Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Charlène : Salut ! Merci pour ta review. Je vais maintenant beaucoup mieux. Du coup, je me suis dépêchée de reprendre le cours de cette fic. Merci beaucoup pour ta sollicitude. Alors, pour commencer, je vais remettre une autre couche de mystère avec ce nouveau chapitre lol. Pour la relation E/H, elle devrait un peu plus se développer avec le chapitre suivant. Sinon, c'est vrai qu'Harry est trop impatient et téméraire. Mais d'un autre côté, c'est parce qu'il a hâte de faire évoluer Elysion et ses habitants. Je te laisse découvrir ce nouveau post. Biz.

Alessa Lilly Petrova: Coucou ! Rassure-toi, Harry va vite se casser les dents face à Edward. Il faut dire qu'ils ont tous les deux du caractère, du coup, il va falloir faire des concessions ! Pour l'action, je ne vais pas tarder à en placer un peu plus dans le cours de l'histoire. Notamment dans ce nouveau chapitre ! Bisouxxx.

Nat-kun: Salut ! Merci de ta review. Ton com m'a fait beaucoup rire. Quoi, il y en a qui n'aime pas le gentil Albus Dumbledore ? Il a pourtant toujours tenté d'agir pour le bien de tous ! MDR ! Non, pas d'inquiétude, la relation d'H/E ne va pas être basée sur la manipulation. Enfin, Harry ne risque pas d'y parvenir ! Je te laisse découvrir ce nouveau chapitre. Biz.

Perline: Coucou ! C'est toujours un plaisir de lire tes reviews. Me voilà de retour (avec une nouvelle paire de lunettes, d'ailleurs) et prête à reprendre du service. Oui, je veux y aller doucement entre E/H. Y'a déjà beaucoup de mystère entre eux, et j'aimerais bien que leur relation évolue en même temps que des nouvelles révélations seront faites. Pour les recherches d'Edward, le coquin pensait à autre chose. D'ailleurs, ce chapitre « tend la perche » sur ce qu'il tentait de découvrir. Mais bon, je pense que ça reste un peu vague pour l'instant lol. Sinon, qu'Harry n'ait pas vraiment un cadeau pour Edward. Mais d'un autre côté, comme tu l'as dit, ça colle avec son caractère et son passé tumultueux. Il ne peut pas supporter de voir, ou de vivre d'autres injustices. Et ça, Edward va vite le comprendre ! Pour le reste des Cullen, ils vont aussi faire leur entrée dans l'histoire (même si Alice va prendre du temps à revenir parce que Jasper est fâché à mort !), mais c'est vrai que je les laisse de côté pour me centrer sur les sentiments entre E/H. Mais bon, que serait une histoire sur Twilight sans le reste du groupe ? XD Pour la morsure, c'est l'une de mes plus belles cartes que je compte abattre dans le cours de l'histoire. Mais une chose est sure : Harry et Edward sont définitivement liés l'un à l'autre. Pour le baiser entre E/H, ça va être dur… Harry n'est définitivement pas un homme facile ! MDR ! Allez, je te laisse lire la suite ! Bisouxxx.

Élodie Nina: Salut ! Merci de continuer à me suivre ! Eh oui, Harry a enfin décidé d'arrêter de se battre (enfin de limiter ses bagarres) avec le prince. Et de son côté, Edward essaye de comprendre un peu plus la manière de penser d'Harry. Mais bon, ils ont du boulot avant de totalement se comprendre ! Sinon, merci pour ton gentil PS. Rassure-toi, je vais déjà beaucoup mieux, et l'ordinateur est redevenu mon ami lol. Je te laisse découvrir ce chapitre. Biz.

Chapitre 13 : Le Conseil des Anciens Vampires

Glacé. Voici la première pensée qui traversa l'esprit de Ron à son premier réveil. Retenant un grognement d'inconfort, il ouvrit les yeux pour voir un homme entièrement vêtu de noir lui sourire méchamment alors qu'il passait devant sa cellule. Une cellule ? Hébété, il tentait de comprendre ce qu'il venait encore de lui arriver lorsqu'il frissonna de froid en remarquant à quel point ses habits étaient mouillés. Son regard passa alors de sa cape trempée au regard goguenard du vampire toujours posté face à sa cellule, et il comprit dans un froncement de sourcil que ce dernier venait vraisemblablement de lui envoyer de l'eau à la figure afin de le réveiller. Il ne tenta pourtant pas la folie de l'agresser, et le laissa s'en aller dans un ricanement lorsqu'il se fut assuré qu'il avait bel et bien repris connaissance. Toujours hagard, tirant d'une main sa chemise humide, il observa les recoins de sa prison en tentant de faire remonter tous ses souvenirs à la surface. L'arrivée sur l'île, ainsi que l'attaque qu'ils avaient subie revint immédiatement dans son esprit dans un hoquet inquiet. Gémissant, il grogna à l'idée qu'ils auraient définitivement dû prendre plus de précautions. Ils avaient été maitrisés par ces vampires avec tellement de facilité que cela en devenait presque honteux. Surtout pour un Auror de sa trempe. Se redressant difficilement, clignant légèrement des yeux pour endiguer son mal de crâne, il regarda la lourde porte de sa nouvelle cage, fouilla ses poches pour y trouver en vain sa baguette, et s'appuya contre un mur en pierre pour faire passer le vertige qui menaçait de le replonger dans l'inconscience.

Il se trouvait dans une petite cage rouillée avec pour seule couverture un nid de pailles sèches. La noirceur de la grotte ne le permettait pas de reconnaitre son environnement, mais il lui semblait être seul à être maintenu ici. Comme une claque, il pensa à cet instant brusquement à ses compagnons d'infortune. Où était sa femme ? Et sa sœur ? Dans un élan d'angoisse, il se précipita contre les barreaux de la porte de sa prison, et tira dessus de toutes ses forces en hurlant leurs noms à en perdre la voix. Tendant l'oreille dans le vain espoir d'obtenir leur réponse, il ne perçut aucun bruit, même pas un frémissement, ce qui le résigna dans l'idée que sa femme et sa sœur ne se trouvaient définitivement pas avec lui. D'ailleurs il pouvait faiblement voir que dans la pénombre de la large crevasse naturelle dans laquelle se trouvait sa prison qu'il était bien le seul à avoir été enfermé ici. Même les quelques autres cages qu'ils apercevaient plus loin étaient vides. Pourquoi diable les avaient-ils séparés ? Se retenant de hurler une nouvelle fois leurs noms, Ron se résolut à se revenir au calme, son entrainement d'Auror l'y aidant légèrement, avant de pouvoir penser et réagir plus efficacement. Il grogna en pensant que ces maudits vampires cherchaient certainement à les déstabiliser. Dans son métier, il savait que la meilleure manière d'obtenir des informations était de créer le plus de doute et de peur chez le prisonnier. Et lui, qui avait à craindre pour la vie de la femme de sa vie, et de sa sœur, était déjà au-delà de la peur. Il était terrorisé.

Il tira de nouveau comme un forcené contre les barreaux de sa cage sans pouvoir s'en empêcher. Il était prêt à en découdre avec le premier vampire qui se présenterait à lui. Et son impatience fut récompensée lorsque la porte de la pièce s'ouvrit de nouveau pour laisser le passage à un autre vampire toujours entièrement de noir vêtu. Celui-ci s'avança lentement vers sa cellule, tête légèrement baissée et une capuche sur le crâne pour dissimuler ses traits, pour lui balancer des morceaux de pain rassis au visage. Voilà maintenant qu'ils les… nourrissaient ? Il l'injuria copieusement, n'obtenant aucune réponse sinon celle de son verre d'eau balancer au visage. Rageur, il l'observa repartir sans un bruit avant de reporter un regard sur le pain ranci tomber au sol. C'était plutôt une bonne nouvelle en soi dans cette situation si précaire qu'il soit nourri. Car cela voulait dire que leur ennemi ne souhaitait pas encore leur mort. Sa femme et sa sœur devaient certainement avoir aussi reçu à manger pour reprendre des forces. Forces dont ils auraient besoin pour fuir. Serrant les poings, il rejeta la petite voix qui lui disait qu'ils les voulaient certainement suffisamment en forme pour les torturer par la suite. Il dédaigna le pain, et il marcha difficilement, encore raide et douloureux, vers le fond de sa cellule pour s'assoir le long du mur glacé. Silencieux, il priait pour la suite des évènements et s'autorisa une dernière fois de craquer de peur avant de définitivement recouvrir son masque d'Auror. Il ne montrerait pas à ces vampires à quel point il était effrayé et déstabilisé. Il resta prostré de longues heures durant en se repassant en vue tous les moyens dont il disposait pour sauver sa femme et sa sœur de ce bourbier. Voilà bien longtemps qu'il n'avait pas vécu une telle expérience. Depuis la fin de la guerre et de ses aventures à Poudlard en compagnie de son meilleur ami, Harry. Pensé à lui dans sa situation actuelle lui fit mal au cœur. Il avait vraiment envie de le retrouver. Mais n'étaient pas prêts à perdre Hermione et Ginny pour le faire. Et ce fut quelques longues et tortueuses minutes plus tard, qu'il entendit avec un calme feint un énième vampire s'approcher de la porte de sa cage. Une femme, une très belle femme, le visage à découvert venaient d'arriver. La première chose qu'il remarqua et qui le fit tiquer était qu'elle semblait habillée comme les chevaliers des temps anciens avec ses grandes bottes marron, son chemisier blanc et son pantalon cintré. Comme si chez elle, la mode s'était arrêtée au siècle dernier. Et le seul signe particulier chez elle, était le crochet en acier qui remplaçait sa main droite et qui pendait le long de son corps fin et nerveux. Un peu comme le capitaine Crochet dans Peter Pan. Une histoire moldu que c'était fait un plaisir à lui conter sa douce épouse.

Avançant élégamment et silencieusement, Ron la vit se pencher devant sa cage et l'ouvrir à l'aide d'une grosse clé rouillée. Lui, qui ne se lassait absolument pas avoir par son air charmeur, se colla au dos du mur dans son dos lorsqu'elle tendit son crochet vers lui pour éviter tous contacts déplaisants entre eux. Placidement, il la vit lui faire signe d'approcher d'un air moqueur. Ce fut alors en lui répondant d'un grand sourire dédaigneux aux lèvres, tout en empêchant toute peur de l'étreindre, qu'il lui fit un gentil bras d'honneur en retour. Il vit, déçu, que le visage de la vampire ne se troubla aucunement à son geste alors qu'elle se glissait à son tour à l'intérieur de la cage. Plissant des yeux, il réfléchit rapidement et, le corps bandé et les doigts crispés, s'apprêtait à l'attaquer lorsqu'une gifle d'une force incroyable l'étourdit en premier. Sans le laisser le temps de se reprendre, il sentit des doigts froids lui saisir le menton alors qu'un regard noir s'ancrait dans ses yeux bleus. Immédiatement, Ron sentit une force pousser ses barrières mentales avec dureté et en sursauta de surprise. Tentait-elle d'utiliser la légimencie contre lui ? Il y avait donc bien des sorciers transformés en vampire parmi leur petit groupe. La présence dans son esprit attaquait immédiatement à ses pensées les plus profondes fouillant rapidement et impitoyablement avant de passer à ses souvenirs récents. Rapidement, il tenta de repousser l'attaque qui dura en fin de compte que quelques longues secondes mais qui le vida d'une bonne partie de ses forces, à moitié conscient.

Lorsqu'enfin il reprit ses esprits, il prit enfin conscience du cri qui se répercutait contre les murs de la pièce. Refermant prestement la bouche, il comprit alors que ce cri avait été le sien et il resta bras ballants, essoufflés, à reprendre son souffle tout en réarrangeant ses pensées violées. La femme au crochet, toujours postée face à lui, le regardait avec une joie presque malsaine. Il savait qu'elle lui avait soutiré mentalement des informations, mais en réalité en avisant son air cruel, il savait aussi qu'elle était avant tout très satisfaite de l'avoir un peu torturé. Rien de plus.

- Il y a des règles ici. Lui susurra-t-elle. Et tu n'es pas en position pour y déroger. Alors tu vas me suivre calmement et sans faire d'histoire. Le Conseil t'attend.

Sur ces paroles, Ron la vit ressortir de la cage avant de faire signe à un de ses acolytes qui venaient d'apparaitre. Tentant de ne pas envenimer la situation, sa chance étant passée, il sortit alors calmement de la cage, et laissa la vampire lui saisir violemment le bras. Il la sentit le lui tordre dans le dos avec force avant de le conduire vers le grand creux menant à la sortie de la petite caverne où était sa prison.

Une fois sortis, ils traversèrent deux des autres couloirs en pierre de la grotte, toujours aussi faiblement éclairée. Jusqu'à arriver devant une large porte en bois, vieillie, lourde et magnifiquement sculptée, qui l'amena alors dans une large pièce circulaire parfaitement éclairée par diverses bougies, les murs de la grotte étaient recouverts de larges teintures sombres, de sculpture gravée dans la roche, et d'énormes tableaux narrant l'épopée de guerres lointaines. Tournant la tête en tous sens, il vit face à lui, au milieu de la salle caverneuse, se dresser cinq trônes en pierre où siégeaient élégamment deux femmes et trois hommes qui le fixaient sans ciller. Immédiatement, sans avoir besoin qu'on le lui dise, il sut qu'il s'agissait du fameux Conseil. Tiré par la vampire au crochet qui l'avait escorté jusqu'ici, il fut prestement amené devant les membres du Conseil, posté royalement devant lui, et on le força à se mettre à genoux sans qu'il n'oppose trop de résistance tant il était troublé. Le silence perdura dans ce qui était leur salle du trône pendant que les vampires assis sur leur siège le dévisageaient avec calme et sérieux. Et malgré le fait qu'ils possédaient encore pour la plupart les traits de jeunes hommes et de jeunes femmes âgées d'une trentaine d'années, il lui apparaissait définitivement vieux, hors du temps, par la lueur de sagesse qui faisait scintiller leur regard. Ancien et dangereux. La pâleur de leur peau, la couleur bleutée de leurs veines, et le noir profond de leur prunelle mêlé à cette étrange beauté insolente qui était la leur amplifiaient cette impression. Ils étaient vieux, millénaires, et puissants. Ron fut coupé dans sa contemplation morbide par l'arrivée d'autres vampires au sein de leur réunion. Il faillit bondir sur ces pieds en voyant que ceux-ci tenaient fermement par le bras Hermione et Ginny qui se débattaient faiblement.

- Ron ! Cria Hermione en l'apercevant. Tu vas bien ? Ils ne t'ont pas fait de mal.

Elle lui apparut échelée et tellement terrorisée qu'il mourrait d'envie de la serrer dans ses bras pour la réconforter. Il ne voyait pas de blessure visible si ce n'était sa lèvre largement fendue. Sa sœur semblait saine et sauve si ce n'était plus amorphe, comme malade, que d'habitude, et il croisa son regard fatigué un court instant avant qu'elle retienne un hoquet de douleur sous la poigne de son geôlier. Il s'apprêtait à se lever pour se battre lorsque la poigne de la vampire au crochet sur son épaule ne le fasse gémir douloureusement. Immédiatement, il vit son épouse se débattre pour le rejoindre, indifférente au vampire qui la secouait violemment pour la faire rester en place.

- Reste calme mon amour, la calma-t-il, une grimace aux lèvres, tout va bien aller.

Tentant encore de se redresser, il sentit la vampire qui s'était finalement postée dans son dos lui intimer d'un coup dans les côtes de reprendre sa position initiale. Levant une main d'un signe de reddition, il dut attendre que sa femme soit à genoux près de lui pour la saisir dans ses bras et la serrer contre son cœur de toutes ses forces. Tirant aussi d'une autre main dans leur étreinte Ginny qui pleurait chaudement de l'autre côté. Ils pouvaient bien le battre de nouveau, il ne les lâcherait plus jamais. Il avait déjà perdu Harry, alors il n'était pas question pour lui de perdre quelqu'un d'autre cher à son cœur.

- Quelles émouvantes retrouvailles. Persiffla alors une voix rocailleuse. J'en pleurerais presque… Si je le pouvais encore.

La personne qui venait de parler était un des hommes membres du Conseil. Assis dans le trône au centre de ses congénères, il semblait présider cette assemblée. Ron observa ses mains trembler d'impatience et dévisagea son visage excité aux prunelles brillantes cerné de noir entouré par de courts cheveux bruns qui pointaient en tous sens. Il ressemblait à une ancienne star du Rock déchu. Quoique, pas déchu, reconvertit en Roi plutôt vu sa posture et ses luxueux habits.

- Nous n'avons pas le temps pour cela, Lucian. Dit alors la femme postée à sa droite, dont la longue chevelure rousse tressée touchait presque le sol de pierre. La seule raison pour laquelle vous êtes encore en vie est que vous nous avez intrigués, sorciers.

Comment avaient-ils pu s'attirer les foudres de vampires aussi dangereux ? Il était vrai qu'ils avaient cherché pendant longtemps leur trace, mais ils n'auraient jamais pensé recevoir un tel accueil de leur part. Ron ouvrit la bouche pour tenter de s'expliquer avant de finalement se rétracter sous la menace qui planait dans leurs regards.

- Je peux voir à vos airs de bêtes traqués que vous vous prenez certainement pour les victimes de l'histoire ? Siffla avec hargne la femme rousse en les tuant du regard. Vous avez mis en péril notre sécurité en tentant ainsi à retrouver notre position. Nous sommes le Conseil des Anciens Vampires ! Nous avons une mission précieuse à accomplir ! Nous autres n'avons pas à traiter avec les humains, qu'ils soient sorciers ou non. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons refusé l'offre d'alliance de cet enfant gâté qui se faisait appeler « Voldemort ». Vos problèmes ne nous concernent pas !

- Nous voulions juste des réponses à nos questions… Tenta d'expliquer Ginny avant qu'un des vampires tapis dans leur dos ne la frappe à son tour.

Ron sentit une profonde colère monter en lui à ce geste, et sans réfléchir, il tenta vainement de sauter sur l'homme qui venait d'agresser sa sœur. Faisant fi des suppliques d'Hermione, et de la poigne de fer de la vampire au crochet, il essaya de rendre le coup au vampire coupable, jusqu'à ce qu'on le plaque violemment au sol.

- Je ne vois pas pourquoi tu les hais à ce point, Sélène. S'amusa Lucian à la vampire rousse. Moi, je les trouve assez divertissants.

Essoufflé par ses vains efforts, il consentit enfin à stopper sa folle rébellion. Sans attendre, il se fit sèchement redresser et reprit sa position à genoux, les yeux flamboyants de haine. Il laissa Hermione passa une main tremblante le long de son arcade sourcilière blessée et lui serra la main dans un geste qui se voulait réconfortant. Il soufflait comme un buffle pour reprendre une respiration moins saccadée.

- Nous savons déjà pourquoi vous nous cherchiez. Vous n'avez pas été vraiment discret lors de vos recherches dans l'allée des Embrumes. Intervint calmement un vampire blond du Conseil, assis à la gauche de Lucian. C'est pour cela que nous vous avons mené jusqu'à notre île.

Ron tiqua à ces mots. Ils les avaient menés ? Cela voulait dire que le vampire qu'ils avaient interrogé dans l'allée des Embrumes il y avait quelques jours de cela était à leur botte, et qu'il leur avait parlé de l'île pour les attirer dans ce piège. Ils étaient donc bien au courant de leur arrivée et les avaient attendus. Ils s'étaient fait avoir comme des débutants. Comment avaient-ils pu croire pouvoir retrouver en quelques mois la trace de vampires millénaires capable de se tenir loin des sorciers et de leurs lois durant toutes ces années ? Capable de se cacher de Voldemort lui-même ? Non, comme des animaux que l'on amènerait à l'abattoir, ils avaient été conduits devant le Conseil des Anciens pour recevoir une sentence qui semblait être mortelle.

- Pourquoi ? Demanda-t-il soudainement. Pourquoi nous garder en vie si vous ne traitez pas avec les humains ?

Un autre vampire blond appartenant au Conseil lui sourit presque gentiment, avant de sortir des tréfonds de la cape noire qu'ils portaient tous, un bout de parchemin chiffonné. Il le reconnut comme étant celui qu'avait emporté Hermione afin de les questionner. La formule qu'avait utilisée Harry avant de disparaitre était visible pour lui de l'endroit où il se tenait agenouillé.

- « L'équilibre faillira et la terre tremblera/ Mais rien n'empêchera l'ouverture du passage / La grande Elysion se révélera / A l'enfant d'éternité qui la rejoindra ». Traduis mot pour mot Lucian.

Les trois sorciers se regardèrent avec incompréhension alors qu'ils tentaient de comprendre cette étrange incantation. Il pouvait sentir le symbolisme des paroles qui résonnaient encore contre les parois de la caverne.

- Il se trouve que nous sommes en quelque sorte les Gardiens d'Elysion. Annonça le vampire blond. Nous sommes donc directement concernés lorsque quelqu'un tente d'en profaner l'ouverture, ou d'en apprendre plus sur ce monde…

- Ne leur en dit pas trop, Viktor. Coupa une autre vampire brune à ses côtés. Ils n'ont pas besoin de tout savoir.

- Je sais ce que je fais, Amélia. Rétorqua vivement le dénommé « Viktor ». Et de toute manière, ils sont déjà totalement impliqués. Il vaut mieux qu'ils comprennent l'étendue de leur bêtise.

Ron qui observait toujours l'échange ne comprenait plus rien à la conversion. De quoi étaient-ils tous en train de parler ? Il remua, ses genoux douloureux, et raffermit sa prise sur la taille de sa femme qui tremblait toujours contre lui.

- Pourquoi vous intéressez-vous à cette incantation. Attaqua de nouveau Sélène qui semblait particulièrement aimé leur présence. Vous n'auriez jamais dû entrer en sa position.

- Nous… Hésita Hermione en grelottant contre lui. Nous l'avons trouvé dans un ancien grimoire détenu par notre Département des Mystères. Nous n'arrivions pas vraiment à comprendre la signification de cette formule, et…

- Pourquoi voulez-vous la comprendre ? Intervint Lucian, curieusement sérieux. Est-ce qu'elle vous apparait plus claire maintenant que je vous l'ai traduite ?

Ron sentit sa femme totalement déstabiliser par l'aura des vampires. Mais qui ne le saurait pas face à eux ? Ils faisaient planer dans la pièce une lourde atmosphère qui semblait pervertir l'air de minute en minute. Ils avaient commis faute grave, profaner un Dieu quelconque, ou touché à ce qui était sacré à leurs yeux et allaient devoir le payer.

- Mon fiancé… Bégaya Ginny en se réagissant la première. Mon fiancé, Harry Potter, a disparu après avoir utilisé cette formule sur une arcade ensorcelée. Nous cherchons juste un moyen pour le retrouver.

Un lourd silence accueillit les explications de la jolie rousse. Les membres du Conseil se jetèrent des regards lourds avant de reporter de nouveau l'attention vers eux. Ron sentait que la situation se corsait de minute en minute sans qu'il ne puisse rien y changer.

- C'est ridicule. Fini par dire Sélène. Aucun humain ne peut ouvrir le passage.

- Mais il s'agit tout de même d'Harry Potter. Intervint encore Viktor. Nous devons admettre que même pour nous, son destin est quelque peu… orthodoxe.

Y'avait-il quelqu'un dans le monde sorcier qui n'avait pas entendu parler du célèbre Harry Potter ? Il ne put empêcher cette pensée parasitaire de l'envahir et cela aurait pu lui arracher un sourire en d'autres circonstances. Car, plus important, une autre question le tenu en haleine : De quel passage parlait-il tous depuis le début ? Il n'en avait jamais entendu parler. Leur arcade de la mort était juste un artefact dangereux que lui, durant sa formation d'Auror, avait vaguement étudié. Et il n'avait retenu qu'une seule chose : qu'il ne devait surtout pas s'en approcher. Il tentait vainement de recoller les morceaux de leurs paroles décousues pour comprendre ce qu'il était arrivé à son ami, sans succès. Les vampires parlaient en énigmes pour eux. Regardant à ses côtés, il vit que sa femme et sa sœur étaient tout aussi perdues. Et pour une personne aussi brillante qu'Hermione, ce n'était pas rien.

- Attendez. Dit-il alors armer de son courage de Grinfondor, prêt à recevoir un coup pour les avoir interrompus. De quoi parlez-vous ? L'arcade ouvre un passage ? Un passage vers où ?

- Pas votre foutue arcade ! Sans formule elle ne sert qu'à avaler les âmes ! Grinça méchamment Amélia. On vous parle de l'incantation, l'incantation en Argpal. C'est notre plus puissant dialecte, la langue des Originaux. Offerte par la Grande Originelle elle-même. Et cette formule en particulier permet d'ouvrir un passage vers Elysion, un monde parallèle au nôtre, gouverné par nos semblables et bien d'autres créatures. Votre stupide arcade est malheureusement un des passages vers ce monde. Elle se transforme en réceptacle lorsqu'on sait utiliser la bonne formule.

- Foutaises ! Cria Sélène. Ce sont des humains ! Des humains ! Les humains ne peuvent pas utiliser les incantations en Argpal. C'est un langage vampirique !

- C'est une langue propre à tous les Elysionniens, calma Viktor. Elle découle d'Elle mais ils peuvent tous en utiliser la puissance.

- Là, n'est pas la question, rugit encore la rousse. Même si cet Harry Potter a correctement prononcé la formule, il n'aurait pas dû être capable d'en tirer la moindre réaction. Seuls les plus puissantes créatures, les Anciens de chaque race, ou encore les membres de notre Conseil, peuvent actionner le passage.

Un autre silence s'étendit dans la salle alors que tous les vampires acquiesçaient dans l'ombre à ces mots.

- À moins qu'il ne s'agisse d'un élu. Il est tellement puissant… Intervint pour la première fois un vampire aux cheveux grisonnants. Il pourrait être un descendant de la So…

- Tais-toi. Coupa Sélène. Personne ici ne pourrait croire à de pareilles fables. Il n'est rien de plus qu'un sorcier particulièrement résistant. Quoique, plus vraiment à l'heure actuelle… Harry Potter est mort ! Son âme a simplement été engloutie par l'arcade.

Ron sentit son cœur se serrer en entendant le hoquet de douleur qu'émit sa tendre sœur à ses côtés. L'enveloppant d'un regard compatissant, il l'entraina dans une étreinte et tenta de maitriser sa propre peine. Harry était-il vraiment mort ? Après tout, même s'il était vraiment puissant, aurait-il jamais été capable d'ouvrir un portail pour cet autre monde ? Merlin, voilà qu'il commençait à croire à cette folle hypothèse. Bien qu'accoutumé aux étrangetés de la magie, l'idée qu'un autre monde existait en dehors du sien le laisser désarmé. Harry avait-il été capable d'utiliser cette foutue incantation ? Si oui, s'il croyait encore à sa chance insolente, qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Il retint un rire nerveux à cette pensée tant l''idée en elle-même pouvait rendre fou. Le monde d'Elysion existait donc réellement ? Une partie de lui voulait y croire. Voulait croire à la survie de son meilleur ami. De son frère.

- Mileidy. Siffla alors Lucian, qui s'était muré dans un silence inquiétant bien loin de l'air jovial affiché au début de leur réunion. Comment se fait-il qu'un de nos précieux grimoires, que ce grimoire, est pu se retrouver entre les mains de sorciers ? J'attends avec impatience ta réponse.

Ron vit la vampire au crochet - Mileidy - qui se tenait en retrait toujours dans son dos s'avancer humblement devant le Conseil. Courbant l'échine, elle chercha un moment ses mots en tremblant imperceptiblement.

- Je ne saurais l'expliquer, mon Maitre. Dit-elle d'une voix nasillarde. Peut-être avons-nous parmi nos rangs quelques brebis galeuses et irrespectueuses envers nos coutumes.

- Je ne saurais que trop te conseiller de les abattre. Ordonna froidement Lucian.

Mileidy acquiesça vivement avant de se soustraire à leurs regards pour reculer dans les ombres dans la salle. Ron tira une étrange satisfaction de la voir trembler de peur devant ses « supérieurs ». Et cela, même si lui-même, dans sa situation, n'était pas mieux loti.

- Elysion est un secret gardé précieusement par notre cercle de confiance, continua Lucian en tournant son regard oblique vers eux, cela ne doit aucunement changer. Les fixant, il se figea comme les autres membres du conseil et sembla comme communiquer un instant avec eux pendant qu'ils s'échangeaient de brefs regards, et sembla enfin prendre une décision lorsque sa voix résonna de nouveau : Je pourrais simplement vous tuer, mais je n'en retirerais aucun plaisir, car vous êtes loin d'être une réelle menace pour nous. Et tuer les acolytes du Sauveur du monde sorcier créerait une agitation que nous ne recherchons pas. Je pourrais aussi vous effacer la mémoire, ou la modifier, mais je tiens à ce que vous vous vous rappeliez du danger que nous représentions. Je vous donne donc une chance. Une seule et unique chance… De fuir ! Et je ne saurais que trop vous conseiller de quitter notre île séance tenante avant que nos hommes ne vous croquent. D'un large geste de la main, il ordonna à ses vampires et de les relever pour les mener d'une poigne ferme vers la sortie. Oh, et je pense qu'il est inutile de vous convaincre d'oublier à l'avenir notre emplacement, n'est-ce pas ?

Grimaçant, Ron ne répondit pas à la menace implicite de l'autre vampire alors que sa femme acquiesçait vivement à ses côtés.

- Quoi ? Interrompit pourtant Sélène, hargneuse. Ils restent en vie ?

Les quelques autres membres du Conseil bougèrent inconfortablement dans leur trône à son intervention et échangèrent de nouveaux regards. Manifestement, s'ils avaient bien communiqué mentalement entre eux, sa voix n'avait définitivement pas été entendue. Ron vit Lucian foudroyer du regard l'impertinente, et fut surprit de capter le regard en coin de l'autre vampire grisonnant toujours en retrait dont il ignorait encore le nom, et vit les traits du visage roux se liquéfièrent instantanément avant qu'elle ne courbe à son tour l'échine. Et sans attendre, il sentit Mileidy lui saisir de nouveau le bras pour l'entrainer hors de la pièce. Laissant les vampires à leur mystère. Mais avant de partir, avant que la lourde porte en bois n'éteigne leurs voix, il eut le temps d'entendre Viktor poser une dernière question :

- Devrions-nous nous rendre sur Elysion pour nous assurer qu'Harry Potter n'y est pas ?

- Hors de question. Ragea Lucian. Nous sommes le Conseil, les gardiens des portes d'Elysion. Notre rôle est d'empêcher la formation d'un passage vers ce monde jusqu'à l'arrivé de l'élu, pas de nous y rendre à la moindre suspicion.

- Nous ne faisons rien pour le trouver, cet élu, Lucian. Fit remarquer la douce voix d'Amélia. Nous pourrions tenter de l'attirer en ouvrant quelques passages…

- Il viendra bien assez tôt à nous ! Contredit ce dernier. Tu imagines si nous ouvrions des portes, et que des sorciers, ou d'autres créatures de cet univers venaient à pouvoir passer de l'autre côté, cela risquerait de causer un large déséquilibre entre les mondes. Tout en nous tuant sous le coup de la puissance que cela demanderait. Il est important que chacun de nous, qui ne sommes pas élus, reste dans son univers ! Et de toute manière, il est clair pour moi qu'Harry Potter, Tout-Puissant qu'il soit, n'ai pas pu s'y rendre. Comment aurait-il pu y parvenir sans notre aide ? Non, Harry Potter… Le Sauveur du monde Sorcier… est définitivement mort.

Sonné autant par toutes ces autres révélations, mais surtout par la certitude de la mort de son meilleur ami, Ron se laissa mollement guider hors de la tanière des vampires les plus anciens du monde magique. Il était encore partagé entre rire et pleurer, entre croire ou non à Elysion, et était physiquement et magiquement épuisé par cette douloureuse rencontre. À ses côtés, Hermione tentait vainement de calmer sa sœur totalement effondrée, et il passa son bras libre autour de leurs épaules pour les soutenir. Ils venaient aujourd'hui de perdre leurs derniers espoirs.

- Ginny. Dit-il d'une voix plaintive. Calme-toi, je t'en prie. Tu verras, tout ira bien.

- Non. Ragea la jolie rousse. Tu ne comprends pas ? Il ne connaîtra jamais son père ! Harry nous a abandonné tous les deux.

De qui parlait-elle à présent ? Le choc semblait lui avoir totalement brouillé les idées. Et l'inquiétude pour son fiancé semblait s'être mutée en rage pure qui déformait ses traits et faisait trembloter son corps frêle qui fuyait son contact. Il la comprenait dans un sens : elle venait d'avoir confirmation que leur séparation était définitive. Harry l'avait abandonné, mettant en danger sa vie, et courant encore et toujours derrière le fantôme de son parrain perdu, et elle était aujourd'hui laissée démunie en arrière. Mais lui, il était toujours là, et il prendrait toujours soin de sa petite sœur. Il ne la laisserait jamais tomber. Blâmer son ami, aujourd'hui mort, ne l'aiderait en rien. Il allait insister et la consoler lorsque sa femme lui fit signe de se taire. Il nota dans un coin de son esprit qu'au contraire d'eux tous, cette dernière ne semblait pas abattue et soutenait la jolie rousse en gardant le regard droit vers devant elle. Il réalisa alors qu'elle était loin d'admettre comme lui la mort de leur meilleur ami. Et la flamme qui faisait toujours briller son regard noisette le fit frémir d'appréhension. Mais un énième sanglot de Ginny le détourna de sa femme, et il tenta une nouvelle fois de l'approcher pour la calmer.

- Elle… Lui bafouilla Hermione devant son nouvel échec. Elle est enceinte, Ron. Elle attend l'enfant d'Harry.

Ron ne sut jamais ce qu'il lui avait réellement fait perdre connaissance à cet instant précis : le fait que sa sœur soit enceinte de son meilleur ami porté disparu, voire mort. Ou le coup que lui asséna Mileidy à la tête pour l'inciter à marcher plus rapidement.

À SUIVRE.