Les Swan étant ce qu'ils étaient, ils n'abandonnèrent pas la mairesse. Cora avait repris forme humaine, mais elle était gravement blessée et David dut la soutenir jusqu'à l'orée de la forêt où sa femme et lui avaient laissé leur voiture en arrivant. Emma n'avait pas été si clémente, et si ça n'avait tenu qu'à elle, la rousse serait restée là où elle était et aurait dû se débrouiller seule.

Ils voulurent d'abord l'emmener à l'hôpital, mais comment expliquer de telles blessures aux médecins ? Ils ramenèrent donc Cora jusque chez elle et allèrent jusqu'à lui prodiguer les premiers soins. La mairesse, fidèle à elle-même, les chassa du manoir sans un remerciement, leur assurant qu'elle guérirait rapidement et n'avait en aucun cas besoin d'eux. Mais alors que le couple s'apprêtait à quitter la chambre où ils l'avaient installée, elle les interpela :

- Pourquoi faites-vous tout cela ?

Ils tournèrent tous les deux un visage paré d'un air interrogatif vers elle.

- Pourquoi m'avez-vous aidée et ramenée jusqu'ici ? A votre place j'aurais réagi comme votre fille.

Un sourire triste étira légèrement les traits de Mary-Margaret.

- Ça nous a paru évident de vous aider parce que nous ne sommes pas comme vous justement. Emma a réagi de cette façon parce qu'elle est encore jeune et que Regina et elles sont les plus touchées par vos agissements, mais j'espère bien que d'ici quelques années elle comprendra et agira comme nous l'avons fait si ce genre de situation se présente à nouveau à elle. Vous en revanche…

La vampire marqua une courte pause et son faible sourire mourut quand elle planta ses yeux dans ceux de sa vieille ennemie.

- Vous ne pourrez jamais comprendre. J'espérais sincèrement qu'il soit encore possible de vous raisonner, mais j'ai fini par me rendre à l'évidence : il n'y a plus d'espoir pour vous, on ne pourra plus vous changer.

Cora serra les dents mais ne répliqua pas, et c'est sur ces mots que les Swan quittèrent la pièce et rejoignirent Emma qui les attendait dans la voiture

La jeune fille fulminait, et elle ne se priva pas de dire à ses parents sa façon de penser, ce qui donna lieu à une nouvelle dispute qui se termina par un silence pesant. Dès qu'ils furent rentrés chez eux, chacun rejoignit sa propre chambre sans échanger un mot. Mary-Margaret et David, épuisés, n'eurent pas à attendre longtemps avant de trouver le sommeil, mais Emma elle, tarda bien plus à s'endormir. L'inquiétude la rongeait et elle rejoignit les bras de Morphée bien après s'être couchée.

Les jours qui suivirent furent compliqués. Le lendemain des événements, Emma se réveilla en ayant l'impression de n'avoir même pas dormi. Elle rejoignit ses parents qui se trouvaient déjà dans la cuisine et ne leur adressa pas un mot. Immédiatement, David et Mary-Margaret sentirent que quelque chose n'allait pas. Leur fille ne semblait pas éprouver la rancœur qu'elle avait déjà exprimée à plusieurs reprises à leur égard, elle avait seulement l'air fatigué, lassé même. Quand ils lui parlaient elle répondait tout juste. Elle mangea son petit-déjeuner sans appétit et dès qu'elle eut terminé, elle posa ses couverts dans l'évier puis remonta dans sa chambre.

Ses parents échangèrent un regard inquiet mais restèrent silencieux. Ils n'avaient pas besoin de se parler pour savoir qu'ils avaient la même impression : c'était comme si en disparaissant dans la forêt la veille, Regina avait emporté leur fille avec elle.

Emma passa la journée chez elle, puis le lendemain elle retourna au lycée. Là aussi, ses amis virent immédiatement que quelque chose n'allait pas. Ils tentèrent de l'interroger pendant la pause déjeuner, mais tout comme avec ses parents, la discussion fut laborieuse.

- Pourquoi tu n'es pas venue au lycée hier ? demanda Ruby.

- J'étais fatiguée et j'avais besoin de repos, rien de plus.

- Tes parents m'ont appelé l'autre soir, reprit Neal. Apparemment ils te cherchaient. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- J'avais besoin d'être seule alors je suis partie me promener sans les prévenir. Tu connais mes parents, ils s'inquiètent pour un rien alors en voyant que j'avais à peine une demi-heure de retard et que je ne répondais pas ils ont paniqué.

- Ça avait l'air grave à les entendre, insista le jeune homme.

Alors qu'en temps normal la blonde aurait sans doute fait comprendre à son ami que ses questions la dérangeait et qu'il fallait qu'il arrête, elle répondit d'un ton étrangement calme et avec une indifférence totale.

- Parce qu'ils dramatisent toujours. Ils m'ont fait la leçon quand je suis rentrée et ça s'est arrêté là.

- Tu as des nouvelles de Regina ? demanda aussitôt Belle. On ne l'a pas vue hier, et aujourd'hui non plus.

Emma la regarda avec un air légèrement différent. Le prénom de la brune semblait avoir éveillé un faible intérêt chez elle, mais elle répondit avec le même ton laconique.

- Je crois qu'elle est malade.

- Tu crois ? souligna son amie aux yeux bleus. Ça ne te ressemble pas de te contenter de croire, en temps normal tu retournerais ciel et terre pour savoir où elle est, ce qu'elle fait, comment elle va.

- Alors il faut croire que je me suis assagie, répondit la blonde en souriant pour tenter de rassurer les autres adolescents.

Belle s'apprêtait à poursuivre mais la sonnerie retentit. Sans perdre de temps, Emma se leva et prit son plateau pour aller le ranger.

- On devrait y aller si on ne veut pas être en retard.

Elle quitta la table sans attendre ses amis, et alors ceux-ci échangèrent des regards préoccupés. Depuis quand Emma se souciait-t-elle d'arriver à l'heure en cours ?

Un nouveau jour passa sans que l'état de la jeune vampire ne s'améliore. Ses parents décidèrent de prendre rendez-vous avec le Docteur Hooper pour tenter d'arranger la situation, mais à la sortie de cette séance, le psychologue ne put que leur dire ce qu'ils savaient déjà : un événement était survenu et avait profondément changé Emma. Quelque chose était différent chez elle, et il faudrait du temps, de la patience et surtout beaucoup d'attention pour que tout revienne à la normale. Il préconisa de débuter une thérapie, et Mary-Margaret et David promirent d'y réfléchir et de le recontacter en cas de besoin.

- SwanQueen -

Une semaine s'était écoulée depuis que Cora avait enlevé Emma, et toujours aucune nouvelle de Regina. Les Swan avaient plusieurs fois tenté de contacter la mairesse pour en savoir plus, mais elle n'avait répondu à aucun de leurs appels. L'état d'Emma ne s'arrangeait pas, mais au moins ne s'aggravait-il pas. Néanmoins, ses parents envisageaient de plus en plus sérieusement de demander au Docteur Hooper de la suivre.

Alors qu'ils étaient tous les deux en train de discuter de cette éventualité, le téléphone de David se mit à sonner. Il fronça les sourcils en voyant le nom de Cora s'afficher mais ne perdit pas de temps à réfléchir et décrocha.

Après avoir échangé quelques paroles avec la mairesse, il hocha la tête et raccrocha.

- Elle veut qu'on-, commença le sheriff avant d'être interrompu par sa femme.

- Qu'on la retrouve à son bureau dans une demi-heure. J'ai entendu.

- Je vais prévenir Emma.

La brunette approuva d'un simple signe de tête et son mari monta à l'étage. Il frappa à la porte de la chambre de sa fille, et n'obtenant aucune réponse, il entra. Il trouva Emma assise à son bureau, devant son ordinateur, en train de regarder des photographies de Regina et elle. David l'observa quelques instants, n'osant pas troubler ce moment, puis il s'approcha. Il posa délicatement sa main sur l'épaule de la blonde, mais cette dernière ne réagit pas.

- Emma, on a rendez-vous avec le Maire. Si tu as besoin de quoi que ce soit tu nous appelles, d'accord ?

- D'accord, répondit la jeune fille sans même le regarder.

Son père se pencha vers elle et déposa un baiser sur sa tête, puis il quitta la pièce en refermant doucement la porte derrière lui.

- SwanQueen -

Une heure plus tard, Mary-Margaret et David étaient de retour. Ils affichaient tous les deux un air maussade qui n'annonçait rien de bon. Ce moment allait sans doute être l'un des plus difficiles de leur vie, mais Emma devait savoir.

- Je vais la chercher, dit le blond à mi-voix.

Sa femme se contenta d'approuver d'un hochement de tête. Il alla en bas de l'escalier et appela sa fille en lui demandant de les rejoindre au salon. Emma ne tarda pas à descendre et dès qu'elle arriva dans la pièce elle se laissa tomber lourdement sur un fauteuil avec toujours ce même air détaché qu'elle portait maintenant depuis des jours.

Ses parents se regardèrent longuement, la gorge serrée et appréhendant déjà la réaction que provoquerait l'annonce qu'ils s'apprêtaient à faire. David prit la main de sa femme dans la sienne et la serra pour lui transmettre son soutien et se donner lui-même du courage. Mary-Margaret prit alors une grande inspiration puis elle commença à parler.

- Cora nous a demandé de venir pour nous parler de Regina.

Ce prénom sembla soudainement interpeller la blonde qui se fit alors plus attentive. C'était la seule chose qui parvenait encore à la faire réagir, et ses deux parents sentirent leur cœur se serrer d'autant plus face à ce constat. Ils se sentaient coupables de ce qu'ils s'apprêtaient à annoncer, mais ils devaient le faire.

Emma avait le droit de savoir. Elle devait savoir.

* Flash-back *

David et Mary-Margaret entrèrent dans le bureau de la mairesse après que la secrétaire de celle-ci l'ait informée de leur arrivée.

- Asseyez-vous, leur dit-elle d'un ton autoritaire mais qu'ils sentirent moins ferme que d'habitude.

Ils s'exécutèrent et prirent chacun un des deux sièges qui faisaient face à l'imposant bureau où était assise la rousse.

- Ne perdons pas de temps. Je ne serai pas longue pour vous dire ce que vous devez savoir, puis vous pourrez repartir.

Le couple resta silencieux et ils gardèrent leur regard rivé sur Cora, attendant qu'elle poursuive.

- Quand j'ai été remise de mes blessures, je me suis immédiatement mise à la recherche de Regina. J'ai passé plusieurs jours à la chercher dans la forêt. Ça n'a pas été une mince affaire pour la retrouver, mais j'ai fini par y parvenir.

- Elle va bien ? s'empressa de demander David.

- Tout dépend ce que vous entendez par là, répondit la mairesse d'un ton grave.

A ces mots, la vampire et l'humain se crispèrent, appréhendant déjà ce qui allait venir.

- Elle était toujours sous sa forme de louve quand je l'ai trouvée. J'ai essayé de lui parler mais elle ne semblait pas réceptive, alors je me suis moi-même transformée. A ce moment-là, j'ai été forcée de constater que je n'avais plus la position d'alpha, admit à contrecœur la lycanthrope.

Mary-Margaret ne put contenir le sentiment de satisfaction qui apparut en elle. Cora n'était plus maîtresse de la situation et n'avait plus l'ascendant sur sa fille, et rien n'aurait pu lui faire plus plaisir que de voir sur ses traits la colère que cela provoquait chez elle. Malgré tout, elle ravala son contentement pour se concentrer sur la suite des explications de la mère de Regina.

- Elle s'en est à nouveau prise à moi, et j'ai été obligée de faire profil bas pour ne pas subir les mêmes blessures que lors de notre dernière confrontation, grinça la rousse. Mais…

En entendant le ton soudain plus préoccupé de la mairesse, le couple commença à craindre ce qui allait venir.

- Elle ne semblait plus être elle-même.

- Vous dites ça parce qu'elle vous tient tête maintenant, attaqua immédiatement David.

- Je dis ça parce que ce n'était pas une lycanthrope que j'avais en face de moi, mais une louve, répliqua sèchement Cora.

Le blond fronça les sourcils avec un air d'incompréhension.

- Que voulez-vous dire ? demanda Mary-Margaret.

- Ce que je veux dire c'est que ce n'était pas Regina, c'était vraiment une louve.

Un silence de plomb s'abattit sur la pièce à cette annonce. Il se prolongea quelques instants avant que la rousse ne reprenne.

- J'ai tout tenté. J'ai voulu la faire revenir vers la ville, mais elle refusait de me suivre bien entendu. Je me suis retransformée dans l'espoir de lui faire comprendre qui j'étais, mais elle est à nouveau devenue agressive. Elle semblait ne pas me reconnaître, ou plutôt il n'y a que sous ma forme animale qu'elle me reconnaissait. Dès que je prenais forme humaine elle menaçait de me sauter à la gorge.

Elle se tut et alors ce fut David qui prit la parole.

- Qu'est-ce que ça signifie ?

Cora le dévisagea longuement. Elle semblait hésiter à parler, comme si mettre des mots sur ce que chacun avait déjà plus ou moins compris rendrait la chose trop réelle.

- Regina… commença-t-elle d'une voix tremblante. Regina n'existe plus. Son esprit humain a disparu pour laisser la place à celui du loup qui a toujours habité son corps.

- Vous voulez dire qu'elle… Elle est…

- Elle est morte, asséna la rousse pour mettre fin à toute interrogation. Son esprit a disparu pour être exacte, mais c'est tout comme et le résultat est le même. Il n'y a plus que la louve, Regina telle que nous l'avons connue ne reviendra jamais.

- Comment être certains que vous nous dites la vérité ? lança le sheriff. Vous n'en seriez pas à votre premier mensonge.

- Pensez-vous réellement que je mentirais sur une chose pareille ? répliqua la mairesse d'un ton sec. Mais si vous ne me croyez pas alors peut-être que ceci suffira à vous convaincre.

D'un geste vif, elle écarta le col roulé qu'elle portait de façon à dégager son cou et ses deux interlocuteurs grimacèrent en y découvrant une profonde marque de morsure qui commençait tout juste à cicatriser.

- Voilà tout ce que j'ai gagné à tenter de ramener Regina.

David et Mary-Margaret restèrent interdits, et la brunette couvrit sa bouche d'une main, sous le choc. Son mari quant à lui, restait bouche bée. Aucun des deux ne parvenait à croire que ce qu'ils entendaient puisse être réel. Regina ne pouvait pas avoir définitivement disparu, c'était impossible !

- Le mariage avec Leopold n'aura jamais lieu. Regina est morte, et avec elle la lignée Mills. Notre famille va s'éteindre et les sangs purs restants vont encore perdre en nombre. Il semblerait que la magie soit condamnée à disparaître et-

Cora ne put pas aller plus loin. Elle fut interrompue par David qui venait de se lever d'un bond, renversant alors sa chaise, et avait abattu son poing sur le bureau.

Au début de cette conversation, le blond avait ressenti une certaine forme de pitié en voyant que la mairesse semblait sincèrement touchée et peinée par la perte de sa fille. Mais maintenant qu'il voyait que plus que cette perte, c'était l'idée que la famille Mills disparaisse qui l'inquiétait, il ne pouvait pas se contenir plus longtemps.

- Comment pouvez-vous dire une chose pareille dans un tel moment ?! cria-t-il, faisant sursauter sa femme ainsi que la rousse. Votre fille est morte et vous tout ce qui vous importe c'est vos sangs purs à la con ! Vous n'êtes qu'un monstre dépourvu de sentiments et qui aura fait souffrir sa fille jusqu'à la fin ! Si je ne me retenais pas je vous-

- David, ça suffit !

Mary-Margaret venait de crier suffisamment fort pour couvrir la voix pourtant puissante de son mari. Ce dernier se tourna vers elle, prêt à répliquer, mais elle fut plus rapide.

- Sors.

- Pas question, je-

- J'ai dit sors ! cria la brunette. Je m'en occupe, laisse-nous.

Le blond sembla hésiter un instant. Il regarda à tour de rôle la vampire et la lycanthrope, puis il finit par obtempérer. Il claqua la porte en sortant, mais aucune des deux femmes ne cilla.

Dès qu'il fut parti, Mary-Margaret se tourna vivement vers la lycanthrope et la fusilla du regard.

- Tout ce qui arrive est uniquement de ta faute, Cora. Toute ta vie, tu n'as eu pour objectif que de maintenir cette lignée à laquelle tu sembles tellement tenir, et pour ça tu es allée jusqu'à ruiner la vie de ta propre fille. Mais au final, regarde le résultat… Tu as tout perdu et ce que tu as mis tant d'efforts à préserver a été détruit par ta faute. Depuis le début tu n'as fait que les mauvais choix, et tu en paies finalement le prix. La seule chose que je regrette, c'est d'avoir eu un jour de la pitié pour toi quand tu as préféré abandonner celui que tu aimais vraiment au profit de ces sangs purs qui eux, ne t'ont jamais rien apporté.

La louve semblait furieuse que son ennemie ose lui dire ses quatre vérités, mais elle resta silencieuse, les poings serrés et les mâchoires contractées.

- Tu ne peux t'en prendre qu'à toi. C'est à cause de toi que Regina a disparu. Tu es la seule et unique responsable de ton malheur Cora, et ce depuis le début. Je t'ai accordé mon pardon par le passé, mais ça ne se reproduira pas. Pas cette fois.

Sur ce, Mary-Margaret tourna les talons et quitta la pièce, laissant Cora seule avec ses remords et ses animosités.

* Flash-back *

Emma était parfaitement immobile. Elle semblait ne pas comprendre tout ce que ses parents venaient de lui dire, comme si les mots avaient glissé sur elle les uns après les autres sans jamais l'atteindre. David et Mary-Margaret ne disaient rien, attendant sa réaction, la redoutant, et le silence s'éternisa.

Puis, la jeune fille donna enfin signe de vie. Elle releva un regard à la fois déterminé et affolé vers ses parents, et elle se leva subitement. Le couple l'imita, tous les deux prêts à toute éventualité, et ils constatèrent rapidement qu'ils avaient bien fait.

- Je vais la chercher, déclara la blonde.

Sans perdre une seconde elle quitta la pièce pour se diriger vers la porte d'entrée, immédiatement suivie par ses parents.

- Emma, arrête ! l'appela sa mère.

- Tu as entendu ce qu'on vient de te dire, c'est trop tard, continua son père.

- Non ! lança la jeune fille en faisant volte-face. Il y a forcément quelque chose à faire !

Elle venait de crier, et son cri était déchirant de désespoir, si bien que Mary-Margaret en resta pétrifiée, bouleversée par la détresse qu'elle lut dans les yeux de sa fille. Elle n'était que trop consciente de ce que devait probablement ressentir la blonde à cet instant.

La semi-vampire se dirigea à nouveau vers la porte sans se soucier davantage de l'avis de ses parents. Alors, David fit la première chose qui lui vint à l'esprit : il saisit sa fille par le bras et la tira à lui pour l'empêcher d'aller plus loin. Emma fut plaquée contre le sheriff, mais elle ne comptait pas se laisser faire. Elle se débattit avec l'énergie du désespoir et dans leur lutte ils allèrent alors tous les deux heurter un meuble qui se trouvait non loin. Profitant d'un moment de faiblesse de son père, la blonde lui asséna un coup de coude dans les côtes sans la moindre pitié. Elle voulait retrouver Regina, et personne ne l'en empêcherait, pas même ses parents.

David accusa le coup et lâcha sa fille. Cette dernière en profita pour se précipiter vers la porte, mais alors sa mère sembla rappelée à la réalité. Elle la suivit et attrapa la jeune fille par le bras comme venait de le faire son mari. Emma se débattit exactement comme elle l'avait fait quelques secondes auparavant, mais cette fois elle dut faire face à la force d'une vampire et non pas d'un humain. Sa mère la ceintura pour l'immobiliser, mais elle n'abandonna pas pour autant et elle s'agita pour se dégager.

- Lâche-moi ! cria la blonde.

- Stop Emma ! Ça suffit !

- Lâche-moi j'te dis !

En signe de protestation et pour se libérer, la plus jeune se mit à frapper sa propre mère. Elle était face à elle et frappa donc la première chose qui passa à sa portée, c'est-à-dire le visage et le torse de Mary-Margaret. Celle-ci encaissa les coups sans chercher à les retenir, se contentant de resserrer son emprise et de tenir bon.

- Je dois la retrouver ! s'époumona Emma. Je vais la retrouver et je la ramènerai !

Tout en parlant, la blonde continuait à frapper sa mère qui elle continuait à la tenir sans l'empêcher de s'en prendre à elle. Mais plus la réalité s'imposait à Emma et plus ses coups s'affaiblissaient et ses yeux se remplissaient de larmes.

- Je lui ai promis ! Je lui ai dit que je la retrouverais toujours !

- Ce n'est pas de ta faute Emma, lui chuchota sa mère.

Ces mots touchèrent la jeune fille en plein cœur. Bien sûr que c'était de sa faute ! Si Regina s'était tant de fois opposée à sa mère et était allée jusqu'à se transformer c'était pour elle. Elle avait fait tout ça pour elle, pour la protéger, et au final tous ces sacrifices lui avaient été fatals. Alors oui, c'était de sa faute si Regina était morte.

Les coups qu'elle portait à sa mère n'étaient maintenant plus que de faibles tentatives qui eurent tôt fait de complètement cesser. Emma était à bout de force, aussi bien physiquement de s'être tant débattue que psychologiquement après ce qu'elle venait d'apprendre. Elle laissa une longue plainte s'échapper de sa gorge, et sa mère la serra contre elle, mais cette fois plus pour la soutenir que pour la retenir. Ses jambes se dérobèrent sous son poids et sa mère l'empêcha de heurter lourdement le sol en l'accompagnant dans sa chute. Elles étaient maintenant toutes les deux à genoux, la mère tenant sa fille dans ses bras, et David les rejoignit alors.

Emma n'était plus sûre de savoir ce qui se passait ni même où elle était. Regina n'avait en rien exagéré quand elle lui avait parlé de Daniel et de la douleur qu'elle avait ressentie en apprenant sa mort. Sa vision devenait trouble et elle avait la tête qui tournait. C'était comme s'enfoncer dans des ténèbres sans fin. Elle n'entendait plus les paroles de son père qui tentait de la réconforter alors que lui-même pleurait face à la détresse de sa fille, elle n'entendait plus non plus les sanglots de sa mère qui se trouvait dans le même état que David. Elle poussa un cri déchirant tandis qu'elle pleurait, mais elle n'entendait même plus ses propres plaintes. Regina n'avait rien exagéré, non, elle le savait car à cet instant, elle n'était plus que souffrance et elle avait l'impression que la douleur qu'elle ressentait ne disparaîtrait plus jamais. C'était comme si on lui avait arraché le cœur de la poitrine. C'était comme si elle venait de mourir.

- Emma arrête !

La blonde s'aperçut de ce qu'elle était en train de faire quand sa mère lui prit les mains. Elle avait les poings si serrés qu'elle avait fini par entailler ses paumes dont le sang coulait maintenant. Chacun de ses parents lui prit une main pour desserrer ses doigts crispés et l'empêcher de continuer, et alors elle s'accrocha à eux avec l'énergie du désespoir. Ils étaient son seul point de repère, sa bouée de sauvetage, et elle s'y agrippa pour ne pas complètement sombrer.

Sa crise de larmes se transformait petit à petit en crise de panique. La douleur psychologique lui semblait physique et elle sentait le souffle lui manquer. Sa gorge se serrait, et elle fut certaine que son cœur était toujours là, bien en place dans sa poitrine, quand elle le sentit accélérer subitement et faire des bonds désordonnés. Des bouffées de chaleur s'emparèrent d'elle tandis que sa respiration se faisait de plus en plus difficile. Elle avait l'impression de devenir complètement folle.

- Calme-toi Emma, calme-toi, lui chuchota sa mère entre ses propres sanglots. On est là ton père et moi, et on ne te laissera jamais tomber, tu m'entends ? Jamais.

La blonde s'accrocha encore plus à ses parents, exactement comme l'aurait fait une petite fille perdue et terrorisée après s'être réveillée d'un cauchemar. Seulement ce n'était pas un simple cauchemar. Tout ce qui se passait était réel, tellement réel. La souffrance était là et bien là, et il ne lui suffisait pas de se réveiller pour s'échapper. Elle était prisonnière et il était maintenant trop tard, elle ne pourrait jamais plus se libérer. Jamais.

Car Regina était morte, elle s'en était allée et c'était bien réel. Emma aurait beau continuer à se réveiller tous les jours, la situation serait la même chaque matin.

Regina était morte et rien ne pourrait changer ça.

- SwanQueen -

Des coups durs, Emma en avait déjà connus beaucoup au cours des derniers mois. Ses parents avaient bien vu qu'elle avait mal vécu chacune des épreuves qu'elle avait traversées et que chaque nouvelle intervention de Cora avait eu un sérieux impact sur elle, mais à chaque fois elle avait encaissé le choc et surtout elle avait eu une réaction. Elle avait été en colère, elle leur en avait voulu, des disputes avaient éclaté, elle avait tenté d'agir, la plupart du temps contre leur volonté. Mais cette nouvelle épreuve semblait être celle de trop. Emma n'était plus elle-même. Elle n'avait plus de réaction, plus aucune envie, elle paraissait détachée de tout et de tout le monde.

Elle avait l'air vide.

Une longue descente aux enfers commença pour la jeune fille. Elle ne voulait plus aller au lycée, elle ne faisait plus rien à part rester prostrée dans son lit, et elle refusait de parler à qui que ce soit excepté ses parents quand la situation l'exigeait. Elle semblait avoir complètement perdu l'envie de vivre.

Mary-Margaret et David avaient pris l'initiative de lui faire commencer une thérapie avec le Docteur Hooper, mais les séances se soldaient souvent par des échecs. Le psychologue pouvait déjà se réjouir quand elle acceptait de dire quelques mots, mais la plupart du temps elle se cantonnait à des sujets bateau tels que le temps qu'il faisait, et dès que le nom de Regina était prononcé, elle se murait immédiatement dans le silence.

Ses parents ne savaient plus quoi faire. Sa douleur était la leur, et le soir quand ils se retrouvaient seuls, il n'était pas rare qu'ils se laissent aller et pleurent à chaudes larmes, désespérés de voir leur fille dans cet état.

Après presque un mois passé sans que rien n'ait changé, ils prirent la décision de quitter Storybrooke. Partir de la ville où ils avaient tous les deux grandi et où ils avaient tous leurs amis leur déchirait le cœur, mais ils espéraient que changer de lieu de vie permettrait à leur fille de prendre un nouveau départ. En quelques jours ils trouvèrent un appartement à New York. David fit jouer ses relations pour obtenir un poste sur place et Mary-Margaret n'eut aucun mal à trouver une école qui ait besoin d'elle en raison du départ de l'une de leurs institutrices. Emma ayant totalement arrêté d'aller au lycée, il était évident qu'elle ne pourrait pas obtenir son diplôme cette année. Ils cherchèrent donc un établissement à New York qui accepterait son inscription, et par chance le poste de Mary-Margaret facilita les procédures. Ils passèrent les semaines suivantes à organiser leur départ et le premier jour des vacances d'été, ils quittèrent Storybrooke.

Emma sembla enfin éprouver quelque chose au moment de dire au revoir à ses amis. Ils se promirent de se revoir et elle alla jusqu'à verser quelques larmes, ce qui incita ses parents à espérer qu'elle commencerait bientôt à remonter la pente et à sortir de la dépression dans laquelle elle avait plongée.

Une fois dans la voiture, Emma lança un dernier regard à cette ville qui l'avait vue grandir et où elle avait connu ses plus grandes peines. Peut-être en quittant cet endroit pourrait-elle se reconstruire lentement et guérir de ses blessures. Néanmoins, elle n'avait aucun espoir que le trou béant qu'elle portait maintenant au cœur se referme un jour complètement, car si pour tous Regina était portée disparue, elle, elle savait que plus jamais elle ne la reverrait.

Regina, celle qu'elle aimait, s'en était allée pour toujours, et avec elle tout espoir pour Emma d'être un jour pleinement heureuse.


Je crois que là c'est le moment où je m'enfuis en courant. Vite. Très vite.

Bon... Vous me faites confiance ? Vous me croyez quand je vous dis que cette fic se terminera en happy ending ? De toute façon vous n'avez pas tellement le choix puisque c'est moi qui tiens les rênes :P *c'est prenant d'écrire mais ça a aussi du bon, on se sent puissant eheh*
Allez encore un peu de patience, ça vaut le coup je vous le promets ! Demain je publierai les deux derniers chapitres, et une fois que vous les aurez lus vous pourrez me jeter des pierres si vous en avez toujours envie à ce moment-là (je devrais peut-être pas dire ça...).

Teaser :
Le temps a passé. Voilà trois ans qu'Emma et ses parents ont quitté Storybrooke, et pas un jour ne passe sans que la jeune fille ne pense à son amour perdu. Pourra-t-elle se reconstruire ? Trouvera-t-elle la force d'aimer à nouveau ?

A bientôt :)