Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

fan de fanfic: Coucou ! Merci de m'avoir laissé une review. Alors, un M-Preg ? J'avoue que j'y aie pensé, mais je ne sais pas encore si je vais le placer dans l'histoire. Il faudrait aussi que je trouve une bonne explication pour qu'Harry puisse tomber enceinte et là… Panne sèche lol ! Je ne sais pas trop comment développer une telle idée. Pour Ginny, ne t'inquiète pas, je n'en ai pas fini avec elle. Il reste encore des choses à voir du côté du monde magique. Allez, je te laisse lire ce nouveau chapitre sur le bal. Biz.

Drayy: J'avoue que j'ai tout fait pour qu'on ne l'aime pas la pauvre Ginny XD. J'espère que cette suite, où je me concentre sur la rencontre de tous les Cullen, va te plaire. Bisouxxx.

Qadesh: Salut ! Merci beaucoup pour ton gentil com. Pour le chapitre « Une arrivée royale », je voulais donner un petit coup de pouce à Harry pour qu'il montre aux autres elysioniens qu'il n'était pas si mauvais. Et c'est sûr que d'avoir la Chef d'Ahrima dans sa poche, ça risque fort de l'aider (avec tout ce que je le réserve lol). Je suis ravie que la complicité Edward/Emmett t'ait plu. Je me suis dit que vu que Jasper était dans son délire « anti-humain », il fallait que je mette en place une autre relation fraternelle dans l'histoire. Pour Edward, tu vas voir qu'il est encore plus chaud dans ce chapitre. J'adore le rendre sexy lol. Et pour la vision d'Alice, ne t'inquiète pas, ce n'est pas pour maintenant. Sinon le look d'Harry, je pense avoir trouvé le juste milieu pour qu'il ne soit ni trop efféminé, ni trop viril. J'espère que tu aimeras cette version de lui. Dans le chapitre sur le monde magique, c'est vrai que Ginny fait un peu n'importe quoi. Du coup, Hermione se retrouve comme la seule qui croit encore au retour d'Harry. Pour Ron, je dirais qu'il ne veut plus avoir à partager sa femme avec le fantôme de son meilleur ami. Il était en train de faire silencieusement son deuil, et il voit qu'Hermione s'éloigne de lui, tellement elle est prise dans son délire de « retrouver Harry Potter ». Mais bon, je vais développer encore plus ses sentiments dans mes autres chapitres. Voilà ! Je te laisse lire ce nouveau post. Biz.

Coco73 : Eh oui, tu devais t'en douter que j'allais m'acharner sur Ginny lol. En attendant d'avoir la suite de ses péripéties, je te propose de découvrir le bal des Cullen. J'espère que tu aimeras ! Biz.

Charlène : Ginny a vraiment pété un câble dans le dernier post. Et j'ai bien peur qu'Hermione va devoir se faire une raison. Si elle continue, ses relations avec Ron risquent de se détériorer. Pour Draco (j'adore ce personnage), il fallait absolument qu'il entre en scène ! Et je n'en ai pas fini avec lui, mais je ne dirais rien pour l'instant XD ! Je te laisse lire ce nouveau chapitre sur le bal. Bisouxxx.

vampirette-flower: Coucou ! Bon, je sens que j'ai créé une ligue anti-Ginny après ce dernier chapitre. Ne la condamne pas trop vite : c'est juste une fille qui voit ses rêves disparaitre et qui se raccroche à ce qu'il reste… l'argent ! Bon, j'espère que ce chapitre sur le bal te plaira tout autant que le reste. Bisouxxx.

Harry-Snape-Malfoy: Salut ! Merci beaucoup pour les coms que tu m'as laissées. C'était un vrai plaisir de les lire et d'avoir ton avis sur le déroulement de cette fic. Pour l'enfant que Ginny attend, je pense qu'il va aussi jouer un rôle dans la suite de l'histoire. J'ai déjà une idée sur la suite, mais (comme d'habitude lol), je vais encore m'étaler vers la fin. Pour le couple Ron/Hermione, c'est vrai qu'ils sont parfaits tous les deux. Presque autant qu'H/E, non ? LOL. Sinon, oui je pense vraiment que la fic va avoir pamal de chapitres encore. Dans mon brouillon, je devais déjà être proche de la fin. Mais plus j'écris, et plus je rajoute des trucs. Du coup, je ne peux pas vraiment prévoir le nombre de chapitres que je vais encore poster. Pour la nature humaine/mortelle d'Harry, ne t'inquiète pas, j'ai encore une dernière idée à émettre. Mais ça a bien un rapport avec la légende des anciens vampires du monde magique ! Pour un possible arrivé d'Hermione et Co. à Elysion, je suis d'accord avec toi sur ce sujet. J'ai bien envie de jalousement réserver ce nouveau monde à Harry pour que ça ne soit pas le club med lol. Pour Edward, je doute qu'il lâche la grappe à Harry pour lui permettre de revenir sur terre. Il est trop accro et possessif ! Allez, je te laisse découvrir le bal (en priant pour que tu aimes l'apparence d'Harry) dans ce nouveau post. Bisouxxx.

ptitcoeurfragile: Eh bien, ça m'a fait rire de penser à un Harry qui revient sur Terre pour se rendre compte qu'il ne lui reste plus rien lol. Plus de manoirs, plus d'argent, plus d'influence… Mon côté sadique resurgit ! En attendant de te faire découvrir la suite, je te laisse lire ce nouveau chapitre sur le bal. Bisouxxx.

idadri: Salut ! Mais rien n'est jamais vraiment fini avec moi lol. Mais c'est vrai que je ne suis pas sûre de vouloir du reste du trio d'or à Elysion. Pour Ginny, tu verras dans les prochains chapitres qu'elle peut se montrer très fine. Du coup, ce n'est pas sûr qu'Harry ne se retrouve pas sans un sou. Mais ce serait marrant, non ? Pour la destruction de l'arche, c'est vrai que le ministère a agi bien activement. Mais je vais approfondir cette décision dans un futur post. Mais cela ne veut pas dire que le passage vers Elysion est fermé. Les anciens vampires du monde magique (qui doivent aussi faire un retour triomphant) ont dit que l'important était de posséder la bonne formule en Argpal. L'arche n'était qu'un réceptacle au sortilège en lui-même. Donc, rien n'est vraiment perdu… Je te laisse lire ce nouveau chapitre en espérant qu'il te plaise. Bisouxxx.

Alessa Lilly Petrova: Ah, j'admets que tes reviews m'avaient manquées lol. J'avoue que la réaction de Ginny est… y'a pas vraiment de mots XD. Mais son enfant va être celui qui risque de plus troubler la suite de la fic. Je commence déjà à avoir de bonnes idées à mettre en place. Pour Hermione, c'est vrai que je l'ai beaucoup fait souffrir dans le dernier post. Mais je trouvais que c'était la seule qui n'avait pas encore réagi à la perte d'Harry. Et vu qu'elle de nature très loyale, il fallait qu'elle ait une réaction vraiment touchante. Bon, je te laisse découvrir ce nouveau chapitre. Enfin on attaque le bal ! Bisouxxx. PS : Finalement on a tous survécu à la fin du monde lol. À moins que les Mayas ne soient trompés de quelques jours ?! En tout cas, je te souhaite aussi un joyeux Noël et une très bonne année. Ah oui, je te confirme aussi que je suis bien une fille lol.

Tenshi-Lily-Hime-Sama: Eh oui, je m'acharne un tout petit peu contre Ginny lol. Je suis contente que tu aies aimé mon Hermione. Elle fait partie des personnages que je ne veux absolument pas trop changer. Je te laisse découvrir le chapitre du bal ! Biz.

Guest: Merci de m'avoir laissé une review. J'espère que tu aimeras la suite !

1989deedee1989: Tu as raison de ne plus supporter Ginny. Mais Ron ? Le pauvre lol, il tente surtout de maitriser sa femme tout en faisant son deuil d'Harry. Pour le bal, je ne vais pas te faire patienter plus longtemps. Et pour Jasper, tu verras qu'il n'a pas fini sa crise. Mais bon, il est juste marqué par la mort d'un de ses proches. Du coup, vu que ce sont les humains qui ont tué Isabella, alors dans sa tête tous les humains sont mauvais. J'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre ! Bisouxxx.

aliCetwiligthF.F: Je vois que les larmes d'Hermione t'ont touchée. Mais je pense qu'il serait bien pour elle de commencer à faire son « deuil ». Ou elle risque de vraiment mettre en danger son couple avec Ron ! Allez, je te laisse lire ce nouveau post sur le bal. Bisouxxx.

Perline: Coucou ! Eh oui, j'ai encore repoussé le chapitre sur le bal. Je me suis dit que ce serait une bonne coupure pour se rendre compte de ce que fait Hermione et Co. C'est vrai que Ginny a vraiment pété un câble. Mais c'est juste qu'elle s'accroche à ce qui lui reste d'Harry : son argent. Il ne faut pas oublier qu'elle se sent abandonner au profit de Sirius Black. Mentalement, elle en veut un peu à Harry de son inconscience. Pour son enfant, je ne vais pas tarder à m'en servir pour que l'histoire prenne une nouvelle tournure que ce soit pour Harry à Elysion/que pour Ginny sur Terre. Quant à Ron, c'est vrai qu'il a vite abandonné, mais c'est parce qu'il ne veut plus courir après des rêves. Il veut aller de l'avant avec sa femme. Pour la destruction de l'arcade, ne t'inquiète pas, ça ne va pas fermer les portes d'Elysion pour autant. Bon, j'espère que ce nouveau chapitre sur le bal te plaira. Bisouxxx.

8Maud8: Salut ! Je suis dans le même cas que toi : je suis triste pour Hermione, mais d'un autre côté, je la voyais mal abandonner Ron pour courir à Elysion. Bon, j'espère toujours arriver à te surprendre avec cette suite ! Je te laisse la découvrir ! Bisouxxx.

drougael: Bonjour ! Eh oui, les fêtes de Noël m'ont perturbée dans mon emploi du temps. Mais, étant donné que l'inspiration était au beau fixe, je ne voulais pas laisser une semaine passer sans un nouveau chapitre. Je me dis que tu prends aussi sur ton temps (comme tous ceux qui me lisent) lorsque tu viens lire un nouveau post, et lorsque tu me laisses une review. Alors j'essaie d'être réglo lol. Bon, c'est vrai que dans le dernier chapitre, je me suis acharnée sur Ginny et Hermione. Mais tu verras plus tard que rien n'est jamais joué d'avance. J'ai de nombreuses « surprises » à offrir pour chambouler un peu la fic. Sinon, finalement il n'y a pas eu de fin du monde ! Du coup, avant qu'une météorite ne nous écrase (au cas ou les Mayas se seraient trompés d'un jour ou deux), je me dépêche de poster ce nouveau chapitre sur le bal lol. J'espère que tu l'aimeras. Bisouxxx. PS : Au cas où (on sait jamais), y'aurait pas de la place pour moi dans ton bunker lol ?

shiniyaoi: salut ! Merci de m'avoir laissé un com. Alors, toi, tu regorge d'idées lol. Le pire, c'est que tu passes prêt de ce que j'ai vraiment prévut de faire. Mais ce n'est pas encore ça ! Pour Ginny (dixit « belette mal dégrossie » lol) et son bébé, je vais détailler ses péripéties dans un prochain chapitre sur le monde magique. Je suis sûre que tu vas adorer ! Tu m'as fait beaucoup rire lorsque tu as changé les couples de la fic pour en faire des personnages gays. J'avoue que ton idée a du mérite ! Et un Ron/Harry/Edward, ça te dit lol ? Allez, je te laisse lire ce nouveau chapitre en espérant qu'il te plaise. Bisouxxx.

Lylivans: Un retour d'Hary sur Terre serait intéressant… et risqué. Beaucoup de choses pourraient se passer durant son absence, et Ginny pourrait tenter de le retenir coûte que coûte. Du coup, j'hésite un peu sur la suite des évènements. En attendant, je te propose de lire la rencontre de tous les Cullen au bal ! J'espère que tu aimeras. Biz.

AzrielSnape: Salut ! Merci de m'avoir laissé une review. Pour un futur retour d'Harry, j'y réfléchis encore lol. Et pour Ginny et son bébé, ils ont encore un assez grand rôle à jouer dans la fic. En attendant de tout découvrir, je te laisse lire ce chapitre sur le bal. J'espère que ça te plaira. Biz.

elodie Nina: Coucou ! C'est toujours un plaisir de lire une de tes reviews. Pour Ginny et Ron, je sais que leur réaction n'a pas été géniale. Mais Ginny veut juste se raccrocher à l'argent, et Ron veut enfin reprendre le cours de sa vie. En comparaison avec la colère d'Hermione, c'est vrai qu'ils ont l'air de deux traitres. Mais bon, tu verras dans les prochains chapitres sur le monde magique que rien n'est jamais gagné d'avance. En attendant, je te laisse découvrir le chapitre du bal (avec un retour sur E/H). J'espère que ça te plaira. Bisouxxx. PS : Je suis désolée lol. Mais je ne peux pas tuer Ginny. Pas maintenant…

Scribitur Ad Narrandum: Salut ! Merci pour ton com. C'est vrai que les sorciers se sont un peu trop vite débarrasser de l'arche. Et je vais mieux m'expliquer sur ce fait dans un futur post. J'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre sur Elysion (laisson Ginny et la fortune d'Harry de côté lol). Biz.

Chapitre 23 : Le bal des faux-semblants

La nuit avait lentement envahi la belle région d'Alayis. Les sirènes avaient cessé leurs cabrioles, les oiseaux de nuit sortaient chercher leur repas, le vent qui faisait lourdement ployer les arbres fruitiers laissait entendre sa douce mélodie, et les étoiles – perles de feu accrochées sur une toile de fond noire – usaient de leurs plus beaux atours pour embellir le paysage.

Partout, dans les grandes maisons blanches qu'abritaient les hauts murs de la cité, des milliers de cierges avaient été allumés et laissaient planer une suave odeur de suie dans l'air froid du soir. Les rues, éclairées par de longues torches en acier, abritaient en leur sein de nombreux gardes qui y patrouillaient pour s'assurer de la sécurité des habitants.

Tout en haut d'une des tours nord du majestueux palais royal, qui se dressait dignement au centre de ce paradis, enfermé dans une chambre claire et richement décorée, Harry finissait lentement de se préparer pour le bal. Passant une main dans ses cheveux, il remercia d'un sourire la domestique qui l'avait suivi dans sa salle de bain pour l'aider à enfiler un énième vêtement. Bien qu'il n'ait jamais aimé les tenues d'apparats, il se surprit à se sentir parfaitement à l'aise dans son élégant costume.

Alice, qui l'attendait bien sagement assise sur son lit, s'était révélé être un véritable tyran. Ses cheveux, son visage, ses ongles, sa peau… la petite voyante n'avait rien oublié. Virevoltant, courant, changeant constamment d'avis, elle ne semblait jamais se satisfaire du résultat final, et s'acharnait un peu plus à chaque essai sur sa « gentille poupée ».

Usant de menaces et des fausses larmes attendrissantes, elle avait su le mener à la baguette pour le plier à ses envies. Et en cette fin de soirée, le jeune homme se sentait presque essouffler en pensant à ce long combat.

À un moment donné, il s'était même mis à souhaiter que Jasper surgisse dans sa chambre pour réclamer la présence de son épouse. Malheureusement, il avait dû supporter ce calvaire – en silence et avec le sourire - jusqu'à la fin.

Ouvrant la porte de la salle de bain, priant pour qu'Alice ne le renvoie pas se changer, il alla lentement se poster face à son lit. Nerveux, il vit son amie - occupée à siroter un thé – décroiser élégamment ses longues jambes pour se relever. Déposant sa tasse sur une commode, il la laissa lui tourner autour, arranger d'un geste vif ses mèches de cheveux, et défaire des plis imaginaires de son costume.

- On y est, Harry. S'enthousiasma la jolie brune. Tu es parfait !

- Merci Merlin ! J'étais à deux doigts de me désister pour ce maudit bal !

- Merlin ? Fit-elle en haussant un sourcil.

- Oui. Tu sais ?! C'est le plus grand sorcier de tous les temps. Il a… Laisse tomber !

Souriant au regard interrogateur et à la tape amicale qu'il reçut, il entrelaça ses doigts à ceux d'Alice d'un geste tendre. Lui murmurant un silencieux « merci » qui fit briller d'émotions ses petits yeux couleur chocolat.

- Pourquoi fais-tu tout ça pour moi, Alice ? Demanda-t-il en resserrant sa prise sur sa main pâle. Depuis mon arrivée à Elysion, tu as été la première à vouloir m'aider. Tu as passé outre mon mauvais caractère et ma haine viscérale des vampires. Il rigola à ces souvenirs. Et maintenant, à Alayis, je te sens encore plus… proche de moi.

Le brun avait du mal à savoir le moment précis où il s'était autant attaché à la princesse. Il se souvint qu'il n'avait jamais vraiment réussi à la détester. Pire, il s'était même senti perdu durant son absence, et la retrouver le faisait se sentir chanceux. Ces sentiments étaient différents de ceux qu'il éprouvait lorsqu'il était avec Edward, mais il n'en était pas moins fort. Il l'appréciait profondément.

- J'ai eu tellement de visions de toi, Harry Potter. Que ça me donne l'impression de te connaitre depuis longtemps. Pour moi, on a toujours été de vrais amis. Lui avoua Alice. En plus, je me sens constamment attirée par ta présence, ta bonté, ta lumière… Fais comme moi, n'essaie pas de tout comprendre.

Il rougit lorsqu'elle se pencha vers lui pour lui embrasser la joue. Après un dernier regard complice, il se laissa guider vers le fond de la chambre, où il la vit ouvrir la porte menant à sa penderie. Admirant les larges miroirs qui remplaçaient les murs crème de la pièce, il fit un petit tour sur lui-même d'un air impressionné par tant de beauté.

- Tu sais, je suis maintenant sûre d'une seule chose. Affirma la voyante. Tu es celui qui va alléger le cœur des habitants d'Elysion. Les autres ne le comprennent pas encore, et ils feront tout pour t'arrêter, mais je sens que tu vas définitivement changer notre monde …en bien. Elle le plaça de force face à un miroir. Regarde-toi, Harry. Tu es celui que nous attendions tous ! J'en suis persuadée…

Étudiant son reflet, Harry écarquilla les yeux face à l'inconnu qui lui rendit son regard. Il avait tellement grandi physiquement qu'il doutait qu'une personne de son monde d'origine sache le reconnaitre. Sa haute stature dépassait largement Alice, qui lui souriait toujours avec enthousiasme.

En comparaison à Edward, il possédait une carrure beaucoup plus svelte. Son corps longiligne, sa taille fine et étroite, avait été joliment musclé par ses longues heures passées à jouer au Quidditch. Sa peau légèrement basanée contrastait avec la pâleur coutumière des vampires.

Ses yeux remontèrent lentement pour finir par détailler les traits de son visage. Ses cheveux noirs de jais étaient mi- longs, et leurs pointes rebelles caressaient gentiment ses épaules. Son visage légèrement rond et délicat, ses lèvres roses et pleines, et ses dents blanches et saines se mariaient parfaitement à ses grands yeux verts expressifs. Il avait vraiment eu la bonne idée d'écouter Hermione lorsqu'elle lui avait conseillé de régler magiquement sa vue pour se débarrasser de ses affreuses lunettes rondes. Battant ses longs cils noirs, il dut aussi admettre que sa tenue de bal ne faisait qu'ajouter à son charme naturel.

Alice avait choisi de le faire porter un magnifique ensemble vert empire cousu de fil d'or. Sa tunique, largement fendue vers l'avant, laissait apparaitre son torse et le magnifique collier en or, à l'effigie d'un phœnix, qui y descendait. Une large ceinture en soie noire nouait admirablement ses reins et cachait presque la petite dague en diamant qui y pendait.

S'il s'était au départ inquiété de devoir porter une arme, son amie l'avait rapidement rassurée en lui expliquant qu'il s'agissait plutôt d'une marque de pouvoir. Personne ne s'attendait à ce qu'il commette un attentat. Et fort heureusement, ce n'était pas non plus son intention.

Descendant son regard sur son pantalon, à la coupe droite qui suivait la courbe de ses jambes galbées, il finit par admirer les souliers de satin vert foncé qui complétaient l'ensemble. Au final, même s'il avait refusé de porter les nombreux bijoux que lui avait proposés Alice, il se trouvait vraiment élégant.

- Tu aimes ce que tu vois ? Plaisanta son amie. Alors ? Ça en valait la peine toutes ces souffrances, non ?! J'espère vraiment que tu seras plus conciliant la prochaine fois.

- Pas sûr… Rigola-t-il. Merci, Alice.

Il la serra dans ses bras d'un geste tendre avant d'entendre le bruit d'un de ses domestiques qui ouvrait la porte de sa chambre. Des voix se firent rapidement percevoir et son cœur s'emballa en reconnaissant le timbre velouté d'Edward.

Après un dernier remerciant à la voyante, il se dépêcha de quitter la penderie pour rejoindre son compagnon. Là, faisant face à une des fenêtres de sa chambre, le vampire attendait patiemment sa venue. Avançant jusqu'à se poster dans son dos, Harry le vit prendre une inspiration pour capter les effluves de son odeur avant de se retourner.

Comme d'habitude, Edward était simplement parfait.

Il avait eu la délicatesse de porter un ensemble de la même couleur que lui. Sa tunique verte en satin était semée de fleurs de lys d'or, et se resserrait habilement au niveau sa taille. Son torse ferme et imberbe était lui aussi visible grâce à la coupe plongeante du vêtement. Une large chaine en or et en pierres précieuses entourait le bas de son cou, et retenait la longue cape en fourrure blanche et doublé en satin émeraude, qui pendait dans son dos. Deux petites broches en or blanc finissaient de correctement retenir le manteau au haut du vêtement.

Son large pantalon en soie tombait sur une jolie paire de bottes en fourrure claire ornée de boucles de diamants. L'épée sertie de jade accrochée à sa hanche, les nombreux bijoux ornant ses mains ou ses poignets, et la fine couronne en or qu'il portait sur les tresses collées faites sur le devant de sa tête, ne le rendit que plus grandiose.

La bouche ouverte, Harry se sentit presque trop banal pour se tenir à ses côtés. Lui qui s'était trouvé à son avantage ce soir, ne pouvait plus qu'admettre sa défaite devant la beauté du prince. Qui avait été son styliste, à lui ? Perdu dans sa contemplation, il n'entendit même pas le rire moqueur d'Alice lorsqu'elle quitta la chambre pour aller se préparer pour le bal.

- Tu es magnifique. Le complimenta Edward.

Harry rougit sous l'intensité de son regard. Manifestement, il semblait ravi du résultat des efforts de sa belle-sœur.

- Avoue que t'as fait exprès ? Finit-il par accuser pour chasser sa gêne.

- De quoi parles-tu ?

- De la manière dont tu t'es habillé ! Se plaignit-il. J'ai passé toute la journée à me faire torturer par Alice, et toi… Tu débarques, toute aura vampirique dehors, pour me faire de l'ombre et gâcher mon effet. Il fit la moue. Dire que je me croyais magnifique dans cet ensemble.

Il s'était apitoyé tout en laissant le prince passer une main charmeuse le long de son bras gauche. Retenant un frisson, il s'était lentement collé contre son torse accueillant avant de plonger son regard dans les yeux améthyste qui le couvait d'affection.

- Essaies-tu, avec ta délicatesse habituelle, de me dire à quel point tu me trouves beau ? Nargua Edward en le serrant plus fermement dans ses bras. Es-tu en train de m'avouer que tu es totalement séduit ? Harry… Il fit rouler le doux prénom sur sa langue. Comment dois-je réagir ?

Il n'avait pas besoin de « réagir » à des mots qu'il n'avait pas prononcés. Roulant des yeux pour ne rien admettre, Harry nota que le vampire ne doutait absolument pas de son charme. Ça frisait l'arrogance.

- Devrais-je te forcer à t'allonger sur ton matelas, susurra encore le vampire, pour te posséder jusqu'aux premières lueurs du jour ?

Des souvenirs de ce qu'ils avaient déjà fait sur ce même matelas envahis l'esprit du brun et le fit défaillir. Il pouvait encore sentir sa peau bruler sous les caresses, ses hanches se soulever frénétiquement d'envie, ou même gouter à la saveur amère de sa jouissance…

- Je rêve du moment où je pourrais me fondre en toi… Insista Edward en lui caressant les fesses. J'en ai tellement envie, Harry…

Retenant un gémissement sensuel, il essayait de trouver en lui la force de gronder le vampire, afin de lui rappeler qu'ils se devaient avant tout d'assister à un bal, lorsqu'il vit ses belles lèvres froides se pencher lentement vers lui pour l'embrasser. Il tut immédiatement ses plaintes tout en attirant son corps de ses mains quémandeuses. Au diable le bal…

Levant la tête, il ferma les yeux de plaisir en percevant la chaleur de leurs deux corps entrelacés. Le souffle déjà court, il entrouvrit la bouche pour se lécher les lèvres dans une invite sensuelle. Ils venaient à peine de se frôler lorsqu'il sentit Edward se redresser vivement dans son étreinte pour afficher une mine perdue.

Clignant des yeux, il allait passer une main autoritaire dans son cou pour le forcer à continuer leur échange, mais se retint au dernier instant en percevant son aura agacé.

- Qu'est-ce que tu as fait ? Fit le prince d'une voix rauque. Je ne t'entends plus.

Se concentrant sur ses paroles, et non plus sur la couleur rosée de ses lèvres, Harry comprit qu'il devait certainement faire référence à sa barrière d'occlumancie.

Ce matin, durant les courts instants où Alice le laissait respirer, il s'était entrainé à maitriser sa magie. Lentement, il avait fini par se remémorer les conseils de Snape sur l'art de la magie de l'esprit pour reconstruire une à une ses barrières mentales.

Devant le grognement d'Edward qui s'échinait toujours à vouloir forcer ses remparts, il comprit que cette initiative ne le plaisait absolument pas.

- C'est de l'occlumancie, Edward. Finit-il par admettre. C'est une discipline magique qui consiste à bloquer son esprit contre les tentatives de pénétration extérieure.

- Et pourquoi veux-tu me bloquer ? Coupa le prince qui commençait vraiment à s'énerver. Voilà pourquoi je ne voulais pas que tu retrouves tes pouvoirs. Continue comme ça, et je te remets ton collier d'Olodora'N !

- Pff… Comme si t'avais la moindre chance d'y arriver !

- N'insiste pas avec moi, Harry.

La passion semblait bien les avoir quittés alors qu'ils se défiaient du regard avec entêtement. Pourtant, bien loin de ses habitudes, Harry fut celui qui tenta le premier de calmer la situation. Il prit une attitude moins défensive et embrassa tendrement le menton du roux. Ignorant son expression encore plus contrariée, il continua ses petits baisers jusqu'à l'embrasser à pleine bouche.

Chancelant sous l'intensité de l'échange, il lâcha une expression surprise lorsque le vampire lui mordit la lèvre inférieure pour boire son sang. Il répliqua en tentant de lui enfoncer ses ongles dans le dos avant de mettre fin à leur étreinte.

- Je voulais seulement me sentir protéger durant cette soirée. Calma-t-il. J'ai très bien compris que nous n'étions plus à Efryn. Et le visage des nobles que j'ai croisé à mon arrivée était tout sauf ouvert et accueillant. Il se remémora de leur froide indifférence. Edward, je ne veux pas leur laisser la moindre chance de pouvoir m'atteindre. Comprends que le fait que je ne connaisse pas les capacités mentales des autres vampires que je risque de croiser me rend nerveux. Alors je préfère juste prendre quelques précautions.

Au corps tendu du vampire, il comprit que rien n'était gagné. Après tout, à chacune de leur dispute, il devait mener un véritable combat avant d'obtenir un accord. Ils devaient encore apprendre à se s'écouter et à se mettre sur la même longueur d'onde.

- Tu ne risques rien. Tenta de le convaincre le prince. Je serais là pour te protéger.

- Tu ne m'as pas entendu lorsque je t'ai dit que je devais faire mes preuves ? Demanda-t-il d'un air las. Je sens qu'ils vont tout faire pour me déstabiliser. Et c'est à moi de leur montrer que je ne suis pas faible. Il passa une main tendre contre la joue froide de son compagnon. Je dois te prouver que je suis aussi capable de m'en sortir seul.

Taisant toutes protestations, il se saisit de la nuque du vampire pour rapprocher une fois de plus leurs visages. Sa langue lécha délicatement ses lèvres dans un geste provocant avant d'aller taquiner sa consœur dans un échange passionné. Dans ce baiser, il se sentit reprendre du courage pour la soirée à venir.

- Au départ, admit-il, j'avoue que je voulais à tout prix trouver un moyen de te chasser de ma tête. Un autre baiser, plus possessif, l'interrompit dans ses aveux. Mais au final, je me suis rendu compte que cela nous permettait de mieux nous comprendre. Alors ne le prend surtout pas comme un rejet, Edward.

Il se permit d'abaisser ses barrières mentales pour laisser filtrer une phrase : « Dans notre intimité, tu auras toujours accès à mes pensées ». La main du prince qui encerclait toujours sa taille se resserra dans un geste tendre.

Finalement, en contrôlant leurs mauvais caractères, ils arrivaient un peu plus chaque jour à se parler sans que cela finisse forcément en une énorme querelle.

XXXX

Harry ne se souvint que de son étonnement en arrivant dans la salle brillamment illuminée pour les soirs de fêtes, après avoir parcouru un long et sombre couloir.

La salle de bal était une vaste pièce décorée de moulures dorées, de grandes fenêtres rectangulaires et de beaux chandeliers en cristal. Le décor à fresques des murs semblait essentiellement d'inspiration historique, et se composait de huit grandes scènes faisant intervenir des immortels en armure et des héros parés d'or.

- Qu'est-ce que c'est ? Avait-il soufflé d'un air émerveillé. Ces tableaux ?

- C'est l'histoire d'Elysion. Lui répondit Edward. Je te raconterais un jour.

Hochant la tête, son attention fut rapidement attirée par le centre de la pièce aménagé en salle de danse. Dans l'un des coins, plusieurs violons blancs avaient été installés, et des jeunes violonistes richement vêtus emplissaient l'air de leur douce mélodie. À chaque extrémité de la pièce, de grandes tables aux nappes blanches impeccablement brodées aux armoiries de la famille Cullenus, avaient été disposées dans l'attente de l'énorme le buffet que des centaines de domestiques s'empressaient de dresser. Des toasts multicolores et de mets délicats, d'autres chandeliers en cristal et des chaises finement ciselées enrichissaient chacune des tables présentes. Près des fleurs et des couverts rutilants, se trouvaient aussi des petits menus calligraphiés.

Autour d'eux, les somptueux rideaux blancs qui entouraient les larges fenêtres de la salle étaient en parfaite harmonie avec les nappes et les violons.

Mais la touche finale fut le magnifique plafond où pendaient de nombreux lustres en verre. Plafond qui abritait aussi en son centre un majestueux phœnix – ailes ouvertes comme pour prendre son envol – taillé dans un énorme rubis qui scintillait de mille feux. Le nom de la famille royale, écrit en lettres de feu, entourait magnifiquement le chef d'œuvre. Il avait certainement fallu des heures aux vampires pour atteindre un tel résultat de perfection.

Longeant une allée de statues et de mini-fontaines d'eau claire, tout en ignorant le sourire moqueur d'Edward face à sa stupeur, le sorcier vit les nobles déjà présents à la réception – mélange de bijoux, de parfums, et de somptueux tissus de différentes couleurs – s'écarter avec réticence de leur passage. Ils s'inclinaient devant leur prince avec déférence avant de rapidement se redresser pour le dévisager avec insolence. Sans prendre la peine de le saluer, leurs yeux brillants d'excitation, semblable à des petites lanternes de feu, ils épiaient avec frénésie son avancée dans la salle de bal.

Harry eut presque l'impression de sentir sa peau bruler sous la minutie de leurs examens. Et il se reprit à temps de vouloir baisser la tête sous les murmures passionnés qu'il pouvait clairement percevoir.

Jetant un petit regard à Edward, il vit que celui-ci affichait son air froid et impassible tout en se contentant de simplement hocher la tête en direction des convives de son père. Il contrôlait à la perfection chacun de ses mouvements, chacune de ses expressions, voire même la cadence de ses pas. Son bras, qui frôlait à intermittence celui d'Harry, était la seule marque d'affection qu'il se permettrait d'avoir devant ses vautours.

Le brun retient alors son souffle, gonflant le torse et redressant la tête, pour embrasser d'un regard confiant l'ensemble de la pièce. L'épreuve pouvait commencer.

Plus il avançait, et plus il se rapprochait du fond de la salle, où il savait qu'il rencontrerait le roi et la reine d'Elysion. Tout en se maitrisant, il sentit un doux soulagement l'envahir lorsque ses yeux captèrent la longue robe en dentelle couleur peau – à encolure ronde et sans manche - que portait Alice, qui s'accrochait élégamment au bras de son époux. Le blond – qui ne manqua pas de le toiser d'un air revêche – était dignement vêtu d'un costume bleu azur.

À leurs côtés, Rosalie dont le corps était magnifiquement moulé dans un fourreau rouge écarlate – largement découpé dans le dos - éclipsait de sa présence toutes les autres femmes conviées à la réception. Et Emmett, qui semblait assez fier de sa compagne, pavanait comme un paon dans un ensemble noir aux coutures argentées.

Ils étaient beaux, élégants et transpirait la noblesse.

Tout en se rapprochant d'eux, Harry remarqua enfin qu'ils encadraient une estrade des plus magnifiques, installée non loin d'une autre lignée de violonistes. Les yeux écarquillés et le souffle court, il aperçut alors les deux trônes faits d'or blanc et enrichi de diamants, qui dominaient toute la salle.

Un homme et une femme, luxueusement apprêtés, y étaient sagement installés et couvaient de leur regard perçant chaque invité du bal.

Le roi, Carlisle, était un homme des plus charmants et charmeur. Il possédait de beaux cheveux blonds dorés, parfaitement coiffés, ni trop longs ni trop courts. Ses yeux gris acier, qui balayaient la salle, laissant transparaitre toute sa maturité et sa bienveillance. La pâleur incroyable de sa peau lui donnait quant à elle un teint que l'on pourrait juger de translucide, voir étincelant. Ses dents bien alignées, ou perçaient deux canines pointues et saillantes, embellissaient la pièce de son magnifique sourire. Un menton carré, des épaules droites, et de belles grandes mains bien soignées finissaient d'agrémenter son portrait. À l'occasion de ce bal, il avait revêtu une tunique – semblable à une dalmatique - en satin azuré cousu de petites couronnes d'or. Il portait lui aussi une large cape qui tombait au bas de son trône, et qui recouvrait plaisamment son corps nerveux et musculeux. Sa couronne, ensemble d'or massif serti de perles et de pierres précieuses, ceignait admirablement son front.

Ébloui par sa prestance, Harry se sentit d'autant plus charmé lorsque son regard croisa les traits de la reine.

La pâleur de sa peau se mariait parfaitement avec son nez droit, et ses yeux en amande d'une chaude couleur ambrée. Sa petite taille, moins anguleuse que celle des autres Cullenus, lui donnait presque un air d'adolescente. Mais le plus surprenant chez cette déesse était sans conteste ses longs cheveux bouclés – noués en une grande tresse égyptienne – et dotés d'une incertaine couleur caramel. Une fine tiare, assez discrète, finissait de lui donner un air irréel. Rougissant à la vue de sa poitrine généreuse, le brun dut admettre que la longue robe bustier couleur pourpre qu'elle avait revêtue lui sied à ravir. Et il vit, à son regard curieux, qu'il l'intriguait tout autant qu'elle le perturbait.

En la rencontrant, il comprit aussitôt d'où les princes tenaient leur beauté si singulière.

Marquant une hésitation à s'approcher plus près d'eux, ce qui fut souligné par des chuchotis railleurs, il se força à taire ses appréhensions et avança dignement vers le couple royal. Presque aussitôt, un silence curieux envahit la salle, permettant ainsi à Edward de s'incliner pour honorer ses parents.

- Père. Mère. Fit la voix veloutée du roux. C'est un plaisir de vous revoir. Il fit un geste gracieux de la main vers le jeune homme à sa gauche. Laissez-moi vous présenter mon… Conseiller royal. Harry Potter.

Courbant lui aussi le torse, le brun attendit qu'il ait fini de le présenter avant de poser deux doigts contre ses lèvres, la tête humblement basse et l'autre main placée dans le dos, pour les saluer dans le respect de la bienséance elysionienne.

- Elen sila lumenni omentielvo, dit-il doucement. Nye eaa Harry Potter. (Je suis Harry Potter)

Gardant sa posture, il savait qu'il se devait d'attendre une réponse à sa révérence avant d'effectuer le moindre geste. Alice lui avait expliqué que si les paroles du couple royal étaient accueillantes, cela forcerait les autres Elysioniens à devoir se résoudre à supporter sa présence à Alayis. Et ainsi, ils ne pourraient pas lui porter impunément atteinte.

Pour cela, il lui fallait d'abord obtenir l'approbation des parents d'Edward.

Le silence s'éternisa et se fit plus lourd, tandis qu'il sentait une goutte de sueur froide couler le long de son dos.

- Laïta lye, Harry Potter (Soyez béni, Harry Potter). Lui répondit enfin le roi d'une voix étonnamment jeune et dégagé. Lethe lë nyar Ahrima. (Le Sauveur de la ville d'Ahrima).

Se redressant lentement, Harry qui avait réussi à saisir l'essentiel de ce qui venait de lui être dit – l'Argpal restait une langue très compliquée - cligna les yeux de surprise. Il ne s'attendait absolument pas à recevoir un tel titre.

- I Edelhie enwe vanya (Et que les étoiles veillent à jamais sur toi), renchérit la reine d'un ton claironnant. Oh, Mae govanen... (Oh, quelle heureuse rencontre…)

Ces mots semblèrent être de trop pour les nobles de la cour. De chaque côté de la salle monta une vague de mouvements de protestation, qui finit par de longs grognements haineux. Les femmes au haut chignon compliqué, qui lui avait lancé de larges sourires hypocrites, finirent par lâcher leur éventail d'un geste outragé. Les hommes, qui pour la plupart tenaient une élégante canne ciselée dans leurs mains, les frappèrent au sol tout en usant de leur voix grave pour cracher tout bas leur colère.

Le regard glacial, regorgeant de menaces, que leur lança Edward les convainquit hâtivement de se contrôler.

Toutefois, il était trop tard pour revenir en arrière. Leur masque de politesse s'était brisé pour laisser place à la rancœur. Et ils se retenaient maintenant avec peine de contredire les paroles de leurs souverains.

- Notre « Sauveur » ? Fit Jasper d'un air concerné. Voilà un titre bien important… pour un humain.

En quelques mots, le bond avait embrasé la salle et mit les feux aux poudres. Oubliant l'air agressif d'Edward, les convives qui se retenaient jadis d'exprimer à voix haute leur mécontentement s'empressèrent de se plaindre.

Le corps tendu, les oreilles bouchées par leurs cris, Harry vit le roi et la reine observer la foule d'un air impassible, avant de croiser le regard satisfait de Jasper. À ses côtés, Alice s'empressa d'ouvrir la bouche pour ramener le calme dans la salle. Malheureusement, la main ferme de son époux, qui s'agrippait à sa main, la convainquit de ne pas intervenir.

Il cherchait justement à ce que la situation dégénère.

Son regard bleu foudroya presque aussitôt Rosalie lorsque celle-ci fit mine d'intercéder dans le conflit qu'il était en train de créer. Cependant, loin de se montrer aussi docile que la voyante, la blonde lui montra méchamment les crocs en signe de défi.

- Garde ta place, Rosalie ! L'avertit Jasper.

- Toi, garde la tienne ! Rugit Emmett, le corps tendu.

L'ambiance devint rapidement malsaine.

Harry vit les esprits s'échauffer rapidement, et la plupart des vampires autour de lui mutaient sous la colère qui avait pris possession de leur corps. Se forçant à rester droit face à leur regard plein de rage, il sentit à cet instant une émotion négative étreindre son cœur.

Il avait peur. Terriblement peur.

Fronçant les sourcils, il tenta de rejeter ce sentiment tout en contrôlant les tremblements de son corps. Le petit ricanement de Jasper, qui observait la réaction de chaque personne présente dans la salle de bal, le fit immédiatement douter. N'était-il pas en train de… ? Ce fourbe devait sûrement utiliser son pouvoir d'empathie pour augmenter en eux leurs sentiments de haine, de colère, et de peur. Il n'éprouvait aucune honte à se jouer de leurs émotions.

Rageant face à la peur qui le faisait trembler, il comprit que son empathie ne tentait pas de percer son esprit, mais passait tout de même outre ses barrières d'occlumancie pour le troubler.

- Là, tu es allé trop loin. Attaqua Edward en faisant un pas vers le coupable.

L'attrapant d'une main, Harry lui fit savoir d'un signe de tête de se calmer. C'était à lui d'affronter le vampire blond. Et il savait que s'il gagnait cette bataille, sans l'aide de personne, il prouverait alors sa vraie valeur.

Il s'apprêtait à parler lorsqu'il se fit couper la parole par Alice :

- J'aimerais vraiment que tu arrêtes d'être aussi entêté. Reprocha-t-elle à son époux. Tu ne trouves pas qu'il serait temps pour toi de changer ?

Avec son éclat, la petite voyante venait de démontrer qu'elle n'était pas aussi faible qu'il n'y paraissait. Son regard noir, sa posture offensive, et ses doigts qui craquaient convulsivement sous la colère, fit frissonner le sorcier. Il avait presque oublié que c'était aussi une vampire.

Le conflit gagnait de l'ampleur.

Tournant son regard vers le roi, qui continuait d'observer l'altercation en silence, il se demanda ce qu'il attendait pour intervenir. Ne voyait-il pas que cette soirée allait finir en pugilat ? Où faisait-il exprès de rester neutre ? Il n'était plus aussi sûr de pouvoir calmer à lui seul l'esprit de tous ces vampires enragés.

- Nous n'avons pas à accepter la présence de cet humain parmi nous. Persiffla correctement une voix. De cet animal à qui on a appris à parler, marcher et bouger comme un vampire !

- Il n'a rien d'un Sauveur, renchérit un autre, ce n'est qu'un arriviste.

De vives acclamations accueillir ces contestations. À ses côtés, le jeune homme entendit Edward grogner, tandis que Rosalie empêchait son époux de faire un esclandre. Il pouvait aussi apercevoir la mine tendue d'Alice, qui contrastait totalement avec le sourire ravi de Jasper.

Le blond devait vraiment se régaler de la situation.

Reportant encore une fois son attention sur Carlisle, il le vit froncer les sourcils d'un air mécontent. Pourtant, il ne semblait toujours pas prêt à intervenir et laissait son peuple exprimer leur agacement.

Harry eut l'impression d'assister à son procès. À la fin, peut-être décideraient-ils de lui couper la tête ou non…

- Il a tout de même aidé un enfant d'Ahrima. Intervint une femme. Le fils de…

- D'une attaque que les gens de son peuple ont organisée ! Coupa un homme d'un air pincé. Il est sûrement un espion !

- Qui vous a demandé votre avis à vous ! Rugit Emmett sans pouvoir s'en empêcher. Lui au moins s'est déjà retrouvé sur le champ de bataille. Mais je ne pense pas y avoir déjà aperçu vos fesses.

- Emmett ! Le réprimanda Rosalie.

Harry avait envie de hurler que les Sudariens ne représentaient pas son peuple. Mais s'il faisait ça, ne contesterait-il pas ce pour quoi il se battait ? Il ne pouvait pas les défendre et les renier au gré de ses envies. Il voulait qu'aucun être vivant à Elysion ne subisse de rejet. Il voulait une paix absolue sans laisser aucune place à la discrimination.

Serrant les dents, il fit lentement face à l'assemblée qui se plaisait toujours à l'accabler. Tout autour de lui régnait un brouhaha compact où les injures se mêlaient à des grimaces dédaigneuses. Il pouvait vaguement entendre Edward et Alice se rebeller contre une partie des convives, tandis que Rosalie retenait encore une fois Emmett d'agir démesurément.

Seul Jasper, dont le rire se répercutait contre les hauts murs de la salle de bal, se réjouissait de la tournure de l'altercation.

Le roi finit par faire un geste à ses gardes royaux afin qu'ils se tiennent prêts à intervenir en cas de débordement. Pour avoir été témoin de la violence de certains vampires, Harry comprit que sa précaution n'était pas exagérée.

Percevant le feulement de colère d'Edward, à l'encontre d'un noble vindicatif qui s'était beaucoup trop rapproché de lui, il sut que la situation ne tournait décidément pas à son avantage.

Malgré les paroles de bienvenue du roi et de la reine d'Elysion, personne ne voulait l'accepter.

Tout à coup, alors qu'il balayait une énième fois la salle du regard, il s'arrêta sur l'air intrigué de la reine. Celle-ci avait fixé toute son attention sur lui et semblait attendre qu'il réagisse. Ses yeux sombres suivaient chacune de ses inspirations, de ses gestes, ou de ses tremblements.

Troublé, Harry se demanda ce qu'elle pouvait bien espérer de sa part.

Son regard retomba sur le roi qui observait maintenant d'un air calme et concentré la réaction de ses fils. Pourquoi n'intervenait-il pas ? Le sorcier était sûr qu'il aurait pu ramener le calme dans la grande salle d'un simple signe de la main. Pourtant, il se contentait de fixer intensément les membres de sa famille et le reste de ses invités. Lui aussi, semblait attendre quelque chose.

Et comme s'il avait été électrocuté, Harry comprit enfin ce qu'il devait faire.

Il se rappela de la première fois où il avait siégé comme Conseiller aux côtés d'Edward. Le prince avait eu exactement la même réaction. Il avait laissé sa cour s'échauffer jusqu'au point de rupture. Et cela, pour le tester. Pour voir sa réaction et entendre ses paroles.

Voilà où il en était maintenant. Le roi et la reine d'Elysion lui faisaient aussi passer une épreuve. Ils attendaient de voir les limites de sa volonté. Ils voulaient savoir s'il était capable ou non de s'imposer parmi les autres vampires.

Il devait prouver qu'il n'avait pas volé son poste de Conseiller royal. Voir qu'il pourrait peut-être – bien plus tard - devenir un parfait compagnon officiel…

Serrant les poings, Harry décida de relever ce silencieux défi. Ce soir, il ne craquerait pas en quittant la salle de bal comme un enfant gâté. Il comptait bien faire honneur à Edward.

Ignorant la peur que lui avait insufflée Jasper, et qui broyait toujours ses entrailles, il se concentra sur les mots qu'il allait devoir prononcer pour se faire comprendre.

- « Faisons tous la paix » criait-il à Efryn. S'insurgea un autre noble. Qu'en avons-nous récolté ? La destruction d'Ahrima ! Voilà ce qui arrive lorsque des vampires se fient aux paroles d'un humain.

La foule renchérit largement cette déclaration. Mais Harry, que reprenait lentement le contrôle de ses émotions, ne leur prêta pas une once d'attention. Prenant une grande inspiration, il rassembla tout son courage griffondorien pour mettre fin à cette énorme dispute.

Là, il sentait enfin prêt.

- J'ai eu tort. Retentit sa voix.

Aussitôt, le vacarme qui régnait dans la vaste salle de bal se tut. Plusieurs regards assombris par la haine ou la colère se mirent à la fixer avec attention. Le brun crut même sentir le pouvoir de Jasper défaillir face à ses premières paroles.

- J'ai eu tort. Répéta-t-il. J'ai fait les mauvais choix et me suis engagé trop facilement dans un conflit qui me dépassait. Il marqua une courte pause. En pensant pouvoir faire le bien, j'ai égoïstement oublié que les blessures du passé ne cicatriseraient pas d'un simple geste.

Ceux qui avait préféré ignorer son intervention, ou encore, ceux qui s'était totalement détournés de lui, plissèrent les yeux d'attention. Et même si la rancœur déformait encore leurs traits, Harry sentit qu'ils voulaient tous en entendre plus.

- J'ai tenté de comparer votre monde au mien, avoua-t-il, pour me persuader que vous étiez les pires. Mais là encore, j'avoue avoir eu tort de le faire.

Un silence suspicieux envahit totalement la salle, et les convives reprirent leurs traits et leurs postures délicates. Du coin de l'œil, le brun vit Jasper froncer les sourcils lorsqu'il comprit que ses paroles avaient surpassé son pouvoir d'empathie.

Il finit, avec réticence, par arrêter d'envoyer des vagues de haine et de colère à son entourage.

Perdu dans sa propre rancœur, le blond ne rougit même pas d'embarras en constatant qu'il avait provoqué un véritable esclandre devant ses parents. Il ne pouvait pas s'empêcher de fixer Harry Potter. L'humain qui s'obstinait à vouloir changer son monde et brouiller ses repères.

L'ignorant, Harry prit une autre inspiration avant de reprendre son discours. Le dos bien droit, le menton levé, il balaya la pièce d'un regard ferme et décidé. Maintenant que ses excuses avaient apaisé les esprits, il allait enfin pouvoir contre-attaquer.

- Mais il vous faudra bien un jour rétablir la communication et la confiance avec les Sudariens, non ? Vous vous lasserez bien assez tôt de devoir partir aux combats, de reconstruire à l'infini vos cités, ou de voir vos enfants périr sous vos yeux. Vous désirerez bien un jour gouter enfin à la paix au sein de votre royaume. Il laissa cette idée infiltrer chaque esprit. Alors puisqu'il faut bien commencer quelque part… Commençons avec moi !

Essoufflé, Harry pensa qu'il n'avait jamais autant parlé en public. Lui qui avait déjà du mal à s'exprimer devant Edward.

De vifs chuchotis accueillirent ses dernières paroles. Il pouvait sentir la présence d'Edward, qui s'était rapproché de lui, lui réchauffer le cœur. Il ne prêtait pas attention à l'expression coléreuse de Jasper, et se concentra sur les rires narquois qui avaient fini par ne plus résonner dans la vaste salle de bal. Souriant à Alice, qui avait posé une main émue sur son cœur, il répondit discrètement au hochement de tête satisfait de Rosalie. Passant son regard sur Emmett, qui semblait avoir retrouvé sa bonne humeur, il attendit fermement la réaction des autres nobles.

Les femmes, piquées par la curiosité, s'étaient comme figées pour l'écouter. Elles avaient cessé de s'éventer avec leurs larges éventails e plumes et penchait maintenant la tête pour tenter de l'apercevoir. Leurs belles lèvres, qui s'étaient auparavant plissées dans une moue méprisante, s'ouvraient silencieusement de surprise. Les hommes, en beau costume sombre, étaient aussi troublés par ses paroles et leur air sceptique avait laissé place à une lueur intriguée, voire admirative.

Le silence qui recevait toujours l'écho de ses paroles prouvait qu'il avait convaincu la majorité des convives. Ils se bousculèrent afin d'apercevoir son visage sérieux et intrépide. C'était le visage d'un meneur. Et avec les vampires, tout était toujours une question de force de caractère…

D'un commun accord, les elysioniens finirent alors par légèrement incliner la tête en signe d'assentiment. Harry Potter venait de commencer à creuser sa place parmi eux.

Tournant son attention vers Jasper, le sorcier sut à son visage décomposé qu'il avait vraiment gagné cette bataille. Et cela, sans utiliser ses pouvoirs. S'il avait été seul, il aurait pu en sauter de joie.

Cependant, le regard entêté qu'eut tôt fait de lui renvoyer le blond le convainquit qu'il ne s'arrêterait pas là.

- Mettons fin à la dispute. Finit par intervenir Carlisle, un sourire satisfait aux lèvres. Et place au banquet !

Comme l'avait prévu Harry, il avait suffi que d'une parole du roi pour l'atmosphère s'allège et que tous les convives reprennent un air enjoué et affable. Ils s'étaient tous rapidement éparpillés aux quatre coins de la salle pour chuchoter avec animation. Comme si rien de grave ne s'était passé.

En les voyant faire, le jeune homme se sentit presque tomber de fatigue. Ces êtres, totalement bipolaires, étaient vraiment passés maitres dans l'art des faux-semblants.

Il suivit le mouvement lorsqu'Edward lui poussa délicatement le dos en direction d'une baie vitrée menant à un petit balcon. Il avait vraiment besoin de prendre l'air.

Toutefois, bien avant qu'il ne se soit trop éloigné, il eut le temps d'entendre la reine murmurer au vent : « Bienvenue à Elysion, Harry Potter. Un monde trop longtemps dénué de rêves et d'espoir. »

XXXX

Le sorcier, agacé par la situation, fixait avec minutie chaque geste que faisait Edward. Installé pour le banquet, il tentait de se restaurer le plus proprement possible. Mais les fourchettes – à deux fourches, ou à trois fourches – qui lui faisaient face le laissait quelque peu perplexe. Gêné, il avait décidé de prendre exemple sur le roux qui semblait parfaitement à l'aise avec ses couverts. Edward, ayant remarqué sa gêne, finit par lui faire un clin d'œil charmeur avant de lui faire signe de prendre exemple sur lui.

Mangeant peu, il priait de pouvoir enfin fuir ce maudit bal.

Il était toujours un peu le centre d'attention des autres convives. Et les regards tantôt assassins, tantôt impatients que lui lançait Jasper ne le rassuraient absolument pas. Sans oublier qu'Alice semblait ne pas vouloir décolérer du désordre qu'il avait provoqué, et tuait du regard tous ceux qui tentaient d'engager une conversation avec elle. Était-elle fâchée contre les manigances de son époux en début de soirée ? Où avait-elle perçu autre chose venant du futur ? Harry ne se rappelait que trop bien de sa vision sur un avenir tâché de « sang et de larmes ». Et bien qu'il ait tenté de lui soutirer des informations durant sa matinée de préparation, il n'avait rien pu savoir.

Souriant à une énième blague d'Emmett, qui ne tarda pas à se faire réprimander par sa femme, il se pressa de se lever pour effectuer une révérence lorsque le couple royal, qui présidait magnifiquement le bal, se leva enfin de table.

- Mes amis, fit la voix forte de Carlisle, c'est un réel plaisir de vous recevoir ce soir. Alors, ne laissons rien gâcher notre belle soirée.

Harry le vit faire un vague geste aux violonistes avant qu'une douce musique n'envahisse les lieux. Il était maintenant l'heure d'ouvrir le bal.

Sachant que le roi et la reine seraient les premiers à se lancer sur la piste de danse, il se voûta sur lui-même et détourna les yeux lorsqu'Edward lui lança un regard animé. Il était hors de question pour lui de danser. Que ce soit avec son compagnon, ou avec Rosalie – qui lui souriait gentiment – il ne bougerait pas de sa place. Et il espéra que son visage fermé ait convainquit les autres qu'il ne ferait vraiment aucun effort.

Cependant, lorsque des murmures effarés se rependirent dans la salle, et qu'il vit la reine marcher élégamment dans sa direction, il sentit presque son cœur cesser de battre. Que lui voulait-elle ? Il n'osait pas faire le moindre geste.

- Me feriez-vous cet honneur ? Lui demanda Esmée en lui tendant une main pâle.

Le brun ouvrit la bouche sans prononcer un mot. Ne venait-elle pas de le choisir comme cavalier ? En avait-elle même le droit ? Tournant son regard vers Edward, il le vit adresser un sourire fier à sa mère avant de le pousser discrètement du coude. Hésitant, il finit par dévisager le roi, qui lui rendit un regard insistant. Il serait mal venu de sa part d'ignorer l'invitation de la reine.

Soufflant pour se donner du courage, il tenta de sourire tout en s'inclinant avec gratitude. Présentant son bras, il sentit ses jambes flageolantes prêtes à le lâcher alors qu'ils atteignaient la piste de danse. Dans son esprit, il se flagellait d'avoir été trop grincheux pour suivre correctement les leçons de Keren sur les différentes danses elysioniennes.

Le front en sueur, il suivit le mouvement que fit Esmée lorsqu'elle leva une main à hauteur de son visage pour entamer le ballet. Collant leurs paumes ensemble, il commença à la faire tournoyer tout en tentant de se souvenir des prochains pas à effectuer. Il tremblait à l'idée de lui marcher sur le pied, ou pire, de la renverser. Cependant, sa cavalière était si habile qu'elle finit par le rassurer tout en menant finement la danse.

- Vous êtes un parfait orateur, Harry. Lui dit-elle familièrement. Je comprends mieux l'intérêt que vous porte mon fils.

Harry ne sut pas quoi lui répondre et se contenta de rougir bêtement. Se reprenant, il effectua un petit pas de côté pour faire pivoter sa partenaire.

Les murmures mi- excités, et mi- jaloux qu'il pouvait entendre venir du fond de la salle le déconcertèrent un moment. Si quelqu'un d'autre voulait sa place, il était tout prêt à la céder.

- Les Elysioniens ne vous détestent pas vraiment. Dit Esmée en suivant son regard qui fusillait allégrement leurs invités. Ils craignent juste ce qu'ils ne comprennent pas.

Il prit le temps d'exécuter un petit pas de danse avant de lui répondre.

- Ils ont peur de moi ? Fit-il.

- Oui, c'est normal. Beaucoup d'entre eux appréhendent votre nature de sorcier. Après tout, vous êtes ici le seul représentant de votre race. Continua à lui expliquer Esmée. Comment faire pour ne pas craindre un humain – doté d'étranges pouvoirs – qui affirme venir d'un tout autre monde pour changer le nôtre ?

Il grinça des dents à ces mots. Il devait admettre que sa démonstration de pouvoir à son arrivée à Alayis ne lui ferait pas forcément gagner des partisans. Mais, au départ, il n'avait absolument pas pensé à vivre autant de péripéties et à s'engager dans une vaste compagne pour la paix.

- Mon but premier n'était pas de me mêler de vos affaires. Contesta-t-il. En réalité, je cherchais quelqu'un.

- Vous cherchiez quelqu'un ? Répéta sa cavalière. Et c'est cela qui vous a fait atterrir à Elysion ?

Dit de cette manière, Harry avait pleinement conscience de l'énormité de son aventure. Il ne lui avait fallu qu'un simple sortilège pour se retrouver ici.

- Je sais que cela peut paraitre fou, mais c'est vrai. Affirma-t-il d'un air blasé. J'espérais trouver mon parrain. Sirius Black.

Un petit silence s'éternisa entre eux.

- Je ne connais pas ce nom. Réfuta la reine. Et je doute sincèrement que vous le trouviez ici.

Le jeune homme faillit marcher sur sa robe en entendant de telles paroles dites sur un ton des plus catégoriques.

- Pourquoi ? Persista-t-il. Si j'ai pu y arriver alors…

- Vous ne m'avez pas écoutée ? Coupa Esmée. Je vous ai dit que vous étiez le premier, et le seul, à avoir pu atteindre Elysion. C'est ce qui vous rend si… insolite.

Il n'avait pas envie d'être « insolite ». Il voulait de véritables réponses, avec des preuves à l'appui, et non se perdre dans des énigmes.

- Qu'en savez-vous ? Attaqua-t-il d'un air sérieux. D'après vous,en dehors de mes pouvoirs magiques, qu'est-ce qui pourrait me rendre si spécial ? Si mon parrain, qui lui aussi est un sorcier, n'a pas atteint Elysion… Pourquoi ai-je réussi à le faire ? Qu'est-ce que vous essayez de me cacher ?

La reine lui sourit amicalement sans lui répondre. Et sans prendre ombrage de son éclat. Consterné, Harry sut qu'il n'avait pas le pouvoir de la forcer à parler. Pourtant, l'envie de le faire le démangeait.

- Ne vous inquiétez pas. Je suis sûre que vous n'êtes qu'à l'aube de votre destiné. Calma Esmée. En attendant de percer tous ces mystères qui vous accablent tant, et si vous profitiez un peu plus de notre hospitalité. Après tout, n'avez-vous pas trouvé de très belles choses à découvrir à Elysion ?

Inconsciemment son regard se porta sur Edward qui discutait mollement avec un autre noble. Malgré son visage impassible, Harry sut grâce au regard flamboyant que le vampire lui lançait, tout le désir qu'il éprouvait à son encontre. Cette idée le fit frémir de plaisir.

- Oui. Admit-il. De très belles.

Le rire clair de la reine résonna à ses oreilles en même temps que la dernière note de musique. Prestement, il se sépara d'elle avant de la remercier d'un délicat baise-main. Les convives alentour remuèrent impatiemment, prêts à envahir à leur tour la piste de danse.

- Nye enwe Hantalë, Harry Potter. (Je te remercie, Harry Potter). Lui dit-elle.

Dans un gracieux mouvement de robe, il la vit se détourner pour rejoindre le trône où siégeait déjà son époux. Autour de lui, les autres convives se pressèrent de prendre place sur la piste aux premiers sons d'une nouvelle mélodie. Pris au milieu de ce déferlement de robes en taffetas tournoyants et volants, il admira quelques minutes leurs délicats pas de danse avant de rejoindre Edward, qui s'était rapproché de son géant de frère.

Il venait à peine de se mêler à la conversation lorsqu'il entendit de forts applaudissements retentir dans son dos. Raide, il fit face à un Jasper qui semblait encore plus amer qu'en début de soirée. Accroché à lui, il pouvait voir Alice bouger rapidement les lèvres pour attirer son attention. Mais quoi qu'elle lui dise, le blond ne semblait absolument pas réceptif à ses supplications.

- Quel charmant spectacle nous as-tu offert, Adan (Humain/Mortel). S'exclama-t-il. Mais maintenant, permets-moi d'apporter le clou du spectacle.

Sa déclaration avait perturbé les violonistes qui avaient cessé de répandre leur douce mélodie. Les invités du bal s'étaient aussi arrêtés de valser pour se rapprocher d'eux. Sur leurs visages enthousiastes, Harry pouvait voir qu'ils étaient curieux de savoir ce que Jasper leur réservait.

- Je pense que tu devras t'en abstenir, Jasper. Menaça Edward en se plaçant devant lui. La soirée a été bien assez mouvementée.

En apercevant le roi froncer des sourcils, Harry sut que lui aussi n'admettrait pas d'autres agitations. Lui et sa femme, qui semblait avoir été satisfaite de sa présentation, ne supporteraient pas d'autres révoltes.

- Voyons, calma le blond, moi qui espérais vous faire un merveilleux cadeau. Il sourit méchamment à Harry tout en le dévisageant: un cadeau qui risque fort de te plaire !

Le sorcier se tendit en le voyant ignorer l'avertissement de ses parents, qui avaient grogné son nom, pour ouvrir les bras d'un geste théâtral. Alice, qui semblait vraiment affolée, tenta en vain de le retenir.

Le corps tendu, il le vit fendre la foule de vampires jusqu'à se placer devant une large porte en bois situé à l'extrémité de la salle. Là, il fit signe à deux gardes qui s'empressèrent d'en libérer l'ouverture.

La porte grinça désagréablement sur ses gonds lorsqu'ils tentèrent de la bouger. Mais la lumière de la salle ne permit à personne de bien distinguer ce qu'il s'y trouvait derrière. Et tous tremblaient d'excitation à l'idée de connaitre le fin mot de l'histoire.

- Considère ceci. Lui dit Jasper. Comme une preuve de ma bonne foi.

Serrant les dents, Harry préféra ne rien lui répondre pour porter attention à son « cadeau ». Les deux gardes, un air dégouté au visage semblait vouloir contraindre quelqu'un à s'avancer dans la lumière.

Le cliquetis des chaines en fer forgé fut les premiers sons qu'il perçut. À cela se mêla une respiration saccadée, une démarche lourde, et une violente odeur de crasse et d'urine. La gorge nouée, il battit des cils en reconnaissant celui qui avançait péniblement vers lui.

Jasper venait d'abattre sa dernière carte pour le voir s'effondrer. Et il avait visé juste.

À SUIVRE.

Je vous souhaite à tous/toutes de passer un très joyeux Noël !