Bonsoir/Bonjour

Je publies un peu tard aujourd'hui parce que j'ai passé la journée à écrire... Et qui dit journée passée à écrire dit deux chapitres en plus et dit... Fiction terminééée ! Et oui, c'est officiel, j'ai terminé l'écriture de cette fic ! Je n'ai plus qu'à relire quelques chapitres et à leur trouver un titre et ce sera fini !
Du coup je voulais savoir : est-ce que ça vous dirait un épilogue ? J'ai déjà une idée assez précise de ce à quoi ça pourrait ressembler, ça se ferait en un chapitre, donc dites-moi ce que vous en pensez, et si vous préférez on peut aussi attendre que j'ai publié le dernier chapitre pour que vous me disiez si oui ou non vous voulez un épilogue. Bref, dites-moi tout ça dans une petite review histoire que je sache si je commence à écrire quelque chose dès maintenant ;)

Juste une petite précision avant de commencer : certaines phrases dans ce chapitre seront écrites en italique, ça voudra tout simplement dire que c'est du français made in Québec.
J'ai grossi le trait et exagéré certaines expressions, mais c'est seulement pour rendre la chose un peu caricaturale et plus drôle, donc s'il y a des Québécois parmi vous, surtout ne vous vexez pas, le but n'est pas d'être offensante ^^

Bonne lecture :)


Emma fut la première à émerger du sommeil. Son premier réflexe fut de se blottir davantage contre Regina qui dormait encore profondément. Elle enfouit son visage dans le cou de son amante et un fin sourire étira ses lèvres quand son nez fut chatouillé par quelques mèches ébènes. Elle resta ainsi quelques instants à profiter de l'odeur familière de sa petite amie, jusqu'à ce que celle-ci ne remue, commençant vraisemblablement à se réveiller. Elle ouvrit ses yeux encore brumeux de sommeil et sourit quand ils se posèrent sur la blonde qui l'observait.

- Bonjour toi, dit-elle d'une voix rauque.

En guise de réponse, la vampire s'approcha d'elle et scella leurs lèvres en un tendre baiser. Elles se séparèrent après un court instant et Emma plongea ses deux émeraudes dans les charbons qui lui faisaient face.

- Tu as bien dormi ?

- Oui, pour le peu que j'ai dormi, railla la brune.

- Comme si ça te déplaisait.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, et tu sais parfaitement que j'ai adoré.

- Je pense que le mot adorer est faible aux vues des cris que tu as poussé toute la nuit, la taquina Emma avant de venir l'embrasser à nouveau.

- Quelle heure est-il ? demanda la louve après un moment de silence.

Sa petite amie, par réflexe, chercha à tâtons son portable sur la table de chevet avant de se rappeler qu'elle ne l'avait pas. Elles avaient pris leurs précautions et pour minimiser les risques d'être retrouvées, elles avaient laissé leurs téléphones chez elles. La blonde se rabattit donc sur le réveil avant de se tourner à nouveau face à Regina.

- Un peu plus de neuf heures.

- En effet, la nuit a été courte.

- Tu veux encore dormir ?

- Il ne vaut mieux pas qu'on reste trop longtemps au même endroit, tu l'as dit toi-même.

- C'est vrai.

Sur ce, la blonde embrassa une dernière fois sa petite amie avant de quitter le lit sans même prendre la peine de couvrir son corps nu. La louve ne se gêna pas pour laisser son regard s'égarer sur les formes de la vampire tandis qu'elle s'étirait comme un chat, maintenant debout. Emma tourna la tête et la regarda par-dessus son épaule avec un sourire espiègle.

- Je t'attends dans la douche.

Il n'en fallut pas plus à Regina pour qu'elle saute du lit et rejoigne la salle de bain où venait de disparaître sa blonde.

Une fois qu'elles furent lavées et enroulées dans des serviettes après une douche plus longue que nécessaire, elles commandèrent de quoi manger. En attendant leur petit-déjeuner elles rattroupèrent le peu d'affaires qu'elles avaient et mirent tout dans leur unique sac. Le repas fut rapide et elles quittèrent l'hôtel après avoir réglé ce qu'elles devaient.

Elles venaient juste de sortir quand elles prirent le temps de se concerter.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Regina.

- Qu'est-ce que tu dirais de visiter New York ?

- J'adorerais, mais c'est sûrement dans ce genre de ville qu'on va nous chercher en premier, tu ne crois pas ?

- Tu n'as pas tort, admit la blonde. Tu as une idée alors ?

La lycanthrope prit un court temps de réflexion, les sourcils froncés, avant de prendre à nouveau la parole.

- Le mieux serait qu'on quitte le pays.

A ces mots, Emma ouvrit de grands yeux.

- C'est pas un peu excessif quand même ?

- C'est le meilleur moyen de semer nos parents.

- C'est vrai, mais on peut déjà oublier tout ce qui est hors du continent, on n'a pas nos passeports.

- On pourrait aller au Canada.

- Pourquoi le Canada ? s'étonna la vampire.

- C'est le pays le plus proche. En plus j'ai toujours rêvé d'aller au Québec, s'enthousiasma la brune.

- Tu oublies qu'ils parlent français là-bas.

- Tu oublies que ça fait plusieurs années qu'on suit des cours de français.

- Ne compte pas sur moi pour parler, tu as bien vu quelle élève brillante je suis.

- Ne t'en fais pas, je ne comptais pas sur toi mais plutôt sur moi.

- Toujours aussi modeste à ce que je vois, plaisanta la blonde, amusée.

- Je suis seulement consciente de mes capacités. Après tout, j'ai toujours été une des meilleures élèves en français.

- C'est vrai qu'il n'y a que Belle qui a réussi à te surpasser, et le fait que tu lui tiennes tête est une preuve qu'on peut compter sur toi.

- Va pour le Canada alors ? demanda Regina en adoptant l'air le plus attendrissant possible.

- Pas besoin de faire cette tête-là, tu sais bien que pour moi tes désirs sont des ordres.

La louve la remercia par un grand sourire suivi d'un baiser qui, bien que fugace, ne sembla pas être du goût de tout le monde. Si la plupart des gens passèrent sans y faire attention, apparemment nullement dérangés par cette marque d'affection, ce ne fut pas le cas d'un vieil homme qui les dévisagea avec un air dégoûté avant de marmonner quelque chose.

- Qu'est-ce que vous dites ? l'apostropha Regina à qui son attitude n'avait pas échappée.

L'inconnu sembla étonné qu'elle s'adresse à lui.

- Vous avez quelque chose à nous dire ? insista la brune.

- Vous pourriez faire ça ailleurs.

- Ce n'est pas ce que vous dites à ce couple qui s'embrasse là-bas, dit-elle en désignant un homme et une femme un peu plus loin.

- Parce qu'ils sont normaux.

- Donc nous ne le sommes pas ?

- Regina, laisse tomber, tenta de la calmer sa petite amie.

- Les gens comme vous sont contre nature, vous devriez vous faire soigner.

- Et vous, vous devriez vous faire enterrer.

Le vieil homme adopta un air outré à cette remarque, et certains passants dévisagèrent Regina d'un air réprobateur, mais aucun n'intervint.

- Vous n'êtes plus de cette époque. Mettez-vous à la page ou gardez vos opinions pour vous. Vous êtes un déchet de la société qui n'a plus la moindre utilité, et plus tôt vous rendrez l'âme, mieux ce pays se portera.

Sur ce, la louve prit Emma par la main et s'éloigna d'un pas colérique. La blonde se laissa entraîner quelques instants, puis elle stoppa sa petite amie quand elles furent suffisamment éloignées.

- Regina, ça va ?

L'intéressée garda le regard baissé, et alors la vampire comprit que sa question était inutile quand elle vit ses yeux brillants de larmes.

- Non je t'en prie… Ne te mets pas dans des états pareils, pas pour ce vieux con.

Elle voulut prendre la brune dans ses bras, mais celle-ci se déroba vivement et cria presque en prenant la parole.

- Ça ne te révolte pas toi ?!

- Bien sûr que si.

- Alors pourquoi tu n'as pas réagi ?!

- Ce n'est pas la mentalité de cette génération que tu pourras changer ! commença à s'énerver la blonde. Ils sont nés dans un monde où l'homosexualité était considérée comme un crime ou une maladie mentale.

Regina sembla soudain se calmer et la vampire fut alors soulagée.

- Je suis d'accord avec toi bien sûr, personne ne devrait penser de cette façon ou avoir de telles paroles. Mais le fait est que ces gens-là existent, ils sont plus ou moins radicaux mais ils existent. Et on va devoir apprendre à vivre avec malheureusement, ajouta-t-elle après une courte pause.

La lycanthrope resta immobile tandis qu'une larme coulait lentement sur sa joue.

- C'est juste que…

Elle tenta de continuer, mais sa voix se brisa en un sanglot et elle fondit en larmes. Immédiatement, Emma la prit délicatement dans ses bras et la serra contre elle.

- J'entends ce genre de discours dans la bouche de ma mère, alors… A chaque fois que j'entends ça… Ça me rappelle que c'est ce que ma propre mère pense de moi, parvint difficilement à dire la brune.

- Je sais Regina, je sais.

La louve se blottit contre elle et la serra dans ses bras jusqu'à l'étouffer, incapable de calmer les soubresauts qui agitaient ses épaules. Emma sentit son cœur se serrer en voyant dans quel état cette simple altercation avait mis sa petite amie. Regina lui avait confié ce que lui avait dit sa mère – en omettant les coups qu'elle avait reçus – et elle n'imaginait que trop bien la souffrance que cela avait dû faire naître chez elle. Cora avait toujours été dure, voire même cruelle avec sa fille, mais malgré tout la louve restait attachée à sa mère. N'importe qui aurait trouvé cela aberrant, mais Regina ressentait une certaine forme d'amour pour sa mère, et les paroles de cette dernière n'en avaient été que plus blessantes.

Quand elle fut finalement calmée, les deux jeunes filles appelèrent un taxi qui les conduisit vers l'extérieur de la ville où elles firent du stop. Elles n'eurent pas à attendre longtemps avant qu'une voiture ne s'arrête, occupée par un couple d'une quarantaine d'années qui proposa de les emmener jusqu'à Montgomery, dans le Vermont. A peine quelques minutes après que les deux jeunes filles ne se soient installées, Regina dormait déjà, la tête posée sur l'épaule de sa petite amie.

- SwanQueen -

Quelques heures plus tard, Emma et Regina traversaient la frontière américano canadienne et arrivaient au Québec. Elles voulaient atteindre Montréal le soir-même et elles ne perdirent donc pas de temps avant de rejoindre une route. Malheureusement, il semblait que de ce côté-ci la circulation soit beaucoup moins denses. Néanmoins, la route forestière qu'elles avaient choisie n'y était peut-être pas pour rien…

Après une longue attente, une voiture fit enfin son apparition à un bout de la route. Le véhicule s'arrêta à leur niveau et ce fut une jeune femme qui ouvrit sa fenêtre pour s'adresser à elles.

- Bonjour, mes amies ! Où est-ce que vous allez dont comme ça ?

L'accent à couper au couteau de la conductrice laissa Regina interdite. On était bien loin des enregistrements audio qu'elle avait l'habitude d'entendre en cours et où l'accent était français et non pas québécois. La brune tenta de trouver du soutien auprès de sa petite amie, mais cette dernière faisait de son mieux pour ne pas éclater de rire, et elle comprit alors qu'elle ne lui saurait d'aucun secours. Elle prit donc son courage à deux mains et répondit.

- Nous voudrions aller à Montréal.

- Vous êtes américaines vous autres, non ? demanda l'inconnue en entendant son accent.

Cette fois un rire échappa à Emma, mais elle le contint rapidement en voyant le regard noir que lui lançait la louve, qui reprit le plus naturellement possible.

- Oui, nous sommes venues faire du tourisme.

- Vous avez bien fait, c't'un beau pays le Québec !

- Pour sûr ! Est-ce que vous pourriez nous emmener alors ?

- J'vais pas à Montréal, j'suis pas d'la ville moi.

En entendant cela, Regina espéra que son accent était dû au fait qu'elle vivait sans doute à la campagne, car elle avait beaucoup de mal à comprendre ce que la femme lui disait et mettait du temps à lui répondre.

- Mais je peux vous emmener jusqu'à Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est sur le chemin, reprit la conductrice.

- Ça ne vous dérange pas ?

- Mais non puisque je propose ! Montez dont !

- Merci, sourit Regina.

- Bienvenue.

Cette fois ce fut un sourire gêné qu'afficha la brune avant de monter à l'avant tandis qu'Emma s'asseyait derrière. Que venait faire ce bienvenue au milieu de la conversation ?

Alors que la voiture avait démarré depuis quelques minutes, la conductrice prit la parole.

- J'me suis même pas présentée. Je m'appelle Lynda. Et vous autres, comment vous vous appelez ?

La blonde qui était installée à l'arrière eut toutes les peines du monde à ne pas rire. Elle ne comprenait pas tout ce que la dénommée Lynda disait, mais son accent suffisait à la mettre dans tous ses états.

- Je m'appelle Regina, et voici Emma, répondit la brune avant de lancer un regard réprobateur à sa petite amie, laquelle répondit par un haussement d'épaules.

- T'es-tu sûre que ta blonde va bien derrière ?

Cette fois Emma ne put pas se retenir. Elle éclata de rire et de grosses larmes coulèrent sur ses joues, signe qu'elle se retenait depuis bien trop longtemps. Mais alors que Regina s'apprêtait à répondre, la blonde s'en chargea elle-même dans un français approximatif.

- C'est parce que tu parles bizarre. Ton accent est super drôle.

- Emma ! Tu sais bien qu'on ne tutoie pas les inconnus, la réprimanda la brune dans sa langue maternelle.

- Pas de problème, ici on se tutoie souvent.

- Vous comprenez l'anglais ? s'étonna Regina qui avait repris en français.

- Un peu, mais je parle très mal. Et tu peux me tutoyer, ça ne me dérange pas.

- Comme tu voudras.

- Vous venez d'où dont ?

La vampire gloussa bêtement, mais la Québécoise, qui semblait être quelqu'un de très sympathique, ne releva pas et se contenta de sourire.

- On habite dans une petite ville qui s'appelle Storybrooke, répondit la lycanthrope.

- C'est dans quel état ?

- Le Maine, mais je ne pense pas que tu connaisses, c'est vraiment tout petit.

- Alors je m'y plairais sûrement. J'ai toujours préféré les petits endroits perdus et tranquilles.

- Où est-ce que tu vis ?

- A Trois-Rivières.

- Trois-Rivières ? répéta la brune.

- C't'une petite ville au bord du fleuve Saint-Laurent. Vous devriez venir visiter un jour.

- On ira si on a le temps, se contenta de répondre l'adolescente.

Lynda, qui était très loquace, parla tout au long du voyage, si bien qu'elles ne virent pas le temps passer. Elle leur expliqua qu'elle avait pris quelques jours de congés pour rendre visite à sa famille et qu'elle allait passer la nuit chez une de ses tantes qui vivait à Saint-Jean-sur-Richelieu, raison pour laquelle elle s'y rendait.

Après une quarantaine de minutes de route, elles arrivèrent à destination. Lynda leur indiqua où se trouvait la gare de bus depuis laquelle elles pourraient rejoindre Montréal. Elle leur souhaita bon voyage puis leur dit au revoir, et alors Regina fut étonnée de voir qu'elle semblait émue. Elle avait toujours entendu dire que les Québécois étaient des gens très accueillants et chaleureux, mais jamais elle n'aurait imaginé que c'était à ce point-là et qu'ils s'attachaient aussi facilement. Décidément, ce pays semblait bien loin de leurs propres habitudes de vie, et la brune se surprit à penser que vivre ici définitivement ne lui déplairait sans doute pas.

- SwanQueen -

Il leur avait fallu encore marcher pour atteindre la gare, et elles avaient ensuite dû faire un trajet en bus d'un peu plus d'une heure, mais finalement elles étaient arrivés à destination : Montréal. Comme à leur arrivée à Boston, elles furent émerveillées de découvrir une nouvelle ville qu'elles ne connaissaient pas. Elles trouvèrent rapidement un hôtel, un petit établissement qui était bien loin de ce qu'elle avait connu la nuit précédente, mais qui était beaucoup plus convivial.

Elles passèrent la fin de l'après-midi à visiter la ville et une fois l'heure du dîner arrivée, elles choisirent un restaurant dont la vitrine affichait un drapeau aux couleurs de l'arc-en-ciel. Sans s'en apercevoir, en se baladant au hasard dans les rues, elles avaient fini par atterrir dans le quartier gay de la ville. L'endroit n'était pas forcément accueillant au premier abord, mais le restaurant où elles étaient recevait une clientèle d'habitués qui eurent tôt fait d'engager la conversation, sympathiques et sociables comme semblaient l'être tous les Québécois.

Leur repas terminé, les deux jeunes filles quittèrent les lieux main dans la main. Elles parcoururent les rues, se guidant grâce à un plan que l'un des clients leur avait dessiné à la va-vite, leur assurant qu'elles ne regretteraient pas de suivre cet itinéraire. Après une dizaine de minutes de marche, elles arrivèrent au pied d'un immeuble sur la façade duquel elles reconnurent le panneau publicitaire dont leur avait parlé l'homme. Elles entrèrent et montèrent jusqu'à arriver à une échelle supposée les mener au toit.

Emma fut la première à émerger à l'air libre, et elle aida Regina à en faire autant. Quand elles furent toutes les deux sur le toit, elles se tournèrent comme un seul homme, et alors elles eurent le souffle coupé. Celui qui leur avait conseillé de venir à cet endroit ne leur avait pas menti. Le spectacle était tout simplement splendide.

Les lumières de la ville s'étendaient sous leurs yeux dans la nuit qui avait maintenant pris ses aises pour les heures à venir.

Les deux jeunes filles restèrent silencieuses un long moment, se contentant d'admirer le paysage urbain qui s'offrait à elles, jusqu'à ce que Regina prenne la parole.

- C'est magnifique, murmura-t-elle comme si le moindre bruit risquait de mettre fin au spectacle.

- Il avait beau avoir l'air louche, on a bien fait de l'écouter, dit Emma en chuchotant.

Alors qu'elle venait de parler, une musique s'éleva dans la nuit. Il devait probablement y avoir un bar au pied de l'immeuble, et les enceintes diffusaient jusque-là. Un sourire éclaira les traits de la blonde quand elle reconnut la chanson qui passait, et en se tournant vers sa petite amie, elle vit que celle-ci la regardait déjà.

La lycanthrope et la vampire se fixèrent avec intensité, chacune se noyant dans le regard de l'autre tandis que les premières paroles se faisaient entendre.

Far away
This ship has taken me far away
Far away from the memories
Of the people who care if I live or die

Elles se rapprochèrent l'une de l'autre en se prenant les mains.

- Tu te souviens ? souffla Emma.

- Comment oublier…

Elles n'eurent pas besoin de mots et comme si elles avaient inlassablement répété cette chorégraphie, elles se prirent dans les bras l'une de l'autre, et comme quelques mois auparavant, à l'anniversaire de Ruby, elles commencèrent à danser. C'était plus lent, moins euphorique que la première fois, mais ça n'en était pas moins fort. Elles avaient toutes les deux le sentiment de revivre cet instant magique qui avait tout fait basculer, ce soir où leurs cœurs avaient semblé leur hurler l'évidence : elles étaient faites pour être ensemble.

Hold you in my arms
I just wanted to hold
You in my arms

Pas un seul instant elles ne se séparèrent, et quand la dernière note raisonna, rapidement suivie par une autre chanson, elles restèrent enlacées. C'était un instant hors du temps comme on en connaît rarement, exactement le moment de paix et de calme dont elles avaient besoin.

Leurs respirations se synchronisèrent et il sembla à Regina qu'elle entendait le cœur de celle qu'elle aimait battre à l'unisson avec le sien.

Après un long moment à rester ainsi, Emma se sépara juste assez de la louve pour plonger ses yeux verts dans les siens.

- Si tu savais comme je t'en aurais voulu de n'être jamais venue t'asseoir à côté de moi dans le bus ce jour-là.

Regina comprit immédiatement qu'elle faisait référence au jour de la rentrée où, le bus étant complet et la dernière place libre se trouvant à côté de la blonde, elle avait dû s'asseoir à côté d'elle.

- Tu n'aurais sans doute jamais su ce qu'on aurait pu vivre ensemble.

- Je t'en aurais voulu de n'être jamais venue combler le vide dans mon cœur, s'entêta la vampire.

A ces mots, la brune sourit, sincèrement touchée.

Le silence s'étendit en longueur tandis que chacune gardait son regard ancré à celui de l'autre, et ce fut finalement Regina qui parla.

- Tu m'as agacée dès la première seconde.

- Je t'ai trouvée détestable dès les premières paroles.

- Tu as su me montrer qu'il n'y avait pas que ça en toi.

- Tu m'as montré ce que tu cachais au plus profond de toi.

- Je t'aime Emma.

- Je t'aime Regina.

Sur ces paroles, elles s'embrassèrent avec une tendresse dont elles avaient rarement fait preuve.

Comme une promesse.

Une façon de sceller leur amour à tout jamais.

Une façon de le rendre éternel.

- SwanQueen -

Elles quittèrent l'hôtel tôt dans la matinée le lendemain. Le soir-même, la Lune serait pleine, et elles avaient donc décidé de dormir à la belle étoile, dans un endroit éloigné de toute habitation où Regina pourrait se transformer sans craindre de blesser quelqu'un ou d'être vue. Elles passèrent dans un magasin spécialisé où elles achetèrent une tente et de quoi camper, puis elles allèrent prendre un bus qui devait les mener dans une ville plus petite. De là, elles partirent au hasard, cherchant simplement à s'éloigner autant que possible de toute forme de civilisation. Elles marchèrent toute la journée, profitant pleinement du temps qui devenait lentement mais sûrement plus doux à mesure que le printemps faisait son arrivée. Finalement, en fin d'après-midi, elles s'installèrent en pleine forêt, dans un endroit où elles seraient certaines de ne croiser personne.

Elles venaient juste de finir de monter leur tente et Emma installait une casserole remplie d'eau sur le camping-gaz pour préparer des pâtes. Une fois que ce fut fait, elle vint s'asseoir à côté de Regina et passa un bras autour de ses épaules qu'elle remarqua légèrement plus larges que d'habitude. Voyant son air interloqué, la brune s'expliqua.

- La majeure partie de la transformation se fait quand la Lune se lève, mais elle commence dans les heures qui précèdent la tombée de la nuit.

La blonde se contenta d'acquiescer et ne posa pas plus de questions.

Après quelques minutes de silence où elles profitèrent de se retrouver toutes les deux seules, la louve commença à parler.

- Je partirai dès qu'on aura fini de manger.

- Partir ? répéta Emma sans comprendre.

- Je ne vais pas rester avec toi cette nuit, dit la brune sur le ton de l'évidence.

- Pourquoi pas ?

La lycanthrope afficha un air surpris avant de répondre.

- Eh bien… Après ce qui s'est passé la dernière fois, je pensais que tu ne voudrais pas.

- A ce que je sache tu ne t'en es pas prise à moi.

- Mais j'aurais pu.

- Non. Je sais que tu ne l'aurais pas fait. Tout ce serait bien passé si Killian n'avait pas été là, je sais que tu as dérapé parce que tu as senti que j'étais en danger.

- Quand bien même, je ne garde pas encore toute ma conscience quand je suis transformée, je pourrais te faire du mal.

- Je saurai me défendre.

- Un vampire pourrait, mais toi tu ne l'es qu'à moitié.

- Ecoute, commença la blonde sur un ton exaspéré. De toute façon si tu t'en vas je te traquerai toute la nuit jusqu'à ce que je te retrouve.

- Tu ne me retrouverais pas.

- Justement, je ferais une nuit blanche pour rien.

Un air réprobateur se peignit sur les traits de la brune.

- La dernière fois Killian est venu tout gâcher, alors cette fois je voudrais te voir sous ta forme de loup.

Regina la fixa un moment d'un air sévère, mais la blonde sut qu'elle avait gagné en voyant ses épaules se relâcher.

- Très bien.

Un grand sourire étira les lèvres de la vampire, mais son enthousiasme fut de courte durée quand sa petite amie reprit.

- Mais si tu vois que je m'enfuis ne me suis pas. Je partirai si je sens que je perds le contrôle, donc tu ne devras pas me suivre. D'accord ?

- Oui chef ! s'exclama Emma en positionnant sa main au niveau de sa tête en un salut militaire hasardeux.

La louve se contenta de rire de ses pitreries et l'embrassa brièvement avant de prendre le paquet de pâtes pour les verser dans l'eau maintenant bouillante.

Quand elles terminèrent leur repas, le crépuscule était là. Alors qu'Emma rangeait la vaisselle qu'elles venaient de laver, Regina retira sa polaire puis son tee-shirt. La voyant faire, sa petite amie s'approcha d'elle et entoura sa taille de ses bras avant de déposer une myriade de baisers sur ses épaules.

- Si seulement je pouvais être là pour toutes tes transformations.

- Tu sais ce qu'on dit, commença la brune. Ce qui est rare est toujours plus apprécié, dit-elle avec un sourire en coin.

Elle se dégagea délicatement de la prise de la vampire et retira ses chaussures et son pantalon. Si les températures devenaient plus clémentes en journée, les nuits restaient froides, et ici plus encore qu'à Storybrooke. Pourtant, la lycanthrope ne frémit pas un seul instant, à croire qu'elle ne ressentait pas le froid nocturne.

- Pourquoi tu te déshabilles au juste ? questionna Emma, intriguée.

- Parce que sinon mes vêtements finiraient en lambeaux à chaque fois.

A ces mots, la blonde ouvrit de grands yeux. Puis, tandis que la réflexion semblait faire son chemin dans son esprit, un sourire espiègle étira ses lèvres.

- J'ai hâte d'être à demain matin.

- Passons déjà la nuit et on verra, répliqua la brune.

Sur ce, elle s'éloigna et prit la direction de la forêt qui entourait la clairière où elles bivouaquaient.

- Où est-ce que tu vas ? s'étonna Emma.

- La transformation n'est pas belle à voir.

- Je t'ai déjà vue te transformer.

- Rappelle-toi que tu n'as pas vu le processus en entier. Je t'assure que la fin est sans doute la partie la pire. C'est mieux que tu m'attendes ici, je viendrai te chercher dès que ce sera fini.

- Bon, comme tu voudras, abdiqua la blonde à contrecœur.

Regina reprit sa route, et en quelques secondes, elle disparut dans les fourrés.

Pour s'occuper, la vampire prépara leur tente en y installant leurs sacs de couchage – bien qu'elle sache cela inutile – puis elle rangea le campement et prit soin de ne pas laisser de nourriture traîner. Une fois qu'elle n'eut plus rien à faire, elle enfila un pull supplémentaire pour palier à la température qui continuait à chuter, puis elle alla s'installer au pied d'un arbre. Elle attendit, et le temps passant, elle commença à piquer du nez pour finalement s'assoupir.

Elle fut réveillée en sursaut sans savoir depuis combien de temps elle dormait, non pas par un bruit, mais par un contact sur sa joue. Elle fit volte-face et s'éloigna vivement avant de distinguer dans l'obscurité un animal à quatre pattes qui se tenait devant elle. Dès qu'elle reconnut le pelage ébène et les yeux sombres qui lui faisaient face, elle fut rassurée.

Ici, dans la clairière éclairée par la lumière de la pleine Lune, Regina était encore plus belle que lors des autres occasions qu'elle avait eues de la voir transformée. La louve s'approcha à nouveau d'elle et la bouscula légèrement du museau comme elle l'avait fait quelques secondes avant.

- Tu ressembles à une peluche comme ça, la taquina la blonde.

Elle reçut un grognement sourd en guise de réponse et sa petite amie dévoila partiellement sa denture.

- Quoi que… Une peluche n'aurait pas des crocs pareils je pense.

Une lueur de ce qui lui sembla être de la satisfaction passa dans le regard de la louve.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ? lança Emma.

La lycanthrope lui fit signe de la suivre et elle s'éloigna en trottinant, silencieuse comme une ombre. La blonde se mit sur ses pieds sans perdre de temps et la suivit avant de la perdre de vue. Son pelage sombre et la discrétion dont elle faisait preuve lui permettaient de passer inaperçue, et pour une fois la vampire remercia sa mère de lui avoir conféré une vision nocturne plus performante que celle des humains.

Elles marchèrent à travers la forêt pendant un long moment sans qu'Emma n'ait la moindre idée du temps qui s'était écoulé. Parfois Regina s'arrêtait pour humer l'air ou pour tendre l'oreille, percevant certains éléments de leur environnement que même la vampire ne décelait pas. Puis, elle reprenait sa route comme si de rien n'était, visiblement sereine. La blonde lui faisait entièrement confiance, et alors qu'en temps normale elle n'aurait sans doute pas été rassurée dans les bois en pleine nuit et dans un pays totalement inconnu, à cet instant elle se savait en sécurité. Avec Regina à ses côtés, qui plus est sous sa forme animale, elle n'avait rien à craindre.

La nuit était déjà bien avancée et la Lune haute quand elles parvinrent au sommet d'une corniche qui surplombait les arbres. La forêt se poursuivait à perte de vue, jusqu'à des collines qu'on apercevait au loin. Ce terrain de jeu n'avait rien à envier à celui que connaissait habituellement la lycanthrope à Stroybrooke, et Emma vit dans son regard animal une lueur nouvelle qui brillait. Elle semblait pleinement épanouie, et ainsi elle était encore plus belle qu'à l'accoutumée. Voyant que sa petite amie ne faisait pas mine de continuer sa route, apparemment satisfaite de l'endroit qu'elles avaient atteint, la blonde alla s'asseoir vers le bord de la corniche.

Regina, la voyant faire, s'approcha d'elle et vint se poster à ses côtés. Emma se tourna vers elle et la regarda, un léger sourire aux lèvres, puis elle passa un bras autour de son cou. Elle sursauta légèrement quand la louve bascula la tête à l'arrière et poussa un long hurlement.

Le cri était harmonieux, mélodieux, apaisant.

Emma avait déjà eu l'occasion d'entendre le hurlement des loups dans des films ou des documentaires, mais c'était la toute première fois qu'elle l'entendait de ses propres oreilles.

Elle fut à nouveau surprise en entendant au loin, dans la nuit qui s'était faite moins lumineuse maintenant que des nuages cachaient la Lune, une réponse. Un autre loup se trouvait là, à quelques kilomètres ou à quelques mètres, elle n'aurait su le dire. La blonde se demanda brièvement si c'était un loup ordinaire ou un lycanthrope. Le cri s'éleva une nouvelle fois, provenant apparemment de la partie de la forêt qui se trouvait en contrebas. A son tour, Regina répondit à cet appel et plusieurs hurlements furent échangés. A chaque fois, Emma sentait la cage thoracique de sa petite amie vibrer, et alors elle resserra sa prise sur elle, profitant pleinement de l'instant.

Elles étaient libres, ensemble, enfin réunies et en parfaite harmonie dans ce moment unique et exceptionnel.

Après quelques minutes d'échanges, les cris cessèrent, laissant le calme retomber sur ce havre de paix qui était le leur.

Un vent froid se leva, faisant bruisser les feuilles des arbres et déclenchant un frisson chez la blonde. Voyant cela, la louve s'empressa de se rapprocher d'elle. Elle se coucha et l'entoura de son corps pour lui tenir chaud tout en posant sa tête sur ses genoux. La vampire sourit à cette vision. La lycanthrope avait l'air d'un chien qui réclamait des caresses, et alors elle ne se fit pas prier pour lui en donner tout en admirant le paysage qui se déroulait sous ses yeux.

Elles restèrent ainsi encore un long moment avant de finalement se remettre en route. Emma se laissa guider, suivant sa petite amie à la trace. Elles parcoururent à nouveau la forêt, découvrant de nouveaux endroits, de nouvelles clairières, un ruisseau où elles se désaltérèrent. Elles allaient au gré de leurs envies, n'ayant besoin que de l'autre pour se sentir pleinement comblées.

Quand finalement, le ciel commença à s'éclaircir petit à petit, Regina reprit la direction de leur campement. Emma la remercia d'être avec elle, car seule elle aurait été incapable de retrouver le chemin après avoir marché des heures sans chercher à se repérer.

Le soleil était sur le point de se lever et la Lune n'était plus qu'un vague mirage dans le ciel. La louve s'approcha alors de sa compagne et celle-ci s'accroupit face à elle. L'animal vint se blottir contre elle, tout à coup incroyablement calme alors que quelques minutes auparavant elle était encore pleine d'énergie et semblait agitée. Comprenant que la transformation était proche, Emma s'assit à même le sol.

- Tu peux y aller, dit-elle.

Mais alors, à sa grande surprise, la louve se coucha près d'elle et lui fit signe d'approcher. La blonde hésita un instant avant de finalement s'exécuter. Elle vint se coucher auprès de sa petite amie et blottit avec plaisir sa tête dans son épais et doux pelage ébène. Une fois sa propre tête bien calée, elle vint caresser celle de l'animal comme elle aurait caressé ses cheveux si elle avait été sous sa forme humaine. Regina ferma les yeux, appréciant visiblement cette attention, et si elle avait été un chat elle aurait sans doute ronronné à cet instant.

- Tu vois, commença la vampire. Tu es restée consciente toute la nuit finalement. Tu n'avais pas à avoir peur.

La lycanthrope répondit par ce qui semblait être un hochement de tête, puis elle laissa sa tête reposer au sol, entre ses deux pattes.

- Je savais que tu y arriverais, lui murmura la blonde d'une voix tendre. C'était merveilleux, merci.

La louve blottit tendrement son museau contre sa joue et alors elles se serrèrent davantage l'une contre l'autre.

Se sentant bien comme elle ne l'avait encore jamais été, Emma sombra lentement dans le sommeil en continuant à câliner sa petite amie, sans se soucier de dormir à même le sol, sans doute loin de leur campement, et Regina ne tarda pas à la rejoindre.

- SwanQueen -

Emma fut réveillée à peine quelques heures plus tard par le soleil qui filtrait entre les branches et venait de se poser sur son visage. Elle fronça les sourcils puis papillonna pour s'habituer à la luminosité. Les yeux encore embués de sommeil, elle remua délicatement pour ne pas réveiller sa petite amie. Quand elle fut redressée sur ses coudes et qu'elle posa le regard sur cette dernière, elle resta bouche bée. Regina lui avait dit qu'elle serait nue à son réveil, mais cette information lui avait échappé, et en s'endormant elle n'avait pas pensé au fait qu'elle trouverait en ouvrant les yeux une brune qui avait repris forme humaine.

Néanmoins, elle ne pouvait pas vraiment dire que la vision lui déplaisait. Elle avait déjà vu Regina nue, mais jamais à la pleine lumière du jour, et c'était presque un tout nouveau corps qu'elle découvrait. Elle laissa son regard se perdre dans la contemplation des formes qui s'offraient à elle. Les longues jambes de la brune étaient étendues et faisaient suite à des hanches rondes, sa taille fine était ici parfaitement visible, ses seins fermes gardaient une forme arrondie même sans soutien-gorge pour les rehausser et les maintenir, et même ses épaules finement sculptées étaient un appel aux pensées déplacées.

Elle ne sut pas si c'était le soleil qui commençait à chauffer l'air ou ce qu'elle avait sous les yeux qui avait cet effet sur elle, mais Emma avait soudain chaud. Elle retira donc les deux pulls qu'elle portait et se retrouva alors en débardeur. Une fois plus à l'aise, elle reporta son attention sur Regina. Celle-ci n'avait pas bougé et l'ombre d'un sourire flottait sur ses lèvres. D'humeur joueuse, la blonde décida de la réveiller à sa façon.

Elle vint étendre son corps à côté du sien, se plaçant dans son dos, et se serra contre elle. Tandis que ses lèvres commençaient à déposer de doux baisers sur son épaule, elle laissa une de ses mains glisser de sa taille à sa hanche, l'autre retirant une mèche rebelle qui barrait son beau visage. La lycanthrope frissonna et remua légèrement, signe qu'elle ne tarderait pas à se réveiller, ce qui fit sourire la blonde. Cette dernière poursuivit donc ses caresses, arrivant à la cuisse, et sa bouche atteignit elle le cou de sa petite amie, allant jusqu'à remonter derrière son oreille, un endroit qu'elle savait particulièrement sensible chez elle.

Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour que Regina se réveille. Presque instantanément, un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle aurait reconnu entre mille les attentions de sa petite amie, et surtout son odeur qu'elle aimait tant. La voyant réveillée, Emma sourit à son tour.

- Bonjour toi.

- Bonjour, répondit la brune d'une voix encore enrouée par le sommeil.

- Bien dormi pendant ce cours repos ?

- Très bien.

Sur ce, la lycanthrope se retourna dans les bras de la blonde qu'elle avait enroulés autour d'elle, et elle l'embrassa au coin des lèvres. Elle prit conscience de sa nudité à cet instant et se mit alors à rougir légèrement, mais sa petite amie s'empressa de la rassurer.

- Tu es très belle, tu n'as pas à t'en faire pour ça.

- C'est du voyeurisme ce que tu as fait, tu le sais ça, répondit la brune sur le ton de la plaisanterie, devinant qu'elle avait profité de son sommeil pour l'observer sans gêne.

- Ce n'est pas du voyeurisme si c'est à moi, et tu es à moi, n'est-ce pas ?

- Toute à toi.

Elles s'embrassèrent tendrement, toutes les deux le sourire aux lèvres.

Presque une heure plus tard, après avoir profité de l'intimité que leur offrait cette forêt apparemment déserte, elles décidèrent de se mettre en route. Emma fut étonnée de voir que sa petite amie semblait n'avoir aucun problème à trouver la direction de leur campement, et celle-ci lui expliqua que c'était une sorte de sixième sens chez les animaux, et que certaines de ses capacités animales – dont celle-là – persistaient dans les heures qui suivaient la pleine Lune.

Elles arrivèrent à leur tente rapidement et sans problème, en riant, insouciantes et dans leur bulle comme elles l'étaient depuis le début de leur escapade. Mais alors, elles furent brutalement rappelées à la réalité. En arrivant en vue de la clairière où elles s'étaient installées, elles restèrent pétrifiées en voyant quelques hommes sur place, dont un qu'elles connaissaient bien : David. C'est seulement à cet instant que Regina réalisa que le vent soufflait dans leur dos, ce qui l'avait empêchée de sentir l'odeur de ces intrus.

Le père d'Emma se tourna vers elles, comme s'il les avait entendues alors qu'elles ne bougeaient plus depuis plusieurs secondes maintenant, et alors instinctivement la blonde plaça sa petite amie derrière elle comme pour la protéger, mais surtout pour masquer son corps dont la nudité était couverte par un simple pull.

Toutes les deux, au même moment, elles sentirent le souffle leur manquer tandis que leurs cœurs rataient un battement.

Le rêve s'arrêtait là. Leur liberté et leur petit paradis venaient d'être brisés, il était temps de revenir à la réalité après ces trois jours hors du temps.

Il était temps de rentrer dans leur prison à Storybrooke.


Petit dictionnaire de québécois (par une Française qui n'y connaît pas grand chose...) :

- Les Québécois utilisent "bienvenue" pour dire "de rien". Je suppose que ça vient de l'anglais avec "you're welcome".

- Très peu de Québécois se vouvoie. Ça vient sûrement du fait qu'il n'existe que "you" en anglais, donc ils font pareil en français, mais c'est sûrement aussi parce qu'ils sont très chaleureux et amicaux.

Une fois encore, si certains d'entre vous sont Québécois ne vous vexez pas, et surtout dites-moi si je fais fausse route et que je me trompe complètement sur certains points.
Au passage, sachez que l'été dernier j'ai passé deux semaines au Québec et j'ai vraiment adoré ! Je suis tombée complètement amoureuse du pays et maintenant l'un de mes rêves serait d'aller y vivre, pour quelques mois, quelques années, ou même toute ma vie ! Donc je me répète mais ne voyez aucune moquerie dans ce chapitre, au contraire, ça me tenait à cœur de rendre hommage au Pays Bleu :)


Alors ce chapitre ? Je vous avais prévenu que les problèmes resurgiraient tôt ou tard et les rattraperaient, ce moment est arrivé... Mais avant que vous me jetiez des fruits pourris, je tiens quand même à rappeler que je vous ai promis un happy ending et que je suis quelqu'un qui tient ses promesses !

Vous avez sans doute reconnu Starlight de Muse pendant la scène où Emma et Regina sont sur le toit à Montréal. Voilà la traduction approximative des quelques paroles que j'ai citées pour ceux qui en auraient besoin :
Loin

Ce bateau m'emmène loin
Loin de mes souvenirs
Des gens qui se soucient que je vive ou meurs
[...]
Te tenir dans mes bras
Je voulais juste
Te tenir dans mes bras

Guest : Pas d'inquiétude ! Comme tu as pu le voir, Emma a finalement pardonné à Regina, alors pas de panique :)

lolo : J'ai publié beaucoup d'un chapitres d'un coup alors qu'encore récemment je n'en publiais qu'un par semaine, alors je comprends que tu puisses être un peu perdue... ^^
Je suis ravie que la vengeance de Rumple te plaise ainsi qu'à beaucoup d'autres lecteurs !
Concernant Regina, je me suis dit que quitte à être honnête, il fallait qu'elle le soit jusqu'au bout et donc qu'elle dise franchement à Emma qu'elle n'avait pas immédiatement repoussé Robin. Ça fait encore plus mal, mais au moins c'est la stricte vérité...
Sinon je suis contente d'avoir pu te convaincre avec mon petit speech à la fin du chapitre 34 ^^ Ça me tenait vraiment à cœur que vous compreniez pourquoi j'avais fait ce choix de "pardon facile".
Merci pour cette review toujours aussi développée, j'adore lire ton avis à chaque fois ! :)

Moony-Chach : Les publications devraient continuer à ce rythme pour les jours à venir puisque comme je l'ai dit au début en note j'ai terminé l'écriture de cette fic ;) Mais du coup, puisque tu pars en vacances je pense que tu pourras lire jusqu'à la fin sans interruption à ton retour.
Pour une fois que je n'ai pas fait de scénario catastrophe comme tu dis ahah :P En tout cas je suis contente que la façon dont j'ai présenté les choses te plaise !
C'est vrai ? Les latinistes peuvent frimer ? Ça tombe bien, je comptais pas arrêter ! :D Et j'en déduis que toi-même tu es ou a été latiniste ? eheh ;)
Merci pour ta review et bonnes vacances à toi !

Teaser :
Leur escapade s'arrête là, il est maintenant temps de retourner à Storybrooke. Bien vite, la pleine Lune est de nouveau là, mais cette fois Emma ne sera pas avec Regina.

Ce teaser n'est pas top mais j'ai pas réussi à faire mieux, alors désolée... De toute façon vu que je vais publier le chapitre 36 tout de suite vous n'aurez pas à attendre très longtemps pour découvrir la suite ^^

A très bientôt :)