Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Zaurelie : Merci pour ta review. J'espère que tu aimeras aussi ce nouveau post. Biz.
ange29b : Coucou ! Ah, je suis contente que tu aies aimé le paysage que j'ai décrit. Pour les Hurleuses, elles font un peu penser aux Détraqueurs, mais elles restent beaucoup plus vicieuses. J'espère que tu aimeras ! Biz.
Guest : Salut ! Merci beaucoup de ton soutien. Oui, je vais faire mon possible pour finir cette fic, et j'ai beaucoup d'idées pour la suite d'aventures du couple E/H. Je te laisse découvrir cette suite ! Biz.
Patte-de-Neko : Ah ! Je suis contente de voir que tu as créé un compte ! Sinon, c'est vrai que je recommence avec mes fins sadiques et plein de suspens lol. Il le fallait bien ! Je suis trop contente que tu aies aimé mes descriptions du paysage. Pour les Hurleuses, que dire à part : tu as raison d'avoir peur ! LOL Et c'est vrai qu'elles font vraiment penser (dans le côté impitoyable) aux sorcières de Narnia (je suis d'accord, j'ai adoré ce film ! Surtout le 2 !). Sinon, pour répondre à ta dernière question, je crois que ces temps-ci mon imagination vient d'un abus de lectures de livres fantastiques lol. Allez, pour tes *Yeux de chat potté* lol, voici un tout nouveau chapitre ! Bisouxxx.
keur2louve : Merci beaucoup pour ta compréhension. Ton com m'a fait très plaisir parce que je culpabilise un peu lorsque je vois tout le retard que je prends. Mais c'est parce que j'ai vraiment plus beaucoup de temps pour moi ces temps-ci. Allez, je compte bien finir cette petite fic lol. Pour James, ne t'inquiète pas, je pense que c'est la fin pour lui ! Bisouxxx.
Cacadeschamps : Ah, tu as aimé mon lutin ? C'était la petite touche fantaisie que j'avais vraiment envie de mettre lol. Sinon, pour les Hurleuses, leur côté « bouffeuse d'énergie » fait vraiment penser aux Détraqueurs. Disons qu'elles sont un mélange de Banshee et de Détraqueurs ! Je te laisse découvrir la suite ! Biz.
Harry-Snape-Malfoy : Salut ! C'est un plaisir pour moi de lire ta longue review. Par où commencer ? Tout d'abord, je te remercie pour ta compréhension et ton attente. J'avais un peu peur de perdre tous mes lecteurs avec mes longues absences. Sinon, j'ai vraiment fait de grandes révélations sur l'histoire familiale Cullenus. Il fallait bien que je perce les secrets de Carlisle, et j'ai trouvé que c'était le meilleur moment. Sinon, pour Harry, c'est vrai qu'il est vraiment malchanceux, mais d'un autre côté, il survit à presque toutes mes misères le Ryry ! LOL Pour les Hurleuses, tu verras dans ce chapitre que y'a vraiment pas moyen de « discuter » avec elles ! Elles sont juste des créatures sauvages et affamés ! Mais c'est vrai qu'elles auraient été utiles en Haradas. En parlant de l'arrière-Sud, dis-moi, tu aimerais voir Harry y aller ou pas ? Parce que la suite que j'ai prévue… me laisse dans le doute lol. Sinon, pour les retrouvailles, ne t'inquiète pas, j'y travaille ! Et pour Harry, tu verras qu'il ne va pas tarder à montrer à quel point il est puissant et important pour Elysion. Cela va rejoindre toutes les questions que tu peux te poser (sur la marque bleue, la gardienne…) Mais je n'en dit pas plus ! Bon, je te laisse lire ce nouveau post en espérant que tu vas bien aimé ! Bisouxxx.
Charlène : Salut ! Oui, mon déménagement s'est très bien passé, et par chance, je l'ai fait un beau jour de soleil, et toute ma famille m'a donné un coup de main ! Ah la la… J'ai vraiment l'impression d'avoir pris un nouveau départ ! Sinon, pour ta question sur Victoria, disons qu'elle ne sait pas encore ce qui est arrivé à son amant. Elle ne sait pas qu'Harry l'a « défiguré à coup d'éclairs magiques » lol. Et pour Harry, tu vas voir dans ce chapitre qu'il ne s'en sort pas si mal. En tout cas, pas trop mal… Je te laisse découvrir tout ça ! Bisouxxx.
Drayy : Merci de m'avoir laissé un review. J'espère que tu aimeras aussi ce nouveau post ?! Biz.
GreenJade : Coucou ! Ouah ! Ton com m'a vraiment touché. Je te remercie pour tous ces gentils compliments. J'espère que tu aimeras aussi cette suite ! Biz.
harry cullen malfoy : Merci pour ta reivew. Je suis contente de voir que tu me suis toujours dans cette aventure. Pour Sirius, ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas oublié. Mais il se trouve que je vais d'abord devoir brisé les mystères entourant Harry, et sa venue à Elysion, avant qu'il ne puisse réapparaitre. En attendant, j'espère que tu aimeras ce nouveau post ! Biz.
sasa : Eh oui, je fais toujours en sorte de m'arrêter au bon moment lol. Allez, je suis pas si sadique, et je te laisse découvrir la suite des malheurs d'Harry lol. Biz.
AstrolabeM : Merci de m'avoir laissé un gentille review. Tout tes compliments m'ont vraiment touché, et je t'en remercie. Je suis totalement d'accord avec toi vis-a-vis de la personnalité d'Edward. je le trouvais trop « lisse » dans les livres, du coup, ce nouveau côté sauvage et dominateur lui va comme un gant lol. J'espère que tu aimeras ce nouveau post ! Biz.
caro06 : Merci de continué à me suivre ! Voici la suite de la rencontre d'Harry avec les Hurleuses. J'espère que ça te plaira. Biz.
FaenaFiliana : Merci beaucoup pour ton gentil com et ton soutien. Je te laisse découvrir la suite de cette petite fic en espérant que tu aimeras. Biz.
ptitcoeurfragile : Coucou ! Je vois que tu continue à me suivre et je t'en remercie. Voici la suite ! Bisouxxx.
maya31 : Merci pour ta review. J'espère que tu aimeras aussi cette suite. Biz.
Yume-cry : Je te donne entièrement l'autorisation de donner une baffe à Harry. d'ailleurs, il s'en prend une dans ce chapitre ! C'est vrai qu'il aurait dut écouter et ne pas user de sa magie. Mais bon, d'un autre côté, James ne l'aurait pas lâché la grappe. Allez, je te laisse decouvrir ce qui va lui arriver avec ce nouveau post. Bisouxxx.
elodie Nina : Salut ! C'est un plaisir de lire ta review. Eh oui, je me suis encore défouler sur Harry. Maios c'est parce que je l'aime bien XD. En tout cas, tu verras que son voyage vers Edward est presque compromis dans ce chapitre ! Je te laisse le lire ! Bisouxxx.
erimoon : Merci de m'avoir laissé un com. J'espère ne pas te décevoir avec cette suite ! Biz.
Chapitre 30 : Ma vie pour la tienne…
Agrippant des deux mains les doigts osseux qui lui enserraient le cou, Harry haleta pour reprendre son souffle et sentit sa vision se brouiller. Un gémissement de douleur mêlée de peur franchi ses lèvres avant qu'il ne commence à se contorsionner pour tenter d'apercevoir les traits de son agresseur.
Là, au bout d'une main maigre aux longs ongles noirs et sales, passé un long bras tordu et décharné, se trouvait la première Hurleuse qu'il n'ait jamais rencontrée.
Le souffle court, ses yeux écarquillés ne pouvaient s'empêcher de dévisager chaque trait arrondi, chaque bout de peau pâle et rayonnante, chaque longue mèche de cheveux argentée, et chaque lueur qui pouvait passer dans le regard blanc et aveugle de la créature qui le retenait toujours. Sous les traits d'une jeune fille, à peine sortit de l'adolescence, et vêtu d'une longue robe blanche et évasée, l'Hurleuse lui apparut comme étant une divinité persécutrice sortit tout droit des pires contes noirs.
Se reprenant pour se débattre, Harry se mit à tirer désespérément contre la prise de la créature autour de cou, et accusa avec choc le coup qu'il reçut lorsqu'elle l'envoya buté avec rage contre un arbre, sans jamais desserrer ses maigres petits doigts.
Le souffle un instant coupé, il sentit un liquide chaud collé le long de son front tandis qu'une douleur lancinante au côté droit lui apprit que l'Hurleuse venait d'user de ses griffes pour lui lacérer les reins d'un geste vif et puissant.
Hoquetant, il observa avec terreur le visage de porcelaine se rapprocher de lui, et voyant que ses débattements ne lui rendraient pas sa liberté, il lui envoya brutalement une décharge de magie offensive.
Il la vit sortir de son corps sous forme d'éclairs qui alla s'abattre furieusement contre son assaillant.
Mais un hoquet de surprise lui échappa lorsqu'il vit son attaque se dissoudre sous forme de vague mouvante d'énergie qui alla littéralement nourrir le corps de l'Hurleuse qui esquissa un rictus ravie. Là, des veines bleutés apparus sur le long du bras décharnée de la créature, remontant de sa main pour longer son épaule, son torse, son visage, et son corps tout entier… Le sorcier cria en sentant une connexion s'établir entre eux lorsque sa magie fut littéralement tirer hors de lui pour remonter le long des veines de son attaquante.
Perdre ainsi ses pouvoirs lui donna une impression de violation qui se mêlait à la douleur de se faire aspirer de l'intérieur.
Tirant encore plus sur la poigne qui retenait son cou, il puisa une partie de sa magie qui n'était pas encore absorbé pour tenter une nouvelle attaque dévastatrice. Il sentit les arbres autour de lui ployer sous sa puissance alors qu'une explosion électrique faisait craquer le sol et s'envoler les feuilles dans un tourbillon de lumière. Essoufflé, il retint un autre cri de douleur alors que son attaque se faisait proprement elle aussi absorbée par la créature qui commença à émettre des frémissements de plaisir.
- A l'aide ! Cria-t-il alors à plein poumons une fois qu'il réussit à prendre une légère prise d'air. Je suis ici ! Aidez-moi !
Comme s'il l'avait contrarié, il vit le regard aveugle de l'Hurleuse se fixait sur lui et sentit ses longues griffes s'enfoncer dans sa gorge. Il faillit presque en tourner de l'œil tant il suffoqua. Manifestement, leur cécité était largement compensée par leurs autres sens, et par une force démesurée.
Respirant par à-coups, il se servit de ses jambes et de ses bras pour se débattre plus violemment, usant d'un faible filet de voix pour continuer à appeler à l'aide. Il ignora la prise mortelle de son agresseur autour de se gorge qui se resserrait, et lui envoyait par intermittence de vaines décharges de magie pure.
Affolé, au bord de l'évanouissement, alors que sa tête s'alourdissait et que ses membres s'engourdissaient, il se demanda vaguement pourquoi la créature prenait tant de temps pour le tuer. Elle s'était pourtant débarrasser de James avec férocité et rapidité. Mais lui, alors qu'il ne cessait de se débattre à coups de poings, de pieds, et de décharge d'énergie, elle continuait à le maintenir en place d'une main tout en gémissant d'envie.
Soudainement, les paroles d'Alice lui vinrent en mémoire telle une claque.
Ces bêtes sentaient et se nourrissaient de l'essence vitale de leurs proies. Et il aurait pu se frapper lorsqu'il réalisa qu'il ne devait ces quelques minutes de survie et de souffrance qu'à sa magie qui était en train de la sustenter.
Ses décharges d'énergie ne servaient qu'à l'attiser.
Deux choix s'offraient maintenant à lui : soit il continuait de la « nourrir » jusqu'à ce mort s'en suive. Soit, il décidait enfin d'écouter les recommandations d'Alice en mettant sous clés chaque parcelle de magie qu'il possédait. Mais s'il choisissait la deuxième option, il se mettrait totalement en position de faiblesse et n'aurait aucune alternative pour se défendre. Mais n'était-ce pas déjà le cas ? Devant l'évidence de la situation, il n'hésita pas plus longtemps sur la décision à prendre.
Se concentrant, la tête lourde de douleur, il attira à lui chaque vague sauvage de sa magie, l'enserrant en son sein, et grinça des dents lorsqu'il dut se battre pour la retenir. Il tenta de s'imaginer en train de tirer sur plusieurs fils rayonnants de pouvoirs, coupant le lien mortel qui l'unissait à l'Hurleuse qui continuait de l'aspirer, et il tenta de garder cette mer d'énergie pure caché derrière un large mur inébranlable. Les cours dispensés par Snape, qui lui avait appris à bien se concentrer pour user de l'occlumancie, lui permit de rapidement se canaliser.
Sa magie instinctive, qui tentait naturellement de le défendre contre la menace qui le retenait toujours, le fit trembler sous l'effort qu'il devait fournir pour la maintenir. Il ne pensait pas posséder de telles réserves d'énergie. Mais depuis son arrivée à Elysion, et maintenant qu'il n'avait plus de collier d'Olodora'N, sa puissance n'avait fait que s'accroître. Et cela l'effrayait par moment.
L'Hurleuse, qui s'était mise à pencher lentement la tête sur le côté – la tournant comme si elle voulait se briser le cou – sembla sentir cette rupture car son beau visage fut défiguré par la haine et la colère.
A cet instant, comme pour lui faire regretter son geste, il fut balancer avec sauvagerie aux travers des bois, et battit inconsciemment des jambes et des bras dans l'air, avant d'atterrir lourdement contre un arbre qui lui coupa le souffle, et finit de lui briser les côtes.
Crachant du sang, il combattit la noirceur qui menaçait d'envahir son esprit pour tenter immédiatement de repérer son ennemi. Il ne devait absolument pas la quitter des yeux.
- A l'aide… Souffla sa voix éraillée.
Renonçant à se redresser, il resta allongé sur le ventre, la joue collée contre une terre froide et craquelée. La bile lui remonta dans la gorge et il ne se tourna pas pour laisser couler une gerbe de sang écaillée qui alla se répandre autour de son visage. Il sursauta lorsque l'Hurleuse se courba, ses deux longs bras posés aux sols, et ses griffes raclant la terre, et que son beau visage s'allongea et se fana pour adopter les traits d'une veille femme hideuse aux longs et maigres cheveux gris.
Le dos de la créature se vouta alors qu'elle laissa échapper une légère plainte d'embarras, avant que le bruit de déchirure de sa longue robe blanche ne laisse apparaitre derrière elle deux grandes ailes noires, aux plumes défraîchies et au cartilage apparent. La créature volante fit battre ses nouveaux attributs qui fouettèrent l'air d'un geste vif et continu. Harry, dont l'estomac était tordu d'angoisse, la vit se surélever de quelques centimètres du sol.
Mais le pire vint lorsqu'elle ouvrit la bouche, dont le menton se disloqua pour s'ouvrir plus largement, pour ainsi révéler une rangée de dents jaunies, aigues et recourbées, qui claquait vivement l'air à la recherche d'une chair à saisir.
Poussant sur ses bras pour se redresser, il s'immobilisa lorsque la tête de la bête, qui tournait dans tous les sens en humant le vent, se figea dans sa direction.
Harry comprit aussitôt qu'il était repéré et ne put retenir un sanglot ensanglanté lorsqu'elle se dirigea – lentement, serpentant comme une anguille sous les affres du vent d'hiver – dans sa direction pour le tuer. Prenant tout son temps, elle émit comme un ricanement tant elle semblait se réjouir de dépecer celui qui refusait maintenant de le nourrir.
Les yeux grands ouverts, le brun usa de ses dernières traces de courage pour regarder la mort en face. Son seul regret en ce monde serait de ne pas avoir revu les incroyables yeux améthyste de son amant.
Clignant des yeux pour se débarrasser de la rivière de sang qui s'écoulait depuis son front, il hoqueta en apercevant une forme surgir des bois pour s'interposer entre lui et l'Hurleuse.
Victoria, armée d'une longue épée finement ciselé, lui envoya un regard avant d'éviter d'une magnifique cabriole l'attaque sournoise de la créature. Tenant son arme à deux mains, il la vit user de tant de vitesse et de furtivité qu'elle trancha la tête de son adversaire d'un coup net et précis le temps d'un battement de cils.
La bouche ouverte pour mieux emplir ses poumons d'air frais, il frémit en la voyant s'approcher de lui, son épée dégoulinant de sang noire, après avoir repoussé d'un coup de tête rageur l'hideuse tête de la bête. Arrivé à sa hauteur, elle s'accroupit devant lui et il dut se concentrer pour réussir à bien voir ses traits sérieux et combatif.
Ses yeux rouges flamboyaient d'agressivité, et ses muscles pulsaient de tension dans l'attente d'un nouveau combat. Alice avait entièrement raison lorsqu'elle vantait leur capacité car cette femme était impressionnante en action.
Le tournant et le tirant avec force, sans délicatesse, pour l'assoir contre un arbre, il vit la vampire rousse plisser le nez d'un air dégouté à la vue du vomi ensanglanté qui s'étalait contre sa joue.
- Ou est James ? Demanda-t-elle à brûle pourpoint. A-t-il été attaqué lui aussi ? Quelle direction ?
Il nota que son discours décousu était dut à son léger essoufflement, et que même si ces gestes étaient dures, ils étaient aussi empreint d'inquiétude. Prenant une inspiration douloureuse, il sentit sa tête basculer vers l'arrière alors qu'une noirceur réconfortante envahissait son esprit tourmenté.
Sans lui laisser de répit, Victoria le secoua avec vigueur pour le ramener brutalement à l'instant présent.
- Nous n'avons pas beaucoup de temps… Elles ne sont pas loin… Persifla-t-elle. Ou est James ? Répond-moi !
Sa bouche asséchée s'ouvrit sans qu'un seul filet de voix ne parvienne à s'y échapper. Secouant la tête, il tenta de se reprendre pour lui répondre.
- Emporté… Fit sa voix affaiblie. Plus loin… dans le taillis…
Essoufflé par ces quelques mots, il la vit prendre une expression abasourdit avant qu'elle ne se reprenne pour chuchoter :
- Cours ! Maintenant ! Je te donnerais un peu d'avance avant d'aller le chercher…
Était-elle folle ? N'avait-elle pas comprit ses mots ? James était surement plus que mort à l'heure actuelle. Il le savait pour l'avoir vu se faire emporter par une Hurleuse, et pour avoir participer à son agonie en l'attaquant lui-même.
Mais bon, si elle voulait croire en sa survie, il ne serait certainement pas celui qui l'empêcherait de faire.
Un élancement le fit tanguer contre l'arbre, et il dut se mordre les lèvres au sang pour rester éveillé. Tendant la tête vers l'avant, sa vision brouillée lui permit d'apercevoir une chevelure rousse flamboyante danser autour d'une autre Hurleuse, avant que la tête hideuse ne soit tranchée, et que la gagnante ne s'élance à vive allure vers les profondeurs de la forêt, sans un regard en arrière.
Laissé seul, Harry sentit la panique l'envahir à l'entente d'autres bruissements dans les arbres, et se laissa tomber sur le côté pour se mettre à ramper lentement sur le sol terreux de la forêt. Ignorant les racines et les pierres qui s'enfonçaient méchamment dans sa peau sur son pénible passage, il se sentit plus que faible et comprit enfin à quel point il était inutile sans sa magie. Sa seule force résidait en elle, et une fois délesté de cet atout, il n'était au final qu'un humain blessé, perdu, et attendant la mort.
Dire qu'il avait voulu partir à l'Haradas pour sauver son compagnon. A quoi aurait-il servit ? Lui qui était incapable de se défendre sans ses pouvoirs. Or, à Elysion, il se rendait maintenant compte que le maniement des armes se révélait tout aussi primordial s'il voulait survivre.
Cette triste constatation le fit gémir tel un animal blessé, et il sentit ses dernières forces le quitter lorsque les bruissements entre les arbres se firent plus proches de sa position. Rampant quelques mètres de plus, il finit par renoncer et s'étala face contre terre dans un dernier effort.
Une douleur à la main le fit sursauter, et il cligna des yeux pour apercevoir une petite fleur jaune, recourbée et enroulée sur elle-même telle une liane, dont un bourgeon s'ouvrit sur trois épines vertes qui se plantèrent dans sa paume.
- Aïe… Murmura-t-il sans force, en attira sa main blessé contre sa poitrine. Même les plantes m'attaquent… sans que je puisse me défendre… Pitoyable…
Ces quelques mots semblèrent prendre tout son souffle, et il tenta de ne pas suffoquer sur le sol.
Le bruit de pas fendant les fourrés pour se diriger vers lui le fit se tendre mais il n'eut pas la force de se redresser pour fuir. Et il doutait qu'ériger une barrière de protection autour de lui soit sa meilleure idée de la journée, donc il attendit que la mort vieille le saisir comme s'il s'agissait d'une veille amie.
- Harry ! Fit une voix féminine avant qu'une paire de main blanche ne le saisisse pour le retourner sur le dos. Tu m'entends, Harry ?
C'était Alice. C'était sa voix. Il se battit contre sa fatigue et sa douleur pour dévisager son doux visage ravagé par l'angoisse.
- Elles sont là ! Intervint la voix de Rosalie, agenouillée à ses côtés. Emmène-le loin d'ici. Je couvre nos arrières !
Il sentit la paume fraiche de la vampire blonde caresser son visage pour le nettoyer de son vomi et de son sang, et lâcha un soupir de soulagement en avisant son regard tendre et rassurant.
Trop rapidement pour son esprit exténué, elle disparut au combat, et il sentit les mains d'Alice le saisir avec une force insoupçonnée pour le remettre debout. Honteux de sa faiblesse, il força ses jambes flageolantes à le soutenir alors qu'une grande partie des soldats royaux se pressaient de les entourer pour assurer leur sécurité.
Déjà, il pouvait percevoir les premiers sons de combat, les hurlements de douleurs de ceux qui tombaient, et s'imaginait la grande guerrière qu'était Rosalie pourfendre de ses Saïs chaque ennemi qu'elle rencontrait.
- Ne vous éparpillez pas ! Ordonna Alice. Formez les rangs pour la retraite.
Tentant d'adopté son air concentré pour masquer sa misère et sa douleur, il suivit bien difficilement le mouvement lorsqu'on l'entraina en direction du camp, où les chevaux devaient les attendre.
Le soulagement le gagnait alors qu'il se savait sauver lorsqu'un hurlement, tellement puissant qu'il aurait pu le tuer sur le champ, les fit tous fléchir au sol. Le cri de l'Hurleuse, mélange d'hurlement du loup à la pleine lune, et d'un oiseau sauvage, résonna à travers le bois et trouva rapidement écho au loin.
Les oreilles saignantes, Harry reprit connaissance pour voir que tous les autres vampires, dont l'ouïe était plus fine, se contorsionnait de douleur au sol. Le cri de l'Hurleuse les avait tous assommés.
- Elle a appelé les siens… Balbutia Rosalie. Elles arrivent…
Une sueur froide remonta le long de son dos à l'entente de cette annonce funèbre.
Ils avaient déjà eu du mal à vaincre les trois Hurleuses qui étaient déjà apparus sans perdre quelques soldats royaux, alors il n'osait imaginer le carnage qui les attendait si les créatures qu'il avait entendu répondre à l'appel les attaquaient à leur tour.
La douleur des doigts d'Alice s'enfonçant dans son épaule le ramena à la réalité et il avisa son air affolé et son souffle court.
- On y va, Harry. fit-elle. Maintenant, il faut courir !
Sans attendre sa réponse, il se fit tirer vers l'avant et força son corps endolori à répondre à cette urgence. Trottant, trébuchant, et s'appuyant contre son amie, le bruit de son cœur battant à tout rompre dans ses oreilles le rendait sourd aux combats qui se poursuivaient dans son dos.
Les autres allaient-il les suivre ? Rosalie ne finirait-elle pas gravement blessée face à de tels adversaires ? La peur l'empêchait de se retourner pour s'enquérir de son état alors qu'il avait conscience d'avoir provoqué ce drame. Il ne pouvait que retenir ses hurlements à chaque fois qu'un corps tremblotant chutait au sol, la tête pendante et le gorge arrachée.
Les vampires étaient peut-être résistants, mais il apprit durant cette course pour la survie qu'ils ne survivaient pas si on les décapitait. Outre le feu, c'était bien la deuxième façon de tuer un vampire.
- Allez, Harry ! Lui hurla Alice en le portant pratiquement à bout de bras. On y est presque !
Le souffle court, il sut qu'elle disait vrai lorsqu'il aperçut les lueurs d'un feu de camp quasiment éteint et qu'ils déboulèrent en trombe au milieu du campement. Là, les tentes avaient été rangées, les chevaux scellés, et le reste de la troupe attendaient impatiemment le signe de départ vêtu de leur rutilantes armures.
Ecoutant Alice donner ses ordres, il remercia d'un signe douloureux de la tête le vampire qui lui emmena son cheval. Il hésita avant de relâcher l'épaule de son amie, où il avait pris appui, pour s'agripper avec vigueur à sa monture.
Jamais il ne pourrait monter en selle. Son corps brisé tenait à peine debout.
Mordant ses lèvres sous une vague de douleur, qui le laissa étourdit, il ne comprit qu'il venait de perdre un moment connaissance que lorsqu'il se vit assis sur son cheval, le dos collé à un torse ferme. Se retournant, il cligna des yeux en détaillant la mine sérieuse d'Alice, qui – il s'en rendait enfin compte - avait elle aussi revêtu une légère armure, et qui fixait les bois avec tension.
Son regard parcourut le reste de la troupe déjà en selle, et il comprit qu'ils attendaient tous l'arrivée du reste des soldats et de Rosalie.
Les secondes passèrent dans un lourd silence, où il tenta de rester parfaitement conscient, et des bruits de cavalcade devinrent soudainement plus perceptibles. Quelque chose, ou quelqu'un se rapprochait de leur position à la course. Les branches craquèrent, et le vent leur souffla le son de petits pas précipités.
Fondant parmi les arbres, sa chevelure blonde derrière elle, Rosalie apparut enfin, la joue portant une longue estafilade ensanglantée, et sauta à la hâte sur un cheval.
- Au pas de course ! Ordonna-t-elle. Il faut les semées !
Sans attendre, les chevaux s'ébrouèrent avec tension avant de s'élancer vers l'avant, leurs puissants sabots claquant le sol.
Criant de douleur, Harry tenta de s'agripper là où il le pouvait alors que les soubresauts de sa monture faisait s'entrechoqués ses côtes brisés. Tournant la tête sur la droite, il gémit de peur en apercevant une Hurleuse, grimpant et slalomant entre les arbres, qui se rapprochait de lui.
Le bras d'Alice s'enroula fermement autour de son ventre, et elle donna une impulsion au cheval qui fit un brusque écart sur la gauche, évitant de peu la prise mortelle de la créature qui s'était élancée sur eux.
Brisée par la douleur de son corps, il se battait pour rester conscient et sursauta lorsqu'une Hurleuse sauta sur le cavalier devant lui, le faisant – lui et sa monture – tombé au sol dans une longue roulade mortelle.
Ils avaient beau chevauchés à vive allure, fouettant leur monture et criant à plein poumons pour les encourager dans leurs efforts, leur ennemi était trop vif et trop rapide pour qu'ils aient une chance de les semés.
Harry vit, le cœur lourd, plusieurs gardes tomber de leur monture pour être vivement emportés dans les bois. Un dernier hurlement annonçait à tous leur mort.
Il cria lorsqu'Alice fit un autre écart pour éviter une créature qui avait sauté au-devant du chemin, et il ne réagit pas lorsqu'on lui confia les rennes pour que son amie puisse faufiler ses mains dans son dos, où pendait un harnais, pour en retirer deux longues dagues à l'allure aiguisé. Il n'eut pas le temps de s'appesantir sur la beauté des armes, tranchantes et lumineuses de pierres précieuses, avant qu'elles ne tranchent la gorge de l'Hurleuse qui avait eu le malheur de leur sauter dessus. Le cheval émit un gémissement affolé et redoubla de lui-même d'efforts pour fuir au plus vite.
Tentant de les diriger au mieux, sa vision se brouillant par intermittence, Harry comprit qu'il devait absolument faire quelque chose pour repousser leur ennemi. Après tout, il était celui qui avait provoqué ce cataclysme. Serrant les rennes entre ses doigts, son corps engourdit laissa échapper une autre gerbe de sang qu'il cracha au sol. Et il sut qu'il ne tiendrait pas longtemps.
Il fallait qu'il trouve une solution. Maintenant.
Que savait-il des Hurleuses ? Elles étaient rapides, agiles, et venaient en nombre des quatre coins de la forêt. Bientôt, il serait submergé et les vampires n'étaient pas assez nombreux ou puissants pour les repoussés. Secouant la tête, il se dit que ce type d'information ne l'aiderait pas à s'en sortir. Que savait-t-il d'autre ? Elles étaient aveugles et ne se fiaient qu'à leurs autres sens pour traquer leur proie et se nourrir de leur essence vital et, manifestement après, de sa chair. Très bien, mais à l'heure actuelle, elles avaient déjà trouvés leur proie et ne lâcheraient pas prise.
A moins qu'une autre proie, plus attrayante, ne se montre.
Harry tira accidentellement sur les rennes, déséquilibrant Alice qui décapitait une autre Hurleuse, et énervant son cheval qui semblait tomber dans la frénésie. Mais peu lui importait car il venait de trouver la solution : il fallait qu'il fasse diversion.
Sans prévenir, il força sa monture à quitter le groupe de cavalier et à s'élancer seul dans une direction opposée à la leur.
- Harry ! S'exclama Alice. Qu'est-ce que tu fais !
Elle tenta de lui reprendre les rênes mais il l'en empêcha. Il sentait ses forces le quitter, et la douleur qui martelait son crâne ne tarderait pas à le faire s'évanouir. Il devait agir vite.
Lentement, tout en forçant sa concentration, il abattit le mur qui retenait sa magie et la sentit plus qu'il ne la vit s'étendre autour de lui. Tel une mère protectrice, elle s'attela à lui redonner des forces et à résorber les plaies de son corps.
- Harry ! S'écria la voyante, alarmée.
- Il faut que tu me fasses confiance ! J'ai besoin que tu aies complètement foi en moi, Alice ! Dès maintenant !
- Ils nous suivent, Harry !
Tournant furtivement la tête, il s'aperçut qu'effectivement une bonne partie des Hurleuses qui les pourchassaient les avaient pris en chasse. Fermant les yeux, il sentit sa magie le caresser de l'intérieur avant d'émettre une petite onde de choc aux alentours, telle une menace. Il n'en fallut pas plus pour que tout le reste des créatures les poursuivent à leur tour, oubliant la troupe de vampires qui s'éloignait à vive allure.
- Harry ! Pleura presque Alice, dont le corps collé au sien tremblait littéralement de peur.
- Ai confiance en moi !
- Non ! Tu es dément !
Slalomant entre les arbres, il tentait d'éviter au maximum les griffes acérées des Hurleuses qui se pendaient dans les arbres avant de leur sauter dessus. Et, il ne put que frémir d'angoisse lorsqu'Alice hurla de douleur en se faisant sauvagement griffés dans le dos.
- Tu as un plan ? Grinça-t-elle en fondant l'air de ses dagues.
- Oui.
- C'est quoi ton plan ?!
Il hésita à répondre.
- Je le peaufine encore…
- Tu le peau… Harry !
Ignorant son cri de colère et de terreur mêlé, il prit une longue inspiration avant de tendre l'oreille.
Les bruits de sabots de la troupe n'étaient presque plus audible ce qui voulait dire qu'ils avaient pris assez d'avance pour ne plus risquer de se retrouver sous les crocs des Hurleuses. Ils continueraient certainement à galoper à vive allure jusqu'à quitter entièrement le territoire hostile.
Cette idée le rassura, et il se dit que même s'il ne s'en sortait pas, Rosalie et les autres seront saufs. Car il avait pris assez de vies pour cette nuit.
Fermant un instant les yeux, il leva sa main devant lui, y concentra beaucoup d'énergie, et observa la boule de magie blanche qui s'y forma lentement. Aux abois, les Hurleuses redoublèrent d'efforts et leurs mâchoires claquèrent très près de ses oreilles. Sans s'en préoccuper, comptant sur la voyante pour les tenir éloignés, il modela la boule d'énergie en pensant fortement au sort informulé qu'il souhaitait émettre.
La boule de magie eut un soubresaut avant de s'élancer au loin dans les bois.
Là-bas, une énorme lumière explosa et éclaira chaudement les arbres avant que n'apparaisse un magnifique et énorme cerf argenté. Son patronus, qui ne tarda pas à se mettre à galoper au-devant tout en laissant une lignée de magie sur son passage, était la parfaite diversion dont il avait besoin.
Tirant rapidement sur les fils de sa magie, il se fit violence pour la ramener derrière son mur protecteur.
Les Hurleuses qui les poursuivaient s'acharnèrent de longues secondes après eux, tentant de les saisir entre leurs griffes, avant que leurs longs corps ne se figent entre les arbres. Voyant cela, Harry s'empressa de tirer sur les rennes de son cheval qui s'arrêta avec résistance dans un large dérapage.
Il devait savoir si son plan marchait.
Posant ses doigts sur les lèvres d'Alice qui allait encore lui crier dessus, il attendit – la boule au ventre – que les créatures autour d'eux agissent.
Leurs têtes bougeant en tous sens étaient le seul signe prouvant que ces statuts perchés dans les arbres étaient bien vivantes. Elles semblèrent comme discuter entre elles pour savoir quelle proie poursuivre.
Finalement, le patronus, qui ne cessait d'aller et de revenir, semblait être un repas plus attrayant. La puissance dont l'avait doté Harry le faisait presque paraitre vivant, et il rayonnait de mille feux comme un appel lancé au loin. Ces créatures, aussi vicieuses étaient-elles, restaient des bêtes affamées qui recherchait la moindre parcelle d'énergie capable de calmer leur voracité.
Harry, dont l'essence était camouflée, et Alice, qui tremblait toujours de peur et de tension, n'étaient définitivement pas assez attrayants.
Comme un seul homme, le groupe d'Hurleuses s'élancèrent vers le patronus qui fit une embarder au travers des bois.
N'attendant pas de savoir la suite, le brun tira les rennes de sa monture pour faire demi-tour et la força à reprendre un galop enfiévré malgré la douleur. Il allait filer toute la nuit, pour rejoindre leur groupe, et quitter définitivement le territoire des Hurleuses.
- Tu n'es qu'un… Commença à dire Alice avant d'hoqueter de soulagement. Malade…
- Je sais.
Il sentit les douces mains de son amie reprendre les rennes pour forcer le cheval à augmenter la cadence.
Appuyé contre elle, ses yeux se fermèrent d'eux même alors qu'il accueillait enfin la noirceur qui envahissait son esprit comme une promesse libératrice de la douleur de son corps.
XXXX
Papillonnant des yeux, Harry sentit que ce nouveau réveil lui permettrait de mieux prendre conscience de son entourage. Car les deux seules fois où il avait ouvert les yeux, il n'avait pu que constater de la présence d'Alice à ses côtés, et du calme apaisant du reste de leur troupe avant de replonger dans les ténèbres.
Ils étaient réunis, sain et sauf.
Se redressant dans une grimace douloureuse, il remarqua qu'il avait été changé et allongé dans une large tente. Il venait à peine de tirer la lourde couverture qui le maintenait au chaud, qu'il vit apparaitre Alice, toujours vêtu de son armure.
- Harry, dit-elle avec soulagement, j'avais bien vu que tu te lèverais aujourd'hui.
Il rit bêtement à ces mots. Simplement heureux d'être en vie pour entendre son amie parler par énigme de ses visions.
- Tout le monde va bien ? Dit-il d'une voix tellement rauque qu'il ne se reconnut pas.
Il suivit du regard la voyante qui s'approcha d'un broc d'eau clair posté près de sa couche pour lui tendre un peu d'eau. La remerciant d'un sourire, le liquide apaisa immédiatement sa gorge en feu et il ferma les yeux de plaisir.
- Nous avons eu des pertes. Eluda-t-elle. Mais la plus grande partie est sauve et t'es redevable.
- Redevable ? Je suis celui qui les a mis en danger.
- Tu es aussi celui qui les a sauvés au risque de ta vie. Et de la mienne…
Il eut la décence de rougir de gêne avant de lui présenter ses excuses. Mais sur le moment, il avait juste sentit qu'il fallait qu'il agisse.
- Ou sommes-nous maintenant ?
Loin d'Arathéa ! Souffla Alice de soulagement. Il ne reste pas beaucoup de lieux à parcourir avant d'atteindre les portes de l'Haradas.
Ces paroles réchauffèrent entièrement le corps d'Harry qui frémit de plaisir. Bientôt. Bientôt il serait de nouveau dans les bras d'Edward.
- Mais… Se souvint-il. Qui sont nos guides ? James et Victoria…
- Ont disparus. Coupa la princesse. Nous n'en savons pas plus. Mais, par chance, ils nous avaient déjà indiqués sur une carte le chemin à suivre pour atteindre discrètement l'arrière-Sud.
Un soulagement sans nom l'envahit à cette annonce. Finalement, ces longues heures passés à discuter avec eux de l'itinéraire à suivre leur servaient à quelque chose.
- Debout maintenant ! S'excita son amie en lui saisissant le bras. Rosalie sera ravie de te voir éveillé !
Se laissant contaminer par son enthousiasme et sa bonne humeur, qui lui avait tant manqué depuis le début du voyage, il accepta son aide pour se redresser et la laissa inspecter ses bandages en retenant le plus possible ses couinements de douleur.
- Tu guéris bien. Fit-elle d'un œil critique. Ça devrait aller.
Il était ravi de l'apprendre car son corps était tellement engourdi et endolorit qu'il pourrait jurer être toujours au bord de la mort. Se laissant guider vers un coin de la tente, il ne se fit pas prier pour enlever sa chemise collante de transpiration pour plonger les mains dans le seau d'eau fraiche qui l'attendait.
Il ne lui fallut pas longtemps avant de pouvoir ressortir de sa tente correctement vêtu et enroulé dans un large manteau de fourrure blanche.
A sa vue, chaque vampires qui passa près de lui s'arrêta pour lui faire une courte révérence. Comme l'avait dit Alice, ils lui étaient reconnaissants d'avoir risqué sa vie pour la leur. Harry sourit en pensant que bien que les vampires étaient des êtres froids et vindicatifs, ils pouvaient aussi se montrer chaleureux et bienveillants.
- Alors tu es bien debout ? Fit une voix dans son dos. Il était temps que tu reviennes parmi nous !
Se retournant, il sourit franchement en voyant s'avancer Rosalie. Une fois face à face, ils s'observèrent un moment avant que la vampire ne lui balance un fort coup de poing dans l'épaule.
- Ça c'est pour tes plans foireux ! Nargua-t-elle devant sa grimace de douleur.
- Il a marché mon plan !
- Et ça, continua-t-elle sans riposter, c'est pour ta chance insolente.
Méfiant, il s'attendit à recevoir un autre coup lorsqu'elle lui saisit la tête entre ses mains. Il observa son visage se rapprocher, son regard brillant d'une lueur amusée et tendre, avant que ses lèvres froides ne se posent vivement sur ses lèvres.
Ce n'était pas vraiment un baiser. Juste deux paires de lèvres qui se frôlent. Et dans un clignement de cils, la vampire blonde avait déjà disparu à l'autre bout du campement.
Abasourdi, Harry l'observa un moment avant de toucher ses lèvres pour s'assurer qu'il n'avait pas rêvé ce geste. Oui, il venait bien de se faire embrasser. Pourtant, il n'y avait aucune passion, ou amour dévorant, dans cet échange. Et il ne pensait pas qu'une relation ambiguë le lirait à Rosalie après cela.
Il avait plutôt l'impression qu'venait de signer un pacte à travers ce baiser.
- Les vampires en couple, l'informa Alice, n'embrassent jamais une autre personne que leur partenaire. C'est impensable.
- Quoi ? Vous n'êtes jamais infidèle ?
Cela lui avait échappé et il vit à la mine agacé de son amie qu'elle aurait voulu qu'il soit sérieux. Ne serait-ce que quelques secondes.
- Rosalie doit beaucoup t'aimer et te respecter pour avoir fait ça. Souffla-t-elle tout de même. En t'embrassant, elle t'a pris sous son aile et répondra à quiconque en voudrait à ta vie.
Il pouvait sentir à la manière dont la jolie brune venait de prononcer cette phrase que le geste en lui-même englobait beaucoup de responsabilités. Il n'arrivait juste pas encore à comprendre tout ce que cela impliquait.
Gêné, il choisit donc de briser cette ambiance solennelle.
- Eh ! Et toi alors ? Se plaignit-il. Pourquoi ne fais-tu pas pareil ?!
Il tendit les lèvres et imita un baiser mais ne put s'empêcher de rire lorsqu'Alice s'esclaffa bruyamment. Puis reprenant son sérieux, elle pencha la tête sur le côté, comme pour mieux l'observer, avant qu'une lueur ne traverse son regard.
- Nous sommes déjà liés, toi et moi. Affirma-t-elle.
Dans un geste délicat, elle tendit deux doigts à ses lèvres qu'elle embrassa avant d'en effleurer brièvement les siennes.
Plus qu'un baiser indirect, c'était une douce marque d'affection qui ébranla Harry jusqu'à son âme.
XXXX
Sa main le démangeait.
Cette pensée tournait et retournait dans son esprit alors qu'il venait de regagner sa tente.
Ça avait commencé lorsqu'il s'était remis difficilement en selle pour poursuivre leur périple à travers les bois. Toute la journée, il avait senti comme un picotement qui avait muté en brûlure, puis en démangeaisons.
C'était inconfortable au point de devenir douloureux, et ils savaient que bon nombres de vampires avaient remarqués sa gêne.
Retirant vivement son gant, il n'entendit pas lorsqu'Alice rentra à son tour dans sa tente, et se pressa d'examiner les dégâts. Il pouvait se rappeler que cette même main avait subi la morsure d'une étrange plante lorsqu'il se faisait attaqué par les Hurleuses.
Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit que la piqûre de la fleur avait laissé une marque noire qui s'élargissait au centre de sa paume.
- Qu'est-ce que c'est ?! S'affola Alice en surgissant devant lui pour s'emparer de sa main. Comment as-tu fait ça ?
Il tenta de reprendre sa main pour cacher sa blessure mais dut renoncer face à la poigne de la vampire.
- Tu pourrais frapper au moins ! S'agaça-t-il. C'est vrai qu'on dort dans des tentes, mais bon, tu pourrais juste demander l'autorisation avant d'entrer.
- Rosalie. Souffla la voyante sans même prendre la peine de lui répondre.
L'espace d'un courant d'air, la guerrière blonde se trouvait aussi dans sa tente et observait d'un même œil critique sa paume noircit.
- Qui t'a fait ça ? Fit-elle d'une voix tendue.
Devant l'urgence de leur demande, il hésita un moment avant de répondre. Après tout, ce n'était qu'une petite piqure de plante. Rien de grave.
- A Arathéa… Balbutia-t-il. Une plante…
- Décris-la ! Coupa Rosalie.
- Eh bien… Petite, jaune, s'enroulant comme une liane. Elle possède un bourgeon qui m'a planté trois petits dards dans la paume.
Un silence tendu envahit la tente.
- L'Erinyes… Se plaignit Alice.
A cet instant, Harry ne parvint presque plus à chasser l'angoisse qui commençait à tordre ses entrailles.
- Ah... C'est son nom ? Fit-il. Est-ce que c'est mauvais ?
- C'est du poison. Asséna Rosalie en le relâchant.
Il retint un hoquet à cette annonce et crut un instant avoir rêvé. Ou peut-être était-ce une blague ? Mais l'expression grave de ses interlocutrices le convainquit du contraire.
- Quel genre de poison ? Demanda-t-il.
- Le genre lent, très lent, et violent. Il devient mortel pour un humain…
A cette annonce, Harry eut envie de s'assoir et de s'enfuir en même temps.
Ce n'était qu'une plante… Il avait survécut a beaucoup de danger pour mourir à cause d'une plante.
- F… Faisant un antidote… Se reprit-il.
- Il est très complexe à préparer. Hésita Alice. Et nous ne disposons même pas de la moitié des ingrédients nécessaire.
- Cherchant les !
- Nous sommes en territoire ennemi, Harry. Nous savons à peine où passer pour rejoindre l'Haradas. Comment veux-tu que nous sachions où trouvez ces ingrédients ? C'est un mélange de graines, et de plantes… Mais poussent-ils même ici ?
Sa main qui continuait de le démanger était comme un vicieux rappel qu'il ne rêvait pas.
- Vous êtes en train de dire que je suis condamné ? Fit-il.
Personne n'osa lui répondre de suite.
- Ce poison prend du temps avant de s'installer. Si tu étais un vampire, il ne ferait que paralyser tes organes. Mais… Expliqua Alice. Il va lentement envahir ton corps, avant de s'attaquer à tes organes internes. La fièvre… La fièvre est le premier signe.
Touchant rapidement son front, il souffla de soulagement en constatant qu'il n'était pas brulant. Cela voulait dire que le poison n'était pas encore bien avancé dans son organisme. Il avait encore du temps.
De plus, même si toute son énergie devait y passer, il comptait bien user de sa magie pour en retarder les effets.
- Vous partirez à l'aube, Alice. Intervint enfin Rosalie d'une voix catégorique. Vous retournerez vers Alayis, en évitant Arathéa. Ce sera plus long, mais il aura peut-être une chance de t'en sortir.
Il vit la voyante hocher de la tête avant de signifier qu'elle partait préparer le voyage express de retour.
- Non ! Rugit-il en les faisant se figer. Je ne vais nulle part ! En tout cas, je n'irais pas vers Alayis.
- Ne soit pas têtu, rugit la blonde, les guérisseurs du palais disposent de tous les antidotes jamais existé. Ils sauront te guérir.
- Et notre mission pour l'Haradas ? Et Edward ?
La peur qu'il pouvait éprouver pour sa vie était balayée par l'idée de devoir rebrousser chemin.
Il était si près de pouvoir aider son compagnon. Si proche de son odeur, de sa voix, et de sa force. Il avait parcouru tant de lieu en un temps record pour y arriver. Et maintenant, on lui disait « Game over, retour à la case départ ! ».
Il ne voulait pas lâcher prise.
- Harry, articula calmement Rosalie, si tu continues ce voyage, c'est la fin pour toi. Alors, n'insiste pas !
- Le poison progresse vite une fois la fièvre déclarée. Renchérit Alice. Et nous ne disposons de rien pour te faire un remède. En plus, nous sommes entourés de territoires ennemis, personne ici ne voudra jamais nous aider !
Il devait renoncer ? Maintenant ? Il se dit qu'il ne pouvait définitivement pas abandonner là. Et ne put que secouer la tête d'un geste de négation.
- Harry, Calma Alice, je sais que tu tiens a Edward mais…
- Tu sais que je tiens à lui ? Il eut un rire désabuser avant de crier : tu n'as aucune idée de ce que j'éprouve pour lui ! Tu ne peux pas savoir à quel point je peux me sentir bête, faible et inutile en ce moment… Il s'étrangla à ces mots. J'ai envie de mourir à l'idée que je pourrais le sauver mais que je vais bêtement laisser passer ma chance. J'ai perdu trop de temps, à dormir pour reprendre des forces, alors qu'il est peut-être toujours en train de combattre des Arkans. Ou même, peut-être est-il recroquevillé au sol, occupé à soigner ses blessures… N'est-il même pas déjà mort ? !
- Ne dis pas ça ! Coupa Rosalie. Ne pense pas comme ça !
- Aucune de ces pensées ne pourra me blesser plus que le fait de savoir qu'il va m'attendre jusqu'à la fin, et que l'imbécile que je suis ne viendra peut-être pas le secourir. Il se mordit les lèvres pour retenir sa colère. Est-ce qu'un jour je saurais bien faire les choses ? Pourquoi dois-je rester un fardeau pour les autres ? Pour lui ? Plus j'y pense, et plus j'aimerais être mort dans ces montagnes…
Il accueillit la gifle de la voyante comme un geste de bienvenue tant son esprit était brisé.
- Non, Alice, s'entêta-t-il à dire, je ne tiens pas à lui. Vois-tu, je suis… un homme au désespoir...
Il aurait pu en pleurer. D'ailleurs, des larmes d'amertume s'écoulèrent en rafale le long de ses joues.
- Ça suffit ! Trancha durement Rosalie, comme si elle parlait à un enfant récalcitrant. Tu retournes à Alayis ! Un point c'est tout !
Levant fièrement le menton devant cet ordre direct, il lui montra bien qu'il ne comptait pas sagement lui obéir.
- Non ! Cria-t-il en la toisant. Non, je n'irai pas !
- Personne ici ne te comprend mieux que moi, grinça-t-elle alors, je comprends ton envie de le sauver. Mais là, je vois bien que tu ne veux pas juste le sauver, tu vas y aller pour mourir sous ses yeux ! Est-ce là ta définition d'un sauvetage ? Te sentiras-tu plus héroïque ?
- Oh ! Tais-toi ! Cracha-t-il. Moi, je ne me cache pas derrière ma carapace de grande guerrière pour cacher aux autres à quel point, en réalité, je peux me sentir faible et désœuvré face au monde.
Il regretta ses mots à l'instant où il franchir ses lèvres. Et observa craintivement Rosalie faire deux pas vers lui avant qu'Alice ne s'oppose physiquement entre eux.
- Maintenant, ça suffit. Les menaça-t-elle sourdement.
Il savait qu'il avait eu tort. Il n'aurait jamais dut se servir du fait qu'elle lui ait fait assez confiance pour faire tomber toutes ses barrières pour ensuite lui balancer ses faiblesses en pleine face. Mais il avait tellement mal qu'il voulait aussi que les autres ressente cette douleur.
Après tout, pourquoi avait-elle le droit d'aller secourir son amant, alors que lui devait abandonner cette tâche ? Le monde était mal fait.
Tout de même honteux, il baissa les yeux sur les replis de la veste qu'il portait avant de lancer un regard torturé à Rosalie. La vampire, énervée, lui montra un instant les crocs avant de hausser les épaules comme pour lui dire : « A charge de revanche ! ».
- Tu ne peux pas y aller, Harry. Finit par dire Alice en secouant la tête. Il faut qu'on te soigne avant que le poison n'atteigne tes organes vitaux.
- J'ai l'impression que je vais mourir…
Sa déclaration jeta un froid dans la tente déjà trop tendue.
- J'ai l'impression que je vais mourir, continua-t-il la gorge serrée, si je n'y vais pas.
Il ne pouvait pas abandonner maintenant, pas après tout ce chemin parcourut.
Il allait en mourir ? Soit, il était prêt à prendre le risque. Il était sûr de pouvoir atteindre l'Haradas avant que la fièvre ne se déclare, pour cela, il comptait sur l'aide de sa magie pour stopper la progression du poison.
Une fois dans l'arrière-Sud, il n'aurait qu'à user de ses dernières forces pour terrasser les Arkans, peut-être les feraient-ils cramer pour le plaisir des yeux, pour qu'enfin son amant soit sauf.
Il n'aura qu'à tenir jusqu'à l'instant où il reverrait le profond regard améthyste du prince. Oui, il tiendrait jusqu'à sentir ses bras forts s'enrouler autour de son corps. Jusqu'à sentir ses lèvres le marquer, le brûler de passion. Il n'était pas gourmant, il désirait juste cet instant.
Là, il pourrait laisser le poison faire son effet et mourir en paix.
Car il voulait lui faire ce cadeau. Lui sauver la vie au détriment de la sienne. N'était-ce pas ainsi que se finissait les romans à l'eau de rose ? Le héros amoureux ne donnait-il pas sa vie pour sa moitié ? Son âme-sœur n'était peut-être pas une jolie femme en robe en flanelle, mais il méritait tout autant ce sacrifice.
Sa vie pour la sienne…
À SUIVRE.
