Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Melimelo-1202 : Coucou ! C'est un plaisir pour moi de lire ta review. Il faudra que je remercie Pate de Neko parce que ça m'a fait très plaisir, et ça m'a motivée pour rapidement poster ce tout nouveau chapitre. D'ailleurs, j'y ai ajouté un petit lime qui devrait te plaire lol. J'espère que tu aimeras ! Biz.
Lord La Folle : Salut ! Merci pour ton gentil com. Oui, c'est vrai que le début fait penser que l'histoire va tourner dans une sombre relation maitre/esclave. Surtout avec l'attitude d'Harry et des vampires ! Dans ce chapitre, j'espère que tu vas aimer voir un peu comment évolue leur relation « après les retrouvailles », et ne t'inquiète pas pour le côté tactile d'Edward, ça ne risque pas de s'arrêter lol. Je te laisse découvrir ce nouveau post en espérant que tu aimeras Biz
8Maud8 : Tu as totalement raison pour les symboles, mais tu verras dans ce chapitre que j'ai enfin décider de lâcher le morceau ! Je lève le mystère sur tous mes mystères lol J'espère que tu aimeras ! Biz.
Guest : Merci de m'avoir laissé une review. Ah, je suis ravie de savoir que tu as aimé mon lemon. J'espère que tu apprécieras aussi ce nouveau post !
AuroreD-92 : Coucou ! Ouah, merci beaucoup pour ta gentille review. C'est un plus grand plaisir pour moi de partager cette petite histoire sur FF. L'écriture est depuis longtemps une passion, et je suis heureuse de savoir que j'ai pu te faire autant apprécier le monde d'Elysion. Je n'ai pas encore assez confiance en moi pour penser à publier, mais c'est déjà un bonheur de pouvoir partager cette fic, ces personnages, et ce nouvel univers. J'espère sincèrement que tu apprécieras l'arrivée de ce nouveau chapitre haut en couleurs et en révélations. Merci encore de ton soutien ! Biz. P.-S. Merci pour ton conseil, en relisant des chapitres, je me crispe à chacune de mes erreurs. Je vais tenter de corriger tout ça !
Guest2 : Salut ! Tu es aussi ravi que moi du retour d'Edward lol. Tu verras dans ce nouveau chapitre que je révèle enfin quelques petits secrets bien croustillants XD. Je te laisse les découvrir. Biz.
Guest3 : Coucou ! Merci de ta review. C'est vrai que, comparée au début de la fic, je publie de moins en moins souvent. J'essaie de compenser tout ça en faisant des chapitres de plus en plus longs jusqu'à mon prochain post mais ce n'est pas toujours évident. J'avoue être assez débordée ces derniers temps. Mais l'inspiration et l'envie sont bien là, donc je tenterais toujours de continuer cette petite histoire. Elle n'est absolument pas abandonnée ! En attendant, j'espère que tu aimeras cette nouvelle suite !
FaenaFiliana : J'espère que tu sauteras encore de joie pour ce nouveau chapitre ?! LOL Sinon, c'est vrai qu'Alice a été assez têtue dans son envie de ramener Harry. Mais elle avait surtout peur pour lui. D'ailleurs lui aussi à jouer les entêter avec son envie de sauver à tout prix son amant ! Mais bon, tout est bien qui finit bien (pour l'instant). J'espère que tu apprécieras aussi ce tout nouveau post ! Bisouxxx.
Keur2louve : Merci pour ton gentil com. Je suis ravie que ces retrouvailles muy caliente lol t'aies plu. D'ailleurs, je remets un peu le couvert dans cet autre chapitre ! Je te laisse le lire ! Bisouxxx.
Charlène : Hello ! Ah, merci de toujours me suivre ! Eh oui, je me suis résolue à laisser E et H vivre lol ! À croire que je ne suis pas si sadique au final… Avec ce nouveau post, tu vas être ravie de voir que je réponds à beaucoup de tes questions. C'est l'heure des révélations ! Je te laisse lire tout ça ! Bisouxxx.
Arwen Jedusor : Me revoici avec un nouveau chapitre ! Et tu vas voir que le couple favori de cette fic n'a pas fini de se faire des mamours de retrouvailles lol. Ah… Il faut bien un peu d'amour dans ce monde de brute lol. D'ailleurs, tu vas aussi voir dans ce nouveau post qu'ils se sont enfin intéressés aux tatouages bleus, aux ailes… Enfin ! J'espère que tu aimeras ! Bisouxxx.
Patte de neko : Salut ! Tout d'abord, je tenais à te remercier pour tous les nouveaux lecteurs que tu invites à venir découvrir cette petite fic. Merci à toi ! Sinon, j'espère que tu vas apprécier ce tout nouveau post sur notre couple favori ! Bisouxxx.
Heloc61 : Merci à toi de me lire ! J'espère que tu vas continuer à me suivre dans cette aventure ! Biz.
Harry-Snape-Malfoy : Salut ! Merci beaucoup pour ta longue et gentille review. Ouah ! Je vois que tu as pas mal de questions sur les facultés d'Harry, et tu vas être ravie de voir que je lâche (enfin) le morceau sur le mystère qui l'entoure. Tu vas enfin savoir où je voulais en venir depuis le début de l'histoire ! Tu verras aussi que le lien qui l'unit à Edward n'est pas un lien comme les autres… Mais je n'en dis pas plus ! Sinon, pour les retrouvailles, je suis vraiment contente qu'elles t'aient plu ! D'ailleurs, je te remercie pour tous tes précieux conseils qui m'ont forcée à cogiter pour qu'elles ne ressemblent à aucune autre ! Pour Ginny, je crois que mon prochain chapitre sera de nouveau sur elle, donc tu ne devrais pas tarder à en savoir plus sur ses plans et sa grossesse. Pour ton idée de retour d'Harry sur Terre pour rassurer ceux qu'il a laissés derrière lui, je dirais que ce serait trop simple. Il faut encore qu'ils galèrent tous un peu plus avant ! Il faut que je remplisse mon côté de sadisme de l'année, t'imagines XD ?! Pour un Harry enceint, j'hésite encore… Je ne sais vraiment pas comment l'aborder du coup je vais étudier un peu plus longtemps cette petite idée. Sinon, je vais très bien de mon côté, merci. J'avoue être un peu fatiguée de mes travaux qui n'avancent pas vraiment comme je veux (j'ai l'impression de reculer !). Mais bon, je suis sure qu'un voyage à Londres me remonterait le moral, tu m'emmènes ? lol. Allez, je te laisse lire ce nouveau post ! Bisouxxx.
TsukiHime-love-Damon : Salut ! Merci beaucoup pour ta review. Je suis vraiment contente que cette histoire te plaise autant. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas encore la fin, et je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin ! J'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre ! Biz.
Marmelade3912 : Alleluia ! Oui, ils se sont enfin unis lol. Il a juste fallu attendre 30 chapitres XD. Je suis ravie que la scène des retrouvailles t'ait plu. D'ailleurs, j'espère que tu aimeras aussi la petite scène « sexy » de ce nouveau post. Biz..
Erimoon : Coucou ! Merci pour ton com. Oui, ça me fendait le cœur de voir le couple E/H séparer. Au final, j'ai pas pu le supporter lol. Allez, je te laisse lire la suite de leurs retrouvailles ! Biz.
Maya31 : Merci pour ton petit com. J'espère que tu aimeras aussi ce nouveau post ! Biz.
GunWiHarPoTwi : Eh oui, le couple E/H est enfin lié. Bon, encore faut-il savoir de quel lien il s'agit, mais en tout cas, il est là ! Tu risques d'être surprise par leur réaction à tous ! Surtout envers Harry ! Je te laisse le découvrir ! Bisouxxx.
Ouragan : Salut ! Merci pour ta review. Oui, je voulais absolument qu'Harry persiste dans son envie de sauver Edward, qui sais-je à le rendre antipathique. ET son intervention dans la transition marquait vraiment le début de la fin pour tous les mystères qui l'entourent. Sinon, ne t inquiète pas pour le postérieur de notre brave Harry, son amant sera là pour veiller sur son confort, tu verras lol. Et pour l'Haradas, je laisse Edward expliquer tout ce qu'il y a vécu dans cette suite ! Biz.
Nouritcha-sushine : Eh oui, après 30 chapitres je me suis dit qu'il serait peut-être temps que je lâche le morceau lol. J'espère que tu aimeras aussi la suite de ces retrouvailles dans ce nouveau post. Bisouxxx.
Élodie Nina : Coucou ! Alors, j'espère ne pas te décevoir avec l'histoire de fou que j'ai pondue pour expliquer les ailes et les tatouages d'Harry. C'était une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment déjà. Pour les retrouvailles, en effet, Edward à tenu toutes ses promesses XD. Allez, je te laisse découvrir cette suite ! Bisouxxx.
Ptitcoeurfragile : Eh voilà un autre délicieux chapitre qui arrive lol. J'espère que tu aimeras tout ça ! Bisouxxx.
Petite note : Le début du chapitre est assez « sexy». Ce n'est pas vraiment un lemon, mais ça reste assez subjectif, alors j'ai décidé de mettre des « XXXX » d'avertissement.
Chapitre 32 : La légende de la Sorah
Il était assez impressionnant de voir tout ce que l'on pouvait remarquer lorsque l'on prenait le temps de se reposer, et de laisser les minutes s'écouler lentement sans bouger.
C'était la réflexion que se faisait Harry alors qu'il était allongé entre les bras de son amant dans un grand lit à baldaquin. Les yeux encore ensommeillés, il contemplait avec attention les faibles rayons du soleil qui perçaient au travers de lourds rideaux en satin clairs du côté gauche de la pièce où il reposait. Il suivait leur course le long du rebord d'un meuble alors qu'ils tentaient d'illuminer tout l'espace du nouveau jour qui s'élevait lentement à l'extérieur. Remuant légèrement, il força l'endormi collé contre son dos à se rapprocher et à resserrer la prise de ses bras lourds sur ses reins.
À un moment donné, entre deux unions charnelles, ils avaient dû trouver le courage d'atterrir ici.
Plongé dans ses pensées de la nuit passée, sans encore méditer sur le fait qu'il venait d'ouvrir les yeux dans la semi-pénombre d'une chambre qui lui était inconnue, il ne put s'empêcher de frissonner lorsque son corps lui fit revivre ces délicieux souvenirs. Il pouvait encore sentir les lèvres de son amant embraser les siennes, ses crocs s'enfoncer dans son cou, tandis que ses doigts vénéraient chaque partie de son corps. Il pouvait encore percevoir son souffle rauque, ses tremblements, avant que son monde ne s'écroule sous l'exquise présence qui s'était soudainement faite en lui. Mais le meilleur avait été sans conteste les mots d'amour, parfois prononcés en Argpal, qui avait bercé tout le long de sa nuit. Sans faire le moindre bruit, une de ses mains alla serrer le bras qui enserrait possessivement sa taille, comme pour y chercher le courage d'éloigner le nouvel élan de désir qu'il sentait fouetter ses sens.
Merlin. Il lui avait suffi d'une nuit avec ce maudit prince vampirique pour se sentir totalement dépendant. Une seule nuit avait fait de lui un idiot romantique et un pervers.
Se raclant la gorge pour reprendre contenance, il repoussa au loin tous ces souvenirs charnels qui commençaient un peu trop à l'échauffer. Tournant de nouveau son regard sur un autre rayon de soleil, qui avait réussi avec peine à percer derrière les lourds rideaux clairs, il finit par détailler d'un œil curieux la pièce où il se trouvait.
Situé là ou semblait être l'axe sud-ouest du château, face au soleil levant, la magnifique chambre ou il reposait possédait trois énormes fenêtres de style baroque obstruées par de longs et épais rideaux de couleur blanche et pourpre. Les deux portes-fenêtres du fond, ainsi que les larges portes en acajou postées à chaque extrémité de la pièce, semblaient menées vers d'autres pièces qui devaient être tout aussi élégantes que celle qu'il détaillait.
Le fastueux décor de la chambre se résumait à des brocarts d'or et d'argent sur un fond lumineux où de majestueux tableaux - représentant des paysages plus idylliques et fantastiques les uns que les autres - y étaient accrochés.
Les nombreux meubles en bois clair, ainsi que le magnifique lustre en cristal qui pendait bien haut au plafond, n'étaient rien face au majestueux lit – aux draps de soie, et avalant presque tout l'espace libre - dans lequel il reposait.
C'était une chambre royale.
Cette idée lui fit comprendre qu'il se trouvait certainement dans les appartements privés d'Edward. Et cette simple réalisation fit battre son cœur plus violemment.
Il n'était jamais venu dans cette chambre. Car bien qu'ils partagent la même couche depuis Efryn, ils n'avaient jamais dormi ensemble ailleurs que dans la chambre qu'il lui avait été attribué à son arrivée à Alayis. Comme un enfant, il ne pouvait maintenant pas s'empêcher de détailler chaque recoin de cette nouvelle pièce. C'était un peu comme pénétrer un peu plus dans l'intimité de son compagnon.
Un sourire éclaira son visage à la pensée que c'était dans cette chambre qu'un petit Edward avait vécu son enfance, taquinant ses frères et rendant fou ses parents, avant de devenir le grand et impitoyable seigneur d'Efryn.
- Moi qui pensais que tu ne résisterais pas à l'idée de me regarder amoureusement dormir si tu venais à te réveiller en premier. Lui souffla une voix rauque avant qu'un léger baiser ne soit déposé dans son cou. Voilà que tu préfères observer les murs de ma chambre ! Regarde-moi, Harry… Ne regarde que moi !
Il retint un rire en avisant la moue collée au visage du prince qui lui tendait déjà ses lèvres.
- Quel narcissisme exacerbé ! Se moqua-t-il en échappant au baiser. Tu ne doutes vraiment pas de toi ?!
Il n'eut pas le temps de le taquiner plus avant que le vampire ne roule d'un mouvement rapide au-dessus de lui, le dominant de tout son corps, pour lui lancer un regard vif, amusé, et quelque peu lubrique. Sa bouche s'ouvrit sur un « Oh » silencieux en sentant sa parfaite nudité entrer en contact avec un corps tout aussi dévêtu. Il pouvait déjà sentir un feu lui enflammer vicieusement les reins et ne put retenir son corps d'émettre un frémissement intéressé.
Comment pouvait-il avoir encore envie de lui après toutes les fois où ils s'étaient unis ? Car bien qu'endolori, il se sentait bien évidemment prêt à laisser le vampire posséder de nouveau son corps pour apaiser leur passion. Il lui semblait que jamais il ne pourrait se repaitre totalement de sa présence, de ses grognements, et de la sensation de leurs corps s'emboitant encore, et encore, l'un dans l'autre.
- Non, je n'ai aucun doute, car je sais que je te plais, Harry. Ton corps, lui, ne peut pas me mentir. Pas après hier soir…
Ce fut les seuls mots qu'il perçut avant de se mettre à onduler frénétiquement des hanches sous les grognements de plaisir du prince.
XXXX
Le désir qu'il avait précédemment tenté de réprimer coulait maintenant comme de la lave entre ses veines. Avisant les longs cheveux d'Edward qui formait un rideau protecteur autour de lui à mesure que leurs visages se rapprochaient, il ne perdit pas de temps avant de se surélever pour réclamer un baiser des plus passionnés. Ses mains glissèrent sur une peau douce et glabre et allèrent griffer un large dos dont les muscles jouaient en rythme avec les mouvements saccadés de la tête de lit battant le mur.
- Viens… Fit-il en emprisonnant ses hanches de ses longues jambes galbées.
Il pouvait sentir le membre lourd et tendu de son amant peser contre son ventre, avant qu'il ne descende se frotter contre son propre désir déjà au supplice. Émettant un cri de plaisir, il se cambra contre les draps soyeux du lit pour mieux s'offrir.
Pourtant, il eut beau lever les hanches, et s'agripper de toutes ses forces, il ne sentit pas la délicieuse douleur de l'union lui soulever ses entrailles.
- Viens ! Ordonna-t-il cette fois.
- Non. Intima la voix grave d'Edward alors qu'une de ses mains appuyait légèrement au creux de son intimité, lui provoquant un sursaut d'impatience et de douleur. Tu es toujours sensible, et je sais que je suis incapable de me retenir lorsqu'il s'agit de toi.
Un torrent de désir le fit trembler en pensant à la signification de ces mots. Aucun doute, au vu de la noirceur de son regard, que son compagnon serait tout aussi déchainé et dominant que la veille. Loin de l'effrayer, cette perspective lui satura totalement les sens et il ne put que plus s'agripper aux larges épaules à sa portée. Frustré de sentir cette même résistance, il eut envie d'argumenter, mais les vagues de plaisirs qui le parcouraient le laisser déjà hors d'haleine.
Merlin, depuis quand laisser un homme lui faire l'amour lui était devenu aussi plaisant ? Il eut la réponse à cette réflexion en voyant le beau regard améthyste devenir aussi noir que du charbon alors qu'une longue paire de crocs poussaient sur des lèvres roses et charnues.
Avec Edward, il ne pouvait y avoir ni gêne, ni hésitation, dans leur union. Ils n'avaient qu'à être eux-mêmes : sorcier et vampire revêtant leur vrai visage. Aujourd'hui plus qu'hier, tout cela lui apparaissait simplement comme faisant partie de l'ordre des choses.
Toute pensée finit par déserter son esprit lorsqu'une main curieuse se saisit de leurs deux membres rougies et gonflées pour leur imposer une douce et chaleureuse friction. Il haleta à mesure que cette délicieuse torture lui enlevait toutes ses forces et le plongeait dans un délicat cocon de plaisir. Derrière ses paupières à demi closes, il pouvait sentir le sourire carnassier de son amant alors qu'il gémissait de plus en plus fort en réponse à la chaleur de leurs corps s'unissant et atteignant le paroxysme de leur plaisir.
Sa main posée sur l'omoplate d'Edward, il perdit totalement pied lorsque des crocs s'enfoncèrent dans la base de son cou et qu'une première goulée de sang lui fut enlevée. S'enlaçant l'un l'autre, se concentrant sur la vague de jouissance qui s'apprêtait à les submerger, d'un seul coup, le monde sembla les appartenir.
XXXX
Lorsque les derniers grognements s'éteignirent, et que leurs corps se séparèrent, pour mieux se souder dans une étreinte apaisante, Harry trouva assez de force pour poser un regard boudeur sur son amant.
Il aurait tellement aimé pouvoir encore goûter au plaisir de l'union de la veille.
- J'aurais pu le supporter, tu sais ? Fit-il. Je ne suis pas aussi fragile que tu le penses. Je me sens vraiment bien !
Une ombre amusée passa dans le regard toujours noir du prince, et il se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux. Était-il vraiment en train de se plaindre de la retenue d'Edward ? Un peu plus et il pourrait même venir à penser qu'il se sentait frustré de ne pas avoir été aussi sauvagement réclamé qu'hier au soir.
Oh oui, il était sans conteste devenu aussi pervers que ce vampire.
Ses pensées durent se lire sur son visage, car celui-ci lui embrassa tendrement le front alors que son torse se secouait sous la force de son rire. Là, il sentit sa main lui caresser les flans en un geste doux et apaisant.
- Regarde un peu mieux, Harry. Je n'ai pas vraiment été tendre hier soir. Mon vampire voulait absolument te posséder lui aussi.
Son regard suivit le mouvement de ses caresses sur ses hanches et il remarqua enfin les larges marques de griffures qui ornaient son corps.
- Quel amant serais-je si je ne tentais pas de te préserver un minimum ? Continua le prince. Tu m'as suffisamment comblé hier soir, amour.
En plus d'avoir été mordus à de nombreuses reprises, les bleus qui ornaient aussi ses reins portaient la forme des doigts d'Edward lorsqu'il l'avait maintenu en place pour laisser libre cours à sa passion. À cela s'ajoutait la petite douleur lancinante qu'il éprouvait dans la partie la plus intime de son corps.
- Ouah ! S'étonna-t-il sans y penser.
Admirant la taille impressionnante d'un bleu, il finit par plonger ses yeux verts accusateurs dans ceux de son compagnon. Sans détour, celui-ci lui renvoya un regard franc avant de lui souffler :
- Je suis un vampire, Harry.
Une autre personne se serait excusée face à ce déchainement qui lui avait laissé des marques qui ne s'en iront pas avant de nombreuses semaines. Mais Edward était et resterait toujours le prince capricieux et imposant qu'il avait connu au début. Et par ces mots, il ne cherchait surtout pas à cacher sa nature profonde. Tout son corps semblait lui crier : « Voilà qui je suis, et voilà à quel point je te désire. Accepte moi tel quel. »
Il avait un vampire pour compagnon. Et les vampires étaient « exigeants en amour ».
- Tu n'es qu'un sauvage, râla-t-il. Ai au moins l'air désolé !
- Non, je ne peux pas. Ces marques sur ton corps, cette odeur que tu portes, vont prouver à tous mes semblables que tu m'appartiens.
Bien, finalement ce n'était qu'une question d'orgueil masculine. Génial.
- Attends ! S'alarma-t-il. Tu veux dire que même tes parents vont sentir ton odeur sur moi ?
Il ne reçut en réponse qu'un regard blasé.
- Vu le nombre de fois où nous nous sommes fait plaisir dans ta chambre, railla Edward, soit sûr qu'ils ont compris depuis longtemps que tu n'étais pas qu'un simple Conseiller royal.
Le brun avait envie que le sol s'ouvre pour l'engloutir tout entier.
- Et ils n'ont rien dit ? Fit-il d'une petite voix.
- Tout comme les autres nobles n'ont rien demandé non plus. Contra le prince, d'une mine agacée. Je suis sûr qu'ils n'ont pas dû manquer de capter ma fragrance sur ton corps. Ces idiots… Ils ont certainement dû penser que tu n'étais qu'un amusement. Après tout, ce devait être plus facile pour eux de penser cela, plutôt que d'admettre qu'un humain puisse être plus à mes yeux, comme une âme sœur. Son regard devint plus profond lorsqu'il se fit cette dernière réflexion: Et, aujourd'hui, je comprends mieux pourquoi c'était si important pour toi de te faire connaître comme étant un simple Conseiller. Car maintenant qu'ils te respectent en tant que tels, malgré ta nature et ton ascendance, ils n'hésiteront peut-être pas trop à courber l'échine lorsque je te déclarerais enfin Compagnon officiel.
Niant le saut que fit son cœur à cette déclaration, Harry préféra fuir l'intensité du regard sombre posé sur lui avant de contre-attaquer.
- Ok. Mais revenant à toi, grinça-t-il, tu ne m'as rien dit ?
- Sur quoi, amour ?
Avisant que son amant avait déjà repris ses cajoleries dans l'optique de leur offrir un autre moment de plaisir, il plaça ses deux mains sur son torse comme rempart entre eux.
- Sur le fait que je me baladais dans les couloirs du château en sentant « Chanel Edward n°5 » !
Il vit au froncement de sourcils qu'il reçut que sa référence culturelle au célèbre parfum n'avait pas été comprise. Mais la question n'était pas là.
- Tu ne m'as rien demandé, Harry !
Une soirée. Il avait fallu qu'une soirée passe avant, qu'au petit matin, l'agacement que lui provoquait parfois le vampire ne lui fasse de nouveau grincer des dents.
- Ce sont des choses qui se disent sans que l'on ait besoin de le demander. Ragea-t-il en plissant des yeux. Tu sais, comme : « Je suis le prince d'un pays de fou, ma belle-sœur à des flippants pouvoirs de voyance, son mari est un meurtrier psychopathe digne des plus grands polars, et tu porteras une odeur de débauché perceptible pour tous les vampires qui te croiseront à chaque fois que je te toucherais intimement ! »
Il avait beau s'agacer il savait, en avisant le regard pas du tout concerné d'Edward, qu'il parlait dans le vide.
Récalcitrant sous le baiser qu'il reçut derrière l'oreille, il observa une dernière fois ses marques de morsures lorsque son regard accrocha la fine cicatrice rouge et boursoufflée que le prince portait maintenant au flanc. Il l'avait déjà aperçu la veille, mais à présent dans la faible pénombre de la pièce, elle lui apparaissait encore plus impressionnante. D'une main hésitante, il alla la tracer du bout des doigts avant d'aviser d'autres petites cicatrices similaires.
- Ça ne tardera pas à s'en aller grâce à ton sang, lui souffla le prince en lui donnant accès à plus de peau. Ne t'inquiète pas.
Sans lui répondre, le sorcier compta une à une ses blessures, les répertoriant dans son esprit, avant de souffler de soulagement en voyant que la cicatrisation était effectivement en cours.
- Comment as-tu été blessé ? Fit-il. Que s'est-il passé en Haradas ?
Le tracé franc des entailles prouvait que c'était une lame bien aiguisée qui l'avait entaillé.
- Les premiers jours ont été faciles. Souffla le prince en se tournant sur le dos. Nous n'avons rencontré qu'un faible attroupement d'Arkans, et je pensais déjà à notre retour lorsqu'ils nous ont surpris.
À la manière dont sa mâchoire se serra, Harry comprit qu'il devait être douloureux pour lui de lui en parler. Après tout, c'était un guerrier qui venait de survivre à une dure bataille au prix de nombreuses vies.
Il le savait proche de ses hommes, n'hésitant pas à s'entraîner avec eux, alors il n'osait pas imaginer sa douleur.
- Les troupes avaient vaillamment combattu et arpenté le territoire durant des jours et des nuits. Continua Edward, le regard troublé. Malgré notre résistance, il est venu un moment où nous avons eu besoin de nous reposer. Nous nous pensions à couvert, en sécurité, mais en réalité les Arkans s'étaient regroupés pour nous suivre discrètement jusqu'à notre campement. Il marqua une pause pour secouer la tête, comme pour chasser un mauvais souvenir, avant de dire : La nuit était tellement froide et noire lorsqu'ils ont surgi des bois pour nous abattre, Harry.
Retenant un halètement, il pouvait presque s'imaginer la scène à mesure de la voix rauque et monotone qui l'énonçait.
- Ils semblent être plus intelligents qu'avant, Harry. Plus… organisé ! Ils nous ont pris par surprise, et leur nombre était tellement élevé cette fois-ci… C'était un groupe encore plus nombreux que ceux que nous avions déjà vaincus.
Les souvenirs de la bataille d'Ahrima se mêlèrent à cette histoire, et Harry se sentit frissonner des pieds à la tête.
- Emmett combattait quatre Arkans à lui seul tout en haut d'une colline, continua le vampire d'un ton alerte, comme s'il revivait l'action. Il l'encerclait, le tailladait… Et nous étions tous tellement fatigués que mon frère, aussi puissant soit-il, a faibli… Il allait l'abattre, et je n'ai pas pu le supporter.
Lui qui n'avait pas de famille, mais possédait des amis chers à son cœur, pouvaient aisément comprendre sa peur et sa douleur.
- J'étais resté au centre de la bataille, pour guider et motiver les troupes, et repousser l'ennemi. Emmett était censé s'éloigner avec ses soldats pour les prendre à revers. Réfléchit Edward comme s'il récitait une leçon bien apprise. C'était notre plan, et c'est comme ça que nous combattons ! Moi à l'intérieur, et Emmett au dehors ! Aucun de nous ne doit abandonner sa position pour ne pas déstabiliser notre fragile offensive. C'est comme ça que ça marche ! Son poing se serra tellement que sa peau en devint plus blême. Mais lorsque j'ai vu la lame s'élever au-dessus de sa tête, j'ai tout laissé tomber pour aller l'aider.
Ses longs cheveux masquaient un peu son profil et empêchaient Harry de voir son regard. Il voulait voir les émotions défilait dans ses magnifiques yeux améthystes.
- Mes hommes ont couvert mon départ, admit le prince, et beaucoup sont morts pour que j'atteigne mon frère. Beaucoup sont tombés pour que je puisse recevoir ce coup d'épée qui lui aurait tranché la tête.
Cette fois-ci il ne put retenir son hoquet d'horreur. Imaginer que le joyeux géant de la famille Cullenus puisse être passé aussi prêt de la mort lui donnait des frissons. Et que dire de son amant ? Il ferma les yeux pour s'empêcher de l'imaginer en train de se placer volontairement en travers d'une lame.
- Nous avons battu en retraite. Finit par dire celui-ci. Nous étions trop dispersés, trop affolés... Et le reste de mes soldats ont donné leur vie pour que mon frère et moi puissions fuir.
À ces mots, il comprit enfin la raison pour laquelle le corps allongé prêt de lui était aussi tremblant et tendu. Il saisissait le tourbillon d'émotions négatives qui l'accablait. Il avait été hanté par ces mêmes sentiments durant sa propre guerre contre Voldemort.
- C'était des hommes honorables. Affirma-t-il. Ils savaient en s'engageant que la mort serait leur compagne, et ils n'ont pas hésité à se sacrifier pour leur prince parce que….
- Justement ! Coupa le vampire sans se soucier de son sursaut. J'ai survécu parce que je suis un prince. Parce qu'Elysion a besoin de moi, et d'Emmett aussi. Sa voix avait dit cela avec douleur et mépris. Mais même si je sais que laisser mes hommes couvrir ma retraite était la seule chose à faire, car nous avions perdu, je sais aussi que j'ai contribué à leur perte en bougeant de ma position… Et en ne respectant pas ma promesse de toujours être là pour les guider… Alors si c'était bien, si j'ai vraiment bien agi, pourquoi est-ce que cette boule de rage qui me noue parfois la gorge depuis mon retour ne veut-elle pas s'en aller ?
Pourquoi ? Parce qu'il se sentait toujours coupable et impuissant. Voilà pourquoi. Et Harry connaissait que trop bien ce sentiment.
- Laisse-moi t'apprendre ce que je sais de la guerre, souffla-t-il. C'est qu'elle n'amène jamais rien de « bien » ! Et souviens-toi que ces hommes étaient des soldats, pas des enfants ! Alors à moins d'avoir un retourneur de temps, ou de trouver comment j'ai réussi à créer des portails dimensionnels, arrête de fustiger sur le passé !
Même si ces mots lui coutaient, car les soldats d'Edward avaient toujours été bons – dans une certaine mesure – avec lui, il ne supportait plus la tension qui régnait dans la chambre. Il ne supportait plus les souvenirs que cela ravivait en lui.
Un jour, alors qu'il pensait fuir pour mener seul son combat, Ron lui avait dit qu'il devait arrêter de croire que tout était relié à lui. Que les gens étaient libres de faire leur propre choix. Et que ceux qui le rejoindraient durant la bataille finale ne le faisaient pas seulement parce qu'il était le « Sauveur », mais parce qu'ils voulaient combattre pour une cause juste.
Les soldats royaux d'Efryn avaient combattu et péri pour une cause qu'ils croyaient juste. Leur prince ne devait surtout pas bafouer leur mémoire en regret et larmoiement.
- Harry… Me pardonneras-tu si je baisse un instant les armes devant toi ?
Au départ, il ne comprit pas vraiment sa question. Là, allongé et nu dans un lit, il pensait déjà que toutes les barrières entre eux avaient déjà été abattues.
- Je t'en voudrais de ne pas le faire. Se contenta-t-il donc de répliquer.
Il sentit tout son corps se crisper de surprise lorsque le large corps du vampire alla s'enrouler autour de lui, et que sa tête – dont les longs cheveux recouvraient le visage – alla se caler contre son ventre. Il resta ainsi sans bouger, sa respiration légèrement heurtée, et le brun ne sut jamais s'il pleurait ou pas dans ses bras.
Une chose était sûre, il venait bien d'abattre tous les deux les murs qui pouvaient subsister entre eux. Et que ce soit pour rire, ou pleurer, ils sauront dorénavant toujours se montrer honnêtes l'un envers l'autre.
- On s'était trompé Harry… Tout ça pour rien !
- Comment ça ?
- Il n'y avait aucune menace cachée à l'Haradas.
Abasourdi, il faillit protester, mais choisit d'écouter ce que son compagnon avait à dire.
- Tu as bien dit avoir senti une autre présence dans la tête de l'Arkans capturé en Ahrima ? Demanda-t-il lentement. Tu as affirmé qu'ils attaquaient les Sudariens en usant de vos bannières, et que ce plan était l'œuvre d'un adversaire plus puissant.
Il répétait ces mots comme s'il essayait de s'en convaincre lui-même.
- Je sais ce que j'ai dit. Râla Edward. Mais il ne semblait pas y avoir d'autres âmes qui vivent la-bas.
Repensant à sa conversation avec le roi, et sa crainte de rébellion de ceux qu'il avait bannis, il ne put s'empêcher de ne pas se sentir satisfait par sa réponse.
- En es-tu sûr ? Questionna-t-il. Peut-être ont-ils juste changé de cachette ! Es-tu sûr d'avoir percé tous les secrets du Sud ?
Il vit au froncement de sourcils du vampire lorsqu'il releva la tête pour le fixer que celui-ci avait tiqué face aux craintes qui semblaient le ronger.
Devait-il lui parler des secrets du roi ? Croisant son regard améthyste qui tentait de le sonder, il s'abstint de parler en se disant que c'était à Carlisle de révéler ses inquiétudes. C'était à lui d'avoir confiance en sa famille, et en ses fils.
- Ce n'était qu'un attroupement d'Arkans un peu plus intelligent que leur congénère. J'ai fouillé leurs esprits, et il n'y avait rien de plus ! Non, aucun chef encapuchonné ne leur donnait d'ordres ! Affirma son compagnon. Je me suis trompée lorsque j'ai pensé y déceler une autre menace. Il n'y avait aucun autre ennemi caché dans l'ombre des montagnes de l'Haradas. J'ai entièrement sondé le territoire.
Harry le vit prononcer cette dernière phrase en pointant un doigt sur sa tempe. Il comprit qu'il avait dû user de sa télépathie pour tenter de percevoir tout autre esprit vaillant en Arrière-Sud avant de se décider à faire repartir les troupes.
Ils n'avaient donc vraiment plus rien à craindre… Cette affirmation sonnait toujours comme une question.
Sentant les bras de son compagnon se bander autour de ses reins, il ne fut presque pas surpris de le voir se redresser et l'agripper pour le porter hors du lit.
- Qu'est-ce que tu fais ? Râla-t-il en se débattant mollement contre sa prise.
- S'il te plaît, laissons tout ça de côté. Et laisse-moi prendre soin de toi.
Sur ce, telle une marionnette, il se laissa soulever et amener vers la luxueuse salle de bain attenante à la chambre. Il fut délicatement posé sur le rebord d'un énorme bassin, un peignoir en coton atterrit sur ses épaules nues, avant que le prince ne s'éclipse – simplement vêtu d'une longue serviette nouée en toge autour de ses reins - et que le bruit d'une porte qui s'ouvre et se referme ne se fasse entendre.
Harry resta immobile jusqu'à son retour, et il fut surpris de la réaction des deux domestiques qui avaient été appelés. Portant difficilement leur seau d'eau chaude, elles s'étaient arrêtées sur le seuil de la porte, marmonnant des paroles incompréhensibles, en le fixant de la tête aux pieds.
Gêné, il resserra les pans de son peignoir et ne fut pas surpris de voir Edward les interpeller durement pour qu'elles continuent leur tâche. Mais, fait étrange, au lieu de se reprendre, elles se jetèrent comme un seul homme à ses pieds et se mirent à prier et pleurer de plus en plus fort.
Estomaqué par leur réaction, il les regarda faire sans réagir et sursauta en entendant une autre personne tambouriner la porte de la salle de bain restée fermée.
- Edward ?! Cria la voix d'Alice au travers du battant. Est-ce qu'Harry est avec toi ?
- Oui. Répondit le concerné. Que veux-tu ?
- Il faut que vous veniez immédiatement à la salle du trône. C'est important !
Il perçut sa présence quelques secondes de plus derrière la porte avant qu'elle ne se décide à partir.
Reportant son attention sur les domestiques, qui ne s'étaient toujours pas décidés à leur préparer un bain en marmonnant tant elles étaient prises dans leurs prières incompréhensibles, il faillit ne pas entendre lorsqu'Edward lui parla.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il, pas vraiment affolé, en observant ses avant-bras découverts. C'est toi qui as fait ça ?
Estomaqué, le brun n'en crut pas ses yeux de voir les fameux tatouages qui ne cessaient d'apparaitre et de disparaitre le long de ses poignets orner joliment ceux de son amant. Il prit le temps d'observer l'entremêlement des symboles avant de bégayer:
- Ce n'est pas possible ! C'était sur moi, et… Je ne sais pas… Je ne sais pas ce qu'il s'est passé !
Face à son trouble, il vit le vampire reprendre un air sérieux et se mettre lui aussi à détailler l'étrange tatouage. À mesure que les secondes s'égrenaient, l'inquiétude et la peur finissaient par empoisonner totalement l'air de la pièce, sous la cadence des supplications des servantes.
- Ce n'est pas grave. Rassura Edward en le voyant trembler. Ce n'est pas comme si ça pouvait me tuer.
- Qu'est-ce que tu en sais ?!
- Ça ne me fait rien, Harry. Je ne sens rien ! Ce n'est pas comme si ça me brulait la peau, ou autre chose.
Ces paroles le rassurèrent encore moins. Fallait-il attendre qu'il se torde de douleur ? Il aurait dû résoudre cette histoire depuis bien longtemps, ainsi, il ne serait pas aussi terrifié.
- Bien, fit le prince en redressant fermement les domestiques pour les mettre à la porte, lavons-nous !
Dans sa tête, le brun repensait toutes les fois où ces marques étaient apparues sans qu'il ne cherche jamais à se questionner, et eut envie de se fustiger. Levant les yeux, il admira la chute de reins de son amant lorsqu'il se mit sans aucune gêne nu devant lui, et frissonna à l'idée de le perdre.
Ces marques ne pouvaient pas être la preuve d'une malédiction, ou autres, n'est-ce pas ? Il n'osait penser à l'idée qu'il ait pu le condamner à une mort lente et douloureuse. Les pires scénarios se jouaient dans sa tête, le rendant sourd aux bruits environnants. Son regard, de plus en plus affolé, se colla une fois de plus sur les avant-bras du prince qui dut les cacher pour obtenir son attention.
- Je vais t'aider à te lever, amour. Lui souffla celui-ci en se rapprochant du bord de la baignoire pour le saisir délicatement. Je vais bien m'occuper de toi.
- Merlin… Qu'est-ce qui est arrivé ?
Il n'obtint aucune réponse et ne sut pas s'il devait s'en sentir soulager, ou encore plus terrifié.
Il fut lavé, rasé, et habillé dans un sentiment d'angoisse qui le laissa tellement tendu qu'il ne put profiter des caresses d'Edward sur son corps. Il ne se relâcha un peu que lorsque celui-ci se battit avec lui pour pouvoir lui appliquer un baume apaisant sur son intimité encore endolorie.
Rouge de honte, il finit par se laisser faire et oublia pendant quelques secondes les tatouages bleus qui ornaient ses avant-bras. Mais dès qu'il le put, il les lui saisit d'un geste vif, et écarquilla les yeux en revoyant bien les symboles connus orné avec délicatesse la peau ivoire.
Dans un état second, il laissa Edward nouer un bras possessif autour de sa taille avant de se diriger comme un seul homme hors du cocon de leur chambre à coucher.
L'esprit ravagé par les questions, il ne prêta aucune attention aux couloirs du palais qui étaient étrangement vides en ce début de journée. Cependant, la réalité le rattrapa lorsqu'ils pénétrèrent dans l'immense salle du trône.
Tous les nobles, et une grande partie des soldats royaux s'y étaient rassemblés, et se pressaient comme une fourmilière autour du large trône du couple royale. Les princes et leurs épouses qui encadraient leurs parents avaient adopté une posture raide et craintive. Du coin de l'œil, Harry put voir que même les servants – dont Marianne – avaient abandonné leur tâche pour assister à son entrée.
Et quelle entrée !
Dès que les gardes, après un long moment de surprise et d'hébétement à sa vue, lui ouvrirent les portes de la salle, toute l'assemblée vampirique se tue dans un silence lourd et oppressant. Serrant la main d'Edward, tout aussi tendu que lui, il fit quelques pas en avant et avisa la réaction des autres à ces quelques mouvements.
Ils l'épièrent longuement avant de prendre une grande inspiration pour capter les moindres fragrances de son corps. Là, leurs yeux allèrent un instant scruter Edward avant de se recentrer sur lui. Et soudainement, sans un avertissement, tel un château de cartes qui s'écroulerait, tous les vampires de la salle du trône – hormis la famille royale – plièrent, s'abaissèrent et tombèrent à genoux devant lui.
On aurait dit un château de cartes qui s'écroulait à mesure que les têtes et baissaient et que les jambes se pliaient. Des murmures, des prières enflèrent tout autour de lui à mesure qu'une sorte d'euphorie gagnait la pièce.
Ce fut cet instant que choisit Carlisle pour se lever de son trône et y descendre. Rapidement, les vampires s'écartèrent pour laisser avancer le roi et toute sa famille.
Harry, qui broyait littéralement les doigts de son amant, vit que celui-ci était tout aussi surpris que lui par la situation. Pire, il semblait ne pas savoir s'il devait le protéger ou non face aux réactions de ses pairs, car ils ne semblaient pas dangereux. Son regard vert revint à Carlisle qui s'arrêta à quelques centimètres à peine de sa position afin de prendre une autre bouffée de son odeur.
En réalité, tous les vampires de la pièce ne cessaient de le renifler, et cette découverte le gêna au plus haut point. Il repensa à «Chanel Edward n°5 » et en fut mortifié.
Il s'apprêtait à s'incliner, comme le voulait la coutume devant la famille royale, lorsque Carlisle l'intima d'un geste de la main à se redresser, avant de lui-même s'incliner face à lui. Et son geste fut amplement repris par tous les autres vampires royaux. Même le teigneux Jasper lui démontra son respect.
Dans leur dos, les complaintes reprenaient en force pour former une cacophonie des plus désagréables.
- Alors, c'est ce qu'on ressent, lui dit le roi d'une voix calme et honorée, en présence de notre gardienne ?
- Pardon ? S'étonna-t-il en retour, en se penchant pour mieux entendre.
- La sensation d'être écrasé par sa présence, protégé par son pouvoir, et envouté par son odeur.
Il comprenait de moins en moins ce qui était en train de lui arriver. Comment était-il passé de « l'humain protégé du prince d'Efryn » à « grande célébrité du moment » ? Cette pensée sarcastique aurait pu le faire rire si la situation ne le stressait pas au plus haut point.
Encore hébété, il eut un mouvement de recul lorsque certains nobles se redressèrent pour s'approcher de lui. Plusieurs mains se tendirent, avides de le toucher, et les grognements de mécontentement d'Edward n'y changèrent rien. Les soldats eux-mêmes peinaient à maitriser la foule tant ils semblaient eux aussi captivés par sa présence.
- Que se passa-t-il ? Souffla-t-il en cherchant du regard un appui. Je ne comprends pas…
Dans le brouhaha et l'allégresse ambiante, il ne reçut aucune réponse en retour et frissonna en sentant des mains réussir à l'atteindre pour lui toucher avec vénération les bras et le dos.
XXXX
Il dut quitter la salle du trône, accompagné de la famille royale au complet, pour se rendre à la salle des grands conseils royaux et espérer y trouver un minimum de tranquillité. La porte eut à peine le temps de se refermer sur eux, qu'il se jeta dans les bras d'Emmett et de Rosalie, qui lui rendirent à leur tour son étreinte après un moment d'hésitation.
- Merci, murmura-t-il à la blonde, de me l'avoir ramené.
- Non, Harry, fit-elle en retour, c'est aujourd'hui à moi de te dire merci. Merci à toi d'être entré dans nos vies.
Se détachant de leurs étreintes, les sourcils froncés, il se dit qu'il comprenait de moins en moins leur réaction.
Que signifiait cette allégresse ? Cette vénération dont il était l'objet ? Il ne comprenait plus rien.
À la vue du regard de plus en plus contrarié d'Edward, qui le tira possessivement entre ses bras, lui aussi ne comprenait et n'aimait pas la situation.
- Je veux la vérité maintenant. Fit sa voix grave. Ou je sens que je vais perdre la tête.
La menace qui abritait sa demande fut perçue par tout le monde, et lentement, ils finirent par prendre place autour de la large et unique table de la pièce.
- Par où commencer… Se demanda Carlisle en le fixant.
- Et si tu me laissais faire, amour ? Coupa Esmée, le regard pétillant. Après tout, je sentais depuis longtemps que ce moment arriverait.
Plusieurs têtes acquiescèrent à sa demande, et il reporta toute son attention sur le doux visage de la reine.
- Harry, mon enfant, fit-elle, laisse-moi te conter l'histoire de la gardienne d'Elysion. Notre Sorah…
Il fut un temps ou la paix, la liberté et la solidarité régnaient partout en Elysion. Un temps lointain - à l'arrivée des premiers vampires, loups-garous, elfes, nains, sirènes, ou humains… - où chaque être avait son importance et était aimé et protégé par les siens.
C'était une époque où les magnifiques forêts d'Elysion, aux plantes luxuriantes et aux fleurs sauvages, semblaient comme remplies de magie. Il n'était pas rare d'y voir certaines fougères dégager une douce lumière bleutée, et attirer au passage de minuscules insectes, des lutins, des lucioles et bien d'autres. Ici, pas une créature, aussi terrible soit-elle, ne souffrait de froid, de faim, ou de folie.
En ce temps, loin des nombreuses clairières et des petits bois, les villes qui s'étendaient sur les divers territoires, et îles alentour, resplendissaient d'une grandeur sans égal. Chaque peuple d'Elysion avait veillé à bâtir un royaume à leur image qui, par son étincellement, montrerait aux autres l'étendue de leur pouvoir.
Et même si des conflits pouvaient éclater à travers les royaumes, au sein des frontières, cela n'empêchait pas le bonheur et la paix de réjouir les esprits.
C'était une ère où la Grande Guerre n'avait pas encore eu lieu, et où toutes les races n'avaient pas encore fermé leurs portes et leurs cœurs aux autres. Chacun cherchait toujours à vivre ensemble en harmonie malgré leurs différences.
Loin d'être une légende, ces temps de paix avaient vraiment un jour réjoui les elysioniens. Et ce bonheur était garanti par la présence de la toute puissante et grande gardienne d'Elysion.
La Sorah.
Immortelle et invincible, il était impossible de dire où et comment elle était apparue, car elle vivait sur Elysion bien avant la venue des autres races. Plus qu'une présence, elle était une force née de la nature qui avait foulé tous les territoires et les avait marqués de sa présence.
Toujours drapée d'un long manteau bleu, couleur de l'éveil de son pouvoir, elle semblait tirer sa force de la terre elle-même, et mettait un point d'honneur à la protéger. Capable de miracles, soulevant des montagnes, et provoquant les océans, il était connu par chaque elysioniens que la mystérieuse Sorah était la créature la plus puissance et mystérieuse de leur monde.
Combien de fois était-elle intervenue dans un peuple, ou dans un autre, pour ramener la paix ? Combien de territoire avait-elle sauvée et assistée ? Elle semblait bien être la seule capable d'établir un lien et de comprendre chacune des créatures venant à sa rencontre. Et ses pouvoirs de guérisseuse sauvèrent de nombreuses vies à travers tous les royaumes.
Un véritable culte à sa puissance et à sa bienveillance avait alors pris racine à Elysion et traversé les cœurs et les âmes. Et son souvenir resta longtemps graver dans les mémoires sous la forme des nombreux temples créés en son nom pour célébrer son pouvoir.
Les siècles de paix s'écoulèrent lentement, et la Sorah ne cessa de parcourir Elysion afin de remplir son rôle de gardienne, et veiller sur chacune des merveilleuses cités du royaume. Toutes les portes s'ouvraient à son passage, et toutes les mains se tendaient vers sa présence.
Malheureusement, plus sa puissance semblait inégalable, et plus ses ambitions devenaient incontrôlables. Elle finit par fortement ressentir le besoin d'atteindre ses limites, et ce fut ainsi qu'elle se laissa dominer par ses émotions, dont une lui fut fatale : la curiosité.
S'enfermant sur ses terres, tout en haut de l'une des magnifiques tours de son palais, elle finit par se livrer jour après jour à d'innombrables expériences.
L'idée qu'Elysion ne lui suffisait plus, qu'elle pourrait apporter son aide et protéger de sa présence d'autres univers, l'amena peu à peu à créer les formules maudites de Lysiel. Accompagnées de merveilleux miroirs, à l'aspect si banal, elles lui permettaient de traverser le temps et les dimensions à la recherche d'autres territoires à découvrir.
Tout devint plus facile en sachant qu'il lui suffisait dire quelques mots devant un miroir pour le traverser, et ainsi atterrir dans un nouveau monde pour s'y gorger de ses merveilles et de ses différences, avant d'y créer un autre portail pour revenir à Elysion. Et bien qu'elle ait peur lors de ses premiers voyages, la fausse certitude de savoir que quel que soit la dimension qu'elle visitait, son énergie vitale serait toujours capable de s'y adapter pour la rendre encore plus puissante la poussait à aller toujours plus loin dans ses recherches.
Bientôt de nombreux miroirs envoutés grâce à la formule de Lysiel apparurent à travers divers univers, et la légende de la Sorah ne connut plus de fin.
Disparaissant des jours durant, elle parcourut de nombreux royaumes, et leur marqua à jamais de sa présence en poussant ses pouvoirs à leurs extrêmes limites. La gardienne devint alors une entité toute puissance, et omniprésente, dans chaque dimension que ses miroirs lui permirent d'atteindre. Bientôt, elle toucha presque du doigt le statut de divinité.
N'ayant plus aucune limite, aucun libre arbitre, elle finit par voyager vers des mondes de plus en plus éloignés, et de plus en plus étranges et différents du sien. Passant d'un univers à un autre, sa soif de curiosité ne semblait pas vouloir se tarir. Au contraire, elle se força à atteindre toutes les dimensions les plus écartées d'Elysion.
Et cela, jusqu'à ne plus pouvoir revenir.
Silencieux, il écouta avec calme et respect la légende qui lui avait été narrée. Il ressentait tout de même une certaine gêne face aux regards perçants des autres vampires qui semblaient suivre chacune de ses réactions, mais n'y prêta pas trop attention tant il buvait les paroles d'Esmée.
-Les Anciens disent qu'ils ont senti la terre trembler de pouvoir le jour où la gardienne a définitivement quitté Elysion. Finit la reine. Elle a dû user d'une grande partie de son énergie avant de disparaitre. Car elle est allée visiter le monde le plus éloigné possible.
Le silence qui envahit la pièce devint de plus en plus pesant à mesure qu'il réfléchissait.
- Donc… Hésita-t-il. Vous dites que cette « gardienne » toute puissante utilisait des formules pour envouter des miroirs et traverser les dimensions. Le ridicule de cette idée lui tira un sourire ironique. Et elle a fini par se retrouver bloquer dans un de ses voyages.
Rien que son regard et son sourire en coin prouvaient à quel point cette histoire lui paraissait totalement improbable. Il ne pensait pourtant pas que les vampires étaient des êtres capables de croire en de telles inepties.
- C'est exact, affirma pourtant Esmée en affrontant son air incrédule. Et aujourd'hui, je pense sincèrement qu'elle s'est retrouvée bloquée dans ton monde. Elle prit une inspiration avant de s'expliquer : Après t'avoir rencontré, et constater de l'étendue de tes pouvoirs, j'ai immédiatement compris que tu n'étais pas venu à Elysion pour rien.
Il secoua la tête pour montrer son désaccord.
- Cela ne prouve rien ! Réfuta-t-il avec véhémence. Vous n'aviez jamais rencontré de sorcier avant moi, c'est tout !
- C'est bien plus que ça, intervint Alice. Et si au final tu appartenais à ce monde ? Et si depuis tout ce temps tu t'étais juste perdu ailleurs avant de revenir vers nous ? Cela expliquerait les visions que j'ai toujours eues de toi.
Il sentit l'agacement monter en lui et répondit distraitement à la main d'Edward pressé sur la sienne.
- Je n'ai jamais été « perdu ». Affirma-t-il. Et je ne suis pas votre… Sorah ! Je m'appelle Harry Potter. Mon père était James Potter, et ma mère Lily Evans. Je suis un sorcier tout ce qui a de plus banal.
- Vraiment, contre-attaqua Emmett jusqu'à présent étrangement sérieux et silencieux. Alors, tout ce que tu as déjà accompli ici, en détruisant des tours, combattant des Draugar, et trompant des Hurleuses, sont des exploits tout ce qu'il y a de plus normaux ? Tu vas m'affirmer que même pour ton monde tu es quelqu'un de parfaitement banal ? Dis-le-moi et j'abonnerais cette idée folle d'éveil de la gardienne.
Harry sentit sa bouche s'ouvrir pour lui répondre, mais aucun mot ne sortir de sa bouche. Normal ? Lui ? Il n'avait jamais était normal même dans son monde. Battre un puissant mage noir à un an, puis à ses dix-sept ans n'était vraiment pas quelque chose à qualifier de « normal ».
Non, il avait toujours été différent des autres. Il avait toujours été le plus… puissant.
- Ça n'explique pas tout… Tenta-t-il de les convaincre.
- Et si tu étais la descendance de notre Sorah ? Calma Jasper, en prenant une longue inspiration comme si cette hypothèse le tuait. Les Anciens disent qu'en quittant pour la dernière fois Elysion elle a utilisé la majeure partie de sa force. Et si cela l'avait rendu faible une fois arrivé dans ton monde ? Et qu'elle était devenue mortelle ? Et si sa descendance avait dû attendre d'être à nouveau assez puissante pour utiliser les formules de Lysiel et revenir à Elysion…
Il avait vraiment envie de protester, mais les souvenirs de son arrivée à Elysion le rendaient comme muet. Il ne pouvait s'empêcher de coller les éléments entre eux afin d'arriver à une tragique conclusion.
Après tout, n'avait-il pas utilisé un miroir pour atteindre Elysion ? Et si l'arcade de la mort l'avait à lui aussi servi de support pour disparaitre de son monde ? Il sentit le doute le saisir à l'instant où les pièces d'un immense puzzle se mettaient en place dans sa tête.
Aussi folle était cette idée, peut-être que, des années durant, chaque enfant de la gardienne avait tenté d'user des formules de Lysiel sans jamais parvenir à rassembler l'énergie nécessaire.
Peut-être même avaient-ils tenté de le faire avec l'arcade la mort ? Ils avaient dû réciter la formule de nombreuses fois avant de se jeter dans le voile. Voilà pourquoi le miroir avait fini par porter le nom de mangeuses d'âmes. Ils avaient dû tenter de rentrer à Elysion jusqu'à ce qu'une génération finisse par oublier leur véritable nature.
Oui, mais lui, n'avait jamais fait de recherche en ce sens pour tenter de venir dans ce monde. Alors comment avait-il fait pour réussir à l'atteindre sans même le vouloir ? À cet instant de réflexion, il se rappela du vieux livre qu'il avait un soir trouvé dans le Département des Mystères. Il se souvint des étranges inscriptions, qu'il savait maintenant être de l'Argpal, et de la formule qu'il avait utilisée.
Une des puissantes formules maudites de Lysiel.
Le sort avait voulu que lui, qui avait toujours été extrêmement puissant, soit non seulement le digne descendant de la gardienne, mais aussi qu'il tombe sur le meilleur réceptacle et la bonne formule pour accomplir l'exploit de retourner à Elysion.
- Cela voudrait dire… Commença-t-il sans finir.
- Que tu portes en toi l'essence de la Sorah, admit Jasper d'une voix encore plus incrédule que la sienne, et que tu viens enfin de t'éveiller.
- Oui, s'enthousiasma Esmée, tu t'es enfin lié à Elysion. Tu n'as pas remarqué de changement dans ta magie en arrivant ici pour la première fois ? Inconsciemment, tu cherchais à te reconnecter à la terre sans y parvenir. Et comme ta nature était bridée et nous ne pouvions pas sentir ton véritable pouvoir. Mais maintenant… Ton odeur embaume chaque recoin de la pièce et nous forcerait presque à nous agenouiller devant toi.
Sous le choc, il fixa du regard chaque personne présente de la salle, se gorgeant de leur air admiratif, avant de tomber dans un océan améthyste. Edward ne semblait pas ressentir ce que décrivait sa famille, et il le regardait toujours de la même manière. Pourquoi ces soi-disant pouvoirs de gardienne n'avaient-ils pas d'effet sur lui ? Soudainement, le souvenir des tatouages qui s'étaient gravés sur ses avant-bras lui revint en mémoire comme une claque.
- Qu'en est-il d'Edward, s'alarma-t-il en fixant Esmée. Qu'a-t-il à voir dans cette histoire ?
Avisant le froncement de sourcils intrigué de la reine, il se saisit vivement du bras de son amant avant de tirer sur sa manche et exposer à la vue de tous ses tatouages.
Plusieurs exclamations surprises se firent entendre alors que chaque vampire autour de lui se penchait pour mieux voir.
- On dirait… Commença à dire Carlisle.
- Des signes d'enchainements, finit son épouse.
Enchainement ? À ces mots, Harry lança un regard en coin à son prince pour s'enquérir de sa réaction. Et étrangement, celui-ci semblait parfaitement calme.
- Pourriez-vous être plus précis, quémanda-t-il.
- Oui, bien sûr. Se reprit Esmée. J'ai longtemps étudié les légendes de la Sorah, et les langues anciennes. Ces tatouages sont inscrits en très vieux Argpal, et il m'est impossible de totalement les déchiffrer, mais… Ils ressemblent aux sorts d'enchainements utilisés sur les armes d'Olodora'N.
Génial ! Se dit Harry. Non content d'avoir réveillé tout Elysion après avoir couché pour la première fois avec son compagnon, il l'avait aussi enchainé à lui avec des signes que l'on trouvait généralement sur des armes de torture. Pourtant, il pouvait voir à l'expression sereine de celui-ci que cela le ravissait plus que ne le contrariait.
- Quelles en seront les conséquences ? Fit-il.
- Je l'ignore. Avoua la reine. Mais… J'aurais tendance à penser que… C'est peut-être fou, mais pour pouvoir éveiller ton essence de gardienne, il te fallait forcément te lier de nouveau à Elysion. Alors, pour le faire, lorsque tu t'es... lié à mon fils, elle avait prononcé ces mots de manière gênée et évasive, ces tatouages sont apparus pour le désigner comme point d'ancrage. Il est celui qui à éveiller ta vraie force, ton essence, ton héritage... Et ces tatouages le prouve.
Altéré, Harry se renforça dans son siège alors que toutes ces nouvelles informations le laissaient pantelant.
- C'est ça votre explication ?! Croassa-t-il.
Cette idée était encore plus folle que les précédentes. Comme si atterrir à Elysion n'avait donc pas suffi pour « l'éveiller ». Et s'il lui avait fallu un point d'ancrage beaucoup plus puissant, et qu'Edward avait bien évidemment fait l'affaire ? Sérieusement, était-ce même envisageable ? Mais en y réfléchissant plus calmement, en sachant cela, il comprenait mieux leur attirance mutuelle, l'agitation de sa magie à chacun de leur rapprochement, et surtout, le lien qui les poussait toujours l'un vers l'autre.
Voilà pourquoi l'un amplifiait le pouvoir de l'autre dans un cercle infernal.
- Je n'y crois pas ! Fit-il en secouant la tête. C'est beaucoup trop… C'est juste trop !
Il ressentit soudainement le besoin de s'aérer. Il ne supportait plus le lourd regard scrutateur des membres de la famille royale posé sur lui. Relâchant sa prise sur les doigts de son prince, il se leva lentement de son siège avant de se réfugier devant l'une des immenses portes-fenêtres de la pièce. Les ouvrants d'un geste vif, tout en ignorant les appels dans son dos, il rejoignait avec un plaisir évident un petit balcon adjacent lorsque le vent frais de l'hiver lui fouetta gentiment le visage.
Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre à son approche s'élever en contrebas une myriade de cris et de louanges. Baissant les yeux, il écarquilla les yeux en voyant les jardins, les cours, et les entrées du palais envahi par les milliers de vampires de la cité.
Formant une masse compacte, ils levaient tous la main en sa direction et scandaient en cœur le nom de leur gardienne bien-aimée.
- Sorah ! Sorah !
Il aurait pu devenir sourd sous la puissance de leurs cris et de leurs claquements de main.
- C'est ton peuple, Harry. Lui chuchota Rosalie en lui posant une main sur l'épaule. Tôt ce matin ils se sont rassemblés autour du château pour prier et chanter leur bonheur. Ils louent l'éveil de leur vénérée Sorah.
De sa position, il pouvait voir les femmes soulever bien haut leurs enfants pour leur permettre de l'observer à leur aise. Il pouvait aussi voir les hommes, les soldats, poser une main sur leur poitrine en signe de serment.
Tous tentaient de l'atteindre, de le toucher, ou de lui tendre des fleurs, de la nourriture, de la soie, ou autres.
- Ils savent que maintenant que leur gardienne est de retour, fit Carlisle d'un ton sérieux qui lui ressemblait bien, une paix est à présent possible partout à Elysion.
Une paix ? Ce mot le ramena brutalement sur terre, et il se souvint que, Sorah ou non, il devait encore résoudre les trop nombreux conflits qui ravageaient toujours ce monde.
Hésitant, ne sachant pas s'il devait leur répondre, il leur fit un timide signe de la main qui se solda par des hurlements encore plus passionnés avant de se détourner.
S'éloignant du balcon, il revint à la salle des Conseils, et accepta avec plaisir le bras possessif de son amant qui se noua autour de ses hanches. Il avait vraiment besoin de son contact.
Dire qu'en revenant quelques semaines en avant, il se serait crispé et éloigné face à un geste si affectueux et dominant en public. Maintenant, il l'acceptait comme si tout cela était normal.
- Qu'en est-il de l'Haradas ? Demanda-t-il en reprenant une inspiration. Allons-nous abandonner les recherches ?
Tout le monde remarqua que son changement forcé de sujet était une échappatoire pour lui afin de ne plus penser à la folie qui l'entourait actuellement. Par chance, la famille royale accepta silencieusement d'aborder cet autre problème.
- Il n'y avait rien à trouver là-bas, affirma Emmett. Il n'y a plus aucune menace à éradiquer, Harry.
Il vit Rosalie, puis du coin de l'œil Edward, approuver énergiquement les paroles du géant. Se tournant brièvement vers Alice, il sut aussi qu'elle ne s'était toujours pas décidée à parler de leur découverte en Arrière-Sud : les villages cachés de vampires. Peut-être cela valait-il mieux ? Après tout, ces rescapés avaient voulus l'anonymat et l'indépendance. Ils avaient pris le risque – en restant caché - de ne pas trouver d'aide venant d'Elysion si un jour il leur arrivait malheur en territoire ennemi.
- Allez-vous tout de même tenter de renouer avec le Sud pour leur expliquer leur mise en scène avec vos bannières ?
Le silence qu'il reçut en réponse fut éloquent. Non, personne n'irait parler aux Sudariens.
- Est-ce que tu vois quelque chose approcher, Alice ? Intervint Jasper. Vois-tu un autre ennemi se dessiner ?
Il vit son amie se concentrer, frissonna encore une fois à la vue de son regard hagard, et fut encore plus stressé lorsque son corps se tendit. Aussitôt, Jasper réagit en la serrant dans ses bras, et lorsqu'elle revint à elle, elle plongea immédiatement son regard sur lui.
- Le futur, commença-t-elle sans le quitter du regard, est beaucoup trop sombre et changeant.
- Cela ne nous répond pas, Alice. Coupa Esmée. Qu'as-tu vu ?
Elle se permit une longue inspiration avant de lâcher :
- Une nouvelle fin à notre histoire.
À la manière dont elle se détourna d'eux pour se murer dans le silence, ils comprirent qu'ils n'obtiendraient rien de plus d'elle. Surtout que son époux lançait à l'assistance son spécial regard froid pour les convaincre de laisser tomber.
Harry empêcha une sourde inquiétude de le saisir, et se mit à fixer le magnifique profil de son prince. Son regard alerte passait sur chaque membre de sa famille, ses sourcils se fronçant à intermittence, son nez bien droit et ses lèvres charnues finissant son délicat portrait.
Comme s'il avait senti son analyse, il tourna lentement son regard vers lui pour le noyer sous son fascinant regard améthyste. Admiratif, il resta un moment ébloui devant lui, et sursauta en sentant le baiser furtif qui se posa sur ses lèvres.
Rougissant de gêne qu'il ait fait cela devant toute sa famille, il leur jeta un regard de côté et fut étonné de rencontrer plusieurs regards moqueurs, et non surpris et désapprobateurs, face à sa réaction. Quoi que, il perçut bien la teinte verte qu'adopta un instant Jasper.
Une douce main contre sa joue le ramena vers son amant dont il prit le temps de détailler chaque trait.
- Ma Sorah… Mon Compagnon officiel…
Ce doux chuchotement l'atteint en plein cœur et il crut instantanément à ces mots.
D'ailleurs, lorsqu'il jeta un œil craintif au roi pour voir sa réaction à cette nouvelle, il ne reçut qu'un long regard contemplatif avant que celui-ci n'incline la tête en signe d'assentiment. Revenant à Edward, qui lui caressait toujours la joue, il lut dans son expression qu'il lui disait : « Tu vois ? Tout va bien maintenant. Tu es digne de moi. » Oui, il était prêt à accepter le fait d'être la grande gardienne d'Elysion, et un Compagnon officiel, si cela voulait dire que son vampire le regarderait encore avec autant d'amour et de vénération.
L'espace d'un infime instant, il voulait oublier le futur incertain qu'avait aperçu Alice, la menace Sudarienne qui ne pesait soi-disant plus sur leur tête, et les dures révélations de la journée. Il voulait profiter du fait qu'il s'était enfin uni à son âme sœur.
Malheureusement, cette tranquillité fut de courtes durées, car il sentit brusquement les doigts froids d'Alice lui saisir durement le bras pour attirer son attention. Retenant une grimace de douleur, il frémit en avisant son regard vague et tendit l'oreille pour entendre cette nouvelle vision.
- Ils arrivent… Fit la voyante, la voix rauque. Des quatre coins d'Elysion… Cachés au plus profond des îles Esivlyn… Ils arrivent pour la Sorah…
Se détachant de sa prise comme s'il avait été brulé, il sursauta presque en sentant Edward le saisir par l'épaule dans un geste d'apaisement.
Les yeux fixés sur son amie, il le vit reprendre lentement pied avec la réalité et se mordilla les lèvres sous son air grave.
Elle avait définitivement vu se profiler une autre fin à leur histoire.
À SUIVRE.
Merci à tous ceux qui continuent de me suivre malgré mon rythme de parution chaotique. Et je pense avoir atteint les limites concernant mon combat contre les fautes d'orthographe XD. Alors merci à tous ceux/celles qui proposeront pour être mes Béta lecteurs/lectrices. Y'a du boulot ! LOL
