Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Lol : Coucou ! Me revoilà ! J'espère que tu es toujours dans le coin et que tu aimeras ce nouveau post. Biz.

Rikokooo : Salut ! Merci pour tes reviews. Ne t'inquiète pas, je n'ai pas abandonné ce projet. Pour tout te dire, je ne manque pas d'imagination, mais de temps. Et j'avoue que j'ai du mal à me remettre à écrire ces temps-ci. Je crois que je fais une overdose lol. Allez, je te laisse découvrir cette suite tant attendue. Biz.

Zaurelie : Eh oui, il a autant de chance que de malchance Harry. Mais ne t'inquiète pas, je ne vais pas trop continuer à le torturer dans ce nouveau chapitre. J'espère qu'il te plaira ! Bisouxxx.!

Patte-de-Neko : Ah, je suis contente que tu aies aimé le titre et le dernier chapitre que j'ai posté. Et je suis très heureuse de voir que tu me suis toujours. Sinon, tu m'as découverte ! L'Argpal est bien la langue utiliser dans le seigneur des anneaux. Je suis une grande fan ! Allez, je te laisse lire ce nouveau chapitre ! Bisouxxx.

Harry-Snape-Malfoy : Oh la chanceuse ! T'aurais pu m'emmener avec toi ! Je rêve de partir en Angleterre, mais je n'ai jamais réussi à trouver le temps pour le faire. J'espère que tu as pris plein de photos souvenirs ! Ça a dû être génial ! Bon, je ne sais pas si tu ne vas pas être déçu concernant l'arrivée d'Harry en arrière-Sud. Rien ne va se passer comme prévu ! Parce que j'ai eu envie de tout bouleverser à la dernière seconde (une autre crise d'auteur lol). Pour les secrets de la fic, tu vas voir que je commence enfin à lâcher des informations plus consistantes. Eh oui tu as raison de croire qu'Harry ne va pas tarder à en mettre plein les yeux aux Elysioniens. Et pour la dispute avec Rosalie, ne t'inquiète pas, le caractère explosif d'Harry lui cause souvent des problèmes avec les autres. Mais ses autres qualités jouent en sa faveur. Je ne pense pas que cela nuira à ses relations avec la belle blonde. Sinon, pour la grossesse de Ginny, je m'emploie déjà à écrire le petit chapitre dessus. Tu ne vas pas être déçue de cette suite ! En tout cas, je te remercie de toujours me suivre, et pour tes longs et gentils coms. Je prends toujours plaisir à les lire ! Bisouxxx.

Guest : Merci de m'avoir laissé un com. Je reviens enfin avec la suite. J'espère que tu aimeras ! Biz.

Keur2louve : Ah la la… Je t'ai préparé des retrouvailles hautes en couleurs. Ne t'inquiète pas pour Harry, je ne compte pas encore le tuer. Pour l'instant, je vais enfin être moins sadique et plus sensible dans ce nouveau chapitre. Je te laisse le découvrir ! Biz.

Arwen jedusor : Coucou ! Laisse-moi te rassurer : Harry ne va pas mourir ! Pas encore… LOL. J'espère que cette suite tardive te plaira tout autant que les autres chapitres. Biz.

drougael : Salut ! Ah, ça fait plaisir de retrouver une de tes reviews. Dans ce nouveau chapitre, je vais répondre à toutes tes questions (à part celle sur l'avenir de James et Victoria), et je vais même y ajouter une petite scène d'union. Sinon, tu m'as vraiment fait rire lorsque tu m'as dit ne pas lire les chapitres sur Ginny. Tu ne l'aimes pas à ce point-là lol ? Sinon, côté création de vilaine bestiole, je vais me poser un peu. D'ailleurs, j'ai l'impression que tu lis dans mes pensées en parlant d'un séduisant méchant à apparaitre… Parce que c'est un peu la direction que je vais suivre. Moi aussi, j'aime les beaux méchants, les âmes torturées, ou les anti-héros. En attendant tout ça, je te laisse découvrir ce tout nouveau chapitre ! Bisouxxx.

Sweety-chin : Coucou ! Bienvenue sur cette fic ! Ah, je suis contente que tu aimes cette petite histoire et ses personnages (même mon Jasper psychopathe lol). Pour répondre à tes questions, j'écris depuis l'an dernier. Je n'arrêtais pas de lire des fics sur FF, et un jour j'ai voulu tester si j'arriverais à en faire de même. Et c'est vraiment devenu un plaisir pour moi d'écrire ! J'espère que tu continueras à me suivre. Biz.

Charlène : Coucou, fidèle lectrice ! Je vois que tu apprécies particulièrement mes fins de chapitres lol. Rien que pour te faire plaisir, j'ai choisi de ne pas mettre trop de suspens à la fin de ce nouveau post. D'ailleurs, je vais répondre à toutes tes questions dans ce chapitre ! J'espère que tu aimeras ! Bisouxxx.

Drayy : Eh ben, moi aussi, au final Edward me manquait. A chaque fois que je devais écrire, et me replonger dans l'état de stress et de solitude d'Harry… je n'y arrivais pas ! C'est comme si l'histoire perdait de sa saveur maintenant que je n'avais plus à raconter leurs disputes, leurs combats… Je me suis démoralisée toute seule lol. Mais ne t'inquiète pas : il est enfin revenu ! Je te laisse découvrir tout ça dans ce nouveau chapitre. Bisouxxx.

laanais : Merci pour ta review. Eh oui, sadique un jour, sadique toujours lol ! Mais tu vas voir dans ce nouveau chapitre que je décris un peu plus le monde d'Elysion, ses habitants, ses secrets, et l'intrigue de l'histoire. J'espère que tu aimeras ! Biz.

Cacadeschamps : Dis-moi, avoue que tu n'auras pas fait confiance à Harry à la place d'Alice ? Il est parfois un peu trop fou pour le bien-être des autres lol ! Pour le poison, l'idée m'est venue en regardant un film lol. Je me suis dit que ça collerait parfaitement avec ce dont je voulais faire de la suite de l'histoire. Sinon, ne t'inquiète pas, Harry ne mourra pas par empoisonnement. Pas avant des retrouvailles caliente avec Edward XD ! Allez, je te laisse lire cette suite ! Biz.

FaenaFiliana : Alors, j'ai bien rigolé quand tu as fait le rapprochement entre Harry est VDM XD ! C'est totalement vrai ! Alors, maudis ou non par Ginny ? La question se pose lol. Allez, j'espère que tu aimeras aussi ce tout nouveau post. Biz.

ptitcoeurfragile : Oui, je me rends compte que le départ d'Edward a fait sombrer la fic dans le mélodrame. Et je déteste ça lol ! Du coup, dans cette suite, je me suis dépêchée de le faire revenir. J'espère que ça te plaira. Bisouxxx.

nouritcha-sushine : Alors là, tu va pas être contente lol. J'ai pensé à faire une arrivée à l'Haradas. Puis j'ai tellement d'idées et de mystères à faire planer sur l'arrière-Sud que je n'ai pas voulu tout dévoiler maintenant. Du coup, j'ai continué l'histoire en développant d'autres secrets. J'espère que tu aimeras comme même ! Biz.

Élodie Nina : Salut ! Merci encore pour ta gentillesse et ta fidélité. Je vois que tu es totalement habitué à mon côté sadique, mais tu vas voir dans ce chapitre que j'ai voulu la jouer « douce et gentille ». Du coup, pas trop de mauvaises rencontres. J'espère que tu apprécieras tout ça ! Bisouxxx.

Attention : Pour me faire pardonner mon retard lol, ce chapitre comporte une petite scène d'amour. Si cela vous dérange, sautez juste le paragraphe où j'ai mis des « XXXX » en gras. Sinon, j'espère que ça plaira à ceux qui le liront. C'est mon tout premier lemon !

Chapitre 31 : Un nouvel éveil

La pluie verglacée qui s'abattait avec rage sur le groupe de cavaliers qui longeait en toute furtivité les territoires de l'Arrière-Sud semblait empirer de minutes en minutes. Le ciel, brumeux et capricieux, les empêchait de bien distinguer la route déjà trop faiblement éclairée par les rares rayons de soleil qui parvenaient à percer la pénombre des bois alentours.

Harry, qui frissonnait sous la colère de la Nature, tira d'une main crispée sa longue cape de voyage contre son corps courbaturé et endolori. Touchant une énième fois son front, il fut rassuré de constater qu'aucune fièvre ne s'était encore déclaré. Bien qu'il se sente affaibli et engourdi par le poison, il semblait avoir encore du temps avant de flancher face à la maladie.

Enfin, c'était ce qu'il espérait.

Du coin de l'œil, il ignora le regard insistant d'Alice posé sur son dos, et masqua une grimace de douleur lorsque ses côtes en cours de guérison subir le contrechoc de la route cabossée qu'ils empruntaient. Il la savait inquiète à son sujet, mais ne voulait pas lui donner plus de raison pour le contraindre à repartir.

Mais en voyant Rosalie ralentir sa monture pour se mettre à son niveau, il sut qu'il n'avait pas été assez discret pour cacher son mal. Et malgré leur dernière dispute, la blonde, qui semblait encore plus comprendre son mal-être, et son obsession, le protégeait comme une vrai mère poule.

- Ça va, Harry ? Lui demanda-t-elle immédiatement. On peut faire une pause si…

- Je vais bien ! Coupa-t-il un peu trop durement.

Ces derniers temps, il avait l'impression de toujours devoir se justifier, et rassurer son entourage - qui semblait attendre de le voir s'écrouler d'un instant à l'autre - sur son état de santé. Et bien qu'il n'oubliait pas que leur appréhension provenait du fait qu'il avait été empoisonné, il ne supportait plus l'idée qu'ils prenaient tous de plus en plus de retard pour le permettre de récupérer des forces.

- Non, fit-elle, catégorique en lui arrachant les rênes de son cheval, ça ne va pas. Tu as déjà atteint tes limites.

- Halte ! Cria aussitôt Alice qui avait bien entendu suivi la conversation. Éclaireurs, trouvez-nous un endroit paisible pour faire une pause.

- Non ! Protesta-t-il encore. On perd du temps ! Puisque je dis que je me sens bien !

Il allait continuer à protester, et tendait déjà une main revêche vers les rênes de son cheval, lorsqu'un violent vertige l'aveugla. Sa main, molle et hagarde, alla finalement rencontrer l'épaule de la princesse blonde, et il sentit ses doigts s'y enfoncer avec douleur pour l'empêcher de s'écrouler.

- Tu es un triste menteur, Harry Potter. Dit Rosalie d'une voix dont la peine gommait la réprobation affichée sur son beau visage. Laisse-moi t'aider.

Ignorant sa remarque, il dut tout de même mettre sa fierté de côté, et la laissa diriger sa monture pour quitter la route sinueuse qu'il longeait vers un petit bois à l'abri des regards indiscrets. Il ne put même pas se plaindre lorsqu'Alice prit la relève et le souleva presque totalement de sa poigne de fer pour le faire descendre à terre. Essoufflé par ces quelques mouvements, il serra les dents pour ne pas perdre la face devant l'armée royale qui scrutait toujours avec assiduité ses moindres gestes. Se détachant de la petite voyante, il partit, avec une lenteur accablante, se réfugier sous le couvert des premiers arbres aux abords de leur campement.

À peine les pans des arbres l'avaient-ils englobé qu'il se plia en deux pour calmer sa respiration sifflante, tandis que son corps se crispait et se contorsionnait sous la douleur du poison qu'il sentait envahir chacune de ses cellules. Il avait l'impression que ses poumons étaient prisonniers d'un carcan de fer qui lui broyait à chaque inspiration la cage thoracique. Pencher en avant, il lui fallut de longues minutes avant que sa vision ne se stabilise et que sa respiration ne devienne régulière.

Il n'était pas dupe. Il savait très bien que Rosalie avait raison sur un point : il avait presque atteint ses limites.

Le poison avait agi plus violemment qu'il ne l'avait prévu, profitant du fait qu'il était déjà blessé et affaibli de son combat contre les Hurleuses. Au final, il n'avait fallu que quelques jours pour que sa magie ne puisse plus, d'un côté, guérir correctement ses côtes brisées, et d'un autre, se concentrer dans son besoin de repousser les effets de la contamination. Et elle s'était comme engourdie à mesure que ses organes vitaux se paralysaient. Lentement, son corps avait commencé à lui faire défaut au point qu'il ne pourrait bientôt plus monter seul à cheval.

Bien sûr, il savait que ses faiblesses étaient connues de Rosalie et d'Alice, et il redoutait le moment où elles lui demanderaient d'abonner la mission de sauvetage pour rejoindre Alayis. Serrant le poing à s'en faire mal tant cette pensée à elle seule l'agaçait, il se demanda un instant s'il ne lui restait vraiment aucune autre alternative.

Son dos se tendit en entendant le craquement de brindilles, et le claquement des branches qui se pliait pour laisser passer les deux personnes qui le rejoignaient sous le couverts des arbres. Il ne prit même pas la peine de se retourner, sachant déjà leur identité.

- Maintenant ça suffit, asséna Rosalie, je t'avais dit que tu ne pouvais pas continuer.

- Et je t'avais dit que je n'y renoncerais pas ! Contra-t-il en tentant de maitriser les tremblements de son corps. Je dois vous suivre jusqu'en Haradas.

- Non ! Se mêla Alice, tu veux mourir en Haradas ! Je l'ai vue…

Ses mots eurent le mérite de jeter un froid dans les bois. Usant de ses dernières forces, il se tourna vers son amie dont le regard troublé et plongé vers le futur le fit frissonner de peur.

- Combien de temps me reste-t-il ? Fit-il. Dis-le-moi !

- Je ne sais pas, fit la voyante en revenant à elle, mais pas assez longtemps pour l'atteindre.

Il eut l'impression de s'évanouir sous cette révélation.

Dire qu'il supportait cette souffrance dans l'espoir de trouver Edward. Et si au final ces efforts ne servaient à rien ? La peur de mourir en vain, sans revoir le visage aimé, l'atteignit en plein cœur.

- Est-ce que… Souffla-t-il au vent. Mon désir de le revoir n'était-il pas assez fort ?

Personne n'osa lui répondre et, en son for intérieur, il préféra ce silence à des paroles de réconfort.

- Était-ce mon destin de le rencontrer, continua sa voix nouée, de le détester, de me battre contre lui… Pour qu'on se perde de cette manière…

Il aurait pu presque rire de ce funeste sort qui se présentait à lui si la boule d'angoisse nouant sa gorge ne l'empêchait pas de respirer correctement.

- Harry, calma Alice en lui saisissant les épaules, il faut que tu y renonces. Le poison est beaucoup trop virulent pour que ton corps puisse encore longtemps y résister. Tu n'atteindras jamais l'Haradas vivant. Tu dois te soigner !

- Non !

Son cri cassé ramena le silence dans le petit bois, et même à l'extérieur. Il avait l'impression que sa douleur et sa peine avait fini par emplir chaque recoin de la forêt qui, compatissante, n'osait plus émettre le moindre son. Seul le ciel, enragé et indomptable, se laissait encore entendre sous le tonnerre et la pluie qu'il faisait s'abattre sur eux, et qui couvrait à peine leur discussion tout en les noyant sous des eaux de plus en plus froides et cruelles.

- Harry… Gronda Rosalie.

- Ce futur, coupa-t-il en fixant la voyante, cette mort… Je veux la voir de mes propres yeux.

Il sut qu'il avait gagné cette fois encore cette dispute lorsque les épaules des deux vampires se courbèrent. Se détournant, il reprit lentement son chemin vers le campement, tout en acceptant la présence silencieuse d'Alice qui l'avait aussitôt suivit en posant sa douce main dans le bas de son dos.

La pause ne dura guère longtemps, et le brun eut à peine le temps de reprendre son souffle et de boire avant de devoir remonter difficilement en selle.

Forçant son corps à obéir, il galopa à un rythme qui poussa les autres cavaliers à presser le pas. Il avait parfois l'impression qu'il allait s'écrouler, mais il niait cette faiblesse à chaque fois qu'un maigre rayon de soleil parvenait à éclairer le nouveau territoire qui se dessinait au-delà des montagnes.

Les yeux fixés sur cet horizon, il ne prêta pas vraiment attention au terrain boueux et escarpé qu'il empruntait à présent. En contre-bas, une longue pente descendait à perte de vue jusqu'à une petite rivière dont l'eau gorgée par la pluie débordait depuis longtemps de son lit.

- Harry ! Cria la voix d'Alice au même moment où un éclair zébrait le ciel. Ralentis ! La terre devient glissante !

Loin d'entendre son avertissement, il focalisa son esprit sur le reste du chemin qu'il leur restait à parcourir. Il pouvait presque sentir que leur arrivée en Haradas était proche.

Un autre éclair masqua le bruit des arbres lorsqu'ils furent sauvagement déracinés, et emportés par le glissement de terrain qui prit racine tout en haut des vastes collines qu'ils bordaient. La terre craquelée, ayant perdu toute sa consistance, dévala rapidement la pente mortelle qui menait à la rivière du contrebas. Emportant tout sur son chemin, le terrain fragilisé par les torrents de pluies qui s'écoulaient depuis plusieurs jours à intervalles réguliers n'offrit plus aucune stabilité au groupe de vampires.

Le hennissement de peur des chevaux se mêla aux cris des cavaliers qui tentaient tant bien que mal de trouver un quelconque soutien.

Harry, qui tentait vainement de ne pas se laisser emporter par cet écroulement, ne put compter sur ses forces pour maitriser sa monture affolée qui, s'ébrouant et se cambrant, les fit dévaler la pente de plusieurs mètres. Il s'accrochait de toutes ses forces en sentant les puissants sabots se plier et se tordre sous les rochers et les arbres emportés dans cet enfer.

Un autre obstacle finit par faire chuter le cheval, qui tenta vainement de se sauver dans un bond de frayeur, et là, il sentit son corps être littéralement éjecté de la selle. Ses mains crispées sur les rennes ne parvinrent pas à le retenir, et son regard eut juste le temps d'apercevoir Alice qui bataillait pour l'atteindre avant de chuter.

Lorsque son corps toucha le sol, et que sa tête faillit heurter avec violence un tronc d'arbre déraciné qui coulait vers le bas, il sut d'instinct qu'il ne se relèverait pas.

Protégeant sa tête, il batailla un instant les bras tendues, battant vivement l'air, pour tenter de se raccrocher à un arbre, un rocher, ou une racine... en vain. Le chaos ambiant l'empêchait de distinguer quoi que ce soit, et il retint son souffle en sentant la terre, froide et argileuse, le recouvrir tout entier.

Il allait suffoquer sous la douleur et le manque d'oxygène lorsqu'il sentit une prise acérée lui agripper la taille pour le ramener à la surface. Sa tête eut à peine le temps d'émerger, reprenant un souffle, qu'il était encore prisonnier de la terre. La souffrance et le manque d'air manquèrent de le faire s'évanouir, et il dut se concentrer pour combattre les ténèbres de son esprit et rester lucide. Le bras qui le retenait toujours s'efforça encore de le remonter et lorsqu'il reprit une seconde goulée d'air, il eut le temps d'apercevoir les longs cheveux blonds de Rosalie avant de définitivement s'abandonner à l'inconscience.

XXXX

Le paysage défilait à vive allure, et déjà, les derniers rayons de soleil s'éteignirent silencieusement au loin, derrière les premières hauteurs des montagnes. Dépassant de nombreux arbres défraîchis et glacés par les premiers signes de l'hiver, tout en semant la panique parmi les petits animaux qui vagabondaient aux alentours, les deux cavaliers qui hantaient encore les bois à cette heure plus que tardive redoublèrent d'efforts dans leur recherche d'un abri pour la nuit.

- Je suis désorientée, on n'aurait pas dû passer par là ! Résonna la voix d'Alice, légèrement essoufflée. Attends ! Je crois que j'ai aperçu quelque chose ! Une grotte !

Harry, dont le corps compressé contre elle émit un frémissement de douleur, venait tout juste de reprendre connaissance, et ne trouva pas la force de lui répondre à voix haute. La tête contre son dos, il se contenta de la hocher, une fois, pour montrer son assentiment.

- On y est ! Lui souffla-t-elle en ralentissant l'allure. Il vaut mieux passer la nuit à l'abri.

Leur cheval, fort et vigoureux, sauta avec enthousiasme au-dessus d'un arbre mort au milieu du chemin, avant de s'arrêter en piaffant.

Serrant les dents sous de nouvelles douleurs, le brun se laissa faire comme une marionnette désarticulé lorsque son amie descendit élégamment de cheval pour le saisir à la taille. Se laissant porter comme une mariée, il n'eut aucune envie de lui lancer une blague sur sa force herculéenne, si contraire à sa petite taille.

Rapidement, la magnifique vue des rayons orangers du coucher de soleil fut remplacée par les abords rocailleux d'une caverne sombre et humide.

Un halètement de douleur lui échappa lorsque son amie le posa, avec toute la douceur possible, sur un sol terreux et bosselé.

- Je reviens ! Dit-elle avec une certaine urgence dans la voix. Tu es gelé ! Il faut absolument que je m'occupe du feu… Et de la nourriture…

Claquant des dents, il ferma les yeux pour ne plus observer les alentours sombres et effrayants de la grotte, et tenta de réorganiser ses pensées.

Que s'était-il passé après que la pluie ait provoqué le glissement de terrain ? Rosalie l'avait-il vraiment sauvé ? Dans ce cas, ou était-elle ? Le cou raide, il tenta d'observer les alentours et dut se faire à l'idée qu'il était bien seul avec Alice. Où était passé le reste de leur convoi ? Il n'osait imaginer qu'ils n'avaient pas tous survécu à la catastrophe.

- Attends ! Murmura-t-il lorsqu'elle fit mine de s'éloigner. Ou… Ou…

Il ne parvenait même plus à parler. Par chance, il vit dans le regard de son amie qu'elle avait compris le fond de sa pensée.

- Tout va bien, Harry. L'éboulement n'a causé aucune nouvelle perte parmi les nôtres. Mais tu nous as fait une sacrée peur.

Il tenta de lui faire un sourire rassurant sans y parvenir. Abandonnant, il préféra profiter du fait que son esprit était assez clair pour tenter de mieux comprendre leur situation.

- Pourquoi on a quitté le groupe ? Demanda-t-il d'une traite, après avoir prit une inspiration. Pourquoi on n'est pas en route vers l'arrière-Sud ?

Il vit la gêne faire place à la détermination sur le visage de son amie avant qu'elle ne lui réponde.

- On va vers Alayis, Harry.

Il crut un instant avoir mal entendu, mais après avoir avisé le visage mortellement grave d'Alice, il dut se résoudre qu'elle était bien sérieuse.

- Quoi ? Balbutia-t-il. Quoi… Mais non… Non !

Remuant, il tenta de prendre appui sur ses avant-bras pour se redresser et protester, mais trouva son corps totalement paralysé. Il insista plusieurs fois en vain, et la panique commença lentement à l'envahir.

- Calme-toi, lui dit la vampire en le retenant par les épaules, c'est le poison.

Loin de le rassurer, ces quelques mots finirent de faire s'emballer son cœur. Il pensait pourtant en avoir pour plusieurs jours avant que le poison ne commence à le ravager, mais – avec sa chance habituelle - il se trouvait déjà presque dans l'incapacité de se mouvoir. Et il avait terriblement peur que cela veuille dire qu'il ne pourrait plus espérer survivre plus longtemps.

- Et tu penses, crossa-t-il, que retourner maintenant vers Alayis me sauvera ?

Il ne put retenir un rire amer, presque nerveux, de franchir ses lèvres sèches. Il avait conscience de ne plus disposer assez de temps pour recevoir un quelconque antidote. Pas alors que, ne pouvant pas se risquer à passer par l'Arathéa, le chemin du retour se trouvait être plus long et laborieux. Et pas alors que, n'ayant plus de guides à leurs côtés, ils ne pouvaient que choisir à la hâte un itinéraire bancale en priant pour ne pas se faire repérer par les Sudariens. À ce rythme-là, ses organes, son cœur, finiraient bientôt par lâcher prise avant qu'il n'espère atteindre les remparts d'Alayis.

Et il le savait tout les deux.

Il dut fermer fort les paupières en sentant des larmes de désespoir lui monter aux yeux. Mais derrière cette peine, il ne pouvait s'empêcher de s'énerver à l'idée que son dernier souffle ne serait pas employé à sauver Edward.

Car il aurait pu tenir jusqu'à l'arrivée à l'Haradas, jusqu'à pouvoir aider leur groupe à repousser l'ennemi. Jusqu'à s'assurer qu'il serait sauf.

Mais on lui avait retiré ce droit pour le condamner à mourir sur cette terre froide et hivernale. On venait de changer son destin. Son futur.

- Je pense qu'il faut tout de même essayer. Grinça Alice, visiblement tendue. Rosalie veillera à mener à bien la mission de sauvetage.

- C'était ma mission ! Lui hurla-t-il en retour. C'était à moi d'y aller !

- Et qui te l'a demandé ?

Harry suffoquait sans savoir s'il s'agissait de rage ou de douleur. Il avait l'impression qu'on venait de lui voler… son sacrifice.

- J'ai eu peur, Harry. Se calma la voyante. J'ai eu tellement peur que tu meures. Peux-tu au moins me pardonner ça ?

Il crut apercevoir une lueur de détresse passer dans son beau regard marron, véritable reflet de ses sentiments, lorsqu'elle lui caressa tendrement la joue.

Il devait vraiment faire peur à voir, ainsi faible et allongé dans la terre, et la mort l'encerclant déjà dans ses jupons. Acceptant son geste d'affection malgré sa colère, il ne pensa même pas à user de sa voix rauque pour la remercier lorsqu'elle utilisa sa cape de voyage pour le protéger du froid avant de rapidement disparaitre dans un courant d'air glacé.

Resté seul, il tenta une énième fois de se redresser. En vain.

Un fois encore, il dut se retenir d'émettre un rire fou et ironique. Mais qu'avait-il cru ? Qu'il était Superman ? Foutaises. Sorcier ou non, il ne pouvait rien faire contre un puissant poison, si ce n'était trouver rapidement son antidote. S'il avait été dans son monde, et s'il était encore en vie, aucun ne doute que le professeur Snape se serait bien moqué de lui. Oui, il ne se serait pas gêné pour lui dire qu'on ne jouait pas avec les potions, ou les poisons. Car après tout, si son corps le lâchait, même sa magie ne pourrait plus rien pour lui.

Perdu dans ses moroses pensées, il sursauta violemment en entendant un craquement provenant des bois. Tournant douloureusement la tête en direction de l'entrée de la grotte, il souffla de soulagement en apercevant la frêle silhouette d'Alice.

Haussant un sourcil, il la vit lâcher d'une main d'énormes morceaux de bois au sol, tandis que sa deuxième main, mortelle, retenait par le cou le cadavre d'une biche.

- Il te faut de la chair fraiche, fit-elle en réponse à son regard, et pas ces dégoutantes lamelles de viandes séchées.

Détournant le regard face à sa mine écœurer, il sentit toute colère qu'il pouvait encore ressentir contre elle vaciller en voyant son malaise lorsqu'elle s'installa pour allumer un bon feu, avant de se saisir d'une de ses dagues pour dépecer l'animal.

- Je sais que tu dois m'en vouloir, fit-elle sans le regarder, mais je sais aussi que j'ai pris la bonne décision. Seul le silence lui répondit et elle continua sur sa lancée : Je sais que tu penses que tu n'as aucune chance d'atteindre Alayis, et c'est peut-être vrai, mais je préfère encore essayer. Elle prit une inspiration tremblante, et le cliquetis de ses dagues sur la viande qu'elle était en train de trancher résonna fortement dans la grotte silencieuse. Harry, je t'ai vu mourir des centaines de fois dans ma tête en arrivant sur les terres de l'arrière-Sud. Tu ne peux pas m'en vouloir de tenter un autre chemin, d'essayer de trouver une… alternative… Elle marqua une longue pause avant de reprendre à voix basse. Je sais que tu penses que je n'ai pas respecté ton choix… Mais tu m'as demandé de te faire confiance à Arathéa lorsque l'on risquait nos vies sur ce foutu cheval. Alors à mon tour de te le demander : Aie confiance en moi ! Et laisse-moi faire !

Le sorcier la vit haleter à la fin de son discours, comme si elle retenait des pleurs, et il sentit ses paroles l'atteindre en plein cœur. Calmé, il la laissa continuer à jacasser pour briser le froid qui s'était installé entre eux.

- Merci. Fit-il sans reconnaitre sa voix tant, elle lui paraissait éraillée, cassée.

Un silence accueillit ce simple mot dont l'écho perdura dans la sombre grotte où ils s'étaient réfugiés.

- Je t'en prie…

L'espace d'un instant, l'atmosphère s'allégea et une douce chaleur sembla envahir la grotte.

Il vit avec plaisir l'urgence, et la peur cesser un moment de briller dans les yeux de son amie dont le corps se détendait. Il allait lui lancer une blague vaseuse, mettant en scène son habilité à manier la dague et le côté psychopathe de Jasper, lorsqu'une quinte de toux le plia en deux. Il eut un instant l'impression que ses poumons prenaient feu, et nia l'existence du gout du sel et de la rouille qui envahit sa bouche.

Non, il ne s'agissait pas de sang.

- Tu es brulant ! Cria la voyante. La fièvre… La fièvre est déjà là !

Il pouvait sentir son corps bruler de l'intérieur, et la sensation d'une main extrêmement froide sur son front le fit gémir de bien-être. Durant un cours instant, il sursauta en voyant l'image de son prince surplomber celle de la voyante pour apparaitre à ses côtés et lui caresser gentiment le visage. Il aurait pu se noyer dans ce regard améthyste si l'hallucination ne s'était pas évanouie sous une nouvelle douleur. Lorsqu'il parvint enfin à stabiliser sa vision, le visage affolé d'Alice, qui s'était mise à le bercer tendrement, effaça les dernières brides de l'illusion.

- Dis, Alice, murmura-t-il faiblement en sachant qu'elle entendrait clairement ses propos, que vois-tu ? Dans l'avenir ?

Il avait voulu demander si Edward serait sauf, mais préféra garder sa question totalement ouverte. Parce qu'il voulait aussi savoir s'il le reverrait, et s'ils seraient enfin tous en paix à Alayis. Le regard marron de la voyante le fui un instant avant de se recentrer sur lui.

- J'ai trop peur de regarder… Souffla-t-elle au vent. J'ai peur de ne pas aimer ce que je vais voir…

Il lui répondit par un rire sans joie.

- Dors, Harry. Je m'occupe du présent !

Le « merci » qui sortit de sa bouche fut à peine soufflé avant qu'une fatigue ne l'étreigne. Il se permit de fermer les yeux en sachant que la vampire se chargerait de le réveiller pour qu'il puisse se nourrir. Pour l'heure, il pouvait bien clore ses paupières quelques secondes. Déjà, le visage d'Edward lui apparaissait et l'attirait comme dans un tourbillon.

Il s'endormit sans y penser, et fut désorienté lorsqu'une agitation extérieure le tira violemment de ses songes.

La fièvre qui ne l'avait pas quitté de la nuit empêchait sa vue de se stabiliser. Clignant une énième fois des yeux, il crut apercevoir dans le noir ambiant la forme furtive d'Alice qui allait et venait dans la grotte. Elle ressemblait à un animal traqué.

- Harry, fit sa voix, je crois qu'on est repéré… Ils sont nombreux !

Il aurait voulu la rassurer, se lever et combattre, mais après une première tentative pour se redresser, il ne put qu'admettre que la fièvre avait amené avec elle la paralysie de ses membres.

- Ce n'est pas grave, dit la vampire, je vais te porter… Il faut partir ! Maintenant !

Il acquiesça et ce simple mouvement de tête lui fit tourner de l'œil.

Il dut perdre conscience un instant, car lorsqu'il rouvrit les yeux, il était de nouveau seul dans la grotte. Soudainement, le bruit d'une lutte et de lames s'entrechoquant le secoua, et il se força à concentrer pour fixer l'entrée de sa cachette.

Alice… Alice était dehors. Elle se battait.

Dès que cette idée fit son chemin dans son esprit, ce fut comme un électrochoc qui le laissa suant et haletant. Tirant sur son corps paralysé, il parvint après maintes douleurs et grognements à glisser sur le ventre. Le nez enfoui dans la terre, des larmes de douleur mouillant ses joues, il se débattit pour atteindre le plus rapidement possible son amie.

Même si la mort l'attendait au-dehors, il devait au moins tenter de lui porter secours. Même si sa magie semblait s'éteindre à l'allure de la vie quittant son corps, il devait tout de même tenter de l'utiliser pour stupéfixer quelques-uns de ces intrus.

Malheureusement, il ne réussit qu'à ramper sur quelques mètres avant de perdre de nouveau conscience.

XXXX

Ouvrir de nouveau les yeux fut douloureux pour lui. La lumière du jour agressa immédiatement ses prunelles sensibles, et il s'en plaignit bruyamment. Se redressant sur ce qui semblait être un vieux lit de paille, il mit un moment pour stabiliser sa position assise. Une main lasse passant dans ses cheveux, il se figea lorsqu'elle se posa sur son front.

Il n'avait plus de fièvre.

Craintif, il réalisa à cet instant qu'il avait même réussi à se redresser alors que cela faisait plusieurs jours que son corps avait commencé à se paralyser. Tentant de prendre son pouls, qu'il trouva calme et régulier, tâtant ses côtes qui ne semblaient plus si douloureuses, il faillit pleurer en osant émettre l'idée qu'il était guéri.

Comment cela pouvait-il être vrai ? Pourtant, avant de s'évanouir, il avait bien entendu des bruits de luttes provenant de l'extérieur de la grotte. N'avaient-ils pas été attaqués ? D'ailleurs, où pouvait bien se trouver Alice ? Ses yeux fouillèrent follement les alentours de la petite hutte en bambou où il reposait. Très austère, celle-ci ne possédait que le strict minimum qui se résumait à un lit de paille, un broc d'eau, et de vieilles bougies déjà à moitié éteintes.

Se levant précautionneusement, il se reprit à trois fois avant de pouvoir tenir correctement debout. Mais il n'eut pas plus de chance en faisant ses premiers pas, et se retint in extrémiste au mur. Jurant, il allait retenter l'expérience lorsque la seule petite porte du cabanon ou il se trouvait s'ouvrit d'un geste vif.

Retenant un sursaut, il n'en crut pas ses yeux lorsqu'Alice, un grand sourire aux lèvres, apparut saine et sauve devant lui. Un doux soulagement l'envahit et il examina minutieusement son amie qui se laissa plaisamment faire avant de prendre la parole.

- Enfin réveillé, se moqua-t-elle, c'est fou comme tu aimes dormir. Même pour un humain, ça me sidère !

- Dois-je te rappeler que j'ai été empoisonné ?!

Seul le rire enthousiaste de la voyante lui répondit, et il se détourna pour lancer un regard nerveux autour de lui. Même si elle semblait calme, lui n'était toujours pas rassuré sur leur situation. Il tentait vainement de rassembler ses pensées pour essayer de comprendre ce revirement de situation.

Sa vie était un tel bordel parfois.

La curiosité poussa son regard vers la porte ouverte du cabanon et l'espace qui s'étendait derrière elle. Lentement, presque craintivement, il finit par quitter son refuge pour explorer les alentours.

- Ne t'inquiète pas. Dit Alice en le suivant. On est en sécurité ici.

- Ici ?

- Oui, ici. Au village de Sylas.

Lançant un regard intrigué à la vampire, il fit un petit tour sur lui-même pour se gorger du nouveau paysage qui s'étendait devant lui.

Caché derrière une énorme région montagneuse, au fin fond d'une vaste vallée, le village encore endormi ressemblait à un petit insecte perdu dans un immense champ d'avoine. Et le ruisseau qui serpentait non loin de là, bordé de rochers et d'herbes hautes, reflétait les premiers rayons du soleil.

Semblant isolé, ce village aux maisons aux toits légers, faits de poutres de bois et de terre battue mélangée à de la paille, était serpenté de rues étroites, très sombres, sans trottoirs, et boueuses. Au loin, quelques champs de cultures, gelés par l'avancée de l'hiver, s'étendaient à perte de vue.

Harry observait les alentours, guettant le réveil des habitants du village, avec étonnement.

- Ce sont… Demanda-t-il en apercevant les premiers villageois.

- Oui, ce sont bien mes pairs. Fit la voix d'Alice. Des vampires.

Il avait besoin de cette confirmation pour affirmer l'idée qui germait dans son esprit.

- Que font des vampires, fit-il, sur un territoire ennemi ? Je pensais qu'il était dangereux d'être si proche des Sudariens ?

- Pas s'ils ignorent notre présence. Dit une voix dans leur dos.

Se retournant dans un sursaut, tout évitant de poser une main sur son cœur pour exprimer sa surprise, il prit son temps pour détailler la vampire qui se dressait devant eux.

Habillée simplement d'un long manteau de fourrure sombre pour la protéger du froid, elle portait ses longs cheveux noirs retenus en un chignon serré qui durcissait les traits longs et anguleux de son visage. Sa peau était aussi pâle que celle de son espèce, et ses grands yeux gris expressifs les fixaient avec attention.

- Mon nom est Aria. Continua-t-elle. Je suis la chef de ce village.

Le sorcier vit Alice incliner légèrement la tête en guise de salut, et il répéta silencieusement le même geste.

- Maintenant qu'il est debout, reprit Aria, j'exige que vous soyez partis avant le coucher du soleil.

Cette injonction jeta un froid parmi eux.

- Voyant Aria, intervint alors un homme en se rapprochant d'eux, ne sois pas si froide avec nos invités.

Le nouvel arrivant, tout aussi chaudement habiller que les autres villageois, était un grand homme aux longs cheveux blond cendré et au chaleureux regard vert.

- Ce ne sont pas des « invités », reprit la chef du village, mais des squatteurs non désirés ! Je ne veux pas d'eux ici !

Harry, légèrement agacé par son attitude, n'eut pas le temps de lui répondre avant qu'elle ne tourne les talons pour s'éloigner vers une des petites maisons en paille non loin de là. Rangeant son frein, il ravala sa verve car de toute manière, Alice, en lui pressant discrètement le bras l'avait comme intimé de garder son calme.

- Aria n'est pas vraiment méchante, leur apprit le vampire blond, elle essaye juste de nous protéger. Je me nomme Geoffroy, finit-il en inclinant la tête.

- Je comprends, fit la voyante en lui rendant son salut. Et comme je l'ai déjà affirmé, nous ne comptons pas nous attarder plus que ça.

Le brun suivait d'une oreille distraite leur conversation. Il ne pouvait s'empêcher de regarder le village s'éveiller lentement. Déjà, des feux étaient allumés pour faire cuire le pain et la soupe du matin. Tandis que des femmes, emmitouflés dans leur longs manteau de fourrure, soulevaient leurs jupes à l'approche de la rivière où elles se rendaient pour récupérer de l'eau.

- Mais où sommes-nous ? Ne put-il s'empêcher de demander. Quel est cet endroit ?

- Le village caché de Sylas, sourit Geoffroy en réponse, existe depuis maintenant plusieurs années. Ici, nous rendons grâce à ces montagnes protectrices et isolées qui nous gardent invisibles aux yeux de tout ennemis.

Harry vit sa fierté à l'évocation de son petit village. Et il devait admettre être lui aussi impressionné par cette découverte. Jamais il n'aurait imaginé que des vampires puissent quitter leur magnifique royaume pour vivre dissimilé parmi leur ennemi.

Mais d'un autre côté, ils avaient aussi trouvé la meilleure cachette possible. Après tout, personne ne devait vraiment s'aventurer en ces lieux, surtout avec la menace des montagnes d'Arathéa situé plus au nord de leur position. Alors personne ne penserait à explorer ces grottes sombres qui longeaient les montagnes à la recherche d'une forme de vie.

Les vampires de Sylas avaient trouvé un endroit parfait pour se cacher et vivre indépendamment des autres races.

Il suivit le mouvement lorsqu'ils se mirent à faire quelques pas, flânant aux gré des rues paisibles du village.

- Avez-vous été exilés ? Demanda Alice, après un moment de silence, visiblement très intéressée par leur situation. Est-ce pour ça que vous préférez vivre caché ici au lieu de rester auprès des vôtres à Elysion ?

Une émotion sombre passa dans le regard du villageois qui prit un moment avant de répondre.

- Nous sommes en quelque sorte des exilés. Admit-il. Car nous avons de nous-mêmes choisi de quitter la cour de nobles hypocrites et sauvages, ainsi que le Roi barbare qui la dirige…

Ces mots remplient de rancœur estomaqua Harry qui cessa d'observer une veille femme lavant son linge du matin pour dévisager le villageois.

Mais il ne put faire un geste avant que la princesse ne coupe la parole du blond en plaçant vicieusement une de ces dagues sous sa gorge. Il pouvait l'entendre grogner comme un animal sauvage.

- Je ne vous pardonnerais pas votre insolence… Fit-elle en appuyant sa lame. Carlisle est le meilleur roi que nous ayons eu depuis des décennies.

Autour d'eux, les villageois avaient cessé leur activité pour se rapprocher du conflit qui venait d'éclater. Leurs mines passaient de curieux à inquiets, et ne tarderaient à devenir hostiles. Voyant cela, il tenta de repousser Alice en lui saisissant le bras pour la faire reculer. En vain.

- Le roi Carlisle ? Demanda Geoffroy d'un air étonné. Ainsi donc, le fils a déjà succédé au père ?

Cette question eut le mérite de la déstabiliser puisqu'elle relâcha lentement sa prise mortelle.

- Depuis combien de temps vivez-vous ici ? Fit-elle. Attendez, vous ignoriez même l'identité de votre souverain actuel ?

- Et qu'est-ce que cela peut vous faire ? Intervint la voix froide d'Aria qui fondait la foule de curieux pour les atteindre. Nous avons choisi de vivre parmi ces montagnes pour nous éloigner de la haine et la guerre qui ravage notre race. Et pour couper tout lien entre eux et nous! Des murmures s'élevèrent de toute part pour approuver ses paroles. D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à l'avoir fait ! Des milliers de villages comme le nôtre existent ! Son regard flamboya lorsqu'il se posa sur Alice : nous refusons de vivre sous les ordres d'une royauté tyrannique qui se moque de la douleur du peuple et se réjouit des morts. Nous refusons votre autorité, princesse.

Pour la première fois depuis son arrivée à Elysion, Harry se garda bien de faire un esclandre même si les paroles de la chef du village le révoltaient. Car, au-delà de la menace, il y avait tant de crainte sur les visages qui l'entouraient, surtout depuis que l'identité d'Alice comme étant une princesse d'Elysion avait été révélée, que cela le poussait à rester silencieux.

Ces gens s'accrochaient corps et âme à cette fausse tranquillité qu'il s'était octroyée.

- Les choses ont évolué depuis. Insista la voyante. Le nouveau roi, Carlisle, est bon pour son peuple. Il essaye de toutes ses forces de réunifier les territoires et d'apporter la tranquillité à Elysion.

Il ne put que hocher la tête pour montrer son assentiment. Mais voyait au regards des autres vampires qu'ils n'étaient pas vraiment convaincus par ses paroles.

Ce village, si joyeux et paisible, semblait maintenant assombris par la peur, la peine... Et, à bien y regarder, peut-être même un peu de honte face à leur fuite.

- Êtes-vous en train d'affirmer que les conflits ne font plus rage de votre côté ? Grinça Aria, le regard vif. Pouvez-vous nous garantir que cette paix dont nous jouissons depuis toutes ces années réjouit vos grandes villes aux belles rues pavées ? N'êtes-vous plus attaqué par les Sudariens ? Et la guerre est-elle vraiment morte là-bas ?

Il vit qu'Alice allait affirmer que oui, mais elle se fit immédiatement couper la parole par la chef du village qui contre-attaqua :

- Alors que faisiez-vous, blessée et isolée, dans les bois ? Dites-moi ce que fait une princesse, solidement armée, si loin de son douillet et paisible château ?

Il sut d'instinct qu'ils n'auraient pas de bonnes réponses à ces questions. Après tout, n'étaient-ils pas à la base en mission de sauvetage ? N'avaient-ils pas constitué une armée pour partir en guerre contre les Arkans de l'Haradas ? Leur situation jouait en leur défaveur face à ce village qui n'avait plus à se soucier de ces menaces, car pour eux, il n'y avait pas d'ennemi à combattre, ou de guerre à mener.

Mais cette manière que ces villageois avaient de les observer, comme s'ils étaient des sauvages aimant le sang et les conflits, le rebuta quelque peu.

- Je ne pense pas que cela vous rend meilleur pour autant, s'entendit-il dire sans y penser. Votre soi-disant « paix retrouvée » n'est qu'une excuse que vous utilisez pour justifier le fait que vous ayez abandonné vos semblables.

Lui qui avait cru devoir rester neutre dans cette dispute, voilà qu'il devait faire face au regard devenu noir d'Aria et des autres villageois.

- Vous auriez put partir, continua-t-il, pour rassembler vos forces et vous révolter. Tout comme vous auriez put tenter de changer votre monde au lieu de l'abandonner. Il dut se taire sous la force des grognements qu'il reçu. Vous nous prenez pour des misérables à cause du sang qui souille nos mains. Alors laissez moi vous dire que vous n'êtes pas mieux lotis avec votre honte et votre lâcheté.

Voilà. En quelques secondes, il venait - encore - de devenir l'homme à abattre.

- Je ne peux pas juger de votre douleur, de vos sacrifices, calma-t-il, ou des raisons qui vous ont poussées à fuir dans ces montagnes. Mais je crois qu'il aurait été juste pour tout le monde que vous cherchiez un moyen d'installer une véritable paix à Elysion. Et pas juste pour quelques villages cachés et isolés à travers tout le Sud, mais pour l'ensemble de vos semblables. Cela ne vous peine-t-il pas de penser à la souffrance de ceux que vous avez laissés derrière ?

- Et comment aurions-nous put faire cela ? Ragea Aria, tremblante. C'est vous, fit-elle en toisant Alice, c'est notre royauté qui nous a laissé tombé ! Ce sont ceux censés nous diriger, et nous protéger, qui nous ont regarder souffrir ! Alors dites-moi comment une boulangère, ou un fermier, pourrait faire avancer les choses ? Si même le roi, tout puissant, ne change rien...

La peine, cacher derrière un mur de rancune et d'agressivité, filtrait à travers sa voix.

- De la même manière que cette boulangère et ce fermier, répondit-il, ont réussi à cacher tout un village. De la même manière qu'un humain peut atterrir dans votre monde et se battre pour tout bouleverser. Il eut un rire sans joie à cette référence. Parfois, la plus petite et insignifiante des actions est celle qui fera la différence entre victoire et défaite. Mais ça, vous ne pouvez pas le savoir étant donné que vous vous être d'entrée de jeu déclarer perdant !

Il sut qu'il avait eu tort de parler lorsqu'un mouvement de foule s'éleva derrière lui. Les villageois, loin d'aimer ses paroles, ne comprenaient pas en quoi un humain pouvait juger leurs actions passées. Certains se justifiaient en arguant avoir emportés dans leur fuite le plus de monde possible, et d'autres se contentèrent de l'insulter copieusement.

- Je vous veux hors de mon village, grinça Aria en se détournant d'une démarche raide, avant que le soleil ne soit bien haut dans le ciel. La lâche que je suis à déjà pris soin de vous indiquer le chemin le plus prudent à emprunter. Alors maintenant courrez vers votre palais doré, et laissez nous à notre honte !

Il suivit du regard la chef du village qui retourna s'enfermer dans la même petite maison qu'elle avait préalablement quitté. Ignorant ceux qui les entouraient ostensiblement, il sentit Alice lui agripper la main pour fondre la foule et repartir lorsqu'un petit cri leur parvint de la maisonnette d'Aria.

Cela eut le mérite de détourner l'attention des villageois qui lancèrent un regard anxieux à la maison avant de se disperser pour reprendre leur activité. Curieux de cette réaction, il ne fit aucun commentaire lorsque Geoffroy passa rapidement à côté de lui, le bousculant, pour atteindre l'endroit où filtrait déjà un autre petit cri.

- Il va me falloir plus de remèdes, lui cria alors Alice, pour le voyage !

Mais le blond, pressé, ne prit même pas la peine de se retourner ou de répondre.

- De quoi parles-tu ? Demanda-t-il à son amie tout en observant les villageois frissonner sous les petits cris qu'il percevait encore. Quel remède ?

Il sut à la manière dont elle fuit son regard qu'il n'aimerait pas sa réponse.

- Geoffroy est en quelque sorte le médecin du village. Fit-elle. Il m'a aidée à te soigner à ton arrivée.

Hochant la tête, Harry ne voyait toujours pas en quoi ils avaient besoin de «remède ». S'il était déjà guéri, il allait maintenant pouvoir reprendre la route vers l'Haradas sans avoir à se soucier de rien.

Mais peut-être voulait-elle faire des réserves pour prévenir d'un autre empoisonnement ? Son regard émeraude passa malgré tout sur le corps de la voyante pour se rassurer qu'elle n'était pas elle-même blessée. Mais ne remarquant rien d'étrange, il se permit de souffler de soulagement.

Soudainement, alors qu'il s'apprêtait à la suivre et récupérer le reste de ses affaires pour le voyage, il sentit un petit élancement d'énergie le traverser de part en part.

Plier en deux, il remercia Alice de l'avoir empêché de s'écrouler tout en sentant les fourmillements d'énergie qui parcourut un instant son corps avant de le quitter. Comment avait-il fait pour ne pas avoir remarqué cette énergie auparavant ? Il eut à peine le temps de tenter de se redresser avant qu'une autre petite vague ne le mette à genoux.

- Tu… Balbutia-t-il. Tu sens ça ?

Son amie le fixa étrangement avant de lui répondre.

- Tu sens la transition, Harry ?

- La… Quoi ?

- Transition, articula-t-elle en le redressant. C'est la phase pendant laquelle nous atteignons notre forme immortelle et l'intégralité de nos capacités vampiriques.

Les vagues d'énergie s'étaient calmées ce qui lui permit de reprendre son souffle.

- C'est son fils. Le malheureux souffre depuis hier soir, lui apprit-elle en pointant du menton la maison d'Aria. Le groupe de villageois qui nous a trouvés dans la grotte était à la base partie chercher des plantes médicinales pour le soulager.

Le sorcier réfléchit à vive allure alors que les plaintes du malade ne leur parvenaient plus. Edward lui avait déjà parlé de l'évolution des vampires et de l'acquisition de leur forme immortelle. Cependant, il ignorait que le processus était un tel supplice.

- Il va souffrir encore longtemps ? Demanda-t-il. Je ne pensais pas que la… transition... était aussi lente et douloureuse pour vous.

Le regard d'Alice s'assombrit à ses mots.

- Normalement, ça ne l'est pas. Révéla-t-elle. Mais beaucoup de vampires, s'ils ne sont pas assez forts, meurent durant cette épreuve.

Il sentit ses veines se glacer à cette annonce. Son regard se riva à la porte de la maison d'Aria, où il pouvait s'imaginer un petit vampire en train de lutter et se contorsionner pour survivre à sa transition.

- On ne peut rien faire ? Trembla-t-il. Tu ne peux pas l'aider ?

- Les choses sont telles qu'elles sont, Harry. Certains meurent, d'autres survivent… C'est le cours normale de la vie, et on ne peut rien y changer.

Les yeux écarquillés de surprise face à tant de fatalité, il ne put s'empêcher de fixer de nouveau la maisonnette lorsque les petits couinements de souffrance reprirent de plus belle.

- C'est bientôt fini. Murmura la princesse. C'est une chance, car les flux d'énergies de sa transition risquent à un moment donné de nous mettre tous en danger.

Il ne l'entendait déjà plus alors qu'une autre vague de puissance, plus faible et lancinante, venait de le frapper de plein fouet. Sans s'en rendre compte, son corps se mit à bouger, à marcher, puis à courir vers le vampire en pleine transition. Ignorant la main d'Alice qui tenta à un moment de le retenir, il s'agrippa avec force à la porte de la maison d'Aria avant d'y pénétrer.

Sans prêter attention à ceux qui y étaient présents, et qui le fixaient d'un air incrédule, il s'avança immédiatement vers le petit lit de paille où reposait un faible corps plié de douleur.

Le vampire, qui ressemblait à peine à un adolescent, était magnifique avec ses courts cheveux noirs ondulés et ses grands yeux gris remplis de souffrance. Harry le vit cesser ses contorsions pour l'observer, le souffle court, avant de lui tendre une main tremblante. À cet instant, il ne sut pas ce qui l'attira, mais il finit par repousser Geoffroy pour prendre sa place au chevet du mourant.

Là, lorsqu'il entremêla leurs doigts ensemble, il frissonna et haleta en sentant une connexion s'établir.

Sans savoir ce qu'il faisait, son autre main alla se poser contre le front du malade alors qu'il sentait les faibles flux d'énergie de la transition parcourir son corps épuisé. Il pouvait, en fermant les yeux, voir leur cheminement lorsqu'ils cherchèrent à se solidifier à chaque muscle, chaque cellule du corps trop éprouvé du petit vampire.

Curieux, drogué par cette connexion, il ne prit même pas en note le fait que c'était la première fois qu'il se liait ainsi à un vampire. Bien sûr, il avait déjà ressentit un lien entre lui et Edward, mais celui-ci lui semblait totalement différent.

Et cela l'attira assez pour qu'il arrête de se poser des questions pour mieux ressentir l'énergie du corps allongé près de lui. Suivant les fils d'énergie, ce fut là qu'il le sentit.

Dans un frémissement, il sut qu'il avait enfin fini par l'atteindre : le nœud d'énergie qui bloquait la transition.

Doucement, presque tendrement, il sentit sa magie – habituellement si sauvage – couler délicatement vers le vampire en souffrance pour défaire un à un chaque boucle du nœud d'énergie qui l'empêchait d'atteindre sa forme immortelle. Ouvrant les yeux, il ne s'étonna pas de voir apparaitre autour de ses poignets d'étranges symboles bleus glissant le long de ses veines.

Mais peu lui importait ce qu'il faisait, ou qu'elle magie il utilisait, car manifestement cela fonctionnait. Il le sut en voyant le vampire se cambrer pour s'illuminer légèrement tout en poussant une plainte de soulagement.

La transition avait réussi.

Le plus délicatement possible, il se retira du corps endolori, le laissant atteindre pleinement sa forme immortelle, et visualisa les fils de sa magie lorsqu'elles se détachèrent pour réintégrer son corps. Sans surprise, il vit les tatouages bleus qui illuminaient ses bras disparaitre sans laisser de traces.

Amenant son bras au plus près de son visage, maintenant qu'il n'était plus drogué par sa connexion avec le jeune vampire, il observa le phénomène avec une certaine peur. Il regretta de ne pas avoir pris le temps de faire des recherches. Mais entre la gestion du royaume, et les difficultés d'Edward en Haradas, il n'avait pas trouvé de temps pour s'interroger.

Pourtant, en apercevant le visage incrédule, voire pour certains, apeuré, de ceux qui l'entouraient, il allait vraiment devoir résoudre ces mystères.

Après tout, comment avait-il réussi à aider un vampire durant sa transition ? Lui qui ne connaissait pas grand-chose sur cette race et leur particularité. D'où lui étaient venus cette sagesse, cette maitrise et ces gestes ? Il se sentait tout aussi troublé et déstabilisé que son public pouvait l'être.

Par chance, Alice fut la première à se reprendre et elle se pressa de lui agripper le bras pour le conduire à la porte. Du coin de l'œil, il pouvait toujours apercevoir son trouble tandis que la prise de sa main tremblait légèrement.

Ils allaient quitter la petite maisonnée lorsqu'il choisit de se retourner une dernière fois. Il rencontra immédiatement les yeux gris, remplis d'admiration et de reconnaissance, du vampire qu'il venait d'aider.

- Comme vous me l'avez demandé, dit-il Aria, qu'il savait pour une raison inconnue être sa mère, nous aurons quitté le village dans quelques heures.

Ignorant les villageois amassés devant l'entrée, il suivit Alice jusqu'à la petite maison où il s'était éveillé. Là, il la laissa faire le tour de la minuscule pièce pour récupérer ses armes et se préparer pour le départ.

- Comment… Bafouilla Alice en se pressant. Comment tu as fait ça ?

- Je ne sais pas vraiment…

- Tous les sorciers de ton monde peuvent-ils le faire ?

- Je ne sais pas…

- Harry ! Cria-t-elle en se tournant vers lui. il faut que tu saches que la transition est une période très délicate pour nous. C'est à ce moment que nous acquérons toutes nos capacités pour devenir de vrais vampires. C'est à cet instant que nous voyons vraiment lesquels d'entre nous sont dignes de vivre ou de mourir. Elle plongea un regard indescriptible sur lui : Comment un humain peut-il intervenir dans ce processus ? Quelle magie as-tu invoquée ?

- Si seulement je le savais…

Mal à l'aise face à son insistance, sachant qu'il n'aurait aucune réponse à lui donner, il allait tenter de changer de sujet lorsqu'un vertige le poussa à se reculer vers le seul lit de fortune de la pièce.

- Qu'est-ce que… Fit-il en sentant l'engourdissement familier dut au poison le saisir. Pourquoi…

- Tu n'es pas guéri, Harry.

Serrant ses doigts engourdis sur la vieille couverture du lit, il tenta de nier les paroles de son amie.

- User de ta magie a dû réveiller le poison.

Luttant contre la paralysie et les spasmes de douleur, il posa une main contre son front et souffla de soulagement en ne sentant pas venir la fièvre.

- Je me croyais guéri, couina-t-il. J'allais bien !

- Non, Harry. Geoffroy n'a réussi à réunir qu'une infime partie des ingrédients nécessaire à l'antidote du poison. On s'en est servi pour te créer un remède qui ralentirait son avancée et te permettrait d'atteindre les portes d'Alayis vivant. Elle prit une mine défaitiste avant d'ajouter : Ce n'était qu'un sursis.

Tremblant, il n'osait croire à ce coup du sort. Lui qui se pensait en pleine santé et prêt à reprendre la route pour sauver son prince, devait définitivement abandonner cette idée.

- Je vais voir Geoffrey, fit la voyante en se dirigeant vers la porte, il nous faut plus de fioles du remède pour le voyage de retour.

- Non !

Il sentait son entêtement revenir alors qu'il entrevoyait un moyen d'atteindre tout de même l'Haradas. Se redressant avec difficulté, il fit face à la mine agacée de son amie sans ciller.

- On peut utiliser ce « sursis » pour aller jusqu'à l'Haradas et finir la mission. Insista-t-il. Après, on aura bien le temps de rejoindre Alayis.

Il fut déstabilisé par le rire nerveux d'Alice qu'il reçut en réponse.

- Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans « on n'a pas trouvé tous les ingrédients nécessaires à un antidote » ? Fit-elle. Le remède ne fait que ralentir le poison, il ne le guérit pas. Combien de temps crois-tu qu'il te reste avant qu'il ne nous soit plus d'aucune utilité ? Avant qu'il ne fasse plus effet ? Ses sourcils se foncèrent d'inquiétude et de mécontentement. On va retourner à Alayis avant qu'il ne soit trop tard !

Secouant la tête, il comprenait, mais ne voulait pas croire aux paroles de la vampire. Cela lui faisait toujours aussi mal de penser qu'il allait devoir abandonner son amant.

Pourquoi ne pouvait-il pas le sauver ? Il venait de sauver un parfait inconnu, mais pas Edward.

Il se débattit un instant contre Alice lorsqu'elle le prit dans ses bras dans une étreinte chaleureuse. Il ne ressentait pas l'envie d'être consolé, mais celui de crier à pleins poumons le démangeait. Pourtant, il finit tout de même par s'agripper de toutes ses forces à la lourde tunique que portait la princesse sous son armure.

- Il t'y rejoindra, Harry. Lui souffla-t-elle.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ?

Se détachant, il chercha à apercevoir son visage et reconnut immédiatement ce regard lointain qui semblait voir la vérité à venir. Il sut qu'elle s'était plongée dans l'avenir pour lui. Malgré sa peur de « ne pas aimer ce qu'elle pourrait y voir », elle voulait avant tout le rassurer et le sauver.

- Il t'y rejoindra, Harry. Répéta-t-elle dans un souffle. À Alayis. Il t'y rejoindra.

Renfonçant sa tête dans le cou fin de la voyante, son orgueil l'empêcha de pleurer de soulagement, et seuls les tremblements de ses épaules trahirent son émotion.

XXXX

Ils avaient fini par quitter le village caché de Sylas comme des voleurs. Sous les chuchotements, et les regards tantôt apeurés, tantôt admiratifs des villageois, ils avaient repris la route en direction d'Alayis.

Comme l'avait prévu la voyante, les fioles de remèdes qu'ils avaient emportés avec eux ne firent bientôt plus effet, et Harry arriva à temps pour recevoir un véritable antidote.

Il lui fallut quelques jours pour guérir totalement, de l'empoisonnement et de ses blessures, avant de reprendre ses fonctions au palais. Bien évidemment, il avait dû subir un interrogatoire du couple royal, mais il n'avait pas pu leur apporter le soulagement qu'ils attendaient.

Le dernier message qu'ils avaient reçu de Rosalie, toujours en route vers l'Haradas, les rassurait sur le fait qu'ils avaient bien réussi à atteindre le territoire ennemi de l'arrière-Sud. Mais depuis, plus aucune lettre ne leur était parvenue pour confirmer si elle avait bien retrouvé les deux princes manquants d'Elysion.

Harry ne pouvait se raccrocher qu'à la certitude des paroles d'Alice : Edward le rejoindra à Alayis.

Tout d'un coup, penser à l voyante lui rappela un autre fait important. Elle qui avait retrouvé avec un plaisir évident les bras de son époux, avait aussi pour une raison inconnu passé sous silence leur escapade au village de Sylas. Était-ce pour les remercier de leur aide en gardant leur village secret ? Ou simplement pour respecter leur envie de rester caché ? Quoi qu'il en soit, le brun avait choisi de suivre son exemple et en avait dit le moins possible. Il voulait lui aussi respecter le choix de ces villageois de vouloir demeurer dans l'ombre et la "paix".

D'un autre côté, il avait toujours le mystère de sa magie, et des marques bleues sur son bras à élucider. Mais plus les jours passaient sans nouvelle de retour des troupes elysioniennes postées à l'Haradas, et moins il avait envie de trouver de réponses à ces phénomènes. Malgré les regards insistants que lui lançait parfois Alice, il ne chercha pas à résoudre l'énigme qu'il était en phase de devenir.

Et lorsque la pression était trop forte, comme en cet instant, il se contentait d'emprunter le passage secret jusqu'en haut de la tour de guet que lui avait un jour montré Edward.

Cet endroit, si paisible et éloigné, renfermait en son sein tous les bons souvenirs qu'il avait besoin pour reprendre des forces.

Un grand vent froid lui souffla au visage, et il reporta son regard sur la magnifique vue qui s'étendait à ses pieds. La mer glacée par l'hiver s'agitait mollement en contrebas. La lune qui s'y réfléchissait donnait l'impression de millions de petits diamants scintillants sur la surface gelée, pour narguer le ciel.

Au loin, les petits îlots étaient déjà recouverts de glace pure que le souffle du vent avait parfaitement affinée. Ils brillaient comme du verre dépoli qu'on aurait recouvert de poudre d'arc-en-ciel. C'était un paysage à peindre pour rendre éternelle.

Le rayonnement des flammes de la tour de guet, qu'il avait pris soin d'allumer, ne troublait en rien cette nuit froide et silencieuse lorsqu'elles éclairèrent les alentours.

- Je ne pensais pas te trouver là. Dit soudainement une voix dans son dos. Deviendrais-tu sentimentale, Harry ?

Il sut qui avait parlé bien avant de se retourner. Vêtu d'une longue cape en fourrure blanche immaculée, Edward le fixait intensément, un petit sourire au coin des lèvres.

Hallucinait-il encore ? Il pouvait être sûr que la vision du prince s'évanouirait bientôt pour laisser place à Alice venue le chercher pour le dîner.

- Moi qui pensais que tu serais le premier à venir à ma rencontre. Continua l'illusion. N'as-tu pas entendu les cris et cors sonner notre arrivée ?

Non, il n'avait rien entendu, mais se garda bien de le lui dire. Il n'osa même pas parler de peur que sa voix ne vienne chambouler cette vision.

C'était un moment parfait.

Il vit comme au ralenti la main pâle de son amant se lever vers lui, paume ouverte vers le ciel. Sachant que ce contact romprait une fois pour tout le sortilège, il s'avança lentement et tendit à son tour la main.

Il frissonna bien avant que leur peau ne se touche.

Mais à peine ses doigts s'étaient-ils entremêlés à ceux de sa vision qu'il se sentit violemment attirer contre un corps grand, froid, musclé, et en tout point réel.

- Ton odeur m'a manqué, lui dit une voix rauque dans son oreille. Ton corps encore plus. Et ton sang...

Son cerveau parvenait à peine à se faire à l'idée qu'il tenait bien Edward entre ses bras lorsqu'il sentit une paire de crocs déchirés la chair de son cou. Un long et tortueux gémissement lui échappa alors qu'une première goulée de sang lui était enlevée. S'agrippant au corps collé au sien, il se laissa faire et n'empêcha pas les larmes de couler le long de son visage.

- Tu es revenu… Souffla-t-il en empoignant quelques mèches de cheveux roux. Tu m'as retrouvé.

Il entendit à son oreille le prince pousser un sourd grognement qui provenait du plus profond de sa poitrine, et vu que leurs deux corps étaient à présent collés l'un à l'autre, il en ressentit chaque vibration avec grand plaisir. Avec un autre, entendre un son aussi dangereux et possessif l'aurait rebiffé, mais venant de lui - et dans cette situation particulière - il sentit une sourde excitation montée.

Car c'était un guerrier fort et puissant qui s'abreuvait ainsi à son cou.

XXXX

Reprenant les commandes, il tira avec force sur les mèches de cheveux qu'il avait empoignées, et fit taire le grognement de mécontentement de son partenaire en l'embrassant à en perdre haleine. Retrouver sa langue vivace et joueuse, où s'attardait le gout de son sang, l'attisa un peu plus.

- Tu es revenu. Répéta-t-il. Je n'arrive pas à y croire.

Soudainement, les mains du vampire le soulevèrent du sol, le forçant à nouer ses jambes autour de ses reins.

- Tu me sens, Harry ? C'est bien moi. Fit le prince. Mais ne t'inquiète pas, je vais faire en sorte que ton corps réapprenne le mien.

Harry, qui ne pouvait s'empêcher de dévorer ses lèvres de baisers, le sentit s'abaisser lentement au sol pour se mettre à genoux, lui toujours enroulé comme une liane à son corps.

Leurs lèvres ne cessaient de se joindre, de se mordre, de s'éloigner, et de recommencer leurs danses. Se séduisant, se conquérant, et s'aimant. À chaque baiser, profond ou léger, son cœur se serrait. Et il avait l'impression qu'il ne se débarrasserait jamais de cette douleur intense, ce désir, quel que soit les milliers de baisers qu'ils échangeraient.

Un soupir de plaisir échappa au vampire, et le troubla alors qu'il renforçait son étreinte avec fièvre.

Telle une œuvre d'art, sans y penser, sans rien préméditer, leurs lourds manteaux d'hiver finirent par être abandonnés au sol, formant une couverture de fortune où il finit par être délicatement allongé.

Il n'eut pas son mot à dire lorsque son amant se détacha légèrement de sa prise pour se redresser et observer son corps alangui.

- Tu es fait pour l'amour, Harry.

Il ne pensa même pas à protester, et profita de la sensation des longs doigts de son amant lorsqu'ils entreprirent de défaire les boutons de la tunique qu'il portait. Le courant d'air frais de l'hiver qui saisit alors sa peau le sortit quelques peu de la sensation de désir qui l'étreignait. Clignant des yeux devant la tournure sensuelle que prenait tout à coup l'ambiance, il se sentit presque intimidé et rougit violemment sous le regard franc et insistant du prince.

Pourtant à aucun moment il ne l'empêcha de continuer à le dévêtir, et resta le plus immobile possible lorsque des mains caressèrent les abords de son pantalon.

Au non, il ne fuirait pas devant cette union.

- Harry… Gémit Edward en le caressant tout en continuant de l'effeuiller. Tu es le seul que je n'aimerais jamais.

Encore une fois... Encore une fois, il lui répétait les mêmes mots...

Une fièvre le saisit et son esprit vola en éclats, tandis que son pouls s'accélérait tout d'un coup au son de cette douce voix, et des tendres mouvements des doigts froids sur sa peau. Le sang lui monta à la tête, et il prit toute la mesure de leurs sentiments.

A quel moment, entre leurs disputes et leurs bagarres, avaient-ils commencés à s'aimer ? Il n'aurait sut le dire, et s'en moquait.

Sans même s'en rendre compte, occupé à tenter de donner chaque caresse qu'il recevait, il finit par se trouver nu sous le corps imposant de son compagnon. Lorsque celui-ci se redressa, et que son regard devenu charbonneux parcourut avec minutie chaque partie de son corps, il ne put contrôler les forts tremblements qui le secouèrent.

Il n'y avait rien de plus délicat que d'être ainsi à nu devant une autre personne. Maintenant, il ne pouvait plus rien caché.

Une douce main passa le long de son corps, s'attardant sur chacune de ses nouvelles blessures, cajolant sa poitrine, descendant vers son bas-ventre, et taquinant son plaisir déjà pleinement éveillé.

Ce toucher intime lui enleva toute gêne et il dut se retenir de se laisser aussitôt aller à la jouissance.

Gémissant de passion, il se pressa d'enlever à son tour chaque vêtement de son partenaire pour en révéler chaque centimètre carré de peau claire et laiteuse. Hébété face à cette nouvelle intimité, il prit le temps de laisser son regard couler le long du corps musculeux et nerveux.

Ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait si peu dévêtu dans les bras l'un de l'autre, mais c'était bien la première fois qu'il était en accord avec ses désirs.

Ce fut d'une main assurée et curieuse qu'il toucha les larges épaules, le long cou, le torse finement ciselé, et le ventre qui se contractait à chacun de ses passages. Rougissant, son côté prude l'empêcha tout de même de descendre découvrir toute la virilité de son prince. Mais il ne se priva pas de se gorger de toute sa beauté, et s'attarda sur la fine cicatrice rose qu'il portait au flanc gauche.

C'était la preuve qu'il avait bien été blessé durant son excursion à l'Haradas.

Frissonnant de peur à la vue de la taille de l'ancienne blessure, il l'enlaça fortement – la tête calée contre son cou – pour le remercier silencieusement d'être revenu en vie.

Le calme dura un instant entre eux avant que le ballet de leurs caresses, et la symphonie de leurs gémissements de plaisir n'emplissent l'air froid de l'hiver.

Il devint très difficile pour Harry de se concentrer pour donner du plaisir à son partenaire tant il se sentait balloté par ses émotions. Et cela fut accentué par la vue de son sourire, rempli d'assurance, comme s'il pouvait deviner son état d'esprit.

Se raccrochant à ses baisers et à ses caresses, il gémit plus fortement lorsque le vampire caressa plus franchement la partie la plus sensible de son corps. Il pouvait déjà ressentir le feu coutumier envahir ses sens tandis qu'il sentait ses intestins se soulever et se tordre en préparation du plaisir à venir.

Il y était presque... Le plaisir qui allait s'abattre et l'emporter semblait maintenant plus proche que jamais.

Un gémissement d'inconfort lui échappa lorsqu'Edward se pencha en avant, cherchant à atteindre la jarre d'huile qu'utilisaient les soldats pour allumer le phare de la tour de guet. Clignant des yeux, il le vit plonger lentement ses doigts dans la substance sombre et onctueuse avant de revenir vers lui.

Des lèvres froides rencontrèrent de nouveau les siennes, et une pression plus appuyée sur son plaisir le mena presque aux portes de la jouissance. S'accrochant à des épaules fortes et carrées, il ne put s'empêcher d'onduler des hanches à la recherche de plus de sensation.

Le prince répondit à son attente en introduisant un doigt huileux au plus profond de son intimité. Là où personne ne l'avait encore jamais touché.

Par réflexe, il se contracta aussitôt des pieds à la tête, et ses mains cherchèrent même à un moment donné à éloigner le corps pressé contre lui. Il ne s'attendait pas à une action aussi franche. Immédiatement, les lèvres expérimentées du vampire firent facilement fondre cette tension, et les baisers migrèrent de sa bouche, puis d'une clavicule à l'autre, usant de chaque point sensible pour l'amener dans une sorte d'engourdissement de plaisir.

En haut de la tour de guet, seuls les frottements de leurs peaux et le son de leurs baisers résonnèrent alors comme une vague fugace.

Perdu dans ces sensations, le sorcier venait d'oublier l'intrusion dans son corps lorsqu'un second doigt le cloua sur place. Son amant n'y allait pas par quatre chemins, et il savait - à la manière dont sa respiration était lourde et saccadée - qu'il se retenait déjà difficilement de ne pas le posséder dans l'instant. Il pouvait le sentir se presser d'étirer et de travailler cette zone, et un tourbillon envahit ses entrailles à l'idée de l'utilité de ce geste.

- Edward… Gémit-il.

- Je t'avais prévenu, n'est-ce pas ? Lui répondit une voix rauque et essoufflée. Je t'avais bien dit que je te posséderais à mon retour. Que tu cries ou que tu pleures, je vais te faire l'amour, Harry.

Avalant difficilement sa salive, la diversion des caresses du vampire ne l'aida pas vraiment à oublier la douleur fugace qu'il ressentit à l'entrée du troisième doigt. Merlin ! Avait-il oublié que c'était sa première fois ? Il allait protester face à son impatience lorsque les canines du prince, qui s'enfoncèrent avec sauvagerie dans son épaule, le coupèrent totalement la respiration.

Geignant, il finit par accueillir à bras ouverts cette diversion.

Il pouvait maintenant sentir une douce chaleur prendre racine à l'endroit même où ils étaient liés. Une de ces mains descendit le long de leurs corps collés, caressa la main enroulée autour de son douloureux plaisir, pour se diriger vers les doigts prisonniers de son intimité. Il retint un halètement en les sentant devenir plus exigeants à son approche, et ressentit pleinement l'union de leurs deux corps à cette jonction.

Son regard émeraude, brillant de mille feux, croisa à cet instant le regard prédateur du vampire qui se sustentait toujours, et il en frissonna de plaisir.

Lorsque les crocs se retirèrent, et qu'une langue râpeuse lécha le sang, il émit un soupir de soulagement en sentant les doigts s'enlever aussi de son intimité.

Son amant se pencha de nouveau vers la jarre d'huile, et il profita de cet instant pour enfin descendre son regard le long de son corps. Il aperçut le ventre contracté sous l'effort, les larges cuisses musclées, et la longue et lourde virilité du prince. Gorgé de sang, suintant déjà de plaisir, il était depuis longtemps prêt pour l'amour.

Il retint sa respiration lorsqu'une main blanche saisit ce membre rouge et engorgé pour l'enduire fébrilement d'huile.

D'un coup de nez, Edward le força à relever les yeux vers lui et il admira son regard charbonneux reprendre lentement sa douce couleur améthyste.

- C'est moi, Harry. Fit-il. Tu n'as rien craindre.

Déglutissant, il prit beaucoup de plaisir à sentir les tendres caresses reprendre sur son corps avant de souffler :

- Oui... Dit celui qui n'est pas au dessous !

Un sourire carnassier lui répondit avant qu'un souffle ne balaie son oreille droite pour lui murmurer :

- Plus tard, bien plus tard, je serais ravi que tu me satisfasses, Harry. Je vois ici que tu as tout ce qu'il faut pour ça.

Une pression sur son membre dur et gonflé le fit geindre de plaisir et de frustration.

À moitié conscient, il tentait de donner lui aussi le plus d'amour possible dans ses caresses, mais le plaisir dans lequel il se perdait laissait ses mains se promener vaguement dans les airs.

La sensation d'une chair brulante et tendue qui tâte le terrain…

Sans même de s'en rendre compte, il s'agrippa fermement aux épaules d'Edward et y enfonça violemment ses ongles. Sa fièvre se transforma rapidement en incendie, et sa voix gémissante se trouva bien incapable de formuler le moindre mot. Il pouvait sentir une présence insistante caresser et appuyer contre son entrée la plus intime.

Elle semblait impatiente de l'envahir et n'hésita qu'un instant avant d'insister plus franchement contre son anneau de muscles, poussant encore et encore, jusqu'à la forcer délicatement.

Retenant sa respiration, les yeux écarquillés, Harry se noya dans un regard améthyste emplit de douceur, mais dont la pointe de luxure laissait présager que leur propriétaire ne voulait surtout pas s'arrêter maintenant. Pourtant, il semblait tout de même attendre en quelque sorte son approbation.

Les cuisses largement écartées, et tremblantes, il prenait la position la plus vulnérable qui soit. Car il n'y avait rien de plus désarmant que de laisser un autre homme envahir ainsi son corps.

Sa main effleurant la joue du prince fut comme le signal dont il avait besoin car aussitôt après il le posséda.

Une sensation qui l'incise doucement… Et qui se fraie en lui…

Les sensations de plaisir dispersées çà et là se mélangèrent, se condensèrent, et se changèrent en une délicieuse douleur au plus profond de son intimité.

Cambrant les reins, les soulevant tous deux un moment du sol, son instinct chercha inconsciemment à expulser l'intrus qu'il jugeait inadaptée à cette partie de son corps. Il crut percevoir un grognement dominant avant que son amant ne le possède entièrement dans un coup de rein incontrôlé.

A cet instant, sa virginité lui fut bel et bien enlevé.

Sentir aussi puissament une autre présence, lourde et frémissante, en lui aurait put lui faire perdre la tête si la douleur omniprésente dans cette union ne le rendait pas sourd à toute autre sensation. Il ne ressentait désormais plus aucun plaisir à être ainsi écartelé, possédé, et réclamé.

- Edward… Non, arrête-toi…

Prenant appui sur les épaules solides de son amant, il chercha un instant à se dégager, mais une poigne de fer le maintint en place. Et il faillit commencer à se débattre lorsqu'il sentit le membre imposant prisonnier de son corps émettre un sursaut passionné. Mais son regard croisa alors deux billes améthyste tellement remplies d'émotions, toutes plus violentes les unes que les autres, que cela le poussa à se figer dans une attente douloureuse. Le souffle court, il observa chaque trait du visage face à lui, tentant de l'imprimer dans sa mémoire, pour se souvenir à jamais de ce visage bouleversé par leur union. Oui, il devait se rappelait de cette bouche, ouverte dans un halètement silencieux, ainsi que du frôlement de ces douces lèvres rougies par les baisers.

Immobile, il sentit sa main droite être prisonnière d'une douce poigne qui le guida jusqu'à se poser à plat contre un large torse imberbe. Là, il put sentir le cœur, habituellement si lent du vampire, tambouriner et se débattre avec force dans sa poitrine.

Il comprit à l'intensité nouvelle de son regard qu'il était tout aussi submergée par les émotions que lui. Et la grimace qu'il lâcha lorsque son intimité se contracta une nouvelle fois de gêne le fit comprendre qu'il souffrait aussi de ce début d'union. Pourtant, il ne se retirait ou abandonnerait sa place pour rien au monde.

Se rallongeant lentement, Harry l'attira dans un énième baiser tout en tentant de s'apaiser. Il essaya autant que possible de contrôler son souffle, et les tremblements de son corps, et se concentra sur la légèreté des caresses de son compagnon qui exprimait toute l'émotion qui régnait actuellement dans son cœur.

Se détendant, il râla lorsque le vampire quitta sa chaleur avant de s'y ré-enfoncer par à-coups, travaillant son muscle et finissant de lui enlever sa virginité. Entendre son grognement de plaisir, sauvage et animal le fit longuement frissonner.

La douleur reflua, allant et venant au gré des mouvements de passion de celui qui le possédait.

Il le laissa faire, tentant d'oublier son inconfort, pour se centrer sur les autres caresses intimes qu'il recevait. Alors qu'il se sentait prêt à laisser son amant prendre le plus de plaisir possible, même si lui ne ressentait pas cette ivresse, il croisa un regard améthyste contrarié.

- Je te veux tout entier, Harry. Grogna-t-il.

Il haleta en le sentant quitter brusquement son corps, et profita de ce moment de pause pour reprendre son souffle. Mais il put à peine le faire avant qu'un cri aigu ne lui échappe lorsque des mains froides lui écartèrent sauvagement et largement les cuisses, avant de lui soulever le bassin. De cette manière, la partie la plus intime de son être était totalement exposée, à la merci, de la passion du prince.

Presque immédiatement, avec une lenteur presque trop cruelle, celui-ci reprit possession de son corps. Il pouvait sentir chaque centimètre de sa virilité l'envahir le plus lentement possible avant de buter dans un coup de rein incontrôlé à l'intérieur de lui. Il subit plusieurs assauts, sentant le membre qui le possédait changer à chaque fois d'angle et d'intensité, et haleta en le sentant atteindre un point de plaisir intime qu'il n'aurait jamais soupçonné exister.

A cet instant, sa vision se brouilla et un cri de plaisir résonna à ses oreilles.

Une sensation qui soulève ses entrailles…

Il lui fallut un moment pour comprendre que c'était le sien.

Clignant des yeux, la sensation de plaisir se répercuta dans chaque fibre de son corps, alors qu'un sourire carnassier éclairait le visage du prince. Un autre à-coup l'amena encore à cette sensation de plaisir inédite et il dut se retenir de toutes ses forces à son partenaire.

- Là, Harry ? Murmura-t-il sensuellement.

Il n'eut pas besoin de réponse à cette question et très vite leur union passa de la douleur à une violente montée de plaisir. Le brun pouvait sentir ses organes se tordre de passion à l'approche de la vague de jouissance qui l'envahissait, et n'hésita plus à répondre avec frénésie à l'ardeur de son amant.

Rendant caresse pour caresse, baisser pour baiser, griffure pour griffure, son corps répondait à celui d'Edward avec cette même vigueur passionnée. Leur mouvement hypnotique, frénétique, ne cessait de mimer une danse connut par tous les amoureux depuis toujours. Enroulés l'un à l'autre, chaque va et vient était plus violent et enflammé que le précédent.

Sous la violence de leur rencontre, Harry sentit une de ses mains glisser de l'épaule de son partenaire, et sentit son corps glisser petit à petit hors des couvertures. Il dut se rattraper au large cou du prince qui, d'une main de fer agripper à sa taille, le retenait et ne lui laissait aucun autre choix que celui de supporter ses assauts. Le besoin qu'il avait d'assouvir son plaisir lui fit accepter et réclamer chaque coup de rein comme un trésor qui le mènerait à la jouissance.

Très vite, il fut submergé par une immense vague de plaisir avant d'être inexorablement emmené vers des sommets.

Chaque fois qu'il laissait filtrer sa voix, enflammant son amant, une nouvelle ardeur prenait vie dans les profondeurs de son corps. Et perdu dans le plaisir, il remarqua à un moment que la violence de leur union commençait à faire furieusement trembler le corps du vampire, qui se mit alors à gémir lourdement à son oreille.

Une de ses mains saisit alors ses longs cheveux soyeux pour tenter de lui redresser le visage, profondément caché dans son épaule, et il fut surpris de rencontrer une certaine résistance.

– Ne me regarde pas, grogna Edward d'une voix profonde et sombre qui ne parut pas être la sienne.

Sa main froide se resserra soudainement contre sa hanche, l'empêchant presque d'onduler au rythme de sa passion, et il sentit des griffes longues comme des coteaux pénétrer sa chair. Là, il perçut un rugissement avant que son corps, ivre et docile, ne subisse les assauts furieux et incontrôlés de son amant.

- Edward… Gémit-il face à la nouvelle ardeur dans leur échange.

La caresse que lui fit le vampire en réponse prouvait qu'il essayait d'être doux, et Harry pouvait même le sentir trembler tout en se battant pour garder le contrôle. Mais il semblait comme en transe, son corps fondu dans le sien, grommelant et gémissant son besoin d'union.

Le sorcier le sentit frotter son visage dans ses cheveux, et il entendit son souffle puissant juste avant de sentir des crocs effilés lui poignarder l'épaule. Un liquide chaud dégoulina le long de son torse et il réalisa de suite que c'était du sang.

Loin d'être effrayé par la violence du prince, il gémit sourdement – les mains entourant son visage pour le lui redresser – tentant de lui exprimer son besoin vital de se noyer dans ses belles prunelles améthyste.

Avec réticence, Edward accéda à son envie et révéla son plus beau visage.

Sa nature vampirique était totalement sortie, et son visage – bien que toujours reconnaissable – arborait de très longs crocs sur une puissante mâchoire. Son regard améthyste était cerclé d'une fine ligne noire, et ses iris fendillés faisaient penser à un félin prêt à attaquer. Ses épaules entouraient un large cou d'où s'échappait un grondement constant rythmé par chacun de ses coups de reins. La lumière de la lune se reflétait sur sa peau le faisant étinceler comme le marbre.

Loin d'être affreux, comme l'avait été James, le vampire qui sommeillait en Edward était noble, beau, et dominant.

À cet instant, Harry comprit pleinement qu'au-delà d'être un homme, il était bel et bien en train de faire l'amour à un vampire.

Et il l'acceptait.

Comme s'il avait entendu son approbation, il le vit fondre sur lui et se mit à trembler en le sentant lui lécher la gorge et la mâchoire pour ensuite revenir à ses lèvres. Il le sentait respirer à travers sa bouche avant de mordiller affectueusement sa lèvre inférieure de ses crocs. Tout son corps le recouvrait, et le plaquait au sol. L'enlaçant solidement tout en continuant de lui faire éprouver l'ardeur de son désir.

Jamais encore le brun n'avait été à ce point désiré, réclamé et possédé.

Il accueillit chaque griffures, chaque marques de passion avec un plaisir nouveau. Laissant son corps être ravagé sous le désir de son dangereux amant. Enfermé fermement et incapable de s'y échapper, il fut consumé jusqu'à ses limites.

Une sensation qui va et vient… pétri… et finit par fondre…

Un coin de son esprit lui apprit que lui aussi avait perdu le contrôle sur sa vraie nature. En effet, le tourbillon de magie qu'il sentait faire trembler les murs de la tour de guet le lui prouvait. Le même lien habituel qui l'unissait au prince les connecta l'un et à l'autre, leur esprit se soudant dans un même besoin de délivrance, et sa magie - si vivante et primitive depuis son arrivé à Elysion - les entoura dans un cocon intime et protecteur. Que ce soit l'homme, ou le sorcier, ils désiraient tous les deux s'unir éternellement à Edward.

Il avait fait son choix.

Il continua d'ailleurs à appeler son nom dans une passion délirante, et tout son corps se mit à frissonner à la sensation de son souffle contre son oreille. Tellement prit dans le plaisir, il eut l'impression à un moment donné de perdre pied avec le sol de la tour, avec le monde réel, pour tomber tête la première dans un puits sans fond.

Collant ses bras autour du torse tremblant d'Edward qui redoublait d'efforts et de vigueur, il lui mordit à son tour l'épaule jusqu'au sang.

- Ne me laisse pas tomber ! Cria-t-il sans même s'en rendre compte en se détachant.

- Jamais…

Harry sentit à la vague qui montait en lui qu'il ne survivrait pas à ce plaisir.

En réponse, sa magie – qui devenait folle à passer ainsi entre leurs deux corps en un cercle infini - s'éleva à son tour, mouvante et sauvage, pour électriser l'air. Un éclair, puis deux, zébra violemment le ciel avant qu'une aurore boréale bleutée n'illumine de mille feux la tour de guet qui les réfugiait.

Goutant pleinement aux derniers déchainements de passion du vampire, il ne prêta nullement attention au tonnerre qui s'était déclenché, et encore moins à l'apparition des marques bleues, fin symbole au langage oublié, qui recouvraient de nouveau ses avant-bras. Ceux-ci s'étendirent le long de son épaule, jusqu'à sa tempe droite, pour y former un lierre le long de son visage. Tandis que dans son dos – alors qu'il se cambrait de passion pour mieux s'offrir – s'ouvraient deux ailes bleues immaculées et évanescentes.

Au paroxysme du plaisir, il sentit enfin la vague de plaisir le submerger et la jouissance envahir chacun de ses neurones tandis que ses yeux s'ouvraient sur son regard devenu entièrement blanc. Et ce fut à cet instant que jaillit de son corps une immense vague de magie - prenant les mêmes teintes bleutées que l'aurore boréale les entourant - qui alla parcourir et faire trembler tout Elysion sous la forme d'une tempête de sable.

Le tonnerre laissa alors lentement place à une pluie torrentielle.

Une sensation qui le pénètre profondément… pour y jaillir…

L'orgasme l'emporta tellement haut qu'il cessa un instant de respirer. La délivrance fit se tendre chaque partie de son corps, et son intimité enserra presque sauvagement le membre qui le pilonnait sans merci.

Sentant à peine les derniers à-coups de son amant, il se tendit de surprise lorsque celui-ci râla à son tour de plaisir à son oreille, avant de le sentir se libérer au plus profond de son intimité dans des mouvements vifs et incontrôlables.

Aucun d'eux ne prêta attention au rayonnement de magie qu'émit Harry avant que celle-ci n'aille se lier au vampire. Personne ne vit l'apparition des tatouages bleus, magnifique entrelacement de lettres et de symboles, qui se gravèrent à leur tour autour des avant-bras du prince, et qui – au contraire de ceux du brun- y resteraient à jamais apparents.

Sans un bruit, lentement, le phénomène s'évanouit à mesure qu'ils reprenaient enfin leur esprit.

Émettant un discret soupir de satisfaction, Harry déposa de doux baisers dans le cou du prince lorsqu'il le sentit quitter délicatement son corps. Une main froide lui caressa amoureusement le ventre alors que le plaisir faisait encore vibrer leur corps.

Il n'aurait jamais crut que sa première fois le laisserait aussi... éperdu.

– Harry, dit doucement le vampire en levant la tête pour le regarder.

Sa voix était chaude et virile, et le brun ne prit pas la peine de lui répondre, car il savait que son amant avait juste ressenti le besoin de prononcer son nom. À la place, il entremêla leurs doigts ensemble, et fut surpris de le sentir frissonner à ce contact.

La pluie légère qui s'abattait sur ceux trempait de ses gouttelettes d'eau froide la couche improvisé où ils se reposaient.

– Tu as froid. Dit-il d'une voix enrouée en repoussant ses cheveux mouillés de son visage. On va devoir rentrer.

– Mais non, c'est juste toi. Je tremble toujours quand tu me touches, dit-il en lui souriant, son regard flamboyant de vénération.

– Non, lui répliqua Harry en lui rendant son sourire.

– Mais si, c'est juste que d'habitude, j'arrive à ne pas te le montrer.

Étranglement timide face à cet aveu, il baissa un instant les yeux et profita sereinement de ce moment de paix. Il se sentait pleinement entier, et même la pluie froide – dont le corps du prince pencher sur lui ne parvenait pas à bloquer – ne pouvait lui enlever son bien-être.

- Harry, répéta le vampire en le recouvrant totalement de son imposante stature.

Des mains fermes le caressèrent de nouveau le torse, les hanches, et les cuisses, avant de délicatement le retourner sur le ventre.

Interloqué, il se laissa faire et savoura les baisers qui se déposèrent le long de son épine dorsale. Il gémit de plus belle de bien-être sous toute l'attention qu'il recevait, avant d'avoir le souffle coupé par la soudaine pénétration de son compagnon. Cette fois-ci, sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits, celui-ci recommença aussitôt à se déhancher, lui relevant les reins et lui abaissant la tête, tout en recherchant son petit point de plaisir intime.

- Encore ? Geignit-il en le sentant toucher sa cible.

Un souffle rauque atteint son oreille droite avant qu'on ne lui souffle quelques mots :

- Les vampires sont exigeants en amour, Harry.

Ses doigts griffant le sol, à mesure que la passion qu'il recevait le faisait sombrer dans un tourbillon de plaisir, il se laissa emporter par le son fascinant de leurs deux peaux humides se frottant et claquant l'une contre l'autre.

XXXX

Bercé par le rythme croissant des vagues de sensations charnelles, il ne cessa d'appeler le nom du vampire jusqu'à en avoir la voix rauque. Tout comme sa magie ne cessa de faire trembler les terres d'Elysion, éveillant chaque peuple, chaque race, à leur union.

A son éveil.

À SUIVRE.