Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Charlène : Salut ! Merci pour ta review. Pour notre trio de choc, je vais encore faire durer le mystère. Mais ils sont vraiment mal tombés les pauvres ! Quant à Jasper, il lui en faudra beaucoup pour changer. Mais je développe un peu plus son personnage dans ce chapitre. Biz.
Élodie Nina : Coucou ! Merci beaucoup pour tes coms. Je n'avais vraiment pas envie de laisser ce trio dans l'ombre, alors je me suis dit qu'un chapitre sur le monde magique s'imposait. Ma tête explose d'idées, alors je sais déjà quelles épreuves ils vont pouvoir traverser. Pour Edward et Jasper, j'ai enfin révélé le mystère de leur méchanceté. Bella est le personnage phare de Twilight, donc je ne pouvais pas la laisser en arrière. Bien qu'elle soit juste mentionnée dans ce chapitre, je garde l'espoir de pouvoir la réutiliser. Enfin, pour Harry, on s'ennuierait s'il ne lui arrivait pas de bricoles, n'est-ce pas ? Je te laisse lire la suite. Bisouxxx.
Mme Potter-Snape : Salut ! Je suis contente que tu continues de me suivre sur cette histoire. J'espère que ce nouveau post te plaira autant que les précédents chapitres. Biz.
Perline : Coucou ! Merci de continuer à me suivre. Oui, je tenais à rendre hommage au trio (Hermione, Ron et Ginny). Et quoi de mieux que de les mettre dans la galère. Pour Ginny, je suis comme toi. Ce n'est pas mon personnage préféré dans HP, et ça risque de se faire sentir dans cette fic XD. Mais ce qui m'étonne, c'est que tu ne sembles pas choqué qu'elle soit enceinte ? Malgré tout, tu ne veux qu'elle retrouve son Harry ? Je te comprends ! MDR ! Enfin, je voulais aussi expliquer pourquoi Edward était si méchant. Alors j'ai pensé à Bella, sa campagne de toujours. En plus, ça me permet de bien mettre en avant que le couple phare de cette fic sera un E/H, bien que ce ne soit pas gagné ! Pour Jasper, tu as eu un bon pressentiment. Il va être assez hargneux dans ce chapitre ! Allez, je te laisse découvrir la suite. Bisouxxx.
Chapitre 10 : Du sang sur les lèvres…
Le nouveau réveil d'Harry fut douloureux. Mais cela commençait à devenir une habitude pour lui depuis qu'il était sur Elysion. Papillonnant des yeux, il s'aperçut qu'il se trouvait à présent dans une salle de sombre et circulaire, des tonneaux vides trainaient çà et là, et aucune fenêtre n'était en vue. Seules des bougies allumées un peu partout et se consumant sur elle-même le long des tonneaux éclairaient ce qui semblait être une vieille alcôve. Plissant les yeux, il dut admettre qu'il ne reconnaissait absolument pas cette pièce, et cela l'inquiéta quelque peu. Il voulut bouger et se rendit à cet instant seulement qu'il était entravé. Baissant les yeux, il remarqua les solides cordes qui le retenaient attachées sur une chaise en bois qui grinçait sous son poids. Ses poignets et ses pieds, qui commençaient à bleuir sous la pression des attaches, ne lui permettraient pas de s'échapper de sitôt même s'il tirait dessus comme un fou. Le souvenir de sa fugue, et surtout, de sa mauvaise rencontre dans les bois, lui revint en tête comme une claque et le fit frémir d'angoisse alors qu'il se mettait à fouiller fébrilement la pièce du regard. Ce fut d'ailleurs à ce moment-là qu'il remarqua la silhouette de son bourreau, caché dans un recoin mal éclairé par les bougies, qui l'observait attentivement depuis son éveil.
- Je me demandais combien de temps tu prendrais pour te réveiller. L'informa nonchalamment Jasper. Vois-tu, maintenant que je t'ai sous la main, je compte bien profiter de chaque seconde passée en ta présence.
Mauvais plan ! Pensa-t-il immédiatement en regardant le blond s'approcher lentement de lui. Ses grands yeux bleus océans, ainsi que la magnifique tunique blanche brodée de fil argenté qu'il portait, auraient pu le faire passer pour un ange tombé du ciel s'il n'était pas entouré d'une aura si malfaisante. C'était plutôt un démon sorti tout droit des Enfers.
- Tu ne peux pas me tuer. Hésita-t-il, la bouche sèche. Je suis sous la protection de ton frère.
Un sourire goguenard embellit le visage tordu de haine de Jasper à ces mots, et il se pencha vers lui dans un geste fluide et calculé.
- Mais c'est qu'il sait réfléchir, l'animal. Lui minauda-t-il. Ne t'inquiète pas, je n'ai pas dans l'idée de te tuer… En tout cas, pas aujourd'hui.
Génial, pensa-t-il, même s'il venait encore de toucher le fond, il pourrait toujours garder la vie sauve. Il était définitivement un survivant…
- Tu pourrais me libérer alors ? Demanda-t-il sans y croire.
- Et tu pourrais me tutoyer ! Nous n'appartenons pas à la même classe, que je sache !
Il pouvait toujours rêver, pensa-t-il sans oser le dire à voix haute. Il refusait d'accorder le moindre signe de respect envers ces vampires meurtriers et barbares. Détournant le regard du vampire face à lui, il se morigéna d'avoir eu la mauvaise idée de partir ainsi du château. Cependant, le souvenir fugace du sentiment de liberté qu'il avait éprouvé hier, ainsi que son envie de retrouver ses proches, l'envahit de nouveau en l'empêchant de trop regretter sa folie passée. Cela avait valu le coup, même s'il avait abouti ici. Se recroquevillant, il fixa de nouveau celui qui l'avait empêché de fuir au loin, et lui renvoya son regard belliqueux. Il savait que de toute manière, il n'aurait pas pu aller bien loin grâce à son maudit bracelet. Mais il aurait aimé pouvoir rêver de liberté encore plus longtemps.
- Alors quel est ton but ? Demanda-t-il au blond. Pourquoi ne pas m'avoir ramené à Edward pour qu'il me punisse.
- Toi et moi savons qu'il ne t'aurait certainement rien fait de trop… définitif. Rigola Jasper, bien qu'il ait haussé un sourcil d'un tic nerveux en voyant qu'il ne le vouvoyait toujours pas malgré son injonction, et qu'il ne comptait pas le faire de sitôt. Son obsession pour toi me dépasse totalement. Après tout, tu n'es qu'un humain de plus parmi tant d'autres.
- Il doit aimer mon franc-parler ! Plaisanta-t-il sans pouvoir s'en empêcher.
Seul un grand sourire narquois répondit à sa boutade. Se serrant contre le dos de sa chaise, il tenta de mettre encore plus de distance entre lui et son ennemi. Il savait que même s'il pouvait tenir tête à Edward, il devait absolument se méfier de son frère. Jasper était vraiment quelqu'un de complexe et de cruel. Et surtout, il semblait sans limites.
- En réalité, je me moque totalement de votre relation. Expliqua le blond avec indifférence. Ce qui me dérange, ce sont tes rapports avec ma femme. Vois-tu, ta race n'est pas réputée pour sa loyauté, ou son sens de l'intégrité. Et ma famille a payé cette leçon par le sang.
Serrant les dents, Harry pensa qu'il devrait surement faire référence à l'attentat contre la princesse Isabella. Pour sa part, il continuait à penser que les vampires étaient vraiment mal placés pour parler d'intégrité. Surtout après tout ce qu'il avait déjà vu d'eux et de leur insensibilité.
- Alice semble vraiment t'apprécier, continua sans attendre le prince, mais je sais qu'un jour tu la trahiras. Tu nous trahiras tous car c'est dans ta nature ! Et je devrais encore être celui qui étanchera les larmes versées par les miens avant de faire régner la justice. Parce que je suis l'exécutant de ma famille. Son bras armé, c'est moi ! C'est à moi d'être fort pour veiller sur les autres !
Se redressant, le vampire s'éloigna de lui à son grand soulagement. Il vit que son corps semblait presque trembler de rage alors que des fantômes de son passé devaient hanter son esprit, et il s'inquiéta que plus encore de son sort.
- Alors ? Siffla-t-il, en tentant de ne pas montrer sa peur. Que comptes-tu faire ? T'as déjà pris ta décision, n'est-ce pas ?
Il pouvait voir à quel point sa familiarité énervait le vampire et se régala de cette maigre victoire. Car il sentait qu'il ne servait à rien de supplier le blond pour qu'il soit indulgent et que ce qu'il l'attendait serait terrible. A la hauteur de sa haine pour les humains.
- En effet ! S'amusa encore Jasper. J'ai décidé de te faire passer un interrogatoire pour juger de ta fiabilité.
Le sorcier retint un tremblement à cette annonce. Le vampire transpirait de vice et de méchanceté. Il ne voulait certainement pas être interrogé par lui.
- Commençons par le début veux-tu ? Demanda joyeusement le blond sans attendre. Comment es-tu arrivé dans le désert ? Tu es apparu au loin en sortant de nulle part.
- Un tour de magie qui a mal tourné ! Plaisanta-t-il bêtement du tac au tac.
Le faux sourire amical qui lui répondit une nouvelle fois le fit se renfoncer dans sa chaise. Pourtant, il venait bien de dire la vérité : son sortilège avait foiré. Et alors qu'il allait se résoudre à s'expliquer correctement, il sentit soudainement son sang bouillir lentement dans ses veines. Vicieusement, la douleur partit de ses bras avant de ronger, de se faufiler telle une langue de feu, chaque membre de son corps. Il avait l'impression d'avoir été trempé dans de l'acide, et que sa chair endommagée se désagrégeait lentement. De longues secondes après que le phénomène ne se soit produit, sourd à autre chose qu'à sa propre souffrance, il sentit la douleur reculer doucement pour refluer dans son corps. Essoufflé, le bruit des hurlements de bête blessée qu'il venait de pousser atteint enfin ses oreilles dans un bourdonnement assourdissant. Le son de son cœur battant dans ses oreilles, il vit les accoudoirs de la chaise où il était retenu briller d'une vive lumière argentée. Des symboles tels des runes, qu'il commençait à reconnaitre comme étant des écritures vampiriques, y rougeoyaient encore fortement. Comme avec son collier, il venait d'être torturé de la pire des manières, et cela, sans que le prince n'ait à se salir les mains.
- Passons cette question pour l'instant. Continua impatiemment Jasper. Edward dit que tu viens d'un autre monde. Que c'est la raison pour laquelle, dans le désert, tu as pu nous démontrer certains de tes talents. Si cela est vrai, ton peuple de « sorciers » prévoit-il une invasion ? Avez-vous été contacté par nos ennemis du Sud pour nous détruire ? Réponds !
L'esprit encore embrumé par la souffrance, il examina d'un regard vague perclus de douleurs son bourreau. Il était encore plus aliéné que ce à quoi il pensait. Une invasion ? D'où pouvait-il bien tirer ces conclusions ? Il était le seul sorcier du monde magique assez bête pour jouer avec l'arcade de la mort. Et il le regrettait aujourd'hui amèrement.
- Non. Murmura-t-il difficilement. J'ai été téléportée dans votre monde par erreur. Et sans, pouvoir s'en empêcher, il crut bon de rajouter : D'un autre côté, cela va me permettre de foutre des raclées à des enflures de ton genre !
Cette réponse, pleine de sincérité et de morve, ne plut définitivement pas au prince. D'un geste rageur, il partit vers un coin sombre de la pièce, où Harry crut y apercevoir aménagée une vieille table en bois qu'il n'avait pas remarqué jusqu'à présent. Rapidement, le vampire revint en tenant entre ses mains ce qu'il reconnut difficilement comme étant un burin à pointe et un large marteau. La peur tordant ses boyaux, il resta figé sur place tandis qu'il observait son tortionnaire placer le burin entre ses jambes écartées, visant l'emplacement de son sexe, avant de lever d'une autre main le marteau. S'agitant vainement, il n'en crut pas ses yeux en voyant que le blond avait l'intention de le clouer à cette chaise de la pire des manières possibles.
- Maintenant, Harry. Minauda-t-il, les yeux fous. Puisque tu refuses de coopérer, je veux seulement t'entendre hurler…
Comme dans un cauchemar, il vit au ralenti le marteau redescendre pour s'abattre sur le dos du burin toujours entre ses cuisses. Ce malade allait vraiment le castrer !
- Je ne pense pas t'avoir autorisé à toucher à ce qui m'appartient, Jasper. Résonna une voix forte dans son dos. Je te prierais donc de bien vouloir disparaitre de là !
Là, s'avançant lentement en prenant le temps d'examiner l'alcôve, pas pressé pour un sou, Edward venait de surgir et d'arrêter son frère dans son élan. Entièrement habillé d'un ensemble rouge et noir, il avait ramené ses cheveux en une queue de cheval haute, d'où certaines mèches s'échappaient. Son regard, habituellement d'une belle couleur améthyste, était d'une étrange couleur ébène.
- Laisse-moi deviner. Dit Jasper, en se redressant, sans avoir l'air de se sentir coupable. Alice a eu une vision ?
Il aurait pu louer la vampire voyante tant il était soulagé. Il ignorait pourquoi il ne l'avait pas revu, quoique la haine et la méfiance de son compagnon à son égard expliquaient certaines choses, et regrettait de ne pas pouvoir la serrer dans ses bras pour la remercier. Il lui devait sa virilité intacte après tout.
- C'est exactement ça. Sourit méchamment Edward. Mais il semble que tu n'es pas entendu mon ordre : Va-t'en !
Confus, Harry vit durant quelques secondes le visage des deux vampires se troubler, alors que leurs canines s'allongeaient et que leurs yeux semblaient comme briller dans le noir. Les sortes de veines bleutées, et les crocs tranchants le firent frémir de peur alors qu'il tentait de se reculer au fond de sa chaise de torture, avant que Jasper ne semble abdiquer en se redressant à vitesse vampirique. C'était tellement rapide qu'on aurait dit qu'il s'était comme téléporté. Un instant entre ses jambes, prêt à le crucifier, l'autre dressé devant son frère les poings serrés.
- Je ne suis pas à tes ordres, Edward. Siffla alors le vampire blond. Je suis aussi un prince d'Elyum. Si j'ai conduit cet humain dans les cachots, c'était dans le seul but de nous protéger. Ton attachement pour lui est en train de fausser ton jugement ! Il est…
- Il est à moi ! Rugit Edward en approchant à son tour en vitesse, venant presque se coller nez à nez avec son frère. Il est sous ma protection, c'est donc à moi de le juger. Et pour ma part, il n'a encore rien fait qui puisse nous conduire à nous méfier de ses intentions. En outre, je suis le prince de cette contrée, alors si mes décisions te déplaisent autant, libre à toi de t'en aller.
Choqué, Harry qui s'était abstenu d'intervenir dans leur dispute vit Jasper balancer d'un geste rageur le burin qui alla se planter dans le mur face à eux avant de vivement quitter la pièce. Pour cette fois-ci, il semblerait qu'il est échappé au pire. Il prit de longues secondes pour le réaliser alors que son sauveur reprenait contenance et se calmait. Cependant, il doutait que le vampire blond lui pardonne un jour cette humiliation. Mais pour l'instant, il s'en moquait royalement. Tremblant toujours d'émotion, il se tendit lorsqu'Edward s'approcha de lui avant de détacher avec facilité le lien enserrant sa main droite.
- Surtout, ne me remercie pas. Lui souffla ce dernier, un sourire narquois aux lèvres.
- Te remercier de quoi ? Attaqua-t-il immédiatement. D'avoir un psychopathe pour frère ! Alors là, merci ! Merci !
Il regretta presque immédiatement d'avoir prononcé ces mots. Là, attaché comme un saucisson sur une chaise de torture, il n'était vraiment pas en position de force. Timidement, il leva les yeux vers le prince, dont le regard était redevenu améthyste le transperça de part en part avant qu'il ne secoue la tête de mécontentement. Par ailleurs, comparé à son frère, il ne tiqua pas face à son tutoiement spontané.
- Il n'y a rien à faire. Dit Edward. C'est impossible de pouvoir te satisfaire !
- Pourquoi… Toussa-t-il. Pourquoi voudrais- tu me satisfaire de toute façon ?
- Bonne question !
Surpris, il observa le vampire lâcher la corde qu'il s'apprêtait à défaire de son poignet gauche, avant de s'assoir avec naturelle à califourchon sur ses jambes. Ses cuisses musclées pesèrent délicatement contre les siennes, et il grimaça de manière explicite à ce rapprochement non désiré pendant qu'il tentait de reculer pour éviter que leur torse ou leur bassin ne se rencontre. Il détestait vraiment lorsque le prince devenait aussi familier avec lui dans leur contact.
- Où voulais-tu aller hier soir, Harry ? Lui souffla celui-ci, presque tendrement. Tu savais très bien que ton bracelet t'en empêcherait.
L'air buté, il détourna la tête, et plissa les yeux en sentant le torse froid du vampire venir se coller au sien malgré toutes ses tentatives pour reculer contre le dossier de la chaise. Ce toucher était intolérable.
- Je vois. Railla le prince après un court silence. Tu as fait un cauchemar. Oh, et tu cherches toujours le moyen de contacter tes proches. Ta rousse te manque-t-elle à ce point ?
Sa rousse ? Parlait-il de Ginny ? Comment faisait-il pour… ? Soudain, il se souvint de son pouvoir qui lui permettait de lire dans les pensées. Il fronça des sourcils, mécontents.
- Et si c'était le cas ? Provoqua-t-il. J'ai pu les contacter une fois, je saurais recommencer !
- Tu as tort. Chantonna le vampire, tout en se crispant face à sa réponse. Tu as pu joindre ta femme en créant par chance un lien psychique avec elle. Il fallait que vos esprits soient en concordance, c'est-à-dire que vous soyez ouvert l'un à l'autre, et qu'un « pont » mental soit battit. Un rictus lui échappa à cette idée. Or le fait est qu'il va être difficile de parvenir une nouvelle fois à cet exploit, car tu te dois de savoir que je suis ce « pont » dont tu as besoin. J'ignore encore comment, mais tu as réussi à utiliser ta magie pour détourner et amplifier mon don lorsque j'ai commencé à fouiller trop profondément dans ton esprit. Étant privé de ta magie, tu m'as utilisé moi, comme catalyseur, afin de pouvoir établir ce faible lien avec tes proches.
Soudainement très attentif, il n'osait pas interrompre son interlocuteur malgré qu'il commence à avoir mal aux jambes de devoir supporté son poids. Il était parvenu, par miracle, à utiliser le pouvoir du prince à ses propres fins. Malgré son collier qui le restreignait ? Il était plus puissant qu'il ne le pensait. Et tout prenait un sens en se rappelant de la puissance mentale du vampire. Après tout, il avait toujours été un piètre Légimence, donc il devait avouer qu'il pas pu être capable d'un tel exploit sans un peu d'aide. Une aide non consentante vu l'expression agacée du vampire face à ses pensées. Cependant, pourrait-il encore utiliser le don d'Edward ? L'idée de ce mélange entre leurs pouvoirs lui sembla alors bien utile tant il voyait les possibilités qui s'ouvraient à lui.
- Alors pourquoi tu ne recommencerais pas ? L'interrogea-t-il adroitement. Tu pourrais enfin te débarrasser de moi, tu y penses ? Allez, je t'autorise à pénétrer une nouvelle fois dans mon esprit. Je pourrais tenter de parler encore une fois aux miens pour leur demander de trouver le moyen de me faire disparaître de ton paysage.
- Non. Fit Edward, d'un ton catégorique.
- Non ? Pourquoi non ?!
- Parce qu'il n'est pas dans mon intérêt que tu t'en ailles. Et de toute manière, ton collier me protègera dorénavant de ce type de surprise.
Soudainement, le prince colla encore plus son corps contre le sien, ignorant sa grimace de dégout, avant de mettre délicatement son nez contre son cou. Harry, qui tentait par tous les moyens de limiter les contacts physiques entre eux, colla totalement son dos contre la chaise, gigotant dans tous les sens, et détourna instinctivement le visage dans un rictus gêné lorsqu'un nez passa le long de sa mâchoire.
- Ton odeur. Ronronna Edward. Voilà ce qui m'a le plus intriguée à notre rencontre. Au départ, je pensais que mon attirance était basée sur ton esprit qui me faisait découvrir un tout autre monde. Mais une fois ma soif et ma curiosité à peu près étanchées, je n'ai pas hésité à te donner à Keren face à ton entêtement à remplir ton premier rôle. Mais maintenant, alors que cela fait des jours que je reste éloigné de toi, je sais que ce qui me fascine le plus c'est ton odeur. Elle est encore plus envoutante que celle de ma défunte compagne… Et ton sang semble regorger d'une telle puissance…
Alors qu'il saisissait au compte-goutte les implications de ces paroles, il sentit des lèvres glacées lui embrasser la jugulaire, avant que le vampire ne découvre ses longues canines aiguisées contre sa peau vulnérable et exposée. Il se glaça de la tête en pied en comprenant ce qui allait lui arriver.
- C'est de ta faute ! Accusa le prince, la voix soudainement rauque. J'ai tenté de rester loin de toi tout ce temps. Mais il a fallu que tu me rappelles à toi en tentant de t'évader.
- Non ! Ne faites pas ça !
Vivement, il s'aida de sa seule main libre pour la plaquer contre un torse dur comme le marbre et tenter de le repousser. En vain. Il avait totalement compris les intentions d'Edward de le mordre, et il ne comptait absolument pas se laisser faire gentiment. Cependant, se débattre d'une main, en étant totalement ligoté sur une chaise, contre un vampire assoiffé et obstiné était peine perdue.
- Nous dirons que cela constitue ta punition pour ta fuite d'hier. Murmura dans un souffle le prince.
- Non !
Les dents serrées, il frissonna et sa respiration se coupa lorsqu'il sentit les crocs mordre sans plus d'hésitation la chair de son cou, alors que le vampire l'enlaçait tendrement de ses bras. La douleur de la torture qu'il venait de subir et qui venait à peine de reculer revint en force et le paralysa. Fondant la peau comme dans du beurre, glissant le long de ses veines, et tirant sa force vitale hors de son cœur, il crut mourir de douleur. Et le cri d'agonie qu'il poussa fit frémir le dos du prince qui s'accrocha encore plus à lui, comme s'il avait peur qu'il ne s'échappe. Plus qu'une morsure, il avait l'impression que ce dernier venait de pénétrer de force à l'intérieur même de son âme, puisant son sang à la source de sa magie. Le drainant de son essence. Il finit après de douloureuses secondes – ou était-ce des minutes ? Des heures ? - inerte, le regard vague, et son hurlement moururent dans sa gorge dans un gargouillis plein de souffrance. Il ne tentait même plus de se défaire de l'emprise mortelle de son assaillant, et seul le désagréable bruit de succion se faisait encore entendre dans la sombre pièce où ils se trouvaient. Dans un état second, il crut percevoir – lorsque le roux colla brièvement ses hanches contre les siennes – que contrairement à lui, celui-ci prenait un plaisir certain à s'abreuver. Et ce fut le contact de trop, car il se déconnecta totalement de son corps. Après un temps indéterminé, le prince le relâcha enfin, et leva son visage au ciel, tout en laissant échapper un gémissement d'extase. Les yeux à demi-fermés, il avisa ses lèvres rougies par son propre sang et pensa que s'il en avait encore de la force, et sa magie, il aurait pu le frapper à mort.
- J'ai encore des affaires de grandes importances à régler. L'informa Edward en se redressant. Entre autres, mon père et mon second frère ont bien évidemment déjà entendu parler de toi, et cela ne semble pas vraiment les rassurer. Mais sois tranquille, maintenant que j'ai gouté à la douceur de ton sang, je compte bien demeurer au plus près de toi.
Génial, pensa Harry avant de définitivement tourner de l'œil. Pour une fois, les ténèbres furent libératrices.
Finalement après sa fuite, il avait aussi gagné la chance de passer plusieurs jours au lit, à recevoir les soins de Marianne qui tentait de faire baisser la fièvre qui l'avait saisi juste après sa séance de torture. Cela avait d'ailleurs eu le mérite de le calmer ses envies d'évasion. Il n'était plus question pour lui de réessayer de fuir le château sans un plan en béton armé, et surtout, sans bracelet magique. Mais le plus surprenant pour lui était la gentillesse qu'avait démontrée la jeune servante lorsqu'elle avait patiemment veillé sur son sommeil fiévreux. C'était toujours étrange pour Harry de voir à quel point elle pouvait être humaine dans ses actes. Lorsqu'il avait pu tenir éveillé plus de cinq minutes, il avait appris que Jasper avait quant à lui, soi-disant, été réquisitionné auprès du roi d'Alayis durant sa convalescence. Le brun n'aurait plus à croiser ses sourires moqueurs et ses regards malsains pour – il l'espérait – un bon bout de temps. Au final, le seul point négatif était qu'il avait décidé de s'en aller en emportant avec sa précieuse épouse, Alice, qu'il mettait définitivement dans la case « amie à garder près de soi » au même titre que Marianne. Elles étaient les seules vampires à avoir pour l'instant trouvé grâce à ses yeux.
En attendant sa guérison, il avait aussi senti à sa grande surprise qu'il était maintenant un peu plus seul sans la voyante. Car il savait que maintenant, elle et ses visions seraient trop loin pour lui sauver encore une fois la mise. Le douloureux souvenir de sa morsure hantait parfois son esprit, ce qui le poussait à se méfier et à éviter encore plus la présence d'Edward le sanguinaire qui par bonheur ne vint jamais le voir. Malheureusement, bien malgré lui, la colère et le dégout qu'il avait en premier lieu éprouvé à la morsure s'étaient étrangement mutés en doutes alors qu'il grattait de plus en plus souvent du bout du doigt la marque qu'il arborait maintenant en bas du cou. Il n'avait pas aimé ce rapprochement avec l'autre vampire, au contraire, il l'avait rebuté, cependant, il ressentait aujourd'hui comme un manque qui le tourmentait la nuit. Comme si cette première morsure avait ouvert une porte sur quelque chose de plus grand. Comme si son sang bouillonnait parfois dans ses veines, comme s'il en possédait trop. Ce qui était totalement illogique. Chassant ces pensées, en ce nouveau matin de sa guérison, il se pressa de se mettre en route pour reprendre ses tâches journalières. Marchant dans les couloirs en compagnie d'un soldat, il sentit une certaine apathie le saisir au souvenir de son soir de fuite. Son évasion avortée l'avait laissée un gout amer dans la bouche. Désespéré, il s'apitoya sans pouvoir s'en empêcher le reste de sa journée en pensant qu'il ne faisait qu'un pas, pour en reculer de trois.
Au soir venu, alors qu'il s'allongeait sur sa couche de misère, il sera fortement les paupières en souhaitant pouvoir s'évader juste une minute. Il désirait disparaitre de ce monde par la pensée, à défaut de le faire physiquement, ne serait-ce qu'une seconde… Et, lorsqu'il aperçut les rideaux vert pâle qui entouraient une large fenêtre donnant vue sur une rue déserte, il sut qu'il avait réussi. Il pouvait rêver d'eux.
- Quand vas-tu épouser ma sœur ? Avait ce jour-là demandé Ron, un sourire dans la voix. Ne comptes-tu pas en faire une femme respectable ?
Les yeux d'Harry avaient à cet instant fixé la jolie rousse qui caressait doucement la joue du dernier enfant de Bill dans la pièce à côté. Le mariage ne faisait vraiment pas partie de ses projets. Égoïstement, il souhaitait garder sa vie telle quelle était, sans réellement s'engager envers quiconque. Ou en tout cas, pas définitivement. Il avait encore beaucoup de choses à faire, comme récupérer son parrain, et ne se permettait pas d'avancer avant d'y arriver.
- Nous ne sommes pas pressés, Ron. Avait –il répondit. Mais ne t'inquiète pas, tu seras mon témoin si un jour cela se produit.
Des rires et des plaisanteries avaient suivi sa réponse. Avant qu'Hermione ne vienne vers eux, le sourire aux lèvres, pour mettre fin à la discussion. Son rêve, ou plutôt son souvenir se fendilla à cet instant pour le ramener à la réalité. Les fantômes de ses amies, de sa famille, ne tardèrent pas à disparaitre alors qu'il ouvrait les yeux sur la chambre emplie par les ténèbres de la nuit qui l'entourait comme une chape de plomb impitoyable. Ce fut la chaleur de bras sécurisants, le murmure d'une chanson inconnue, et la douceur d'une caresse dans ses cheveux, qui le réveilla complètement. Hagard, il comprit que son rêve, qui s'était muté en douloureuse vision du passé, s'était enfin dissipé, car Marianne était là. Sans avoir la force de la repousser, il laissa la servante le consoler toute la nuit durant. Et le sommeil ne l'enveloppa qu'aux premières lueurs du jour. Au matin, il partit pourtant travaillé sans qu'un mot ne soit échangé entre eux, et sans petit déjeuner. Ils ne mangeaient pas le matin, et très rarement le midi, car leur vrai repas ne se faisait que les soirs, enfermés dans leur vieille chambre décrépie. Passant une main dans ses cheveux, il pensa que Marianne l'assaillirait certainement de questions à ce moment-là. Mais, il lui devait au moins à elle des explications pour sa crise nocturne.
Trainant des pieds, il fut totalement surpris lorsque le soir arrivé, la servante lui attrapa le bras pour le mener vers les cuisines du château, bien loin de leur chambre. Il reconnaissait le chemin pour y avoir déjà nettoyé un jour des casseroles. Curieux, il eut beau poser des questions à la vampire, celle-ci ne daigna jamais répondre à aucune d'entre elles. Regardant autour de lui pour voir d'autres domestiques prendre le même chemin qu'eux, il pensa qu'elle voulait certainement qu'ils restent avec les autres serviteurs du château pour le diner. Gêné, il pensa à s'enfuir lorsqu'il réalisa qu'il n'avait jamais mangé hors de sa chambre. Plus important, il ne souhaitait pas se mélanger avec les autres, les vampires. Il ne voulait pas s'attacher à quiconque. Rentrant de force dans la cuisine, il vit que celle-ci était déjà pleine de serviteurs, une assiette en fer à la main. Ils le regardèrent tous passer attentivement et en silence comme un prisonnier qu'on emmène à l'échafaud. Personne ne l'accueillit avec sourire, les bras grands ouverts. Crissant des dents, il vit que son comportement antisocial qu'il adoptait depuis son arrivée ne l'avait définitivement pas aidé à se faire des amis. Mais qui voudrait faire ami ami avec des vampires ? Fort de cette résolution, ce fut sans baisser les yeux qu'il avança rapidement au plus près de Marianne qui allait vers le fond de la cuisine. C'était son seul repère ici.
- Je vous présente ma mère. Lui dit celle-ci en faisant un geste de la main vers une inconnue. Maman, voici Harry, l'humain du prince Edward.
Cette phrase eut le mérite de l'électrocuter. Sa mère ? Les vampires pouvaient-ils enfanter ? Et puis, il n'était l'humain de personne ! Déjà les murmures enthousiastes des autres servants dans son dos à ces quelques mots le firent grincer des dents. La femme devant lui, qui semblait être la cuisinière du prince, était une petite dame rondelette au sourire franc. Sa peau était beaucoup plus claire que celle de sa fille, et ses grands yeux marron le fixèrent d'un air critique de haut en bas.
- Regarde-moi ça ! Fit-elle, presque choquée, en réponse à son salut quelque peu timide. Il est tout déplumé !
Déplumé ? Cette présentation lui parut tellement incongrue, qu'il éclata de rire sans vraiment s'en rendre compte. Avec surprise, il entendit au loin, le rire des autres convives faire écho au sien. Marianne le présenta alors avec plaisir au reste de sa famille. Elle avait deux grandes sœurs, Melinda et Lara, de très grandes et très belles femmes vampires à la peau extrêmement bronzée. Le jeune homme ne put s'empêcher de cligner des yeux face à ces différences avec son amie qui était loin d'être aussi belles et élancées.
- Oui, je sais. Marmotta cette dernière comme si elle aussi pouvait lire dans ses pensées. Maman affirme pourtant qu'on est du même père !
Sa mère, qui s'appelait Michelle, s'offusqua vivement de cette remarque, et ne se gêna pas pour donner une taloche à l'arrière de la tête de sa fille, avant de s'empresser d'expliquer que ses sœurs avaient simplement hérité de la physionomie de leur père. Leur père qui était d'ailleurs mort, il y a des années de cela, lorsqu'il avait été envoyé au front à la frontière calmer une énième guerre intestine entre humains et vampires. Il se tendit alors qu'il s'attendait à subir les foudres des vampires face à l'humain qu'il était. Mais loin de briser l'ambiance, cette annonce passa comme un triste fait du passé qui n'amènerait aucune rancune. Et Harry, l'humain parmi les vampires, se sentit presque à sa place. Gardant son sourire, Marianne lui présenta finalement Kéry, son seul frère. C'était un grand et jeune adolescent, bien bâti, avec les yeux les plus noirs et les plus profonds qu'Harry n'ait jamais vus de sa vie. Il sut d'instinct que ce n'était pas un regard sombre comme avait arborait Edward sous la colère, mais bien la couleur naturellement envoutante du jeune homme. Le dévisageant longuement, il se surprit à penser qu'il portait réellement la "gentillesse sur le visage", comme disait parfois Hermione. D'ailleurs, son caractère calme et timide le plut tout de suite, et il entama vivement une discussion avec lui en s'installant à ses côtés autour de la large table en bois de la cuisine. Il apprit ainsi que Kéry était celui qui se chargeait de déposer leur repas dans leur chambre le soir. Et il était aussi celui qui lui avait parfois apporté des fruits frais en même temps que son écuelle de soupe – gentiment préparé par sa mère et ses sœurs - pour le réconforter. Bêtement ému, il comprit qu'ils avaient tous à leur manière veillé sur lui, sans même le connaitre. Lui, l'humain qu'ils devaient détester comme il les avait détestés. Au cours de la soirée, il rencontra aussi avec un certain plaisir tout le reste de la tablée, retenant certain nom, et en oubliant bien d'autres. Ce fut une soirée conviviale, voire même, familiale. Et il passa ce soir-là, sa meilleure nuit depuis qu'il avait atterri à Elysion. Il se sentit apaisé comme jamais. Plus tard dans la nuit, il était encore tout joyeux, et nonchalamment allongé dans son lit de fortune, il tourna la tête vers Marianne.
- Pourquoi avoir fait ça pour moi ? Murmura-t-il. Tu n'avais pas besoin de me… d'être aussi gentille… Depuis le début… Surtout avec tout ce que je pense des vampires…
La servante sembla hésiter à lui répondre, comme si elle était gênée par sa question en elle-même. Il allait lui dire de ne pas se forcer à parler, lorsque sa voix s'éleva à son tour.
- L'autre nuit, vous étiez très attristé. Expliqua-t-elle craintivement, le vouvoyant toujours avec un tel respect. Depuis votre arrivée, c'était la première fois que je vous voyais si abattu. Je sais que vous avez perdu beaucoup en venant ici. Et je ne prétends pas pouvoir remplacer votre famille avec la mienne... Mais je me suis juste dit qu'on avait tous besoin de quelqu'un. Alors j'ai eu envie d'être ce quelqu'un pour vous.
Détournant le regard, Harry sourit dans la pénombre de la chambre alors qu'il sentait que la petite vampire venait de prendre une place spéciale dans son cœur. Jamais il n'aurait cru se lier d'une vraie amitié avec un des vampires d'Elysion. Mais tout le monde avait besoin d'un soutien, n'est-ce pas ? Tout le monde avait besoin d'être sauvé, et parfois, de soi-même. Marianne avait fait cela pour lui cette nuit.
- Marianne ? Interpella-t-il, la gorge nouée. Tu as toujours été ce quelqu'un, cet ami dont j'ai tant besoin. Pardonne-moi de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Mais dès la première fois où l'on s'est parlé, tu as été mon amie. Alors, pitié, tutoie-moi enfin !
Un rire clair répondit à sa tirade. La servante semblait ravie que le brun l'accepte, comme un enfant qui apprend que Noël arrive.
- Alors en tant qu'amie, laisse-moi te dire une chose. Murmura-t-elle ensuite avec sérieux. Tous les vampires ne sont pas forcément des monstres. Et beaucoup d'entre nous espèrent encore qu'une paix totale soit possible entre les différents peuples d'Elysion. Penses-y, Harry. Tout n'est pas soit tout blanc, ou tout noir.
- Tu veux dire qu'il existe du gris ?
- Il existe du gris…
Un sourire éclaira ses lèvres à ces mots pleins de bienveillance. Il était temps pour lui d'arrêter de déprimer. Et d'ouvrir son cœur au peuple d'Elysion. De toute manière, il n'était pas prêt de fuir ou de rentrer chez lui. Il s'endormit le cœur léger, et ce nouveau monde ne lui avait jamais apparu plus merveilleux que ce soir-là.
Plusieurs jours passèrent, se ressemblant tous, à quelques exceptions que le cheval du prince, Aranwë le rendît parfois dingue lorsqu'il se rendait dans son enclos. Il semblait avoir le même fichu caractère que son maitre. Mais les soirs de rigolade au chaud dans les cuisines royales, entouré de Marianne et de sa famille, et de tous les autres servants, adoucissaient le temps qui passait. Son moral était au beau fixe, et même s'il lui arrivait parfois de gratter la marque de sa morsure, un étrange sentiment de manque l'envahissant, il parvenait toujours à s'en détourner pour reprendre ses tâches. Il passait son temps à effectuer diverses tâches dans le château comme s'occuper des chevaux, laver les draps, ou encore aider avec plaisir la cuisinière. Michelle avait été surprise de sa dextérité avec un couteau, et il lui avait dit à demi-mot qu'il était accoutumé avec la cuisine. Tante Pétunia aurait fier de lui. À de rares occasions, il apercevait au détour d'un passage, portant un sac de linge sale, les curieux yeux améthyste d'Edward qui marchait vivement dans les couloirs entourés de ses nobles. Il semblait maintenant prendre un plaisir certain à le croiser dans le château comme pour lui rappeler sa présence. Et lorsqu'ils se rencontraient en face à face, sans pouvoir s'éviter ou se contourner, le vampire se contentait de suivre Harry du regard alors qu'il se détournait vivement pour disparaitre au détour d'un passage. Aucune parole, aucun geste, n'était jamais échangée à son plus grand plaisir. Jusqu'à ce qu'un jour, à l'abri des regards indiscrets, la seule fois où il s'était déplacé dans le château sans Marianne et sans garde, le prince ne le coince dans un couloir sombre – plaquant d'un geste rapide son dos contre un mur de pierre - avant de lui susurrer à l'oreille :
- Ton sang m'a contentée durant de longs jours, Harry. Mais maintenant, je n'en peux plus d'attendre…
Il l'avait alors de nouveau mordu, ignorant les coups de pieds qu'il lui assénait avec vigueur pour tenter de s'échapper. Essoufflé, il avait finalement abdiqué et supporté la douleur jusqu'à ce que le vampire se retire. Celui-ci, les lèvres pleines de son sang avaient alors, pour sa grande surprise, tenté de l'embrasser avant qu'il ne détourne violemment le visage. Loin de s'offusquer, son assaillant l'avait foudroyé de son regard avant de lui embrasser le cou et de s'en aller. Glissant le long du mur, il refusa de s'avouer que cette morsure avait sonné comme une délivrance pour lui, au plus profond de son être, alors que son cœur cessait de battre la chamade à ses oreilles. Que lui avait fait ce maudit vampire ? Il était perdu face aux réactions de son corps. Il ne s'appartenait plus. Heureusement, par la suite, Marianne se révéla une fois de plus être une fidèle et généreuse amie. Elle l'aida de nombreuses fois à accomplir ses tâches de la journée, et le soutenait aussi surement que l'aurait fait Hermione. Certains soirs, elle lui contait même les histoires d'Elysion, le permettant ainsi de s'intégrer un peu plus à cette grande famille que formaient tous les serviteurs du château. Avec le temps, tous semblaient l'apprécier, sauf peut-être cette petite teigne du nom de Laetitia et son groupe de petites vampires hargneuses qui se mettaient toujours à l'écart de lui. Cette dernière s'occupait principalement des chambres royales et s'en vantait comme si cela était un immense honneur, et elle avait clairement fait sentir à Harry que sa présence lui était indésirable les nombreuses fois où ils s'étaient affrontés dans la cuisine sous les regards goguenards des autres servants qui ne prenaient même plus la peine de les séparer tant leur haine semblait tenace. Retord, il s'obstinait donc à être le plus souvent possible en sa présence, testant ainsi ses limites, et la taquinant. N'avait-il pas justement besoin d'un défouloir ? Elle avait parfaitement joué ce rôle pour son bon plaisir. Un matin où ils n'avaient pas envie de travailler et qu'ils baillaient aux corneilles dans les champs, Harry fut surpris lorsque son amie lui demanda de lui décrire le monde magique. Plongeant dans ses souvenirs, il avait alors énuméré leurs magnifiques écoles de sorcellerie, le majestueux chemin de traverse qu'il avait aidé à rénover, allant même jusqu'à parler de leurs propres créatures qui y vivaient. Elles avaient semblé surprises de savoir que les sorciers étaient supérieurs aux vampires dans son monde, ou tout du moins, qu'il les contrôlait quelque peu. La servante semblait vraiment intriguée par sa magie et ses performances. Ce qui le fit regretter encore plus ses entraves. Il aurait aimé la divertir de quelques sorts.
- Dis-moi, en parlant de magie, même si Elysion ne peut en produire, pourquoi êtes-vous si archaïque ? Fit-il honnêtement remarquer. Je veux dire, c'est vrai, je trouve que votre pays est assez rustre. Tout est si sombre, et vieux, et… On se serait cru chez des barbares !
Marianne éclata immédiatement de rire face à sa grimace de désapprobation. Et il attendit impatiemment qu'elle se reprenne.
- En réalité, tu as passé tout ton temps du côté des servants. Expliqua-t-elle. Et nous avons juste de quoi vivre. Mais de l'autre côté, crois-moi, c'est vraiment le luxe !
Cela le fit réfléchir. À sa capture, il avait entrevu le luxe de « l'autre côté », et il en avait maintenant marre de stagner dans cette position de domestique. Il voulait se débarrasser du collier d'Olodora'N, et tenter de fuir du royaume d'Elysion. Il s'était fait des amis, mais pouvaient-ils être des alliés ? L'aiderait-il à prendre la poudre d'escampette ? Il doutait que même la douce Marianne défît le prince pour l'aider. Surtout que ferait-il seul dans ce monde hostile ? Lui, simple humain privé de sa magie, mais tout d'abord, il devait tenter de gagner la confiance de cet affreux vampire, Edward. À défaut de pouvoir magique, il avait appris qu'avoir de l'influence était une forme de puissance tout aussi utile et délectable. Car qui l'écouterait s'il restait un simple servant ? Personne. Pourtant, penser au vampire lui amena le même sentiment de haine qu'il éprouvait toujours à son égard. Le prenait-il pour sa nouvelle banque de sang personnel ? Rageur, il sut dès l'instant qu'il allait encore devoir se lancer une nouvelle fois dans les ennuis. Après tout, pour faire évoluer les choses, il fallait soi-même être capable de provoquer sa chance en prenant des risques.
Pour cela, il ne lui restait plus qu'à trouver le moyen de captiver l'attention d'Edward, le barbare au cœur de glace.
À SUIVRE.
Voici le retour d'Edward dans ce nouveau chapitre ! J'espère que ça vous a plu !?
