumes d'Alkmar, tandis qu'il prononçait à mi-voix des paroles que Merlin n'entendit pas. Ce dernier sentit la puissante magie de guérison du druide s'introduire dans son corps et le parcourir, en quête de toutes les blessures qu'elle était en mesure de soigner. Ce traitement dura de longues minutes. Lorsque la lumière diminua et la pression se relâcha, Alkmar gratifia Merlin d'un léger sourire satisfait, fier de son travail. Il savait qu'il avait réussi. Ses mains, encore appuyées sur l'abdomen du jeune sorcier, le lui confirmèrent.
Sans un mot, il se laissa tomber sur le dos et ferma les yeux, attendant que la mort vienne l'emporter. En le voyant s'écrouler, Merlin se redressa et prit machinalement son pouls. Celui-ci battait. Faiblement, très faiblement, mais il battait.
- Alkmar, reste éveillé ! Je vais t'emmener avec moi à Camelot. Où est ton cheval ?
Mais Alkmar ne put soulever les paupières, ce geste demandait trop d'efforts à son corps éreinté, drainé. Il perdit connaissance plus vite qu'il ne l'aurait cru de prime abord. Après tout, il n'avait pas fait que guérir Merlin, il avait aussi transféré dans ses veines, dans son cœur, une partie de sa force vitale.
- Non, ne t'endors pas !
Il fallait que Merlin rentre à Camelot, et vite. Il était hors de question qu'il le laisse seul dans la forêt en acceptant le fait que son sort était scellé. Alkmar était responsable de bien des malheurs arrivés dernièrement, mais il avait hautement rattrapé ses erreurs en le sauvant, lui et Arthur. S'il y avait une chance pour qu'il survive, Merlin comptait bien la saisir ! Il se releva et balaya les alentours d'un regard scrutateur afin de dénicher la position de son cheval et celui d'Alkmar. Les deux montures paissaient un peu plus loin, indifférentes à l'urgence de la situation.
- Vous voilà !
( Merlin Season02 OST - 19 - Hiding Excalibur )
Avant même de soulever les paupières, Arthur savait qu'il n'était plus en travers de son cheval. Son corps reposait sur quelque chose de moelleux, d'agréable, de doux. C'est en remuant légèrement qu'il comprit où il se trouvait.
- Arthur ? L'appela Guenièvre. Vous êtes réveillé ?
Le souverain chassa le sommeil qui menaçait à tout moment de le reprendre et ouvrit les yeux. Il était de retour au château, plus précisément dans ses appartements. Un grand soleil illuminait la vaste pièce et faisait briller la magnifique chevelure de la reine. Arthur étudia son environnement d'un œil inquisiteur, à la recherche d'une autre personne qu'il aurait pensé trouver à son réveil.
- Où est Merlin ? Demanda t-il, inquiet.
- Merlin ? Il... Il n'était pas avec vous quand vous êtes revenu.
- Quoi ?
Cette fois, le roi s'était redressé sur son séant et dévisageait son épouse, alarmé par cette troublante nouvelle.
- C'est impossible ! Quand j'ai repris connaissance, dans la forêt... il était là...
- Arthur, gardez votre calme, vous avez une légère commotion.
- Et les chevaliers ? S'enquit-il, ignorant la demande.
- Ils sont rentrés quelques temps après vous.
- Merlin n'était pas avec eux ?
- Non.
Arthur fronça les sourcils. L'absence de Merlin n'était pas normale. Comment était-il revenu au château sans son aide ? Inconscient et blessé, il ne pouvait pas faire grand chose. Peut-être que quelqu'un l'avait trouvé et ramené ? Mais cela ne justifiait pas la disparition soudaine de Merlin.
- Quelque chose a dû lui arriver...
- J'ai envoyé des patrouilles il y a une heure. Voulez-vous que j'en envoie d'autres ?
Arthur ne se donna pas la peine de répondre. Il se défit des couvertures et se leva.
- Que faîtes-vous ? Paniqua Guenièvre.
- C'est moi qui pars à sa recherche.
- Vous n'êtes pas encore rétabli !
Le roi de Camelot se tourna vers sa femme et posa ses mains sur ses épaules avec tendresse.
- Je vais très bien, Guenièvre. Et je ne resterai pas là à me reposer pendant que Merlin est dans la nature.
La jeune femme esquissa un sourire. Au fond, elle ne s'était pas attendue à une réaction différente de la part de son mari.
- Soyez prudent.
Arthur posa un baiser sur son front pour la rassurer. Il passa ensuite derrière le paravent afin de revêtir des vêtements propres et confortables.
- Qui m'a ramené ici si ce n'est pas Merlin ?
- Sir Acheric, Sir Dalmace et Sir Warin ont déclaré avoir trouvé votre cheval dans la ville basse. Ils n'ont pas vu Merlin.
- Êtes-vous sûre qu'ils ont dit la vérité ?
- Quelles raisons auraient-il eu de mentir ? Fit Guenièvre, sincèrement étonnée.
- Personne ne semble accepter la présence de Merlin au château... Je ne sais pas, ils auraient pu le faire fuir ou...
- Vous connaissez Merlin, Arthur. Il ne laisserait personne lui donner d'ordre, que ce soit vous ou des chevaliers.
Le souverain secoua la tête, peu convaincu.
- Avant, oui... Maintenant... je n'en suis plus si sûr. Il a l'air... si fragile. C'est étrange de parler de lui de cette manière, mais c'est l'impression qu'il me donne.
- Il m'a donné la même impression quand je lui ai parlé, hier, avoua tristement la reine. Écoutez, nous n'avons aucune preuve contre les chevaliers. Seul Merlin pourra nous dire ce qui s'est passé.
- Je sais.
Arthur rectifia distraitement les manches de sa tunique et se munit de sa précieuse Excalibur qu'il attacha à sa ceinture. Il couva sa femme d'un regard confiant, paré pour partir à la recherche du jeune sorcier, puis quitta les appartements. Sa route jusqu'à la cour se fit en quelques secondes, tout au plus. Arthur n'avait pas marché aussi vite depuis de nombreuses années. Alors qu'il descendait les escaliers d'honneur, il vit les chevaliers cités par Guenièvre marcher dans la galerie. Il les rejoignit au pas de course et les interpella:
- Messieurs, pouvez-vous m'expliquer en détail ce qui s'est passé au moment où vous m'avez trouvé ?
- Bien-sûr, Sire, accepta Dalmace. Nous étions dans la ville basse et nous avons entendu des cris... affolés, si je puis dire. C'est là que nous vous avons vu, inconscient sur votre cheval, alors nous vous avons ramené dans la citadelle.
- De mon côté, j'ai fait mon possible pour calmer l'angoisse du peuple, Sire, ajouta Warin.
- Est-ce que Merlin était là ? L'avez-vous vu ?
- Non, vous étiez seul.
Arthur examina attentivement le comportement des chevaliers. Aucun d'entre eux ne semblait gêné, mal à l'aise ou incommodé, et il n'avait perçu aucune hésitation dans leur voix.
- Bien... je vous remercie.
- A votre service, Sire.
Celui-ci traversa la cour pour se rendre à l'écurie. Il fut accueilli par Tyr Seward qui terminait de bouchonner une jument dans l'allée centrale.
- Puis-je vous aider, votre majesté ? Demanda t-il aimablement.
- Préparez mon cheval, je vous prie. Je dois retrouver Merlin avant que le soleil se couche.
Tyr lança un regard par dessus l'épaule d'Arthur, les yeux rivés sur une silhouette arrêtée près des escaliers. Il déclara, les sourcils froncés:
- Merlin est là-bas, votre majesté.
- Quoi ?!
Arthur se retourna et fit quelques pas vers la porte ouverte des écuries pour vérifier de lui-même les dires de Tyr. En effet, Merlin était à côté de la statue et descendait lentement de son cheval. Il courut à sa rencontre sans perdre un instant.
- Merlin ! S'exclama t-il, heureux de le retrouver sain et sauf.
Le jeune sorcier lui offrit un timide sourire en guise de réponse. Ses yeux bleus-gris pétillaient, bien qu'il zieutait la cour avec méfiance et... anxiété ? C'est alors qu'Arthur remarqua la présence d'un deuxième destrier, un destrier qui portait un cavalier visiblement très mal en point. Ses traits se durcirent lorsqu'il prit connaissance de son identité.
- Que fait-il ici ?!
- Je vous expliquerai tout, mais pour le moment nous devons le conduire à Gaïus.
- Tu... Tu veux lui sauver la vie ? Lâcha t-il, incrédule.
- Il a sauvé la mienne ! Faîtes moi conf...
Merlin baissa la tête, honteux et chagriné. Il ne pouvait pas se permettre d'employer le mot « confiance ».
- Je veux dire... je ne l'aurai pas emmené avec moi s'il avait voulu me tuer.
- C'est pourtant ce qu'il a essayé de faire en se ralliant à Morgane !
Exaspéré, Merlin souleva sa veste et dévoila sa tunique parsemée de sang.
- Morgane m'a blessé dans la clairière, j'étais en train de mourir. Mais il m'a soigné. C'est un druide guérisseur... Il m'a sauvé la vie... Je ne peux le laisser mourir.
Arthur serra les poings, à la fois... furieux et reconnaissant. Pouvait-il vraiment se permettre de l'aider ? Pouvait-il faire confiance à cet homme qui avait clairement prouvé sa loyauté envers la prêtresse, à cet homme qui avait causé tant de mal ? Le regard suppliant de Merlin l'obligea à prendre une décision.
- Très bien, accepta t-il sèchement. Emmenons le chez Gaïus.
( Shiki OST – Dead Sea )
Leur entrée dans les quartiers du médecin ne passa pas inaperçue. La porte avait violemment claqué contre le mur, faisant sursauter Gaïus, jusqu'alors plongé dans un vieux livre. Voir son pupille pénétrer dans la pièce retira le poids immense qui lui écrasait le cœur depuis plusieurs heures. Toutefois, il n'eut guère le loisir de témoigner son soulagement au concerné. Merlin et Arthur déposèrent Alkmar sur le lit réservé aux malades.
- Gaïus, il est au plus mal, précisa Merlin en laissant la place à son tuteur.
Celui-ci se pencha sur Alkmar et prit son pouls, puis chercha directement les battements de son cœur.
- Son cœur ne bat presque plus. Merlin, donne moi la fiole bleue sur ma table de travail.
En se retournant pour prendre la fiole en question, le jeune sorcier sentit soudainement une vague de fatigue l'envahir. Il chancela sur ses jambes et dut se raccrocher au bord de la table pour ne pas tomber. Inspirant profondément, il se saisit du flacon et le donna à Gaïus.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Arthur.
- Un liquide permettant de stimuler la circulation du sang et réchauffer l'intérieur du corps.
- Et... ça va l'aider ? Voulut savoir Merlin.
- Honnêtement, je ne sais pas. Il est trop faible pour que je puisse me prononcer.
- Je vois..., murmura t-il.
Merlin n'ajouta rien. Bien qu'étant parfaitement conscient des actes criminels d'Alkmar, il ne voulait pas qu'il meure, que son cœur lâche d'un moment à l'autre, il voulait qu'il vive. Après ce qu'il avait fait – tuer le mercenaire et guérir Merlin – il ne méritait pas de mourir, il avait droit à la rédemption, au bonheur, lui aussi. Parce que...
- Quand il m'a soigné... j'ai... j'ai assisté à une scène de son enfance... Je l'ai vu avec sa mère.
- C'est peut-être un souvenir dans lequel il a puisé pour te sauver, suggéra Gaïus en s'affalant sur un tabouret, près du blessé.
- J'ai discuté avec lui, confessa Arthur en passant une main nerveuse dans ses cheveux. Il m'a demandé quelle était mon opinion au sujet de la magie... et il a dit une chose assez... étrange.
- Que vous a t-il dit, Sire ? S'informa Gaïus.
- « Parfois, il faut voir pour croire. ». Et il a ajouté que... la vision que nous avons sur certaines choses peut... changer, basculer du jour au lendemain, et que l'on ne connaît jamais vraiment les gens. Je ne comprenais pas très bien ce qu'il voulait dire, à ce moment-là...
- Et maintenant ?
- Maintenant... je comprends.
Et c'était vrai, Arthur comprenait. Par ces paroles un brin mystérieuses, Alkmar faisait référence à lui-même, à ses convictions personnelles. Son point de vue au sujet de la lignée Pendragon, au sujet des choses qu'Emrys et le roi qui fut et qui sera, étaient destinés à accomplir, tout ça avait été chamboulé. Peut-être qu'en réalité, Alkmar ne voulait que le bien de sa race, peut-être que les agissements terribles d'Uther l'avaient désabusé et déçu, peut-être qu'il n'était qu'un reflet de l'image des sorciers, le symbole de leurs pensées, de leurs sentiments et de leurs espoirs. A travers Alkmar, Arthur parvenait à mieux comprendre les sorciers. A travers Merlin, en revanche, il voyait le moyen de faire changer la situation actuelle, la personne dont la mission était de lui faire ouvrir les yeux, l'ami dont il avait le plus besoin.
- Merlin, peut-on discuter ?
- Euh... Oui, bien-sûr.
Merlin emmena Arthur dans sa chambre, laissant Gaïus travailler et surveiller patiemment Alkmar. Une fois assis sur le lit, le monarque croisa les mains sur ses genoux, quelque peu embarrassé, bien qu'il ne sache guère pourquoi. En jetant un coup d'œil à son ami, il remarqua que celui-ci avait les yeux fermés et les mains crispées sur son front.
- ça va ?
- Oui... Je ne sais pas ce que j'ai... je suis fatigué.
- C'est normal, avec tout ce qui s'est passé.
- Non, ça n'a rien à voir... Quand Alkamr m'a guéri, je me sentais très bien. A vrai dire, je ne m'étais pas senti aussi bien depuis longtemps. C'est seulement en arrivant ici que... la fatigue m'est tombée dessus... Enfin, ce n'est pas grave.
Merlin détourna le regard, gêné de parler à Arthur de ses petits soucis sans importance alors qu'il n'en avait pas le droit. Il s'interdisait d'être à nouveau une source de problèmes et d'inquiétude, un fardeau. Il avait fait assez de dégâts comme ça, il avait assez fait souffrir son maître, son meilleur ami. Il ne devait plus importuner qui que ce soit. Sa culpabilité était trop forte pour qu'il arrive à la canaliser.
- Vous vouliez me parler ? Demanda t-il pour changer de sujet.
- J'aimerais que tu me racontes ce qui s'est passé dans la clairière quand j'étais inconscient. Quand as-tu été blessé ? Lorsque je me suis réveillé, sur le chemin, tu n'avais rien.
- Euh... en fait... j'ai affronté Morgane. Mais je n'avais pas prévu qu'elle utiliserait une arme contre moi, je pensais que... qu'elle se servirait uniquement de sa magie.
- Elle t'a poignardé, c'est cela ?
- Oui..., murmura Merlin, évitant le regard perçant d'Arthur.
- Et tu me l'as caché ?!
- Vous étiez blessé, vous aussi, vous n'aviez pas besoin d'être au courant.
- Et je peux savoir d'où t'est venue cette pensée complètement idiote ?!
D'accord, là, Arthur était vraiment énervé. Malgré cela, Merlin n'avait pas l'intention de lui révéler le fond de sa pensée quant à sa décision de taire son état. Il fallait qu'on arrête de se préoccuper de lui. Après tout... il en avait l'habitude depuis dix ans. Se faire passer au second plan, s'oublier, c'était son quotidien. Même si Arthur, Guenièvre et les autres étaient désormais au courant de sa véritable nature, son attitude des derniers jours et les actions impardonnables qu'il avait commises au sein du château et envers ses proches constituaient une raison de plus pour garder le silence.
- J'ai oublié, balança t-il rapidement.
- Tu as... ? Ça ne me fait pas rire, Merlin !
- C'est vrai, j'ai oublié ! Je devais m'occuper de vous et vous ramener au palais, ça ne m'est pas venu à l'idée qu'il fallait que je vous en parle, c'est tout.
Arthur soupira gravement, dépité par cette excuse médiocre. Merlin continuait de lui mentir, apparemment... cette constatation fit monter la colère en lui, mais il la refréna aussitôt. Il ne devait pas s'emporter, sous peine de risquer de refermer le jeune sorcier encore plus.
- Bon. Que s'est-il passé ensuite ? Pourquoi es-tu reparti après m'avoir laissé dans la ville basse ?
Merlin tâcha de dissimuler son étonnement. Ce n'était pas ainsi que les choses s'étaient déroulées. Il avait emmené Arthur bien plus loin que la ville basse, mais les chevaliers l'avaient empêché d'aller plus loin.
Les chevaliers. Bien-sûr. C'était eux. Ils avaient dû inventer un fichu mensonge. Merlin savait qu'il tenait là une occasion en or de démentir... et pourtant... il ne s'en estimait pas digne. Il n'était pas de son droit de se plaindre, d'attirer encore l'attention sur lui, de créer d'autres problèmes après tout ceux qu'il avait déjà engendrés.
- Je sentais que le poison voulait reprendre le contrôle sur moi... je devais vous mettre en sécurité avant que ça n'arrive. Alors, quand je suis arrivé dans la ville basse, j'ai su ce que je devais faire. Je savais que quelqu'un vous ramènerait au château, donc je vous ai laissé là.
Afin de dissiper les doutes d'Arthur, si doutes il y avait, Merlin renforça un peu plus son mensonge en posant une question dont il connaissait déjà la réponse:
- Et... qui vous a trouvé ?
- Des chevaliers.
- Tant mieux, répondit-il, faussement heureux de cette nouvelle.
« Quel idiot... Dis lui la vérité... Mais je ne peux pas... Je ne le mérite pas, je ne veux pas créer plus de problèmes... ».
- Alkmar m'a retrouvé dans la forêt et il a utilisé son don de guérison pour me venir en aide.
- Comment a t-il eu la blessure que j'ai vu sur son abdomen ? Interrogea Arthur.
- Morgane a dû engager un mercenaire ou un soldat ennemi pour nous tuer si son plan échouait... Il a tiré sur Alkmar.
- Pourquoi avoir fait cela ? N'étaient-ils pas dans le même camp ?
- Plus à ce moment-là. Il nous a sauvé la vie, à tous les deux.
Arthur hocha la tête, imaginant la façon dont Alkmar avait pu se retourner contre cet assassin et contre Morgane. Il revint à la réalité en entendant Merlin pousser un bref gémissement. Il était presque affalé sur le lit, les yeux résolument fermés, les traits tirés de fatigue.
- Tu es sûr que tout va bien ? Demanda le souverain, inquiet.
- Je ne sais pas ce qui se passe..., bredouilla le jeune sorcier.
Il tenta de se relever, mais ses jambes cédèrent brusquement. Arthur le retint de justesse avant qu'il ne heurte le sol et l'allongea de force.
- Reste calme, j'appelle Gaïus.
En attendant le retour d'Arthur, Merlin essaya de bouger les bras, les jambes, la tête, mais il lui semblait que son corps ne voulait plus lui obéir. Alors qu'il faisait son possible pour réprimer son angoisse, son tuteur apparut près de lui, un livre ouvert dans les mains.
- Qu'est-ce qui m'arrive ? Je... Je ne peux plus...
- … bouger ? Termina Gaïus.
- Oui...
Un grand sourire se dessina sur les lèvres du médecin.
- Gaïus ? L'appela Arthur, déstabilisé par sa réaction.
- C'est la dernière étape avant l'élimination totale du poison, expliqua t-il en citant son livre.
- Dormir ?
- En effet. Merlin va être plongé dans un état léthargique très profond, ce qui fera partir l'emlevian.
- Comment ça, « profond » ? paniqua Arthur.
- Si vous préférez, il sera dans le coma.
- Quoi... ? Souffla Merlin, l'esprit embrumé.
Il voulut se redresser par réflexe, mais aucun de ses membres ne répondit à sa demande. Gaïus passa une main paternelle dans ses cheveux et murmura:
- Ne lutte pas, mon garçon. Laisse toi aller.
- Combien de temps ce... ce coma va t-il durer ? S'informa Arthur.
- Quelques jours, tout au plus.
- Quelques... jours... ? Répéta son pupille, visiblement réticent. Non...
- Tu ne peux rien y faire, Merlin. Tu as besoin de ce repos forcé.
Avant même qu'il n'ait pu répondre, les paupières de Merlin se fermèrent doucement et sa respiration se stabilisa d'elle-même. Quelques secondes plus tard, le sommeil l'avait emporté.
A la semaine prochaine ! :)
