Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Merlin : Je te remercie d'avoir donné ton avis sur la fic. Pour tout te dire, je ne l'écris pas dans le but d'assouvir un insidieux « fantasme », mais parce que cette histoire me tenait à cœur. Les lemons ne sont pas forcément ma priorité, et ne vont pas être ma raison principale, pour attirer de futurs lecteurs. Tu restes libre de lire cette fic, ou de passer ton chemin, si tu trouves qu'elle manque réellement d'originalité, ou de profondeur.
Yunoki : Coucou ! Ah ah ! Je suis contente de piquer ta curiosité. Je vais tâcher de rester dans cette optique, pour te captiver encore plus avec cette nouvelle aventure. Merci encore de ta review.
vampirette-flower : Salut ! Merci beaucoup pour ton com. Moi aussi, habituellement j'évite la discrimination vampire/humain dans mes fics, mais là, j'ai vraiment envie de marquer les esprits en mettant en avant des scènes assez cruelles. J'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre. Biz.
Ptitcoeurfragile : Merci pour ta gentille review. Ça m'a encouragée à poursuivre cette histoire. Je te laisse en lire la suite ! Biz.
dark-shany : Coucou ! Merci pour ton com, il m'a vraiment fait sourire. Tu ne vas pas tarder à découvrir ce qu'est un « Animal », mais Harry va comme d'habitude empirer sa situation lol. Pour le Sud, je garde le mystère, mais je peux te dire qu'il n'y a pas que des gentils là-bas. Au fait, moi aussi je bave devant un beau Edward avec de longs cheveux, et un corps bien musclés XD. Pour mes futurs post, je mets des nouveaux chapitres toutes les semaines (parfois, plusieurs fois dans la semaine lol), en suivant mon inspiration du jour. Je pense que je vais maintenir cette cadence un bon moment.
Élodie Nina : Alors là, je dois avouer que tu avais très bien deviné pour le rôle de l'Animal. Ils servent de nourriture, et autres… Pour le royaume ennemi, je vais garder le mystère un petit moment. J'espère que ce prochain chapitre te plaira, à défaut d'éclaircir tes questions. Merci encore de me suivre. Bisouxxx.
Chapitre 4 : Le Maitre des jeux
Se rebeller ? Quelle idée ! Harry avait maintenant pleinement conscience de la stupidité de ses plans.
Installé inconfortablement, et regardant tout autour de lui, le jeune homme examina d'un œil morne la vieille carriole dans laquelle il se trouvait. Celle-ci se déplaçait d'ailleurs assez lentement, tirée par un énorme cheval gris sur un vieux chemin de terre entouré de bosquet. Il ne pouvait malheureusement pas vraiment décrire les environs, car la nuit avait depuis longtemps couvert la région de son sombre manteau. Il ne savait donc pas ni où il allait, ni ce qui l'attendait. Cependant, il pouvait encore se rappeler ce qui l'avait amené à cette situation…
Quelques minutes après l'arrivée de ses servantes attitrées, il n'avait pas perdu de temps avant de se lier d'amitié avec Marianne, en ignorant ostensiblement la sombre Laetitia dans un coin. Malgré son dégoût des vampires qui se cessaient d'amplifier depuis sa venue dans ce monde, il se surprit à trouver la servante rousse assez agréable et, surtout, respectueuse de sa personne. Il lui posant à elle aussi de nombreuses questions. Notamment au sujet de son nouveau rôle d'Animal auprès du prince.
- Je ne sais pas si j'ai réellement le droit de vous le dire. Avait-elle hésité au départ. En réalité, les Animals sont là pour répondre aux moindres besoins de leur vampire. Face à la grimace explicite d'Harry, la malheureuse tenta de dorer le blason de la dégradante fonction. Ils sont très respectés, car ils ont beaucoup d'influence auprès de leur maitre. Sachez qu'être celui du prince vous conférera beaucoup de pouvoir auprès des nôtres.
Répugné, Harry avait choisi de refuser d'épiloguer plus longtemps sur le sujet. Par la suite, il ne laissa pas les deux domestiques le laver, ou le faire changer d'habits, pour rencontrer son nouveau « propriétaire ». Car il comptait bien se montrer le moins désirable possible aux yeux du prince. Ce fut donc vêtu de son costume froissé gris clair, qu'il portait pour aller au ministère, qu'il se rendit dans la chambre d'Edward.
Le prince, portant pour unique vêtement un large pantalon en soie bleu marine, semblait étudier méticuleusement une carte posée face à lui. La luxueuse chambre, presque totalement plongée dans le noir, ne permettait pas à Harry de parfaitement la détailler. Comment le prince arrivait-il à lire sa précieuse carte ? Même lui, qui avait il y a des années de cela réparé magiquement sa vue défaillante ne distinguait pas un seul des meubles de la pièce. Il tourna sur lui-même sans rien y voir.
- Les vampires ont une très bonne vue même la nuit tombée. Susurra une voix suave dans le dos d'Harry.
Brusquement, le cœur battant, il se retourna pour dévisager le vampire. Edward s'était encore une fois déplacé à une vitesse hallucinante. Et cela, sans laisser aucun bruit le trahir dans son mouvement. Un rictus aux lèvres, il fixait sa « proie » avec envie. Tout de suite après, en réponse, un dégout profond s'afficha sur la face du brun en le voyant se pencher sur lui.
- Je ne comptais pas vous toucher de cette manière. Railla le vampire en percevant ses pensées sinistres. Aucun immortel digne de ce nom ne s'abaisserait à satisfaire ses appétits charnels auprès d'un humain. Il se lécha les lèvres d'impatience. Non, je ne désire que votre sang. Un Animal nourrit son maitre !
La gorge serrée, et les joues brulantes de honte, Harry ne s'en laissa pas pour autant impressionner. De savoir que cet homme ne souhaitait pas l'étreindre intimement, ne changeait rien à sa situation critique.
- Que ce soit mon sang, ou mon corps, répondit-il avec lenteur, le simple fait d'être en votre présence me répugne. Si vous pensez que je vais rester gentiment là, à me laisser faire, alors j'espère que vous aimez le gout de la déception. Puis, il finit d'une voix pleine de fiel : Espèce de monstre !
À ces mots, et durant un quart de seconde, le sorcier put réellement voir le visage du vampire face à lui. Les yeux qui avaient viré aux noirs, les veines bleues qui avaient creusé la belle peau, et les canines qui s'étaient comme aiguisées, le firent longuement trembler de terreur. Sur ses gardes, il vit le prince se détourner prestement de lui et claquer des doigts d'un geste impatient. Immédiatement, ses deux servantes attitrées avaient surgi dans la chambre. Hâtivement, sans un mot, celles-ci l'avaient emmené dehors pour le reconduire à ses propres appartements. Venait-il de gagner ? Il profita de sa courte victoire avec joie.
- Je te prouverais qu'il est bien meilleur de rester à mes côtés. Persifla la voix rauque du vampire roux avant qu'il n'ait totalement disparu. Je te ferais plier !
Et plus tard, enfermé dans sa petite chambre, Harry se remettait tout juste de ses émotions, assit sur sa couche, lorsque Jasper avait surgi dans sa chambre au grand ravissement de Lætitia postée dans un coin. Un sourire mesquin aux lèvres, l'archer lui avait annoncé avec un plaisir non feint avoir réussi à convaincre Edward de se débarrasser de lui.
- Quel plaisir de savoir que tu as ruiné toutes tes chances de rester en vie, tout seul comme un grand, sans que je n'ai à intervenir. Grinça le vampire blond. Peu m'importe ce qu'en pense mon épouse, à mes yeux, tu ne nous apporteras que des ennuis.
Très vite, des gardes armés avaient surgi dans la pièce, avant de l'emporter à l'extérieur du château. Là, ils l'avaient forcé à monter dans une vieille charrette, ignorant royalement ses cris de protestation. Alice, qui était apparue, avait bien tenté de l'aider, mais son compagnon avait eu tôt fait de l'arrêter. Et sur la route qui le menait vers un autre endroit inconnu, alors qu'il se frappait contre les barreaux de la charrette, Harry n'arrivait toujours pas à regretter son insolence même si la peur voulait le faire douter.
Fulminant toujours, il regarda autour de lui et constata avec affliction qu'encadré comme il l'était par ces soldats, il ne pourrait même pas réussir à fuir. Les soldats étaient quatre en tout, deux poster de chaque côté de lui, un à l'arrière et un autre en tête de la troupe. Les fixant, le brun remarqua qu'ils portaient tous une armure argentée, avec pour blason sur le devant. Un aigle en feu. Où était-ce un phénix ? Oui, c'était bien ça, un phœnix qui ouvrait ses magnifiques ailes pour s'envoler y était parfaitement dessiné avec pour fond deux épées entrecroisées. Les casques qu'ils avaient sur la tête l'empêchaient de réellement décrire leurs traits, mais il pouvait apercevoir la longue épée qui pendait à leur taille.
La procession avançait dans un silence mortuaire.
De profil, ou de dos, ils remplissaient leur mission dans le calme. C'étaient des guerriers, certainement bien entrainés, et le brun sentit lentement le calme dont il faisait preuve le remplir d'angoisse. Il serait suicidaire d'essayer de se rebeller contre eux. La charrette marcha sur un nid de poule qui le fit se frapper contre les barreaux. Son grognement de douleur ne lui apporta aucune sympathie. Et grinçant des dents, il se dit que le statut d'Animal lui apparaissait soudainement comme un titre très intéressant.
Ils continuèrent leur ascension vers cet endroit inconnu où il devait le mener sur cette route cabossée de pierre.
Sans avertissement, il sentit l'allure des chevaux diminuer sensiblement. Dans un sursaut, il força ses yeux à s'adapter à l'obscurité ambiante pour tenter d'apercevoir son environnement. Il se trouvait à présent à l'intérieur d'une grande forêt, où au loin, un immense manoir s'y étendait. Tout l'espace était éclairé par des milliers de lumières qui semblaient virevolter dans la nuit noire et tenir toute seule dans les airs. Harry aurait presque pu croire se trouver aux portes d'un petit Poudlard tant l'air respirait la magie ancestrale. Pourtant, une voix lui disait qu'il ne s'y sentirait pas aussi bien qu'à l'école de sorcellerie. Surtout lorsqu'il passa le portail du domaine, et que son chariot se dirigea vers l'arrière de la demeure de pierre.
À leur passage d'autres vampires, à la même peau pâle, le fixèrent avec avidité.
Les défiant d'un regard pas aussi assuré qu'il le voudrait, il ne tarda pas à s'enfoncer dans une petite cour où des officiers les attendaient. Finalement, la procession s'arrêta un grand bruit de ferraille rouillée. Deux des gardes du corps d'Harry ouvrirent alors la porte de la charrette pour lui lancer un regard d'avertissement. Comprenant, le jeune homme leva les paumes en l'air, en signe de paix. Ils l'aidèrent alors à quitter sa prison. Il s'approcha du manoir sous bonne garde tout en tentant de repérer les alentours. Il le guida vers une porte en bois dans le renforcement du mur que le jeune homme n'avait jusqu'alors pas remarquée.
Celle-ci s'ouvrit sur ce qui semblait être le garde mangé, car des tonnes de sacs de provisions y avaient été rassemblées. D'ailleurs, ceux qui étaient encore ouverts laissaient apercevoir ce qui semblait être des grains de blé. Plus loin, des tonneaux dont l'odeur indiqua qu'ils contenaient de l'alcool prenaient le plus de place dans la pièce en désordre.
Avançant, Harry vit deux autres soldats garder une énième porte dans le fond, tandis que d'autres vampires entraient pour récupérer de la nourriture dans les sacs. Celles-ci étaient des femmes, habillées de vieille robe boueuse, et dont la tête et les épaules restaient basses. Le brun fut légèrement surpris en voyant leur tenue. Il avait fini par être habitué à voir ces démons toujours bien apprêtés. Et même ceux qui ne vivaient pas au château semblaient s'habiller dignement. Or, ces femmes dans leurs habits trop grands et malodorants ressemblaient un peu plus à des esclaves. Frissonnant, Harry comprit qu'il venait peut-être de toucher le fond.
De forts applaudissements interrompirent ses pensées désolées.
- Quel belle créature, vous ne trouvez pas ? Dit une personne dans le fond de la pièce. Mon nom est Keren, et dans cette humble demeure, je suis le Maitre des jeux.
Cette voix était réellement douce et calme. On aurait pu penser qu'il venait de chanter, et non de parler. S'approchant de la lumière des chandelles environnantes, Keren se révéla être indubitablement un bel homme. Il était plutôt grand, avec un corps délicat, et de longs cheveux bruns. Vêtu d'une tunique pourpre, il abordait d'énormes bijoux en or noués dans ses cheveux afin de mettre en valeur son visage fin, presque androgyne. Ses yeux, bien que d'un beau bleu électrique, semblaient par ailleurs calculateur et méprisable. Il était, sans aucun doute, en train d'évaluer la valeur du nouveau venu. Il continua à le dévisager un long moment avant de s'exprimer.
- Bienvenue au manoir des plaisirs, humain. Minauda-t-il. J'ai justement assez de temps pour te faire participer à un de mes jeux favoris. Cela risque fort d'amuser les nobles du royaume qui payent une fortune pour venir se divertir en ces lieux. Mais c'est tout de même dommage… Moi qui voulais faire de toi mon servant personnel… Avec de tels yeux… Hum… Mais bon, le prince Edward a expressément demandé à ce que tu y participes !
Le brun mordit sa langue jusqu'au sang à ces mots. Devait-il se réjouir de ne pas être son servant ? Ou s'effrayer de participer à ce fameux jeu ? Il était encore plus nerveux maintenant qu'il était soumis au regard calculateur de celui qu'il considérait dès à présent comme étant le bouffon du roi. Dire qu'il avait été donné à ce fou au regard lubrique. Pire, il se trouvait donc recalé au titre de divertissement de la royauté. Frissonnant de terreur, il se sentit de plus en plus pris au piège. Il était autant effrayé qu'impatient à l'idée de connaitre les règles de ces fameux jeux.
Mais déjà, Keren tournait les talons pour sortir de la pièce avec un empressement non feint. Et Harry fut, bon gré mal gré, forcé de le suivre.
- Ça va être grandiose... Se félicita le Maitre des jeux, en parcourant d'immenses couloirs sombres. Le plus grand jeu que j'ai pu présenter jusqu'alors…
Voyant les servantes qu'il croisait dans les couloirs se faire malmenés par des gardes, il sentit une boule lui broyer le ventre. Une certaine crainte mêlée de rage envahit de nouveau le brun en constatant qu'il serait encore plus maltraité ici. Et cette simple constatation le blessa plus que toute autre chose. Il ne valait vraiment rien aux yeux de ces vampires. Sa vie, son existence même étaient insignifiantes. Ne valait-il pas mieux au final pour lui de resté auprès du prince roux ? Aussi sanguinaire fût-il, lui, au moins, n'avait réclamé que son sang. Le Maitre des jeux, lui, paraissait être beaucoup plus vicieux.
Ce dernier s'arrêta dans sa course, lui sourit vicieusement, puis lui passa une main froide le long du cou – son collier - avant de se détourner. Il semblait autant ravi de ce qu'il avait prévu, que déçu de ne pas avoir la chance de profiter de lui. Ouvrant la bouche pour tenter de protester, il sentit le collier qu'il portait toujours autour du cou le bruler atrocement. Keren se retourna une fois de plus face à lui avec un large rictus aux lèvres. Et alors, il sut. Il sut que cet homme avait aussi le pouvoir d'utiliser son collier contre lui. Sans un mot, le Maitre de jeux reprit sa course, et, sous les bousculades des soldats, il dut se remettre aussi à avancer.
Essoufflé par la soudaine douleur, Harry courrait plus qu'il ne marchait dans le dédale de couloirs. Un soldat devant lui, qui semblait lui aussi le haïr pour une tierce raison, se mit à le tenir par le bras pour le forcer à suivre Keren sans discuter. Le sorcier n'avait même pas le temps de s'extasier devant la beauté de la résidence à mesure qu'il s'y enfonçait, et au vu de sa situation, l'envie ne se faisait pas réellement sentir.
- On m'a raconté que tu avais un caractère épouvantable. Dit Keren. D'où ta chute dans notre hiérarchie !
Harry eut envie de rétorquer qu'il se moquait totalement de son avis. Cependant, il se retint de tout commentaire désobligeant.
- Ici, tu n'as pas la moindre chance de t'évader. Continua Keren en jubilant presque. En dehors de la garde royale postée un peu partout dans ces lieux, sache que celui que tu dois craindre le plus... C'est moi. Déclara-t-il d'un ton cinglant en regardant droit dans les yeux le nouveau prisonnier. Bien, pressons-nous !
Ce discours laissa le jeune homme de glace, il avait eu plus de crainte à affronter les Mangemorts que cet ignoble vampire. Quant à Edward, il était du même gabarit que Voldemort celui-là !
Bien trop tôt, ils quittèrent les belles pièces bien agencées pour arriver dans une vieille salle abandonnée et malodorante. D'ailleurs, Harry ne saurait dire à quoi servait cette pièce, pleine de saleté et de toiles d'araignées. Regardant aux alentours, il finit par remarquer dans le fond d'autres personnes attachées à la taille et aux mains, trembler les uns contre les autres. Ils semblaient attendre, terrifiés, la suite des événements. Le sorcier ne tarda pas à reconnaitre que c'était des humains, grâce à leur tenu délabré, et à la chaleur de leur peau qui faisait rougir leurs pommettes. Tout comme leurs yeux qui, à la différence des vampires, ne semblaient pas rayonner dans le noir. Pourquoi les avaient-ils réunis ici ? Harry ressentait encore plus d'angoisse lorsqu'on le fit avancer vers eux.
Dans un sursaut, il vit Keren s'approcher soudainement de lui, un tisonnier brulant à la main avec un grand C gravé dessus. Écarquillant les yeux, il mit du temps à comprendre ce qu'il avait pourtant devant les yeux. Il ne voulait tout de même pas le marquer ? Comme du bétail ? Regardant derrière lui, Harry vit alors que tous les autres prisonniers possédaient une vilaine marque boursouflée sur leur avant-bras. Cela n'augurait vraiment rien de bon.
Se débattant fortement contre le garde qui le me maintenait, il ne put malheureusement que capituler face à la force de ses geôliers. Le maitre des jeux l'agrippa alors méchamment par le cou et, les yeux plongés dans les siens, le marqua violemment sur sa côte droite. Le cri de souffrance que poussa le brun dut certainement s'entendre au travers de tout le royaume. Se rapprochant au plus près de lui, Keren chuchota, presque tendre :
- Il aurait été dommage d'abimer cette magnifique peau à un endroit trop visible. Puis, prenant une pause dramatique, il reprit. Je suis presque désolé de devoir te sacrifier… Brave bête ! Tu sais que tu dois te laisser faire. Que tu as perdu.
Sur ces mots, ce dernier se détourna de lui qui souffrait et se tordait entre les mains de son geôlier, pour ordonner au garde de bien les surveiller cette nuit. Déposant au passage d'un geste amusé dans un bac d'eau sale son tisonnier encore fumant de la chair brulée.
- Je vous prouverais que vous avez tort. Ne put s'empêcher de rétorquer Harry, essoufflé. Vous ne serez pas forcément le gagnant de cette bataille contre moi.
Le silence qui suivit la réponse du jeune homme fut mémorable alors que Keren s'était arrêté sur le pas de la porte. Levant lentement les yeux vers lui, il se vit celui-ci se retourner lentement pour se contenter d'esquisser un sourire hideux.
- Pauvre, Harry Potter. Souffla-t-il alors en se retournant pour partir. Tu n'as pas encore compris que c'est la guerre qui est déjà perdue.
Tout de suite après, Harry sentit ses mains être sauvagement attachées par de solides chaînes en fer forgé par ses gardiens. Et même sa taille endolorie ne fut pas oubliée.
Reculant légèrement d'inconfort, il remarqua que la chaine qui entourait ses fines hanches le reliait fatalement aux autres prisonniers. Si le jeune homme voulait s'enfuir, outre la difficulté de passer la vigilance des gardes, ce serait donc avec tous ces pauvres gens. Mais il doutait sérieusement que ces personnes terrifiées, et pour la plupart blessées veuillent le suivre dans son plan suicidaire. Ils semblaient tous résolus à leur triste fin. Et lui, qui sentait la fièvre poindre, ne s'en sentait même plus capable. Détournant les yeux, le sorcier plaqua une main tremblante sur sa marque encore fraiche. La peau étant déjà rouge et enflée. Et il avait tellement mal qu'il dut se forcer à retenir ses larmes de douleur.
Ils passèrent la nuit, les uns contre les autres avec des gémissements de peur et d'angoisse emplissant continuellement la pièce.
Au lever du soleil, Harry qui était encore engourdi par sa nuit de veille se sentit être déplacé, et ne put que suivre le mouvement. Totalement épuisé, encore un peu fiévreux, tout esprit combattif l'avait déserté. Ouvrant un œil morne, il put apercevoir au-devant de leur troupe Keren, qui semblait plus qu'heureux de se pavaner avec sa suite d'esclaves. Ils traversèrent d'innombrables autres portes, ne prenant nullement la même direction que lors de leur arrivée, dans un silence le plus complet malgré les tremblements continuels des prisonniers. Finalement, ils ne s'arrêtèrent qu'une fois arriver dans une énorme alcôve sombre et crasseuse. Des tonnes de tonneaux vides entouraient les prisonniers, l'odeur entêtante de l'alcool vieillit imprégnant les murs, et une seule autre porte en bois massif était visible. Un des soldats qui les accompagnait l'ouvrit prestement pour sortir, et Harry put remarquer qu'elle menait vers une magnifique forêt. De nouveau, un début de plan d'évasion se forma dans sa tête douloureuse et fiévreuse. Dans sa situation, l'espoir était tout ce qui lui restait. Il ne pouvait pas abandonner.
Le Maitre des jeux choisit ce moment précis pour retenir la porte, et ainsi discuter avec un des soldats à l'extérieur.
- Veille à ce qu'il y ait toujours quelqu'un pour les garder. Ordonna-t-il. Tu sais qu'on ne peut pas faire confiance à ces animaux !
Harry grogna à cette phrase dégradante sans pouvoir se retenir. Immédiatement, Keren apparut face à lui, et le dévisagea avec hargne. Presque sans y penser, le sorcier le détailla encore une fois brièvement. Il était effrayant. Cependant, c'était une « qualité » que semblaient posséder tous les vampires de ce monde. Son corps, mis en valeur dans un nouvel ensemble rouge, était tout en finesse. Quant à ses yeux, toujours ce même regard effroyable, ils n'exprimaient qu'une amère méchanceté. Une peur viscérale étreignit Harry, et lui tordit immédiatement les tripes sans qu'il parvienne à la repousser totalement. Il ne devait pas contrarier cet homme. Cette information parcourut vivement son esprit tel un signal d'alarme. Oh oui, ce vampire était un symbole de la mort.
- Il n'y aura aucun problème, n'est-ce pas ? Se contenta de lui demander Keren. Mon gentil petit trésor aux yeux verts…
Puis, sans attendre de réponse, et, avec surprise, sans le frapper, il quitta vivement la pièce.
Harry sentit que les autres détenus relâchaient enfin la pression en s'asseyant au sol, et il suivit encore une fois leur mouvement. Sa main plaquée sur sa côte endolorie, il se força à garder ses forces pour le "jeu" auquel il serait forcé de participer ce matin. Fermant les yeux de souffrance, son esprit s'évada aussi loin que possible de sa triste situation.
Au final, il n'aurait peut-être pas dû repousser ce satané prince.
À SUIVRE
