Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Ouragan : Merci de m'avoir laissé une review. Je suis contente si cette fic te plait, et j'espère que tu aimeras aussi cette suite. Tu n'es pas la première lectrice à m'avouer avoir eu du mal avec le début de cette histoire. Je dois dire que le début n'est pas vraiment génial (je pense que je vais le reprendre), et en plus le caractère d'Harry n'est pas facile lol. Mais bon, il n'est pas si mauvais XD ! Pour Ron, je vais lui réserver un autre chapitre lorsque je vais continuer à expliquer ce qu'il se passe dans le monde magique. Mais c'est vrai qu'avec Hermione mise hors course, ça va commencer à se compliquer. Pour le conseil de guerre et Jasper, je te laisse tout découvrir dans ce nouveau post. J'espère que tu aimeras ! Biz.
jess : Ah, je suis contente si tu n'es pas trop déçue de ne pas avoir vu arriver Sirius. Pour le duel Harry/Jasper, je pense que je vais enfin y mettre une pause avec ce nouveau chapitre. Je te laisse le découvrir ! Biz.
laanais : Coucou ! T'as vu un peu comment il avait la classe le Ryry ? Pour une fois, il a fait les choses « presque » bien. Pour le lien H/E, je dirais que oui, certaines personnes commencent à comprendre (sans trop y croire) ce qui les arrive. Ne t'inquiète pas, je pense qu'il faut que je lâche le morceau maintenant. Donc, je ne vais pas tarder à tout révéler. Allez, j'espère que tu aimeras ce tout nouveau post. Bisouxxx.
Keur2louve : Salut ! Je te remercie pour ton gentil com. Oui, j'essaye de revenir avec le reste des chapitres d'Elysion et de ne pas trop me faire attendre lol. C'est aussi un plaisir pour moi de te faire partager cette histoire. J'espère que ce chapitre, ou Harry prend part à un conseil de guerre royal, va te plaire. Biz.
Patte-de-Neko : Coucou ! Eh oui ! J'ai mes 300 reviews ! C'est génial ! Alors, j'ai bien pris en compte ton envie de lemon ! MDR Et l'idée des sextoys m'a pliée en deux ! Sinon, je suis heureuse de savoir que mes descriptions te plaisent toujours autant, tout comme les moments de tendresse (promis, la prochaine fois, je ne coupe pas leur étreinte XD). Pour le lemon, il ne va pas tarder à arriver, mais je prends du temps à le remanier. En fait, j'ai lu dans un forum que certains lecteurs préféraient ne pas avoir de lemon dans une fic. Du coup, ça me fait douter. Après tout, est-ce que les scènes de sexe sont vraiment importantes ? Est-ce que je ne vais pas plutôt me contenter d'un léger lime ? Sinon, tu as bien vu pour la marque bleue. Harry a bien « réveiller/ activer » quelque chose. Allez, je te laisse lire ce nouveau post en espérant que tu aimeras ! Bisouxxx. PS : C'est moi qui ai le plus de plaisir en lisant les reviews. Non seulement ça m'aide à rectifier mes chapitres lorsque j'ai mal fait passer une idée, mais en plus, ça me rassure de savoir que cette histoire est appréciée. Du coup, on peut dire que oui, vous êtes mes critiques littéraires lol.
shiniyaoi27 : Ta review m'a fait vraiment plaisir. Je suis contente d'avoir pu te motiver à continuer tes fics, d'ailleurs, j'ai hâte d'aller y jeter un coup d'œil. En plus, je sens que tu es aussi sadique que moi (ne le nie pas lol) donc on ne doit pas s'ennuyer avec toi ! Pour le lemon (je sens qu'il est attendu), ne t'inquiète pas, il ne devrait plus vraiment tarder. Je pense qu'après 25 chapitres, il serait temps que le couple E/H se rapproche un peu plus charnellement XD. Pour la marque bleue, oui, il s'agit bien d'un lien qu'Harry a commencé à activer. Et ça, ce n'est rien comparé à la pagaille que je compte mettre en place à Elysion ! Bien sûr, Harry (mon héros d'infortune XD) va se retrouver dans les ennuis jusqu'au cou lorsque j'en aurais terminé. Hi… hi… hi… Alors, je peux déjà te dire qu'il y aura encore des combats, des sacrifices, et… des trahisons ! Bon, je crois en avoir trop dit, non ? Allez, j'espère que ce nouveau post te réconcilieras avec le personnage de Jasper. Bisouxxx.
nana-chan : Salut ! Merci pour ta review. Oui, au départ, Harry devait tout détruire, mais après, je me suis dit que ça ne collerait pas pour la suite de l'histoire. Mais je voulais tout de même qu'il fasse bien peur aux nobles et à Jasper ! Je me suis bien amusé XD. J'espère que tu aimeras ce chapitre en partie centré sur un conseil de guerre. Biz.
coco73 : Merci de ta fidélité et de toujours me laisser un petit mot. Je compte te tenir encore plus en haleine avec ce nouveau post (enfin j'espère XD). Je te laisse le découvrir. Bisouxxx.
Hilary mimi : Coucou ! Ah, je vois que tu as aimé mon « Dark Harry » ! Il était vraiment temps qu'il attaque Jasper pour le remettre à sa place. Sinon, c'est vrai qu'Abel (qui n'a fait qu'une brève apparition dans la fic (j'ai l'impression de parler d'une série lol)) m'a paru être le meilleur personnage à faire revenir. Son côté fou, sa langue de vipère (avec sa façon de dire : « ex-Animal ») m'a vraiment plus. Il fallait le faire revenir lol ! En plus, ça a permis à Harry d'être sûr de lui et d'Edward. C'était vraiment important d'avoir ce résultat pour la suite de la fic parce que je ne veux plus le voir douter. Bon, je te laisse lire ce chapitre sur le conseil, et l'après-bal. J'espère que tu aimeras. Bisouxxx.
siriushoshi : Merci pour ton com. Oui, la réaction d'Harry était parfaite sur ce coup-là. Il ne pouvait pas ne pas s'énerver un bon coup ! Sinon, tu as totalement raison de dire qu'il n'a pas de chance avec les autres : il essaye d'aider Abel, et en échange, on l'insulte. Mais pour les Sudariens, il est vraiment vu comme un traitre ! Il faut qu'il s'en rendre bien compte dès maintenant. Allez, dans ce chapitre, il n'aura à faire face qu'à Jasper (et les autres Cullen). J'espère que tu apprécieras ! Biz.
Charlene : Coucou ! Merci de ta fidélité ! Eh oui, je me suis dit qu'il était temps de voir le côté « méchant » d'Harry. Après tout, on a bien vu le visage sombre d'Edward. Donc pour une fois, Harry ne joue pas les immatures, mais les serials killer lol. Je te laisse découvrir cet autre post en espérant que tu aimeras. Bisouxxx.
Perline : Salut ! Ah… C'est toujours un plaisir de lire chaque mercredi une de tes reviews. Ne t'inquiète pas, je n'ai pas eu que des mauvaises surprises, c'est juste que tout s'enchaine dans ma vie. Je suis en train de construire une maison, et les travaux ont pris du retard. Le soir (après le taf), je suis obligée de me rendre sur le chantier pour peindre, pour poser du papier peint, ou autre… Du coup, je suis vraiment à bout. Mais bon, passons, c'est toujours un plaisir pour moi de trouver cinq minutes pour écrire. Je vois que le fait que j'ai refait apparaitre Abel ne t'a pas trop déçue. Tout comme la leçon qu'à donner Harry à Jasper ! C'était épique lol ! Sinon, je vais tout de même défendre Edward (mon chouchou XD). Il ne savait pas qu'Abel était en vie, d'ailleurs, il dit à Harry qu'il est le seul survivant. Jasper, lors du bal, révèle qu'il a caché Abel tout ce temps en attendant le jour où il pourrait l'utiliser. Donc ça a été une mauvaise surprise pour nos deux héros. Sinon, la marque bleue est bien un premier indice (en plus de la magie d'Harry qui s'affole) sur le lien qui est en train de se former. Par contre, quand je dis qu'Isabella est la compagne d'éternité d'Edward, ça ne veut pas dire qu'ils sont « faits l'un pour l'autre ». cela veut juste dire qu'elle était censée passer son éternité avec lui. Mais ils ne sont pas… comment dire… des âmes sœurs… Bon, je ne veux pas trop en dire lol. Sinon, pour le lemon, j'y travaille encore. C'est vrai qu'il serait temps qu'ils passent à l'action XD. Mais en attendant, je te laisse découvrir ce nouveau chapitre. Bisouxxx.
Drougael : Coucou ! J'ai adoré lire ta review et je t'en remercie. Alors je vois qu'Abel a vraiment créé la surprise (bonne, j'espère ?) lol. Pour Jasper, je pense pouvoir te faire changer (un tout petit peu) d'avis sur lui avec ce nouveau post. C'est vrai qu'il est vicieux, et cruel, mais d'un autre côté (comme le dit Alice), il n'a pas toujours été comme ça. Sinon, pour le lien H/E, il est vraiment en train de s'étendre. La marque bleue en est la preuve ! Alors, pour le personnage d'Edward, je dois t'avouer que je suis aussi en train de tomber amoureuse du Edward de la fic XD. Franchement… Dire qu'il n'existe pas vraiment… Bref, il a vraiment été touchant lorsqu'il s'est dévoilé à Harry pour l'apaiser et le faire comprendre Jasper. Et pour une fois, ils ne se sont pas trop disputés ! Pour leur moment de tendresse, ne t'inquiète pas, je suis en train d'écrire le chapitre où les baisers feront place à beaucoup plus… Je te laisse lire ce nouveau chapitre ! Bisouxxx.
Drayy : Merci pour ton gentil com. Oui, Jasper a beaucoup de chance qu'Harry ai du contrôle, et surtout, qu'il apprécie autant Alice. Sinon, c'était finit pour lui ! Bon, dans ce chapitre, je vais m'attaquer à un conseil de guerre ! J'espère que tu aimeras ! Biz.
mitub : Salut ! Merci beaucoup de m'avoir laissé une review. Je suis contente que tu aimes autant cette histoire. Et j'espère vraiment que tu aimeras tout autant cette suite. Biz.
nouritcha-sushine : Ah, je vois que tu ne détestes pas vraiment Jasper, car tu as aussi vu son côté blessé et torturé. Il est méchant, mais ce n'est pas non plus un méchant comme les autres. D'ailleurs, je vais un peu plus le mettre en avant dans ce nouveau post. J'espère que ça te plaira ! Bisouxxx.
kitsune972 : Merci de toujours me laisser un petit mot. Bon, j'espère me surpasser encore avec chapitre. Je te laisse le découvrir ! Biz.
8Maud8 : Ah, je suis contente de t'avoir surprise avec l'arrivée d'Abel. C'est sûr que c'est mieux de garder une part de mystère dans une histoire. Alors j'espère pouvoir encore te surprendre avec la suite de cette aventure. Je te laisse découvrir tout ça ! Bisouxxx. PS : Ah oui, pour le paiement, tu acceptes les reconnaissances de dettes lol ?
ptitcoeurfragile : Coucou ! Et non ! J'ai préféré faire revenir Abel pour bien mettre la zizanie (meurtre, attaque, coups bas…) lors du bal. J'espère que tu aimeras cette suite où je m'intéresse un peu plus au cas de Jasper ! Biz.
aliCetwiligthF.F : Salut ! Merci pour la review. Je dois t'avouer que je suis moi aussi fan de Jasper. Donc, même s'il joue les méchants, je ne peux décemment pas le laisser comme ça. D'ailleurs, je vais prendre le temps dans ce chapitre de faire découvrir un peu plus ce personnage torturé. J'espère que tu aimeras ! Biz.
Tenshi-Lily-Hime-Sama : Et le round 2 commence maintenant lol ! Jasper va encore jouer les vicieux dans ce chapitre, mais je vais aussi prendre le temps développer son histoire. Harry va devoir prendre en compte les paroles d'Edward et se forcer à écouter son « pire ennemi ». Alors j'espère que tu aimeras cette suite ! Bisouxxx.
Élodie Nina : Coucou ! Me revoilà avec la suite (la drogue lol) ! Pour Sirius, je ne suis pas encore sûre de le faire apparaitre ou non à Elysion. Je tiens à ce qu'Harry reste concentrer sur sa mission et sur son couple. J'ai peur que l'arrivée d'un perso aussi important que son parrain ne le replonge encore dans les doutes et le besoin de fuir. Sinon, même si Jasper a morflé au bal, il revient dans ce chapitre avec autant de méchanceté que d'habitude. J'espère que tu aimeras cette suite ! Bisouxxx.
Harry-Snape-Malfoy: Coucou ! C'est un plaisir de te retrouver à travers tes gentilles reviews. Je vois que tu as aimé de voir Harry devenir Superman lol ! D'ailleurs, heureusement qu'Alice était là parce que Jasper allait vraiment y passer. Vampire ou non, Harry aurait trouvé le moyen de lui faire la peau ! Mais bon, ne t'inquiète pas, je ne compte pas tuer Jasper (même si cela rajouterait un joli petit côté tragique à cette fic… XD), et je vais au contraire développer son personnage. Sinon, pour la marque bleue, et le lemon H/E, je ne vais pas tarder à faire un beau chapitre dessus. Ne t'inquiète pas, je ne serais pas trop sadique ! J'espère que tu apprécieras ce nouveau post. Bisouxxx.
Chapitre 25 : Le tombeau d'une reine
Une semaine venait lentement de s'écouler à Elysion, et la reconstruction de la tour qui avait été détruite le soir du bal était largement avancée. Par chance, aucun Elysioniens n'avait été blessé durant l'effondrement, ce qui tendait à apaiser la peur qu'avait pu provoquer ce désastre.
Partout, chaque vampire s'unissait afin de redonner sa beauté d'antan au palais royal.
Les servantes couraient de tous côtés, prenant à peine le temps de bavarder, afin de répondre aux moindres caprices de leurs maitres. De leur côté, les soldats royaux échangeaient leur tour de garde afin d'offrir leur aide aux ouvriers de la tour. Personne ne restait inactif tant il y avait à faire en cette nouvelle journée qui s'annonçait ensoleillée.
Toutefois, malgré cette forte agitation, quelques nobles parés de leurs plus couteux bijoux prenaient tout de même le temps de comploter et de ressasser leurs mauvais souvenirs du bal. Souvent, il leur arrivait de se réunir et de chuchoter entre eux d'un air craintif. Sur leurs lèvres, le nom d'Harry Potter semblait revenir à l'infini.
Ce fut dans cette ambiance mitigée que le cadavre d'Abel, le Sudarien, avait été expatrié hors des terres d'Elysion pour être directement mené vers la fosse du Jura, le cimetière des rebelles capturés en terre ennemie. Son inhumation, loin d'intéresser les vampires, se passa dans le silence et l'ignorance la plus totale. Et personne ne pensa à reparler, ou à se souvenir de lui.
Harry, qui s'était fait très discret depuis l'incident du bal, en avait longuement été affecté. Ne pouvant pas obtenir des Elysioniens qu'Abel soit enterré parmi leurs pairs, il avait dû regarder partir le cortège funèbre depuis la fenêtre de sa chambre. Abattu, il n'avait même pas pu obtenir la permission d'Edward de se rendre lui aussi au Jura et était resté cloitré dans ses appartements.
En effet, sa présence à Alayis était devenue primordiale depuis qu'il avait démontré à toute la cité l'étendue de ses pouvoirs.
Entre la méfiance et la peur qu'il provoquait aux autres lorsqu'il osait quitter sa chambre, il avait rapidement dû faire son deuil pour se concentrer sur les complications à venir. Dans son cœur, il pouvait se rassurer en sachant avoir tout fait pour sauver celui qui aurait pu devenir un bon ami.
Relevant la tête, il regarda d'un œil morne les tableaux décorant le long couloir qu'il longeait actuellement en direction de la salle des conseils royaux. Tôt ce matin, une servante – petite rousse timide, qui n'avait pas osé croiser son regard - était venue le réveiller pour l'informer qu'il était cordialement invité à participer au grand conseil de guerre de la famille Cullenus.
Loin d'être surpris, il s'était tout de même légèrement crispé à cette nouvelle.
Edward l'avait déjà averti que ses parents profiteraient de la présence de toute sa famille pour organiser cette réunion. Mais les jours s'étaient écoulés sans qu'il ne reçoive jamais de nouvelles allant dans ce sens. Car, entre les esprits qu'il avait fallu calmer, et la reconstruction massive de la tour à moitié détruite, il avait cru tout le monde trop occupé pour se préoccuper d'organiser ce fameux conseil. Et l'espoir de pouvoir échapper à cette nouvelle épreuve avait fini d'envahir son cœur. Quelle plaisanterie ! Il n'aurait pas dû compter sur chance… Après tout, il n'en avait aucune depuis son arrivée à Elysion.
Marchant d'un pas long, son attention fut vivement attirée par la réaction des nobles qu'il croisait sur son passage. Entre les sursauts, les corps figés, les lèvres pincées, ou mieux encore, ceux qui changeaient carrément de chemin, Harry se dit qu'il n'était vraiment pas passé inaperçu lors de ce maudit bal. Tous les vampires devaient maintenant avoir compris qu'il était, certes, un humain, mais un humain très puissant.
Il était un sorcier.
Le souvenir de la manière dont il les avait stupéfixés, avant de torturer Jasper, venait de faire de lui la personne la plus crainte du royaume. Chaque noble, servant, voire même les soldats qui croisaient maintenant sa route, se dépêchait de baisser humblement la tête pour le saluer. Enfin… Lorsqu'ils ne faisaient pas demi-tour pour le fuir.
Alice et Edward avaient totalement raison : il était en train de marquer l'esprit des vampires d'Elysion.
Et si au départ, il s'était réjoui de la situation - en profitant même pour assoir sa position d'honorable Conseiller royal - il ne pouvait maintenant pas s'empêcher de grincer des dents en voyant l'horreur s'inscrire sur chaque visage qu'il rencontrait. Merlin, il n'avait pas l'intention de leur faire du mal à chaque carrefour ou changement d'humeur. Il ne s'énervait que lorsque l'on décidait de l'attaquer personnellement.
Et puis, en son for intérieur, il ne voulait pas vraiment être craint, mais être respecté.
Il sourit seul en pensant qu'Edward, avec qui il passait toutes ses nuits, lui avait un soir rétorqué qu'il ne voyait pas de différence entre les deux. Étrangement, cela ne l'avait absolument pas surpris.
En dehors de tous ces ennuis, s'il y avait bien un autre inconvénient à sa situation, c'était que son enfermement l'avait conduit à ne pas pouvoir revoir Alice.
Ou… Jasper.
Il savait que le prince blond était déjà guéri grâce aux bruits de couloirs qu'il percevait de sa chambre. Et il avait aussi appris que son amie passait maintenant tout son temps libre à ses côtés. Tentait-elle encore de le raisonner ? Cette simple idée, conjuguée aux souvenirs du bal, le fit serrer les poings de rage. Mais lorsque sa mémoire le fit revoir l'air triste et défiguré que la petite voyante avait affiché, il souffla de défaitisme tout en laissant s'en aller sa colère.
Alice aimait son époux malgré tous ses défauts. Qui était-il pour juger de ses sentiments ? Personne.
Haussant des épaules avant de refouler cette pensée, il se dit qu'entre autres le plus surprenant durant la semaine qui venait de s'écouler était que la présence de Rosalie et d'Emmett s'était faite encore plus discrète que la sienne. Ce qui, il fallait bien l'admettre, était un comble lorsque l'on connaissait le caractère imposant d'Emmett.
Le couple semblait vouloir se tenir à l'écart tant que l'atmosphère néfaste qui régnait au palais ne se serait pas apaisée. En pensant à eux, le brun se rendit compte que même si Rosalie était une redoutable guerrière, et Emmett un grand plaisantin, ils ne pouvaient que reculer face aux douloureuses disputes qui secouaient leur famille. Ils n'aimaient pas les conflits, et encore moins les règlements de compte déloyaux.
Personne ne pouvait vraiment leur en blâmer.
Soufflant d'agacement, Harry s'aperçut qu'il était en quelque sorte celui qui avait créé une telle désunion au sein du clan Cullenus. Son arrivée à Elysion avait bouleversé leur fragile équilibre. Et bien qu'il ne regrette pas d'avoir influencé quelques personnes, comme Edward, il s'en voulait de voir les conséquences de certains de ses actes.
Repoussant le sentiment de culpabilité qui voulait l'étreindre, il gonfla le torse en arrivant devant la porte menant à la salle des conseils royaux. Il fit un sourire amical aux soldats qui en gardaient l'entrée, ceux-là mêmes qui ne manqua pas de défaillir à sa vue, avant de rapidement passer la lourde porte qu'ils venaient de lui ouvrir.
La lumière émanant de la pièce l'éblouit un instant avant qu'il ne découvre les grandes baies vitrées, ornées de lourds rideaux en satin clairs, les meubles en bois vernis, et les tableaux – belle représentation de diverses batailles historiques – qui sillonnaient des murs blancs et dorés.
Quittant des yeux la décoration de la salle des conseils royaux, il croisa immédiatement le regard chaleureux d'Edward, qui l'invita d'un geste à se rapprocher de lui.
Le vampire se trouvait assis autour d'une immense table ronde dont le bois – certainement du chêne – semblait avoir magnifiquement vieilli avec le temps. À ses côtés se trouvait assise Rosalie, qui ne manqua pas de lui faire un sourire discret en guise de salut, tandis que son époux ne se gênait pas pour lui faire de larges signes des mains pour le souhaiter la bienvenue. Cette attitude décalée, et tellement amusante, attira une moue désapprobatrice et arrogante à Jasper, qui lui était assis de manière tendue de l'autre côté de la table. Alice, dont le regard s'était illuminé à sa présence, s'était empressée de lui serrer la main d'un geste… apaisant ? À cette vue, le sorcier eut immédiatement envie de lancer une pique. Mais il se retint.
S'approchant, il alla lentement s'assoir à une chaise à la droite d'Edward, à sa place de Conseiller, lorsqu'il remarqua enfin la présence du couple royal d'Alayis.
Assis en bout de table, pour présider l'assemblée, Carlisle et Esmée avaient étudié son entrée en silence. Habillés majestueusement, ils étaient en tout point semblables à des Dieux dans leur posture noble et raffinée.
Se relevant, Harry se dépêcha de s'incliner pour les saluer comme le voulait l'usage, avant de reprendre place. Faisant un dernier tour de table, il se sentit presque mal à l'aise en se rendant compte qu'il était le seul « intrus » parmi les membres de la famille Cullenus. Car il était bien le seul à avoir été convié, et à avoir l'honneur, de faire partie de leur grand conseil de guerre.
Le corps raidi, il faillit sursauter violemment en sentant la main d'Edward passer avec délicatesse sur sa cuisse. Le repoussant en croisant les jambes, il ragea en apercevant son regard franc et sans gêne. Était-ce sa manière à lui de l'aider à se détendre ? Si c'était ça, ils auraient alors droit à une discussion bien difficile à ce sujet ce soir.
- C'est un plaisir de te compter parmi nous, Harry Potter. Fit la douce voix d'Esmée en brisant le silence de la pièce. Je tiens avant tout à t'exprimer tout le regret qu'éprouve ma famille au souvenir de la tournure qu'a prise le bal que nous avons organisé. Mais, je vous en prie chers enfants, laissons derrière-nous toute rancœur en rapport avec ces troubles qui ont coûtés…
- Tu n'as pas à t'excuser pour moi, coupa avec fiel Jasper en remuant sur son siège, si c'est à ça que tu penses en parlant de « troubles ».
- Si tu étais un peu plus adulte, rétorqua la reine d'une voix légèrement refroidie, je n'aurais effectivement pas eu à m'excuser à ta place.
Harry avait envie d'invoquer un bol de pop-corn, avant de confortablement se caler dans son siège, pour mieux suivre cet échange. Déjà, le ton de la réunion était donné.
Percevant le reniflement de mépris de Jasper, qui détourna le visage d'un air blessé, il s'abstient à la dernière minute de féliciter Esmée pour ses paroles pleines de bon sens. Il savait que s'il avait le malheur d'ouvrir maintenant la bouche, il ne saurait que prononcer des paroles pleines de venin à l'intention du vampire blond. Et il avait aussi conscience que vu l'importance de cette réunion, il se devait de rester concentrer.
Croisant les doigts, il sourit en voyant qu'il avait enfin appris à se contenir et à gérer ses priorités. Ou peut-être que cet élan de maturité s'en ira-t-il à la fin de cette réunion ? Seul le temps le dira.
Repoussant, la main d'Edward qui tentait une fois de plus de le caresser, il remarqua finalement l'imposante reproduction des contrées d'Elysion qui avait été creusé et gravé dans le bois de la table. Tout le royaume vampirique, ainsi que d'autres contrées, et îles inconnues, y avait été retracé avec énormément de minutie, et prenait tout l'espace libre qu'offrait le meuble. Les océans, peints en bleu indigo, et les terres sauvages revêtues d'une douce couleur jade comportaient des petites inscriptions écrites en lettres argentées d'Argpal. En finition, le chef d'œuvre avait été protégé par une grande plaque en verre poli.
Plissant les yeux, tout se penchant en avant, Harry se gorgea de chaque détail qu'il pouvait y lire.
- Vois l'étendue de notre royaume, Harry Potter. Dit à cet instant Carlisle. Si mes fils et moi, nous nous partageons la plus grande partie du Nord, de l'Est, de l'Ouest, et du Centre, le reste du territoire nous ait encore inconnu et hostile.
Buvant chacune de ses paroles, il observa attentivement les terres du Sud qui se trouvait être presque aussi large que le territoire vampirique. Et dans cette région sauvage, si une partie appartenait aux humains, appelés sur la carte « Adan », un large espace était réservé à d'autres espèces, d'autres peuples. Fasciné, il observa aussi sans relâche les îles - dont il reconnut celle appartenant aux sirènes - les montagnes blanches, et les forêts luxuriantes.
Plus loin au Sud, son regard fut rapidement captivé par des terres ne comportant aucune inscription, et dont la reprographie semblait même incertaine.
- Qui y a-t-il là-bas ? Fit-il en se redressant pour pointer impatiemment du doigt une partie de la carte. Il n'y a rien d'inscrit.
- C'est l'arrière-Sud, dit Haradas. Lui répondit Rosalie. Nous supposons que les Arkans, et d'autres encore, se cachent parmi ces terres.
- Cette région est maudite ! Intervint Alice, les yeux troubles. On dit que là-bas le sol y est aride, les forêts meurtrières, et que dans le ciel, jamais aucun oiseau n'a été aperçu. Certains affirment même que le soir venu, les murmures du vent rendent fous ceux qui ont le malheur de s'y égarer. Ce sont des territoires laissés à l'abandon, où rien ne pousse, ou ne survit. À part ces horribles Arkans… Elle frissonna d'angoisse et se colla contre l'épaule de son époux. Ne cherche jamais à t'y perdre, Harry. Ces terres sont vraiment malsaines… Même avant ce conflit avec le Sud, nous n'avons jamais cherché à les conquérir.
- Mais… Fit-il encore. Comment font les Arkans pour y survivre dans ce cas ?
- Ces bêtes sont vraiment très résistantes. Éluda Emmett en haussant des épaules. Ne le prend pas comme si c'était un exploit pour eux ! C'est juste qu'ils n'ont pas besoin de beaucoup pour subsister.
Harry fixa encore « l'arrière-Sud » d'un air beaucoup plus intéressé.
Il s'aperçut que ces contrées, ces vastes montagnes noires, étaient bien loin des terres vampiriques. De nombreux territoires, plus ou moins sauvages, et plus ou moins vastes, séparaient les Elysioniens de l'Haradas. Alors pourquoi les Arkans avaient-ils parcouru tout ce chemin pour venir s'en prendre à une de leur cité ? Pourquoi se donner autant de peine si les vampires ne convoitaient même pas leurs contrées ? Tout cela ne lui paraissait pas logique. Il lui manquait la raison, la cause, ou la personne qui relirait les vampires aux Arkans. Retournant des centaines de fois le problème dans sa tête, il se sentit perdu de ne pas obtenir plus de réponses à ces questions.
- Comment ont-ils fait pour passer impunément tous ces territoires sans que personne n'essaie de les arrêter ? Demanda-t-il. Eux là ! Fit-il en pointant du doigt une terre ornée d'un symbole représentant trois longues griffures de loup. Ils ont bien dû piétiner leurs terres, n'est-ce pas ? Alors pourquoi ne les ont-ils pas repoussés avant qu'ils n'atteignent Ahrima ?
Certaines personnes autour de la table semblèrent gênées par ses questions.
- Beaucoup de peuples aux Sud ne nous apprécient pas, lui expliqua Edward d'une voix neutre, ou ont renié l'allégeance qu'il nous avait faite.
- Pourquoi ? S'étonna-t-il.
- Pour différentes raisons ! Dit le roux d'un ton énigmatique. Quoi qu'il en soit, une guerre dans nos contrées représente pour eux la chance de pouvoir un jour prendre le pouvoir à Elysion. Cela ne serait pas étonnant qu'ils se soient juste contentés de surveiller les Arkans lors de leur passage. Il souffla d'agacement avant de se tourner vers l'ensemble des personnes présentes autour de la table. De plus… vous devez aussi savoir qu'une partie de ces troupes ennemies ont aussi voyagé par la mer pour atteindre Ahrima. Je l'ai vu dans l'esprit de celui que nous avons capturé après la bataille.
Un silence plein de surprise accueillit cette nouvelle. Les Arkans n'étaient-ils pas censés être des brutes épaisses sans cervelles ? Comment avaient-ils pu s'organiser pour mener une attaque terrestre et maritime ? C'était inconcevable.
- Hum… Fit Emmett d'un air songeur. Il va falloir que nous surveillions un peu mieux nos rivages.
- C'est une blague ! Alors quoi ? Maintenant ils savent naviguer ?! Cracha Rosalie, qui ne réagit pas à la nouvelle aussi calmement que son époux. Non, moi je continue de douter que les Arkans soient assez futés et ordonnés pour mener une attaque de cette ampleur. Elle reprit son souffle en repoussant d'un geste énervé ses longs cheveux blonds. C'est vrai… Après tout, ils ne pensent habituellement qu'à se manger entre eux ! Les humains ont dû réussir, par je ne sais quel miracle, à les acheter.
- Comment le sais-tu ? Rétorqua Harry, agacé.
Il se retint de trembler sous l'intensité du regard clair de la magnifique blonde. Mais il ne comptait pas reculer pour autant. Et en réalité, il était assez surpris et mal à l'aise face à la réaction de Rosalie. Car c'était bien la première fois qu'elle démontrait aussi clairement, en sa présence, son mépris pour les rebelles.
Et lui ne pouvait pas laisser passer ça. Car encore une fois, son envie de les défendre le prenait à la gorge.
- Comment je sais quoi ? Fit la vampire.
- Comment peux-tu juste te contenter d'accuser les humains ? Continua-t-il- bravement. Les Arkans auraient très bien put avoir eux-mêmes préparé cette attaque. Après tout, ces imbéciles ont bien réussi à se construire des navires ! Moi, je crois surtout que vous n'avez aucune idée de leur réelle capacité !
Son intervention, comme il s'en doutait, laissa un froid dans la pièce. Généralement, il ne parlait de cette manière – insolente et têtue – qu'en présence de son compagnon. Mais aujourd'hui, maintenant qu'ils étaient tous réunis en petit comité, le sorcier ne ressentait plus le besoin de jouer au « gentil petit Harry Potter bien éduqué ». S'il avait été invité à participer à cette réunion au sommet, c'était bien la preuve qu'il était devenu important. Donc il ne comptait pas mâcher ses mots. Et de toute façon, un jour ou l'autre, ils auraient bien tous fini par faire connaissance avec son caractère de cochon. Il valait mieux que ce soit le plus vite possible.
- Nous avons eu tout le loisir de constater de leur faiblesse lorsqu'ils ont quitté leurs territoires pour prendre part à la Grande Guerre. Intervint Jasper en le toisant. Ce sont des bêtes infâmes vivant dans les terres les plus abominées d'Elysion. Il renifla méchamment. Et, dois-je te rappeler que lors de la bataille d'Ahrima ils portaient bien haut le drapeau des humains en signe d'union avec eux ? Ils détruisaient la ville, brulons nos maisons et tuons nos enfants, au nom de ces rebelles que tu aimes tant défendre.
- C'est ça, renifla Harry, parle comme si tu avais été là !
Le vampire blond eut un rictus condescendant comme si cette pique provenait d'un enfant récalcitrant qui n'avait pas sa place auprès d'eux.
- Je ne sais pas. Je ne comprends pas tout pour cette histoire de drapeau… Avoua Harry en se reprenant. Mais bon, en dehors de ça, je tiens à rappeler que cela ne nous dit toujours pas comment les Arkans ont fait pour vous atteindre si facilement ! Il marqua une pause dans son discours pour laisser aux autres la chance de le répondre. Moi, dès le départ, j'aurais eu tendance à me méfier de ces « bêtes infâmes » qui arrivent à survivre dans les terres maudites de l'arrière-Sud. Car c'était bien là une preuve de leur résistance et de leur force. Englobant la salle du regard, il les accusa : vous avez aussi commis une grave erreur en les sous-estimant.
Ça, c'était propre aux vampires de se croire constamment supérieur et de mépriser les autres. Les Arkans devaient depuis le départ être de terribles adversaires. Mais ils avaient seulement dû avoir du mal à se regrouper et à s'unir. Maintenant qu'ils s'étaient agencés, il allait bien falloir les prendre au sérieux.
- Même si les rebelles ont vraiment envoyé les Arkans, finit-il, vous ne pouvez pas juste occulter votre part de responsabilité dans ce désastre.
- Quelle part de responsabilité ? Moi, je ne vois que des misérables humains qu'il nous faut châtier ! Se renfrogna Jasper. Fais-nous plaisir et arrête de supposer de leur culpabilité, Adan ! Ton peuple nous a attaqués, et j'estime qu'ils doivent en payer le prix fort.
Le brun le toisa de toute sa hauteur. Encore une fois, il était en train d'affronter le prince blond au sujet de « son peuple ». La colère et la haine qui montèrent en lui, faisant presque trembler son corps, lui donnaient envie de commettre un massacre.
Sous la table, il se retint de bondir sur son compagnon lorsque celui-ci lui caressa – un peu trop longuement - la jambe en signe d'apaisement. Le fixant dans le coin de l'œil, il se rappela que ces derniers temps il le trouvait un peu trop… insistant dans ses gestes d'affection. Retenant un rougissement, il n'osa pas penser aux besoins qu'il devait avoir envie d'assouvir depuis un bon moment.
Non, il devait rester concentré sur cette réunion.
Retenant un soupir agacé, il se dit que cette caresse avait au moins eu le mérite de le calmer.
- Vous avez certainement raison, Harry. Dit calmement Carlisle, sans ciller. Nous avons peut-être ignoré le fait que les Arkans puissent un jour devenir une réelle menace. Toutefois, je me dois aussi de donner raison à mon fils. Jasper. Il se calla confortablement dans son siège avant de continuer : ce n'est pas une simple supposition, c'est une affirmation. Et nous ne pouvons plus nier l'implication des humains dans cette histoire, n'est-ce pas ? Nous avons des preuves de leur culpabilité.
Harry le vit attraper sur la table un bout de tissus, déchiré et sale, dont il n'avait pas remarqué la présence. Il ne lui fallut qu'un instant pour reconnaitre, sous le sang et la crasse, les emblèmes du peuple humain qui y avaient été brodés. Ils en revenaient encore et toujours à ce stupide drapeau pour accuser les rebelles.
- Nous allons devoir prendre de nouvelles mesures, appuya le roi, afin de nous garantir de la sécurité de nos terres.
De nouvelles mesures ? Il ne faisait aucun doute qu'ils ne seraient absolument pas favorables aux peuples du Sud. Rageur, Harry se rendit compte que cette réunion n'avait peut-être en réalité pour but que de trouver la meilleure manière de contrôler la menace humaine.
Soit, il était tout prêt à contrecarrer leur plan.
Car si d'un côté, il voulait bien leur donner raison, quelque chose le poussait tout de même à vouloir prendre une fois de plus la défense des Sudariens. Et même si toutes les preuves tendaient à les désigner comme étant les coupables, il voulait absolument aller contre cette fatalité.
Le souvenir qu'il gardait des rebelles comme Abel, ou Gladys le poussait à douter qu'ils puissent un jour comploter la destruction d'une cité vampirique. Non, ces gens avaient plutôt tendance à se jeter dans la gueule du loup, sans réfléchir, et à souffrir ensuite le martyre dans les cachots de leur ennemi.
- Bon… Il semble que je doive à mon tour intervenir… pour défendre la cause des rebelles. Souffla la voix veloutée d'Edward. Et j'ai bien peur de devoir en même temps ruiner vos théories de complot avec l'annonce que je m'apprête à faire. Il eut un rire sarcastique. Voyez-vous, il vous manque un élément essentiel pour juger de ce cas : la présence d'un tout d'un nouvel ennemi. Levant une main pour couper la parole à ceux qui voulaient déjà l'interrompre, il reprit : cet ennemi, caché depuis trop longtemps dans l'ombre, a joué un rôle primordial dans l'attaque des Arkans. Je l'ai vu à Ahrima ! Il pointa du doigt son front pour expliquer qu'il l'avait découvert grâce à son pouvoir.Qui que ce soit, et quoi qu'ils veuillent, ils se servent de toutes les créatures vivant dans l'arrière-Sud pour nous défier.
Le brun se retint de sauter de joie en entendant son compagnon apporter l'innocence des rebelles. Il savait bien qu'il avait eu raison à leur sujet. Cependant, pourquoi le télépathe avait-il attendu si longtemps avant d'intervenir ? Tournant la tête vers lui, il le vit observer sa mine renfrognée avant de retenir un rire.
Très bien, cela amusait juste Edward de le voir s'agacer contre les membres de sa famille. Ou peut-être voulait-il les confronter à son mauvais caractère ? Ces deux suppositions semblaient être les bonnes.
- Quoi ? S'écria Rosalie. Mais… De quoi parles-tu ?
- L'Arkan à qui j'ai dérobé cette information n'était qu'un sous-fifre, éluda le roux, donc je ne dispose pas de toutes les réponses. Je sais juste que ces personnes… dont j'ai cru apercevoir la forme encapuchonnée… les dirigent avec brio en leur donnant des ordres très précis. Et ce n'est pas tout ! Il parcourut silencieusement du regard les personnes assisse autour de lui. Ils ne se contentent pas seulement de nous attaquer. Les Arkans s'en prennent aussi aux humains, et cela, en utilisant notre bannière.
- C'est… Fit Rosalie, sans voix. Totalement fou ! Impossible ! Ils… se font passer pour nous ? Ils se jouent de nous ?!
Le problème devenait bien plus grave qu'il le pensait. L'arrivée de cet ennemi inconnu compliquait absolument tout.
- Et comment font-ils pour maitriser les Arkans ? Demanda à brule-pourpoint Emmett. Comment peuvent-ils vivre avec eux dans l'Haradas ? As-tu vu quelque chose, Alice ?
- Non, fit la voyance après s'être concentrée, j'ai toujours eu du mal à voir l'avenir de ceux qui vivent hors de nos terres.
- Donc on se retrouve avec presque rien. Fit Rosalie. Quelle mauvaise blague !
L'ambiance de la salle sembla être encore plus tendue.
- On s'en moque ! Rugit Jasper. Je sais que tu nous mens, Edward ! En plus de constamment vouloir protéger ton précieux « conseiller », maintenant, tu nous inventes des sornettes pour défendre ces traitres, ces crasseux d'humains ! Moi, je n'y crois pas ! C'est impossible qu'aucune de nos troupes n'ait jamais remarqué la présence de ces sois disant « ennemis de l'ombre » !
- Quelle troupe, Jasper ? Cela fait longtemps que plus aucun de nos soldats ne s'aventure dans le lointain Sud ! Ragea aussitôt le vampire roux en se redressant à moitié. Les conflits qui parcourent le royaume nous poussent à devoir rester sur nos terres, et même nos espions ne récoltent que peu d'informations. Il montra ses canines tant il était énervé. Se cacher dans l'arrière-Sud est une idée de génie pour cet ennemi. Tu ne peux nier ces faits ! Admets-le !
- Il suffit ! Cria Esmée en voulant tuer la dispute dans l'œuf. Dois-je vous rappeler que l'heure est grave ? C'est incroyable… Même Emmett se tient correctement !
Se détournant de cette énième dispute, le brun repensa aux éléments qu'ils avaient rassemblés ensemble. Il devait à présent prendre en compte la présence d'ennemis invisibles qui combattaient en usant de fausses bannières et semaient un peu plus la zizanie à Elysion.
Les rebelles devenaient alors des victimes au même titre que les vampires. Toutefois, cela ne faisait toujours pas de ces deux peuples des alliés. Comment feront-ils à l'avenir pour différencier un ennemi d'un autre ? De qui devront-ils se méfier lorsqu'une autre cité d'Elysion sera réduite en cendre ? Que devront-ils croire ? Ces incertitudes risqueront à coup sûr de les porter préjudice dans l'avenir.
- Diviser pour mieux régner…. Dit-il alors en faisant face aux regards intrigués des autres vampires. C'est la règle d'or !
- Oui, renchérit Edward, calmé, ils ont bien appris cette leçon. Diviser, nous le sommes déjà, mais nous restons tout de même un royaume très puissant.
- Mais pour combien de temps ? Reprit Harry. Ces attaques, qu'elles proviennent des rebelles ou de l'arrière-Sud, vont un jour ou l'autre réussir à vous miner. Maintenant que nous ne sommes plus aveugles à ce qu'il se passe à l'Haradas, il faut à tout prix inverser la tendance !
Attentif, il contempla l'air convaincu des autres Cullenus avant de foncer les sourcils en voyant Carlisle baisser la tête d'un air soucieux. L'observant plus attentivement, il vit une ombre passer dans son regard, avant qu'il ne reprenne son même air habituel. Que pouvait bien leur cacher le roi ? Il sentait que celui-ci détenait d'importantes informations.
Intrigué, il lança automatiquement un regard à Edward qui fixait lui aussi son père avec insistance. Après un long moment de concentration, il vit le vampire secouer la tête et se détourner.
Quoi ? N'arrivait-il pas à lire dans l'esprit de Carlisle ? Harry jeta un regard assez admiratif au roi. Devait-il tenter l'occlumancie sur lui ? Étrangement, il n'avait pas envie de violer ainsi l'esprit des autres. Se tournant vers Edward, il laissa leurs yeux se croiser, et sut d'ambler qu'ils s'étaient compris : un des deux allait devoir interroger personnellement le roi d'Elysion.
- On s'en moque ! Répéta une nouvelle fois Jasper. Notre dynastie est en place depuis de nombreuses décennies. Ce n'est pas avec deux trois créatures venant de l'arrière-Sud, rit-il, que cet « ennemi de l'ombre » arrivera à nous détrôner. Nous ne risquons rien !
- Ne sois pas stupide ! L'agressa Harry, sans pouvoir s'en empêcher. Nous ne pouvons pas juste ignorer leur présence maintenant qu'elle nous a été révélée. Au contraire, c'est le bon moment de se réunir…
- Pitié ! Coupa le blond. Épargne-nous tes discours sur les bienfaits d'une paix à Elysion parce que personne autour de cette table n'y croit ! Sache que nous n'avons besoin de personne pour défendre nos terres ! Que ce soit eux, ou les Sudariens, qu'ils viennent tous ! Nous, vampires, saurons faire face !
- Espèce d'abru… Commença à dire le brun.
Il fut coupé dans son insulte lorsque la main de Carlisle, qui tenait un long spectre fait d'or blanc et de diamants, s'abattit avec force sur le sol carrelé.
- Ma décision est prise. Intervint sa voix forte et résolue. Il faut au moins tenter de rétablir la communication entre les peuples d'Elysion et ses alentours. Peut-être devrions-nous envoyer un messager au Sud pour commencer les négociations ?
- Non ! Il nous déteste ! Affirma Alice, en plissant le nez. Je n'ai pas besoin de mes pouvoirs pour savoir qu'ils ne nous permettront pas de les approcher, et encore moins pour nous écouter déblatérer sur un quelconque complot impliquant un ennemi dont ne connaissons même pas l'identité. Je les entends déjà rire dans ma tête !
Harry comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Les Sudariens, qui se croyaient encore victimes de la tyrannie des vampires, n'allaient certainement pas les accueillir les bras ouverts. Surtout que Jasper, et il n'y a pas si longtemps encore, Edward, se plaisaient à se moquer ouvertement d'eux.
- Envoyez-moi ! Cria-t-il. Ils auront peut-être plus confiance en un messager humain ?
- Très bonne idée ! Dit Jasper, soudainement réjoui. Envoyons-le !
- Non ! Aboya Edward. Es-tu fou ? Humains ou pas, ils n'ont aucune confiance en Harry Potter.
Il fronça les sourcils à ces mots. La surprotection de son amant devenait parfois vraiment pesante. Il voulait qu'il le voie enfin comme le puissant sorcier qu'il était.
- Même s'ils connaissent mon nom, rétorqua-t-il, ils ne connaissent pas mon apparence. Et même si c'était le cas, je connais quelques sorts, des glamours, qui sauront m'aider.
- Pour te faire passer pour qui ? S'agaça encore plus le vampire roux. Écoute, de la même manière que nous avons placé des espions tout autour de leur territoire, eux aussi, doivent avoir trouvé le moyen de nous surveiller. Tu ne sauras pas passer inaperçu parmi eux !
Il ragea en comprenant qu'il était en train de perdre cette joute verbale. Le pire avec Edward était lorsqu'il lui tenait tête.
- Très bien. Grinça-t-il. Je n'aurais qu'à… mentir, ou que sais-je encore, lorsqu'il le faudra. Je ne suis pas aussi faible que tu le crois !
- Mais tu n'es pas non plus un immortel ! Appuya son amant. Arrête de vouloir bêtement te mettre en danger.
- Mais toi non plus tu n'es pas invincible ! Contra-t-il avec hargne. Mais ça ne t'empêche pas de n'en faire qu'à ta tête !
- Certes, mais je reste toujours moins fragile que toi !
Leur dispute avait jeté un silence dans l'assistance qui les avait observés se jeter des piques. Croisant le regard moqueur d'Emmett, et le sourire ravi d'Alice, le brun fut le premier à se reprendre et à admettre sa défaite.
Au fond, s'il ne faisait pas preuve de mauvaise foi, son compagnon avait peut-être raison de ne pas le laisser faire. Le risque était définitivement trop grand.
- Bien. Fit Esmée, en ramenant le calme dans la pièce. Ne nous pouvons pas vraiment compter sur une aide extérieure, et nous n'avons aucune idée de l'identité de nos nouveaux ennemis de l'arrière-Sud. Nous ne savons même pas s'ils sont puissants ou dignes d'intérêt. Dans ce cas, que nous reste-t-il comme option ?
Tous penchèrent la tête pour réfléchir à cette question.
- On n'a pas vraiment le choix. Il va falloir traquer cet ennemi invisible. Dit aussitôt Harry. Puisque nous ne pouvons compter que sur notre seule force, c'est à nous de les démasquer et de les réduire à néant.
Minutieusement, ses paroles furent pesées, examinées, avant d'être approuvées par les autres.
Harry ne voulait laisser aucune chance à ces créatures de l'Haradas. Pour lui, le fait qu'il ait joué avec eux comme un chaton avec une souris le mettait hors de lui. De plus, lui qui passait son temps à défendre les Sudariens, il en avait presque perdu la foi à cause d'eux. Vraiment, c'était impardonnable.
Satisfait d'être devenu un fin stratège, il se frotta mentalement les mains à la perspective de pouvoir un jour se débarrasser de cette nouvelle menace. Peut-être qu'après ça, il pourrait même voir une entente entre humains et vampires se former.
Aujourd'hui, lors de ce grand conseil royal, il estimait enfin avoir fait toutes ses preuves à la famille Cullenus. Tournant la tête vers Edward, il ne se formalisa pas de son visage impassible pour aller se noyer dans son regard chargé d'émotions. Le vampire était fier de lui, et derrière ce contentement, Harry crut voir apparaitre un sentiment encore plus doux et passionnel.
- Nous enverrons dans une semaine une escouade de soldats parcourir les terres de l'arrière-Sud. Décida Carlisle. Ils emprunteront l'océan du centre de Galéas…
- Ces terres sont dangereuses, Carlisle. Cria Alice, en lui touchant la main. Devons-nous vraiment risquer ainsi leurs vies ?
- C'est un mal nécessaire. Fit le roi d'un ton catégorique. Je ne vois pas d'autres moyens pour réussir à débusquer les vauriens qui s'y terrent ! Il prit une expiration et lança un regard doux à sa belle-fille avant de se tourner vers l'assemblée. Mes fils, je vous laisse trois jours pour réunir le nécessaire pour une telle expédition.
Le brun vit les trois princes hocher la tête d'un air sérieux. Étant les commandants des armées de l'empire, il était normal que ce soit eux qui s'occupent de ce type de quête.
- Et en entendant la finalité de cette histoire d'ennemis invisibles, continua d'une voix basse Carlisle, je serais aussi ravi de connaitre tes ambitions futures, Harry Potter. Vois-tu, avec tous ceux dont je dois me méfier, je suis impatient de savoir où va ta loyauté ?
Nouant ses doigts à ceux de son amant sous la table, le sorcier sut que l'heure était aussi venue pour lui d'exprimer ses réelles intentions. Étant donné la manière dont tout Alayis se méfiait de lui et de ses étranges pouvoirs, il devait rapidement trouver une manière de rassurer la famille royale pour éviter de se retrouver avec un autre collier d'Olodora'N autour du cou. Sans ciller, il haussa le menton avant de répondre au roi.
- Si au départ mes sentiments étaient tout autres, aujourd'hui, je sens que mon cœur appartient aussi à votre monde. Fit-il. Je me sens maintenant investie d'une mission que je me dois d'accomplir en restant à vos côtés. Il prit une pause pour donner plus de poids à ses paroles. Si jamais une autre guerre devait éclater, et je sens que cela se rapproche, sachez que je ne resterais pas en arrière. Que je cours vers la mort, ou vers la victoire, si vous intentions visent le bien-être d'Elysion et de ses contrées, je saurais vous rester fidèle.
Sa phrase, sans être un véritable serment d'allégeance, le plaçait du côté des vampires tout en lui laissant une certaine marge de liberté.
- Tu te dis investi d'une mission ? Questionna curieusement Esmée, en l'observant d'un air enthousiaste. Et qu'as-tu de si précieux à nous offrir, Harry Potter ? Hormis ta magie et tes talents d'orateurs… Que penses-tu être capable d'apporter à notre monde ?
Bien qu'il ne le montre pas, Harry vit que tous les autres Cullenus étaient impatients d'entendre sa réponse. Jasper semblait ravi à l'idée de le savoir décontenancé, Alice gigotait curieusement sur sa chaise, Rosalie tapotait la table de ses ongles d'un geste nerveux, Emmett ne souriait plus de toutes ses dents, et le regard de Carlisle semblait vouloir le transpercer de toute part. Seul Edward le fixait avec calme et confiance.
Toussotant, il dut tout de même prendre un moment pour réfléchir à la question tant il avait été surpris. Il était vrai qu'il avait beaucoup d'envies à exprimer et à voir réaliser. Et les paroles d'Edward, lui disant qu'il serait un modèle pour les autres, résonnaient encore fortement en lui.
Il voulait, et il allait changer ce monde.
- Ce que chaque homme, femme, ou enfant veut. Indépendamment de leur nature, de leur origine, ou de leur croyance. Dit-il avec force. J'amène avec moi ce qui réjouit les cœurs et atténue les rancœurs. Ce qui soulève les peuples et les pousse à s'unir sous une même bannière. Ce qui rassure nos corps et éloigne la douleur d'un esprit trop longtemps tourmenté. Ce qui pousse aux miracles et au dépassement de soi. Il prit le temps d'attirer l'attention de tous les vampires de la pièce avant de continuer. J'apporte avec moi de l'espoir.
Un silence dubitatif accueillit ses dernières paroles. Le brun pouvait sentir la présence d'Edward, qui avait lâché sa main pour recommencer à lui caresser la cuisse, lui réchauffer le cœur. Il ne pensait même plus à la présence néfaste de Jasper, et se concentrait totalement sur les réactions des autres Cullenus.
Souriant à Alice, qui avait posé une main émue sur son cœur, il répondit aussi au hochement de tête satisfait de Rosalie. Passant son regard sur Emmett, qui semblait avoir retrouvé sa bonne humeur, il n'osa pas regarder son amant et attendit la gorge serrée la réponse du couple royale.
- L'espoir ? Intervint alors Jasper d'un air pincé. Il nous parle d'espoir… N'est-ce pas l'espoir de nous vaincre qui pousse les Sudariens à braver nos frontières ? N'est-ce pas l'espoir de faire le plus de morts possible à Ahrima qui les a convaincus de ne pas tenter d'arrêter les Arkans ? N'est-ce pas le fol espoir d'installer une paix durable qui nous a déjà conduits à baisser notre garde et qui a couté la vie d'Isabella ? La douleur le rendait irascible, et sa belle apparence d'ange gardien était balayée par son expression d'homme pris dans la démence. Et toi, Edward, n'est-ce pas l'espoir d'une douce vengeance qui t'a poussé à torturer durant toutes ces années ? N'ai-je pas été un bon frère en te soutenant dans tes choix ? T'ai-je tourné le dos lorsque les autres voulaient te laisser sombrer dans la folie ? Dis-moi ce qui a changé !
Le blond avait fini par faire ressortir sa haine en usant de son empathie pour frôler, sans contraindre, tous ceux qui l'entouraient. Perdu dans sa souffrance, Harry vit qu'il semblait ne pas se préoccuper du fait qu'il venait encore de provoquer un esclandre devant ses parents. Jamais encore il n'avait vu à quel point cet homme avait été écorché vif.
Il eut presque pitié de lui.
- Oui. Tu as raison. Calma le sorcier d'une voix apaisante qui le surprit lui-même. Mais c'est aussi ce même espoir qui nous pousse à vouloir un jour vivre dans un monde où chacun se sentira en sécurité, et osera tourner le dos à son voisin. Un monde où personne n'aura besoin de se sacrifier, et où la douleur de l'un sera le souci de tous. Un monde où nous serons capables de protéger un enfant de huit ans afin que les horreurs de la guerre ne lui enlèvent pas toute son innocence. Sa voix se brisa alors que l'image de Nolan envahissait ses pensées. L'espoir en des temps meilleurs où chacun aura le courage de prendre les armes pour défendre ce qui juste. Au lieu de se complaire dans l'hypocrisie et la méchanceté gratuite. Un monde où les forts ne seront pas les seuls à devoir se battre et mourir pour ceux qui se plaisent à trahir et à se cacher. Mais où chaque grain de sable apportera son aide à l'édifice afin que la paix réjouisse enfin nos cœurs. Il repensa aux paroles de Rosalie lorsqu'ils avaient voyagé côté à côte vers Alayis. Je rêve d'un peuple qui cessera de se complaire dans des attaques discriminatoires, mais où chacun se consacrera à des causes justes. Il revit les horreurs qu'il avait vécues à son arrivée à Elysion et la douleur qui émanait de tous ceux qu'il avait rencontrés. Je vous offre l'espoir. L'espoir qu'un jour… je ferais d'Elysion une terre unie !
Le silence qui recevait ses paroles fut presque amical. Tout le monde penchait la tête, et gigotait sur son siège pour percevoir chacun de ses mots.
- Je sais que cet espoir vous anime tout autant que moi. Affirma Harry. Je ne vous dis pas que j'ai déjà la solution à tous vos problèmes, ou que la confiance régnera du jour au lendemain entre les Elysioniens, les Sudariens, et les autres… Je ne dis pas non plus que ce sera facile ! Au contraire. Ce sera long. Pénible. Et douloureux. Il laissa cette idée envahir chaque esprit. Mais ne voyez-vous pas que l'ennemi est à nos portes et se sert déjà de nos faiblesses ? N'est-il pas temps pour nous de prendre en main notre destin ?!
Essoufflé, Harry pensa qu'il n'avait jamais autant parlé en public. Généralement, il ne gardait ces longues phrases que pour Edward, son compagnon et seul confident.
Mais il fallait que les autres sachent aussi ce qui lui rongeait le cœur. Il ne pouvait plus cacher son envie de voir les vampires considérer enfin les autres peuples comme étant des égaux et des alliés. Comment pouvait-il leur faire comprendre qu'il ne voulait plus avoir à faire face à leurs côtés cruels, hautain, et vindicatif ? Il désirait plus que tout voir un jour se former une alliance, douce allégorie de la paix, entre tous les peuples d'Elysion. Alliance qui les permettrait ensuite de faire face à toute autre menace future.
Il voulait les apprendre à ne former qu'un.
Dans le silence de la pièce, il faillit sursauter en voyant Carlisle se relever brusquement de son siège. Le roi plongea son regard clair sur lui, et soudainement, son visage s'épanouit sous un magnifique sourire. Il sembla comme rajeunir alors qu'une aura de bienveillance l'entourait et faisait presque briller sa peau. Jamais encore, le brun n'avait été autant éblouit par la beauté d'un vampire. Même Edward ne lui était pas encore apparu si charmeur, et si bon.
- Enfin, Harry Potter… Fit le roi, toujours souriant, en ouvrant les bras. Enfin, nous nous comprenons.
Ces paroles, à peine murmurées, sonnèrent comme une acceptation. Le sorcier eut l'impression que Carlisle venait en réalité de lui ouvrir les portes de son cercle familial, de lui accorder son entière confiance et sa bénédiction.
- Bienvenue à Elysion. Continua Carlisle. Bienvenue… parmi nous.
Sans voix, il ne prêta même pas attention à Jasper lorsque celui-ci se leva avec fracas pour quitter la pièce. Les mains froides de Rosalie et d'Emmett qui se posèrent sur son épaule avec joie ne le firent même pas frémir. Et la caresse d'Edward dans son dos ne lui tira qu'un délicieux frisson. Il ne pouvait s'empêcher de fixer ce roi, ce père bienveillant, qui serrait contre lui sa femme – dont le sourire rivaliserait de beauté avec celui des plus grandes déesses - et qui le couvait déjà d'attention.
Il venait d'être accepté.
XXXX
Marchant lentement dans l'arrière-cour du palais, Harry admirait d'un air distrait les hauts arbres bien taillés, les belles fleurs aux couleurs chatoyantes, et les grandes statues faites en pierre de Jade.
Un silence confortable et accueillant régnait dans ces lieux.
Soufflant de soulagement en voyant qu'il se trouvait seul en ces lieux, il se réjouit de ne pas avoir à supporter plus longtemps les regards effarés des autres nobles à son passage. Vraiment, cette peur constante qu'il leur inspirait devenait pesante.
Edward avait souhaité rester plus longtemps en compagnie de ses parents, et le brun pensait qu'il ne manquerait pas d'interroger le roi au sujet de cette nouvelle menace qui venait de leur être révélée. Dans son cœur, il comptait sur ses pouvoirs télépathiques et sur sa force de caractère pour obtenir quelques révélations de la part de son père. Car à l'heure actuelle, toutes informations, aussi minimes soient-elle, avaient son importance.
Passant près d'une fontaine, où la statue d'une sirène y déversait de l'eau claire, il pensa que cette cour, qui venait de s'ouvrir sur un jardin, était en train de se transformer en véritable labyrinthe. Ses pas commençaient à devenir plus vifs lorsqu'il croisa enfin une troupe de soldats qui montaient la garde. Les observant, il renonça à leur demander le chemin en apercevant leurs mines inquiètes à l'idée de son approche.
Changeant de trajectoire, il jura en s'enfonçant un peu plus au fond de cet immense jardin. Là, les arbres, beaucoup plus touffus, empêchaient presque totalement les rayons du soleil d'atteindre le sol. Tout en empruntant un chemin bordé de pierres, Harry remarqua la beauté des lampadaires noirs qui éclairaient faiblement sa route. Piqué dans sa curiosité, il longea plus rapidement les bosquets de fleurs aux épines saillantes, et se gorgea de l'atmosphère presque gothique qui régnait à l'arrière du jardin. Il avait l'impression qu'une aura de nostalgie, allant même jusqu'au désespoir, alourdissait le vent qui faisait se soulever les mèches rebelles de ses cheveux noirs.
Tournant à un énième lampadaire, il marqua un arrêt surpris face à l'immense édifice qui se dressait à présent face à lui. Plus qu'une église, le jardin renfermait en son sein un bâtiment décoré de scènes religieuses et militaires, et d'énormes piliers et obélisque de granit.
Retenant un tremblement, le brun pesa le pour et contre afin de décider si oui ou non il devait faire demi-tour. Il se frotta un moment nerveusement les mains, avant de laisser sa curiosité le pousser à franchir l'entrée entourée de colonnade de l'édifice, pour arriver dans une vaste salle éclairée par des milliers de bougies, et décorée de vitraux formant des tableaux de différentes couleurs. Partout y étaient représentés des phénix survolant les contrées d'Elysion, ou encore, voletant au-dessus d'une chute d'eau claire.
Six entrées monumentales menaient à des galeries interminables entourées de hautes colonnes, menaient à des portes en or ouvrant sur ce qui semblait être des antichambres, des lieux de prières, et des catacombes.
Tournant sur lui-même avant de choisir de continuer à explorer les lieux plus en avant, Harry aperçut au-devant de la salle où il se trouvait, un immense orgue blanc, comptant 56 jeux répartis sur 4 claviers et pédaliers, et dont le bois lustré prouvait qu'il devait être bien entretenu par les servantes du palais. S'en approchant, il n'osa pas poser ses doigts sur les touches d'ivoires, et laissa son regard être attiré par un petit corridor qui menait à une large porte en or. Les yeux plissés pour y lire les inscriptions qui y avaient été gravées en Argpal, il y déchiffra une rime : « I Edelhie enwe vany… Auta i Arie…» (Que les étoiles la protègent… Là, où le jour s'est achevé…). Et à cet instant, il réalisa enfin là où il se trouvait.
Il venait d'atteindre la nécropole royale.
C'était ici que les vampires gardaient les tombes de leurs défunts souverains. Ce lieu sacré, et isolé des regards indiscrets, renfermait la dépouille des plus grands rois et reines de la famille Cullenus.
Impatient d'en voir plus, le sorcier posa sa main sur le poignet de la porte d'or avant d'hésiter à pénétrer dans cette nouvelle pièce. En avait-il le droit ? Que se passerait-il si on le surprenait à trainer autour de ces sépultures ? Hésitant une fois de plus, il ne put s'empêcher de continuer son exploration tant sa curiosité avait été éveillée. De toute manière, étant donné qu'il était déjà arrivé ici, il valait mieux aller jusqu'au bout.
Immédiatement, il pénétra dans une autre salle hypostyle comptant plus d'une centaine de colonnes gravées de pierres précieuses, et de majestueux tableau aux moulures dorées. Le plafond, légèrement vouté, était retenu par des grands piliers en ivoire.
Faisant deux pas à l'intérieur de la nouvelle pièce, Harry remarqua la large tombe en marbre, surélevé sur une bonne dizaine de centimètres de hauteur, qui occupait la majeure partie de l'espace. Hypnotisé, il ne put s'empêcher de s'y approcher pour admirer l'impressionnante statue en monolithes de quartz – d'une femme allongée, les yeux clos, la tête ceignit d'un diadème, et les mains jointes sur une épée – qui en gardait l'ouverture.
À la lueur des chandeliers, les diamants et autres pierres précieuses qui comblaient la pièce semblaient chatoyer de mille éclats. L'encens, fraichement allumé, répondait une douce odeur orientale qui troublait les sens.
C'était le tombeau d'une reine.
- Tu cherches la mort, Adan ? Dit une voix froide dans son dos. Si tel est le cas, je n'hésiterais pas à exaucer ton souhait.
Se retournant dans un sursaut, Harry retint une exclamation de surprise en voyant apparaitre Jasper, vêtu simplement d'un ensemble noir et argenté. Le cœur battant la chamade, il se força à prendre un faux air détracté pour l'observer d'un œil méfiant. Que faisait-il ici, à se faufiler comme une anguille ? Il n'osait pas croire que le vampire avait eu l'idée de le suivre jusqu'à l'intérieur de cette nécropole.
Tendu, il ne fit aucun geste lorsque le blond s'avança de quelques pas vers lui. Le poing serré, il sentait déjà sa magie prête à le protéger lorsque son ennemi finit par le contourner – sans lui accorder un regard supplémentaire – afin de venir se poster à genoux devant la seule tombe de la pièce. Incrédule devant ce manque de réaction, il observa les épaules raidies, la tête basse, et l'aura de culpabilité qui entourait le prince de Galyas.
- Ta présence en elle-même est une offense pour elle. Lui lança méchamment le prince. Va-t'en ! Je ne tiens pas à supporter d'autres discordes avec le reste de ma famille.
- Ne dis pas ça comme si c'était de ma faute ! Ragea-t-il. Tu es le seul à avoir créé toutes ces « discordes». Son regard revint à la tombe. Et je ne vois pas en quoi ma présence peut déranger cette… personne… déjà morte.
Il se retint de reculer d'angoisse lorsque le vampire se retourna lentement, trop lentement, vers lui pour le foudroyer de son regard bleu électrique.
- En prenant en compte le fait que tu t'es immiscé, de la pire manière possible, aux côtés de son promis, dit-il pince-sans-rire, je crois au contraire que tu devrais à présent te contenter de baisser la tête et de partir.
Le sorcier allait répliquer que le blond ne connaissait rien de sa relation avec Edward, avant que le reste de son discours ne l'atteigne en plein cœur. Ne venait-il pas de dire qu'il fréquentait le… promis de cette défunte ? Reculant de deux pas, il reçut le choc comme s'il venait de se prendre une gifle en plein visage.
Il n'était pas dans n'importe quel tombeau royal. Il était dans celui de la princesse Isabella Cullenus.
Jamais encore il n'avait eu à faire autant face au fantôme de cette femme. Déjà, il avait dû endurer les confidences d'Edward à son sujet, et maintenant, le destin avait voulu qu'il vienne se perdre dans son tombeau. Quelqu'un là-haut devait vraiment se jouer de lui.
Rageant, il allait suivre le conseil du prince blond et quitter la pièce, avant de changer d'avis à la dernière seconde.
Détaillant la statue de la femme allongée sur la tombe, il fut surpris de n'éprouver aucun ressenti pour cette princesse qui lui était inconnue. Isabella faisait partie du passé de son compagnon, et étant morte, elle ne pourrait jamais venir le lui voler. Non, ce fantôme était condamné à rester prisonnière de ce tombeau dont les pierres en granit ne laissaient échapper qu'un vent froid de nostalgie. Sans pour autant être oubliée, elle ne pourrait pas venir lui réclamer la place qu'il avait durement acquise dans le cœur du prince roux.
Aujourd'hui, il comprenait pourquoi son amant n'avait pas hésité à lui parler de son ancienne fiancée, à cœur ouvert. C'était parce qu'il ne pouvait pas y avoir de concurrence entre eux. Se retenant de se frapper le front face à sa sottise, il comprit qu'il était représentait le présent, et peut-être le futur d'Edward. Il était celui qui se tiendrait à ses côtés, dans ses bras, et à eux deux, ils sauraient transformer Elysion.
Toute la famille Cullenus avait depuis longtemps fait leur deuil de cette princesse au destin tragique.
Observant la forme blottie et abattue de Jasper, il se rendit compte que non, tous les Cullenus n'avaient pas encore fait leurs adieux à Isabella. Et le blond était le seul qui persistait à se laisser hanter par ce fantôme.
- Qu'attends-tu pour t'en aller ? Aboya soudainement le vampire. Ne comprends-tu pas que t'as présence m'insupporte ?
Retenant sa première envie de lui répondre vertement par une insulte, Harry rejoua encore la nuit où son compagnon l'avait enlacé, et s'était lentement ouvert à lui pour lui faire des confidences. Il rejoua en boucle toutes les paroles que ce dernier lui avait dites sur son frère et lui dans la faible lueur d'une bougie vacillante.
À tête reposée, face au visage défait de Jasper, il devait convenir qu'il était temps pour lui d'accorder de lui une chance. Il devait tenter de le… comprendre.
- Vraiment ? Alors, dis-moi pourquoi ? Attaqua-t-il. À t'entendre, on pourrait croire que j'ai moi-même mis fin à l'existence d'Isabella !
- Ne prononce pas son nom ! Ragea le blond en se redressant. Tu n'en es pas digne ! Que ce soit tes mains, ou celles d'un autre, pour moi cela ne change rien au fait que cela reste des humains qui ont commandités sa mort… Des humains… Des animaux… Des traitres… Tout comme toi…
Une moue de dégout déforma les traits d'Harry alors qu'il toisait allégrement Jasper du regard. Il avait sous-estimé à quel point son esprit pouvait être… dérangé.
- Tu es franchement ridicule. Souffla-t-il. Regarde-toi ! À jouer les pauvres âmes en détresse comme si tu étais le seul à souffrir ici. Il se retint de lui cracher à la figure tant sa hargne était grande. Ta cruauté n'a d'égal que la taille de ton ego.
Un sourire satisfait s'étendit sur ses lèvres lorsqu'il vit le corps de Jasper frissonner de fureur tout en lui envoyant des petites vagues de haine. Repoussant une de ses mèches des cheveux de sa frange trop longues, Harry ne s'en laissa pas démonter et avança de quelques pas vers lui. Il était l'heure pour eux deux d'aller jusqu'au fond du problème.
- As-tu la moindre idée de l'importance qu'elle pouvait avoir dans nos vies ? Lui susurra le prince, une lueur dangereuse dans le regard. As-tu la moindre idée de qui elle était pour moi ?
- Non ! Mais va-y crache le morceau, Jasper ! Je suis là pour ça ! Je suis là pour qu'on mette enfin carte sur table !
Le brun se retint de trépigner sur place tant il avait envie de faire réagir le blond. Que ce soit pour se battre, ou pour parlementer, il voulait obtenir une réaction. Son rata un battement enthousiasme lorsqu'il le vit prêt à se redresser pour l'affronter.
Tendu, il s'attendait à recevoir de nouvelles piques, voir une autre attaque empathique, mais à la dernière seconde, Jasper se détourna vers la tombe pour se recueillir.
La rage fit bouillir ses veines en le voyant faire. Il avait l'impression de frapper de toutes ses forces contre un mur en brique sans jamais réussir à le faire céder. Dire qu'Edward comptait sur lui pour comprendre son frère. Comment devait-il s'y prendre si celui-ci demeurait muet ? Déjà, il sentait que les derniers fils de sa maigre patience venaient de se rompre.
- Parle, crétin ! Cracha-t-il. Dis-moi pourquoi tu as tellement de mal à me regarder en face ? Dis-moi pourquoi tu as décidé de faire de ma vie un enfer ? Explique-moi en quoi ta haine est justifiée ? Et en quoi elle permet la mort d'Abel, de Gladys, et de tous ceux que tu as déjà éliminés ! Il suffoquait tellement de colère que sa respiration se fit douloureuse. L'odeur de sang et de mort que tu portes continuellement me dégouterait presque autant que ta démence ! Parle ! Je te dis de parler !
Il ressentait maintenant comme un besoin vital d'entendre les motifs de Jasper. Il devait être confronté à la haine viscérale qu'il éprouvait à l'encontre des humains. Ainsi, il pourrait, non pas forcément le comprendre, mais surtout trouver le moyen de le différencier d'Edward.
Car malgré ce que lui avait dit son compagnon, il voulait se prouver que le côté obscur du prince blond n'était pas dû à un quelconque traumatisme. Non, ce monstre ne faisait que profiter d'une mort pour se complaire dans son sadisme.
À cet instant, Harry comprit qu'au fond de lui, une partie de son être ne voulait pas lui pardonner.
- As-tu déjà sincèrement aimé un membre de ta famille, Adan ? Chuchota finalement Jasper. As-tu déjà éprouvé la douleur de perdre brutalement cet être cher ? Au point même de vouloir à tout prix l'oublier, car son simple souvenir te mettait à l'agonie… Souvenir qui te hante, te tourmente, et ne laisse sur son passage qu'un trou béant dans ton cœur.
Immédiatement, le souvenir de Sirius envahit son esprit, mais Harry se retint de le mentionner.
- Alors pourquoi continues-tu à te torturer ? Demanda-t-il à la place. Tu n'as qu'à la laisser partir. Regarde autour de toi ! Regarde tout le mal que tu fais à ceux qui t'aiment ! N'es-tu pas las de faire pleurer Alice ? Il ne s'agit pas que de moi…
Au contraire coupa le vampire, tu es au centre même de mes problèmes.
Grinçant des dents, il eut vraiment envie de l'envoyer au diable. Il fallait qu'il trouve le moyen de convaincre le blond de ne plus faire une fixation sur lui. Car leur prochaine altercation risquait de lui être fatale. Il le sentait.
- J'étais presque parvenue à oublier Isabella avant que tu n'apparaisses dans nos vies. L'accusa le prince. Avant que tu n'éloignes mon frère de moi, et que tu ne me fasses passer pour le pire d'entre tous.
Le sorcier en riait mentalement. Il n'avait pas du tout eu à intervenir afin que tous voient à quel point le blond était malade et fourbe.
- C'est toi qui as ravivé ma haine des humains ! Continua Jasper. C'est toi qui es arrivé, et qui as voulu tout bouleverser dans mon existence.
Le corps d'Harry se tendit à la vue de la nervosité qui faisait trembler les bras du vampire face à lui. Priant pour ne pas avoir à l'affronter, il prit tout de même la précaution de réunir sa magie.
- Ne me fais pas rire ! L'attaqua-t-il pourtant. À notre rencontre, dans le désert, je me souviens très bien de toi abattant de sang-froid deux hommes innocents. Tu n'as jamais voulu changer, Jasper !
- C'était des rebelles en fuite ! Je ne faisais que remplir mon devoir en les éliminant.
Il aurait pu en vomir tant ces paroles lui blessaient l'oreille.
- Je sais que ma soif de sang aurait pu être étanchée si tu n'étais pas apparu. Rêva Jasper. J'aurais pu… être plus réceptif aux paroles de ma femme.
- Très bien, alors excuse-moi d'exister ! Explosa le brun. Vraiment, dis-toi tout de suite que tu ne m'auras pas avec tes conneries ! Parce que moi, je pense surtout que tu ne fais que chercher un coupable pour camoufler tes crimes. Mais tu ne me tromperas pas !
Il ne pouvait définitivement pas se laisser abuser par cet homme. Tout son être lui criait qu'il était simplement maléfique et qu'il ne pourrait rien en tirer.
En vérité, s'il était encore là à l'écouter déblatérer, c'était parce qu'une seule chose continuait à le déranger.
Il n'arrivait pas à comprendre l'attachement qu'éprouvait Jasper pour la fiancée de son frère. Que s'était-il vraiment passé entre eux ? Était-ce plus que de l'amitié ? Cette pensée amena de nombreux doutes en lui. Toisant Jasper, qui s'était complètement retourné pour l'observer, il n'hésita pas un seul instant à poser franchement ses questions.
- Étais-tu amoureux d'elle ? Demanda-t-il de but en blanc.
- Quoi ?
- Isabella. La fiancée de ton frère… Étais-tu amoureux d'elle ?
Le long silence qui s'éternisa entre eux sembla comme glacer l'air ambiant. Trépignant, Harry observa d'un mauvais œil lorsque le vampire se redressa pour commencer à faire les cent pas. Il n'aurait su s'il était énervé, ou surpris par sa question.
- Vous, les humains… Marmonna Jasper. Vous avez vraiment un esprit tordu.
- Contente-toi de répondre !
Il n'avait aucune envie de jouer ou de l'entendre dénigrer les humains. Il lui demandait juste d'être honnête jusqu'à la fin.
- Oui. Je l'aimais. Admit le prince d'un ton plat. Mais d'un amour strictement fraternel, Adan. Car mon cœur n'appartient qu'à Alice.
Le soulagement qui étreignit Harry se manifesta par une longue expiration. Il ne se sentait absolument pas capable de gérer un triangle amoureux.
Toutefois, le mystère restait entier à ses yeux. Quel pouvait bien être la relation qui unissait Jasper à Isabella ? Il devait comprendre pourquoi l'homme abattu en face de lui se sentait si concerné par cette perte.
Sa question du se lire sur son visage, car le vampire arrêta de faire les cent pas pour se poster face à lui. Ses yeux bleus qui n'exprimaient habituellement que le mépris se chargèrent de douceur et de nostalgie.
- Isabella… Bella a perdu sa famille lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant. Raconta-t-il. Ses parents ont malheureusement été les premiers à tomber au début de la Grande Guerre. Son regard se troubla comme s'il revivait ce fait. Esmée n'a pas eu le cœur de la voir livrer à elle-même, et, par chance, étant donné qu'elle était de très haute noblesse, mon père a immédiatement accepté de l'adopter comme première fille. Un sourire illumina ses traits à ces souvenirs. Elle était si méfiante, presque sauvage, avec nous les premières semaines… J'étais le seul à pouvoir l'approcher et à la détendre grâce à mon empathie. Elle pouvait passer des heures, la tête posée sur mes cuisses, à se gorger de mes ondes de quiétude, tout en m'écoutant me plaindre de mes frères. Il rit franchement à ces mots. Sans être une sœur de sang, elle est très vite devenue notre sœur de cœur.
Le sorcier pouvait presque revoir ces scènes dans sa tête. Il voyait clairement une petite fille aux longs cheveux, accrochée à un petit garçon blond, qui lui faisait des grimaces à ses deux frères, occupés à se chamailler au fond de la pièce.
Sans savoir pourquoi, sa gorge se noua et son cœur se serra à cette vision. Il n'était plus vraiment sûr de vouloir en entendre plus.
- Les années ont filé presque trop rapidement, et nous sommes restés tous les quatre inséparables. À l'époque, nous vivions encore tous ensemble à Alayis comme une véritable famille. Expliqua toujours Jasper. Chaque nouveau jour amenait son lot de rires, de courses-poursuites, de disputes, et de bêtises en tout genre… Son regard se riva alors dans celui d'Harry. Puis Edward et Bella ont lentement commencé à passer beaucoup plus de temps ensemble. Et Emmett et moi n'avons pas tardé à être mis de côté devant ce tout nouveau couple qui se formait.
Ce salaud, pensa le brun. Il ne pouvait pas s'empêcher de tenter de le faire souffrir. Déjà, il ne parvenait pas à retenir les frissons de son corps à la pensée de son amant s'accrochant aux bras d'une femme aux traits inconnus.
Lui qui pensait ne pas pouvoir être jaloux du fantôme d'Isabella… Il avait encore du travail à faire sur ça.
- Je me rappelle encore du visage de ma sœur, de Bella, dit le vampire, lorsqu'elle est venue me voir pour me montrer la bague que lui avait offerte Edward. Ses yeux se troublèrent un trop court instant. Son sourire éclatant, son rire cristallin, et ses paroles à mon encontre : « Lorsque tu trouveras aussi quelqu'un, je te promets d'être toujours là pour elle. Je serais sa meilleure amie. Et je jure que je la soutiendrais, comme tu as su me soutenir ! ». Et elle la fait.
Ravalant son amertume, Harry se dit qu'il avait été celui qui avait voulu entendre toute la vérité. L'avantage était que maintenant il connaissait toute l'histoire. Il savait pourquoi Jasper se sentait si perdu, et il pensa à combien Alice avait dû être affectée.
- Plus tard, notre père a commencé à faire un peu plus peser sur nous nos devoirs en tant que prince. Et si Emmett est un guerrier né, moi, j'ai toujours été un bon stratège. Se vanta presque le vampire blond. Par ce fait, on m'a rapidement confié la protection du palais et de ses résidents. Avant que cette responsabilité ne s'étale à toutes les contrées bordant Alayis.
Le sorcier vit la fierté de Jasper à ce souvenir s'éteindre face à un rappel beaucoup moins agréable. Un froid sembla le saisir sur place tant son corps se glaça.
- Le jour de sa mort… Le jour de l'attaque… C'était normalement à moi de garantir sa sécurité. Fit-il. Mais, j'étais tellement occupé par toutes les villes détruites par les rebelles, que j'ai envoyé pratiquement toute notre garde apporter leur aide aux contrées les plus lointaines. La sécurité à Alayis en était affaiblie, mais je savais que nous ne risquerions rien tant que nous ne sortions pas à l'extérieur. J'étais tellement jeune, inexpérimenté, et bête ! Un air effroyable défigura son visage. Personne ne l'a vu se faufiler hors du palais… Mais j'aurais dû le prévoir ! Bella n'a jamais trop aimée être enfermé, et la guerre ne lui faisait absolument pas peur. Ce jour-là, elle devait avoir ressenti l'envie de se promener, de prendre l'air… Elle était tellement insouciante…
- Ce n'était pas ta faute. Coupa Harry. Tu l'as dit toi-même. Elle est sortie sans en avertir qui que ce soit ! Que ce soit toi, ou Edward, aucun de vous n'aurait pu empêcher cela. Il se surprit à ressentir de la tristesse, beaucoup de tristesse. Sa mort n'a été causée que par la malchance… Il n'y a pas de coupable ici, Jasper.
Il eut à peine le temps de finir sa phrase avant que le vampire n'apparaisse brusquement face à lui. Sentant sa respiration saccadée sur sa joue, le sorcier affronta bravement son regard empli de venin.
- Bien sûr qu'il y en a un ! Les humains ! Voilà les coupables ! Aboya Jasper. C'est ta race qui a tendu cette embuscade pour l'abattre ! C'est vous qui l'avez martyrisée, blessée, puis lapidée comme un animal. Ce sont les gens de ton espèce qui m'ont enlevé ma sœur…
Ne reculant pas devant cette avalanche de mépris, Harry défia encore plus du regard son ennemi. Il se sentait prêt à en découdre avec ses poings s'il fallait en arriver là.
Ses accusations, plus agaçantes que blessantes, ne le touchèrent pas plus que ça. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'on le blâmait pour quelque chose qu'il n'avait pas fait. Au contraire, le discours de Jasper, et ses réactions semblaient faire résonner en lui des souvenirs similaires.
Penchant la tête sur le côté, il réalisa enfin à qui le blond le faisait penser. Peut-être devait-il à son tour commencer à se décharger de sa peine ? Cela lui semblait approprié.
- Je crois que je viens tout juste de réaliser, commença-t-il à dire, à quel point on se ressemble. Son regard se troubla. Dans ma vie, avant d'atterrir à Elysion…
- T'ai-je laissé croire que ton histoire m'intéressait ? Ragea Jasper en se détournant.
- Avant d'atterrir à Elysion, j'étais tout aussi détruit de l'intérieur. Continua-t-il, comme s'il n'avait pas été interrompu. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi autant de gens mourraient autour de moi. Pour moi ! Ça me rendait malade de penser que j'avais échoué dans mon envie de les protéger.
Plongé dans ses pensées, il ne prêta pas attention au vampire lorsque celui-ci le contourna pour gagner la porte de sortie.
- À cette époque, il m'était devenu douloureux de vivre. Avoua-t-il. Parce que j'étais torturé par ce sentiment.
Dans son dos, Jasper venait de freiner sa course. Et il eut un rire sans joie. Il ne pouvait que se moquer de cet ancien lui, tellement naïf et désespéré.
- C'est ce même sentiment qui te hante aussi, Jasper. Cela t'envahit tel une pensée, une idée, une triste réalité… C'est ce sentiment qui te ronge et qui te fait croire que tu mérites un châtiment à la hauteur de ton crime. C'est de la culpabilité.
Il ne bougea pas d'un pouce lorsque la présence du vampire dans son dos se fit menaçante.
- Merlin sait à quel point je me sentais coupable à l'époque… Et même aujourd'hui encore lorsque j'y repense trop… Coupable, Jasper… Coupable d'être né le mauvais mois, la mauvaise année, et d'être devenu un putain d'élu. Coupable de savoir que ma mère et mon père ont dut donner leur vie pour moi. Coupable d'être différent aux yeux des Dursley. Fit-il tout en retenant son hystérie. Coupable de la mort de nombreux amis. Coupable de la mort… de mon parrain. Coupable de toujours survivre à ceux que j'aime !
Il avait l'impression d'être encore cet Harry, maigre et mal dans sa peau, qui se battait pour ne pas flancher.
- Les gens comme nous avons tendance à nous enchainés, n'est-ce pas ? Comme si la douleur était notre seul exutoire.
Le cœur lourd, il ne réagit pas lorsque les mains froides du vampire se posèrent sur ses épaules pour le retourner. Ses yeux verts ne tardèrent pas à observer chaque tic nerveux de l'homme défiguré face à lui.
- Ça n'a aucun rapport. Aboya le prince blond. Nous ne nous ressemblons pas ! Moi, j'ai déjà trouvé mes coupables ! C'est les humains ! C'est toi !
- Oui, c'est vrai. Tu as trouvé la meilleure manière de te mentir. Et c'est pour ça que tu déchaînes ta haine contre nous. Parce qu'il faut bien que tu libères cette rage, ce désespoir, et cette culpabilité contre quelqu'un, n'est-ce pas ?
Le sorcier lui fit un autre sourire sans joie sans tenter de se défaire de la prise sur ses épaules. Il fallait qu'il aille au fond des choses pour bien lui faire comprendre. Prenant une longue inspiration pour faire passer la boule d'angoisse qui menaçait de l'étouffer, il reprit ses explications.
- Que vois-tu à travers moi, Jasper ? Cria-t-il presque. Qui méprises-tu derrière chaque humain que tu croises ? Il retint à temps un sanglot. En les blessant, dis-moi qui tu tues encore et encore ?!
Lentement, il sentit les doigts serrés de Jasper le libérer de son étreinte alors que celui-ci s'éloignait de lui comme s'il s'était brûlé.
- C'est la punition que tu as choisi toi-même de t'infliger. Asséna-t-il. Chaque vie que tu prends te meurtrit un peu plus, et chaque larme versée par Alice te repousse à chaque fois au bord du gouffre. Je connais tes pensées comme si elles étaient miennes : « Je ne mérite pas d'être heureux, car elle ne l'est pas ! Je ne mérite pas l'amour, car elle ne le ressent pas ! Je ne mérite pas d'avancer, car elle ne le peut plus ! Alors je vais tuer en son nom pour ma rédemption ! » Mais réveille-toi un peu, parce que ça n'ira jamais bien si tu continues comme ça.
Cherchant en à croiser son regard, il sut qu'il venait enfin de toucher le cœur du problème et de briser tous les murs qui les séparaient.
- Je t'aurais donné ma vie, si j'avais été certain que cela te soulagerait. Admit-il. Mais cela ne t'empêcherait pas de revoir au travers d'autres humains une preuve de ton incapacité à sauver... ta sœur.
Le regard blessé que lui envoya le prince blond le fit chanceler. Il ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie. Il voulait juste le faire comprendre à son tour quelque chose de vital.
- Pour t'aider, blâme-moi autant que tu le veux, car j'ai les épaules assez larges pour le supporter, Jasper. Et sache que lorsque tu seras prêt à tourner la page, tu n'auras pas besoin de venir me demander mon pardon. Parce qu'il t'a déjà été accordé.
Cette fois, le brun fut celui qui contourna le vampire pour gagner la porte. La main sur la poignée, il s'arrêta un court instant pour faire une dernière demande.
- Dépêche-toi de te libérer de tes entraves, finit-il, je ne supporte plus de voir pleurer Alice.
Le bruit que fit la lourde porte en or en se refermant dans son dos sonna comme le glas d'un nouveau départ. Il ne venait pas seulement de libérer Jasper, mais aussi de décharger d'un poids. Il avait fallu qu'il atterrisse à Elysion, qu'il rencontre les Cullenus, et qu'il supporte tant d'épreuves pour enfin arriver à mettre un trait sur son propre passé. Maintenant, il pouvait avancer plus sereinement dans sa vie.
Pensant à Jasper, il se dit qu'Edward avait eu raison sur une seule chose : comprendre quelqu'un, c'est pouvoir lui pardonner.
Pris dans ses pensées, il remarqua à peine qu'il avait définitivement quitté les abords de la nécropole royale pour rejoindre le beau jardin aux fleurs paradisiaques. Rejoignant l'arrière-cour, il passa près d'une fontaine et s'arrêta pour s'asperger le visage d'eau claire. Immédiatement, il eut l'impression que les gouttelettes froides qui coulaient le long de son menton prenaient avec qu'elles les dernières affres de son chagrin.
Se forçant à afficher un air neutre sur son visage, il allait reprendre son chemin vers l'intérieur du château, lorsqu'il sentit deux bras le saisir par-derrière. Trop surprit, il laissa son agresseur le bâillonner avant qu'une main froide ne recouvre hâtivement ses yeux. Pressé contre un torse dur, il ne tarda pas à se trouver dans l'incapacité à se libérer.
Se faisant trainer vers une destination inconnue, il commença enfin à réagir en se débattant contre la poigne qui le maintenant fermement prisonnier. Abattu devant la force de son attaquant, surement vampire, il rassembla mentalement sa magie dans l'attente d'une attaque. Il ne comptait absolument pas laisser la peur qui l'étreignait déjà le paralyser plus longtemps. Qui que ce soit, il regretterait ses actions.
Non, mais c'était quoi ce plan ? Était-il vraiment en train de se faire kidnapper ? Incroyable…
À SUIVRE.
J'AI ATTEINT LES 300 REVIEWS ! XD Merci à tous/toutes de me lire, de me suivre dans cette aventure, et de me laisser un petit mot gentil.
