Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Yunoki : Coucou ! Merci de ta review. Oui, je remarque que les avis sont très partagés pour cette histoire. Mais je suis sûre que cette fic trouvera grâce à vos yeux. J'espère que tu la suivras.

Élodie Nina : Salut ! Merci pour ce gentil com. Ce monde est sorti tout droit de trop de consommation de caféine, et de sucre lol. Mais j'espère que tu aimeras. Biz.

Krix27 : Oui, je compte mettre beaucoup d'actions, et de suspens au fil des chapitres. Merci de me suivre. Ce chapitre te plaira, je pense. J'en dévoile un peu plus sur ce Nouveau Monde.

Guest : Il n'a pas de chance, mais il ne va pas se laisser faire pour autant lol. J'espère que tu aimeras cette suite. Biz.

Chapitre 3 : Elyum, le territoire des vampires

Harry suffoquait.

La gorge compressée, le souffle court, et la vue vacillante, il refusait pourtant de demander grâce à son assaillant. Du coin de l'œil, il pouvait voir Jasper sourire moqueusement pendant que son assaillant roux continuait à le faire subir mille tourments. Car il ne faisait aucun doute, au vu de son regard machiavélique, que c'était bien lui le responsable de ses souffrances.

Le jeune homme était pourtant sûr que ce dernier n'avait prononcé aucune formule, sinon il l'aurait à coup sûr ce n'était pas non de la magie sans baguette, car il aurait au moins aperçu le rayonnement du sort. Était-ce de la magie instinctive ? Non, ces inconnus n'étaient pas des sorciers. Définitivement pas. Se débattant vainement, il allait sombrer dans l'inconscience lorsqu'il perçut au loin de brefs bruits de pas se rapprocher de lui.

- Il serait bon de faire preuve de clémence envers cet étranger, Edward. Murmura une belle voix aigüe, presque enfantine dans son dos. Cela ne vous apporterait rien de le tuer.

À la fin de ces paroles salvatrices, Harry sentit son bourreau relâcher la pression de son curieux don, et son corps s'effondra immédiatement sur le sol en marbre.

- Pourquoi ça, Alice ? S'offusqua Jasper, impatient. Tu as vu quelque chose qui nous serait utile ?

Levant difficilement les yeux pour admirer son sauveur, le sorcier aperçut face à lui les yeux marron d'une magnifique jeune femme. Celle qui se prénommait Alice était une personne mince à l'extrême, fine, et plutôt petite. Son visage à la peau diaphane était encadré par des cheveux noir corbeau, coupés très courts et pointant dans tous les sens. Elle avait un air espiègle qui le surprit grandement. Quant à son nez aquilin et bien droit, il tendait à la faire ressembler un peu plus à un petit lutin ayant quitté sa forêt pour jouer des tours. Cette femme, habillée d'une longue robe en soie verte brodée d'or, transpirait la bonté et la bienveillance.

S'avançant vers les deux frères, d'une démarche sautillante et fluide telle une ballerine, elle laissa Jasper encercler d'une prise ferme sa taille. Et Harry fut plus qu'étonné de comprendre qu'une telle beauté puisse appartenir à un être aussi violent que l'était le blond.

- Il se pourrait… qu'il nous apporte beaucoup. Dit-elle mystérieusement. Pourquoi ne pas le prendre à ton service, mon prince ? Il me semble que tu ne possèdes pas d'Animal ?

- Alice ! Gronda vivement son compagnon. Ne sois pas insultante ! Ce n'est qu'un humain… Il serait indigne de cette tâche.

- Aucunes de nos lois ne l'interdit. Répliqua calmement la jeune femme. Et je me porte garante de lui. Si tu ne le prends pas à ton service, je le prendrais au mien, Edward.

- Quoi ? S'étrangla presque d'irritation l'archer blond. Tu n'oserais pas, Alice.

Se reposant de sa précédente attaque, Harry captait toutes les informations qu'il lui parvenait. Ainsi, le grand roux taciturne, Edward, était le « prince » de ce monde étrange au même titre que devait l'être son frère, Jasper. Ces deux meurtriers devaient donc se donner à joie, et sans peur de restriction, dans la haine et la torture au vu de ce qu'il avait aperçu dans le désert. Et celle qu'il avait prise pour un sauveur voulait à présent le mettre au service de cet homme rempli de malveillance, et de violence. Hors de question. Jamais, il ne se servirait un tel monstre. Jamais il ne servirait personne. Il n'était pas un esclave. Et puis, que voulait-elle dire par devenir son Animal ? Il avait un frisson à la pensée de ce que ce simple mot pouvait représenter.

Peu lui importait au final, c'était non. Pourtant le regard carnassier que lui envoya le roux qui semblait suivre ses pensées le rendit moins catégorique. Mais se reprenant, il lui rendit son regard avec toute la force dont il était capable. Le brun n'avait nullement peur des tortures que lui promettait ce regard. Il avait vécu pire durant la guerre. Alors, il n'allait pas reculer devant ce prince étranger malgré ce qui lui en couterait. Il lui ferait les pires bassesses jusqu'à ce qu'il recouvre sa liberté et s'en aille de ce monde, ou qu'il y meure.

Soudainement, le sorcier entendit le roux grogner sauvagement à ces dernières pensées, et il se rappela que trop bien qu'il était en mesure de pénétrer son esprit. Sans réellement le réaliser, un sourire sardonique étira ses lèvres, alors que dans son esprit défilaient toutes les injures qu'il connaissait à l'encontre du « prince ». Ses yeux vert émeraude plongées dans le froid regard améthyste, le destin semblait dès lors les avoir désignés comme des ennemis mortels.

- Qu'il en soit ainsi. Ragea Edward, la voix rendue rauque de fureur, comme s'il relevait le défi du brun. Je t'apprendrais à courber l'échine, Harry. Mais avant…

Ignorant les protestations virulentes de Jasper, le prince fit un geste à l'un des gardes qui sortit hâtivement par une des nombreuses portes adjacentes de la pièce. Celui-ci revient rapidement dans la grande salle du trône, tenant dans les mains un épais collier en argent portant d'étranges symboles inscrits sur la façade. Tirant l'objet des mains du soldat, sans même le remercier, Edward s'approcha vivement du sorcier encore au sol.

Agrippant méchamment ses cheveux, il lui releva la tête en faisant fi de ses débattements pour lui encercler le cou du fameux collier.

- Je pense que tu vas réellement aimer rester à mes côtés. Ronronna le roux en approchant son visage de son nouvel Animal. Il me tarde de te retrouver. Dès le coucher du soleil.

Se relevant prestement, le roux héla deux servantes qui apparurent vivement dans la pièce pour leur ordonner de l'emmener. Lâchant son nouveau bijou, qu'il s'efforçait d'arracher, Harry choisit ce moment pour recommencer à protester avec force.

- Non ! Se débattit-il, en repoussant les domestiques qui le tiraient vers la sortie. Vous n'avez pas le droit de faire cela. J'ai des droits ! Vous n'avez aucune idée de qui je suis. Vous vous exposez à de graves pro…

La fin de sa tirade mourut sous la seconde violente gifle qu'il venait de recevoir en plein visage. Éberlué, il fixa avec de grands son agresseur qui le lorgnait avec un dégout visible et profond.

- Tu n'es plus rien ici. Réfuta Edward, qui venait de le punir. Tu ne représentes rien, et malgré cela, je te fais l'honneur de devenir mon Animal. Ses yeux lancèrent des éclairs de fureur. Oublie qui tu étais. Renie ce que tu savais faire. Peu m'importe ceux qui t'entouraient. Car ta seule solution est de t'abandonner à moi dès à présent. Ou ta souffrance n'en sera que plus délectable.

Les yeux remplis de haine, Harry regardait son ennemi avec violence. Il croyait vraiment qu'il allait suivre gentiment ses ordres ? Il n'avait pas plié devant Voldemort, alors il ne plierait certainement pas devant ce monstre.

La poigne des servantes se fit plus violente sur ses bras et il fut trainé bon gré mal gré vers la sortie. Tirant une énième fois sur son collier, sans plus de réussite, il chassa tant que bien que mal la panique qui l'envahissait. Il se doutait bien que cette parure n'était pas autour de son cou dans un but purement décoratif. Était-ce une autre forme de torture ? Combatif, il s'apprêtait à cracher à la figure du prince qui se tenait toujours à portée de lui lorsqu'une douce main pâle se posa sur ses lèvres.

- Je pense que je vais l'accompagner dans ses futurs appartements. Annonça Alice, en l'interrompant dans son geste inconsidéré, comme si elle avait su ce qu'il s'apprêtait à faire. Après tout, je me sens malgré tout responsable de sa vie.

- Effectivement. Persifla Jasper, toujours aussi mauvais. Si cela avait dépendu de moi, il serait déjà pendu, ou décapité dans la cour principale.

Il avait dit cela sans une once d'hésitation. Toujours contrarié que cette volonté ne soit pas respectée. Qu'avait-il tous à se prendre pour des êtres si puissants ? À croire qu'ils disposaient de la vie des autres comme bons le leur semblait ? Tel un suicidaire, Harry s'apprêtait à répondre vertement au blond lorsque sa compagne le tira avec une force insoupçonnée vers la sortie. Se débattant sur tout le chemin, ils parcoururent d'immenses couloirs, et descendirent dans ce qui semblait être les catacombes du château.

- Tu vivras parmi les autres Animal. Lui informa Alice, sereine face à ses protestations. Mais étant celui du prince, tu bénéficies de certains privilèges.

- Oh joie ! Railla le sorcier, plein de verve. Ces privilèges ont-ils un rapport avec mon retour dans mon monde ?

Poussant une lourde porte en bois, la jeune femme préféra ne pas lui répondre, faisant ainsi preuve d'une grande patience. Légèrement mal à l'aise face à ce silence, Harry regretta son caractère emporté. Après tout, elle l'avait – en quelque sorte- sauvé la vie. Il devait au moins tenter de ne pas trop la provoquer. Même si elle était une ennemie, il pourrait peut-être se servir d'elle dans le futur. Il pressentait qu'il allait avoir besoin d'aide dans ce monde. De beaucoup d'aide.

Regardant autour de lui, le brun remarqua qu'il venait d'entrer dans une vaste pièce, où de nombreux fauteuils en cuir entourés de meubles anciens y avaient été disposés. Plusieurs jeunes gens, possédant la beauté froide des inconnus de ce monde, regardèrent fixement l'arrivée des nouveaux venus. Sans attendre, ils s'inclinèrent devant Alice, avant de chuchoter sur leur passage.

Prenant une porte sur la droite de la pièce, la compagne du blond le fit monter en haut d'un grand escalier de pierre en colimaçon, toujours escortée par ses deux serviteurs. Leur petit groupe ne tarda pas à arriver dans une petite chambre aménagée, et éclairée par de faibles bougies.

- Voilà. S'enthousiasma Alice. Tu vivras ici. Et bien sûr, tu rejoindras Edward lorsqu'il te fera quérir.

Jugeant inutile de lui rétorquer qu'il comptait bien ignorer les appels du roux, il choisit d'observer la petite chambre. Rustiques et simples étaient les meilleurs termes pour la décrire. Les meubles, faits de bois noirs, étaient en tout et pour tout composés d'un lit et d'une commode. Les draps semblaient rêches, mais propres, et le sol en pierre glaçait l'ambiance de la pièce. Sa vie dans son monde, sa chambre à coucher qu'il avait entraperçue dans la vision lui amena une boule dans la gorge.

- Ou suis-je ? Demanda Harry, totalement perdu. Merlin… Où ai-je atterri ?

- Tu es à Elysion. Répondit Alice même s'il ne s'était adressé en personne en particulier. Tu es dans un royaume régi par nous, les vampires. Par la famille Cullenus, plus précisément. Sache que nous régnions depuis maintenant de nombreux siècles sur ces belles terres.

Se tournant comme un robot ver la jolie brune, Harry la regarda un instant sans répondre. Rechignant à le faire, il lui accorda tout de même un haussement de sourcil intéressé en pensant à sa situation. Il aurait besoin de toute l'aide, et de toutes informations utiles pour s'en sortir dans ce nouveau monde.

- Un mode gouverné par des vampires, hein ? Se moqua-t-il. Je sais à quoi ressemblent les vampires, et vous, vous n'en êtes pas.

Ces gens étaient certes beaux, froids et rapides. Mais il ne semblait pas craindre le soleil, et ignorait tout de la magie. Il ne ressemblait en rien aux vampires qu'il avait pu rencontrer ou étudier.

- Vraiment ? Sourit Alice, sans s'offusquer. Les humains sont des êtres bien étranges… Eh bien, jeune impudent, peut-être n'as-tu jamais rencontré des vampires originels tels que nous ?! Des vampires nés vampires ! Des démons vampiriques purs provenant de la branche principale, de la souche originelle elle-même… Prenant une pause dans sa tirade, elle s'assit sur le lit qui grinça sous son léger poids. Oublie tout ce que tu savais, Harry Potter. Car ce monde ne te fera aucun cadeau, si tu ne pli pas.

Pourquoi n'arrêtaient-ils pas tous de lui dire d'oublier son passé ? D'abandonner ? Il avait laissé beaucoup trop de choses derrière lui pour renoncer maintenant. Ginny l'attendait. Ses amis l'attendaient. Son parrain, qu'il n'avait pas encore sauvé, l'attendait.

- Je ne peux pas abandonner. Dit-il, un peu de dépit dans la voix. Il faut que je retourne chez moi. Ma place n'est pas ici.

- Comment peux-tu le savoir alors que tu viens tout juste d'arriver ? Interrogea la jeune femme, en penchant délicatement sa tête sur le côté. Tu ne peux savoir où il te faut aller, ni où tu te dois de rester, si tu n'essayes pas de prendre la route qui se présente à toi. Ce monde peut t'apporter toutes les solutions à tes questions, Harry. Il comblera ce vide que je perçois en toi.

- Assez de tes devinettes ! Hurla le brun, à fleur de peau. Tu ne me connais même pas, et tu crois pouvoir me donner des… leçons psychologiques sur la vie. Dans ma tête, je sais très bien ce que je dois faire. Dis-moi quelque chose d'utile, ou pars ! Je me débrouillerais seule pour le reste.

Un lourd silence s'éternisa dans la pièce à ces mots plein de fiel. Il avait craqué. Oubliant ses plans de ce servir de la vampire pour s'enfuir. Regardant brièvement Alice, il remarqua qu'elle ne semblait pas vraiment énervée par son éclat. Elle paraissait plus intriguée par sa personne, et par ses réactions. Délicatement, elle fit un geste de la main aux deux serviteurs, qui se tenaient silencieusement dans un coin, et qui quitta prestement la petite chambre. Dès qu'ils furent enfin seuls, la vampire le fixa de nouveau.

- Elysion est un monde divisé en plusieurs territoires. Notre royaume, à nous vampires, est le plus grand et nous nous trouvons tout au Nord, vers les plus hauts pics de montagnes, c'est Elyum. Et notre territoire est divisé en quatre monarchies. Expliqua Alice. Il en a été décidé ainsi par le grand roi Carlisle lorsqu'il reprit le trône à la mort de son père. De telle sorte que chacun de ses trois fils puisse posséder une part à diriger seul. Edward, gouverne le nord d'Elyum, le pays d'Efryn où tu te trouves actuellement. Jasper, mon époux, en gouverne l'Est, le Galyas. L'ouest appartenant à Emmett, et à sa femme Rosalie, porte pour nom Orlysin. Et le centre de notre dynastie, Alayis, est gouverné par le roi lui-même. Accompagné de sa femme Esmée. Elle fit une pause pour marquer son discours. Ce monde à ses propres règles, dont la principale est que nous sommes l'espèce supérieure. La plus… mortelle diront nous. De ce fait, en tant que simple humain, tu nous dois un respect total. Le regard pénétrant, elle rajouta : J'espère que ces informations te seront utiles pour éviter les ennuis !

- Tu as dit plusieurs terres. Riposta le sauveur, ne souhaitant pas se disputer avec elle au sujet de ce qu'il pensait de leur espèce, et évitant aussi sa remarque finale. À qui appartient le reste d'Elysion ? Y a –t-il d'autres humains ?

- Au fil des siècles, nous avons perdu et conquis bon nombres de contrées. Mais c'est tout au Sud d'Elysion que résident nos vrais opposants. Dont, les humains… Annonça la jeune femme, sur un ton qui ne laissait place à aucune question supplémentaire sur le sujet. Beaucoup d'autres créatures vivent dans les régions magnifiquement boisés de ce monde avec leurs propres règles et lois. Ce serait bien que tu puisses un jour survivre pour les rencontrer… Enfin, fit-elle en chassant ces pensées de la main, toi, ton rôle aujourd'hui est d'être l'Animal du prince. C'est un grand honneur. Surtout pour un humain !

Le sorcier sentit ses dents crisser à ces mots. Alors même qu'Alice paraissait être la plus aimable de ces vampires, le mot « humain » avait tout de même une connotation insultante sur ses lèvres. Méditant à ces paroles malgré ce désagrément, Harry se frotta mentalement les mains en pensant au Sud. Et à tous ces autres territoires loin des vampires. Pourrait-il trouver d'autres humains ? Vers le Sud, ce serait l'endroit où il se réfugierait lorsqu'il quitterait cet horrible endroit. Peut-être même pourrait-il sympathiser avec leurs adversaires ? Un rictus apparut sur ses lèvres à ces pensées. Puis se rappelant d'un léger détail, il se figea de crainte.

- Tu… Tu ne lis pas dans mes pensées en ce moment ? Balbutia-t-il. Tu n'en as pas le droit !

- Rassure-toi. Rigola la jeune femme. Seuls les vampires les plus puissants développent un pouvoir physique ou mental. Et, nous avons tous une spécialité. Croisant les jambes, elle les énuméra d'un regard lointain. Edward, c'est la télépathie et la télékinésie. Pour Jasper, c'est l'empathie. Quant à moi, mes visions me suffisent amplement !

Se rendait-elle compte de ce qu'elle faisait ? Elle lui révélait tous les points forts, et tacitement les défauts, de ses bourreaux. Après tout, il était facile de surcharger un empathe d'émotion négative pour l'étourdir. Quoique, sans sa magie, tout cela restait assez compliqué. Il devait reprendre des forces. Mais il trouverait ! Aucun doute pour Harry qu'il trouve comment utiliser ces informations à bon escient. Un soulagement l'étreignit lorsqu'il pensa qu'il n'aurait à se méfier que de ce soi-disant prince roux.

- D'ailleurs, la vague de pouvoir que tu as déferlé dans notre désert est la raison pour laquelle tu n'as pas été immédiatement abattu. Réfléchit à voix haute Alice. Les humains sont beaucoup trop faibles pour manier toutes formes de pouvoirs mentaux. Même si tu n'appartiens pas à notre monde, en l'intégrant, tes capacités devraient aussi s'accorder à cet univers. Alors comment as-tu été capable de réaliser ce prodige ? Les yeux un instant perdus dans le vide, la jolie brune se reconcentra presque immédiatement sur ce qu'elle disait. Mais bon, le collier que tu portes va annuler entièrement tous tes pouvoirs. Il est donc inutile de s'en inquiéter…

- Le collier va faire quoi ? S'étrangla-t-il. Il annule mes pouvoirs ?

Le regard marron de la voyante plongea dans son regard choqué, et le dévisagea longuement. Harry répertoriait soigneusement chaque information qu'il recevait. Et surtout la dernière. Grâce à Alice, il savait enfin à quoi lui servait son magnifique collier : à le réduire à l'état de moldu. Pourrait-il encore contacter de sa famille ? Une vague de question parcourut l'esprit du jeune homme tourmenté et blessé. Il fallait qu'il se débarrasse du collier. Tendu, il refusait toujours de détourner le regard, et fixait toujours la vampire de son courage griffondorien. Son esprit, lui, carburait à deux cents à l'heure.

- Tu as du cran. Félicita finalement la jeune femme. Il t'en faudra ! Edward n'est pas quelqu'un de… facile. C'est peut-être pour cela qu'il s'est toujours refusé à avoir un Animal.

- Animal, Animal ! S'énerva encore le sorcier. Qu'est-ce que ça signifie ?

Un sourire plein de malice étira les lèvres rosées d'Alice, ce qui accentua sa nervosité. Sans un mot, il la vit se relever avec grâce de sa couche, et s'éloigna d'elle pour ne pas qu'ils ne se touchent dans cet espace exsangue.

- Je pense que tu découvriras ton rôle, ce soir. Ricana sournoisement la jolie brune. Je m'en voudrais de te gâcher la surprise. Dans tous les cas, j'espère que tu ne te feras pas tuer trop tôt. Cela serait… regrettable.

Et sans qu'elle n'ait besoin d'ouvrir la porte, les deux servantes la lui ouvrirent pour la laisser passer en s'inclinant. Mais avant qu'elle ne disparaisse, sans un mot, Harry voulut lui poser une toute dernière question.

- Pourquoi as-tu pris ma défense ? Questionna-t-il. Tu n'avais aucune raison de le faire. Même ton mari veut ma tête !

- J'ai vu ton arrivée dans une vision, Harry Potter. Rigola franchement Alice, une main délicatement posée devant sa bouche. Mais, je ne suis encore sûre de rien en ce qui te concerne. Tu nous apporteras beaucoup, ou tu causeras notre perte… Le futur est tellement changeant…

Comment pouvait-elle ne pas être sûre ? N'était-elle pas une voyante ? Un ricanement de mépris franchit les lèvres du jeune homme. Si elle était aussi efficace que l'était le professeur Trelawney, il ne pouvait décidément pas se fier à ses paroles farfelues. Déjà, il sentait un mal de crâne le saisir en pensant à ses paroles remplies d'énigmes.

Laisser seul dans la chambre, il passa un moment à essayer de se débarrasser du collier, ou à s'enfuir. En vain.

Regardant par la fenêtre, il finit par remarquer que le soleil ne tarderait pas à se coucher. Il ignora le spectacle de rouge et d'orange du ciel, et pensa qu'une autre journée venait de s'écouler sans qu'il n'ait trouvé le moyen de se libérer de sa situation. Combien de temps était passé dans son monde ? Les avertissements du prince roux vinrent brusquement le hanter le faisant serrer les poings de rage. Jamais il ne rejoindrait cet homme dans sa chambre.

- Nous avons été placés à votre service, monsieur. Lui annonça une voix inconnue, dans la pièce devenue silencieuse suite au départ d'Alice, le faisant sursauter. Il est l'heure de vous préparer pour le prince Edward.

Surpris, Harry se retourna vers la porte et dévisagea plus attentivement ses deux servantes qui venaient d'arriver. Vêtues de vieille robe en toile mauve, elles étaient aussi blanches que de la craie. Vampire, disait son instinct. Les deux jeunes femmes, une petite rousse avenante, et une autre blonde à l'air revêche l'observèrent en retour sans faire de gestes.

- À mon service ? Interrogea-t-il au bout d'un moment. Oh, ce doit être l'un des fameux privilèges.

Personne ne jugea utile d'acquiescer ou non à ces mots. Il ne s'attendait certainement pas à autant d'égard venant de ces monstres. Immédiatement, Harry se dit qu'elles pourraient peut-être lui apporter une certaine aide. Des gens à son service étaient censés lui obéir, n'est-ce pas ? Peut-être ne pourrait-il pas leur demander de le conduire à la sortie du château, mais elle pourrait l'aider à se débarrasser du collier ou à monter une mutinerie. Ou encore à faire diversion pendant qu'il s'échapperait. Le tout était de se montrer fin et aimable, et de ne pas les braquer. Il fallait qu'il fasse quelque chose qui allait contre sa nature de Griffondor, mais faisait plaisir à son côté Serpentard : manipuler.

- Oh faite, y'a-t-il d'autres humains dans les environs ? Tenta-t-il de se renseigner, l'air de rien. Je m'attendais à ce qu'ils servent d'esclaves dans ce monde. Et non, à ce que ce soit « l'espèce supérieure » qui le fasse !

- Ils se trouvent à leur place ! Répliqua hargneusement la blonde. Là, où vous devriez être. Dans les cachots ! Seuls des vampires peuvent avoir le privilège de servir la royauté.

Plissant des yeux, Harry se rappela tout de suite la raison pour laquelle il détestait autant les blondes, et à plus forte raison maintenant, les vampires. Ces êtres débordaient d'une arrogance folle. Mais au moins, avait-il eu sa réponse.

- Et pourrais-je avoir ton nom ? Persifla-t-il tout de même sans pouvoir se réfréner. Que je sache qui va bientôt avoir le privilège de récurer les toilettes de l'humain que je suis ?

- Je me nomme Marianne. Coupa vivement la rousse, souhaitant visiblement mettre fin au début du conflit. Et son nom est Lætitia… Monsieur.

Son dernier mot était hésitant, mais pas insultant. Harry, loin d'être idiot, comprit la manœuvre de la domestique qui semblait vouloir protéger sa comparse à l'air grincheuse. Reniflant de mépris, il se détourna d'elles pour observer posément les environs par la seule fenêtre présente dans la pièce. Il devait trier toutes les informations qu'il avait récoltées aujourd'hui. Il y avait des humains ici, le tout était de savoir comment rentrer en contact avec eux. Car même s'il s'enfuyait de ce château, il faudrait quelqu'un pour le guider à l'extérieur. Des plans de toutes sortes cavalaient déjà dans son esprit.

Ignorant totalement les deux jeunes servantes qui se déplaçaient librement au travers de la chambre, un premier plan s'amoncela dans son esprit.

Une petite rébellion s'imposait.

À SUIVRE.