Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Yumelly : Merci pour ta review. J'espère que cette suite te plaira. Biz.
nouritcha-sushine : Coucou ! Merci pour tes encouragements. Je te laisse lire la suite. Biz.
Charlène : Salut ! Merci beaucoup pour ta review. Cela m'a donné un bon coup de fouet lol ! Voici la suite ! Biz.
TheLadySoul : Alors, là ! On peut dire que tu sais remotiver les gens lol ! Merci pour ta review. Tu avais totalement raison, et je ne compte pas abandonner cette fic avant la fin maintenant. Je te laisse lire la suite ! Bisouxxx.
Ptitcoeurfragile : Coucou ! Merci pour ton gentil com. Pour les posts, je vais tenter de toujours poster toutes les semaines. Voici la suite ! Bisouxxx.
Krix27 : Salut ! Merci pour ta review. Oui, je connaissais déjà cette histoire, et elle m'avait donné envie de faire une fic dans le même genre. Après tout, je suis fan de tout ce qui est voyage dans le temps, avec prince et compagnie (comme Kyou kara maoh, Vision d'escaflowne…). Et le film Hunger Games m'a aussi donné de bonnes idées pour les épreuves d'Harry. Voici la suite ! Biz.
vampirette-flower : Coucou ! Merci pour ta gentille review. Je vais tenter de ne pas te décevoir (et de mettre une belle histoire d'amour entre E/H lol). Voici la suite ! Biz.
Elodie Nina : Merci pour ton com. Ce chapitre va répondre à toutes tes questions. J'espère que ça te plaira. Biz.
Yunoki : Salut ! Merci pour ta review. Eh oui, Harry va regretter le monde magique, et les dragons du tournoi des trois sorciers ! Je te laisse lire la suite ! Bisouxxx.
Chapitre 6 : La chasse aux trésors
Harry avait passé sans trop de mal la première épreuve du "jeu", et il trottinait maintenant le plus silencieusement possible dans une vaste forêt sombre. Il essayait de trouver un refuge, tout en tentant d'écouter ses poursuivants, qui se déplaçaient furtivement aux alentours. Il avait vraiment du mal à les repérer car il y avait beaucoup trop de bruits qui se mêlaient à la cavalcade des animaux qui s'enfuyaient loin d'eux. Il percevait parfois le lointain bruit du galop des chevaux, et savait alors qu'il se rapprochait d'un de ses poursuivants et changeait alors de direction. Mais le pire parmi tous les angoissants bruits de la forêt était les hurlements ponctuels de ceux qui se faisaient "attraper". Malheureusement, ces cris brisaient le silence des arbres de plus en plus souvent au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient. Et Harry, dans son affolement, ne se permettait pas de rester trop longtemps au même endroit au risque de voir passer devant un de ces démoniaques cavaliers.
Soudainement, alors qu'il se faufilait entre deux arbres, il vit un jeune homme se glisser à ses côtés. Sur ses gardes, alors qu'un autre cri de martyre résonnait au loin, il prit du temps avant de reconnaitre les traits du visage d'Abel et ne pas l'attaquer sous le coup de la peur. Surpris, il le regarda se tapir dans l'ombre le plus silencieusement possible pour observer les alentours avant de reprendre sa course, et se sentit bêtement heureux que celui-ci s'en soit sorti sans trop d'encombres. Cela, dans un certain sens, lui donnait de l'espoir pour lui-même. Respirant fort, peu habitué à la course, il se força pourtant à reprendre sa course à sa suite. Le sourire toujours aux lèvres, Abel courrait vite, et avait un bon rythme, et la côte douloureuse, il se força à se maintenir à son rythme. Et alors qu'il s'éloignait dans la forêt, le bruit des chevaux galopant loin derrière eux, il eut le fol espoir durant un instant qu'ils seraient certainement sauvés tous les deux. Cet espoir envahit son cœur et redonna de l'énergie à ses jambes douloureuses. Cependant, ce doux sentiment eut juste le temps de le rassurer quelque peu, avant qu'une flèche ne vienne fendre l'air pour se planter violemment dans la jambe droite d'Abel. Le malheureux s'écroula dans un hurlement terrifiant, et ses yeux se révulsèrent sous la douleur. Retenant à son tour un cri, Harry se jeta en contre bas, derrière des buissons, et attendit le cœur battant. Il était totalement figé d'angoisse alors qu'il pouvait encore percevoir les gémissements douloureux d'Abel. Son courage de Griffondor semblait bien loin alors que les battements affolés de son cœur le rendaient sourd à tous autres bruits. Il se sentait incapable de se remettre à courir. Pas alors que l'image d'une flèche perçant de la chair tournait encore en boucle dans son esprit.
Tétanisé, il pensa bêtement que Keren n'avait jamais parlé d'armes. Le fourbe !
Trop tôt, il entendit des bruits de sabots s'approcher de sa cachette, s'arrêter, et quelques instants plus tard, il perçut un cavalier qui descendait de sur sa monture. Ils étaient trop proches, s'affola-t-il sans pourtant pouvoir bouger. Ses muscles étaient tétanisés. Et l'idée d'aller aider son compagnon d'infortune ne lui permit même pas de faire un geste, ou un pas. Il resta là, caché, figé d'horreur. Aux premières loges, il put entendre Abel supplier quelque instant son attaquant, avant que le bruit sec d'os broyés ne fasse retentir un cri d'effroi qui se finit dans un gargouillement monstrueux. Tremblant, il s'interdit de regarder la scène, la culpabilité de son immobilisme le prenant à la gorge. Il ne voulait surtout pas imaginer ce qu'il s'était passé à quelques pas de lui. il se sentait hyper ventiler, et les lourds battements de son cœur lui emplissaient la tête alors que sa vue se brouillait un court instant. Se mordant la lèvre inférieure au sang, il se força à reprendre le contrôle de son corps dégoulinant de peur. Il tremblait encore lorsqu'il parvint enfin à lentement se redresser, combattant vaillamment les tremblements de ses membres, avant de décamper à toute allure et le plus silencieusement possible. Il passa devant quelques arbres, ne voyant rien, ne tentant plus de se repérer, tant il était encore sous le coup du choc. Il finit par presque s'effondrer contre un arbre en secouant vivement la tête pour tenter de se reprendre. Le cœur battant, les yeux hagards, il parcourait la forêt alentour à la recherche des cavaliers démoniaques qui le poursuivaient. Et ce fut à cet instant qu'il s'aperçut qu'au loin – à quelques mètres de sa position - un cavalier qui l'avait calmement observé sans bouger. Figé, l'esprit court-circuité, il se surprit à le détailler en silence.
Il était très grand, avec de longs cheveux noir ébène tresses et ramenés le long de son épaule droite. La forme de son visage effilé, rasé de près, et ses belles lèvres rouges et bien dessinées s'accordaient parfaitement avec ses grands yeux améthyste. Entièrement habillé en bleu marine, d'une tunique brodée d'or, qui laissait entrevoir son torse ferme et sculpté, Harry reconnut sans problème le vampire face à lui. Edward était, même si cela lui arrachait la langue de le reconnaitre, un homme assez remarquable pour que toute personne l'ayant vu puisse s'en souvenir et le reconnaitre au premier coup d'œil. Grimaçant à sa vue, il se reprit face au sourire narquois que lui adressa le vampire, et se flagella d'être bêtement resté immobile pour le dévisager. C'était ce démon, sorti de nulle part, qui l'avait conduit à sa situation actuelle. Tout était de sa faute.
Lentement, en lui, la panique fut remplacée par de la colère pure à la vue du prince à la posture nonchalante. Il accueillit ce nouveau sentiment avec joie sachant que ce dernier lui donnerait l'énergie nécessaire pour affronter l'ennemi. Le corps tendu, les lèvres retroussées dans un rictus qui devait être horrible, il attendit avec alarme son attaque qui ne saurait tarder. Alors ? Quand comptait-il entamer les hostilités ? D'un air revêche, il le vit l'observer de cette même manière curieuse sans faire aucun geste en sa direction pendant plusieurs secondes sans esquisser le moindre geste. Quelques secondes après, un large sourire sardonique éclaira le visage du vampire, révélant de belles dents blanches qui devaient rêver de plonger en lui. À cet instant, ses sens s'affolèrent face au danger que représentait cet adversaire. Ce prince ne reflétait que la cruauté, l'envie, et la malice pure et simple. Sans en douter, il le savait redoutable. Tendu, il plissa les yeux en le voyant descendre prestement de sur sa monture à la belle robe noire qui était resté aussi calme que son maitre pour l'observer. Edward sembla épousseter son vêtement d'un geste anodin avant de recommencer à le fixer.
- Intéressant. Minauda le vampire. Et dire que j'ai passé l'ordre aux autres nobles de ne pas t'approcher… Cela a été un véritable choc de ne pas te retrouver dans la cage. Mais rien n'est perdu ! Continuons de jouer, veux-tu ? Un éclat fauve illumina son regard. Je vais te laisser une chance de cavaler ! Je te promets de ne pas utiliser toutes mes capacités afin que tu te rendes bien compte de ma supériorité. Alors…
Sans réellement attendre la fin de son discours, Harry avait rapidement repris le contrôle de son corps, et s'était dépêché de faire demi-tour pour courir au loin du danger. Il aurait avoir vu l'expression du prince face à sa fuite au milieu de son discours qui n'intéressait que lui. Courir le plus vite possible, en s'interdisant de se retourner, rien n'était plus vital pour lui à cet instant. Il s'interdisait de penser au vampire qu'il avait hier soir offensé qu'il sentît s'être lancé à sa poursuite ni à ce qui lui arriverait s'il se faisait rattraper. Car ce dernier lui avait bien fait comprendre dans son regard sombre qu'il n'hésiterait pas à le tuer. Accélérant, il se redit une énième fois qu'il ne fallait surtout pas qu'il se fasse attraper, et accéléra le rythme.
Tendant l'oreille de temps en temps, pour savoir si son poursuivant gagnait du terrain, Harry sauta prestement au-dessus d'une branche d'arbre au sol, se surprenant de sa souplesse. Mais quand est-ce que retentirait enfin ces satanés tambours ? Keren avait-il menti ? Il n'était pas sûr de pouvoir maintenir ce rythme indéfiniment. Et déjà, derrière lui, il percevait le bruit des pas de son adversaire qui prenait soudainement de l'avance. Ignorant les branches d'arbres qui lui giflaient violemment le visage, il bifurqua rapidement sur la droite, prenant ainsi de cours son poursuivant. Essoufflé, il s'élança rapidement dans cette nouvelle direction. Mais alors qu'il venait de prendre un peu d'avance, ses jambes le portant comme jamais auparavant, il vit avec horreur l'énorme falaise qui lui barrait la route. Freinant à la dernière seconde, il se reprit juste avant de tomber dans un fossé ou passait en contrebas une rivière à l'eau claire et brillante. Une rivière ? Trop tard. La chair de poule prit lorsqu'il perçut le regard perçant de son poursuivant sur sa nuque, tout près. Se retournant, il vit le prince s'arrêter avec un large sourire aux lèvres en le sachant pris au piège.
Soufflant un bon coup, il se mit à fixer son adversaire d'un air têtu, montrant une assurance qu'il ne possédait pas, avant de relever ses bras au niveau de son torse. À la guerre comme à la guerre, disait-on. Bien campé sur ses jambes, le souffle encore court, et poings fermés, il attendait que le vampire se rapproche de lui pour l'attaquer. Au bord de la folie, il se donna l'espoir de penser qu'il n'avait pas besoin de magie pour affronter ce vampire. Les cours d'autodéfense qu'il avait pris durant la guerre qui lui revenait en mémoire l'emplissaient de courage. Si c'était là sa fin, il était bien décidé à se battre jusqu'à la mort.
Les dents serrées, il vit un des délicats sourcils du prince se lever à cette pensée absurde. Maudit télépathe. Montrant les dents comme une bête sauvage, Harry avertit d'une pensée son ennemi qu'il n'hésiterait pas à attaquer.
- C'est ça, ramène-toi ! Grinça-t-il. Si tu crois que je vais me laisser faire...
La menace n'eut pour effet qu'accentuer le sourire qu'arborait déjà Edward. Décontenancé, il observa le vampire s'approcher calmement de lui, nullement menacé. Il ne s'arrêta qu'a quelques centimètres de son corps tendu, et ses hypnotisant yeux améthyste devenue noirs plongèrent sans merci dans les siens pour le glacer de peur. Comment une personne si maléfique pouvait-elle, d'un autre côté, être si fascinante ? Son expression acharnée, son aura qui semblait faire vibrer les environs, tout en lui provoquait en Harry autant d'attirance que de répulsion. Était-ce un de ses pouvoirs ? Il s'en moquait. Tout ce qui importait ce que l'autre voulait sa peau. Et il ne l'aurait pas sans un bon combat.
- Tu ferais mieux de te jeter du haut de cette crevasse. Se moqua le vampire. Car tu n'as aucune chance contre moi.
Sursautant violemment à ces mots, Harry dévisagea l'air serein, et la posture relâchée de son ennemi. Il comprit rapidement le hochement de menton qu'il reçut comme un défi de vraiment jeter son corps au bas de la falaise.
- Je vais d'abord te donner une bonne leçon. Répondit-il, en se voulant hargneux. Puisque tu veux ma tête, il va te falloir la mériter.
Edward élargit - si possible - encore plus son sourire goguenard, tant il semblait enchanté par la situation. Déstabilisé par ce calme froid, lui qui savait n'avoir que peu de chance, chercha frénétiquement du regard une autre porte de sortie. Il fallait que le prince l'attrape, n'est-ce pas ? Et d'après ce qu'il avait vu, attraper signifiait tuer. Or là, pour Harry, il n'avait pas encore perdu. Car il était toujours en vie et libre de ses agissements. Il pouvait donc encore trouver le moyen de gagner à ce jeu morbide. La seule question qui lui venait à l'esprit était : pourquoi Edward ne réagissait-il pas ? Il semblait tellement s'amuser de ses pensées et ses réactions qu'il ne semblait pas vouloir attaquer. Il savourait avec un plaisir malsain son angoisse. Soudainement, le bruit d'une horloge sonnant le premier coup de midi résonna au travers de la forêt redevenue silencieuse.
Il était midi, réalisa-t-il. Plus que onze coups, et il était libre.
- Oh non, là, tu rêves. Ricana le prince. Il ne me faudra que quelques secondes pour te mettre à terre.
Pour démontrer ses dires, celui-ci choisit ce moment précis pour attaquer. Vivement, il réapparut face au lui, et le saisit par le cou pour le soulever du sol. Il s'étrangla sous l'attaque, ses pieds battant dans le vide. Il devait penser avoir gagné, se dit-il à la vue de son regard dédaigneux. Il allait s'en mordre les doigts. Sa bonne vieille colère aidant, il utilisa sur son assaillant une de ses techniques favorites. Avec rage, et sans pitié, il lui balança son pied entre les jambes avec force et rapidité. Plus surpris que blessé, le prince tressaillit légèrement en fronçant des sourcils. Et Harry, sans perdre de temps, poursuivit son attaque en lui balançant son poing au visage.
Il entendit, plus qu'il ne sentit, les os de sa main se briser sur la dure mâchoire, alors que la douleur de sa jambe se faisait aussi enfin sentir. Manifestement, cela ne marcherait pas comme ça. L'homme était fait d'acier ! Une rage pure s'inscrivit sur les traits du vampire, et brutalement, il le balança contre un des arbres environnants avec une telle force que son souffle se coupa. La douleur qui résulta de cette chute fut tout simplement affligeante. Mais déjà, le cinquième coup de l'horloge qui résonnait au loin lui donna de nouveaux espoirs. Rampant, il s'éloigna vivement de son attaquant, et finit par se relever en s'aidant du tronc d'un arbre. Contournant difficilement son ennemi, sans le quitter des yeux, il recula de nouveau vers le fossé. Les yeux du prince le guettaient en silence, plus noirs que jamais, attendant sa prochaine décision. Rageur, vu que de toute manière ils ne se battaient pas à armes égales, Harry eut envie de mettre sa vitesse vampirique à l'épreuve.
Jamais Edward n'arriverait à le tuer avant les douze coups de midi. Il s'en faisait la promesse.
Sans plus réfléchir, décidé à mettre en échec son adversaire, il recula lentement de quelques pas, puis, sans crier gare, couru se jeter tête la première dans le vide derrière lui. Il préférait mille fois la mort - une mort qu'il aurait choisie - plutôt que de se laisser tuer par ce monstre. Rapidement, il vit le bas de la rivière se rapprocher de lui, le vent sifflant à ses oreilles le long de sa chute, avant de sentir une étrange force s'enrouler autour de son corps. Hurlant, il se sentit être comme emprisonné par des liens invisibles, avant de se faire tirer vers l'arrière.
Plus que trois coups avant la fin…
Il fut ramené à son point de chute, et lâché brutalement au sol. Hagard, il comprit que le vampire venait d'utiliser ses pouvoirs de télékinésie pour le saisir. Le tricheur ! Quoi que il se sentît fier de l'avoir poussé à devoir utiliser ses dons pour le maitriser. Levant les yeux, il rendit son regard à Edward, qui le contemplait de toute sa hauteur. Une légère lueur d'intérêt brillait dans ses yeux.
Plus que deux coups de l'horloge, et il avait gagné.
Mais sans lui laisser l'occasion de concocter un autre plan suicidaire, le prince le saisit de nouveau par la gorge pour le ramener à lui, et ouvrit lentement sa bouche dans une grimace menaçante. Apercevant le bout de ses crocs, Harry comprit son intention manifeste de le mordre et se sentit se glacer d'effroi.
- J'ai dit que je n'utiliserais pas toutes mes capacités, mais je n'ai pas promis de ne pas user de mes pouvoirs. Persifla le prince. Tu as perdu…
- Non ! Cria Harry, en éloignant sa gorge. J'ai gagné au contraire. Et ça, sans pouvoirs !
- Dis celui qui s'est retrouvé acculé sous mes crocs. Railla le vampire, impatiemment. Admets ta défaite, humain.
- Non ! S'entêta le brun en tentant de reculer tout en refoulant la douleur de ses côtes. C'est à vous de vous montrer bon joueur.
Lentement, Harry leva sa main droite à la vue du prince pour lui montrer son bras mouillé par l'eau de la rivière. Déjà, le dernier coup de midi résonnait au loin, et le battement de tambour se faisait entendre.
- J'ai atteint la rivière. Expliqua-t-il. Je l'ai touché de mes doigts. Savourant l'air abasourdi du vampire, il continua sur sa lancée. C'était bien la seconde condition, n'est-ce pas ? J'ai gagné ma liberté !
Un silence pesant perdura entre les deux adversaires. Un léger vent souffla et ébouriffa ses cheveux déjà emmêlés pendant qu'il reprenait difficilement son souffle.
- Je ne peux te laisser t'en aller. Répondit enfin Edward. Au vu de tes… aptitudes, je ne peux permettre à un humain tel que toi de se balader dans mon royaume toujours en guerre.
La voix du prince était grave, comme rocailleuse, alors qu'il admettait sa défaite. C'était certes une belle voix, mais elle restait assez lugubre pour effrayer ceux qui l'entendaient. Et lui, plus particulièrement. Baissant les yeux, il déglutit en sachant qu'on ne le laisserait jamais rejoindre tranquillement le Sud pour rejoindre leurs ennemis s'il en avait l'occasion. Il en savait trop, et en avait trop vu du château et de ses alentours. En plus, sa magie instinctive, que ces vampires avaient perçue dans le désert, les pousserait toujours à vouloir le garder en captivité jusqu'à ce qu'ils comprennent son fonctionnement. Au final, il devait soit rester avec le prince (pour l'instant), soit mourir dans l'instant même. C'était ce que lui disait le regard fauve qui affrontait actuellement le sien.
- Très bien. Conclut-il finalement. Alors, accorde-moi un souhait. J'ai tout de même gagné, donc je mérite une récompense !
- En plus de ta vie ? Se moqua vivement Edward. Tu me surprendras toujours…
Harry eut envie de répliquer violemment, mais il lui fallait faire preuve de calme pour obtenir ce qu'il désirait. Il avait compris la leçon… Plissant les yeux, il dévisagea le vampire avant de reprendre calmement les négociations.
- Oui, en plus de ma vie. Persifla-t-il. Laisse les autres prisonniers encore en vie retrouver leur liberté.
- Quels autres prisonniers ? Railla le prince, après un moment de flottement. Tu es le seul survivant. Marquant un temps d'arrêt, le temps qu'il digère la nouvelle, il trouva une autre alternative. Mais je peux faire autre chose. Je peux libérer les autres humains que possède toujours Keren, en ton nom. Satisfait ?
Sans hésitation, Harry accepta ce compromis. À défaut d'avoir aidé Abel, ou Gladys, il sauverait les autres otages. Cela apaiserait le sentiment de lâcheté qui ne le quittait pas depuis qu'il avait choisi de se cacher au lieu d'aider Abel dans la forêt. Le maitre des jeux allait à coup sûr le haïr. Mais le jeune homme ne regretterait rien vu l'animosité qu'il ressentait lui aussi pour cet homme. Sentant son corps relâcher la pression, maintenant qu'il se savait presque hors de danger, il se fit à l'idée qu'être auprès du prince serait peut-être avantageux pour lui. Tout en cherchant un moyen de pouvoir retourner dans son monde, il pourrait certainement aider d'autres humains.
- Vraiment ? S'intéressa Edward, faisant ainsi remarquer au jeune homme qu'il suivait encore le cours de ses pensées. Te décides-tu alors à être mon Animal ?
Le corps du sorcier se tendit en se rappelant le pouvoir de télépathie du vampire. Il fut surpris qu'il ne se fasse pas torturer, pour avoir pensé à rejoindre le Sud. Ou encore avec ses projets d'évasion. Avait-il perçu toute sa réflexion ? Profitant de la « bonne humeur » du prince, il choisit de poser immédiatement ses conditions.
- Non. Répondit Harry, d'un ton catégorique. Pas votre Animal. Mais… je serais prêt à être à votre service en tant que… domestique.
- Tu crois qu'être domestique est mieux qu'être un Animal ?
- Laissez-moi libre de ce choix, voulez-vous ?! Je préfère être un domestique !
Il eut beaucoup de mal à dire ce mot, mais cela valait mieux que d'être un Animal à ses yeux. Retenant un sursaut, il sentit une main dure et froide passer autour de ses hanches, avant que le visage d'Edward ne se rapproche du sien. Un large rictus aux lèvres, il attira sa tête récalcitrante avec force à la sienne. Et, méchamment, il l'embrassa avec force mordant sa lèvre inférieure au passage. Dégouté, il attendit nerveusement que l'odieux contact s'arrête, en se retenant durement de lui cracher au visage lorsqu'il fut libéré.
- Vous me répugnez vraiment. Siffla-t-il tout de même de rage, levant une main pour s'essuyer dédaigneusement les lèvres. Je ne parlais pas de cela. Pas de ce type de domestique !
- Je le sais. Minauda Edward en réponse. C'était pour sceller notre accord. Après tout, je viens de gagner un gentil petit serviteur qui me restera toujours fidèle. N'est-ce pas ?
Oh oui, le vampire avait perçu la moindre de ses pensées, et lui faisait savoir qu'il le garderait à l'œil. Le salaud semblait se délecter de connaitre l'ensemble de ses plans à l'avance. Grinçant des dents, il savait aussi qu'il retiendrait son intérêt jusqu'à ce qu'il résolve le mystère qu'il représentait pour ce monde. Maintenant, toute fuite pour le Sud lui paraissait être comme un lointain et impossible songe. Edward veillerait toujours à rester dans son esprit, et le maintiendrait surement toujours près de lui. Il avait trouvé la meilleure manière de le contrôler, lui, l'insaisissable Harry Potter. Vaincu, il se laissa trainer vers la monture du prince qui se montrait extrêmement calme et bien dressé. Et alors qu'il chevauchait en route vers le château, assis à l'avant du cheval, son torse collé au dos du vampire, il repensa avec nostalgie à tout ce qu'il avait perdu. Sa vie n'avait été qu'une succession de combat, de pertes, et de morts. Et ce Nouveau Monde ne lui apporterait rien de plus. Réussirait-il à rentrer un jour chez lui ? Trouverait-il Sirius ? Rien n'était moins sûr. Et il s'en voulait tellement de sa bêtise, bêtise qui l'avait emmené ici, qu'il en baissa la tête d'affliction. S'il avait perçu ses pensées tourmentées, il renifla de mépris vers le prince qui n'en fit aucune allusion alors qu'il galopait en silence dans la forêt. Pourtant, pendant qu'il se protégeait du temps frais d'Elysion en se collant malgré sa répulsion contre le corps de ce dernier, il eut le fol espoir de pouvoir au moins tenter d'apporter son aide aux humains de ce monde. Il pourrait toujours endormir Edward en noyant ses plans d'évasion sous d'autres idées moins sensibles et en se montrant plus conciliant. Oui, se ragaillardit-il, il parviendrait à détourner la méfiance des vampires qui l'entouraient. Après tout, ne devait-il pas finir à Serpentard ? Il saurait se montrer plus rusé que ses ennemis.
Comme l'avait dit Alice, en bien ou en mal, il marquerait les esprits de ce monde de son empreinte.
À SUIVRE.
Alors, je vais tenter de publier un chapitre toutes les semaines. Mais c'est assez chaud pour moi ces temps-ci, vu que j'ai repris le taf, et que je ne vais pas tarder à déménager (donc plus d'internet, snif…).
Merci à vous de continuer à me lire.
