Bonjour tout le monde !

La routine commence à s'installer et donc aujourd'hui encore ce sera deux chapitres.

J'espère que ça vous plaira !

Avant de commencer, je voulais vous parler d'une fic écrite par l'une des lectrices de "Secret de famille". C'est du SQ comme on l'aime, avec de la passion, des sacrifices, des dilemmes et une Cora déchaînée ! Je ne vous en dis pas plus pour ne rien gâcher. J'ai commencé à lire il y a quelques jours et franchement je ne suis pas déçue ! Alors si vous ne connaissez pas encore je vous conseille vivement d'aller y jeter un œil ;)
Voilà les infos nécessaires :
Fiction : "Il était une fois" (elle est dans mes favoris si vous voulez vous simplifier la tâche)
Auteur :
LadyDarkBley

Sur ce, bonne lecture :)


Regina émergea lentement d'un sommeil vide de rêves. Elle avait toutes les peines du monde à ouvrir les yeux, mais elle s'y obligea. Elle sentait qu'elle se réveillait progressivement, et bientôt ses paupières s'ouvrirent. Elle ne put les garder ainsi que quelques secondes avant de les refermer. Elle fit appel à toute sa volonté pour les ouvrir à nouveau et cette fois elle put voir un peu plus longtemps avant qu'elles ne retombent. Quand ses yeux s'ouvrirent pour la troisième fois, elle parvint enfin à les empêcher de se refermer.

Elle observa la pièce dans laquelle elle se trouvait. Une chose était sûre, elle n'était pas chez elle. Elle ne connaissait pas la pièce où elle se trouvait mais l'odeur lui était familière. Où était-elle ? Elle était allongée dans un lit spacieux pouvant accueillir deux personnes. Les murs étaient clairs, reflétant la lumière du jour qui entrait par la fenêtre décorés de rideaux blancs.

Elle ferma les yeux, cette fois volontairement, pour tenter de se souvenir des derniers événements. Elle se rappela être restée longtemps dans la forêt. Très longtemps. Puis on était venu la chercher, quelqu'un l'avait retrouvée et amenée en lieu sûr. Non, pas quelqu'un. Emma. C'était Emma qui l'avait sauvée.

Soudain tout lui revint en mémoire et elle ouvrit subitement les yeux. Emma ! Elle avait bu le sang d'un animal, elle s'était intoxiquée pour la sauver ! Où était-elle ?

Malgré sa faiblesse, elle parvint à se mettre assise. Elle jeta un rapide coup d'œil à la pièce pour constater que rien ne lui permettait de connaître l'heure. Combien de temps avait-elle dormi au juste ? Elle repoussa la couverture qui la couvrait et se mit assise au bord du lit. Alors qu'elle s'apprêtait à se lever, des pas se firent entendre de l'autre côté de la porte.

Quand David entra, il eut juste le temps de rattraper Regina en la voyant échouer dans sa tentative de se mettre sur ses pieds et tomber. La jeune fille se rattrapa à lui et étouffa une plainte. Aussitôt, le blond la souleva et passa ses bras derrière ses genoux pour la porter et l'asseoir sur le lit. La brune n'eut même pas l'air surpris par ce geste, sans doute trop concentrée sur la douleur qui venait de se manifester au niveau de sa cheville gauche.

- Tu ne dois pas te lever, ta blessure n'est pas encore complètement cicatrisée, dit le sheriff d'un ton ferme mais bienveillant.

Semblant tout à coup prendre conscience de ce qui venait de se passer, Regina sembla mal à l'aise mais le remercia d'un signe de tête pour son aide. Elle baissa les yeux sur sa cheville et constata qu'elle avait été soignée et bandée.

- Mary s'en est occupée, dit David comme pour répondre à son interrogation silencieuse. Elle a nettoyé la plaie pour être sûre qu'elle ne s'infecte pas, tu n'as pas à t'en faire. Maintenant il ne reste plus qu'à ce que ton corps fasse son travail de cicatrisation et prouve ses capacités de lycanthrope, sourit-il avec une pointe d'humour. Comment te sens-tu ?

- Ça va, encore fatiguée mais je me sens bien mieux qu'à mon arrivée ici. Où est Emma ? enchaîna rapidement la brune.

- Elle va bien, elle est tirée d'affaire ne t'inquiète pas. Elle dort pour l'instant, elle a besoin de repos, tout comme toi.

- Je peux la voir ?

David prit une mine hésitante.

- Tu dois te reposer, et elle aussi.

- S'il-vous-plaît, insista la brune avec un air suppliant.

Le blond poussa un profond soupir. Comment résister à la jeune fille et l'empêcher de voir Emma alors qu'elles avaient été séparées pendant si longtemps et avaient bien cru ne jamais réchapper de leur dernière péripétie ?

Après une ultime hésitation, il indiqua son accord d'un hochement de tête. Il aida Regina à se mettre debout et la soutint par la taille du côté de sa jambe blessée. C'est ainsi qu'ils allèrent jusqu'à la chambre d'Emma. Le sheriff prit soin de ne pas faire de bruit en entrant et il se posta à côté du lit de sa fille, la louve toujours à ses côtés. Quelqu'un ne les connaissant pas et voyant cette scène aurait pu affirmer qu'ils formaient une famille unie et sans problème, et David aurait d'ailleurs menti en prétendant ne pas avoir développé une certaine forme d'affection pour Regina.

Après quelques instants de silence, cette dernière se tourna vers lui.

- Je peux rester avec elle ?

Cette fois, le blond ne tenta même pas de négocier. A quoi bon ? Il laissa la jeune fille s'asseoir sur le lit puis quitta la pièce pour les laisser seules.

Quand le père de sa petite amie fut sorti, Regina reporta son attention sur la blonde. Emma dormait paisiblement, la respiration régulière, et mis à part son teint un peu plus pâle que d'habitude, on aurait pu croire que tout était normal et que rien de ce qui s'était passé n'avait réellement eu lieu. Sa main droite, celle avec laquelle elle avait frappé dans l'arbre, était maintenue par une attelle qui constituait la seule preuve de la survenue des derniers événements. La brune replaça avec douceur une mèche de cheveux blonds derrière l'oreille de sa propriétaire.

- Une fois de plus tu as été ma sauveuse. Qu'est-ce que je deviendrais sans toi ? dit-elle d'une voix basse mais emplie de tendresse et d'amour.

Délicatement, en prenant soin de ne pas faire trop bouger le lit pour ne pas risquer de réveiller la belle endormie, Regina s'allongea à ses côtés. Elle prit sa main valide dans la sienne et laissa ses yeux vagabonder sur les traits harmonieux de son visage, s'attardant sur ses pommettes hautes qu'elle aimait tant.

David revint un peu plus tard pour s'assurer que tout allait bien et que les deux jeunes filles n'avaient besoin de rien. Il ne fut pas surpris de les trouver toutes les deux endormies, collées l'une à l'autre et leurs doigts étroitement liés, et alors il ne put retenir un sourire attendri. Il referma la porte sans un bruit, les laissant profiter du temps qu'il leur restait à passer ensemble.

- SwanQueen -

Emma se réveilla avec l'impression de tenir quelque chose dans sa main. Elle baissa les yeux pour voir ce qu'il en était, mais rien. Elle était pourtant certaine d'avoir senti une main se glisser dans la sienne pendant qu'elle dormait. Elle déglutit et sentit alors sa gorge douloureuse, comme si elle avait une angine. Néanmoins, cette douleur n'était rien comparée à celle qu'elle ressentait à l'estomac. Elle devina que ses symptômes venaient sans doute du sang qu'elle avait bu et qui avait bien failli la tuer. Mais elle ne regrettait rien, le jeu en valait la chandelle.

En repensant à cela, la blonde se redressa dans son lit. Elle se rappelait avoir ramené Regina avec elle, mais elle n'avait pas le moindre souvenir dépassant le moment où elle était entrée avec sa petite amie dans les bras, seulement des bribes d'images floues et confuses. Elle voulut s'appuyer sur ses mains pour se mettre debout, mais alors elle grimaça. Elle porta son regard sur sa main droite qui portait une attelle. Ne s'en préoccupant pas plus longtemps, elle se servit de son autre bras.

Une fois sur ses jambes, elle se dirigea d'un pas lent vers sa salle de bain. Elle se passa un peu d'eau sur le visage puis entreprit d'aller inspecter la chambre d'amis. Elle trouva le lit défait, signe que quelqu'un y avait dormi, mais aucune trace de Regina. Elle entendit alors du bruit provenant du rez-de-chaussée. Peut-être s'y trouvait-elle ? Elle descendit lentement les marches en se tenant à la rambarde, manquant encore de forces pour aller à un rythme normal. Arrivée en bas, elle alla directement au salon d'où provenait le bruit. Sa mère l'entendit arriver avant même qu'elle soit entrée dans la pièce, et elle coupa la musique et posa son livre pour la rejoindre.

- Doucement jeune fille, dit-elle en la voyant tituber.

Elle la soutint pour l'aider à atteindre un fauteuil où elle s'assit.

- Merci maman.

- Je t'en prie. Je vais tout de suite aller te préparer quelque chose, il faut que tu reprennes des forces.

- Maman, attends.

La blonde la retint par le bras alors qu'elle s'apprêtait déjà à aller à la cuisine et la petite brune se fit plus attentive.

- Oui ?

- Il est quelle heure ?

- Bientôt dix-neuf heures.

- J'ai dormi toute la journée ?

Mary-Margaret répondit par un hochement de tête positif.

- Où est Regina ?

A cette question, l'air de sa mère s'assombrit subitement.

- Elle… Elle est retournée chez elle.

- Pourquoi ?! s'exclama la plus jeune.

- Sa mère est passée la chercher dans l'après-midi pendant que tu dormais.

Emma ne répondit rien. Qu'aurait-elle pu dire ? Sans doute Cora avait-elle voulu aller libérer Regina et ne la trouvant pas avait deviné qu'elle se trouvait chez les Swan. Elle poussa un profond soupir. Une fois encore, la mairesse avait obtenu ce qu'elle voulait.

- Où est papa ? demanda-t-elle pour tenter de faire disparaître l'air préoccupé qui avait paré le visage de sa mère.

- Au poste. Il est resté ici toute la journée pour s'occuper de vous et donc il a pris le service de ce soir que le père de Graham était censé assurer.

La blonde resta silencieuse et se contenta de hocher faiblement la tête en guise de réponse. Mary-Margaret adopta une expression désolée et attristée face à la détresse et au désespoir évident de la jeune fille. N'écoutant que son instinct maternel, elle vint s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil qu'elle occupait. Elle attira sa fille à elle et serra sa tête contre sa poitrine, juste là où battait son cœur.

- Je sais que c'est dur, Emma.

- Je suis fatiguée de me battre et de ne jamais arriver à rien. Au final, c'est toujours Cora qui l'emporte, elle finit toujours par avoir ce qu'elle veut.

- Un jour viendra où elle paiera pour les souffrances qu'elle a causées.

Emma laissa échapper un rire amer.

- Il n'y a que dans les contes de fée qu'on voit ça.

- Peut-être… Mais l'espoir est permis et tu ne dois pas abandonner, jamais. Si vous devez être ensemble alors vous finirez par l'être un jour ou l'autre, ne doute jamais de ça.

La blonde garda le silence mais elle se blottit contre sa mère en quête de réconfort, et alors cette dernière la serra plus fort contre elle et déposa un baiser tendre dans ses cheveux.

Le silence s'étendit en longueur. Aucune des deux ne parlait, elles étaient toutes les deux plongées dans leurs pensées respectives. Mais alors que Mary-Margaret cherchait un moyen de changer les idées de sa fille, Emma elle, était en pleine réflexion.

Après de longues minutes sans qu'un mot ne soit échangé, la blonde osa finalement poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- Ce n'est pas qu'une histoire de vampires et de loups garous, n'est-ce pas ?

La brunette se décala de façon à pouvoir la regarder en face. Elle avait les sourcils froncés, et alors la plus jeune en déduisit qu'elle devait préciser sa pensée.

- Si nos deux familles se haïssent autant, ce n'est pas seulement à cause de ça. Il y a autre chose, pas vrai ?

L'air de sa mère se fit plus grave et son regard se para d'un voile de ce qui semblait être de la mélancolie. Emma l'observa silencieusement, attendant de voir si elle allait se décider à parler ou si une fois encore, elle n'en saurait pas plus.

Après ce qui sembla une éternité à la jeune fille, Mary-Margaret releva ses yeux et les planta dans les siens. La couleur des iris de la mère et de la fille étaient somme toute assez semblables, si ce n'est que ceux de la plus jeune étaient plus clairs. Sans doute le bleu des yeux de son père s'était-il mêlé au vert profond de ceux de sa mère, donnant cette couleur si indéfinissable qui caractérisait son regard.

Ce simple échange de regard suffit à Emma pour comprendre que Mary-Margaret s'apprêtait à lui révéler quelque chose d'important, voire même capital. Elle se fit plus attentive, et alors la brunette prit la parole.

- C'est bien à cause de nos natures respectives que nous sommes en conflit, mais c'est plus compliqué que tu ne le penses.

Ce fut au tour de la blonde de froncer les sourcils. Plus compliqué ? Qu'entendait sa mère par là ? Malgré ses interrogations, elle ne fit aucune remarque et la laissa poursuivre, curieuse d'en apprendre davantage et avide d'informations qui lui permettrait de tirer enfin toute cette histoire au clair.

- La rivalité qui existe entre les vampires et les lycanthropes remonte à bien longtemps. Je ne pourrais même pas te dire à quel moment tout ça a commencé, je doute que qui que ce soit le sache d'ailleurs.

Voyant que le récit s'apprêtait à vraiment commencer, Emma se cala mieux dans son fauteuil, et sa mère quant à elle, alla s'asseoir sur celui qui lui faisait face.

- Est-ce que tu crois en la magie ?

Cette question prit la jeune fille au dépourvu, mais elle se contenta de répondre.

- Eh bien… Je crois en la prestidigitation, mais la magie… Disons que j'ai du mal à y croire mais que puisque toi et moi on existe alors que tout le monde pense que nous ne sommes que des légendes, je n'exclus pas totalement la possibilité que la magie existe elle aussi.

- La magie existe.

A cette déclaration prononcée d'un ton ferme et assuré, Emma ouvrit de grands yeux, et alors la brune précisa sa pensée.

- Tout du moins elle a existé. Mais ça fait bien longtemps qu'elle a disparu maintenant. Notre existence même, ainsi que celle des loups garous, est étroitement liée à elle.

La blonde resta interdite, un air perdu sur le visage.

- Je ne suis pas sûre de bien comprendre ce que tu essayes de me dire.

Les épaules de Mary-Margaret s'affaissèrent. Les explications promettaient d'être longues et fastidieuses, mais elles étaient nécessaires. Elle prit une profonde inspiration puis se redressa, prête à débuter son récit.

- Quand la magie existait encore dans notre monde, les magiciens ont connu un âge d'or qui a vu naître les deux plus puissants d'entre eux. Ils étaient jumeaux. Leur magie à tous les deux s'était manifestée spontanément, une chose très rare. Ils ont suivi l'enseignement d'un maître, mais bien vite ils l'ont dépassé, et ils ont donc poursuivi leur perfectionnement et leurs recherches par eux-mêmes. Pour eux le bien et le mal n'existaient pas, ce n'était que des notions abstraites. A leurs yeux, seule la recherche permanente d'un pouvoir magique plus grand avait de la valeur. Bien sûr, ce qui devait arriver arriva : petit à petit une rivalité s'est créée entre eux. Ils n'étaient plus motivés que par la volonté de prouver leur supériorité sur l'autre. Mais leurs pouvoirs à tous les deux étaient trop semblables, presque complémentaires. Il était impossible de dire lequel des deux était le plus puissant, et ce même lors des duels qu'ils se livraient. Alors ils ont commencé à s'en prendre aux autres magiciens. Ils les ont traqués les uns après les autres, chacun de leur côté, et ont tué tous ceux qu'ils ont pu trouver sans exception.

Emma blêmit en entendant cela, et elle avala difficilement sa salive. Mais elle n'interrompit pas sa mère qui poursuivit bien qu'elle ait noté sa réaction.

- Une fois tous les magiciens morts, ils n'avaient toujours pas pu se départager. Mais malgré le massacre dont ils étaient les auteurs, ils ont persisté dans leur folie. Ils ont cherché un autre moyen de prouver leur puissance, et ils sont finalement tombés d'accord : chacun d'eux créerait une créature de son choix, et ce sans règles fixées, et une fois qu'elles seraient prêtes, elles s'affronteraient dans un combat à mort. Celle qui en réchapperait définirait le vainqueur et celui qui serait considéré comme le plus grand magicien de tous les temps. Tu l'as sûrement compris, mais l'un créa un lycanthrope, et l'autre un vampire.

- Et alors ? Lequel des deux l'a emporté ?

- Aucun. Une fois encore leurs pouvoirs étaient trop similaires pour être départagés. Alors ils ont déclenché une véritable guerre en créant davantage de vampires et de loups garous et en les poussant inlassablement à s'affronter. Quand ils sont morts, victimes comme chacun du temps qui passe, la magie a disparu avec eux et ils ont laissé derrière eux leurs créatures. Ils les avaient dotées d'une intelligence humaine, mais les deux espèces gardaient des instincts primaires et sauvages qui les poussaient à s'entretuer. Les vampires comme les loups ont survécu à travers les âges, semant la terreur parmi les humains. Mais le temps passant, chaque groupe a été petit à petit affaibli, et ils se sont aperçus qu'à mesure que les humains se développaient et devenaient plus ingénieux, la peur qu'ils leur inspiraient s'amenuisait. La chasse aux créatures de la nuit, comme on les appelait à cette époque, a été lancée et ils ont été lentement mais sûrement décimés. Chaque espèce a alors compris qu'ils devaient cesser leurs propres affrontements s'ils voulaient survivre. Les combats ont pris fin et ils ont fait en sorte de se faire oublier, si bien qu'avec le temps, les humains ont fini par croire que les lycanthropes et les vampires n'existaient que dans les légendes.

Mary-Margaret marqua une courte pause avant de reprendre.

- Aujourd'hui, une sorte d'accord silencieux a été passée. Même si nous restons des rivaux par instinct, nous faisons en sorte de nous fondre parmi les humains de façon à préserver nos deux espèces. Nous nous tolérons les uns les autres pour survivre.

Le silence s'installa. Emma tenait tant bien que mal d'assimiler toutes les informations que venaient de lui livrer sa mère. Si elle avait soupçonné une telle histoire…

Une fois qu'elle eut les idées plus claires, elle se redressa et entreprit d'interroger sa mère.

- Qu'est-ce que ç'a à voir avec nous tout ça ?

- La majorité se fait à vingt ans chez les vampires et les loups garous. La tradition veut que quand les jeunes atteignent cet âge, on leur raconte l'histoire de nos deux espèces. Mais de plus en plus souvent, les aînés ne le font pas pour tenter d'apaiser les tensions et de mettre définitivement fin au conflit qui persiste malgré la trêve. La plupart du temps, ce sont les familles de sangs purs qui continuent à respecter cette tradition. Regina ne sait probablement pas tout ça parce qu'elle n'a pas encore vingt ans, mais j'imagine que sa mère compte lui en parler une fois qu'elle sera majeure.

- Ça ne m'explique pas en quoi vous vous détestez tant Cora et toi, fit remarquer la blonde.

La brune sembla hésiter à poursuivre et se tordit les mains nerveusement. De toute façon il était trop tard, elle en avait déjà trop dit pour s'arrêter là. Elle devait aller au bout de son récit.

- Quand Cora était adolescente, elle a fait la rencontre de Monsieur Gold.

Emma fit mine de ne rien savoir, mais elle avait déjà une idée de ce qui allait suivre.

- C'est un hybride, son père était un vampire et sa mère une lycanthrope. Les hybrides sont détestés par beaucoup à cause de nos origines et de notre histoire. Ce croisement entre nos deux espèces est vu comme un symbole de paix et d'équilibre possible, quelque chose que nos instincts réfutent puisque nous avons été créés pour nous battre les uns contre les autres. La famille de Cora était pour la poursuite de l'affrontement contre les vampires et ils prônaient la supériorité de leur espèce. Quand ses parents ont appris qu'elle le fréquentait, même si elle n'était pas encore majeure, ils lui ont parlé de ce que je viens de te raconter. Quand elle a tout su et qu'elle a réalisé que le maintien de son espèce dépendait d'elle, elle s'est sentie investie d'une mission. Elle voulait à tout prix elle aussi prouver que les lycanthropes avaient l'ascendant sur les vampires, et pour ça, elle a préféré abandonner Rumple. Plus tard elle a épousé Henry pour donner une descendance qui maintiendrait le sang pur que lui avaient légué ses parents.

- Et toi alors dans tout ça ?

- Quelques années plus tard j'ai rencontré ton père. Mais là, l'histoire n'a pas été la même… Comme ceux de Cora, mes parents m'ont tout raconté avant que la tradition ne le permette. Mais l'amour ne se contrôle pas, tu es bien placée pour le savoir.

La blonde opina du chef et sa mère poursuivit.

- Même en connaissant toute l'histoire, je refusais d'épouser un vampire seulement parce que je devais le faire pour préserver la lignée et faire d'une certaine façon perdurer la rivalité qui existait. Ton père et moi nous avons dû nous battre pour être entendus, ça n'a pas été simple mais on a réussi. Finalement nos parents respectifs, et surtout les miens, ont accepté de nous laisser vivre notre vie comme nous l'entendions. Mais les Mills ont vite été mis au courant… Ils ont exigé d'avoir une discussion avec mes parents, ils voulaient tenter de les convaincre de m'empêcher d'épouser David.

- Je ne comprends pas… Ils avaient tout intérêt à ce que tu l'épouses, ça vous aurait en quelque sorte affaibli, non ?

- Oui, c'est vrai. Mais comme beaucoup d'autres, ils considéraient nos deux espèces comme le vestige de la magie de l'ancien monde, et même s'ils se pensaient supérieurs à nous, ils tenaient à ce que les vampires perdurent. Ils avaient peur qu'en se généralisant parmi les nouvelles générations, ce genre de choix ne mène à notre extinction à tous.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- La confrontation entre mes parents et ceux de Cora a dégénéré, dit la brune d'une voix qui peinait à sortir de sa gorge serrée. Ils se sont battus et dans l'affrontement, nos mères sont mortes. Suite à ça, mon père s'est laissé mourir de chagrin, et seul celui de Cora a survécu. La mère de David, qui était elle-même veuve, m'a recueillie et ils m'ont tous les deux aidé à faire mon deuil. Après cela, rien n'était plus pareil. Nos deux familles n'avaient jamais été proches, mais nous nous tolérions. Mais à partir de là, la situation s'est dégradée jusqu'à donner naissance à cette haine qui existe aujourd'hui. Je n'ai jamais pardonné au père de Cora, mais je savais qu'elle, elle n'y était pour rien. Mais elle… Elle n'a jamais pu faire table rase du passé. Elle me tient pour responsable de la mort de sa mère, et le fait que je t'ai donné naissance et donc que j'ai mis fin à une lignée pure n'a fait qu'aggraver la haine qu'elle a pour moi.

Mary-Margaret s'arrêta, les larmes au bord des yeux en évoquant ces souvenirs douloureux.

- Alors… C'était faux ? Ce que tu m'as dit sur mes grands-parents comme quoi ils étaient morts dans un accident de voiture, tu l'as inventé ?

La brune acquiesça, un air coupable sur le visage.

- Pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité ?

- Je ne voulais pas que tu sois mêlée à tout ça, répondit sa mère d'une petite voix. Si toute cette histoire avec Regina n'était pas arrivée tu aurais pu vivre sans te soucier de ces querelles qui ne sont pas les tiennes. Mais apparemment le destin s'acharne. Je suis désolée que tu aies à subir tout ça, Emma. Pardonne-moi.

Tandis qu'elle prononçait ces derniers mots, une larme coula sur sa joue, rapidement suivie par une autre. Aussitôt, mue par son amour pour sa mère qu'elle avait cru voir disparaître au cours des derniers mois, Emma se leva et la rejoignit. Elle s'assit près d'elle et la prit dans ses bras.

- Ne t'excuse pas, tu n'y es pour rien. Tu l'as dit toi-même, l'amour ne se contrôle pas. Celle qui est à blâmer c'est Cora, pas toi.

Un pâle sourire éclaira le visage de la brunette devant cette marque d'affection, mais ses larmes ne cessèrent pas pour autant. Sa fille se sépara d'elle et la regarda avec un sourire qui se voulait rassurant mais qu'on sentait forcé. D'un autre côté, comment aurait-elle pu sourire dans un moment pareil ?

- Je te l'ai déjà dit mais tout ce que je veux c'est ton bonheur. C'est ce que nous voulons tous les deux ton père et moi. Si tu le trouves avec Regina alors très bien, tu as notre bénédiction.

Emma resta bouche bée à cette annonce. Bien sûr, elle avait senti que ses parents n'étaient plus aussi opposés à sa relation avec la lycanthrope que lorsqu'ils venaient de la découvrir, mais entendre de la bouche de sa mère qu'ils étaient prêts à les soutenir était une toute autre chose. Sans réfléchir, elle prit à nouveau la brune dans ses bras et la serra de toutes ses forces.

- Merci, maman. Merci infiniment.

Mary-Margaret sourit et lui rendit son étreinte, heureuse de retrouver enfin chez sa fille cet amour sincère qui lui avait tant manqué.


Et là... C'est le drame ! Et oui chers amis, après mûre réflexion, j'ai décidé de trouver une explication au conflit plus poussée que "les loups garous et les vampires se font la guerre, c'est comme ça et pas autrement". Ce n'était pas prévu à la base mais c'est stitch attitude qui m'a poussée à me creuser la tête pour écrire ça.
Qu'est-ce que vous en avez pensé alors ? Est-ce que ça tombe comme un cheveux sur la soupe ? Est-ce que c'est de trop ? Ou peut-être qu'au contraire vous trouvez que ce n'est pas assez développé et que si c'était pour faire ça c'était pas la peine ? Bref, donnez-moi vos avis, ça m'intéresse !

Guest : Comme tu peux le voir Regina va bien, elle s'en est sortie, et Emma aussi ;)

lolo : Je ne développerai pas la question de savoir si oui ou non, Cora a intentionnellement entraînée Regina à cet endroit de la forêt... De même, peut-être qu'elle ment en disant qu'elle a refusé que des pièges soient posés... Elle les a peut-être elle-même posé d'ailleurs... J'aime bien garder une petite part de "mystère" sur certains points et vous laisser le soin de décider ce qui a pu se passer, donc laisse libre cours à ton imagination ;)
Comme tu as pu le voir dans ce chapitre, malheureusement Regina n'a pas pu se réfugier chez les Swan bien longtemps, Cora a eut tôt fait de venir la chercher... Donc Mary-Margaret et David n'auraient pas dit non, mais malheureusement ils n'ont pas eu leur mot à dire dans tout ça.
L'idée de faire de Cora un gentil toutou muselé est plus que tentante, je dois bien l'admettre ahah ! Mais son sort sera bien différent de ça, et si sa dignité ne sera pas directement atteinte comme ce serait le cas avec ton idée, elle va quand même prendre un sale coup...
En effet je vais faire un épilogue eheh, alors que demande le peuple ? ;)
Merci d'être présente à chaque chapitre et fidèle au poste :)

Teaser :
Regina a frôlé la mort, et pourtant rien n'a changé. Elle se tient toujours éloignée d'Emma, et cela pour la protéger. Mais cette distance entre elles suffira-t-il vraiment à écarter tout danger… ?

Ben non, elles sont pas tirées d'affaire, ce serait bien trop facile ! Mais comme je vous l'ai dit cette fic comptera 44 chapitres avec l'épilogue, donc la fin s'approche petit à petit...

A très vite :)