Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Ptitcoeurfragile : Merci pour ta review. Elle m'a beaucoup encouragée. J'espère que ce chapitre te plaira. Bisouxxx.

coco73 : Coucou ! Merci pour ce gentil com. J'espère que cette suite te plaira tout autant. Biz.

Élodie Nina : Je suis du même avis que toi, Harry devrait apprendre à tenir sa langue lol. Dans ce chapitre, tu vas savoir en quoi consiste ce fameux « jeu », et j'espère ne pas te choquer. Je me rends compte que je fais vraiment dans le gore. Bisouxxx.

Yunoki : Coucou ! Merci pour ta review. En fait moi j'aime bien faire apparaitre les protagonistes principaux de mon histoire méchants, voir cruels, pour pouvoir par la suite les rendre meilleurs lol. Je sais que ça fait bizarre, surtout lorsqu'on pense à Twilight, mais je veux me réapproprier ces personnages, pour plus les adapter à mon histoire. Je pense que cela rendra leur sentiment (amitié, amour, trahison…) plus fort. Bisouxxx.

Chapitre 5 : Divertissements royaux

Il n'avait pas rêvé de ses proches.

Ce fut la première pensée qui traversa l'esprit d'Harry alors que son esprit vagabondait à gauche à droite à la lueur d'un nouveau jour. Il savait que son collier ne le permettrait plus d'user de sa magie, mais il avait tout de même espéré pouvoir s'évader durant un court instant. Et cela le rendit encore plus amer ce matin-là.

Dans la faible luminosité qui l'entourait, il arrivait à percevoir les autres prisonniers avachis au sol à ses côtés, ainsi que leurs tremblements d'effroi. Soudain, troublant le silence angoissé, son ventre fit un bruit affreux pour lui signifier qu'il mourrait de faim. Plusieurs de ses camarades d'infortune sursautèrent à ce son, et il faillit presque de s'excuser face à leurs yeux écarquillés, avant de les voir se recroqueviller dans leur coin. La faim le tirailla encore une fois, presque qu'en silence, et il plaqua une main tremblante contre son ventre. Il n'avait pas mangé depuis qu'il était sorti de sa chambre au château. Et à l'heure actuelle, il en venait vraiment à le regretter. Les vampires n'avaient jamais entendu parler du dernier repas des condamnés ? Manifestement non.

Dans ce douloureux moment d'attente et d'inquiétude qu'il vivait, la seule bonne nouvelle qui lui tira un rictus était que la blessure de sa côte ne le faisait plus aussi souffrir. Une croute s'était comme formée, diminuant la douleur, et faisant coaguler son sang. Il jeta un coup d'œil à la plaie, grimaçant à la vue de peau boursoufflée, et la toucha d'un doigt tremblotant. Ça faisait toujours mal finalement. Soupirant, il reporta une fois de plus son attention sur les autres captifs. Seul chose pouvant retenir son attention et le détourner de l'angoissante attente qu'il subissait. Il vit alors qu'il s'agissait principalement d'hommes, de jeunes hommes, portant sur leur corps des grandes marques de coups de fouet. Les quelques femmes présentes se seraient les unes aux autres en leur tournant le dos. Penchant la tête pour les compter, il remarqua qu'en tout ils devaient bien être une bonne quinzaine à devoir supporter cette nouvelle épreuve.

Remarquant, le chagrin et la terreur suintant des autres humains, il hésita, mordilla sa lèvre inférieur, puis, prenant son courage, ne put s'empêcher de briser la glace. Après tout, ils se trouvaient tous dans la même galère.

- Vous n'avez pas à vous inquiéter. Murmura-t-il doucement. Tout se passera bien.

Il ne le pensait pas lui-même mais ne savait pas ce qu'il pouvait bien dire d'autres pour les réconforter. Un pieu mensonge devait bien valoir une franche vérité. Les autres prisonniers, pour toute réponse, le fixèrent avec encore plus de frayeur dans leurs yeux. Harry s'en sentit soudainement gêné, et se tendit lorsqu'il vit certains traits se mouvoir en colère pure contre lui. Qu'avait-il donc dit de si terrible ? Un homme aux cheveux châtains à sa droite, maigre et sale, renifla dédaigneusement en sa direction avant de le fusiller allégrement du regard. Loin de se laisser intimidé, il lui rendit son regard, bien qu'avec une certaine confusion face à tant d'hostilité.

- T'es bête ou quoi ? Aboya sans ambages ce dernier. Tu ne te rends pas compte de notre situation ?!

- Abel ! S'insurgea immédiatement une jeune fille blonde. Il ne sait pas. Ce n'est pas de sa faute. Regarde… Il n'a pas l'air de venir d'ici. Cela se voit à ses vêtements.

En effet, le sorcier portait toujours son ensemble gris chiffonné, alors qu'eux ne portaient que des vêtements pour la plupart usés et déchirés. Les femmes avaient été revêtues d'une vieille robe en toile rêche qui devait, avant, être blanche. Quant aux hommes, ils ne portaient que de vieux pantalons marron trop grands, qu'ils retenaient grâce à une vieille ficelle toute crasseuse. Ils ne venaient certainement pas d'arriver dans ce monde. Étaient-ils des humains originaires d'Elysion ? C'était certainement des rebelles, des gens du Sud, déduit-il rapidement. Car il doutait que le prince Edward, vu sa haine pour leur race, les ait invités dans son royaume. Comme avait dit son frère, Jasper, un humain en territoire vampires était une infraction. Alors pourquoi ne se trouvaient-ils pas, soit mort, soit dans des cachots, comme lui avait gentiment expliqué Lætitia, au lieu d'être maintenus en captivités ici ? Ils devaient, comme lui, avoir commis un crime assez grave pour avoir à subir une fin encore plus horrible. Les questions se multipliaient dans sa tête. Mais face à l'hostilité de ses congénères, il ne pipa mot.

- Je suis Gladys, reprit la blonde. Tu m'as l'air assez perdu. Peut-être pourrais-je t'aider ? À l'heure actuelle, je n'ai plus rien à perdre.

- Que faites-vous là ? Interrogea-t-il après un petit silence, et avec méfiance. Je veux dire… Je pensais que tous les humains étaient prisonniers dans les geôles du prince.

- Tu n'as jamais entendu parler de la rébellion, ou quoi ? S'agaça de nouveau le prénommé Abel. Nous faisions partie des rebelles venus du Sud.

C'était bien ce qu'il avait déduit par lui-même. Il plissa les yeux et se força à ne pas répondre ouvertement au dénommé Abel. Réfléchissant, il fut convainquit de nouveau qu'il se devait de trouver un moyen d'atteindre cette région, le Sud. Il y serait beaucoup plus en sécurité qu'en territoire vampirique. Et surtout, là-bas, il pourra certainement y trouver un moyen de quitter Elysion le plus rapidement possible.

- Pardonne la brutalité de mon frère. S'excusa Gladys, en fusillant du regard l'intéressé. Mais comme il te l'a expliqué, nous venons du Sud. Nous avons été pour la plupart capturés alors que nous menions une petite mutinerie au sein même du château du prince. C'était la première fois que nous arrivions aussi loin ! Malheureusement, tout ne s'est pas très bien passé, et maintenant j'ai bien peur que ce soit la fin.

Harry voulait bien la croire. Leurs bourreaux étaient loin d'être des gentils. Qu'avait-il fait pour se retrouver là ? Au plein milieu d'un conflit humain contre vampire ? De plus, à ses yeux, ces deux peuples ne combattaient pas du tout à armes égales. Que pouvaient bien faire des humains, sans pouvoir magique, contre de puissants suceurs de sang ? Ils couraient à leur perte.

- Votre plan était suicidaire. Dit-il alors sans y penser d'un ton désabusé. Ne me dites pas que vous n'aviez pas conscience de perdre dès le départ ?

- Qui te demande ton avis à toi, ex-Animal ? Riposta avec méchanceté Abel. Oui, je me rappelle de toi ! Ton aventure nous est même parvenue à nous, qui sommes les jouets du prince. Il cracha au sol avec morve. Le tout nouvel Animal du seigneur qui a refusé d'accomplir son rôle... Sais-tu combien d'entre nous vendrait sa fierté pour avoir ta chance ? Être auprès du prince, pouvoir l'influencer, et, peut-être même le renverser. Tu nous fais vraiment honte !

Cet homme était un fou mégalo. Harry écarquilla les yeux tout en l'écoutant déblatéré des plans de conquête et de renversement des royaumes vampires. Même s'il devait reconnaitre, qu'il avait raison sur un point : un humain, qui jouerait les taupes, auprès du prince aurait certainement aidé leur cause. Le seul problème était qu'il ne voulait pas faire partie de leur cause ! Il voulait rentrer chez lui. Rien de plus.

- Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que nous devrions perdre du temps en remontrances. Coupa raidement Gladys. Le maitre des jeux à l'air plus qu'heureux aujourd'hui. Cela ne peut être que de mauvais augure pour nous.

- Pourquoi ? Questionna-t-il instantanément. Vous êtes là depuis longtemps, non ? Vous devez être au courant de ses… pratiques ?

Du coin de l'œil, Harry vit le jeune homme aux cheveux châtains prêt à lui bondir dessus pour le frapper. Loin de se laisser impressionner, il attendit que sa sœur le calme de nouveau afin d'avoir sa réponse.

- Beaucoup d'entre nous a déjà perdu la vie au cours des jeux de Keren. Expliqua posément Gladys. Nous sommes les derniers. Elle baissa les de tristesse. Il ne fait aucun doute que ces monstres nous réservent le même sort funeste que nos pairs. Il est l'heure…

- On va tous mourir ! Hurla Abel, ne se contenant plus. Et tu sais quoi ? Grâce à toi beaucoup de nobles vont venir se divertir aujourd'hui. Mais avec un peu de chance, ils voudront tellement te faire la peau qu'ils nous oublieront au passage !

Dès qu'il eut fini sa tirade pleine de fiel, Abel éclata d'un rire hystérique, et incontrôlable. Ce garçon était fou, mais Harry pouvait-il l'en blâmer ? Après tout, ils avaient vécu toute une vie de servitude à combattre nuit et jour avec la mort pour seule compagne. Tout cela, pour au final finir en "divertissement" royal. Baissant la tête sur ses chaines, il se rendit compte qu'il n'avait lui aussi aucune chance. Il allait forcément mourir ici, aujourd'hui, dans quelques heures… Le pire était qu'ils étaient tous condamnés à mort pour des raisons futiles. Parce qu'ils étaient humains, certes rebelles, mais avant tout humains. Pourquoi une telle ségrégation existait dans ce monde ? Et dire que tous ces morts ne devaient servir qu'à un seul but : divertir le prince et ses nobles.

Ses yeux brillèrent de peine trop longtemps contenue, et il retint bravement les larmes qui menaçaient de s'écouler au coin de ses yeux émeraude. Il ne s'était encore rien passer. Il ne devait pas craquer maintenant. Mais Abel, qui le guettait en balançant frénétiquement son corps d'avant en arrière, esquissa un large sourire satisfait. Il le pouvait en effet, Harry avait comprit dans quel gouffre ils étaient tombés.

Découragé malgré lui, il attendit dans un silence mortuaire que la fin vienne le chercher, sans plus oser regarder aucun des autres condamnés. Pas même la gentille Gladys.

Au bout d'un moment, ils entendirent des voix se rapprocher de leur alcôve. Et bien trop tôt, Keren entra dans la pièce d'un air conquérant, et admira rapidement ses magnifiques jouets. Maladroitement, Harry sentit les autres détenus se redresser à son entrée, et, enchainé, il fut forcé de suivre le groupe dans son mouvement. Le Maitre des jeux avait pour l'occasion, encore une fois, changé de tenue, revêtant un ensemble bleu clair brodé de pierres précieuses. Ses cheveux lâchés pendaient admirablement, devant son visage fin. Se mettant bien en vue, en face de ses captifs, il le vit bomber le torse de fierté avant de prendre la parole :

- Quel délice de vous revoir. Salua-t-il, espiègle. Cet après-midi, il y a vraiment une foule de nobles venus participés à nos petits jeux. Il se chuchote même dans les couloirs que Son Altesse le prince Edward sera parmi nous. Un sourire d'extase étira son visage à cette pensée. J'ai donc prévu, avec votre aide bien sûr, un divertissement à la hauteur de mes invités. Prenant une pause dramatique, et se régalant de la terreur présente dans les yeux de ses interlocuteurs, Keren poursuivit sa tirade. C'est avec peine que j'ai donc décidé de me séparer de vous. Aujourd'hui, vous aurez l'immense plaisir de participer à ce que j'ai modestement appelé : la chasse au trésor dans la forêt éternelle d'Alésya.

De toute part, des cris d'effroi retentirent alors que certains prisonniers se jetaient même au sol de désespoir. Harry, ne comprenant pas tous les tenants et aboutissants de ces quelques mots, en restait muet d'horreur. Chasse au trésor ? Il n'arrivait pas à comprendre. Son cerveau, trop longtemps éprouvé, n'assimilait plus aucune information. Qui jouerait le rôle de trésor ? Et qui jouerait les chasseurs ? Secouant la tête, il ne put retenir le long frisson qui parcourut son dos, le glaçant sur place. Alors allaient-ils être chassés comme des animaux ? Car il ne faisait aucun doute qu'ils allaient être poursuivis. Comme les malheureux dans le désert !

Cela ne pouvait pas être vrai. Hébété, il dévisageait le Maitre des jeux, tout en sachant que même s'il écrasait sa fierté pour le supplier, celui-ci ne changerait pas ses plans.

- Silence ! Ordonna froidement Keren, fusillant son public du regard. Le but du jeu est surtout de vous retrouver à travers la forêt d'Alésya qui borde ma propriété. Comme vous le savez, nous sommes des chasseurs nés. J'imagine donc qu'il sera jouissif pour les miens de vous de vous traquer. Ceux qui survivront… Qu'est-ce que je raconte ? Après tout, aucun humain n'a jamais survécu !

Pas censé survivre ? Harry, dont les pensées étaient en vrac, réagit automatiquement face à cette dernière pique de méchanceté gratuite.

- C'est stupide ! Hurla-t-il. Vous n'avez aucun droit de faire ça ! C'est contre les lois...

- Tais-toi ! Éructa le Maitre des jeux, furibond. Écoute bien ce que je vais te dire, ici tu n'as pas le droit à la parole, et tu fais précisément ce qu'on te dit de faire sans rechigner. Si tu me fais honte, aujourd'hui...

Il laissa planer le reste de sa menace un long moment dans le silence glacé de la pièce.

- Vous ne pouvez pas faire ça... S'entêta-t-il pourtant à dire.

- Je disais donc, répéta Keren, imperturbable, que vous allez dans quelques instants être conduit à différents endroits de la forêt. Là, enfermés dans une cage, vous ne disposerez que de quelques minutes pour vous libérer. Prenez garde, car les participants iront droit vers votre emplacement étant donné qu'ils possèdent une carte pour vous localiser. Donc il est dans votre intérêt de quitter les lieux avant leur arrivée. Keren fit encore une pause, pour laisser aux écroués le temps de saisir toutes ces nouvelles informations. Si vous arrivez jusque-là, vous devrez alors courir pour vos vies. Le but étant qu'il faut qu'aucun noble n'arrive à vous attraper avant que vous ne touchiez l'eau de la rivière éternelle bordant la forêt. Le temps de ce jeu est bien sûr limité, rassurez-vous, et il durera jusqu'à ce que la grande horloge de ma demeure sonne les douze coups de midi. D'ailleurs, des battements de tambour vous signaleront la fin du divertissement. Bien que je doute qu'un d'entre vous n'en endente la fin. Un ricanement plein de malveillance lui échappa, et il dut masquer sa bouche de sa main pour légèrement se reprendre. Bref, si vous parvenez à ne pas être capturé - ce qui m'étonnerait - et à atteindre la rivière, vous serez sauf… Libre, si vous préféré. Voilà ! Ce n'est pas très compliqué, n'est-ce pas ? Même pour vous !

Défiant Harry du regard de l'en empêcher, Keren s'en alla dans un geste gracieux, laissant son rire résonner au travers de l'alcôve. Le sorcier entendait déjà les reniflements et les gémissements de ses semblables totalement abattus alors qu'une chape de plomb tombait dans son estomac. Quelle horrible façon de mourir.

Il faillit se laisser abattre lorsque le souvenir de ses proches vint flotter devant ses yeux. Le souvenir de Sirius qui l'attendait quelque part fut un autre électrochoc. Et il releva la tête tout en serrant les poings. Il n'avait pas d'autres choix. Il se devait de se battre. Il pouvait s'en sortir. Oui, il pouvait atteindre la rivière. Leur jeu allait tourner court avec lui comme proie. Il avait survécut à un mage noir, il n'allait pas reculer face à des vampires. Ragaillardi, il se força à sourire, confiant, ignorant le craquement de ses lèvres sèches et douloureuses. Les autres malheureux le regardèrent, puis Abel, qui souriait follement pour sa part, et ils semblèrent se dire qu'il avait lui aussi perdu l'esprit. Et ils n'avaient peut-être pas totalement tort. Personne n'essaya de lui parler, et beaucoup prièrent dans de belles langues étrangères. Il ne les interrompit pas car c'était bien mieux ainsi. Harry ne voulait pas s'attacher, ou se déconcerter maintenant. Il savait ne pas pouvoir les sauver, et ce simple fait fit accélérer le rythme de son cœur déchiré. Au-dehors, c'était la jungle.

Un certain temps s'écoula, Harry se répétant inlassablement qu'il se devait de gagner contre le maitre des jeux, le prince. Puis, il y eut soudainement plus de bruit à l'extérieur de leur pièce. De sa position, tout au long de la journée, il avait pu percevoir les bruits de réjouissance et de festoiements. Mais là, il n'y avait plus rien. Et bien qu'il ne puisse rien voir, cela l'inquiétait comme les autres. Bientôt, ils entendirent des voix assez grivoises s'élever, ainsi que le bruit caractéristique des chevaux non loin d'eux.

Ne rien voir était une véritable torture.

Peu importait, secouant la tête, se calmant, Harry se dit qu'il se devait de rester concentré. Après tout, il était un très bon joueur de quidditch, et possédait une incroyable résistance physique. Il avait toutes ses chances pour rester en vie. Certes, il n'était pas un sprinteur, mais il avait de l'endurance. On ne passait pas toute une enfance à fuir Dudley sans un peu de souffle. Et ce fut ce moment précis, alors qu'il se ragaillardissait, que choisirent plusieurs gardes pour entrer dans la sombre alcôve. Lentement, il se figea en attente de la suite des évènements. Il ne fallait pas se débattre car il se devait de garder des forces pour cette chasse au trésor mortelle.

Sans un mot, les soldats les bâillonnèrent, Harry en premier, et couvrir leurs yeux d'un tissu rêche. Le jeune homme sentit la chaine autour de sa taille tombée, le libérant de la présence des autres prisonniers. Cependant, bien qu'il ne fût plus relié à eux, ses mains furent prestement entravées devant lui avec cette fois-ci une corde bien résistante. Quelqu'un souleva son corps, et son porteur se mit prestement à courir à toute vitesse. Déjà, Harry entendit des bruits d'oiseaux, et le claquement des arbres l'entourer. La luminosité faiblit sensiblement autour de lui, et bien qu'aveuglé, il parvint que trop bien à le ressentir. Entendant une porte rouillée s'ouvrir, il ne tarda pas à être brutalement déposé sur un sol dur et froid. Le bruit d'une porte qui claque fut la dernière chose qu'il put percevoir.

Sans perdre de temps, Harry se délivra de ses entraves, s'aidant de ses dents pour libérer ses poignets, se fichant de se mordre plusieurs fois au passage, et observa autour de lui.

Il était dans une grande cage détériorée, au fin fond d'une vieille grotte malodorante et obscure. Se penchant vers l'avant de sa prison, il vit qu'il était retenu en suspension à quelques mètres du sol. Et comme il l'avait pressenti, il faisait horriblement noir. Seuls quelques rayons du soleil filtraient çà et là dans la caverne. Toujours déterminé, il se mit à fouiller les alentours du regard pour trouver la clé, ou n'importe quoi d'autre, qui lui permettrait de sortir de sa cage. Ses poursuiveurs, qui connaissaient sa position, ne tarderaient certainement pas à apparaitre. Il devait donc se dépêcher de s'enfuir en direction de la rivière. Rageant de ne rien trouver, il pensa qu'il était clair que ses ennemis n'avaient pas sagement posé à ses côtés une clé salvatrice. Les parois environnantes de la grotte ne semblaient pas non plus détenir ce qu'il recherchait.

Soudainement, il entendit un premier hurlement retentir au loin, le glaçant d'effroi. Le jeu avait commencé, et déjà, ses compagnons d'infortune se faisaient "capturer".

Tremblant, Harry se força à chercher plus activement, le cœur battant la chamade. Et alors que des pleurs d'abattement brouillaient sa vue, ses nerfs lâchant, il aperçut au sol, à quelques mètres de lui, un petit objet brillant sous les faibles lueurs du soleil. S'accroupissant rapidement, il vit qu'il s'agissait de la fameuse clé qui le libèrerait. Simple, petite, elle semblait l'attendre et le narguer tout en même temps. Tendant la main à travers les barreaux, il tenta vainement de la saisir. Cependant, il dut vite se rendre compte qu'il était beaucoup trop loin de l'objet convoité. Il ne lui manquait pourtant que quelques centimètres.

Ses yeux fous parcoururent de nouveau sa cage puis tombèrent sur ses chaussures toujours à ses pieds. Retirant prestement une d'entre elles, Harry s'en servit comme prolongement de son bras pour attirer la clé. Il la toucha une fois… Deux fois… Puis l'accrocha de la pointe, et la tira vers sa cage. Maladroitement allongé dans la cage, il saisit fébrilement l'objet de son salut, et s'empressa de l'enfoncer dans la grosse serrure de sa prison. Celle-ci s'ouvrit quelques secondes plus tard dans un énorme bruit de fer forgé. Et il se tendit, aux aguets, guettant un signe prouvant qu'il avait été entendu. Il s'attendait à voir surgir un de ces vampires d'un instant à l'autre. Reprenant son souffle, après un instant figé, il s'élança sans demander son reste vers la sortie de la grotte.

Au-dehors, il observa avec effroi les arbres à perte de vue qui l'entouraient. Comment était-il censé trouver son chemin ? Il n'avait aucun moyen de déterminer l'heure, ni même de savoir où se trouvaient ses adversaires, ou même l'emplacement de cette foutue rivière. Il allait encore une fois devoir compter sur sa chance insolente pour le sortir d'affaire. Les sens en alerte, il se mit à courir au hasard le plus silencieusement possible entre les arbres alentours. Dans sa tête tout un plan de survit prenait forme. Peut-être pourrait-il essayer de trouver une cachette adéquate jusqu'à pouvoir repérer la fameuse rivière. Peut-être même n'aurait-il pas besoin de l'atteindre s'il restait introuvable jusqu'aux douze coups de midi.

Au final, tout ce qu'il fallait, c'était qu'il tienne bon jusqu'à la fin de ce jeu morbide.

À SUIVRE.

La suite ne saurait tarder !