Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Oeil de Nuit Loinvoyant : Coucou ! Merci de me suivre sur cette petite fic. Ton com m'a fait très plaisir, et j'espère vraiment que tu as aimé ce dernier chapitre. Biz.
Arwen Jedusor : Tiens, je me demande si tu me boude finalement pour cette longue attente XD ? Ou me suis-je rattraper avec le « sexy peuple » d'Elysion ? J'espère que tu as apprécié ce dernier post. Bisouxxx. PS : Pour ta question « Qui est le père du bébé de Ginny », je dirais qu'au fond de toi, tu sais qui c'est XD.
Loan : Salut ! Merci de ta review. J'avoue que la légende de la Sorah est encore un thème que j'explore au fur et à mesure des chapitres. J'espère vraiment parvenir au résultat que j'ai imaginé dans ma petite tête lol. Pour la crise de jalousie d'Harry, je suis trop contente que tu reviennes dessus parce que je me suis vraiment éclatée à l'écrire ! Je pense qu'il fallait vraiment une « confrontation » entre Harry et Bella, et il fallait aussi qu'Edward prenne position vis-à-vis de ses sentiments. Sinon, pour en revenir à Sirius, non je ne l'ai pas oublié. D'ailleurs, je commence à mieux comprendre le rôle que je veux lui donner dans cette fic (car, oui, il aura son rôle à jouer !). Pour Ginny, j'ai bien peur que la suite sur le monde magique ne te plaise pas. Après tout, Ginny à vraiment TOUT fais pour assurer son futur. Encore merci de me suivre et pour tous tes compliments. Bisouxxx. PS : Oui, j'ai déjà créé le personnage qui utilisera ton pseudo lol.
Neige Bleu 39 : Coucou ! Bienvenue sur Elysion XD ! J'espère te garder comme lectrice jusqu'à la fin ! En attendant, je te laisse te régaler avec ce nouveau chapitre lol. Biz.
Patte-de-Neko : Bouhh… Tu as osé failli raté une de mes publications ?! Je t'embête lol ! Eh oui, Ginny (dans sa bêtise) est au dessus de tout ! Mais bon, des fois, je me demande si je dois plaindre son personnage ou la détester ? Va savoir… En tout cas, le bébé (innocent qui nait le jour anniversaire de Ron et Hermione lol) va devoir payer pour ses fautes. Pour ''Jonathan Harper », je n'y avais pas penser avant que tu ne me le fasse remarquer XD. Mais c'est vrai que sa peut faire penser au personnage dans Dracula. En tout cas, c'est vrai que je ne peux pas dire que tu ne suis pas l'histoire dans les détails lol. Merci encore de me suivre ! Bisouxxx.
Charlene : Salut ! C'est un plaisir de te retrouver ! Pour Ginny, même si elle pense avoir réussit son coup, il reste enore Hermione à abattre. Et la nouvelle madame Weasly ne va pas rester les bras croisé à la regarder dilapider la fortune d'Harry ! Sinon, Harry à enfin comprit que cette histoire de Sorah était sérieuse lol. Il était temps ! En tout cas, tu verras dans ce chapitre qu'il va encore plus devoir s'en convaincre s'il veut paraitre crédible… Bonne lecture ! Bisouxxx. PS : Tu as bien deviné pour le « beau peuple d'Elysion ». C'est les elfes !
Guest : Coucou ! Merci à toi pour ton gentil com. J'espère que tu aimeras aussi ce nouveau post. Biz.
Emma : Salut ! Merci de m'avoir laissé une review. Après avoir relut le chapitre 12, j'ai compris que tu devais faire référence à sa dispute avec Edward lorsque celui-ci lui dit que sa société est loin d'être plus civilisé que la sienne. Dis-le moi surtout si je me trompe. Concernant ce passage, la réponse que tu m'a soumis n'aurait pas put être la bonne. Car, à cet instant, Edward ne cherche absolument pas à ressembler aux humains, il veut juste démontrer par de simples exemples (des chats, des chiens…) à quel point le monde d'Harry n'est pas si « parfait » qu'il veut le laisser croire. Et, je ne pense pas qu'Harry manque de caractère dans cette fic, au contraire. Je le trouve assez retors et impulsif pour ma part XD ! Après, le personnage d'Harry Potter de J.K.R sera toujours différent du mien. Tout comme il le sera d'un auteur à un autre. On a chacun notre Harry Potter qu'on va imaginé soit docile, ou idiot, ou combatif, ou méchant… A mon sens, c'est la liberté de la fanfiction. Donc, tu ne peux que te plonger dans les émotions et la tête de mon Harry pour vivre cette histoire. J'espère m'être bien exprimer lol. Bonne lecture de ce nouveau post ! Biz.
Drayy : Merci pour ton gentil com. Là, je sens que j'ai réussit à créer une grande ligue anti-Ginny. C'est bête parce qu'à la base je ne la voyais pas vraiment comme une méchante lol. Mais je ne voulais pas la décrire comme le veuve éplorée d'Harry, du coup,… La situation m'a échapée lol ! J'espère que ce nouveau chapitre te plaira tout autant. Bisouxxx.
Mini-Yuya : Coucou ! Ta review m'a fait très rire ! Oui, le bébé va vraiment mal ! Et la mère aussi XD ! Quant à Ron et Hermione, je voulais vraiment donner un petit côté fragile à leur couple. Personnellement, je trouve ce couple (même si je ne suis pas fan de Ron !) vraiment mignon. Donc, un peu de difficultés ne peut que les renforcer… Ou les éloigner XD ! Bonne lecture pour cette suite ! Biz.
drougael : En ben alors ! Tu me boudes toujours les chapitre sur le monde magique lol ? Alors, concernant la question de laisser Harry tranquille, vivre sa vie heureuse de jeunes couple amoureux avec Edward, je dirais que… JAMAIS ! Mais, d'un autre côté, sans péripéties, il n'y a pas d'histoire, non ? D'ailleurs, si ce nouveau chapitre finit mal, c'est de ta faute ! C'est toi qui m'a dit de « mettre du piment » avec des méchants ! Bonne lecture ! Bisouxxx.
Cacadeschamps : Ta question sur le peut-être retour d'Harry me… titille lol. Surtout que je te dirais… Peut-être ! Peut-être bien qu'il va y retourner dans son monde magique ! Ah ah ! Sinon, dans le job de « descendant de Sorah », comment trouves-tu Harry ? Bien j'espère. Biz. PS : Oui, tu es une horrible personne de vouloir la mort d'un innocent bébé XD.
melimelo-1202 : Salut ! C'est vraiment intéressant comme demande que tu m'as fait. Et oui, on va savoir comment la guerre a vraiment éclatée après le départ de la Sorah. Déjà, on sait que Licianus à bien donner naissance à un héritier, Calisle. Mais après ? Là est la question ! Pour Harry, même s'il ne pense plus du tout à son monde d'origine, cela ne veut pas dire qu'il ne va pas y retourner. Allez, je te laisse découvrir ce nouveau post. Bisouxxx. PS : J'avoue que je m'inspire parfois des habits Turque pour les habits XD.
elodie Nina : Oui, tu avais raison pour les elfes ! C'est bien eux qui sont arrivé à Elysion, et ils sont ce que j'appelle le « beau peuple d'Elysion ». Ah, je vois que tu as aussi remarqué la petite intrigue que je mets lentement en avant concernant les « montres réveiller par le sang ». Retiens bien cette info, c'est important pour la suite XD ! Bonne lecture pour cette suite ! Bisouxxx. PS : Comment sais-tu pour Sirius ? ET merci encore pour tes gentils messages durant mon absence. Ça m'a vraiment fait plaisir.
GunWiHarPoTwi : Alors toi, tu as un de ses flairs ! T'es rentré dans ma tête ou quoi ?! MDR Ta question : « Feras-t-elle Bella revenir d'entre les morts pour faire le couple phare douté ? » m'a fait frémir parce que je compte vraiment usé du fantôme de Bella pour pertubé le couple E/H. Je n'en dirais pas plus au risque de lâcher toutes mes cartes ! J'ai juste une chose à rajouter : l'espion que tu as placer dans mon entourage et qui surveille mes prochain chapitre d'Elysion, tu es priée de le rappeler ! Non mais ! J'espère te satisfaire avec ce nouveau chapitre (peux-tu le lire sur son portable ou autre ?). Bisouxxx.
Harry-Snape-Malfoy : Tout d'abord, merci encore pour tes gentils messages, ça m'a vraiment boosté à me remettre à l'écriture de cette suite. Pour Harry, tu verras qu'il est encore pas très à l'aise dans son rôle de Sorah. Lui qui voulait du pouvoir pour tout changer au début de la fic, est maintenant très gêné d'en avoir autant face aux autres. En faite, j'essaie de montrer qu'il se sentait plus à l'aise dans son rôle « d'esclave rebelle » que dans celui de divinité vivante. En tout cas, tu verras aussi dans ce post que même si son ancêtre était sûre de son pouvoir, lui va devoir trouver sa manière propre pour se faire accepter et respecter. Bon, je suppose que ce nouveau chapitre répondra à toutes tes autres questions concernant l'arrivés de ces étrangers à Alayis. Je te laisse à ta lecture ! Bisouxxx.
ptitcoeurfragile : Merci de continué à me suivre. Bonne lecture ! Biz.
maya31 : merci de ton gentil com. J'espère que tu aimeras cette suite ! Biz.
Petit mot : Eh oui, je ne suis pas morte XD ! Plus sérieusement, je reviens enfin avec la suite d'Elysion après cette longue absence. Pour vous expliquer, il se trouve que je me suis dernièrement blessé au genou (fissure au cartilage rotulien, d'après le médecin), du coup, j'ai dût faire avec une attelle en plus des autres trucs (travail, maison et famille) à gérer au quotidien. Ça m'a juste démoralisée et j'ai vraiment vraiment perdu mon envie d'écrire. Mais bon, d'un autre côté, j'ai promis de finir Elysion, j'adore vous raconter cette histoire, j'aime vos gentilles reviews et voir que vous vivez avec moi cette aventure, et surtout je sens qu'on arrive bientôt à la fin. Donc, me revoilà avec tout le plaisir que je prends toujours à écrire !
Attention : Ce chapitre comporte un lemon (eh oui, fallait bien que je trouve un moyen de me racheter mon absence lol). Après avoir relut ce passage, je me rends compte que je me défoule pas mal dans cette scène entre Edward et Harry. J'ai tenter de faire passer des sentiments, mais je trouve qu'on y trouve plus de violence que de passion… Bon, je vous laisse en juger ! Comme d'habitude, si vous ne souhaitez pas le lire, sautez juste le passage avec les « XXXX » en gras. Bonne lecture !
Chapitre 35 : La rédemption de la Sorah
La neige n'avait pas cessé de tomber.
La couverture froide et blanche de l'hiver avait pratiquement recouvert tout le paysage, et les flocons qui tombaient du ciel, tout blanc, petites écailles qui se détachent lentement, semblaient comme constitués de milliers d'étoiles.
L'étendue d'eau glacée qui entourait une large partie du territoire d'Alayis, longeant les côtes et les berges gelées, remuaient doucement au gré des vagues pour former une nuée d'écume blanchâtre qui se déposait sur un sable enneigé. Les arbres, dont les branches blanchi craquaient sous la force du vent, laissait tomber de temps à autre des cristaux de neige à chaque fois que leur cime avait le malheur de vaciller.
Virevoltant et bousculant, ce même vent semblait chanter une douce comptine de l'hiver, qui résonnait sur Elysion et faisait s'envoler les oiseaux vers des contrées lointaines, plus réchauffées par les rayons d'un soleil meilleur.
L'hiver était bien arrivé. Froid et impitoyable. Revêtant le monde de l'un de ses plus beaux manteaux, d'un blanc des plus pures.
Ce dur et long hiver, qui avait entièrement recouvert Alayis et ses alentours, aurait dut forcer tous les habitants à rester bien sagement cloitré dans leurs maisons, mais l'arrivée des nombreux bateaux qui longeaient les côtes de la majestueuse capital vampirique poussaient les curieux à braver le froid.
Tous étaient intrigués par les petites barques bercées par les flots et négligemment amarrée sur le bord d'une plage nue, qui avaient emmenés à leur bord les nombreux étrangers qui avaient envahis en quelques heures les terres d'Alayis. Ils étaient venus de très loin en haute mer, et l'océan trop gelée pour se montrer fougueux abritait encore en son sein les nombreux bateaux – aux hautes voiles claires et aux grands drapeaux plus somptueux les uns que les autres – qui les avaient emmenés et s'y étaient ancrés.
En ce nouveau matin d'hiver, la brise fraîche qui annonçait un temps plus doux et calme que les précédents, accompagnait l'arrivée de ces invités inattendus en faisant s'envoler les voilages colorés de leurs riches tenues. Fondant la foule de curieux, parfois acclamés et parfois appréhendés, ces nouveaux arrivants avançaient péniblement vers le grand palais qui s'étendait au centre de la cité.
Prit dans une longue file indienne, ils se hissaient et se pressaient de se rendre au plus près de celui qu'ils étaient venu honorer.
La Sorah.
Et bien au chaud enfermé dans une des plus hautes tours du palais, Harry ne pouvait même pas prendre le temps d'observer leur avancé tant il était occupé par les préparatifs de cette prochaine rencontre. Tournant la tête vers une des nombreuses servantes qui tourillonnaient autour de lui, il la laissa appliqué avec une extrême dextérité un petit crayon noir qui alla souligner et assombrir son regard vert brillant. A ses pieds, il vit une autre servante achevée les nombreux tatouages au henné en forme de plantes aux longs feuillages d'or qui ornaient maintenant le haut de ses chevilles et ses pieds, avant de s'attaquer à ses mains.
De temps à autre, il parvenait à jeter un œil à l'énorme livre, à l'encolure abîmé, qui était posé sur la petite commode posté près de lui, tout en écoutant d'une oreille distraite ce que lui expliquait Alice, qui tournait en rond à l'autre bout de la pièce.
- Tu dois les regarder dans les yeux lorsqu'ils se présenteront, expliquait-elle, et attendre qu'ils te saluent avant de les répondre.
- Ce n'est pas un peu… trop ? Tenta-t-il de dire. Je vais tout de même rencontrer les émissaires, voir les rois, va savoir, des autres peuples d'Elysion. Des personnes qui n'avaient pas remis les pieds sur vos terres depuis des décennies, depuis le début de la guerre ! Je devrais peut-être plutôt tenter de leur plaire et voir ce qu'il se passe, non ? Je dis ça comme ça…. Rajouta-t-il en voyant le regard de son amie s'assombrir à mesure de son petit laïus.
- Non ! S'insurgea-t-elle d'une voix un peu trop aigue. C'est le protocole ! Tu dois t'imposer à eux !
Septique, il renonça à l'idée de lui dire à quel point il détestait ce protocole et la laissa admonester la servante qui s'occupait de donner une forme à ses indomptables cheveux corbeaux.
Il savait que son amie était autant angoissée que ravie de l'arrivée de ces nombreux et inespérés invités. Comme beaucoup d'autres, elle savait que leur venue à Alayis prouvait que son éveil avait été entendu à travers tout Elysion, et étonnamment, beaucoup y avait répandu en entamant ce long voyage jusqu'à lui.
En ces temps de guerre et de conflit, il était dur de dire s'ils cherchaient à retrouver celle qui était censé garantir l'équilibre entre eux pour l'honorer de son retour, ou la blâmer de son trop long départ. Quoi qu'il en soit, Alayis, la forteresse imprenable, avait dut pour la première fois ouvrir entièrement ses portes à ces étrangers. Tout était de savoir, s'ils chercheraient après cette première rencontre à rétablir l'équilibre à Elysion, où s'ils étaient juste venu juger de la valeur de cette ancienne puissance qu'était la Sorah avant de retourner à leurs futiles rivalités.
D'une des fenêtres de ses appartements, Harry s'éloigna de ces angoissantes pensées pour admirer les couleurs chatoyantes des drapeaux qu'hissaient ces différents visiteurs qui prenaient d'assaut le palais royal dans l'attente de pouvoir le rencontrer.
Cette agitation, cette fièvre de l'apercevoir, tout cela le stressait à l'idée de la grande audience royale qui se préparait.
Enfilant docilement la tunique blanche dont les lignes cousues de fils émeraude et or mettaient encore plus en valeur son regard, il écouta Alice qui, depuis le matin, tentait de le préparer au mieux en lui inculquant entre autre l'importance d'exiger le maintien d'un certain respect en sa présence. Et bien qu'elle semble prendre un air dégagé, lorsqu'il croisait son regard fasciné à chaque étape de sa préparation, il sentait bien qu'elle était de plus en plus troublée par lui. Et parfois, il sentait qu'elle se retenait presque de lui faire une révérence.
D'un autre côté, personne ne pouvait aujourd'hui se targuer d'être indifférent à sa présence.
Merlin, dire qu'il avait dut batailler pour que les servants – ceux qu'il considérait comme de vraies amis tels que Marianne - continue à l'appeler par son prénom, et non par d'autres titres ronflants tel que « Mon Grand Seigneur » comme aimait le faire les nobles. Quel combat cela avait été… Toutefois, malgré ses nombreuses protestations, et même s'il avait obtenu d'eux un peu moins de rigueur dans leur attitude, ils semblaient mettre un point d'honneur à le traiter comme… une Sorah.
- Alice, dit-il pour la détendre, arrête un peu de me mater. Ça me met vraiment mal à l'aise. Vois-tu, je suis un homme prit, et de toute façon, ton mari est un peu trop psychotique pour que j'ose poser les yeux sur toi. Rien que de penser à lui, je frisonne encore…
Le soupir mi agacée et mi - amusée qu'elle poussa faillit le faire éclater de rire. Il la vit refaire les cents pas avant qu'elle ne s'arrête face à lui pour le fixer d'un regard franc.
- Je ne te… mate pas. Et surveille ton langage ! S'agaça-t-elle faussement. Harry, tu dois vraiment rester concentrer durant cette audience. Aujourd'hui, tu dois te mettre en tête que même si je suis restée Alice Cullenus, princesse du pays de Galyas, toi, tu es devenu la Grande Sorah d'Elysion. Et c'est exactement ce que ces gens sont venus voir ! Une Sorah ! Capable de les impressionner, de s'imposer, et de peut-être… pour certains… rétablir l'équilibre de ce monde. Elle se rapprocha de lui pour lui murmurer tel un secret : Même s'ils sont venus à ta rencontre, bravant les mers, les forêts et le froid, dans le cœur de beaucoup d'entre eux le doute règne encore. Si tu ne te montres pas plus dur, ils ne te suivront pas.
Ces dernières paroles agirent comme un électrochoc sur lui, et il se redressa trop brusquement pour la servante qui était en train de serrer une large ceinture entièrement brodé d'or autour de ses hanches. Il vit qu'elle eut un léger sursaut avant de se remettre au plus vite à sa tâche.
Fixant Alice qui tournoyait de nouveau dans la pièce, vêtu d'un longue robe verte largement ouverte dans le dos jusqu'à la naissance de ses reins, il commença à douter sur le bon déroulement de cette présentation officielle. Le début d''excitation qu'il éprouvait céda lentement la place à l'inquiétude dans son cœur. Car il avait fini par penser que, grâce à la vivacité de sa magie qui rendait sa présence tantôt hypnotique, tantôt écrasante, il n'aurait aujourd'hui rien à prouver de plus, et rien à craindre des autres Elysioniens. Mais en quelques mots, son amie venait de tout remettre en question.
- Comment ça ? Ces gens ont quittés leur terre pour se rendre sur un territoire qu'ils considèrent ennemi. Réfléchit-il à voix haute. C'est qu'ils doivent croire en moi… et en cette histoire de retour de leur Sorah, non ? Alors, dans le fond, ils sont venus pour s'en remettre à moi, et pour que je les guide… Fit-il d'un ton de plus en plus mal assuré. Tu as vu quelque chose qui prédirait le contraire ? Tu as eu une vision, c'est ça ?
Elle ne lui répondit pas.
Fronçant les sourcils, il pensa au fait qu'il ne pourrait peut-être pas seulement se contenter d'envoyer des vagues de magie, et de laisser couler son essence dans la pièce pour avoir la paix, en obtenant officiellement le titre de Grande Sorah d' Elysion, et ainsi mettre fin à la guerre. Lui qui s'était imaginé dans le rôle de héros à devoir juste faire une apparition, avant de donner quelques ordres dans le but d'obtenir son Happy End avec le retour de la paix dans ce monde…
Non, en vérité, à bien y réfléchir, il n'y avait jamais vraiment cru. La chance n'était jamais de son côté après tout.
Il devrait donc s'imposer face à ces étrangers.
Si seulement il pouvait devenir la Sorah - grande, puissante, honorée et protectrice - dont il avait eu la vision au temple il y a quelques jours en compagnie d'Esmée. Elle, elle savait comment diriger une assemblée et faire respecter ses paroles.
Il fut coupé dans ces réflexions par deux brefs coups à la porte avant que l'entrée fracassante de Rosalie, dont les joues étaient rougies par le froid, n'apaise les tensions qui avaient lentement envahit la pièce. Comme habituellement lorsqu'elle n'était pas sur un champ de bataille, elle avait troqué son armure de guerrière contre une longue robe fourreau noir sans bretelle dont l'encolure en forme de cœur rehaussait la ligne de sa poitrine.
- Les dryades sont arrivées ! Dit-elle sans attendre en inclinant la tête à son attention. D'après nos éclaireurs, ils semblent être les derniers à avoir entreprit cette marche vers Alayis.
Dans le court silence de la pièce, Harry réalisa que cette nouvelle annonçait qu'il allait enfin pouvoir tous les rencontrer. Le défilé allait finalement pouvoir commencer. Ils allaient tous avoir le droit de contempler et de se présenter à leur nouvelle Sorah. Il cacha mal la nouvelle inquiétude qui le saisit à cette pensée.
- Les Dryades, demanda-t-il en ramenant l'attention sur lui, ce sont ceux qui sont lié à la nature, c'est ça ? Un peu comme moi, non ?
- Non ! Grinça des dents Alice sans pouvoir s'en empêcher. Personne n'est comme toi ! Toi, tu es lié à tout Elysion. A la terre comme aux différents peuples qui y vivent. Tu es… un protecteur et un guide, et c'est pour cela que même les rois prêtent attention à tes paroles.
- Et je vous protège de quoi ?
- Eh bien… Des conflits… Des invasions… Des infamies telles que la guerre qui nous ronge actuellement par exemple !
- Et je vous guide comment ?
Il s'empêcha de rire face à son agacement alors qu'elle lui faisait les gros yeux.
- En prenant part, physiquement ou oralement, aux déséquilibres qui peuvent y avoir entre les peuples d'Elysion. Intervint Rosalie avec un sourire. Tu es une voix, une présence qui conseil pour le bien du plus grand nombre. Mais tu es aussi un bâton qui punie ceux qui oseraient aller à l'encontre de tes principes.
Il ne put répondre à son sourire amicale tant la lourdeur de la charge qui reposait sur ses épaules le faisait frémir d'anticipation. Et dans son cœur, il sentit qu'être une Sorah se définissait parfaitement par l'expression : « une main de fer dans un gant de velours ». Soit, selon lui, « une garce toute puissante à qui on obéit sous peine de châtiment ». C'était joyeux…
La Sorah de sa vision semblait vraiment être comme celle que venait de décrire Rosalie. Contrôlée et autoritaire, elle semblait savoir quoi dire, et quoi faire, comme si elle prévoyait les futurs événements. Ce qui devait être le cas… Mais lui, il était juste lui, et devrait faire avec. Comment passe-t-on de simple Sorcier – certes célèbre – à protecteur d'Elysion ? Il allait le découvrir sous peu.
Voilà trop longtemps qu'il était resté hors-jeu tellement il était pris dans la découverte de ses sentiments et l'approfondissement de sa relation avec Edward.
Cette pression, cette attente, et la présence de ces hauts dirigeants était une chance inouïe pour lui d'aller au bout de son serment en rétablissant peut-être un semblant de paix avec le Sud et les alentours. Il allait donc devoir tenter de ne pas rater sa grande présentation, et pour cela, il avait beaucoup de chose à apprendre et comprendre en un laps de temps trop court.
- Les Dryades appartiennent au peuple des Elémentaires. Continua Alice d'une voix très professorale en avisant un air sérieux. Ils tirent leur essence des arbres, des chênes en particulier, et vivent en réclusion dans leur forêt où ils perfectionnent leur maitrise des éléments. Parfois, ils peuvent même être amenés à défendre d'autres personnes – des voyageurs - lorsqu'ils parcourent leur terre, et ils sont dans ces cas-là de très bons guides. De plus, et c'est le plus remarquable, ils mettent toujours un point d'honneur à protéger les enfants quel qu'ils soient.
- Ah ! Réfléchit-il à voix haute tout en levant un pied pour permettre à une de ses servantes de lui enfiler un des magnifiques souliers en perle qui complétait sa tenue. Donc, ils sont un peu comme des elfes, non ?
- Non ! Se crispa Alice en se retenant de lui balancer au visage un des magnifiques vases qui ornaient la pièce. Les Dryades, comme les Elémentaires, se contentent de manipuler les éléments terrestres pour protéger leur forêt. Les Elfes, eux, vénèrent la nature dans sa globalité. Ils l'écoutent, surveillent les changements, et se battent pour la préserver. Au contraire des Dryades, leur but principale n'est pas de secourir ou de conseiller les autres, mais de s'occuper de la nature en elle-même, c'est-à-dire de la former, de la vivifier et de la diriger. C'est un peuple très mystique, très intéressant, et très puissant. Par exemple, savais-tu que, selon leur genre, ils peuvent exceller dans un élément au point de le recréer ? Cela veut dire qu'il pourrait presque maitriser le feu au point de le faire naitre de leurs mains ?!
Bien qu'il ne voit toujours pas où se trouvait la « grande différence » entre ces deux peuples, il préféra hocher la tête d'un air entendu. Alice était à cran, trop nerveuse face à ces visiteurs qui avaient envahis sa contrée, et sachant que son mari, Jasper, était celui charger de la sécurité du palais ne devait pas arranger les choses. Son regard dériva un instant vers l'une des baies vitrées de la pièce et son esprit s'égara soudainement vers celui qu'il n'avait que brièvement revu depuis l'arrivée de ces nombreux « invités ». Il suivit mollement du regard la descente d'un flocon de neige qui alla s'échouer contre les carreaux de la vitre, et malgré l'urgence de la situation il ne put s'empêcher de ressentir le manque de cette absence.
- Il semble faire tellement froid. Je me demande s'il ressent ce changement de température. Lui qui a la peau constamment gelé, lâcha-t-il en oubliant la présence des deux princesses.
Le « il » ne pouvait bien sûr correspondre qu'à une seule personne : Edward.
Harry se rappelait clairement le soir de l'arrivé de ces premiers étrangers où la famille royale l'avait convoqué pour une réunion d'urgence. Il y avait été décidé que si Jasper s'occuperait de la sécurité du palais royale, Emmett prendrait en charge la sécurité de la ville et des habitants d'Alayis, tandis qu'Edward serait celui qui accueillerait ces visiteurs. Ces décisions, très stratégique, permettaient surtout au pouvoir du télépathe d'avoir un aperçu de leurs intentions, et des risques qu'ils pourraient représenter.
Comme Rosalie et Alice, il n'avait fait dès lors, que rapidement croisé les trois princes. L'avantage à cette situation était que l'odeur de « Chanel Edward n°5 » qui collait à sa peau à chacune de leur retrouvaille nocturne ne serait plus un problème.
De toute manière, il comprenait parfaitement qu'il valait mieux qu'il évite de porter une fragrance aussi intime, surtout maintenant qu'Alice l'avait comme mit en garde face à l'entrevue qui aurait lieu avec ces visiteurs. Du coup, il n'avait pas eu le temps de grincer des dents les premières nuits passées loin l'un de l'autre, car l'importance pour lui d'apparaitre neutre et convaincant lors de la présentation, lui prenait toute son énergie. Une partie de lui se raccrochait à cette idée, tandis qu'une autre voulait de nouveau sentir sa magie envahir le vampire tandis qu'il subirait ses…
Il secoua la tête pour reprendre contenance, et enfila le long manteau blanc qui constituait la dernière pièce de sa préparation. Enfilant avec toujours autant de mauvaise foi les bijoux qui lui étaient proposés, il s'avança dans la pièce et remarqua du coin de l'œil le mouvement imperceptible des deux soldats vampires qui se trouvaient dans un coin.
Silencieux, ils le suivaient et s'accordaient à ses mouvements.
Le fait que le château ait été envahi d'étrangers avait poussé sa garde personnelle à se multiplier et à demeurer au plus près de lui. Et si autrefois leur présence était imperceptible et rassurante, à présent, elle était envahissante et dissuasive pour tous ceux qui souhaitaient l'approcher.
- Oui, Harry, se moqua Alice, il ressent le froid. Nous le ressentons tous malgré notre nature de vampire.
- Cela reste un degré en dessous de notre température normale, renchérit Rosalie en masquant un nouveau sourire.
Il eut un sursaut et rougit fortement alors que ses pensées non chastes s'éloignaient au loin. Embarrassé d'avoir été si transparent dans son attente de revoir le prince, il préféra reporter son attention sur le livre qu'il étudiait et posa une question au hasard.
- Tiens, des Nephilim, fit-il l'air de rien. Ce sont des… géants ? Des géants ?!
- Ils ont la capacité de modifier leur taille, Harry. Rassura la petite voyante. Ce sont de redoutables guerriers, et de précieux alliés. C'était les « hommes forts » du temps de jadis.
- Et d'après les registres, certains sont aussi venus à ta rencontre, s'enthousiasma Rosalie.
Manifestement, il aurait droit à tout durant cette audience. Et il n'avait pas vraiment hâte d'y être.
Quelques heures de préparation plus tard, lorsqu'Alice jugea que sa tenue était assez somptueuse, et ses réponses à son scrupuleux interrogatoire sur les us et coutumes des différents elysioniens acceptables, il put, enfin, repartir la tête lourde vers la grande salle du trône. Accompagné des deux princesses, il longeait lentement les couloirs du palais lorsqu'il perçut d'un frissonnement l'éclat d'un rire émanant d'un couloir adjacent. Tournant vivement le regard vers le son grave et mélodieux bien connu, ses yeux plongèrent immédiatement dans un brillant océan améthyste, et son corps se stoppa de lui-même brusquement. Arrêté, sa garde personnelle l'encerclant, aux aguets, il ne put qu'observer Edward et ses frères se chamailler gaiement devant lui.
Les princes d'Alayis étaient splendide ainsi revêtu de leur armure cérémonielle royale des plus rutilantes. Composé d'une robe de cérémonie faite de plusieurs couches de tissu en soie, et brodée de brocart d'or aux motifs complexes, dont les clous de métal argentés brillaient au fur et à mesure de leur mouvement. La lourde cape en cuir qui finissait d'embellir leur tenue, cachait à peine le pommeau en pierre précieux de l'épée qui saillait leur taille.
Emmett, lorsqu'il remarqua aussi sa présence, lui offrit l'un de ses plus grands sourires avant de s'incliner, tandis que Jasper fuit immédiatement son regard tout en le saluant avec réticence. Le blond semblait toujours hésiter entre continuer à le détester, ou commencer à le vénérer.
Quoi qu'il en soit, il les ignora tous les deux et resta sur le vampire roux qui le détaillait aussi, des pieds à la tête. Il semblait comme vouloir mémoriser chaque détail des vêtements qu'il portait, des bijoux qui l'enserraient, des tatouages qui couvraient sa peau. Il notait chaque courbe de son corps et chaque variation dans l'air que provoquait sa magie en résonnance à sa présence.
Lentement, après avoir amicalement tapé dans le dos de ses frères, Harry le vit s'approcher en abandonnant son rire contre la même aura dominante, et le même air froid et noble qu'il revêtait devant des étrangers. Fondant le cercle fermé de gardes qui le suivait, sans les regarder mais en les défiant subrepticement de le défier, il finit par se poster devant lui.
Il vit un coin des lèvres charnues du vampire se relever un court instant, lui permettant d'apercevoir la pointe de ses canines, comme s'il avait retenu un plus large sourire.
- Harry, gronda-t-il plus qu'il ne parla.
Il ne répondit pas. Savourant la manière dont son nom avait été prononcé, il pensa que si sa nature de Sorah poussait les gens à changer de comportement en sa présence, Edward, lui, restait égal à lui-même. Ici, seul comptait la tournure plus intime qu'avait pris leur relation.
- Sorah, fit étrangement le télépathe en l'entourant d'un regard chaleureux sans toutefois s'incliner.
Il frémit devant tant de révérence et sentit son cœur s'emballer en voyant son amant se rapprocher encore plus de lui d'un pas assuré. Il était tellement proche que leurs torses se touchaient et que leurs souffles trop rapides se mêlaient l'un à l'autre. Gêné du regard trop insistant sur eux de ceux qui les entouraient, il ne put pourtant pas s'empêcher d'être fasciné lorsqu'il vit son regard s'assombrir pour revêtir une douce noirceur tentatrice. Les yeux ébène qui le dévoraient le chamboulaient plus que de raison lorsqu'il comprit que la faim qui les animait n'était pas seulement sanguine.
- Tu ne t'es jamais montré aussi solennelle, fit- il d'une voix faussement dégagée en détournant un instant le regard, ni aussi respectueux, termina-t-il d'une œillade aiguë. Ma tenue t'aurais-t-elle impressionné ?
- Possible. Tu as l'air… d'un divin souverain.
Cette réponse le désarçonna. Lui qui était habitué à ce que le vampire ne réagisse pas à sa nouvelle nature de Sorah.
Avait-il l'air si saisissant ainsi revêtit ? D'un autre côté, cela ne pourrait que lui être utile pour la suite, n'est-ce pas ? Cette idée le soulagea grandement en détendant ses épaules, et croisant de nouveau le regard du prince, il le fixa un long moment et comprit l'autre message qui venait de lui être passé. Il saisit que son amant, à travers ces simples mots sur sa tenue et son regard adorant, voulait le conforter une dernière fois dans l'idée qu'il était bel et bien le descendant de la Sorah et qu'il devait donc se sentir et se comporter comme tel. Après tout, ne lui avait-il pas dit il y a quelques nuits de cela qu'il était sûr d'en être la descendance ? Sans parler, il venait de lui transmettre une assurance et un courage nécessaire pour affronter cette audience.
- Ne voulant pas lui dire merci, par fierté ou par gêne, il préféra se moquer de sa réaction.
- Quoi ? Rigola-t-il en le regardant franchement d'un air revêche. J'arrive enfin à te troubler ?
- Harry... Ta présence à toujours eu tendance à…. Ébranler mon corps…
A cet instant, il dut vraiment combattre la chaleur qui monta en lui.
- Ton cœur, couina-t-il, il serait mieux de dire que j'ébranle ton cœur !
Frissonnant bien malgré lui, il sentit sa respiration s'emballer en voyant Edward ignorer ses mots pour se pencher vers lui dans le but de lui murmurer à l'oreille :
- C'est juste que d'habitude, j'arrive à ne pas te le montrer.
Il revit comme dans un flash-back leur première nuit passé ensemble où il lui avait susurré des paroles similaires. S'attendant presque à être embrasser, il resta un instant immobile, dans l'attente, puis voyant qu'il ne ferait rien de plus, il reprit assez de contenance pour parler.
- Ah oui ? Nia-t-il, la gorge sèche, ne sachant même plus comment répliquer.
- Je sais que nous nous sommes compris, Harry.
Il avait prononcé ces derniers mots en se penchant encore plus en avant, et Harry remercia le ciel qu'il soit dans une partie du château dans l'accès était strictement règlementé pour lui et la famille royale, car il ne tarderait pas à se jeter sur ces lèvres roses et charnues qui semblaient le narguer. Et personne d'autre n'avait besoin de voir ça. Cette fois-ci, même la présence de sa garde rapprochée ne parvenait pas à éteindre l'incendie qui faisait se tordre ses intestins. Même le regard à moitié dégouté, et à moitié indécis de Jasper, ne pouvait ébranler son envie de se serrer contre le vampire.
Cependant, l'instant fut sauvagement brisé par la main d'Emmett s'abattant avec force dans le dos de son frère.
- Alors Edward, rigola le géant, tu ne vas pas essayer de te défiler ? Tu sais bien que nous sommes tous attendu dans la grande salle.
Se raclant discrètement la gorge, Harry remit stratégiquement de la distance entre eux.
- Je suis sûr que vous saurez trouver un autre moment pour… dépenser votre surplus d'énergie, lui fit Emmett avec un clin d'œil suggestif.
Préférant l'ignorance à la réponse, le sorcier reporta son attention sur Alice qui s'était empressé de rejoindre les bras de son époux qui se tenait le plus éloigner possible de lui.
- Pitié, Emmett, fit celui-ci avant de se détourner, surtout épargne-nous les détails de ta blague graveleuse.
Ces quelques mots eurent le mérite de le détendre, et ce fut d'un pas plus léger qu'il reprit la route vers la salle du trône. Encadré d'une partie de la famille royale, de sa garde personnelle, et d'une douzaine de servantes, il atteignit presque trop rapidement une grande entrée à double porte close, gardée par deux soldats en armure. S'arrêtant, forçant ceux qui le suivaient à en faire de même, il lança un silencieux regard à Edward qui, sans lui rendre son œillade, finit par faire signe aux deux gardes de libérer l'entrée. L'heure des doutes était passée.
Et même s'il fut le premier à s'avancer seul au-devant de la foule, il ressentit à chacun de ses pas que le vampire était prêt à tout instant à lui prêter main forte si cette rencontre devait tourner court.
La pièce où il atterrit, bien qu'il la connaisse, lui paraissaient encore plus grandiose que dans son souvenir. Les milliers de chandeliers en argent qui éclairaient l'énorme salle à dalles blanches, faisaient se refléter les couleurs des centaines de vitraux qui décoraient le plafond. Il semblerait que les vampires avaient tout fait afin que la puissance de leur royauté suinte de chacun des murs de la pièce.
Une partie des servantes qui suivait sa progression passa rapidement devant lui pour lâcher à chacun de ses pas des pétales de roses d'un blanc des plus pures.
Le silence qui se fit à son entrée faillit le faire marquer un temps d'arrêt, et se fut la certitude de savoir qu'Edward veillait derrière lui qui le poussa à s'avancer dans la pièce. Sous le regard scrutateur de centaines de gens, il frôla d'un pas qu'il se voulait à tout prix assuré le long tapis de fourrure blanche qui l'amènerait au-devant du trône royal.
Bien qu'il tente de conserver un air noble et sérieux, il ne pouvait pas totalement empêcher sa fascination de filtrer en détaillant à son tour tout ce beau monde. Sous les halètements et les chuchotements de ces étrangers, il ne comprit que trop bien à quel point la noblesse Elysionienne pouvait être majestueuse.
Tous étaient parés de leur plus bel atour, des plus beaux costumes, des plus belles robes, et des plus beaux bijoux. Les femmes vêtues de plus belles toilettes en soie portaient des diadèmes aux milles pierres précieuses. Et les hommes n'étaient que plus élégants, vêtu eux aussi de la plus belle tenue qu'était leur armure cérémonial.
Ces autres peuples se distinguaient des vampires à la chaleur de leur peau, à l'étrangeté de leurs prunelles, et à leurs servants postés à leurs côtés qui brandissaient bien haut les couleurs de leur étendard.
Clignant des yeux pour se reprendre, il se morigéna en pensant qu'il se laissait aller à sa contemplation en oubliant son rôle. Par chance, ces gens dont le regard épiait chacun de ses pas, chacun de ses gestes, ses bijoux ou ses tatouages, le rassura sur le fait qu'il n'était pas le seul à être sublimé par cette rencontre.
Lorsqu'enfin il atteignit le trône du couple royale, et que les princes et leurs épouses quittèrent ses côtés pour aller encadrer leur parents, il prit partit de les saluer en premier. Courbant le torse, le brun garda les yeux rivés sur eux avant de les saluer dans le respect de la bienséance elysionienne.
- Elen sila lumenni omentielvo, dit-il d'un ton mesuré.
Sans attendre la réponse à sa révérence, il se redressa dans le silence de plus en plus pesant de la salle. Il avait l'impression de rejouer une scène bien connue du passé. La différence était qu'aujourd'hui, il pouvait se considérer comme l'égal de ceux qu'il venait de saluer.
- Laïta lye, Sorah (Soyez béni, Sorah). Lui répondit le roi d'une voix ravie. Lethe lë nyar Elysion. (Le Sauveur d'Elysion).
- I Edelhie enwe vanya (Et que les étoiles veillent à jamais sur toi), finit la reine d'un ton claironnant, éblouissante dans sa robe mauve et argenté.
Ce fut à cet instant seulement qu'il remarqua le trône de diamants, d'un blanc immaculée, qui était maintenant présent dans la salle. Posté aux côtés du roi, comme l'égal du couple royal, il englobait la salle dans son entière globalité.
Sans le demander, il sut que c'était désormais sa place.
Sa garde personnelle se dispersa dans la salle à l'instant même où il y prit place pour faire face à ces étrangers venu rencontrer la Sorah. Comme il s'y attendait, ce fut le signal pour qu'une première délégation ne s'avance pour le saluer.
Harry les reconnut immédiatement à leurs grandes robes en soie de Perse, à leur démarche lente et maitrisée, et surtout à leurs longues oreilles pointues. Les Elfes d'Elysion étaient le peuple le plus rayonnant qu'il n'ait jamais vu. Loin devant les vampires, il lui coutait d'admettre qu'ils étaient bien d'une beauté encore plus foudroyante.
Admirant la beauté des femmes aux longs cheveux tressés jusqu'au sol, et les hommes à la taille fine et au port altier, il fut encore plus séduit par leur présence. Une jeune femme aux cheveux blonds et au brillant regard couleur miel s'avança d'un pas pour le fixer. Tenant face à son regard insistant, il attendit patiemment qu'elle le salue comme voulait le protocole. Et il ne fallut pas longtemps avant qu'il ne la voie s'incliner avec grâce devant eux.
- Utulie'n aure omentielvo, Sorah (Le jour de notre rencontre est enfin venu, Sorah), fit-elle, Nye eaa Neïa Elenwë, Kementari Ie Edhel. (Je suis Neïa Elenwë, princesse de la terre des Elfes). Utulie'n Aracáno ni Alayis, Arafinwë Licianus (Je vous salue aussi, famille royale d'Alayis, descendant de Licianus)
Abasourdit, Harry prit un moment avant de lui répondre, et laissa Carlisle répondre en premier à sa révérence. Il avait eu l'impression qu'elle venait plus de chanter que de parler tant sa voix lui parut fluette et mélodieuse.
- Wanye, vanimalda hiril, (Je vous salue, Noble Dame) dit-il, intrigué par le regard toujours aussi intense de l'elfe.
- Veillez accepter ces nobles présents pour honorer votre présence tant attendu à nos côtés, continua-t-elle en frappant silencieusement des mains.
Quatre elfes sortis des rangs les bras chargés de cadeaux faits de fontaines d'or émaillé et de diamants. Et ses servantes s'empressaient de ramasser les diverses offrandes qui s'étalaient devant lui à mesure qu'ils pleuvaient.
Observant d'un œil les somptueux cadeaux avant de parcourir le groupe, Harry fut brusquement intrigué par la présence d'un autre elfe. A l'arrière de la délégation, la tête voilé d'un châle en soie bleu, il observait comme tous les autres ses moindres faits et gestes. Et lorsque leurs regards se croisèrent silencieusement au travers de la salle, Harry sentit un écho du passé le pousser à quitter son trône pour se rapprocher de lui.
Indifférent aux murmures que provoqua son impulsion, il suivit son instinct et se rapprocha du groupe d'elfes qui se pressa de s'écarter de son chemin.
Une fois devant l'homme qui l'avait intrigué, il fit abstraction de la présence nerveuse de sa garde personnelle autour de lui pour plonger son regard dans de magnifiques yeux, sans pupille, et dont l'iris était d'une improbable couleur bleu cobalt.
- Il est rare que le roi des Elfes quitte la douceur de ses îles, remarqua-t-il sans pouvoir s'en empêcher. Ne comptiez-vous pas me saluer… Aldaron ?
Cet homme était celui de sa vision. Le même sui s'était plein de la sauvagerie de Licianus, ancien roi des vampires. Il ne pouvait pas oublier ses traits qui n'avaient d'ailleurs prit aucune rides.
L'elfe parut surpris et ses yeux s'agrandirent un court moment avant qu'un discret sourire n'effleure ses lèvres. Le brun ne savait pas vraiment s'il venait ou non de passer une sorte d'épreuve mais il souffla intérieurement de soulagement lorsque le roi lui répondit dans une large révérence. Son geste fut repris par le reste de la délégation elfique qui se pressa de mettre un genou à terre en son honneur.
La terre elle-même s'émeut de nos retrouvailles, Grande Sorah, dit une voix dans son esprit, vous me glorifiez en ne m'ayant pas oublié malgré tout ce temps passer loin de notre monde.
Harry faillit avoir un rire nerveux en comprenant que le roi elfique était celui qui lui envoyait ces pensées. Comme lors de son arrivée, il préférait lui parler directement par ce biais. Et il cacha sa surprise de voir avec quelle facilité il parvenait à passer à travers ses barrières d'occlumancie. Une chance que sa présence dans son esprit n'était ni inamicale, ni envahissante, où il aurait pu avoir une mauvaise réaction.
Après avoir eu Voldemort dans sa tête durant des années, il avait vraiment du mal à laisser d'autres personnes y entrer.
- Nous sommes vraiment bénis par votre présence, roi Aldaron. Intervint Carlisle, dont la surprise était difficilement cachée.
Il pouvait comprendre son ébahissement. Après tout, la folie de Licianus avait condamné les vampires à voir toutes les autres portes se fermer devant eux, donc cela devait certainement être la première fois que Carlisle avait l'opportunité de rencontrer le roi des elfes.
Comme un seul homme, comme dans une chorégraphie bien répétée, les elfes se redressèrent avant de lentement se reculer pour laisser place à la prochaine délégation.
- Ma fille, finit tout de même par dire Aldaron en tendant une main vers Neïa, et moi-même, sommes ravis d'être de nouveau en la présence de la Sorah, et de la noble famille Cullenus.
- Le plaisir est en tout point partagé, sourit délicatement Esmée.
Retournant à son trône, il n'eut le temps que de s'asseoir avant qu'un autre groupe ne se présente à lui. Harry fixa avec une curiosité toute particulière les hommes de petites tailles, à hauteur d'un mètre vingt maximum, qui se présentait à lui.
Les nains possédaient une largeur d'épaules et une ossature impressionnantes qui devait les faire peser presque autant que les humains. Dans le petit groupe, il vit que les hommes étaient légèrement plus grands, et sensiblement plus lourds que les femmes en robe de satin. Leurs cheveux noirs, gris ou châtains, et leurs longues barbes pour les hommes, s'accordaient parfaitement à la tenue très traditionalisme qu'ils portaient avec fierté. Quant à leur peau, ils avaient un joli teint bronzé qui faisait pâlir d'envie ceux qui subissait la pâleur de l'hiver, tandis que leurs grands yeux ébènes transpiraient de franchise lorsqu'ils se posèrent sur lui.
- Je me nomme Tharor de Thorinn, Sorah. S'inclina l'un des nains devant lui avant de se tourner vers la famille royale dans un solennel : Salutations à vous aussi, descendants de Licianus.
La manière qu'ils avaient de prononcé le nom du roi vampire maudit, Licianus, l'interpella quelque peu. N'était-il pas en quelque sorte le précurseur de la guerre ? C'était ce qu'il avait compris de sa vision des souvenirs de la Sorah.
Ce ne fut que lorsqu'il vit les doigts blancs de la famille royale vampirique serré avec force les accoudoirs de leur trône qu'il comprit que ces gens ne faisaient que leur rappeler leur descendance pour mieux les embarrasser. Après tout, ces délégations venus en territoire hostile usaient de tous les moyens pour brimer leur hôte si prestigieux.
- C'est une joie de vous accueillir sur nos terres, répondit pourtant Carlisle avec calme.
Il se contenta d'un hochement de tête pour sa part en réponse.
Le petit groupe de nain se redressa imperturbablement et le tintement sourd de leur armure accompagna leur mouvement.
- Je suis le digne mandataire du grand roi Muri de Boradöm. Continua le dénommé Tharor. Il espère de tout son cœur que la Sorah nous honorera très prochainement de sa présence sur nos terres de Tharilin. En attendant, veillez accepter ces modestes présents.
Les nains firent honneur à leur réputation de chercheurs de pierres précieuses en déversant à ses pieds les plus beaux bijoux jamais connus. Cependant, loin de se réjouir de ces merveilles, une autre question l'intriguait.
Il ne savait pas vraiment comment réagir face à cette invitation sur les terres de Tharilin. Il savait qu'il allait un jour ou l'autre devoir quitter les vampires pour visiter les autres peuples, et les nains venaient de dangereusement rapprocher ce moment. Le moment où il devrait quitter les côtés d'Edward.
- L'orgueil des nains est vraiment inimitable. Renifla Rosalie à voix basse, bien qu'elle fut perçut par presque tout le monde. Il parle comme si c'était à la Sorah de venir se présenter devant leur roi, et non l'inverse.
Le brun vit nettement la main d'Emmett effleurer la cuisse de sa femme comme s'il l'avait négligemment laisser retomber sur le côté. Ce simple geste sembla pourtant la calmer et elle retomba dans son silence.
Sentant que ce début d'altercation remuait déjà des tensions dans la salle, et avisant que le regard acéré de Tharor posé sur la princesse blonde commençait à échauffer Emmett qui remua défensivement sur son trône, il prit partit de désamorcer le problème en quelques mots.
- Ainsi soit-il. Remercia-t-il. Je serais ravi de séjourner à Tharilin.
Des chuchotements s'élevèrent une nouvelle fois dans la salle alors que les nains se retiraient sur ces dernières paroles.
De nouvelles délégations défilèrent devant ses yeux, et il fut de plus en plus émerveillé par ces différents peuples venu l'acclamer.
Tellement prit dans ce déferlement de robes en soie, de cadeaux somptueux, et de bannières multicolores, il ne remarqua que trop tard l'agita qui régnait dans le fond de la salle du trône. Ce ne fut que lorsqu'un soldat fut sauvagement renversé sur l'une des tables du banquet qui avaient été dressés pour l'occasion que le chaos se déchaina.
Se redressant sur son siège, comme le reste de la famille royale, il tenta d'apercevoir au-dessus des têtes de sa garde, qui l'avait immédiatement encerclé, les raisons de ce trouble.
- Nous ne sommes pas venus nous plier devant lui, hurlait un homme. Nous ne sont pas comme vous, nous ne nous inclinons pas devant n'importe quel fable.
Il reconnut immédiatement à quel peuple appartenait celui qui faisait maintenant face aux épées de quatre soldats royaux.
C'était une créature bipède qui évoquait un étrange mélange entre un bouc et un homme elfe. En effet, son buste bien taillé, sa fine corpulence, ses longs cheveux bruns, et les deux oreilles effilées pointant sur les côtés de sa tête évoquait bien la beauté "bestiale" d'un visage assez proche de celui d'un elfe sauvage. Mais sous la cape en velours rouge grenat, ses jambes en forme de pattes de bouc se terminaient tout naturellement par des sabots, tandis que son dos et ses épaules, à peine visible sous son armure à lacets ouverts sur les côtés, disposaient d'une pilosité très abondante évoquant le pelage d'une chèvre ou d'un bouc. Enfin, deux cornes, de taille assez importante pour sembler dangereuses, poussaient sur son front pâle et plat.
C'était un satyre.
Mais loin de l'image de créatures gambadant nues accompagnées de nymphe, tout en jouant d'une flûte de pan, ceux qui poussaient et frappaient les autres convives en grognant leur mécontentement étaient en tout point des guerriers bien entrainés et prêt à tuer.
- Il ne s'agit pas de fable, s'insurgea Tharor, en repoussant le groupe. Si j'avais ma hache je te trancherais la gorge pour ton insolence et ton manque de foi, Sumenaï, fils du roi Elvem Adisïl.
- En quoi faut-il que j'ai foi ? Riposta violemment celui qui était en réalité le prince des satyres. En cet humain ? En cet « Harry Potter » ?!
Le brun aurait presque pu se vexer à la manière dont son nom avec été craché. D'ailleurs, il perçut très clairement les sifflements de protestation de la famille royale vampirique qui l'entourait.
- Pourquoi es-tu ici si ce n'est pas pour l'honorer ? Demanda Carlisle, sans se laisser impressionner.
Dans la salle, les gens avaient commencés à se scinder et à prendre farouchement parti entre eux. Même si les voix fortes du nain et du satyre surplombaient leur vacarme, la tension qui monta encore d'un cran fut accompagné de quelques cris d'effroi des servantes lorsque des tables et des chaises furent renversées sous le poids des corps qui se bousculaient.
Du coin de l'œil, le brun surprit Carlisle faire un discret signe aux gardes d'intervenir en plus grand nombre pour ramener le calme.
Dans ce chaos infernal, seul la délégation des elfes qui s'était posté à un coin éloigné de la pièce semblait vouloir rester neutre. Il sentit que le regard d'Aldaron ne quittait jamais son visage, comme s'il attendait de prévoir quel serait sa réaction.
- Je croyais faire la rencontre d'un demi-dieu. Se moqua sans gêne Sumenaï. Mais je ne trouve qu'un gamin impotent qui passe les caprices des nains, et qui n'a rien de bien impressionnant. Je ne resterais pas une minute de plus en présence de mes ennemis pour glorifier ce pâle reflet de ce qu'était Sorah.
Gamin impotent ? Il avait hérité de ce titre juste parce qu'il n'avait pas voulu se plaindre des manières discutables des nains ? Ridicule. Il ne se sentait juste pas capable d'exiger plus que cela de ces étrangers qui était venu à sa rencontre. Ces gens avaient dût quitter leur territoire, chose qu'ils n'avaient pas fait depuis des années, si ce n'était pour combattre, pour longer les royaumes et se mélanger à ceux qu'ils considéraient au pire comme des adversaires, au mieux comme des nuisibles.
Il ne pouvait décidément pas en vouloir à ceux dont la haine et la souffrance prévalaient sur leur besoin de retrouver celle qui était censé autrefois les protéger. Il comprit un peu mieux l'urgence d'Alice qui lui avait demandé de « s'imposer dès le début », mais il ne se sentait pas le cœur de le faire pour la simple raison qu'il pensait ne pas vraiment en avoir le droit.
- Je croyais les satyres joyeux et fêtards… Murmura-t-il.
- Hélas, fit Esmée, pas ceux-là !
Les légendes qu'il avait lues sur eux prenaient un sacré coup. Où étaient les flûtes, les fleurs et les femmes dansant autour d'eux ? Une voix dans son for intérieur lui dit que la guerre avait dut changer la nature de beaucoup de gens.
- Les Satyres sont réputés pour ne pas aimer les duperies. Souffla Jasper en fronçant les sourcils tandis qu'il analysait les sentiments de tous ceux présents dans la salle du trône. Une des fables d'Elysion raconte que les satyres vivaient auparavant volontiers en harmonie avec les simples paysans. Mais un des faunes, ami d'un homme, le vit un jour souffler sur ses mains. Lorsqu'il lui en demanda la raison, le paysan lui répondit que c'était pour se réchauffer. Bien qu'il parle à voix basse, Harry pouvait l'entendre comme s'il était à ses côtés, et il buvait littéralement ses paroles. Plus tard, continua le blond, le satyre le vit souffler sur sa soupe chaude. Et cette fois, l'homme lui dit que c'était pour la refroidir, ce qui parut complètement absurde à la créature. Un sourire orna ses lèvres lorsqu'il finit : Furieux de tant de duplicité, le satyre le blâma et quitta à jamais la compagnie des hommes.
Cette histoire à tout point ridicule ne le fit même pas rire.
- Tout ça pour dire ? Lança-t-il.
Le blond ignora la résonance agacé de sa voix.
- Tout cela pour t'expliquer, reprit le blond, qu'il accorde difficilement leur foi, qu'ils aiment tout remettre en doute, et qu'ils s'emportent vite lorsqu'ils se croient victime de tromperie.
- Et c'est à peu près ce qui arrive tous le temps avec eux, s'exaspéra Alice en remuant sur son trône. Ils finissent toujours par se braquer pour une raison ou pour une autre. Et lorsqu'ils commencent à s'agacer, il devient rapidement impossible de les réfréner.
Un nouvel éclat troubla la salle, et Harry vit avec surprise certains étrangers se ranger aux côtés des satyres pour exprimer leurs doutes. Bientôt, la salle se fendit en deux groupes qui s'insurgeaient et se battaient en repoussant les gardes qui tentaient de ramener le calme.
- Il suffit ! Gronda Carlisle en se redressant de son trône. Je ne vous permets pas de commettre d'esclandres à l'intérieur même de mon palais.
Les cris se turent comme par magie, et un long silence oppressant envahi les lieux. Comme toujours, le roi des vampires possédait un charisme qui ne laissait personne indifférent. Cependant, le calme fut de courte durée car les pas lourd de Sumenaï qui s'avança vers le trône en soufflant durement par le nez, tel un bœuf en colère, échauffa de nouveau les esprits.
- Avec tout le respect que je dois aux dignes descendants de Licianus, gronda-t-il avec trop de mépris pour que cela ne soit pas un affront, ce n'est pas vous que nous sommes venus voir, mais la chimère qui se tient à vos côtés.
Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu'Emmett avait posé une main de fer autour de son cou. Il sentit aux frémissements des lèvres d'Edward, qu'il avait eu le temps d'apercevoir, que celui-ci aurait fait de même si le besoin de rester calme pour sonder les esprits ne lui était pas nécessaire.
- Tu nous as insultés, là, non ? Gronda le géant. Tu veux mourir ?
Loin de calmer les gens, cette réaction enflamma la salle et certains hurlements furent parfaitement audible : « Ils nous menacent après nous avoir retiré nos armes à l'entrée de la ville ! » ou encore « Cette race maudite que sont les vampires ne sont définitivement pas digne de confiance ! ». Et d'un autre côté, la noblesse vampirique ne se gênait pas de répliquer : « Vous n'avez qu'à rentrer chez vous ! Nous n'avons pas à supporter de tels sauvages ! ».
- Recule-toi, Emmett, ordonna Carlisle qui cacha mal son propre énervement face à la situation. Edward !
Le prince roux n'avait pas eu besoin de l'appel de son père pour finir par se lever et attraper son frère par la taille pour l'obliger à lâcher prise et se reculer. Jasper lui aussi se redressa de son siège pour se rapprocher d'eux, et ils se lancèrent tous les trois un regard pour échanger silencieusement leur pensées et leur sentiments, avant de complétement regagner un calme qui frôlait la froideur. Leurs épouses, raides comme des piquets, attendaient la suite des évènements dans un frémissement constant.
Mais loin d'être calmé, Harry, qui commençait lui aussi à perdre contenance sous l'agacement commun qui montait à la vue des trois princes vampires en colère, vit Sumenaï s'enhardir pour se retourner vers la foule déjà trop agité :
- Ceci n'est rien de plus qu'une marque de faiblesse venant des descendants de celui qui nous a assiégé il y a des décennies de cela !
- Vous allez trop loin, lui hurla Carlisle, en descendant de son trône suivit de sa garde pour lui faire face. Un mot de plus pourrait vous être fatal…
Le satyre ne fit qu'esquisser un sourire avant de se reculer vers son groupe qui forma une horde protectrice autour de lui.
- En ce cas, gardons cette vérité pour plus tard, et énonçant une nouvelle : la Sorah nous a tous abandonné ! Cria-t-il à la salle qui reprit un semblant de calme pour l'écouter. Elle a sciemment laissé l'équilibre des peuples vaciller, forçant certains d'entre nous à nous terrer dans les terres les plus hostiles du Sud, tandis que d'autres fermaient leurs portes à ceux qui criaient assistance de peur de voir le sang entaché leur propre royaume. Il fit un tour sur lui-même avant de toiser d'un regard acéré chaque membre de la famille Cullenus : Elle a laissé la soif de sang et de pouvoir de certains engrangé une guerre dans laquelle nous sommes bloqués depuis des décennies. Il se détourna une nouvelle fois vers les gens de la salle qui l'écoutait avec calme et attention : La Sorah à briser son serment en causant elle-même la destruction d'Elysion.
Harry sentit une chape de plomb tombé dans son estomac à mesure que les regards accusateurs tombaient sur lui et le foudroyaient. Ils semblaient tous réclamer une réponse, une excuse peut-être, de la part de la fuyarde qu'il représentait.
- Sois heureux, petit homme, lui lança Sumenaï, que je ne te reconnais pas en tant que ma Sorah. Car si cela avait été le cas, je t'aurais tranché la gorge pour le mal que mon peuple à endurer pendant que tu fuyais tous tes devoirs.
Ces paroles furent la goutte d'eau qui fit déborder le vase car Edward, qui supportait déjà mal la situation comme le reste de sa famille, lâcha prise et s'élança sur le satyre imprudent. Trop rapidement pour ses yeux, il vit Alice apparaitre hâtivement devant lui pour lui bloquer le passage, tandis que Rosalie retenait un Emmett hors de contrôle. Seul Esmée et Jasper semblaient prendre la situation avec calme, voir froideur, mais les tremblements de leurs corps prouvaient qu'ils étaient au bord de la rupture.
Quant à Carlisle, entouré de ses soldats, il ne semblait plus savoir s'il devait leur demander d'attaquer ou de calmer ces imprévisibles visiteurs.
- Qu'il nous insulte est une chose, cracha Edward, mais qu'il le menace devant moi… Je ne le permets pas !
- La décision que tu as prise, ce que tu comptes faire, dit rapidement la voyante, n'arrangera pas les choses. Au contraire !
- Nous en reparlerons après que j'ai bu son sang !
A travers les hurlements, le regard d'Harry croisa encore un court instant celui d'Aldaron, avant qu'il ne sursaute en voyant un des soldats de sa garde personnelle détourner un projectile qui venait de lui être lancé. Abasourdit, il vit comme au ralenti le chandelier rouler sur le sol en marbre de la salle du trône avant que sa garde ne repousse de leur corps ceux qui s'étaient élancés vers lui. Ils l'attaquaient.
Vas-tu laisser la situation s'envenimer ? Demanda Aldaron dans sa tête, le faisant sursauter tant il était absorbé par la situation. Ne comptes-tu pas intervenir, Sorah ?
Ces hommes sont en train de m'attaquer, gronda-t-il en se retenant de lancer un regard à l'elfe. Si j'interviens, tout ce que je vais faire c'est commettre une tuerie.
Un long silence lui répondit.
Ces peuples n'ont jamais eu besoin d'aide pour s'entretuer, sembla se désolé l'elfe, regardez…
Il aperçut de sa place les Dryades lever les mains et attirer à eux des centaines de lianes qui rampaient et sinuaient au sol pour venir encadrer le groupe de satyres. Ceux-ci répliqua immédiatement en sortant de sous leur cuirasse une flûte en bois, finement ciselés, qu'ils s'empressèrent d'utiliser. La mélodie qui en sortit, bien qu'elle ne fut pas désagréable à ses oreilles, fit tomber à genoux les Dryades dans un gémissement douloureux. Il les vit pourtant contre-attaquer en usant de l'eau et du vin des carafes brisés au sol pour former des gerbes d'eau glacé qui allèrent s'abattre tels des fouets contre leur ennemis.
Même s'ils ne pouvaient pas user d'armes pour se combattre, ils misaient sur leurs pouvoirs pour combler ce besoin d'agressivité. C'était hors de contrôle.
Vous devriez plutôt tenter de les apprendre à parler, affirma Aldaron, et non à lever le glaive.
Il se garda bien de répliquer que ces sauvages n'avaient pas besoin de discours mais d'une bonne raclée.
Laisserez-vous frères et sœurs se détruire une fois de plus ? Gronda le roi des elfes dans sa tête.
Il fut si surpris par ces mots qu'il se tourna un brève instant vers lui, évitant un nouveau projectile, pour croiser son regard profond.
Frères et sœurs ? Fit-il d'un air sceptique.
Oui. Après tout, malgré nos différences et nos querelles, nous vivons tous au sein d'Elysion. Nous respirons le même air, et mirant le même ciel, lui apprit Aldaron, la mort lorsqu'elle survient nous rend d'autant plus égaux. Alors laisserez-vous ces familles se détruire ?
Ces paroles le touchèrent en plein cœur et il regarda plus attentivement la scène qui se jouait devant lui. Loin d'observer des ennemis, il voyait maintenant des hommes levés la main sur leurs femmes, des alliés attaquaient leurs compagnons, et des frères tenter de tuer leurs pères. Tandis que des dizaines d'enfants apeurés tentaient de se cacher sous les tables.
Il pouvait maintenant les voir. Toutes ces familles qui se détruisent.
Avec une lenteur calculée, il se redressa à son tour de son siège, et descendit une à une les marches de l'estrade qui surélevaient les trônes. Ses chaussures claquant sur le sol dans un rythme contrôlé résonnèrent contre les murs de la salle du trône.
Clac… clac… clac…
Les têtes se tournèrent vers lui, les hurlements se firent murmures, et les mains qui tentèrent de l'arrêter furent farouchement repoussés par le mur invisible de protection qui s'était érigé autour de lui. S'arrêtant un cours instant, il laissa sa magie l'envahir en une vague d'énergie qui alla ébranler les murs de la salle du trône. Les gerbes d'eau fondirent au sol, et les lianes meurtrières des Dryades se racornirent au plafond. Le son des flûtes de Pan devint muet et le silence reprit ses droits.
Lorsqu'il reprit sa marche, beaucoup de gens reculèrent d'instinct fasse à son déferlement de magie qui venait d'annihiler toutes les autres formes d'énergie.
Passant aux côtés d'Edward, toujours aux prises avec la petite voyante, il tendit une main vers sa ceinture et dégaina le long sabre qui y pendait avant de reprendre sa route. Repoussant ceux qui voulaient l'arrêter, que ce soit pour le blesser ou le préserver, il ne cessa pas un instant de fixer son attention sur Sumenaï.
Le satyre, bien campé sur ses deux sabots, donna un coup de coude à son groupe pour les intimer de le laisser passer. Mais même sans cela, Harry sentait qu'il était prêt à renvoyer tous ceux qui tenteraient de l'empêcher d'atteindre son but.
Sourd à toutes paroles, il finit par s'arrêter à quelques mètres du prince satyre, le sabre bien serré dans sa main droite qui pendait le long de son corps. Il détailla son adversaire en silence, et celui-ci en fit de même, et s'enhardit en parcourant le peu d'espace qui les séparait encore. Leur souffle se mêla à mesure qu'Harry sentait sa magie la plus sauvage bouillonner en lui.
Et ce fut dans un silence mortelle qu'il tendit l'arme à Sumenaï qui après une brève hésitation finit par s'en saisir.
- Vous me dites que vous ne croyez pas en moi. Dit-il d'un ton maitrisé. Pourtant le regard que vous posez sur ma personne porte le poids des accusations que vous voulez laisser peser sur la Sorah.
- Je ne vous prends pas pour la gardienne, grinça le satyre, je n'ai pas cette foi. Mon regard vous accuse seulement de vous faire passer pour elle.
Loin de s'énerver, il eut un sourire indulgent. Un frisson le parcourut alors que la même sensation qu'il avait éprouvé le jour de sa vision au temple l'envahissait. La fièvre, l'étourdissement, et le sentiment de partager la conscience de son ascendance. Sa posture elle-même changea à mesure que les échos du passé de la Sorah parcouraient son esprit.
- Tu as bien changé, Sumenaï. Fit-il, taquin. Je me souviens encore du petit satyre, un adolescent déjà bien rebelle, que tu étais auparavant. Caché dans l'ombre protectrice de son père, chagriné par l'absence d'une mère, et tellement impressionner à l'époque par ma présence. Il pouvait encore revoir au travers des souvenirs qui l'envahissaient le regard émerveillé qu'il avait posé sur lui. Te souviens-tu de ce que tu m'as dit la première fois que tu m'as vu ?
Un silence tendu lui répondit. Dans la salle du trône, les convives remuaient, mal à l'aise et incrédules. Les Dryades tentaient de rassembler leurs pouvoirs pour convaincre les plantes de se rallonger, en vain. Mais il les ignora tous au profit du regard de plus en plus troublé du satyre.
- Utulie'n anar Mae govanen… (Voici venir le soleil que nous attendions tant), termina-t-il, ce sont tes mots.
Il savait qu'Alice lui avait dit de s'imposer par la force. Et c'était certainement ce qu'il aurait dut faire, cependant, la rage qu'il avait pu ressentir se calmait à mesure que la vérité éclatait dans le regard de Sumenaï.
Il sentait qu'il se devait de faire les choses à sa manière.
Au ralenti, il se glissa au sol jusqu'à poser un genou à terre, la tête baissée. Ainsi affaissé, il attendit sereinement la réaction de ces gens que son ancêtre avait abandonnés. Car il sentait qu'il se devait de faire amende honorable pour cette fuite du passé avant de pouvoir les convaincre qu'ils devaient changés. Même si ce n'était pas lui qui avait disparu d'Elysion il y avait des décennies de cela, brisant les cœurs et créant le début du chaos qui y régnait à présent, il était celui qui avait fait le serment de mettre un jour fin à la guerre en ce monde. Et cela commençait par la pénitence de son ancêtre.
Sans se préoccuper des halètements scandalisés qu'il percevait autour de lui, il étendit son mur de magie protecteur autour de lui et du satyre afin que personne ne puissent intervenir dans leur tête à tête.
- Si aujourd'hui tu maudis ce soleil qui était jadis venu à la rencontre de ton peuple, fit sa voix dans le silence, je t'offre dès à présent la possibilité de demander réparation.
- Non ! Hurla dans son dos la voix d'Edward.
Sans prendre la peine de se retourner vers son amant, il resta ce qui lui sembla être une éternité dans la même position avant que le satyre ne bouge.
- Est-ce que tu veux mourir, Sorah ? Dit-il les dents serrées. Veux-tu payer cette faute passée en donnant ta vie ?
Il retint un gémissement en sentant plusieurs personnes frapper contre le mur magique qui les englobait. Mais il tenait bon.
Après tout, il était rassuré de savoir qu'il devait déjà de gagner une bataille car le satyre venait bien de le reconnaitre comme gardienne, et non plus comme « un petit homme ».
- Non, répondit-il, je ne veux pas mourir. Mais si tu veux me tuer, je n'y peux rien. Après tout, j'ai moi-même décidé de me soumettre à ton bon jugement.
- Pourquoi fais-tu cela dans ce cas ? Me penses-tu si miséricordieux ?
Non, il était loin de penser que les satyres possédaient ce genre de qualité. Mais il voulait le laisser le choix de prendre la bonne décision.
En vérité, il sentait que Sumenaï était resté le même petit adolescent rebelle que la Sorah avait connu. La différence était qu'il semblait totalement brisé par la guerre et la mort qui régnait dans son royaume. Face à cette peine, il trouvait en lui un exutoire.
Un peu comme Jasper, jadis.
Il ne pouvait décidément pas être sourd à sa douleur. Alors, bien qu'il aurait été facile de le pousser à choir devant lui, il voulait que ce geste vienne de lui-même.
- Ce n'est pas cela, dit-il dans un souffle, c'est juste que j'ai l'impression de devoir faire pénitence. La vie m'a apprit que qui que l'on soit au fond de nous, nous sommes constamment juger que par nos actes. Voila pourquoi il est important de savoir faire les choses bien. Il marqua une pause à cette triste vérité. Je n'ai rien encore accompli qui mériterait ta haine, mais je suis prêt à l'accepter comme si c'était la mienne. Car c'est la seule bonne manière que j'ai trouvé de l'apaiser et de protéger ceux qui me sont chers.
Ces mots semblèrent ne pas plaire au satyre qui s'empressa de lever le sabre au-dessus de sa tête.
- Que sais-tu de ma douleur ? Siffla-t-il.
La lame siffla lorsqu'elle fendit l'air dans un large demi-cercle. Harry frémit à peine lorsqu'il la sentit heurter la base de son cou, et les quelques gouttes de sang qui s'y échappa lui fit lentement redresser la tête.
- Je n'ose en imaginer qu'une partie, avoua-t-il sans sourciller. Et toi, que sais-tu de la mienne ? Demanda-t-il en clouant du regard Sumenaï. La question n'est pas de savoir qui souffre le plus ici, mais ce que nous comptons faire pour y remédier. Le départ de mon ancêtre et ma venue dans ce monde doit être notre chance pour enfin prendre les bonnes décisions.
- Prendre les bonnes décisions ? Cracha le satyre. La Sorah aurait dut le faire par le passé ! Si elle ne l'a pas fait, alors qu'elle en possédait le pouvoir, comment aujourd'hui puis-je croire en sa descendance ?
C'était justement le problème de la famille Cullenus. Ils étaient condamnés à être à jamais maudit pour les fautes de Licianus sans pouvoir s'en repentir, et leurs vies étaient entachées par ses erreurs et ses décisions passées. Mais lui ne comptait absolument pas se laisser écrasé par des erreurs qui n'étaient pas les siennes.
-Parce que je suis bien plus que ça ! Je suis bien plus qu'une nouvelle Sorah, bien plus qu'un sorcier perdu, ou qu'un simple humain... Je suis l'espoir. En des temps meilleures, en des contrées plus sûrs, et en un peuple enfin soudé. Oh oui, Satyre, si tu ne veux croire en rien d'autre, tu ne peux croire qu'en ça !
Le silence qui s'éternisait dans la salle devenait presque religieux tant que les convives - tels des statues de sel - s'étaient figés à ces paroles.
- Pourquoi… Pourquoi t'abaisses-tu devant moi, Sorah ? Dit Sumenaï d'une voix presque plaintive.
Là, maintenant que son masque d'homme froid et fort était tombé, il pouvait reconnaitre les jeunes traits du petit satyre que son ancêtre avait put connaitre autrefois. Cette faiblesse, cette tristesse, et ce besoin de protection bien caché derrière un besoin farouche de se montrer vaillant, le touchèrent plus que tout autre chose.
- Quiconque s'abaisse sera élevé, Sumenaï… Je suis tombé à terre car j'attends que mon peuple me relève. Car c'est ainsi que viendra leur salut.
A cet instant seulement, il laissa sa magie exploser une nouvelle fois hors de son corps en une autre vague qui alla heurter toutes les personnes présentes dans la salle du trône. Certains s'écroulèrent sous la puissance qui émanait maintenant de lui en ondes de choc. Comme un vent violent, une tempête impétueuse, sa magie se mouvait à mesure que sa présence devenait omniprésente.
Harry ne vit jamais l'iris de son regard devenir d'un bleu électrique des plus purs tandis que ses bras et sa tempe étaient de nouveaux recouverts des tatouages de la Sorah. Il ressentit une léger brulure dans son dos, cambra les épaules, et dans un souffle étonné, il libéra deux paires d'ailes bleus évanescentes qui battirent deux fois nerveusement l'air. Étincelant de pouvoir, il remarqua à peine les gens qui se mettaient les uns après les autres à genoux autour de lui tant il était concentré sur Sumenaï.
Le satyre, dont le corps tremblait et convulsait devant lui, lâcha comme s'il s'était brûler le sabre qu'il pointait encore sous son cou. Et les yeux écarquillés d'effroi, il le vit reculer encore et encore jusqu'à finalement tombé à genoux à ses pieds.
Il se releva alors lentement du sol avant de faire un tour sur lui-même pour voir que tous s'était agenouillé devant lui dans un silence religieux.
- Yello Ilfirin Sorah ! (Honneur à la Sorah) S'écria la voix d'une petite fille en sortant de sous une table.
Ses jolies boucles brunes battirent contre sa tempe alors qu'elle s'élançait vers lui pour lui agripper la main. Son innocence le toucha de plein fouet et il sentit sa magie la caresser lentement alors que d'autres enfants l'entouraient à leur tour d'attention.
- Yello Ilfirin Sorah ! Reprirent chaque personne présente dans la salle de trône.
Un chant de louanges s'éleva de toute part, et des centaines de mains s'approchèrent pour tenter de le frôler. Sa magie sembla comprendre qu'il ne courrait aucun danger car il la sentit devenir moins agressive pour se fondre en une masse mouvante et accueillante. Finalement, son mur protecteur translucide frissonna et céda.
Et alors que des doigts touchaient sa peau, ses tatouages, et ses cheveux, il sentit à quel point il était uni au peuple d'Elysion.
C'était très différent de la connexion qu'il avait avec Edward, mais cela restait tout aussi intense. Il pouvait sentir des fils blancs, des liens solides et invisibles, le lier à la terre et, par ce biais, à tous ceux qui y vivaient.
C'était comme être le point de connexion entre des milliers et des milliers d'essence, d'âmes.
Il les comprenait parce qu'il les ressentait de l'intérieur même de son être. Il tirait sa puissance de la terre, et la leur redistribuait sans limite. Cette sensation était grisante et envoutante.
Tournant la tête vers le trône, il vit la famille Cullenus l'observer avec un réel ébahissement tout en se mettant en retrait, tout en reprenant en cœur les louanges de la Sorah. Il fronça les sourcils de na pas apercevoir Edward, puis, souriant brièvement, il ne fut pas surpris de le sentir dans son dos suivre chacun de ses pas comme une ombre silencieuse. Et ce fut sous les chants et les frôlements de tous ceux venus l'honorer qu'il finit de recevoir chaque délégation venu à sa rencontre.
Sans le contrôler, il reprit une forme plus humaine, ses ailes se rétractant et ses yeux redevenant verts, et perçut le hochement de tête de Sumenaï avant que celui ne quitte d'un pas ferme la salle du trône, et les terres fertiles d'Alayis.
XXXX
Harry longea lentement le bord d'un bassin de source chaude.
Après l'éprouvante audience qu'il venait de passer, il avait aussi dut parader en carrosse dans toute la ville d'Alayis. Sa magie avait fini par se réfréner d'elle-même, lui redonnant son apparence humaine, cependant, il sembla tout même rester un peu trop impressionnant vu la manière craintive avec laquelle on l'approchait.
La famille royale Cullenus, bien qu'ils soient restés à ses côtés tout le long, avait bien fini par le laisser aller seul au-devant de ces visiteurs avec pour seul protection une horde d'enfants amusés. Et dans l'agitation alentour, Edward, rassuré qu'il ne risquerait plus rien, avait lui aussi fini par le laisser évoluer seul parmi ses gens. Saluant et souriant, il avait ainsi assisté aux festivités et au départ des premiers étrangers venus le rencontrer.
A son retour, une fois l'effluve et l'excitation retombé, et lorsqu'il put enfin prendre congé, ses servantes l'avaient immédiatement conduit aux bains royaux où il avait découvert l'existence de ces sources d'eau chaude. Le grand bassin était entouré de grandes colonnes d'ivoire et donnait sur le luxuriant bois qui bordait l'arrière du palais. Des pétales de fleurs y avaient été répondus et une douce odeur montait de toute part.
Attendant que sa garde referme gentiment la porte derrière eux, il refusa l'aide de ses servantes pour se dévêtir, et attendu d'être seul avant de défaire les premières attaches de sa tenue. Une fois nu, il fit avec un plaisir évident les premiers pas dans son bain avant d'effectuer un petit plongeon. L'eau chaude détendit lentement ses muscles et il se laissa lentement flotter sur le dos.
Il s'endormait presque au milieu des flots lorsqu'il fut soudainement éclabousser. Se redressant, il resta immédiatement sur ses gardes et observa la pièce qui semblait pourtant vide de toute présence autre que la sienne.
Il allait retourner à ses ablutions lorsqu'il entendit quelqu'un surgir de l'eau dans son dos. Se retournant, il écarquilla les yeux en voyant un Edward nu, les cheveux lâchés, et ruisselant d'eau claire, s'avancer vers lui. L'eau lui arrivant jusqu'à la taille ne cachait rien de son état, et de toute manière, le regard noir affamé qu'il lui lança, ne laissait plus de doute quant à son état d'esprit actuel.
- Edward ! Tu sais que je suis cardiaque ?! Par où es-tu entré ?
Il était pourtant sûr qu'avec la vigilance constante de sa garde personnelle jamais le prince n'aurait put l'approcher ainsi à son insu. A moins qu'il l'ait tout simplement attendu dans ici, caché dans l'eau, pour le surprendre une fois seul ? Cela lui ressemblait bien.
- Quoi ? Il m'est maintenant interdit de m'approcher de la Sorah ?
- C'est exactement ça ! Taquina-t-il. Si tu veux une audience, tu devras attendre ton t...
Ses mots moururent sur ses lèvres en voyant une excitation nouvelle prendre flamme dans le regard du vampire qui fondit les eaux de son corps puissant pour se rapprocher de lui.
XXXX
Sans un mot, le brun se laissa docilement attirer vers le corps dure et froid du vampire. Des mains allèrent immédiatement glisser et caresser le creux de ses reins, et une fois totalement collé l'un à l'autre, il sentit qu'Edward était déjà prêt pour l'amour. Le sexe dur et tendu qui pesait contre son ventre était un toucher des plus exquis.
- Je ne veux pas d'audience car je suis seulement venu te faire l'amour, dit le prince en le forçant à écarter les cuisses pour les agripper autour de ses hanches. Je veux t'enivrer de mes caresses…
- Et mes désirs à moi ? Tu ne les prends pas en compte ?
Harry gémit bruyamment lorsqu'une main alla à la jointure de ses cuisses pour caresser son plaisir qui s'éveillait lentement. Sa réplique venait de perdre de toute sa splendeur alors qu'il était évident pour tous que son désir ne se résumait qu'à se laisser conquérir par son amant.
- Ne refais jamais ça. Gronda encore le vampire en serrant les doigts autour de son membre. Ne te remets jamais plus ainsi en danger.
- C'est une promesse que je ne peux pas faire, souffla-t-il comme une excuse. J'ai parfois l'impression que notre vie se résume à une suite de dangers...
- Alors mens-moi ! Fais en sorte que mes pulsions soient enfin calmés.
Le fixant, il vit que sous sa passion se cachait la réelle inquiétude qu'il avait dut ressentir pour lui. Il avait l'impression de se revoir dans ce regard lorsqu'Edward était partit pour l'Haradas. Et comme lui, le veille du départ, il ne pouvait émettre de promesses qu'il ne pourraient pas tenir. A défaut de serment, il allait pour une fois entièrement lâché prise dans leur étreinte afin qu'à jamais leurs corps se souviennent l'un de l'autre.
Sans répondre, hochant docilement la tête, il sentit son sexe se tendre encore plus vers lui, fier et arrogant, lourd de son désir dans l'attente de le posséder. Il l'embrassa, la main posée sur la douce colonne de son cou, puis descendit le long de son corps, s'arrêtant un moment au niveau du cœur. Il l'entendit battre fort, comme un oiseau affolé, et fut d'autant plus surpris par cet organe d'habitude mortellement calme.
Sans avertissement, il gémit en sentant des doigts exigeants partir à la recherche de son intimité et s'empresser de l'étirer avec fièvre. D'incroyables petits bruits étranglés surgir du plus profond de sa gorge, et il leva la tête pour voir l'expression de satisfaction s'étendre sur le visage du prince.
Tout en glissant un nouveau doigt en lui, il le vit découvrir ses canines pour lui mordiller l'échine. Pleurant et arquant son corps pour mieux s'offrir, il sentit les dents aiguisés s'arrêter à son épaule, avant qu'une main froide ne repousse les courts cheveux bruns de son cou.
Il leva les hanches et resserra ses muscles internes autour de la main de son amant dans un geste d'impatience, et fut ravi de l'entendre pousser un feulement sous l'assaut du désir qui le traversait. Puis il se mit à haleter avant que la douleur de deux canines profondément enfoncés à la base de son cou ne le clou sur place de plaisir.
Le besoin d'union était à un tel paroxysme que leurs caresses furent dures et saccadés, et ce fut dans une série de mouvements rapides qu'il fut plaqué contre une des paroirs du bassin tandis qu'on lui relevait les hanches.
- Écarte un peu plus tes cuisses, Harry.
Le brun, déchainé, était beaucoup trop égaré dans son plaisir pour entendre ou obéir à cette voix grave. Cela ne semblait pas déplaire à Edward qui dut le maintenir de force, pesant de l'avant-bras sur sa clavicule tandis qu'il repoussait et remontait plus haut l'une de ses jambes sur le côté.
Remuant des hanches, il ne lui facilita pas vraiment la tâche et frissonna en le sentant tenter de se positionner de la meilleure manière pour une pénétration. Mais l'angle n'était pas le bon, la frénésie faisait que trop trembler leur corps, et ils risquèrent plusieurs fois de se faire mal.
Avec un grognement mauvais, il sentit le prince cesser de boire son sang tandis qu'une de ses mains quittait sa croupe pour aller se saisir de son sexe engorgé, avant de le guider avec force et conviction vers la seule ouverture de son corps offert.
La tête de son sexe passa une fois, deux fois, devant son intimité avant de s'y accrocher. Là, Harry écarquilla les yeux de douleur et de surprise en le sentant pousser fort, s'enfonçant profondément en lui, pour enfin les unir.
Sous le choc de cette pénétration, tous deux hurlèrent à l'unisson.
Complètement perdu dans la sensation du sexe lourd et brûlant qui envahissait ses entrailles, il laissa retomber sa tête contre une épaule accueillante tandis que son corps acceptait tout ce que son partenaire lui demandait.
Les hanches de celui-ci se mirent presque aussitôt à le marteler sans fin, le rythme brutal et puissant créant une pression dans ses bourses, un nœud brûlant dans son bas-ventre, qui annonçait sa prochaine jouissance.
Il poussa un long gémissement rauque lorsque le membre qui le pilonnait s'enleva totalement, que des mains fermes le remonta contre la paroi, avant d'être de nouveau écartelé par son amant. Il pouvait sentir l'eau tenter de pénétrer son corps ouvert à mesure qu'il se laissait prendre de plus en plus profondément.
Leurs deux corps claquaient l'un contre l'autre, et il était couvert de sueur et l'odeur de sexe rendait encore plus lourd l'atmosphère. Un autre cri s'échappa de ses lèvres étrangement sèches lorsque son point de plaisir intime fut enfin violemment travaillé par son amant. Incontrôlable, il sentit ses muscles internes se contracter autour de lui, le malaxant, jusqu'à ce que son orgasme ne le propulse en avant, et que des mains ne le maintiennent en place d'une poigne puissante sur les reins, l'échine et la nuque.
Collé l'un à l'autre, il sentit la vague enfler et déferler avant qu'il ne soit littéralement inonder par la passion d'Edward qui geignit d'un douloureux plaisir à son oreille. Il le laissa donner ses derniers à-coups avant que les convulsions ne se calment enfin.
Relevant la tête, il vit que le vampire avait gardé les yeux clos, et que la tension loin de déserté son visage reprenait forme sous une autre vague de désir. Ses yeux améthyste s'ouvrir et, voyant qu'il était observé, il leva une main et la promena de son flanc à son épaule, avant de lui dire d'une voix rauque :
- Je veux te punir, Harry. Je veux que tu regrettes cette frayeur que tu m'as faite aujourd'hui.
Sachant que sa voix faillirait s'il tentait de parler, il se contenta de hocher la tête en signe d'assentiment avant de l'enlacer avec force. On aurait dit que ce premier orgasme semblait avoir aggravé les choses en amplifiant leur désir, leur passion.
Embrassant farouchement le vampire, il le sentit le soulever de l'eau avant d'être délicatement posé contre la douceur d'un drap de satin posé stratégiquement près du bassin d'eau chaude. Là, Edward s'arracha à son baiser pour le tourner d'une main autoritaire sur le ventre afin de le prendre par derrière, en s'enfonçant profondément en lui. Il le sentit pousser en avant, pas brutalement mais fermement, et le fin anneau de son intimité fut ébréché par l'intrus de chair et de sang qui plongea rudement dans son corps. Il cria une nouvelle fois de choc et frémit de douleur, tandis que le vampire rugissait en vague dans son dos en réponse à ses reins qui s'était cambré à son invasion. Une main froide lui tourna le menton et il rencontra une paire de lèvres dévorantes.
Le brun avait la bouche brûlante et avide, et il pleura de plaisir lorsque recommença les durs va-et-vient, un grognement farouche ponctuant chaque mouvement. Il sentit à la caresse de la langue de son amant qu'il tenta de se contrôler durant quelques instants, puis ses hanches prirent d'elles-mêmes un rythme sauvage, et il ne put garder sa bouche contre la sienne. Il était martelé si fort qu'il se serrait écroulé si la main du vampire sur ses hanches ne le retenait pas avec fermeté.
A bout de souffle, il laissa retomber sa poitrine sur le sol, le visage tourné de côté, les lèvres écartée en des cris continus, et les yeux à demi clos. Il était presque écrasé par les bras épais qui la cernaient, ainsi étalé sous lui, mais il prenait tout de même tout ce qu'il lui donnait, et ne refusait pas ce sexe qui entrait en lui jusqu'à la garde.
Geignant, il se laissa aller à la vague de plaisir qui l'emportait.
Il allait jouir lorsqu'Edward se retira brusquement, et le retourna d'un geste souple. Lorsqu'il fut sur le dos, ses jambes largement ouvertes retombèrent de côté comme s'il n'avait plus la force de les retenir. Sur son ventre contracté de plaisir, se levait son membre gonflé et rougit par le besoin de satisfaction. Il participa mollement au nouveau baiser qu'ils échangèrent et son dos se cambra lorsque le vampire s'enfonça de nouveau en lui.
Il cria son nom et lui planta ses ongles dans les cuisses.
Enfin, cette fois, il explosa de plaisir en ayant le regard rivé à celui d'Edward qui le suivit de près. Sans rien avoir à craindre, ils se laissèrent aller complètement, et le plaisir les emporta, encore et encore, les vidant complètement.
Leur extase commune sembla ne pas avoir de fin.
La tête lui tournait comme s'il allait s'évanouir lorsqu'il sentit le prince trembler une fois encore en lui, son grand corps ruant sous les vagues de plaisir, et sa respiration haletante. Un grondement sourd émanait de sa poitrine et il sentit le jet brûlant de sa passion au fin fond de son corps sans que la passion ne s'éteigne.
C'était une forme d'intimité et de plaisir incroyable d'être si détendu et offert quand lui était toujours en proie à un orgasme à répétition. Il ressentait le moindre spasme du grand corps pesant sur lui, et chaque frémissement de son sexe en lui était un ravissement. Remuant pour l'aider à trouver l'extase ultime, il sut exactement quand une autre jouissance se prépara, la sentit monter en lui, dans son intimité, entre ses cuisses. Et quand ça arriva, il entendit sa respiration se bloquer, son torse se durcir, et ses hanches se remirent à le marteler.
L'accompagnant dans son besoin de jouir, même s'il se sentait lui-même incapable d'en donner plus, il enserra son visage des deux mains, enlevant les longues mèches de cheveux roux de devant son regard, et admira ses yeux noirs noircis de désir et ses longues canines ensanglantés. Et lorsque tous les muscles du ventre musclé d'Edward se contractèrent dans l'orgasme, il en ressentit la sensation au plus profond de lui-même.
Il le vit finir par cligner des yeux étincelants de plaisir pour tenter d'en chasser le voile.
- Je suis désolé, Harry. Un autre spasme le secoua, et il se mordit les lèvres au sang pour continuer à parler. Première fois… que ça arrive… Je ne peux pas… déjà m'arrêter…
Il poussa un feulement sourd, mélange d'excuse et d'extase tandis que le bas de son corps recommençait sa danse. Écartelé sous lui, Harry accueillait sans se dérober ses assauts en gémissant de plus en plus fortement. Une main du vampire, se voulant caressante et apaisante, passa le long de son visage, et il ne put s'empêcher d'en mordre la paume sous l'ardeur qu'il subissait.
Un regard noir et sauvage se posa immédiatement sur son visage.
- Oui, ronronna le vampire, mord-moi plus fort.
Même sans cet ordre, il aurait continué à le mordre tant il avait besoin de cette exutoire à la passion qui l'animait. Ses dents se faisaient plus incisives chaque fois que son corps était ravagé par une ardeur trop animée. Enfin une jouissance peu commune fit trembler le large corps au-dessus de lui et il le vit s'effondrer de tout son poids contre lui, le corps vidé de ses forces.
Il pesait très lourd, bien plus qu'il ne pouvait le supporter après s'être donné aussi intensément. Pourtant, alors qu'il relâchait la main froide et meurtri, il n'échangerait sa place pour rien au monde.
Après un dernier baiser, il laissa le vampire se retirer de lui, et contracta ses muscles intimes pour tenter de retenir en lui son essence. Il voulait encore ressentir sa présence. Soupirant sous les caresses qu'ils échangeaient mollement, il sentit une main frôler ses fesses avant que des doigts ne se glissent le long de la fente. Il tressaillit légèrement, et vit les doigts du vampire revenir en portant des traces de sperme et de sang mêlés.
XXXX
- Pardonne-moi, Harry. Demanda sa voix rauque. J'ai pourtant essayé de me réfréner…
- Et je ne pense pas m'être plaint, dit-il faiblement en l'embrassant. Je me suis résigné à vivre avec la bête que tu es !
Bien qu'il plaisantait, le regard perplexe que lui lança le vampire le fit émettre un petit rire éraillé. Une paire de lèvres froides le fit taire, et il ressentit dans ce baiser, sous la couche d'affection et de passion, une sourde demande en pardon.
- Je vais bien, Edward. Je t'assure…
Il avait prononcé des mots en surélevant la tête et un nouvel étourdissement le prit. Sa phrase mourut sur ses lèvres alors que sa vision devenait noire. Il sentit des bras le retenir et le serrer avec force contre une large poitrine pour le bercer tandis qu'un ronronnement inquiet éclatait dans la pièce. Ouvrant les yeux, il tomba directement sur le regard fautif du prince, qui émettait ce petit bruit de chat anxieux, tout en tentant de combattre ce mal invisible dont il savait être la cause. Harry rit faiblement aux éclats lorsqu'il se pencha pour frotter son nez contre le sien dans une caresse repentante.
- Non, fit sa voix toujours rauque, tu ne vas pas bien. Je t'ai trop poussé…
Le retenant par l'avant-bras alors qu'il allait amorcer un geste pour se redresser, il l'attira de nouveau dans une étreinte amoureuse avant de murmurer à son oreille :
- Je n'ai jamais été aussi bien, aussi aimé, et aussi en paix avec moi-même.
Ils durent rester silencieux un long moment après cela, voir même s'être endormi sur place, mais quoi qu'il en soit, lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait chaudement allongé sous les draps. Clignant des yeux, il reconnut ses appartements privés, et sourit en avisant l'air assoupi de son amant. Sans bouger, il s'apprêtait à se rendormir lorsqu'un éclat brilla près de son lit.
Fronçant les sourcils, il crut avoir rêvé lorsque l'éclat réapparut, et qu'à la faveur de la lune, il comprit ce que c'était.
La lueur tranchante et meurtrière qui virevoltait et courait vers lui n'était autre que la lame brillante de la dague qui fondait sur eux.
Cette arme appelait au sang.
A suivre.
