Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Charlène : Coucou ! Merci de continuer à me suivre. Je vois que la fin t'intrigue lol. Et je peux dire que tu as presque résolu l'énigme. Ton hypothèse est bonne ! Je te laisse lire ce nouveau chapitre. Bisouxxx.
Élodie Nina: Salut ! Merci pour ta review. Eh oui, encore une petite torture pour Harry XD. Sinon, Edward tente de redevenir « gentil », mais rien n'est gagné. Les mauvaises habitudes ont la vie dure ! Pour la magie d'Harry, j'ai eu une idée de fou ! J'espère que ça collera avec le reste de l'histoire lol. Biz.
Coco73 : Merci pour ton gentil com. Oui, je me focalise un peu plus sur la relation E/H. J'essaye de faire évoluer les choses entre eux. J'espère que tu aimeras ce chapitre. Biz.
Alessa Lilly Petrova : Coucou ! Merci beaucoup pour ta review. Je suis contente que tu apprécies cette histoire. J'espère vraiment éclairer ta journée avec ce nouveau chapitre. Je vais encore faire bouger les choses entre E/H, mais je vais rester moins… « Trash » lol. Bisouxxx.
Perline: Salut ! Merci beaucoup de continuer à me suivre. Ah ah, j'ai réussi à te faire peur avec me sirènes lol ? C'est vrai que l'idée m'est venue en regardants Pirates des Caraïbes. Puis lorsque j'ai revu d'autres sirènes dans un dessin animé (je regardais Peter Pan avec ma nièce de 3 ans XD), je me suis dit que ça ne serait pas si mal de les inclure dans cette fic. Pour le couple E/H, les choses se concrétisent. Mais avec Harry (et son caractère de XXXX) rien n'est gagné ! Pour la magie d'Harry, le mystère reste entier. Mais je peux te dire que ça les a beaucoup beaucoup remués ! Je te laisse lire ce nouveau post. Bisouxxx.
Chapitre 12 : L'insatisfaction du pion
Si au départ Harry avait passé énormément de temps à penser à son ancienne vie, il était surpris de voir à quel point il était maintenant totalement captivé par la tournure qu'avait prise son existence sur Elysion. Plus que les conflits qui subsistaient dans ce monde, ou même les horreurs dont il avait été témoin, il était maintenant perturbé par ses (trop nombreux) rapports avec le prince aux yeux améthyste de cette contrée. Comiquement, la brève résurrection de sa magie semblait avoir comme refroidi les ardeurs de ce dernier. Il avait été agréablement surpris de le voir hésiter à le mordre comme à son habitude au détour d'un couloir. Et même s'il refusait de se l'avouer, la lueur fauve, qui planait maintenant dans son regard lorsqu'ils se croisaient, l'avait étrangement chamboulé et poussé à gratter la marque de ses anciennes morsures. Il se souvenait encore de ses doigts se crispant contre son seau de linges sales sous ce regard animal, comme lorsqu'il resserrait sa main sur sa baguette avant de jeter un sort. Comme deux prédateurs qui cherchaient encore à s'apprivoiser, ils s'étaient éloignés l'un de l'autre – sans qu'une parole ne soit échangée - en tâchant de ne surtout pas se tourner complètement le dos. La confiance n'était pas encore totalement établie entre eux. Par la suite, ils s'étaient de nombreuses fois rencontrés, cherchant sans le vouloir la présence de l'autre, et s'étaient séparés dans un silence rempli de tension en prenant grand soin de ne jamais se toucher. Mordant ses lèvres à ce souvenir, il pensa aussi aux rumeurs qui parcouraient ces derniers temps le château avec une certaine curiosité. Il se murmurait dans les couloirs que le prince passait étrangement beaucoup de temps dans la grande bibliothèque royale. Ne pouvant l'y suivre, il souffla de dépit, et ragea au fait de ne pas pouvoir lui aussi faire des recherches. Il était certain que le vampire cherchait à comprendre le phénomène qui s'était produit entre eux avec sa magie sois disant bridée, et il était pour une fois plus que prêt à l'aider à percer ce mystère. Car il y avait définitivement trop de secrets et, il s'en étouffa de répulsion, d'attirance les entourant.
Tout d'abord, il avait réussi à utiliser les pouvoirs télépathiques du prince sans son consentement. Et maintenant, sa magie – qui était censé être restreint par son collier – avait enfin pu se réveiller pour traitreusement s'enrouler autour de l'ennemi avant de s'évanouir de nouveau. Il aurait pu s'arracher les cheveux face à toutes ces incompréhensions. Il avait besoin de réponses, et il savait très bien où en trouver. Là, il pesait le pour et le contre pour savoir comment il allait bien pouvoir s'y prendre pour les obtenir. Finalement, après avoir passé toute la journée à hésiter, il s'était enfin résolu à se rendre de son plein gré dans les appartements du prince, le pas trainant sans prêter attention aux luxueux couloirs qu'il parcourait. Gonflant le torse, il s'était senti comme un gladiateur prêt à se lancer dans l'arène et avait affronté les gardes qui, à sa grande surprise, l'avaient laissé passer sans toutefois oublier de lui lancer des regards menaçants. Par ailleurs, une fois arrivé à destination, il ne put s'empêcher le doute de l'envahir de nouveau. Figé, il dévisageait les derniers gardes qui le séparaient du prince qui, comme des statues, lui rendait son regard sans ciller. Magnifiques dans leurs armures rutilantes, ils ne semblaient manifestement pas voir en lui de réelle menace. D'ailleurs, le sourire narquois qui s'étendit sur leurs lèvres charnues tendait à l'affirmer. Avançant d'un pas incertain, il retint un sursaut lorsqu'ils s'écartèrent comme un seul homme de son passage, sans jamais émettre un mot, tout en lui ouvrant la porte. Manifestement, des ordres avaient été donnés à son intention, et personne ne l'empêcherait de rencontrer le prince d'Efryn. Entrant à pas de loup dans le salon royal, les sens en alerte, il ne mit pas beaucoup de temps avant de le repérer. Assis dans un fauteuil, le maitre des lieux semblait étudier un livre ancien aux bords cornus avec beaucoup de minutie. Il était cette fois-ci vêtu d'un ensemble blanc et doré, tandis que ses cheveux avaient été tressés en une longue natte basse. Malgré lui, il dut admettre que même sa posture sérieuse et légèrement avachie n'enlevait rien à son air noble et délicat. Une bête cachée sous une magnifique apparence, se méfia-t-il aussitôt.
Il danse d'un pied sur l'autre sans que la bête en question ne lui accorde un regard, et il hésita, pour une fois, à parler le premier. Gêné, il attendit dans le silence qu'il relevât la tête pour lui adresser la parole. Soudainement, il se sentait horriblement mal élevé de s'imposer de la sorte. Surtout après le scandale qu'il avait fait lors de sa dernière visite. Puis, il se rasséréna en pensant qu'il était en droit de comprendre lui aussi ce qu'il lui arrivait. Alors il ne partirait pas sans réponse. Et se battre une nouvelle fois contre l'autre ne le faisait pas peur. Pris dans ses pensées vindicatives, il ne remarqua pas et ne fit aucun geste lorsqu'Edward l'observa longuement avec son habituelle lueur fauve dans le regard. Ce fut le long frisson qui lui parcourut le dos qui lui fit lever les yeux vers lui, et immédiatement l'horrible impression d'être une proie venant mourir au pied d'un prédateur le presque reculer d'un pas. Le vampire semblait… affamé. Autant que lui était parfois bouillonnant de ne pas avoir reçu de morsure depuis si longtemps. Cette situation ne pouvait définitivement plus continuer ainsi. Tentant de masquer son trouble, il s'apprêtait à lui lancer une de ses piques favorites en guise de salutation lorsque le prince se rajusta correctement dans son siège, déposant délicatement son livre sur la petite table basse près de lui, pour lui faire un vague geste de la main pour l'inciter à venir s'asseoir. Méfiant, comme toujours, il prit tout son temps avant de se décider à aller prendre place. Il devait avouer qu'il ne lui inspirait toujours aucun bon sentiment. Malgré qu'il avait démontré pouvoir ressentir des émotions telles que le regret. Le silence entre eux qui s'épaississait le rendait tellement mal à l'aise qu'il prit une inspiration et se dit qu'il n'allait pas passer par quatre chemins avec lui avant d'entamer le sujet qui l'intéressait. Après tout, mieux valait qu'ils ne restent pas trop longtemps ensemble. Et puis, il se voyait mal lui sortir des formules d'usages ridicules comme : "Comment allez-vous aujourd'hui ?" avant de le cuisiner sur ses recherches et sur leur (il s'en étouffa de dégout en le pensant) lien.
- Il faut qu'on parle. Dit-il sans ambages en s'éclaircissant bruyamment la gorge.
- Je le pense aussi. Coupa Edward, sa voix rauque le faisant frémir. Comment as-tu fait pour réveiller ta magie ?
Il se tendit immédiatement à ces mots. Il savait que le vampire se posait lui aussi de nombreuses questions à ce sujet. Cependant, il s'attendait à avoir des réponses à ses questions, et non à devoir en fournir. Après tout, le prince n'avait-il pas passé beaucoup de temps à fouiller la bibliothèque royale ? N'avait-il donc rien trouvé ? Rien du tout ? Quel incompétent ! Il pouvait toujours l'afficher son air conquérant et confiant, lui et les bouquins, ça faisait apparemment deux.
- Cela n'a rien à voir ! Rugit le vampire en captant ses pensées. Je dispose de certains livres utiles, mais nos plus anciens écrits sont précieusement gardés dans le château de mon père.
Génial ! Pensa-t-il en réponse. Ils n'étaient donc pas prêts à percer ce mystère étant donné qu'il était actuellement une petite chose honteuse et dangereuse qui devait être cachée à la famille royale. S'asseyant plus confortablement, il souffla de dépit avant qu'une horrible idée ne vienne soudainement lui effleurer l'esprit.
- Et si… Hésita-t-il. Ça ne peut pas être ça… Mais dans mon monde… Enfin … Peut-être que ces problèmes viennent du fait que tes morsures sont en train de me muter en… calice ?
Il réprima difficilement le frisson de dégout que ces quelques mots lui provoquaient.
- En calice ? Fit Edward, avec incrédulité, avant de directement suivre ses pensées pour mieux le comprendre. Retire-toi ces folles idées de la tête. À Elysion, aucun vampire ne peut avoir de « calice ». Tout comme aucun humain ne peut être transformé en vampire. Nous avons des compagnons d'éternité, et c'est tout !
Harry en resta abasourdi. Ce monde différait vraiment du sien. D'un autre côté, il était soulagé de savoir qu'il n'était pas vraiment lié au vampire. En tout cas, pas de cette manière. Fixant le prince qui avait repris sa lecture comme s'il n'existait pas le mal élevé, il le maudit en pensant qu'il n'aurait jamais dû le mordre en premier lieu. Toutes les bizarreries qui leur tombaient dessus étaient de sa seule faute. Ne pouvait-il vraiment pas s'empêcher de planter ses crocs dans le cou des autres ? La pensée qui lui disait qu'il avait comme même participé à réveiller - durant un infime instant - sa magie, fut écrasée face à sa soudaine colère. Il était tout le temps en colère en sa présence. Même en ne disant rien.
- Si c'est pour encore me faire des reproches, dit lentement le vampire en réponse à ses pensées toujours aussi chaleureuses en relevant les yeux, tu peux t'en aller.
Ravalant sa hargne, il le dévisagea un instant sans faire un seul geste en pesant le pour et le contre. Il avait besoin de réponses. Embêter Edward par sa présence et par ses piques ne ferait pas avancer leur affaire. Au contraire. Rendant son regard à ce dernier qui le fixait avec implacabilité, il se tortilla sur sa chaise tant il voulait encore se disputer avec lui et laisser libre court à sa mauvaise humeur. Mais le sourcil d'Edward, élégamment levé dans un signe de défit et de menace le contenait à se calmer. De plus, il ne semblait absolument pas vouloir se laisser entrainer dans une nouvelle dispute avec lui, et il le lui fit savoir en retourner à son bouquin. Dans un sens, il avait raison. Il n'était plus l'heure pour eux de continuer à se battre. Et puis, ne lui avait-il pas déjà craché toute sa haine au visage ? Il se força à se raisonner, et, soudain las, pensa qu'il avait vraiment besoin de baisser les armes justes un moment pour ce but commun : découvrir quel lien les liait l'un à l'autre. À cette pensée, il vit les yeux améthyste du prince, toujours collé à son livre, briller avec curiosité alors qu'un accord tacite semblait s'être formé entre eux. Pour lui donner un raison, il réceptionna maladroitement le livre qu'il lui envoya et, lui lançant un regard agacé, se lança à son tour dans les recherches. Ou plutôt, il tenta de le faire. Les vieux symboles semblables à son collier qui y étaient inscrits étaient tout bonnement indéchiffrables. Il tourna le livre dans tous les sens, retourna les pages, gigota sur son siège, avant d'admettre qu'il n'y comprenait absolument rien. Alors là, il était vraiment mal parti. Par chance, il ne vit jamais le bref sourire narquois qui effleura le visage du prince qui avait suivi son malheur sans jamais intervenir.
Quelques jours plus tard, Harry triturait distraitement son collier d'Olodora'N, l'esprit bien loin de sa situation actuelle, perdu entre ses souvenirs de son monde et ceux de celui dans lequel il se trouvait. Les pitreries de Ron se mélangeaient aux blagues et au sourire de Marianne dans un cercle infini, le faisant sourire par intermittence. Les volets de la chambre d'Edward, dans laquelle il se trouvait, se balançaient dans un lent mouvement sous le souffle de la légère brise matinale. Ce matin, la mère de Marianne l'avait gentiment demandé de lui porter son repas maintenant qu'il pouvait se déplacer dans cette partie du château, et il en avait profité pour narguer Laetitia qui s'en était étouffée de rage, et pour rester avec lui pour l'aider dans ses recherches. Laissant ainsi sans pitié ses corvées du jour à la charge de quelqu'un d'autre. Laetitia peut-être ? Mais, bien vite, il s'était lassé de ne rien comprendre aux livres qui glissaient entre ses doigts et avait commencé à rêvasser. Il ne remarqua jamais que pour une fois il ne s'était ni disputé ni fui. Et bien que l'envie de glisser du poison dans son thé l'avait taraudé, il avait pour une fois accompli sa tâche sans faire de scandale, et était resté en sa compagnie sans faire de vagues. Cela avait d'ailleurs été assez suffisant pour intriguer le vampire qui l'avait laissé en confiance dans le salon pendant qu'il se changeait dans une pièce attenante. Il cessa de rêver, ses jambes engourdies d'être restées trop longtemps assises, et il avança vers une des grandes fenêtres de la pièce. Le temps était magnifique, le ciel d'un bleu le plus pur, et le soleil faisait pleuvoir ses rayons sur tout le château et ses alentours. Observant son maudit collier au travers de la vitre de la fenêtre où il s'était penché, il traça vaguement du bout des doigts les signes qui y étaient gravés.
- C'est de l'Argpal. Murmura la voix du prince dans son dos. Un dialecte ancestral presque totalement oublié par les miens. Ce qui est bien dommage vu la puissance de ces écritures.
Retenant un sursaut, Harry se tourna pour lui faire face ne l'ayant pas entendu revenir de l'autre pièce qui devait être la chambre à coucher. De l'Argpal ? Intéressant, pensa-t-il. Les livres poussiéreux qu'il ne comprenait pas devaient certainement être aussi de l'Argpal. La formule qui l'avait conduit à Elysion aussi. Mais comment avait-il fait pour utiliser une telle incantation ? Parfois, ses propres capacités, et sa stupidité aussi il devait l'admettre, l'effrayaient. Il s'était contenté de déchiffrer les lignes, l'avait prononcé pour en tester la résonnance sur sa langue, et l'avait utilisé sans rien y comprendre. Il s'affligeait lui-même. Il secoua la tête pour s'éloigner de ses pensées attristantes. Détaillant du regard le prince, il fut surpris de le voir porter une tenue ample et rustique de couleur marron, si loin de ses habits princiers habituels pleins de fil d'or et de joyaux. Les cheveux attachés, des gants en cuir noir aux mains, et une longue épée en fer forgé à sa taille, il semblait prêt à partir en guerre.
- En réalité, sourit Edward, je comptais seulement aller m'entrainer.
Ce pouvoir de télépathie était vraiment encombrant… Mais lui, s'entrainer ? Plissant le nez en détaillant ses épaules larges, et ses muscles fermes, il était totalement convaincu cet homme n'avait nullement besoin de se maintenir en forme. Ou si peu. Il plaignait déjà ses futurs adversaires.
- J'ai juste besoin de me défouler. Soupira le prince tout en suivant toujours le cours de ses pensées. J'ai le choix entre ça et te mordre.
- Bon entrainement, alors !
Le toisant, leur regard se croisant pour ne plus se lâcher, il porta inconsciemment une main à son cou à l'endroit même où le vampire se plaisait à venir se sustenter. Il pouvait encore sentir sa peau - en cours de cicatrisation - rouge et boursoufflée. Il avait encore honte de s'être volontairement laissé mordre pour calmer le sentiment angoissant de manque qui l'avait une nuit tenu éveillé. Étrangement, après cette dernière morsure, aujourd'hui encore, il se sentait comme… en paix. Tournant les talons dans l'envie manifeste de s'en aller, montrant ainsi au prince toute sa répulsion à l'idée de lui servir encore une fois de repas, il se rappela brusquement d'une chose. Hier, alors qu'il dîner en compagnie de Marianne et des siens, il avait appris que d'autres rebelles avaient été capturés près des frontières d'Efryn. Mais cette fois-ci, il ne s'agissait pas simplement de quelques humains réfractaires. Ils étaient beaucoup plus nombreux. Hommes, femmes, ou jeunes adolescents confondus. Il savait que ces conflits ne le concernaient en rien, que son but était de rentrer chez lui avant tout. Mais, son complexe du héros comme l'appelait ce connard de Malfoy, le poussait à vouloir encore une fois se mêler de ce qui ne le regardait pas.
- Cette affaire ne te concerne pas. Dit sourdement Edward, immédiatement après avoir suivi le cheminement de son esprit, avant de continuer plus calmement devant son regard indocile : Les rebelles capturés tentaient encore une fois de percer nos défenses. Grinçant des dents, il détourna brièvement le regard. Ils semblent particulièrement apprécier le fait d'attaquer mes contrées. Mon père lui-même ne souffre pas de ce type d'invasions... Pire, les attaques semblent se multiplier ces derniers temps.
Harry vit qu'il semblait agacer par-delà les mots par cet état des faits. Mais pour lui, qui était témoin de cette guerre, cela lui semblait clairement logique.
- Tu m'étonnes. Répliqua-t-il sans tenter de s'en empêcher. Ils doivent savoir que ton frère, Keren, et toi prenez grand plaisir à martyriser les leurs entre ces murs. C'est normal qu'ils veuillent à tout prix vous faire tomber en premier.
Le regard noir qu'il reçut par la suite ne l'ébranla absolument pas. Au contraire, il se sentait vicieusement satisfait de sa pique. Lui qui avait été si calme ces derniers jours.
- Que vas-tu faire d'eux ? Demanda-t-il finalement d'une voix apaisante, car vraiment intéressé.
- J'hésite entre les tuer, ou les réduire en esclaves. Après tout, je manque de personnel dans mes champs. Lui dit Edward avec sarcasme. Qu'en dis-tu ?
- T'es vraiment horrible ! Ne pourrais-tu pas simplement les relâcher ?
Il observa son interlocuteur plisser dangereusement des yeux avant de lui répondre.
- Non. Cracha-t-il. Leurs vies m'appartiennent maintenant, et je compte bien les rendre enfin utiles à quelque chose. Et je vais en faire des exemples pour tous les autres.
- Tu devrais organiser une autre chasse à l'homme dans ce cas ! Je n'ai jamais vu de messages plus parlants que cet horrible jeu ! Il soufflait comme un dragon de colère avant de reprendre : Ils ne t'appartiennent pas ! Ce ne sont pas des objets ! Et arrête de toujours penser à torturer, ou à réduire les autres en esclavage.
- Ils ont commencé les premiers… Ragea toujours le vampire, tendu.
C'était quoi cette réponse de gamin ? Il serra les poings pour s'empêcher de l'attaquer. Il s'était assez brisé les doigts sur son beau visage de marbre. Mais il était tout de même pas disposé à abandonner. Malgré son envie d'arrêter de se battre contre Edward, il comptait bien lui faire aussi accepter sa manière de penser.
- Là, n'est pas la question. Coupa-t-il, impitoyable. Je vais t'appendre un truc : tout être vivant à des droits, peu importe ses actions. Et aucun être vivant n'a un droit de propriété sur un autre. Juge-les, enferme-les… mais arrête d'être aussi barbare !
À peine ces mots furent-ils prononcés que le vampire se figea dans une posture hostile, ses yeux lançant des éclairs, tandis qu'il souffla d'exaspération pour, semblait-il, s'empêcher de le frapper sous le coup de l'énervement profond qu'il semblait ressentir. Ce fut d'une voix dure et impitoyable qu'il asséna :
- Dis-moi, Harry… Vous possédez bien des chiens, des chats, des oiseaux... Des personnes se font encore exploiter, des guerres subsistent, et dans certains pays, des hommes possèdent certainement d'autres hommes. Et n'essaie surtout pas de me mentir, car j'ai déjà fait un petit tour dans ton esprit, tu te souviens ? Les yeux perçants du vampire le transpercèrent. La barbarie n'est pas aussi morte que tu te plais à croire. Et votre société est loin d'être plus civilisée que la nôtre. Elle est juste plus hypocrite. Alors ne vient surtout pas me dire comment diriger mon royaume !
Il s'étouffait presque de rage lorsqu'il reçut ces mots comme des coups de poing dans l'estomac. Il était ivre de rage de s'être fait aussi violemment rembarrer, mais pire, il ne pouvait contrer la véracité dans ces quelques paroles. Une sorte de combat visuel s'engagea entre eux, et ils se fixèrent un long moment comme deux statues sans bouger. Finalement, se drapant du reste de sa dignité, ce fut lui qui préféra mettre fin à leur confrontation en quittant rageusement la pièce. Comme d'habitude, Edward ne le retint pas.
Après cela, Harry ne se risqua plus à aller dans la chambre du prince même pour s'enquérir de l'avancée de ses recherches sur leur lien. Refusant même de lui porter ses repas le matin, lui préférant la compagnie d'Aranwë qui l'accueillit d'un air presque goguenard, il se sentait toujours curieusement insulté. Au fond, il se refusait d'admettre ne serait-ce qu'une part de vérité dans le discours enflammé du prince. Ruminant inlassablement, il finit de brosser la longue toge boueuse qu'il était censé rendre blanche et y passa avec plaisir toute sa rage. Armé d'une brosse, d'un seau d'eau froide et d'un morceau de savon, il s'échina sur le malheureux vêtement. Il croirait presque être revenu au temps où il vivait avec les Dursley. Quelle progression ! Toujours agacé, il s'apprêtait à abandonner l'idée de récurer le vêtement lorsque des bruits de courses se firent entendre dans son dos. Marianne et son frère Kéry ne tardèrent pas à apparaitre à ses côtés, le sourire aux lèvres, se chamaillant comme des enfants. Ils semblaient rayonner de joie.
- Devine quoi ? Commença Kéry, impatient, en l'avisant.
- Quoi ?
- Le prince a renvoyé Keren ! Soi-disant qu'il ne souhaite plus organiser des jeux barbares à sa cour. Cria de bonheur Marianne en coupant la parole à son frère. Et tous les rebelles qui avaient été capturés vivant vont être immédiatement reconduits à la frontière d'Efryn. Seuls quelques-uns d'entre eux ont été jugés à l'emprisonnement à vie dans nos geôles. Mais il n'y aura ni torture ni jeu cruel ! Tu aurais dû voir la tête qu'a faite le maitre des jeux !
Il en resta coi. Le prince allait-il vraiment relâcher les rebelles ? Et cela, sans les faire de mal ? Il n'osait y croire et resta bêtement, bras ballants, à regarder se amis sautiller sur place.
- Keren est totalement déshonoré ! Tu ne peux pas imaginer son expression lorsqu'il a compris que presque tous ses privilèges lui étaient enlevés ! Rigola encore Kéry.
- On s'en moque de Keren ! Coupa vivement Marianne. Tu imagines ça, Harry ? Le prince marque enfin son envie d'arrêter de combattre les humains ! Il suit enfin les ordres de son père, le roi Carlisle en calmant ses rapports avec le Sud. En prenant cette décision, il lui apporte un peu de soutien dans son envie d'installer une paix durable à Elysion.
- Nous sommes même déjà en paix ! Rigola Kéry.
Silencieux, il réfléchissait calmement en écoutant de manière distraite ses deux amis s'extasier à l'idée d'une paix future. Pour eux, qui avait perdu leur père dans la guerre, il ne pouvait que trop comprendre leur impatience et leur joie de voir peut-être arrivé cette pais qui leur avait été tant promise. C'était des pacifiques, et c'était la raison pour laquelle il les appréciait tant.
- Je ne pense pas que cela va empêcher d'autres conflits. Pensa-t-il tout de même à voix haute pour calmer leur euphorie. Cela fait trop longtemps qu'il torture et tue en compagnie de son frère. Vous pensez vraiment que les petites guerres intestines qui secouent encore Elyum vont disparaitre parce que le prince est fatigué de martyriser les autres ? ! Il faudra beaucoup plus que ça pour tout changer !
Tout d'un coup, après sa calme expertise, un silence froid remplaça la bonne humeur ambiante. Kéry semblait un instant gêné et baissa rapidement les yeux. Tandis que Marianne le défiait ouvertement du regard. Qu'avait-il dit ? Lui rendant son regard, il se surprit à la voir découvrir ses dents pointues de vampire dans une grimace menaçante.
- Harry... Commença à dire posément son amie, bien loin de la colère qui faisait scintiller ses yeux. Quand seras-tu satisfait ? Je vis à Efryn depuis ma naissance, et crois-moi, je suis totalement au courant de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Mais il faut bien commencer quelque part, non ? Pourquoi faut-il toujours que tu noircisses le tableau ? Elle marqua une courte pause. T'es-tu même demandé ce qui avait poussé le prince à renvoyer Keren, un noble apprécié de sa cour ? À libérer des rebelles sans les torturer ? Sais-tu pour qui l'a-t-il fait ? Réfléchis bon sang !
Tournant les talons, Marianne s'en alla sans attendre pour continuer ses besognes dans un pas rageur. Son frère, après lui avoir fait un petit sourire contrit, lui emboita prestement le pas. Abasourdi, il observa leur retraite sans un mot. Car c'était bien la première fois que son amie s'énervait ainsi contre lui. Un pincement au cœur, il reprit pourtant sa tâche sans les retenir. Mais ne parvint pas à éloigner leurs mots de son esprit durant le reste de la journée. Le soir venu, alors qu'il était couché sur sa vieille paillasse, il fixa avec hésitation le dos de Marianne, allongée sur la couche juste à côté de la sienne. Elle l'avait superbement ignorée en arrivant, n'avait pas pris son repas dans les cuisines, et s'était contentée de s'allonger silencieusement pour la nuit. Penaud, surtout maintenant qu'il avait pris le temps de bien comprendre son point de vue, Harry admettait qu'elle n'avait pas totalement tort de le bouder ainsi. Il n'était pas satisfait. Il ne l'avait jamais été. Même alors qu'il avait réussi à vaincre Voldemort, il n'avait pas senti son cœur se combler et la paix l'emplir. Il avait alors cherché un autre but, d'autres projets, tout ce qui pourrait l'éloigner du vide profond de son cœur. Et il avait conservé cette même impression de n'être qu'un pion dans sa propre vie. Un pion dont le destin se plaisait à malmener. Un pion éternellement insatisfait. Pourtant, aujourd'hui, le prince avait fait un effort considérable pour lui, et il en avait éprouvé après coup une joie et un sentiment d'accomplissement indescriptibles. Il avait poussé Edward à montrer aux vampires de son royaume qu'il était temps d'enterrer la hache de guerre. Qu'il était temps de faire taire la haine qui les animait. Oh, il était loin de tout conflit, mais mettre fin à son règne de sang et de terreur était une victoire en soi. Et malgré tout cela, même après avoir montré patte blanche, Harry attendait toujours plus de lui. Encore plus. Alors même qu'il le détestait. Parce qu'il n'était pas satisfait. Parce que le prince était devenu un but : celui de le changer.
- Je veux juste… faire disparaitre la douleur...
Son murmure l'étonna moi-même. Tellement pris dans ses réflexions, il venait de parler à voix haute. Mais de quelle douleur parlait-il ? La sienne ? Ou celle du peuple d'Elysion ? Soupirant, il ferma les yeux, certain de n'obtenir aucune réponse.
- Je sais. Souffla pourtant Marianne après un long moment de silence pesant. Mais tu ne pourras pas le faire si tu restes fermé aux efforts que font les gens autour de toi. À trop en vouloir, tu passes à côté de beaucoup de choses, minimes certes, mais tellement importante. Elle souffla d'ennui, mais il pouvait sentir sa colère partir quand elle reprit : Harry, tu devrais... remercier le prince.
Le remercier ? Pourquoi devrait-il remercier cet homme d'avoir fait quelque chose de bien pour une fois ? D'avoir pensé à autre chose qu'à lui-même ? Il savait qu'il était de mauvaise foi, mais ne pouvait s'en empêcher. Il préféra alors se taire, ne pas répondre, alors qu'il continuait à exposer ses idées vengeresses bien à l'abri dans son esprit. Ne désirant pas relancer de polémique. Inspirant bruyamment, il cacha son visage sous son bras gauche, et tourna lui aussi le dos à son amie, enfin prêt à dormir maintenant que toute tension s'était évaporée. Le calme de la chambre lui permit de s'avouer qu'il était tout de même assez têtu. De cela, il en avait conscience. Parfois, il lui arrivait même de s'horripiler soi-même. Mais alors que le sommeil s'apprêtait à le gagner il se surprit à penser qu'il devait absolument arriver à prendre conscience des changements qui s'opéraient autour de lui. Il devait apprendre à réfréner ses paroles et à prendre en compte les avis et les sentiments des autres. Et non plus à toujours foncer contre l'idiot de Griffondor qu'il était. Sans oublier que Marianne avait raison : il avait réussi – sans trop savoir comment - à atteindre le prince. Lui pensait avoir été lésé lors de leur dernière dispute. Et il comptait bien continuer à essayer de l'influencer. Une image de lui, complotant et se frottant les mains, lui apparut à cette idée et il en rigola silencieusement. Déjà le sommeil l'attirait vers le monde des rêves et ralentissait ses fugueuses pensées.
Pour la première fois, il ne s'endormit pas avec des plans d'évasions pleins la tête.
À SUIVRE.
Vraiment désolée de mon retard. Mais j'ai une migraine ophtalmique qui me tient la jambe !
