Chapitre 11
Je fus sorti de l'hôpital tard dans la nuit, ne laissant bien entendu pas le temps ni à Misato ni à Asuka de venir. Ce n'était pas grave.
Je me rhabilla rapidement, mon éternel chemise blanche, jean noir. Mais cette fois j'ajouta ma propre touche. Je vérifia une fois, deux fois que j'étais seul et fit apparaître un long manteau rouge foncé et la posa sur mon épaule.
Ensuite, je rangeai le reste de mes affaires dans le sac que m'avais laissé Misato la veille et sortit de l'hôpital. Une fois, les portes coulissantes passés j'enfilai la veste et passa la bandoulière de mon sac à dos sur mon épaule gauche.
J'étais seul, avec pour unique compagnie la lune. Astre que je fixai de mes yeux de la même couleur que la veste que je portais.
Un mauvais pressentiment m'enserrait les tripes, quelque chose allais se passer.
Alors que je fixais intensément la lune, j'ai vu l'espace d'un instant une lumière orangé.
Mon esprit fit le lien rapidement : l'AT Field d'un Ange.
Sans plus réfléchir, je sortis mon tel de ma poche et composa le numéro correspondant au fixe chez Misato.
Une sonnerie, silence.
Peut-être se sont t'elles endormies ?...
Seconde sonnerie, encore le silence.
Ouais, probablement.
Troisième sonnerie, j'entendis le bruit significatif qu'on avait décroché à l'autre bout.
Misato : Résidence Katsuragi/Soryû/Ikari, allo ?
Kirito : Misato ? C'est moi, Kirito.
Misato : Qu'est-ce qu'il y a ?
Kirito : J'ai un service à te demander.
Misato : Je t'écoute.
Kirito : Même si MAGI détecte un ange, même si l'ordre est donné d'envoyer les Evas, ne le fait pas.
Misato : Pourquoi ? Si Ange il y a, il est normal que la NERV réagisse.
Kirito : S'il te plaît.
Misato : Explique-toi, Kirito.
Kirito : J'ai le sentiment que ce ne sera pas un ange comme on en a l'habitude. Celui-là est pour moi.
Misato : Qu'est-ce que tu veux, bon sang ?
Kirito : Qu'il pourrait s'agir du dernier ange.
Misato : Hein ?! Pourquoi ? Il devrait y en avoir encore plusieurs non ?
Kirito : Ils ont probablement eu vent de ma présence sur Terre. Donc, ils ont décidé d'en finir.
Misato : Mais pourquoi je devrais aller contre ton père ?
Kirito : Parce que je te le demande, Misato, pas en tant que pilote, en tant qu'homme, qu'être humain. Protège Asuka pour moi, s'il te plaît.
Misato : Si tu le prends comme ça… je ferais ce que je pourrais.
Kirito : Si mon père résiste, dit lui que la demande viens de moi. Il devrait se calmer.
Misato : D'accord, d'accord…alors, hum, tu as un message à faire passer à Asuka ?
Kirito : Pas vraiment un message, un dernier service, Misato. Quand tout sera fini, dans ma chambre, dans le tiroir du bureau, j'ai laissé une cassette. J'aimerai que tu lui donne une fois que j'aurais éliminé l'Ange.
Misato : D'accord… reviens nous vivant.
Kirito : Misato… je m'en sortirai, oui, mais je ne reviendrai pas. Du moins pas directement…au revoir, Misato.
Et je raccrocha, n'ayant que trop peu le cœur à argumenter mon départ.
Encore une fois, la lueur orangée se fit voir dans le ciel nocturne.
Je poussa un soupir, tendis ma main droite en avant dans laquelle une couronne apparu.
Elle était sertie de rubis, saphir, émeraude et citrine. Un gros diamant trônait à l'avant.
Je la posa plus ou moins droite sur ma tête et poussa un nouveau soupir.
Je sauta sur le toit le plus proche et me dirigea vers un terrain vague, où je serais sûrement tranquille.
Quand j'y arriva, les sirènes alertant de l'apparition d'un Ange commencèrent à hurler. Je n'avais plus beaucoup de temps devant moi.
Je sortis l'oreillette de ma poche gauche et l'installa à mon oreille du même côté. J'appuya dessus, attendis un peu pour voir si je pouvais entendre ce qu'il se passait du côté du QG et, bien sûr, le canal lié à l'oreillette était actif.
Gendô : Où sont le lieutenant Katsuragi et les enfants ?
Aoba : Katsuragi et la deuxième enfant sont en route mais…
Gendô : Mais ?
Aoba : le lieutenant a demandé de l'attendre avant de commencer quoi que ce soit, elle aurait un message du Troisième enfant.
Gendô : Bien… alors attendons de voir ce qu'elle a à dire.
Une dizaine de minutes plus tard, je pouvais entendre Misato et Asuka entrer dans le centre des opérations.
Misato : Désolé d'avoir été si longue.
Gendô : Lieutenant, que fait la seconde enfant ici ? Elle devrait déjà se diriger vers les cages.
Misato : Justement Commandant, cela fait partie de la demande du troisième…de votre fils.
Gendô : Qu'à t-il encore demandé, cet imbécile ?
Asuka : Qu'on le laisse gérer la situation, Commandant.
Gendô : Hm…je ne crains pas suivre son raisonnement, cette fois. Aurais-tu la moindre idée de ce que mon idiot de fils as derrière la tête, Pilote Soryû ?
Asuka : Je crains que trop comprendre, Commandant Ikari. Il souhaite m'écarter du combat.
Misato : J'ajouterai que Kirito m'as dit qu'il pourrait s'agir du dernier ange.
Quand Misato eu dit ça, le visage d'Asuka s'est assombri et son regard se fit d'autant sombre.
Gendô : Je vois…Mettez moi en contact avec cet imbécile !
Je devina que c'était le moment de faire surface et tapotât deux coups sur l'oreillette. Bruit qui fit sursauter Asuka.
Mon père soupira longuement et lourdement.
Gendô : Que comptes-tu faire, Kirito ?
Kirito : Simplement faire mon boulot. Celui que j'ai depuis le début, depuis le décès de maman.
Gendô : Qu'est-ce qui te fait dire qu'il s'agit du dernier ange ?
Entre temps, j'avais invoqué l'armée des limbes stationné dans le secteur correspondant au Japon.
Kirito : Parce que je le connais.
Gendô : Qui ?
Kirito : Raziel.
Gendô : Alors cette fois, ils envoient un Archange…
Kirito : Oui, mais je suis là pour l'accueillir.
Gendô : Tu es sûr de ne pas vouloir qu'on envoie les Evas ?
Kirito : Certain. Les Evas, particulièrement l'Eva 02 ne bougera pas de sa cage.
Gendô : Encore à te préoccuper d'elle, hein…
Asuka passa du noir déprimé au rouge pivoine signe d'une gêne extrême en deux secondes.
Kirito : Oui. Ce sera ma seule requête, père.
Gendô : Bien, comme tu voudras. Toutes nos prières sont avec toi, Kirito. Ne te rate pas, sauve la Terre.
Je laissa le bruit du moment où je quitta terre, suivi par mon armée, répondre pour moi.
Misato : Il… n'est pas seul ?
Gendô : Non, Katsuragi, il ne l'est pas. Même si j'ignore de qui ou quoi il est accompagné.
Asuka : Il…est devenu Roi.
Gendô : Tu en es certaine ?!
Asuka : Oui. Sûre et certaine.
Gendô : Eh bien, nous n'avons pas de soucis à nous faire quant à sa victoire…mais prions pour qu'il ne fasse pas trop dégâts en ville.
Pendant ce temps, j'étais haut, très haut dans le ciel. Au-delà des nuages.
Kirito : Alors te voilà, Raziel.
Raziel : Eh bien, oui. Je n'ai pas d'autres choix si je veux garder ma couverture.
Kirito : Et moi je n'ai pas le choix de t'éliminer.
Raziel : C'est notre dessin à nous deux, de nous affronter.
Je croisa son regard, il était aussi déterminé que moi. Plus aucuns mots ne nous arrêteraient à présent.
Je me tourna vers l'armée, prête et elle aussi déterminé.
Il était temps.
Le destin de la Terre pesait sur mes épaules et sur le tranchant de ma lame.
Je la fis d'ailleurs apparaître dans ma main gauche et le leva au-dessus de ma tête.
Je poussa un dernier soupir puis hurla…
Kirito : A l'attaque !
Mon ultime cri se perdit rapidement au milieu des cris de mes compatriotes démons et des éclats d'acier.
Le combat dura ce qui me semblais une éternité, qui fut en réalité qu'une maigre heure. Le combat se termina dans une énième explosion, l'explosion prouvant la mort de l'Ange. En l'occurrence, de Raziel, l'Archange déchu.
Du côté du centre des opérations…
Misato : C'est… fini ?
Asuka : Oui, Misato…
Gendô : Pourquoi ce regard, jeune fille ? L'humanité est sauvée.
Asuka : Mais j'ai perdu.
Misato : Asuka…
Pendant ce temps, de mon côté.
Je renvoya mes troupes en Enfer mais je savais que je les suivrais peu après.
Mais avant…
Je descendis un peu et revint en dessous les nuages avant de me diriger vers l'appartement où j'entra par la fenêtre.
Je posa mon sac sur la table, alla prendre un papier dans ma chambre avant de revenir avec dans le salon.
J'enleva l'oreillette et la chevalière que Misato m'avais offerte avant l'arrivée d'Asuka. Puis je coupa la feuille en deux, deux messages à deux personnes qui me sont chères.
Le premier fut pour Misato, auquel je joignis l'oreillette.
Le suivant fut pour Asuka...je m'y attarda plus que l'autre, tellement de chose à dire, tellement d'aveux à faire.
J'entendais déjà le bruit des marches me prévenant de leur retour. J'ai vite terminé le message destiné à Asuka et posa ma chevalière dessus, puis je repris mon sac, le remis sur mon dos et me téléporta loin de là.
Avant de commencer ma descente aux Enfers, vers mon Royaume.
Mais pendant toute ma descente, je ne pensais qu'à une seule personne…
A
S
U
K
A
To be continue…
