Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Tsumujikaze Yumi : Coucou et bienvenue sur cette fic ! Je te remercie de ta review. Ah, tu aimes les Harry rebelles ? Moi aussi, je n'aime pas quand c'est trop facile, donc je corse un peu leur caractère. Pour Edward, je voulais abattre son caractère « sucré et parfait », pour lui donner un côté méchant et mystérieux. Bon, j'ai bien aimé le livre et les personnages de SM, mais j'ai envie de me les réapproprier à ma sauce lol. Pour le monde, et la guerre humains VS vampires, je m'explique dans ce chapitre. Mais je garde ma part de mystère tout de même. J'espère que ce chapitre te plaira. Biz.
coco73 : Salut ! Merci beaucoup pour tes review, et ton soutien. Je reviens avec ce nouveau chapitre, et j'espère que tu aimeras (même s'il y a beaucoup de blabla XD). Biz.
Charlène : Coucou ! Merci pour ton gentil com. Ne t'inquiète pas, je n'ai pas prévu de tuer Harry pour l'instant. Mais il va en baver ! Et Edward aussi ! Allez, je te laisse lire la suite ! Biz.
Élodie Nina : Salut ! Merci pour ta review. Oui, frapper un vampire, ce n'est pas la meilleure idée qu'a eue Harry. Il a été un peu trop enflammé lol. J'espère que ce nouveau post te plaira. Biz.
Petit mot : Coucou ! Je suis de retour avec ce nouveau chapitre. Je sais que je n'ai pas vraiment (du tout) tenu mes promesses pour les publications de cette fic, mais c'était vraiment le bordel dans ma vie ces temps-ci, et l'envie d'écrire ne revenait pas. Mais bon, j'espère pouvoir me racheter avec ce nouveau post. Bisouxxx.
Chapitre 7 : Les armes d'Olodora'N
Harry ouvrit difficilement les yeux sur un plafond sombre et décrépi. Où avait-il encore atterri ? Prudemment, il choisit de vérifier en premier chaque membre de son corps. De sa tête, à ses doigts, passant par ses hanches en finissant par ses jambes et ses orteils. Il semblait intact, ou plutôt, au vu de certains bandages autour de son torse, il avait été soigné. Sa main droite toucha un de ses pansements d'où il pouvait apercevoir une sorte d'argile verte recouvrir ses blessures. Bougeant délicatement son corps, il ne ressentit aucune douleur apparente malgré une certaine raideur. Au final, ces vampires devaient posséder de grandes plantes médicinales pour qu'il se sente si anesthésié. Rogue, s'il était encore en vie, et à Elysion, aurait été comme un poisson dans l'eau parmi eux…
Chassant ces pensées parasitaires, il regarda autour de lui et tenta vainement de reconnaitre son environnement, lorsque les souvenirs de la veille lui revinrent pleinement en mémoire. Il avait gagné contre le prince le droit de vivre afin de devenir son serviteur. Mordant ses lèvres, il revit mentalement sa course effrénée dans les bois, et les nombreux morts qui avaient jonché ses pas. Les tremblements de son corps le poussèrent à éloigner ces douloureux souvenirs, et il se força à remettre de l'ordre dans ses idées. Engourdi, il se força à se redresser en position assise, et regarda autour de lui en s'affolant de ne pas reconnaitre les lieux. Il était bien dans une chambre, mais pas dans celle qu'il avait précédemment occupé. En effet, cette nouvelle pièce était assez rustre, et ne comportait que le nécessaire : soit deux paillasses pour dormir, et une sorte de commode en bois ou une bougie déjà allumée se consumaient lentement. Était-ce les chambres réservées aux domestiques ? Effectivement, cela le changerait du certain luxe qui accompagnait le statut d'Animal. Pourtant, aucun regret ne l'étreignit.
Essayant de se lever, il remarqua enfin qu'il ne portait plus les vêtements de son arrivée, mais seulement un ensemble marron rêche et sans fioritures. À cela s'ajoutaient des sortes de sandales aux lanières noires presque déchirées à ses pieds. Adieu son beau costume ! L'habit des serviteurs du château avait vraiment tout pour plaire. Cependant, il ne pouvait pas réellement se plaindre de sa situation. En étant domestique, il espérait bénéficier d'un minimum de liberté, il pourrait se balader dans le château et vérifier les accès d'entrée et de sortie, et, surtout, il pourrait tenter d'éviter la présence du prince télépathe. Le souvenir d'Edward lui tira un frisson déplaisant le long de la colonne vertébrale. Si le collier qu'il portait ne restreignait pas ses pouvoirs, aucun ne doute qu'il aurait donné une bonne leçon à ce dernier. Il rêvait de le voir se tortiller sous un bon Doloris. À cette pensée, il fut pris d'un fol espoir et porta vivement la main à son cou. Pendant quelques secondes, il espéra ne plus y trouver ce maudit bijou. Malheureusement, la sensation du métal froid mordant la peau de son cou rencontra ses doigts et fit s'évanouir ses dernières espérances. C'était une vraie malédiction. Soufflant de dépit, il allait passer une main rageuse dans ses cheveux, lorsque son regard croisa le magnifique bracelet en or enroulé autour de son poignet droit. Il pouvait y voir gravé un de ces curieux phénix, accompagné cette fois-ci d'un grand E, en second plan.
- Qu'est-ce que... balbutia-t-il, scandalisé.
- C'est ton signe d'appartenance au Prince Edward. Répondit une douce voix. Même si tu n'es plus son Animal, tu restes sa propriété.
Il avait failli crier de surprise comme une fillette. Il s'était retenu qu'au dernier instant. Alerte, il leva prestement les yeux sur la personne qui venait de lui parler. Élégamment appuyée contre la porte en bois de sa chambre, Alice le fixait avec un petit sourire satisfait. Elle était entrée dans la petite pièce sans faire le moindre bruit, et il n'avait à aucun moment perçu sa présence. Pendant un bref instant, il se réjouit de la voir à ses côtés. Cette étrange jeune femme l'avait beaucoup « aidé », et sa présence joyeuse l'évitait étrangement de pensée à la chasse au trésor, ou pire encore, à Abel et Gladys. Même si elle était une « ennemie », il se surprit à trouver du réconfort dans son regard amical.
- Harry. Se plaignit-elle. Tu es réellement décidé à me compliquer la tâche, n'est-ce pas ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles ! Réfuta-t-il, plein de mauvaise foi. De quelle tâche parles-tu ?
- De mon envie de te garder en vie !
Penchant la tête sur le côté, la vampire observa calmement son air buté un moment, avant de reprendre la parole.
- Il semblerait que je vais être forcée de t'en apprendre un peu plus sur notre monde, si je veux que tu restes tranquille. Pensa à voix haute la voyante. Je pense que quelques explications sur mon peuple t'aideront à être moins… suicidaire à l'avenir. Son regard s'était noirci à ces mots. Très bien. Par où vais-je commencer ?
- Dis-moi pourquoi suis-je obligée de porter ce maudit collier autour de mon cou ? Attaqua-t-il immédiatement dans un souffle, trop pressé de pouvoir enfin la questionner. Je pensais que vous ne connaissiez pas le monde magique ? Comment un collier peut-il m'empêcher d'utiliser mes pouvoirs ?!
S'il comprenait son mécanisme alors il pourrait s'en défaire. Il avait posé la première question qui lui était venue à l'esprit, la plus important à ses yeux, et n'avait pas pu s'empêcher d'en assaillir son interlocutrice qui cligna des yeux de confusion en le regardant. Il savait qu'il ne pouvait pas contacter ses proches à cause de ce collier, et que ses pouvoirs étaient aussi totalement bloqués. Si ce blocage réjouissait le prince, pour sa part, c'était vraiment la poisse.
- Un sorcier. Éluda Alice, pensive. La raison pour laquelle tu portes ce bijou est que tu es un sorcier. Edward l'a perçu dans ton esprit. Son regard se fit curieux. Même si nous avons encore du mal à comprendre ce que cela implique, nous savons que tu es quelqu'un d'assez… dangereux, Harry Potter.
Gêné, il tentait sans y parvenir de paraitre inoffensif à une Alice qui poussa un soupir à fendre l'âme. Pas une seconde convaincu par son numéro de charme. Lentement, elle alla s'assoir avec grâce sur sa couche, le forçant à se décaler, avant de commencer son récit.
- La première fois qu'Edward t'a rencontré, et que tu as usé de… magie, il t'a pris pour un Élémentaire. Commença-t-elle, les yeux légèrement dans le vague. Ce sont des êtres à la forme humanoïde vraiment magnifique. Ils sont capables, en cas de danger, de faire appel aux éléments terrestres pour se défendre. Mais… ton esprit lui a vite fait comprendre que tu n'en étais pas un. Elle sourit, se remémorant certainement de l'air intrigué du prince à ce fait. Pour ma part, j'avais juste pressenti ton arrivée dans mes visions, sans jamais connaitre ta véritable nature.
Fasciné, Harry s'était rapproché d'elle pour en savoir davantage. Cela commençait à l'intriguer.
- Elysion n'est pas un monde qui connait l'existence de la magie sorcière. Affirma par la suite Alice. Pourtant, tu nous as tous éblouis en faisant appel à certains de tes talents.
- Oui. Interrompit Harry. J'ai pu utiliser ce qu'on appelle ma magie instinctive, mais j'ai un peu de mal à rassembler mes forces. Elle… Elle m'échappe ! Et autant te dire que ce maudit collier ne m'aide vraiment pas!
- Peut-être que t'as magie à elle aussi subie certains changements ? Réfléchit Alice, sans tenir compte du ton mordant employé par le jeune homme. Après tout, tu as changé de monde.
- Génial ! Se moqua le sorcier. La liste de mes problèmes s'allonge…
- Peut-être serais-tu devenu plus fort ?
Plus fort ? Harry prit le temps d'analyser plus calmement cette hypothèse. Après tout, lors de son arrivée, n'avait-il pas réussi à contacter sa famille ? Oui, il avait bien établi un lien psychique avec eux durant quelques secondes pour jouer un foutu poltergeist inter dimensionnel, bien que cela lui soit normalement impossible. Était-ce un de ces nouveaux pouvoirs dont il pouvait à présent bénéficier ? Plus besoin de baguette, ni de sortilèges… Vive la magie pure et les pouvoirs psychiques illimités. Oh, il allait adorer faire souffrir Edward une fois ce collier enlevé. Se concentrant de nouveau sur les traits d'Alice qui l'avait observé réfléchir en souriant mystérieusement, il tenta de nouveau de faire une petite tête d'innocent. Et alors qu'un sourire s'étendait encore sur les lèvres de la voyante, il fut surpris de voir une intense tristesse voiler soudainement ses yeux.
- Elysion est un monde riche et prospère, dont les vampires ont toujours été la race dominante, même avant la Grande Guerre. Murmura-t-elle, en entamant un nouveau sujet, sans directement répondre à la première question du brun. Personne ne sait vraiment qui des autres peuples où des vampires ont commencé cette bataille, même si certains faits tendent à dire que nous serions les investigateurs du conflit. Mais rapidement, nous avons ravagé nos terres et sacrifié d'innombrables vies. Elle sera fortement sa main droite de colère et de peine. Longtemps, nous avons cherché les meilleurs moyens pour devenir plus forts. Notre seul but étant de sortir vainqueur de la guerre. De leur côté, certains se sont brièvement alliés entre eux, comme les humains, les loups, les nains et autres races. Tandis que nous les vampires – trop orgueilleux - avons voulu reprendre le pouvoir par notre seule force. Elle reprit lentement son souffle. Dans ce conflit, beaucoup d'autres créatures ont cherché à prendre parti afin de renverser notre dynastie. Seuls certains peuples, comme les élémentaires, sont restés neutres et ont contemplé les dégâts engendrés par notre guerre.
Détournant le regard, Harry comprit très bien la suite de l'histoire. Ces diverses races se combattirent les unes les autres, détruisant un peu plus chaque jour Elysion. Connaissant la guerre, en se rappelant de la bataille contre Voldemort, il sut d'instinct que les pertes furent terribles pour les deux parties durant cette époque funeste.
- La situation nous échappait. Trop de créatures émergeaient des ombres pour amplifier le conflit, et leurs dons cumulés devenaient redoutables. Imagine Harry, un monde où les nécromanciens relèveraient des milliers de morts pour combattre grâce à leurs talents pour les arts sombres. Expliqua Alice avec un sourire désabusé. Nos ancêtres, au bord du gouffre, ont alors étudié toutes nos saintes Écritures et nos anciens temples. Et grâce à la puissance que pouvaient émettre ces étranges symboles, les armes d'Olodora'N virent le jour. Son regard perçant foudroya Harry. Ces armes, créées sous forme de simples bijoux, avaient pour la plupart comme fonction principale de drainer la force vitale du porteur. Et une fois posé sur une victime, seul celui qui l'avait apposé pouvait l'en libérer.
Instinctivement, Harry porta une main au collier autour de son cou. Il ne faisait aucun doute pour lui qu'il portait une de ces armes mortelles : un collier d'Olodora'N.
- Tu as compris ? Peu importe ta puissance, peu importe ta nature, si on te draine directement ton essence vitale, tu ne peux alors pas rassembler tes pouvoirs. Continua la vampire avec sérieux. Rassure-toi, cela ne te tuera pas. Tu risques seulement de te sentir affaibli certains jours. Voir au pire, si tu te débats contre le collier, quelques convulsions. Elle avait dit ces mots sur un ton tellement détaché, qu'Harry fut trop soufflé pour penser à s'en offusquer. Car notre but en créant ces armes n'était pas de tuer, mais de repousser l'envahisseur. Et bien évidemment, nous avons réussi à les contraindre à reculer hors de nos frontières. Un soulagement l'étreignit. Des siècles plus tard, lorsque le grand roi Carlisle eut repris le pouvoir, il chassa tous ennemis encore présents en territoire vampire et apaisa les conflits.
- Tous les ennemis ? Intervint enfin Harry. J'étais enfermée avec des rebelles humains, Alice. J'ai vu ton mari tué de sang-froid des hommes qui fuyaient dans le désert. La guerre n'est pas terminée. J'ai même l'impression que vous en profitez pleinement grâce à vos nouveaux joujoux !
- Tu as raison. Répondit calmement la voyante, un rictus au coin des lèvres. Même aujourd'hui, des affrontements continuent de secouer le pays. Mais cela n'a rien à voir avec la Grande Guerre que nous avons subi. De nouveau dans ses pensées, Alice prit son temps avant de continuer son discours. Alors, Harry ? Que feras-tu pour changer tout cela ?
À ces mots, il faillit lui rétorquer que c'était son rôle à elle de faire évoluer la situation. Lui, n'était qu'un étranger de passage ici. Mais cette « princesse », aussi aimable fût-elle, le toucha tant elle ne semblait pas savoir comment apporter son aide dans ce conflit. Baissant les épaules, il repensa aux humains qui continuaient à se battre vainement contre les vampires, et cela sans jamais perdre leur foi. Pourquoi se battaient-ils? Pourquoi ne pouvaient-ils pas juste tous chercher un terrain d'entente ? Ils tournaient en rond.
- Et le roi ? Pensa finalement Harry, comme dans un sursaut. Il compte faire quoi pour changer tout ça ? Ou peut-être préfère-t-il se baigner dans la luxure et le sang versé.
Pour la première fois depuis le début de leur conversation, Harry s'aperçut qu'il venait d'énerver la vampire. Son froncement de sourcil, sa frêle silhouette soudainement tendue, et son regard agressif ne pouvaient le tromper. Manifestement, il ne fallait surtout pas dire de mal du roi Carlisle.
- C'est un homme bon. Dit la voyante comme pour confirmer sa pensée. Il continue encore à essayer d'établir une paix entre nos races. Mais certaines « tensions alentours » tendent à nous maintenir dans une impasse.
Des tensions alentour ? Tout cela était tellement confus. C'était totalement hors de sa portée. Il secoua la tête de dépit à cette pensée. Tout ce qu'il pouvait déduire était qu'il devait certainement y avoir beaucoup d'autres races déchues à l'arrivée au trône du Roi Carlisle qui devaient souhaiter encore conquérir Elysion. Dans ces conditions, une paix totale était illusoire.
- Si votre roi veut la paix, pourquoi continue-t-il de tuer des humains ? Raisonna-t-il par la suite, son cerveau tournant à plein régime. Il ne comprend pas que ces actes de barbarie vous condamnent. C'est de la haine qui alimente encore plus de haine. Pourquoi laisse-t-il ses gens canarder des innocents dans le désert ? Ou sinon c'est que ses gens sont toujours en pleine crise d'adolescence, c'est ça ?
- Toi, tu parles d'Edward ! Tu peux dire son nom, tu sais. S'amusa Alice. Je vois qu'il envahit un peu plus tes pensées. Se moqua-t-elle avant de reprendre son sérieux. Lui et Jasper ont leurs propres motifs pour « perpétuer » ce conflit. Mais pourquoi ne pas chercher les raisons, au lieu de les condamner ainsi ? Regarde, Edward n'a pourtant pas été si mauvais avec toi. Rien que le fait qu'il est cédé à ma requête de faire de toi son Animal me surprend encore. Tu dois beaucoup… l'intriguer.
Encore cette histoire d'Animal ? Harry ne voulait plus en entendre parler. Reniflant de mépris, il pensa que finalement, peu lui importait les excuses de ce prince lunatique pour les tortures qu'il faisait subir aux autres. Tant qu'il restait en vie, et qu'il parvenait à aider dans la limite de ses possibilités dans cette guerre en attendant de rentrer chez lui, rien d'autre n'avait plus d'importance.
- Il faut que je parte, Harry. Dit soudainement la voyante, comme si elle venait de se rappeler d'une course importante à faire. Essaye de rester en vie jusqu'à notre prochaine rencontre. Sois sage, et apprends à mieux connaitre ceux que tu considères comme des ennemis. Et alors qu'elle allait franchir d'un pas svelte la porte de la petite chambre, elle se retourna une fois de plus vers lui. Dans mes visions, même si elles étaient souvent floues, je ne t'ai jamais vraiment perçu comme une menace. D'ailleurs, tes actes m'ont prouvé que j'avais fait le bon choix en t'accordant ma confiance. Partout au travers de nos contrées, on parle déjà de toi comme étant l'humain qui tient tête aux vampires, et préserve les vies humaines. Tu es en phase de devenir une légende, Harry.
- Oh, tu sais ce que l'on dit des légendes ? Éluda-t-il amicalement. Il ne faut jamais trop s'y fier.
Le rire d'Alice résonna un long moment dans la pièce bien après son départ. Et cela réchauffa étrangement son cœur. Avec ces confidences, et son comportement enfantin, il ne pouvait s'empêcher de définitivement la considérer comme une presque alliée dans ce monde. Et, tellement perdu dans ses pensées, il ne remarqua qu'au dernier moment la présence d'une autre personne dans la petite chambre. Il retint un sursaut et lança un regard méchant à Laetitia qui souriait comme une folle, ravie.
- Vous souvenez-vous de moi, Humain ? Dit-elle. On m'a chargée de vous montrer vos nouvelles fonctions au château. Tout comme moi, vous êtes maintenant affecté au service personnel du prince, que vous devrez servir corps et âme. Même si cela reste encore un trop grand privilège pour vous !
Corps et âme ? Que racontait-elle ? Harry ne voulait plus aucune affiliation avec cette brute sanguinaire. Même si, dans un sens, il avait donné sa parole et choisi son bâton… Dévisageant la vampire, il se souvenait très bien d'elle lorsqu'il était encore… l'Animal d'Edward. Ils avaient donc maintenant le même statut ? Grincheux, vit à quel point cela la réjouissait. Mais il se moquait totalement de sa lourde chute libre dans la hiérarchie vampirique. Il ne comptait pas rester dans ce monde en premier lieu. Il allait la rembarrer violemment lorsqu'une autre fine silhouette s'introduit dans la chambre. La nouvelle arrivante lança un regard à Laetitia qui finit par hausser les épaules d'un air dédaigneux avant de s'en aller après un dernier échange venimeux avec lui.
- Marianne. Souffla-t-il. Je suis heureux de te revoir. Eh ! On est pareil maintenant, alors appelle-moi Harry !
Il ignorait la raison de sa profonde gentillesse, mais cela lui fit juste du bien de parler aimablement avec quelqu'un d'autre qu'Alice. Et en plus, elle venait de la débarrasser de l'autre blonde, elle était définitivement trop bonne. Même si c'était un vampire… Sa joie impulsive surprit la malheureuse qui le fixa sans répondre, encore éberluée par son élan de sympathie. Puis ce même sourire doux et compréhensif réapparu sur ces lèvres.
- Harry. Dit-elle, avec une réserve timide. Vous allez aimer être au service de Son Altesse Royale Edward. C'est un homme bon, par certains côtés. Vous l'apprendrez lorsque vous le connaitrez un peu mieux. Joignant ses mains en signe d'adoration, elle semblait vraiment ravie de le servir. Il a tenu à ce que vous restiez à son service personnel. Quelle chance ! Vous semblez lui avoir fait bonne impression. Tout le monde…
Secouant la tête devant cette avalanche de mots, lui qui l'avait pensé craintive et effacée, il retint une grimace devant les compliments qui était faite à l'encontre de son pire ennemi. Edward le barbare. Mais pire, elle semblait vraiment vouloir le faire réaliser le « bon côté » de la situation avec ses yeux trop brillants qui le fixer sans ciller. Espérait-elle qu'il chante des louanges en mémoire du vampire après son plaidoyer ? Elle qui avait été si gentille. Dommage qu'elle semblait si éprise de l'autre. Soufflant d'agacement, une idée traversa son esprit qui sentit de nouveau le doux frémissement du besoin d'évasion l'étreindre. Après tout, malgré les préconisations d'Alice, il avait toujours envie d'essayer de fuir la ville des vampires. Peut-être pourrait-il mieux trouver un passage vers son monde en étant loin de ce prince tyrannique ? Et peut-être trouverait-il des réponses à ses questions au Sud du pays ? Oui, mais pour cela il lui fallait un bon plan. Et s'il voulait jouer le sournois et s'enfuir, il devait surtout agir loin d'Edward et sa télépathie.
Se relevant, il se mit en tête de faire un repérage des lieux pour commencer, sous le monologue persistant de Marianne. S'approchant de la seule vieille fenêtre encrassée de la pièce, une grimace apparut à ses lèvres lorsqu'il regarda les environs boisés. Une carte de cette immense contrée lui serait forte utile. Il se souvenait encore de la peur qu'il avait ressentie pendant qu'il courrait à l'aveugle dans la gigantesque forêt du Maitre des jeux. Il fallait qu'il sache où aller, et cela, avant de risquer de revoir Edward, et que celui-ci ne capte ses plans.
- Comment on sort d'ici ? Interrompit-il brusquement la servante. Tu es de cette région, n'est-ce pas ? Alors, dis-moi comment puis-je fuir de cet endroit ? Je te préviens, inutile de me baratiner sur les "biens faits" de vivre dans ce château. Je cherche juste la sortie !
Bref, concis, et droit au but. Il devrait peut-être adopter la méthode Serpentard la prochaine fois vu l'air ahuri de la servante.
- Vous ne pouvez pas partir. Répondit rapidement Marianne. Le bracelet d'Olodora'N que vous portez n'est pas commun, il a été commandé spécialement pour vous par le prince Edward. Ceux-ci ont pour fonctions de contraindre le porteur à bénéficier d'un champ limité de déplacement dans une zone bien définie. Vous ne pouvez pas franchir les barrières du château d'Efryn. Si vous essayez, le bracelet fera en sorte que vous rebroussiez chemin. Je ne sais pas trop comment cela fonctionne, mais je suis certaine que les écritures gravées dessus ne vous laisseront aucune chance. Vous êtes la propriété du prince, et seul lui a tous les droits sur vous à présent. Elle fit une pause pour reprendre son souffle, les yeux toujours aussi affolés. De toute façon, ce château est très bien gardé, alors vous n'atteindriez jamais la sortie.
Harry était abasourdi, et, il devait avouer, légèrement abattu. Alors il avait hérité d'encore plus de chaines. Et même si Marianne semblait l'apprécier quelque peu, jamais elle ne briserait sa dévotion pour le prince afin de l'aider à s'en défaire. En avait elle-même le pouvoir ? Il en doutait. Son côté rationnel lui soufflait qu'il ne lui restait plus qu'à bien se tenir, comme l'avait suggéré Alice, durant quelques jours. Mais son côté têtu avait tout de même envie, besoin, de tester les limites des dires de la servante. Après tout, pouvait-il vraiment faire lui confiance ? C'était un vampire ! Et elle avait l'air totalement éprise d'Edward, cet homme ombrageux et immature. Même s'il restait assez lucide pour savoir qu'il ne pouvait tout de même pas foncer, comme habituellement, sans un plan en béton armé, il allait tout de même réfléchir à son évasion. Déjà, il ne savait même pas, à l'heure actuelle, se repérer dans cette forteresse pour y trouver une sortie quelconque. Et s'il tombait sur un des gardes durant son évasion, propriété du prince ou non, il sentait qu'il risquait d'y laisser des plumes. Mais bientôt, très bientôt, il serait assez dégourdi pour tenter une percée.
- Croyez-moi. Reprit doucement Marianne. Il vaut mieux que l'on se dépêche d'aller travailler.
Sur ce, elle le tira à l'extérieur de la chambre, et ils passèrent dans de nombreux couloirs sombres, très faiblement éclairés par des chandelles presque entièrement consumées. Pourquoi faisait-il si noir par ici ? Cela l'empêchait de pouvoir se tracer un plan correct de ce château dans la tête. Sifflant d'agacement face à la forte poigne de Marianne, il se temporisa en pensant qu'il valait mieux, dans un premier temps, faire ce que disait cette gentille servante. Son caractère difficile lui avait causé assez de problème comme ça. Se laissant faire, à la suite d'une énième porte, il fut brutalement aveuglé par la lumière du jour. Autour de lui s'étendait un large champ, où il pouvait apercevoir au loin les lumières de la ville en contrebas du château. Abasourdi, il fixait les environs, et se situa comme étant à l'arrière de la forteresse lorsque des bruits de hennissements troublèrent sa contemplation. Tournant le dos à la ville, il remarqua qu'ils avaient débouché sur ce qui semblait être de grandes écuries royales. Les énormes chevaux, installés confortablement dans leur divers box en bois les regardèrent approcher avec un intérêt certain. Et en réalité, en analysant leur expression, ils semblaient plus être prêts à les attaquer au moindre faux pas, qu'à se faire caresser.
Toujours aussi douce, la servante apprit à un Harry dubitatif, que sa première tâche serait le nettoyage des divers enclos des chevaux royaux. Compatissante au vu de la dureté de la tâche, elle se dépêcha pourtant de s'en aller vaquer à ses propres occupations de la journée en le laissant seul et démuni. La bouche ouverte, il pouvait percevoir avec dégout l'odeur nauséabonde des excréments de ces énormes bêtes. Était-ce une mauvaise blague ? Regardant une dernière fois les chevaux, qui lui rendirent un regard oblique, il se mit prestement à faire demi-tour. Ce prince pouvait bien mourir s'il croyait qu'il allait rester là à s'occuper gentiment de sa jument. Il pouvait se mettre sa foutue corvée là où il pensait. Mais trop tôt, à peine avait-il fait deux pas, qu'il se retrouva face à un garde vampire très mécontent. D'un regard meurtrier, celui-ci l'enjoignit d'un geste menaçant d'attaquer sa besogne.
Serrant les poings de rage, Harry repassa en boucle dans son esprit la vision du prince subissant un Doloris bien senti.
À SUIVRE.
