Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
mitub : Salut ! Merci à toi de me laisser des reviews. Ça fait plaisir de savoir que tu me suis sur cette fic. Et je t'assure, ça me motive vraiment :3. Sinon, bien que Jasper et Harry aient enterré la hache de guerre (en tout cas, ils commencent à le faire lol), il faut encore que j'explique son kidnapping. Ah la la… Je trouvais que le faire enlever à ce moment précis était ma meilleure idée lol (sadique un jour, sadique toujours… XD). En tout cas, j'espère que ce nouveau post te plaira et te surprendra. Biz.
Black Shooter : Coucou ! Merci pour ton gentil com. J'espère te plaire avec ce nouveau chapitre ! D'ailleurs, tu verras que le kidnapping d'Harry cache bien des surprises XD. Biz.
siriushoshi : Ah, tu vas voir dans ce chapitre que j'ai vraiment tenté de ne plus être aussi sadique. Ce petit kidnapping va faire très plaisir à notre cher Harry. En plus, en citant Edward, je dois avouer que tu m'as grillée d'entrer de jeu lol. Je te laisse découvrir ce post. Bisouxxx.
Alessa Lilly Petrova : Salut ! Eh non, je ne t'ai pas oubliée. D'ailleurs, je suis toujours ravie de lire tes reviews. Et ne t'inquiète pas, je comprends que tu ne puisses pas toujours avoir le temps de m'en laisser une. Tu sais, tu as raison en parlant du mauvais karma d'Harry. C'est pour ça que pour ce chapitre j'ai décidé de me montrer un peu plus gentille avec lui. Enfin, aussi gentille que me permette mon sadisme naturel… XD. Je te laisse apprécier ce nouveau chapitre. Bisouxxx.
Osmose : Coucou ! Merci pour ta gentille review. J'espère que tu aimeras découvrir la suite de l'enlèvement d'Harry. Biz.
marmelade3912 : Merci pour ta review. C'est un vrai plaisir de te compter parmi mes lecteurs. C'est vrai que mon sadisme est ma marque de fabrique, et que j'en use et abuse XD. Promit, je vais tenter de faire des efforts lol. Allez, je vais tout dévoiler dans ce nouveau post sur le fameux kidnapping d'Harry. Je te laisse découvrir tout ça ! Biz.
Keur2louve : Salut ! Merci de m'avoir laissé un com. Allez, je mets fin à l'attente pour révéler l'identité du « kidnappeur » d'Harry. j'espère te surprendre ! Bisouxxx.
shiniyaoi27 : Ah ah… Non, je n'en dirais pas plus sur le lien qui unit Edward à Harry, mais je peux tout de même dire que tu chauffes lol. Pour le kidnapping d'Harry, en fait, tu avais déjà trouvé le responsable lol. Edward, ce coquin… D'ailleurs, j'ai adoré aussi raconter comment il caressait Harry sous la table, en présence de toute sa famille. Le côté pervers lui va trop bien, tu ne trouves pas ? Pour Sirius (j'adore aussi ce personnage), je ne sais pas encore s'il va faire son arrivée dans la fic. Je veux d'abord « consolider » le couple E/H avant toute chose. Pour le possible triangle amoureux E/H/Bella, tu as bien vue. Morte ou pas, il va falloir que nos deux tourtereaux aient une franche discussion à ce sujet. Surtout que Jasper a déjà mis les feux aux poudres avec ses révélations ! Allez, en attendant, je te laisse découvrir la suite du kidnapping d'Harry dans ce nouveau chapitre. Bisouxxx.
Guest : Merci pour ta review. Ouah, je suis ravie si je t'ai touchée avec mon dernier chapitre. J'ai vraiment tenté d'y mettre le plus d'émotions possible. Mais bon, à la fin, il fallait tout de même que je revienne à mon premier amour : le sadisme lol. J'espère que cette suite aussi te plaira ! Biz.
Ange29b : Salut ! Merci pour ton gentil com. Je suis contente d'avoir marqué la surprise avec le retour d'Abel, et j'espère vraiment faire pareil avec ce nouveau chapitre. Car le kidnappeur d'Harry lui réserve beaucoup de surprises lol. Je te laisse découvrir cette suite ! Biz.
Charlène : Eh oui, je me suis dit qu'il était temps qu'Harry et Jasper arrêtent de se bouffer le nez lol. Cette petite discussion est un bon début. Allez, je lève le voile aussi sur l'enlèvement d'Harry. Et je suis sûre de te surprendre ! Bisouxxx.
Patte-de-Neko : Coucou ! Je pense que tu vas rire en découvrant qui était « l'abruti » qui a tenté de kidnapper Harry lol. Pour le lemon, je vais vraiment en écrire un, et je rougis d'avance, car ce sera mon tout premier lemon. Je ne pense pas utiliser de sextoys de peur de faire fuir notre trop prude petit Harry lol. Mais plus tard… Tu n'aurais pas des idées lol ? En tout cas, je te remercie pour tous tes conseils, car j'ai maintenant hâte d'attaquer l'écriture du lemon. Je vais tenter d'y mettre le plus de finesse possible, mais si c'est nul, ne le dit surtout pas lol. Bon, pour Jasper et Harry, ils sont bien partis pour se calmer. Enfin, dès que Jasper arrêtera de se flageller pour la mort de Bella. Alors en attendant, je te laisse découvrir les joies du kidnapping avec Harry XD. Bisouxxx.
Guest2 : Me revoici avec la suite ! J'espère que tu aimeras ! Biz.
Drayy : Eh oui, c'est le début de la paix pour Harry et Jasper. Et en attendant que ça se tasse entre eux, je te laisse découvrir la suite du kidnapping d'Harry. Une chose est sûre, t'as raison de dire que le pauvre doit vraiment avoir marre qu'on l'agresse et qu'on cherche à le tuer lol. Bisouxxx.
kitsune972 : Merci pour ton com. C'est vrai que Jasper à été touchant avec Harry (pour une fois lol) et ils ne se sont pas trop battus. Mais bon, il reste encore l'enlèvement d'Harry à expliquer lol. Je te laisse découvrir la suite dans ce chapitre ! Bisouxxx.
Yume-cry : Oh, quelle perverse lol ! Ne t'inquiète pas, je vais encore devoir jouer ma sadique, mais promis, après Harry passera à la casserole XD. Je pense qu'ils sont assez chauds pour passer le cap maintenant. En attendant, je te laisse découvrir l'identité du kidnappeur d'Harry en espérant te surprendre encore. Bisouxxx.
Cello-no-Tenshi : Coucou ! Pour le happy-end, j'y réfléchis encore lol. Ça risquerait de nuire à ma réputation de sadique XD. En tout cas, je suis un peu comme toi : je n'ai jamais beaucoup apprécié le personnage de Ginny, du coup, je me défoule un peu. Allez, je te laisse lire ce nouveau post en espérant qu'il te plaira. Biz.
nouritcha-sushine : Salut ! Merci pour ton com. Oui, il était grand temps que Jasper et Harry s'expliquent les yeux dans les yeux. Et même si ce n'est pas la fin de la guerre, c'est au moins un début lol. Alors tu penses qu'Isabella est toujours en vie ? Je dois avouer que ton idée est intéressante. En tout cas, tu avais raison sur l'identité du kidnappeur d'Harry. Je te laisse lire ce nouveau chapitre ! Bisouxxx.
Perline : Coucou miss ! Merci beaucoup pour ta review. Je l'ai relu plusieurs fois, car elle m'a bien aidée pour comprendre ce que je devais faire passer comme émotion dans un lemon. Je dois avouer qu'écrire une scène d'amour m'a toujours paru difficile et rébarbatif : préliminaire – action – fin – dodo. Mais maintenant, j'ai compris que je pouvais tenter de jouer sur les sentiments, les sensations pour rendre l'action moins graphique, et plus harmonieux. En plus, comme me l'a conseillé Patte-de-Neko, je peux aussi compter sur les endroits pour varier tout ça. Après tout, qui a dit que l'amour ne se faisait que dans un lit lol ? Sinon, je suis heureuse de savoir que j'ai atteint mon but dans la description des terres d'Elysion. Je voulais vraiment combler tous ces vides. Pour les ombres de l'arrière-Sud, je dirais que les Volturi ne sont pas les seuls dans la partie ! Et pour les discours d'Harry (face au roi et avec Jasper), je n'arrêtais pas de m'emmêler les pinceaux lol. Alors je suis ravie d'avoir pu te faire tout de même ressentir autant d'émotions. Sinon pour le kidnappeur d'Harry, je vois que tu as bien analysé les faits. Bon, tu ne vas pas être trop surprise alors en découvrant l'identité du responsable dans ce nouveau post. En tout cas, j'espère que tu apprécieras tout ça ! Bisouxxx.
Harry-Snape-Malfoy : Salut ! J'ai beaucoup aimé ta review. Je sens que tu vas apprécier découvrir l'identité de ce « con » lol qui a enlevé Harry. C'est vrai que ce n'est pas le moment de lui faire vivre des tortures le pauvre lol. Par contre, pour le lemon avant le départ pour la guerre… Tu vas surement vouloir me tuer XD ! Je voulais le faire, puis mon sadisme a pris le dessus… Bon, je vais me faire petite et te laisser découvrir ce nouveau post lol. Bisouxxx.
elodie Nina : Ouah, j'étais très contente de lire que mon dernier chapitre t'avait tiré quelques larmes. Moi aussi je suis une grande sentimentaliste (lorsque je ne joue pas les sadiques lol). Sinon, tu vas être ravie de découvrir l'identité du kidnappeur d'Harry. Je te laisse lire ce nouveau post ! Bisouxxx.
Jess : Salut ! Merci de m'avoir laissé un com. Je suis contente de t'avoir convaincu d'apprécier le personnage de Jasper. Pour une fois que c'est lui qui va jouer les torturer lol. Allez, je te laisse lire la suite avec ce nouveau chapitre ! Biz.
Chapitre 26 : Entre joie et mélancolie.
Un délicat parfum.
Mélange subtil de l'odeur boisé de la rosée du matin et du musc naturellement viril d'une peau très froide. Et de doux effluves, presque trop sucrés, accompagnaient une haleine fraîche et agréable.
Bien avant de pouvoir penser à se défendre, lui qui se faisait toujours entrainé plus loin dans les couloirs du château d'Alayis, ce fut cette merveilleuse odeur corporelle qui interpella Harry. Détendant son corps, un sourire envahissant ses traits, il se laissa gentiment entrainer par son « kidnappeur », qu'il venait enfin de reconnaitre.
- Tu trouves ça drôle ? Marmonna-t-il sous les doigts pressés contre sa bouche. J'aurais pu t'attaquer.
- Et j'aurai su me défendre !
Sous la pression d'une main, il tourna à un embranchement pour sentir presque immédiatement la chaleur du soleil réchauffer sa peau. Les sourcils froncés, il avança à petits pas alors que les rayons se faisaient plus marquants à mesure qu'il semblait quitter l'enceinte du palais. Déjà, il pouvait comme percevoir le bruit de pas des nobles qui s'écartaient de son passage en silence.
- Ok. Fit-il en libérant totalement sa bouche. On arrête là ! Tu crois vraiment que c'est le moment de se faire remarquer ?
- Tu sais bien que je me moque du regard des autres. Gronda une voix grave à son oreille droite. Et je te trouve un peu trop bavard pour un prisonnier ! Laisse-toi faire !
Réticent, le sorcier se laissa pourtant entrainer tout en prêtant une véritable attention aux bruits environnants. Le bruit de talons qui se dépêchaient de se mettre sur le côté pour leur faire de la place le faisait se tendre.
Il savait qu'il ne risquait rien en compagnie de son kidnappeur, toutefois, il se sentait affreusement mal à l'aise en sentant la présence d'autres personnes autour de lui. Personne dont il ne pouvait même pas voir le visage.
Il ne pouvait pas se détendre.
Il gardait en mémoire que la tour qu'il avait détruite le soir du bal était beaucoup trop marquée dans les esprits pour qu'il se comporte avec insouciance. Et même si les Elysioniens n'avaient pas encore montré une quelconque envie de s'en prendre à lui - au contraire même – il ne pouvait pas s'empêcher de toujours rester sur ses gardes.
Dans cette situation, devoir se plier aux exigences de son ravisseur en marchant ainsi à l'aveugle devenait une épreuve.
- Laisse-moi voir où on va. Dit-il en tentant de repousser la main toujours posée devant ses yeux. Je te promets de te suivre sans faire d'histoires.
- Non, tu ne verras rien ! Sois conciliant pour une fois !
Rangeant son frein, Harry suivit docilement le mouvement jusqu'à percevoir le bruit d'ouverture des grilles en fer forgé de la cour royale. Quittait-il totalement le palais ? Mais pour aller où ? Il se retint avec peine de protester une nouvelle fois afin de mieux comprendre ce qu'il se passait.
Le galop d'un cheval lui parvint à cet instant très clairement, ainsi que les grincements du carrosse qu'il devait trainer derrière lui. Le convoi s'arrêta à quelques mètres devant lui et il sut d'instinct qu'il allait devoir y prendre place.
- Tu m'emmènes vraiment hors du palais ? Demanda-t-il sans y croire. C'est sérieux ?!
- Chut ! Tu verras bien !
Levant la jambe à l'aveugle, il se pressa d'embarquer au bord du carrosse dont les lourds rideaux empêchaient presque totalement les rayons du soleil de pénétrer. Caressant d'une main le tissu soyeux de la banquette où il s'était assis, il souffla d'exaspération devant la persévérance de son kidnappeur qui s'était débrouillé pour monter en même temps que lui, tout en gardant une main sur ses yeux. Il n'allait même pas pouvoir profiter du voyage.
- Je ne suis pas vraiment d'humeur pour une escapade. Fit-il en repensant à sa discussion avec Jasper. Ne peut-on pas remettre ça à plus t…
- Non ! J'ai justement choisi le meilleur moment.
Se résignant, tout en se collant contre le corps près de lui, il tenta de ne pas laisser les souvenirs du tombeau l'envahir. À trop vouloir connaitre les raisons de la haine de Jasper, à trop courir derrière le fantôme d'Isabella, il avait maintenant l'impression de s'être brûlé les ailes.
Jamais il n'oublierait ce qu'il avait vu, entendu, ou apprit.
Chassant ces pensées, il fut étonné de la courte durée du voyage, et se redressa de curiosité en entendant le cocher qui les accompagnait tirer fortement sur les rênes du cheval qui trainait leur carrosse. La porte de la diligence s'ouvrit presque aussitôt pour laisser entrer un petit rai de lumière.
Éloignant définitivement Jasper et ses tourments de son esprit, ce fut presque avec enthousiasme qu'il se pressa de descendre du convoi. Les yeux toujours aveuglés, il se gorgea du bruit que fit le cocher en repartant, avant de commencer à faire quelques pas en avant, poussé par son ravisseur.
Déjà, il pouvait percevoir au loin le brouhaha d'une foule. Des cris, des rires, des grognements… Plus il avançait, et plus les sons semblaient vouloir se mélanger autour lui.
- Et voilà ! Sourit enfin Edward en enlevant sa main de ses yeux. Aujourd'hui, je vais te faire découvrir les plaisirs de mon monde.
Le brun allait franchement demander des explications lorsque ses yeux s'ouvrirent de surprise face à la vue qui s'offrait maintenant à lui.
Oui, il avait définitivement quitté les alentours du palais royal pour gagner le centre de la ville d'Alayis.
Face à lui s'étendait sur plusieurs rues un immense marché dont les étals en bois proposaient des produits allant de la viande, à l'alcool, aux bijoux, voire même aux peintures. Des animaux en liberté couraient en tous sens, pourchasser par leur propriétaire. Les rues pavées étaient encombrées par l'avancée des auvents, l'encorbellement des maisons, les enseignes pendantes et par tout ce que les citadins trouvaient bon d'y entreposer.
Les magasins, les ateliers, les armureries, et les casernes étaient ouverts sur la rue, et faute de place, plusieurs artisans exposaient librement leurs produits sur la chaussée.
Dans ce mélange haut en couleur et en fragrances, on pouvait apercevoir qu'un certain ordre y avait été bien établi. En effet, les boutiques et les ateliers situés au bas des maisons qui laissaient apercevoir des ouvriers travaillant devant les passants regroupaient les travailleurs d'un même métier dans la même rue. Les tailleurs, les barbiers, les bouchers, les tonneliers, les fourreurs, les tisserands… Tous restaient bien groupés entre eux.
- Tu es sûr que c'est bonne idée. Fit Harry, toujours ébahi par la cité qui s'offrait à lui. Je ne voudrais pas créer… une émeute.
Il se rappelait parfaitement des regards des Elysioniens à son arrivée à Alayis, ainsi que du scandale qu'il avait provoqué en détruisant une des tours du palais. Il ne voulait surtout pas avoir à se confronter à l'énervement d'une foule aussi compacte.
- N'ai crainte. Lui souffla Edward. Tu es avec moi.
Il avait dit cette phrase comme si elle résolvait tous les problèmes que le jeune homme pouvait bien se poser.
- Ici, parmi ces gens, personne ne cherchera à te faire du mal. Pas après que Carlisle t'ait accepté nos côtés. Continua le prince face à son air sceptique. Ils ne sont en rien semblables aux nobles, Harry. Il eut un rire convaincant tout en levant les yeux au ciel. Et puis, il va bien falloir qu'ils s'habituent à ta présence !
Légèrement rassuré, les yeux brillants d'excitation, Harry se tourna une dernière fois vers son compagnon pour lui lancer un sourire chaleureux avant de s'aventurer plus en avant dans les rues.
Il vit certaines personnes se retourner sur son passage, chuchoter entre elles, avant de reprendre leur activité. Étonné, il se rendit compte qu'ici, parmi le simple peuple d'Elysion, les gens ne le craignaient ou ne le détestaient pas autant que les nobles de la cour. Passer la surprise de sa présence parmi eux, les citadins regagnaient leurs sourires et leurs marchandages. En réalité, ils semblaient même être plus intimidés par la présence d'Edward, qui s'était rapidement fait entourer par une foule de femmes lui offrant divers cadeaux, que par la sienne.
Faisant un clin d'œil au vampire, qui se faisait maintenant accoster par les marchands, il se détourna pour parcourir le marché qui s'étendait devant lui.
Le chemin était empli de colporteurs, d'artisans itinérants, de voyageurs, et d'étudiants… Il prit le temps de tous les observer avant que son regard ne se pose avec attention sur des pèlerins qui sortaient de chez l'aubergiste situer au coin d'une rue pour venir participer au marché. De tous côtés, de petits traiteurs, ou des marchands ambulants proposaient aux passants poêlons de tripes, pâtés de viandes, écrevisses, tortues, saucisses, gaufres ou petits gâteaux…
Plus loin sur sa gauche, il crut apercevoir une petite place où trônait une fontaine d'eau claire, et où plusieurs enfants s'y entassaient pour jouer à la toupie, à la marelle, ou pour s'y faire des petites nattes.
S'avançant de quelques pas, il finit par s'approcher curieusement d'un étal, tenu par une très vieille dame au sourire amical, il toucha avec curiosité les fruits – rouges et piquants - qu'elle avait à proposer. Intrigué, il se dit que même lui qui avait fréquenté les cuisines d'Efryn n'arrivait pas du tout à reconnaitre ces produits.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il en saisissant un fruit. Je n'en ai jamais vu.
La vieille femme rigola d'une voix faible avant d'attraper un petit couteau pour lui ouvrir le fruit et le lui tendre d'un geste engageant.
- Allez-y, enfant. Dit-elle. Goûter ! C'est de la Félis.
Mirant la chair tout aussi rouge et jeteuse du fruit, Harry y gouta tout d'abord du bout de la langue avant d'y croquer plus franchement. Un gout sucré et épicé envahit sa bouche et il ferma les yeux de délices.
- Est-ce que ça pousse ici ? Fit-il avec envie. Je crois que je vais devenir accro.
- Désolé de te décevoir, mais la Félis ne pousse que dans les terres de Galyas. Rit Edward, débarrassé d'une partie de ses admiratrices, dans son dos. Cette vendeuse fait partie de ceux qui font le voyage jusqu'à Alayis pour vendre des produits venus de nos contrées voisines, ou même, ceux qu'ils ont achetés dans les foires. Il sortit une bourse de sous la cape noire qu'il portait pour tendre une poignée de pièce d'or à la vielle femme. Faites une livraison de ces fruits au palais.
- Bien, mon prince. Acclama avec chaleur la commerçante. Soyez béni !
Rougissant de plaisir, le sorcier remercia lui aussi du bout des lèvres son compagnon avant de saisir une des pièces de sa bourse. Il la retourna entre ses doigts pour y admirer le phœnix et le grand « C » qui y avait été poinçonné.
- C'est votre monnaie d'échange ? Dit-il. Avec l'emblème de votre royaume ?
- Oui. C'est de l'Isindhil. Lui apprit le prince. Une de ces pièces d'or correspond à cent pièces d'argent. Et une pièce d'argent correspond à cinquante pièces de bronze. C'est de cette manière que nous monnayant à Elysion.
Fasciné, il détailla la pièce d'or qu'il tenait entre les mains avant de fixer la pancarte des prix posée au milieu des Félis. Il pouvait y lire « trois pièces de bronze » écrit gauchement avec de la craie blanche. Faisant les calculs qui s'imposaient dans sa tête, il ne put qu'ouvrir muettement la bouche de stupéfaction en comprenant qu'Edward venait de payer plus que grassement ces quelques fruits.
Secouant la tête face à cet excès, il ne pouvait cependant pas s'empêcher de se sentir flatter en pensant qu'il faisait cela pour son bon plaisir.
- Il va falloir que je te rembourse. Marmonna-t-il. Pour tout ça…
Fuyant le regard insistant et brulant du vampire, il se pressa de saluer la marchande avant de continuer son excursion.
- Ne te préoccupe pas de ça. Fit Edward en le suivant. Nous n'avons qu'à dire que je fais cela en paiement de tes services en tant que conseiller royal.
Harry freina des quatre fers à ces mots pour se tourner vers lui.
- Eh ! C'est vrai ça ! S'exclama-t-il. Je n'ai jamais perçu aucun salaire pour tout mon travail acharné…
Il fronça les sourcils sous le rire moqueur d'Edward qui lui saisit le coude pour le presser d'avancer. Haussant des épaules, car après tout il n'avait pas vraiment l'intention de réclamer une quelconque rétribution, il se fit un plaisir de reprendre le cours de son excursion en longeant une autre lignée de rues aux dalles claires et propres.
Il finit par atteindre une ruelle où les propriétaires de campagne attiraient les acheteurs à grands coups de cris pour tenter de vendre leurs sacs de céréales, de vin, et des légumes.
S'avançant plus loin, il ne fut pas gêné par les regards devenus rieurs de la foule face à son émerveillement. Car après son passage devant la marchande de fruits, les autres vendeurs n'hésitaient plus à gentiment l'interpeller pour le mener à leur stand. Ils espéraient secrètement lui plaire afin de pouvoir bénéficier de la générosité de leur prince. Et en effet, à chaque fois qu'il émettait un intérêt pour un produit, ou pour un autre, celui-ci s'empressait de sortir sa bourse et de tendre une poignée de pièces d'or.
Riant à cette vue, Harry papillonnait avec un plaisir évident dans le marché d'Alayis.
Toutefois, il tressaillit malgré lui lorsqu'un marchand, un peu trop entreprenant, lui saisit le bras pour l'amener à son étal de bijoux. Edward, qui le suivait de près tout en lui laissant l'espace nécessaire à son évasion, fronça un instant les sourcils devant cette rudesse avant de lever les yeux au ciel. Ce pauvre homme voulait seulement tenter de vendre sa marchandise.
- Regardez ce beau bijou ! Fit le marchand en essayant d'enserrer le cou d'Harry d'un lourd collier d'or. Magnifique ! Tout simplement magnifique !
- Non merci… Tenta de se défaire le brun. Je n'ai pas besoin de collier.
- Tout le monde a besoin de collier, monseigneur. Je vous le laisse pour pas cher ! Pas cher du tout !
Le jeune homme sourit au vendeur en entendant sa manière de lui parler.
Ici, les gens étaient beaucoup moins dans la retenue que ce soit dans leurs manières, ou dans leurs paroles. Les plus âgées n'hésitaient pas à utiliser des gestes affectueux, ou à l'interpeller par des « petit » ou « mon enfant ». Tandis que les autres l'accueillaient à grand renfort de « Monseigneur » ou « Messire ». Personne n'avait tenté de l'offusquer avec des appellations telles qu'« Adan ». Et ils respectaient tous son rang malgré sa nature humaine.
Au final, seul Edward, dont la présence émoustillait toujours les passants, avait droit à des courbettes, des œillades, et à de la retenue.
- Ça ira, mon brave. Intervint le prince en tendant une pièce d'or au marchand de bijoux. Prenez ceci pour votre serviabilité.
- Soyez béni, mon prince !
Harry observa avec une certaine fascination son compagnon. Il savait déjà que le vampire aimait son peuple et qu'il était un bon suzerain. Toutefois, c'était bien la première fois qu'il pouvait le voir interagir ainsi avec eux. Au milieu de la foule, en plus de se montrer généreux, il le vit clairement irradier de bonté et de prestance.
Et en cet instant, Edward ressemblait vraiment à son père.
Se détournant pour continuer sa route, un sourire ineffaçable aux lèvres, il passa alors devant plusieurs marchands ambulants qui vendaient leur pain grillé porté dans de grands paniers en osier. L'odeur alléchante de beurre et de seigle envahit aussitôt ses narines tout en faisant grogner son estomac de faim.
Il eut l'impression que ce bruit désagréable fut perçu par pratiquement tous les vampires présents dans le marché en les voyant se retourner – un rire aux lèvres- vers lui. Esquissant un rictus gêné, il accepta avec plaisir le pain chaud que lui fourra gentiment un vendeur entre les mains. La première bouchée, qui eut comme un goût de paradis, l'empêcha de remercier correctement le boulanger qui refusa d'un geste amical l'argent que voulait lui tendre Edward.
Grignotant avec plaisir, il se laissa faire lorsque son amant le saisit par la taille pour l'éloigner de la petite maison qu'il était en train de longer afin d'éviter d'être sali par les eaux usées et les détritus qui venaient d'être jetés par les fenêtres après un simple « Gare à l'eau ! ». Il éclata de rire en voyant un pauvre homme, moins chanceux, être trempé de la tête au pied.
- Merci, Edward. Fit-il. C'est vraiment… parfait !
- Et ce n'est pas fini !
Laissant le vampire lui saisir la main, il se fit entrainer dans un dédale de ruelles toutes plus étroites les unes que les autres.
Dans sa course, il devait à chaque fois refuser les marchandises présentées sur les étals que lui proposaient automatiquement les vendeurs qu'il avait le malheur de rencontrer. Mais l'odeur de nourriture qui finit à un moment par envahir ses narines le força à ralentir son compagnon. Rapidement, il repéra l'étal qui proposait des lamelles de lards disposés sur des tranches de pain que les marchands nommaient communément « Carbonnées ».
La bouche de nouveau pleine, il attrapa aussi les fruits que lui tendaient gentiment les vendeuses sur son passage, avant de stopper de nouveau Edward lorsqu'ils déboulèrent sur la grande place de la ville.
Admiratif, il détailla en haut de la large estrade qui avait été installée l'attroupement de jongleurs, de musiciens, de saltimbanques, de funambules, de lanceurs de couteaux, de ventriloques, de conteurs, de bouffons, pitres, de mimes... Leur représentation était saluée par une petite foule de badauds dont les enfants – des craies de couleurs aux mains – courraient en tous sens entre leurs jambes pour aller décorer les murs des maisons alentours.
Des arcs de triomphe avaient été érigés, des fontaines de vins, de liqueurs et de lait aménagés, entourant une dizaine de danseurs et de plaisantins qui finissaient d'animer la place. Plus loin, un amas de bois avait aussi été rassemblé en prévision du grand feu de joie qui allait être allumé à la tombée de la nuit.
Les rues étaient multicolores et bruyantes. L'humeur était à la fête, à la joie, et à la convivialité.
Curieux, Harry lâcha la main de son amant pour s'approcher du spectacle avant que son attention ne soit attirée par une barrique d'alcool. Certains citadins s'y resservaient avec entrain tout en discutant joyeusement. Il n'eut qu'à faire quelques pas vers eux avant qu'un d'entre eux ne le remarque et ne lui serve un verre de l'étrange liqueur. Le remerciant, il observa avec scepticisme le fond de son verre en bois. La boisson, sans aucun doute alcoolisée au vu de ses effluves, était blanche et fluide comme le serait du lait de poule.
- Tu ne goûtes pas ? Fit Edward, qui avait fini par le suivre. C'est du Grumeau, une de nos liqueurs traditionnelles.
Plus intrigué que méfiant, Harry porta rapidement le verre à ses lèvres pour y prendre une gorgée.
Avant de se sentir immédiatement rougir sous le fort degré d'alcool que contenait la boisson. Toussotant, il s'éventa d'une main en sentant la liqueur lui monter directement à la tête. Il n'avait jamais rien goûté d'aussi alcoolisé. À ce stade, même de l'eau de vie aurait été moins violente.
Occupé à reprendre son souffle, il laissa Edward rire moqueusement de lui avant que celui-ci ne lui saisisse son verre. Sans ciller, il le vit finir la liqueur d'une seule traite.
- Tu aurais pu me prévenir ! Gronda-t-il, la voix chancelante. J'ai failli m'étouffer.
- Petite nature !
Notant dans sa tête qu'il allait devoir se venger, le brun ne remarqua pas la danseuse qui s'approchait de lui pour lui saisir le bras. D'un sourire charmeur, elle l'attira avec force au milieu de la place pour le faire rejoindre à la ronde de danseurs déjà présents.
Il eut beau tenter de se défaire de sa prise, il se retrouva presque trop rapidement à devoir faire virevolter une autre partenaire. Pourquoi devait-il toujours se trouver dans ce type de situation ? Dire qu'il détestait danser.
Tentant de s'échapper lors d'un autre changement de partenaire il eut le temps de croiser le regard moqueur d'Edward qui se tenait au loin. Rageant, il dut se résigner au fait qu'il n'obtiendrait pas son aide pour fuir cette nouvelle gigue. La foule elle-même semblait vouloir l'encourager en frappant plus fortement dans leurs mains.
Après avoir tenté plusieurs reprise de s'échapper, en vain, il finit par se résoudre de danser parmi la foule de saltimbanques et de citadins. Les battements de tambour, la complainte des flûtes et des accordéons, ainsi que les applaudissements des spectateurs finirent même par le faire y prendre du plaisir. Faisant tournoyer avec bonheur les villageoises qui passaient entre ses bras, il sentait l'ivresse le gagner peu à peu.
Essoufflé, il tourna en cercle dans la ronde de danseurs avant de pivoter vers sa prochaine partenaire. Sa respiration se coupa lorsque son corps rencontra avec force celui d'Edward qui s'était enfin rapproché. Levant les yeux, il plongea avec plaisir une mer améthyste, heureux de sentir des mains, qui l'avait retenu avec vigueur, frôler presque imperceptiblement le bas de ses reins.
- Je te tiens. Lui dit simplement le prince.
Cette phrase fut accompagnée par un large sourire et une douce caresse sur la joue.
Soudainement affolé par ce geste d'affection en public, Harry ne put s'empêcher de lancer un regard inquiet à la foule de passants qui les entourait. Il remarqua alors que leurs regards intrigués, et perçants, étaient loin de ressembler aux coups d'œil incisifs des nobles du palais.
Il semblerait qu'ici personne n'ait envie de juger les actions du prince envers l'humain qui avait pourtant détruit l'une de leurs plus belles tours.
La pression que mit Edward sur son menton le poussa à se détourner des citadins pour replonger dans une mer améthyste où brillaient une multitude d'émotions. L'amusement se mélangeait à la douceur, la passion… Et étrangement, à de la tristesse.
Le jeune homme ne comprit pas vraiment la signification de ce dernier sentiment, mais il n'eut pas le temps de poser de question avant que le visage du prince ne se penche vers lui. Retenant son souffle, il crut un instant qu'ils allaient s'embrasser, là, en pleine rue. Pourtant, loin de sentir des lèvres charnues et froides, il ne fit que goûter au souffle régulier qui s'échouait sur sa bouche.
Pencher vers lui, les yeux dans les yeux, Edward se contentait de détailler chaque trait, chaque irrégularité, chaque grain de peau de son visage.
- Ce n'est pas encore fini, fit sa voix grave, j'ai autre chose à te faire découvrir.
Rapidement, Harry se retrouva à courir une nouvelle fois dans le dédale des rues animées. S'éloignant du marché, du centre de la fête, il ne tarda pas à apercevoir le haut d'un bâtiment blanc dont l'entrée était bordée par une allée de statue en phœnix.
Des obélisques et des pylônes, symbole peut-être de deux montagnes entre lesquelles surgissait le soleil, offraient un accès jusqu'au temple de la ville d'Alayis.
Ébloui par cette nouvelle merveille, il laissa Edward pénétrer en premier les lieux avant de le suivre avec curiosité. Il atteignit promptement une cour abritant divers arbres et bosquets qu'il s'empressa de traverser pour rejoindre une vaste salle hypostyle dont les nombreuses colonnes avaient été ornées de dessins végétaux et d'écritures en Argpal.
Cela donnait l'impression de plonger dans une forêt en pierre de manuscrit dont les « arbres » eux-mêmes retraçaient sur leur corps l'histoire du temple.
- Que disent-ils ? Fit Harry en essayant de déchiffrer les écrits. Je ne comprends pas.
- Ils racontent une histoire, une fable. Répondit évasivement le vampire. Je ne m'y suis jamais intéressée contrairement à Esmée.
- Esmée ? Venait-elle ici se recueillir ? Pour quoi faire ?
Il n'obtient en réponse qu'un haussement d'épaules désintéressé. Cachant sa déception, lui qui aurait adoré comprendre cet endroit, il nota la poussière et la terre qui recouvrait les lieux. Que les vampires soient croyants ou non, il ne devait pas y avoir de nombreuses personnes à venir visiter ce temple. Cet endroit avait totalement été abandonné. Oubliée.
Sans attendre qu'il finisse de contempler les lieux, le prince le poussa en avant pour atteindre une dernière salle, véritable petit sanctuaire, qui abritait en son sein de larges autels et des tabernacles. Gêné de se trouver dans un lieu si sacré, il observa les vitraux salis par la crasse qui laissaient filtrer de faibles rayons de lumière, avant de suivre du regard Edward qui s'était approché d'un vieil autel en pierre à moitié détruit par le temps.
- Que fais-tu ? Demanda-t-il en le voyant en ouvrir la porte. Ce vieux temple va nous tomber dessus ! Partons !
- Je veux d'abord te montrer l'extérieur !
Intrigué, il se rapprocha lui aussi de l'intérieur l'autel pour y jeter un coup d'œil.
La statue d'une femme, priant solennellement à genoux, y prenait presque entièrement tout l'espace libre. Et dans la noirceur de la petite pièce, Harry vit que les murs étroits et sales s'étaient fissurés avec le temps. Pas du tout rassuré, il sursauta en voyant son amant pousser avec force la statue vers l'arrière. Celle-ci se déplaça avec fracas tout en soulevant un large nuage de poussière.
Balayant l'air de la main, le sorcier fut surpris de voir le passage secret, dont il entrevoyait les premières marches d'escalier, qui venait d'être libéré.
- En dehors de la porte principale, expliqua avec enthousiasme Edward, c'est le seul moyen d'entrer et de sortir d'Alayis. Mes frères et moi l'avons découvert par hasard lorsque nous étions plus jeunes. Et tu es la seule personne à qui je révèle l'existence de ce passage.
- Ouah… On se croirait presque à Poudlard.
Habitué à ce qu'il utilise des termes qu'il ne comprenait pas, Harry vit son compagnon renoncer à l'idée de le demander ce qu'était Poudlard pour l'entrainer dans l'étroit passage secret.
- Monte sur mon dos, lui ordonna le vampire, on ira plus vite.
Harry n'eut pas le loisir de répondre qu'il dut s'accrocher au cou de son amant qui l'avait forcé à se tenir contre son dos. Nouant ses jambes à sa taille, il ferma les yeux sous le vent poussiéreux qui se souleva dans la course effrénée d'Edward vers la sortie.
Par chance, ils ne tardèrent pas à s'arrêter face à une lourde porte en pierre qu'Edward repoussa sans difficulté.
La lumière du soleil envahit presque immédiatement le passage, et le brun respira avec plaisir et surprise l'air frais et marin qui l'atteignit. Clignant des yeux, il se laissa glisser du dos de son amant avant d'observer les alentours.
Il se trouvait derrière les longs murs infranchissables de la cité, à l'extrême limite ouest de la région d'Alayis. Là, une côte rocheuse descendant à la verticale, et jalonnée d'imposants récifs, plongeaient dans un océan aux vagues agitées.
La vaste et sauvage étendue d'eau salée, en plus des remparts de la forteresse, offrait une barrière naturelle à toute invasion.
- Suis-moi. Dit Edward en entremêlant leurs doigts. Ce n'est pas fini !
Observant l'envol d'un oiseau au-dessus de leur tête, ils s'avancèrent jusqu'au bord de la falaise pour y admirer les flots qui se fracassait avec force contre les parois rugueuses de la roche. L'érosion de la roche avait créé un simulacre de dune rocailleuse.
- C'est magnifique. S'extasia Harry.
- Tu n'as rien encore vu. La vue est encore plus belle vue d'en haut.
Suivant le regard du prince, il remarqua enfin la haute tour de guet, dont le phare à feu tournant - fonctionnant à l'huile – éblouissait par intervalle régulier la mer et les étendues de terres environnantes. Sentant Edward prêt à le forcer à remonter sur son dos pour atteindre plus rapidement le sommet de la tour, il se pressa de lui proposer une alternative.
- Je pourrais nous faire transplaner. Dit-il. Ça ira plus vite.
- Transplaner ?
Il s'apprêtait à lui expliquer en quoi consistait le transplanage lorsqu'il se rappela qu'il devait se venger du prince pour le Grumeau qu'il avait eu tant de mal à avaler au marché. Son estomac en était encore retourné. Sans le vouloir, un sourire carnassier s'étendit sur ses lèvres alors qu'il lui tendait une main qui se voulait amicale.
- Laisse-moi te montrer. Se contenta-t-il de dire. Tu vas adorer…
Dès que la main de son compagnon s'enserra dans la sienne, il ferma les yeux pour rassembler sa magie. Il la sentit s'éveiller, ramper en lui, avant que le même étrange flux d'énergie qui l'unissait à Edward ne les envahisse. Visualisant mentalement le haut de la tour de guet qu'il avait entrevu, il se pressa contre le vampire en sentant la sensation familière d'écrasement dû au transplanage.
Par chance, il se sentit atterrir presque immédiatement après sur le sol en pierre de la tour. Rouvrant les yeux, il détailla la mine un peu trop tirée d'Edward qui tressaillait sous la douce brise de l'océan.
- Pas mal ! Fit-il. La plupart des gens auraient vomi, ou ce serait évanoui à leur premier transplanage.
- Déçu ? Railla le vampire, la voix légèrement chevrotante. Tu aurais peut-être voulu me voir m'écrouler ?
- Pas du tout ! Nia-t-il. Je suis même très impressionné !
- Petit menteur ! J'espère que tu as assouvi ta vengeance !
Ne pouvant plus se retenir, le sorcier éclata d'un rire franc et joyeux. Son amant le connaissait trop bien pour qu'il puisse continuer à nier les faits.
- Oui. Accepta-t-il. Nous sommes quittes !
Pour prouver sa bonne foi, il se serra contre le corps froid et tremblant du vampire qui tentait toujours de reprendre contenance.
Là, il put autoritairement lui agripper le cou afin d'obtenir un baiser passionné. Ses dents s'entrechoquèrent avec force contre les canines du prince lorsqu'elles se plantèrent dans sa lèvre inférieure pour faire goûter son sang. Gémissant sous le baiser sanguin qu'ils échangeaient avec fièvre, il caressa avec tendresse ses reins, son dos, puis ses longs cheveux lâchés au vent.
- Regarde, Harry. Lui dit Edward en se détachant de sa prise. Regarde comme c'est beau !
Son regard dévia des lèvres du vampire, encore marquées par son sang, pour prêter attention à l'océan qui s'étendait devant lui. Les vagues meurtrières qui se fracassaient au bas de la tour en faisaient presque trembler l'édifice. À l'horizon, l'eau, qui embaumait l'air d'humidité et de sel, était tellement bleue qu'elle se mêlait totalement à la couleur du ciel. Le cri des oiseaux, les éclaboussures des créatures marines, et le lointain hurlement de la ville étaient les seuls bruits qui osaient briser la quiétude de l'endroit.
- Je sais que ça n'a pas été facile pour toi depuis ton arrivée à Alayis. Commença à lui dire le roux. Et lorsque j'ai senti l'odeur de Jasper sur tes vêtements, lorsque j'ai vu ton air sombre et abattu… Harry… Il fallait que je te fasse sourire, tu comprends ? Il fallait que je te donne d'autres raisons de vouloir rester à Elysion. De vouloir rester avec moi.
Harry allait répliquer qu'il détenait déjà toutes les raisons nécessaires pour vouloir rester auprès de lui, mais il fut coupé dans son élan par un doigt pressé contre ses lèvres.
- Depuis ton arrivée ici, dans ce monde qui est le mien, continua Edward, tu n'as eu droit qu'à la misère, la tristesse, la fourberie, et la mort. Il baissa les yeux de mélancolie avant de continuer. Je voulais juste que tu découvres enfin les joies d'Elysion pour que tu saches au moins pourquoi tu te bats. Je voulais que tu voies cette terre comme je la voie, et que tu apprennes à l'aimer comme je l'aime.
La sourde détresse que cachaient ces quelques mots atteignit le brun en plein cœur. Apprendre à aimer Elysion ? Cela faisait longtemps, grâce à Edward, qu'il avait commencé à se sentir comme étant comme chez lui dans ces contrées. Il peinait même parfois à se rappeler quelle avait été son ancienne vie.
Ce nouveau monde vampirique avait lentement brisé chacune de ses convictions. Balayant douloureusement les repères qu'il s'était créés pour définir le bien ou le mal, le gentil ou le méchant, le beau ou le laid.
Aujourd'hui encore, il venait d'apprendre avec Jasper qu'il était bien trop facile de juger quelqu'un sans prendre en compte la douleur de son passé. Et maintenant, Edward lui faisait connaitre à quel point la chaleur d'un peuple pouvait être en parfait désaccord avec l'effronterie de ses nobles.
Elysion était comme n'importe quel monde avec ses défauts et ses qualités. Elysion était un monde pour lequel il saurait se battre. Et dans lequel il saurait vivre.
- Tu l'as entendu ? Demanda-t-il soudainement. Ma discussion avec Jasper… Tu l'as entendue ?
- Non. Et tu n'as pas à me la raconter. Affirma le vampire. Je t'avais demandé de lui laisser une chance, et je vois dans ton regard que c'est ce que tu as fait. Et c'est tout ce que je voulais. Merci, Harry.
Il esquissa un pâle sourire en se serrant contre son compagnon. Il aimait savoir qu'il n'avait pas besoin de se justifier à chacune de ses actions.
- Je me sens bien ici, Edward. Sourit-il. Je me sens bien auprès de toi.
Il reçut un énième baiser enflammé en réponse à son aveu. Se blottissant de froid et d'envie entre les bras du vampire, il ferma les yeux de béatitude en sentant une main possessive lui caresser les hanches.
- Te sentiras-tu toujours aussi bien à Elysion, demanda le prince, en mon absence ?
Harry se raidit presque aussitôt à ces mots. Ses doigts allèrent s'agripper à la tunique de son amant avant de lui lancer un regard franc et exigeant.
- Je ne comprends pas. Fit-il. Tu comptes t'en aller ?
Voir le prince fuir momentanément son regard le fit frémir d'angoisse.
- Réponds-moi ! Ou comptes-tu partir, Edward ?
Pour toute réponse, le vampire lui saisit le visage des deux mains avant de chercher à l'embrasser.
- Réponds d'abord ! Exigea le brun en fuyant les lèvres aimées. Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?
- Harry…
Il consentit à laisser son compagnon coller leur front ensemble en attendant sa réponse.
- Le départ pour Haradas est prévu dans trois jours. Lui apprit le roux. On vient tout juste de l'organiser Carlisle, Emmett et moi.
- Parfait. Je n'ai pas grand-chose à prendre donc je serais prêt pour…
- Non, Harry. Coupa Edward. Tu ne viens pas.
Le sorcier fut tellement estomaqué par cette affirmation, d'où il sentait poindre un ordre, qu'il prit un moment avant de continuer à parler.
- Tu plaisantes ? Railla-t-il. Tu crois que je vais te laisser partir à l'aventure ? Te battre contre une meute d'Arkans prêt à l'attaque ?!
- Nous ne sommes sûrs de rien pour l'instant. Contra le vampire. L'Haradas, les Arkans, ces ennemis cachés dans l'ombre… tout est encore tellement flou ! La seule certitude que nous ayons est que ces terres nous sont définitivement hostiles. On court au-devant de l'ennemi, Harry ! Il prit une inspiration fatiguée. Je préférerais que tu restes sagement à Alayis en attendant que nous en découvrions la vérité. Je ne tiens pas à te savoir au milieu du danger.
Harry était presque sûr que sa colère venait de faire rougir son visage et son cou. Cette tendance qu'avait son amant à vouloir le « garder loin du danger » l'agaçait au plus haut point. Il était totalement capable de se défendre seul.
- Je vois que monsieur a pris sa décision dans mon dos ! Railla-t-il. As-tu d'autres surprises à m'annoncer ? C'est le moment !
- J'essaye de te protéger… Tenta de le calmer Edward.
- Oui, bien sûr ! Ça a tellement bien fonctionné à Ahrima !
Il regretta ces mots à l'instant même où il les prononça. Le corps du prince se raidit dans ses bras alors qu'un éclair de douleur passait dans son regard améthyste.
- Je te demande pardon. Je sais que tu n'y es pour rien. S'excusa-t-il prestement. Je veux juste que tu comprennes que je ne veux pas être séparé de toi. Laisse-moi venir, Edward. Je t'en prie…
Il vit l'instant où son amant hésita, lui lançant un regard déchiré, avant de se conforter dans sa décision.
- La décision a déjà été prise. Et tu resteras en sécurité ici. Finit par dire le roux. Seuls Emmett et moi partirons pour l'Haradas.
- Sur ces terres maudites… Protesta-t-il encore.
- Maudite ! Maudite ! Il y a aussi de l'air et de l'eau là-bas, Harry. Je ne vais pas être foudroyé en y posant un pied.
Le sorcier eut envie de lui rétorquer : « Et alors ? On est jamais à l'abri d'un malheur ». Mais il se retint à la dernière seconde. Il sentait que cela ne servait plus à rien de parlementer.
Il savait maintenant qu'Edward n'était resté en compagnie de son père que pour organiser ce fameux voyage en terre inconnue.
- Lorsque je t'ai laissé, je ne pensais pas que tu allais organiser si rapidement une telle expédition. Fit-il la gorge nouée. Je croyais que tu voulais seulement parler au roi de ce qu'il savait sur nos ennemis invisibles. Tu as bien vu, lors de la réunion, qu'il nous cachait quelque chose, n'est-ce pas ?
- C'est vrai. Et c'était mon but au départ. Mais mon père ne parlera que lorsqu'il le voudra… En attendant, il faut bien découvrir ce que nous cache l'arrière Sud.
- Mais pourquoi toi tu devrais y aller ?! Ragea-t-il.
- Parce qu'Emmett et moi sommes les soldats de la famille Cullenus. À la différence de Jasper qui est notre stratège.
Tout cela le contrariait à un point inimaginable, mais il ne lui restait plus aucun recours étant donné que même Carlisle avait déjà donné son assentiment. Car si aller à l'encontre des décisions d'Edward était une chose, désobéir par extension au roi en était une autre.
- Tu n'as vraiment pas besoin de moi, c'est ça ? Fit-il d'une voix nouée. Tu ne me vois que comme un faible, un boulet…
- Tais-toi ! Je conscience de ta force ! Gronda Edward. Tout ce que je veux c'est te garder sain et sauf tant que la situation n'exigera pas de te mettre en avant. Je veux juste que tu investisses ton énergie à rester à Alayis.
- Mais que veux-tu que je fasse ici ? Se plaignit-il. Tu crois que c'est en m'emmenant au marché que je vais réussir à y faire ma place.
- Non. Peut-être pas. Admit le prince. Mais tu auras tout le loisir de « faire ta place » lorsque tu assisteras Alice, Rosalie et Jasper dans la gérance de nos royaumes communs. Ils seront tellement débordés que ton aide ne serait certainement pas de refus.
Cachant sa surprise devant l'ampleur de la tâche qui lui était confiée, Harry chercha immédiatement une échappatoire. Car il voulait vraiment suivre son amant jusqu'à l'Haradas.
- Je ne suis que ton Conseiller. Dit-il. Je n'ai pas le droit de prendre personnellement des décisions royales. Keren me l'avait expressément expliqué.
- Je sais bien. Éluda Edward. Mais en tant que prince, et grâce au soutien de mon père, je t'octroie sans réserve ce pouvoir. En mon absence, je te confie l'une des choses qui me sont le plus précieuses : mon peuple.
Le ventre noué, le brun abandonna l'idée de contredire son amant pour se hisser à hauteur de son visage et l'embrasser. La crainte de la séparation l'empêchait de s'enthousiasmer devant le pouvoir qu'il venait encore de gagner au sein de la haute sphère Elysionienne.
Car petit à petit, il était en train de prendre la place de compagnon royal auprès d'Edward.
- Tu es tellement important pour moi, Harry. À un point que tu n'imagines pas. Je l'ai encore compris hier soir…
Le sorcier le fit taire d'un autre baiser encore plus langoureux. Après tout, il ne savait pas si cela n'allait pas être leur dernière étreinte avant une trop longue séparation.
- Hier soir… J'ai fait un rêve. S'entêta à vouloir lui expliquer Edward. Un étrange rêve…
- Vraiment ? Fit-il.
Il plongea avec délice sa langue dans la bouche de son compagnon. Caressant ses dents, frissonnant sous sa consœur, et se gorgeant avec envie de son haleine fraiche et sucrée.
- Oui. Ronronna encore le prince. J'ai rêvé qu'Alice me contait mon avenir.
- Vraiment ? Refit-il.
Sa main glissa facilement sous la tunique que portait le prince pour aller caresser les muscles nerveux qui se contractaient à son passage. Il était plus intéressé par le corps pressé contre lui que par les paroles du vampire.
- Dans ce rêve… Elle m'a parlé de toi. Gémit Edward. Seulement de toi.
- Hum... Qu'a-t-elle dit sur moi ?
Le prince lui attrapa le visage pour avoir toute son attention. Son regard améthyste qui scintillait d'émoi, doux mélange d'affection et de mélancolie, le cloua sur place.
- Que tu es le seul que je n'aimerais jamais.
Harry prit un long moment avant de comprendre entièrement ce qui venait de lui être dit.
Habituellement, le vampire se contentait de mot comme "tendresse", ou encore "attirance inexpliquée" pour décrire leur relation. Jamais encore le mot "aimer" n'avait été prononcé. Leur sentiment n'avait pas encore été clairement défini, car après tout, trop de mystère les entouraient encore pour qu'ils puissent mettre un nom sur le lien qui les unissait. Pourtant, maintenant qu'ils allaient bientôt être séparé, Edward avait oser lui dire quelque chose comme : "je n'aimerais que toi".
Aimer... Il lui parlait d'amour... Il venait de dire qu'il l'aimait...
S'enflammant totalement à ces mots, les lèvres du sorcier rencontrèrent avec violence et caprice la bouche de son amant. Il s'agrippa avec tellement de force à ses épaules que ses doigts finirent par lui faire mal. Mais loin de lâcher prise, cette douleur sonnait comme une libération pour son âme torturée.
Car il voulait crier. Il voulait tellement crier : « Non ! Ne pars pas sans moi ! Ne me laisse pas… ».
Mon Dieu. C'était du désespoir.
Sentant une réticence chez son partenaire face à sa fougue, il le força à reculer jusqu'à l'acculer avec dureté contre les parois en pierre de la tour de guet. Insensiblement à la douleur de ses poumons qui manquait déjà d'air, il devint encore plus quémandeur et langoureux dans son baiser. Il souda son corps à celui du prince, et sa main – qui caressait toujours la douce peau cachée sous une tunique bleue – descendit pour aller saisir les attaches de leur pantalon.
S'ils devaient vraiment être séparés demain, il voulait au moins graver la présence d'Edward au plus profond de sa chair. Il voulait se créer une douleur qui lui rappellerait son amant lors de ses longues nuits froides et solitaires.
- Non, Harry. Le repoussa le vampire. Pas comme ça. Pas par peur de ne plus nous revoir.
Rageur, il le repoussa une fois de plus contre le mur en pierre de la tour pour le convaincre de se laisser faire. Il avait envie, besoin, de ça maintenant.
Cependant, Edward ne devait absolument pas penser comme lui lorsqu'il lui saisit avec vigueur les poignets pour le stopper dans son élan. Usant de sa force pour serrer ses poignets et le faire grimacer, il mit lentement fin à sa frénésie.
- Je vais aller en Haradas, articula lentement le prince en le foudroyant d'un regard devenu noir, détruire nos ennemis, avant de courir te retrouver. Il va falloir que tu aies confiance en moi, Harry. Que tu aies foi en ces mots !
Il allait protester lorsque le regard, toujours aussi sombre de son compagnon, le cloua sur place et le convainquit de se taire.
- À mon retour, continua le vampire avec une certaine sensualité, que tu pleures ou que tu cries, tu te donneras à moi et je te ferais l'amour.
Harry laissa cette idée envahir ses pensées et frissonna lorsque ses poignets furent relâchés dans un doux frôlement.
- En accord avec nos sentiments... Sans peur ni contrainte… À coup sûr, nous nous unirons, Harry Potter.
Le baiser qui scella cette promesse fut cette fois-ci dénué de violence ou de chagrin. Presque fébrilement, ils joignirent une fois, deux fois, leurs lèvres dans un échange sulfureux.
Pourtant, malgré toute la tendresse et la confiance qu'ils y mettaient, la fin de leur étreinte eut un arrière-goût amer.
À mon retour… À coup sûr, nous serons unis…
À SUIVRE.
