Chapitre 2

Après l'arrivée plutôt fracassante d'Asuka, ce fut une journée tout ce qu'il y avait de plus normale qui s'annonçais. Enfin…pour le commun des mortels, bien entendu.

Je fus le premier debout face à deux marmottes : Misato et Asuka. Je me demande bien comment elles font pour dormir autant. M'enfin, ça me laisse le temps de préparer les bento et régler quelques détails.

Il serait bête que mon secret soit découvert dès son arrivée.

D'ailleurs, j'ignore comment j'ai pu me lever sans réveiller le fauve roux qui avait pris place dans ce petit appart.

M'enfin, je pouvais m'estimer chanceux. Je peux donc profiter de la solitude pour finir les bento et parer à toutes éventualités. En parlant de bento, ils furent finis quand Asuka émergea des bras de Morphée et pointa le bout de son nez dans la cuisine. Bon, pour le coup, je suis dans le mal.

Asuka : 'jour.

Kirito : Bonjour Asuka. Bien dormi ?

Asuka : Plutôt oui.

Kirito : Tant mieux.

Alors que la rouquine jeta un œil sur le menu de midi par-dessus mon épaule, je camoufla tant bien que mal le spasme qui parcourra mon bras gauche accompagné d'un frisson le long de ma colonne. Je profita d'un moment d'inattention du pilote de l'Eva 02 pour filer dans la salle de bain et prendre une bonne douche et camoufler tous traits susceptibles de me trahir.

En effet, je devais cacher ma véritable apparence, plutôt effrayant pour ainsi dire : des cheveux bruns foncé m'arrivant aux épaules et des pupilles en amande au centre de deux yeux rouges vif. Plutôt bizarre non ? Pas pour moi, je suis né comme ça après tout.

C'est un bon quart d'heure plus tard après avoir régler ce petit problème que je sorti de la douche pour tomber nez à nez avec une Asuka au regard perdu dans le vague.

Kirito : Qu'est-ce qui as ?

Asuka : Euh…pour ce qui est de cette nuit…pas un mot à-

Kirito : Pas un mot à Misato, je sais. Je sais garder un secret t'en fait donc pas.

Ça pour savoir, je sais mais ça…elle l'ignore.

Rassurée, la jolie rouquine fila à son tour sous la douche tandis que Misato daignais enfin sortir de sa chambre. A ce moment, je jeta un coup d'œil rapide à l'horloge : il était à peine six heures du matin et le soleil pointait déjà à l'horizon.

Six heures, on avait donc encore deux heures devant nous.

Asuka mis bien une demi-heure à sortir de la douche, les filles je vous jure !

M'enfin, c'est ainsi que nous nous retrouvâmes tous les trois autour de la petite table de cuisine à déjeuner tranquillement.

Misato : Ça va, vous deux ?

Kirito : Pourquoi ça irais pas ?

Eh merde, j'avais oublié la légendaire perspicacité de Misato.

Misato : Eh bien, je ne sais pas mais bizarrement, vous vous engueuler pas et Asuka souris comme une idiote depuis un bon moment.

Coup d'œil vers la dite rouquine qui esquiva mon regard. Grillé. Bon, bah, ça c'est réglé.

Asuka : Je ne souris pas comme une idiote !

Paf ! Une droite directe dans la face, première de la journée.

Kirito : Aie ! Qu'est-ce qui t'prend ?!

Demande ai-je en remarquant que la jeune fille était rouge comme une pivoine avec un regard typé « tu moufte je t'étrangle ». No stress, girl, je ne cafterai pas.

Misato : Se serait-il passé quelque chose ?

Kirito : Rien du tout, juste Asuka et son humeur changeante.

Misato : Asuka, hein ? Et le suffixe ?

Merde, première erreur.

Kirito : Bah quoi ? C'est plus simple comme ça.

Second coup d'œil vers la rouquine, cette fois elle affichait une mine surprise. Quoi ? Tu ne pensais pas que je pouvais cacher quelque chose à Misato ? Je cache bien ma vraie nature.

J'entendis le compteur électrique « claquer ». Sept heures.

Misato : Dépêchez-vous, vous allez être en retard.

A l'unisson : On y va.

Clac, la porte se referme derrière Asuka et moi, nous filâmes prendre le métro et nous séparâmes avant de descendre.

« Vaut mieux qu'on ne soit pas vu arrivant à l'école ensemble » avais-t-elle dit.

En effet, vu l'effet que j'ai fait à mon arrivée, ça aurais créé de nombreux problèmes.

Je retrouva Toji et l'autre binoclard à la descente du métro et nous partîmes donc en direction de l'école où les cours se passèrent sans encombre.

Puis vint la pause de midi, j'avais glissé en douce le bento d'Asuka dans son bureau et retourna vers mes deux comparses.

Finalement nous décidâmes d'aller déjeuner sur le toit, tous ensemble : Toji, son pote à lunettes, Asuka, la délégué, Rei (qui avais suivi le mouvement) et moi.

La miss Langley Soryû me lança un regard paniqué, eh oui, ils allaient trouver nos bento un peu trop semblable mais on s'en fiche de ça.

J'ouvris mon bento alors que tous les autres avaient déjà ouvert le leur. Bien sûr, Toji ne mis pas longtemps à remarquer que mon Bento et celui de la pilote de l'Eva rouge étaient semblables.

Kirito : Normal, c'est moi qui lui est préparé son bento.

Deuxième erreur de la journée. Mes paroles avaient choquée la déléguée et surpris mes deux amis.

Toji : C'est toi qui lui as préparé ?!

Kirito : Bah oui, puisqu'elle crèche sous le même toit.

La déléguée : Asuka ! Explique-toi !

Je ne laissa pas le temps à la rouquine de répondre.

Kisuke : Déléguée, c'est juste une énième frasque de la NERV. Et puis, il est logique que deux pilotes d'Eva dorment sous le même toi, non ?

Echec et mat, ils n'avaient plus rien à dire et Asuka me lança un regard me disant « Merci de m'avoir défendue ».

Inutile de me remercier. C'est aussi pour moi que je l'ai fait.

Puis la discussion en vint à moi. Je ne pouvais pas y couper, bien sûr.

Déléguée : Donc, Kirito-kun, tu sais cuisiner ?

C'est ce qu'on appelle enfoncer une porte ouverte.

Kirito : Puisque j'ai fait les bento, oui.

Oups, troisième erreur, ma voix a laissé transparaître ma nervosité. Asuka me regarda d'un drôle d'air, me demandant si ça allais du regard. Regard que j'esquiva, évidemment que ça n'allais pas !

Heureusement pour moi, on avait tous fini de déjeuner et la sonnerie de reprise des cours retentissait.

L'après-midi se passa sous le regard interrogateur d'Asuka. Elle s'inquiétait pour moi, comme c'est touchant mais pas besoin.

Une fois les cours terminés, nous rentrâmes et apprirent que Kaji, un collègue de Misato, nous avais tous invité le lendemain à une excursion je ne sais où.

Sur ces bonnes paroles, je me glissa derrière mes fourneaux et prépara le diner. Diner qui se passa en silence mais encore une fois, Asuka me regardais du coin de l'œil. Un regard bienveillant, toute fois.

Une fois que nous eûmes fini de diner, je débarrassa la table et commença à laver la vaisselle quand Asuka profita de l'absence de Misato, partie sous la douche, pour venir me voir.

Elle était posée, là, juste à côté encore avec regard bienveillant et inquiet.

Kirito : Si tu as quelque chose à me dire, Asuka, ne te gêne pas.

Asuka : T'es sûre que ça va ?

Premier spasme, faible.

Kirito : Oui, tout va bien.

Asuka : Menteur, t'es tout pâle et tu fuis mon regard depuis cet après-midi.

Deuxième spasme, pas encore trop violent suivi d'un frisson : Le camouflage s'effritait.

Kirito : Mais tout va bien, je te dis.

Là, elle ne répliqua pas mais me fixa dans les yeux.

Asuka : Que tu veuille cacher ça à Misato, d'accord. Mais tu peux me dire ce qui ne va pas, entre pilotes on doit se serrer les coudes.

Troisième spasme, l'assiette vola dans le mur. Suivi d'un frisson qui me fit courber l'échine : Fini le secret.

Asuka : Kirito !

Kirito, se tenant le bras gauche : tout va bien, je n'ai rien de cassé.

Misato arriva en trombe dans la cuisine, alertée par le bruit de l'assiette qui s'est cassé.

Misato : Tout va bien vous deux ?

J'ai lâché mon bras gauche.

Asuka : Oui, tout va bien. L'assiette lui as juste glissé des mains.

Misato : T'as assez lavé de vaisselle pour ce soir, Kirito non ? On a de quoi tenir trois jours-là.

Kirito : Certes mais je suis lancé donc autant finir.

Asuka me fixa droit dans les yeux, clairement inquiète et apeurée.

Voilà le regard que je ne voulais pas voir, surtout pas dans ses yeux. La peur, l'inquiétude. Je ne pus supporter son regard, trop honteux.

Misato retourna dans sa chambre après avoir pris une nouvelle bière et Asuka m'arrêta.

Asuka : Ça suffit, Kirito, dit moi ce qu'il ne va pas.

Kirito : …

Que dire ? Que je cauchemardais chaque nuit de la fin du monde ? Que j'étais un démon chargé de protéger l'humanité des Anges ? Et puis quoi encore.

Asuka : S'il te plaît…

Encore ce regard rempli d'inquiétude. Mais cette fois, elle passa sa main sur ma joue comme pour me rassurer ou peut-être se rassurer elle-même. Je n'en pouvais plus, mon bras n'arrêtait plus de trembler.

J'ai donc tout lâché et suis allé m'assoir sur une chaise, me tenant le bras gauche si fort que je laisserai une marque.

La rouquine s'était installée devant moi, me regardant droit dans les yeux encore une fois. Ce fut la première fois que je pris réellement le temps de la regarder dans les yeux. Un bleu cobalt magnifique et apaisant contrastant avec sa chevelure de feu.

Alors que je me perdais dans l'immensité du bleu de ses pupilles, je sentis ma tête se mettre à tourner, par reflexe, je posa ma main gauche sur ma tempe essayant d'apaiser au mieux ce tournis. J'ai fermé les yeux quelques instants, essayant de trouver un équilibre. C'est à ce moment-là que j'ai senti une main se poser par-dessus la mienne et j'alla de suite mieux.

Une fois l'équilibre retrouvé, je redressa ma tête et jeta un œil à l'horloge posé sur le buffet : vingt-deux heures trente. Il était temps que j'aille me coucher.

J'essaya de me relever quand mon corps me poussa à me rassoir : l'illusion se dissipait.

Asuka me tendis une main pour m'aider à me relever, main que je pris sans hésiter alors que je sentais les molécules de mon corps se réarranger comme elles devraient l'être.

Alors que la jolie rouquine me guida jusqu'à ma chambre, mes cheveux poussaient à vue d'œil et mes pupilles changèrent de forme ainsi que de couleur.

Fait métabolique qui n'échappa pas à la pilote de l'Eva 02, bien entendu mais elle ne posa pas de question et m'accompagna jusqu'à mon lit.

Kirito, haletant : tu vas encore dormir ici cette nuit ?

Asuka : Ça te gène ?

J'écarquilla les yeux et son futon alla s'écraser contre le mur.

Asuka : Pourquoi t'as fait ça ?!

Je ne lui répondis pas et lui attrapa la main. Elle m'avait compris, d'ailleurs elle semblait sourire à cette idée.

C'est ainsi que la belle rouquine américano-allemano-japonaise se glissa dans mon futon et se calla tout contre moi.

Instinctivement, je glissa ma main dans ses cheveux alors qu'elle s'appuya un peu plus contre moi en soupirant.

Asuka : Je ne pensais pas que ça faisais autant de bien, d'avoir quelqu'un à ses côtés…

Kirito : Je t'avouerai que moi non plus…

Je l'entendis glousser et la sentit se caller dans le creux de mon épaule, posant une main sur mes abdos.

Pourquoi les abdos ? Qu'ont-ils de si attirant ? Allez savoir.

Alors que je glissais doucement dans l'inconscience annonçant le sommeil, je sentis quelque chose de doux, chaud et sucré s'emparer de mes lèvres et relâcher son emprise aussi vite que cela s'en était emparé.

Je n'eus pas la force d'ouvrir les yeux, sinon j'aurais vu une Asuka plus souriante et gênée que jamais.