Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Gabrielle Camus: Bonjour. Oui, c'est vrai que cela fait très longtemps depuis mon dernier post. En vérité, le temps est passé sans que je ne m'en rende compte. Mais me revoilà de retour avec un nouveau chapitre. Bonne lecture !

Guest 1 : Coucou. J'avoue qu'après avoir lu ta review, dont je te remercie, j'ai eu envie d'écrire une bagarre entre Edward et Aldaron. Qui sait ? Ce n'est peut-être que partie remise. Bon chapitre !

Loan : Bonjour Loan, Capitaine de la garde personnelle d'Harry lol ! Alors, j'espère donner un peu plus de forme à ton personnage dans les chapitres suivants. J'espère que tu aimeras. Sinon, pour Harry, il n'a pas encore embrassé l'elfe… Disons que c'est en cours XD. Je te laisse savourer la suite ! Biz

Guest 2 : J'adore ta franchise alors merci pour cette review. Moi aussi, j'avoue, je trouve Harry très bête. Mais j'avais aussi envie d'égratigner son personnage tout puissant et trop parfait. Je voulais le mettre en tort, en difficulté. Maintenant, je te laisse voir les retombées de son attitude !

Morane: Merci pour tous tes gentils coms. J'espère que cette suite sera à la hauteur de ce que tu avais imaginé. Alors, pour répondre à tes questions, il est vrai que je n'ai pas encore vraiment mis en avant l'avis des Elysioniens sur l'homosexualité. A part Edward et Harry, il n'y a pas d'autres couples mis en avant. Bon, là, tu me force à rattraper le tir lol. Donc, tu auras la réponse à cette question dans mes prochain chapitres, n'ait crainte. Pour Harry, il faut dire qu'Elysion a totalement bouleversé sa magie, du coup, il ne l'use qu'en cas de danger et encore (parfois il se loupe !). Mais c'est vrai que tu verras que je préfère nettement qu'il n'use pas trop de ses pouvoirs sinon je trouve que ce serait trop facile (je ne pourrais pas lui en faire baver s'il était tout puissant XD). Allez, je te laisse lire la suite ! Biz.

Guest 3 : Merci de ta review. La suite, c'est maintenant ! Bonne lecture !

Lady Lu93: Merci pour ton commentaire. Et non, je ne révèlerais pas qui est la personne qui les espionnait. J'espère que tu aimeras cette suite ! Bonne lecture !

Sucubei: Quel plaisir de lire ta review. Je t'en remercie. On se ressemble vraiment dans le fait que je suis aussi une fan d'héroïque fantasy et de yaoi. A croire qu'on a les mêmes références de lectures lol. Alors effectivement, la Sorah fait un peu penser à l'Avatar : c'est une ancienne puissance oubliée de tous, et qu'on pensait avoir disparu. Par contre, je ne connais absolument pas fushigi yugi, mais je suis fan de kyou kara Maoh (Yuri et wolfram forever lol), et je suis preneuse si tu connais d'autres romans de ce genre. Je suis ravie que tu aimes autant mes personnages (surtout le sexy Edward) parce que j'ai vraiment tenté de leur laisser leur caractère d'origine en y rajoutant tout de même ma touche, mon fantasme XD. Merci aussi de reconnaitre la masse de travail que ça représente, car je t'avoue qu'un chapitre me mange facilement ma journée pour être écrit, lut, relut, corriger, recorriger… Même si j'adore ça, je dois avouer que c'est parfois trop long. Pour en revenir au chapitre, je ne dirais pas qui est l'ombre qui les espionne. Je garde précieusement cette information pour moi lol. Allez, je te laisse découvrir ce chapitre. Bonne lecture ! Biz.

Elaelle: Coucou ! Merci pour ton com. Le mystère entourant l'enfant de Ginny risque de rester entier un petit moment. Mais il est sûr qu'elle n'est pas blanche comme neige dans la douleur qu'éprouve maintenant son enfant à peine né. Quant à Hermione, elle est pour l'instant sous le choc, comme tout le monde, mais elle a bien l'intention de mettre Ginny « à genoux ». Pour Harry, il n'est pas vraiment un demi-dieu, mais il reste puissant. Ton idée selon laquelle il peut passer à travers les dimensions (comme son ancêtre) est très intéressante. Tu verras par la suite que j'ai encore beaucoup de choses à les faire vivre. Pour finir, comment ça Jasper doit mourir ?! Mais… Qu'est-ce qu'il t'a fait ?! Bon, il est un peu… extrémiste, mais tout de même lol ! Allez, bonne lecture !

Drayy: Moi, j'adore les disputes lol. C'est sûr que le mieux c'est les réconciliations mais rien n'est moins sûr. Allez, je te laisse découvrir ce chapitre ! Biz.

arwen jedusor: Allez, remets-toi lol. Bon, pas de nouveau lemon dans ce chapitre parce qu'Harry doit maintenant faire face à ses actions du dernier chapitre. J'espère que tu aimeras ! Alors voici la suite de cette petite fic !

Perline: Coucou Perline ! Alors… Par quoi commencer… Tout d'abord, merci pour tous tes messages d'encouragement, pour ton inquiétude, et ta persévérance. J'avoue que ça m'a vraiment poussée à me remettre à écrire. Et c'est aussi un grand plaisir de te retrouver sur cette fic et de pouvoir relire tes gentils com. Tout ça m'avait vraiment manqué ! Bon, je sais que mon dernier chapitre t'a beaucoup stressée, et j'espère me rattraper avec celui-ci. J'avoue que Harry, s'il n'est pas détestable, est assez insupportable dans ce dernier chapitre, c'est pourquoi il était important que je fasse un chapitre de « remise en question ». Sinon pourquoi tu soupçonnes tout de suite Marianne d'être l'espionne ? Elle est pourtant la seule amie d'Harry depuis le presque début de son calvaire. Pour la dispute de nos deux tourtereaux, j'avoue l'avoir réécrit. Je trouve que la 1ere fois, je n'avais pas bien réussit à soulever le vrai nœud du problème. La véritable raison pour laquelle c'est parti en live lol. Puis, cette nouvelle dispute je l'ai rendue (je l'espère !) plus réaliste. Par contre, j'aimerais bien savoir pourquoi tu as cru que l'ancienne Sorah avait eu une aventure avec Licianus ? J'avoue que placer l'elfe à ce moment précis m'a vraiment plu. Allez, je te laisse voir si oui ou non baiser il y aura entre eux. Bonne lecture ! Biz. PS : Merci de m'avoir rassuré sur mes lemons. Je n'en avais jamais écrit et j'avoue que ce sont des scènes vraiment… intimes pour celle qui l'écrit ! Sinon, je suis rassurée que cette idée de Sorah ne te parait pas trop tirer par les cheveux lol.

ptitcoeurfragile: Salut ! Merci encore pour tes reviews et ta fidélité à chaque chapitre. J'espère que tu aimeras cette suite. Biz.

KendaO: Bonjour ! Et bienvenue sur cette fic ! Merci à toi d'avoir prit le temps de me laisser cette longue et gentille review. Alors, par ou commencer pour répondre à tes questions ? Tout d'abord, suite à ton conseil, j'ai tenté de refaire le résumé de cette histoire pour « attirer » d'autres lectrices/lecteurs. Qu'en penses-tu ? C'est vrai que certaines fautes subsisses et j'avoue que parfois je suis tellement fatiguée de relire mes chapitres que je les post tel quel. Et puis, je remercie maintenant mes correctrices pour leur aide à ce niveau. Sinon, pour répondre à tes autres questions, oui l'Argpal est bien un mélange de langue elfique, et je suis ravie que les personnages, et les habits (et même les bals lol) te plaisent. J'ai essayé de mélanger mille et unes nuits aux épopées médievales. J'espère que tu accompagneras cette suite. Bonne lecture !

marmelade3912: Oui, je l'assume : je suis sadique XD ! Tu vas voir que dans ce chapitre, si un jour ça allait bien entre Harry et Edward, sans être revenu à la case départ, il y a bien de l'eau dans le gaz. Alors bonne lecture ! Biz.

elodie Nina: Bonjour très chère lectrice qui me suit depuis le début. Merci encore pour tes nombreuses reviews. Oui, Harry nous a vraiment péter un câble. Au point qu'en relisant mon chapitre il y a quelques jours de ça, je me suis dit : « ou la la ! mais je peux pas écrire ça comme ça ! on dirait un skyzo ! » Bon, je te laisse découvrir ce nouveau chapitre, pas sûr qu'il réponde par contre à toutes tes questions, car il faut bien que je garde un peu de mystère. Bisouxxx.

TitiaBlack: Coucou ! Merci de ta review. J'espère que m'a longue absence ne t'a pas fait fuir. Voici enfin la suite. Bonne lecture !

GunWiHarPoTwi: Salut ! Merci de ta gentille et longue review. On peut dire que le chapitre 35 t'a fait vibrer lol. Pour Lucianus, tu m'a percée à jour. Je suis fan d'Underworld ! Et je trouve aussi que ce nom à du chien lol. Malgré ma longue absence, j'espère que tu me suis toujours et que tu aimeras mon chapitre. Bisouxxx.

Nanola: Bienvenu sur Elysion ! Et merci de ta review. Je suis très contente d'avoir sut te convaincre avec cette histoire et ce nouveau monde. Je sais que ça fait beaucoup à gober avant de pouvoir vraiment s'y lancer. Ne t'inquiète pas, je compte bien à un moment donné faire un lien entre les deux mondes, après tout, je vais m'entêter à toujours donné un coup d'œil du côté d'Elysion et du monde magique pour toujours y penser. Tu vas d'ailleurs voir dans ce chapitre que Ginny (malgré comment elle a tournée dans le monde magique) reste à l'esprit d'Harry. S'il y a rencontre entre les deux, cela risque d'être chaotique. Sinon, je dois avouer que l'on m'avait prévenu pour les reviews que je répondais dans les chapitres. C'est sûr que si ma fic se fait enlever, je suis mal lol ! Mais je trouve plus pratique et convivial de continuer à répondre comme ça. C'est mon côté rebelle (on comprend mieux le personnage d'Harry comme ça XD) qui prend le dessus ! Bonne lecture !

mandala7338: Bienvenue sur ma fic ! Et merci de ton gentil com. Je suis ravie que tu aies adhérer à l'histoire et à mon style d'écriture. Par contre, tu m'as tuée en faisant référence aux Mary Sue ! Justement, je déteste aussi ce type de personnage (pour preuve, Elena Gilbert et j'en passe me sort par les yeux !) et j'essaye toujours (notamment avec ces derniers chapitres) d'égratigner mes personnages. J'espère avoir réussi ! Merci pour ta prévention concernant les risques que je prends à répondre aux reviews comme cela. J'avoue que je n'arrive toujours pas à m'en passer malgré tout. Je trouve cela plus convivial et pratique aussi. Allez, si ma fic se fait supprimer, j'en pleurerais quelques jours avant de tenter de tout reposter XD. Je suis tenace ! Allez, bonne lecture à toi !

wist: Merci de ta petite review. Voici justement la suite. J'espère que tu aimeras ! Bonne lecture !

Harry-Snape-Malfoy : Coucou ! Merci pour ta longue et gentille dernière review. Mon genou va beaucoup mieux, mais j'ai dut faire face à d'autres problèmes. Mais c'est comme ça la vie : tu te débarrasse d'un souci pour en accueillir d'autres… Bon, pour en revenir au chapitre, j'ai vraiment hésité sur la manière dont devait réagir Harry face au Satyre. Mais je suis ravie si finalement cette manière-ci t'a plu. Pour le lemon, je vois que la « sauvagerie » d'Edward ne t'a pas effrayé lol. Tu as raison de dire qu'il est avant tout un vampire dominant et possessif. Bon, j'espère que la suite de l'attentat contre Harry et sa rencontre avec le roi des elfes te plaira. Bonne lecture ! Bisouxxx.

FaenaFiliana: C'est toujours un plaisir de lire tes reviews. Même si j'ai lu que tu voulais je cite « étrangler l'auteur » XD ! C'est-à-dire… moi ?! Bon j'espère que cette suite saura me faire pardonner. Bonne lecture ! Biz.

MiataLove: Merci de ton dernier com. Allez, j'espère te tenir aussi en haleine avec chapitre là. Bien que tu verras qu'il est un peu plus long et triste. Il y aura beaucoup plus d'explications que d'actions. Bonne lecture !

keur2louve: Coucou ! Merci de toujours prendre le temps pour un petit message. Je te souhaite bonne lecture pour ce nouveau chapitre ! Biz.

Patte-de-Neko: Salut ! Merci pour ta dernière et longue review. J'espère que cette fois-ci aussi tu me pardonneras mon absence (surtout que cette fois y'a pas de lemon pour me faire pardonner lol). Ah, je suis ravie que tu ais aimé mes satyres et mes elfes. Tu verras qu'ils ont encore leur mot à dire dans l'histoire (surtout les elfes) avec cette suite et les prochains chapitres. Pour Jasper, avec l'annonce dans ce chapitre, tu verras qu'il est bien possible qu'il se décoince… ou pas lol. Pour te répondre que un futur mariage E/H, je dirais que c'est mal parti là… Tu comprendras avec ce nouveau chapitre. Sinon, tu veux savoir à quoi ressemble un vampire bourré ? Hum hum… Et un Edward bourré ça te dis ? Parce que moi aussi j'aimerais bien voir ce que ça donne. Et je vais aussi te donner satisfaction pour l'idée de l'animal de compagnie mais pas maintenant (d'ailleurs, Edward à tout de même son cheval comme animal de compagnie lol). Allez, bonne lecture ! Biz.

Narcybelle: Courage ! Voici enfin la suite lol ! Bonne lecture !

melimelo-1202: Merci pour ta review. J'ai adoré la lire et voir à quel point la rencontre Harry/ Sumenaï t'avait plu. Tu verras que les elfes ne sont pas encore pressés de partir. Pour ta question sur l'allégeance des peuples venu voir la Sorah, je dirais qu'ils sont en partie fidèles à elle mais pas envers les vampires. D'où l'ambiance tendue. Pour Voldemort, non, il est bien mort lol. Ma fic intervient bien après la bataille finale du tome 7 d'Harry Potter. Pour finir, je suis contente que tu ais apprécier la violence de mon lemon. Ça me rassure tout de même beaucoup. Je ne sais jamais si je vais trop loin ou non. Allez, bonne lecture du nouveau post ! A +

Mini-Yuya : Coucou ! Me revoilà encore de retour. J'espère que tu me suis toujours. Je vais beaucoup mieux, merci, et j'espère que c'est pareil pour toi. Ah, mon Satyre a eu beaucoup de succès à ce que je vois lol. Tout comme mon lemon ! Je suis ravie que tu ais aimé ce chapitre, et je te laisse avec joie découvrir ce nouveau post. Bonne lecture ! Biz.

laanais: Et voilà un nouveau chapitre ! Tu verras qu'Harry (qui est un peu parti en live dans le chapitre 36) va être forcé de se calmer pour réfléchir à ses actes. Pour ce chapitre, il n'y aura pas vraiment de cliffhanger… Je me rattraperais avec les autres lol. Bonne lecture !

nouritcha-sushine: Voici enfin la suite ! Bonne lecture !

Hcate: Merci pour ta review. Reste avec moi pour cette suite !

LostInMySoul: Tout d'abord, j'aime beaucoup ton pseudo. Je dois avouer qu'il me parle… Sinon, merci pour ta review et tes encouragements. J'espère ne pas te décevoir à l'avenir avec ces prochains chapitres. Bonne lecture à toi !

annadriya: Salut ! Je dois avouer de recevoir des reviews de personne qui me suive depuis le début. Et le tien en fait parti. Je te laisse donc à cette suite ! Biz.

maya31: Merci pour ta review. Bonne lecture de cette suite !

Petit mot : Juste un petit mot pour m'excuser de mon absence prolongée. C'est fou comme le temps peut passer, et on est absorbée par sa vie, ses problèmes, sa famille, son travail… et on en oublie ses passions. J'hallucine de voir qu'autant de temps soit passé avant que je me remette enfin à l'écriture de la suite de cette petite fic. Et j'avoue que ça a été dur ! J'ai enfin eu droit au syndrome de la page blanche, et j'avoue que ce n'est pas drôle du tout. J'ai fait une pause, ai relut des livres pour retrouver l'inspiration et la motivation, mais ce n'était pas gagné d'avance. Là, j'espère revenir enfin dans la course avec cette suite. Alors, s'il y a toujours des bonnes âmes par-là, je vous en remercie et j'espère sincèrement que ce nouveau post vous plaira. En espérant pouvoir atteindre la fin de cette aventure avec vous.

Chapitre 37 : Tout ce qu'on a perdu…

Dès l'instant où Harry choisi de poser cette question, le temps sembla s'arrêta et il revit au ralenti le visage de plus en plus proche de lui d'Aldaron se figer de surprise avant qu'un sourire n'effleure le coin de ses magnifiques lèvres.

Sans lui répondre, il laissa le roi des elfes se pencher un peu plus vers lui et ferma inconsciemment les yeux dans l'attente d'un baiser. Dans son esprit, il pouvait apercevoir le pouvoir jaune pâle de l'elfe qui glissait tendrement en lui pour repousser ses démons et ses lamentations.

Sans rien prémédité, sa magie profita de l'intrusion du roi dans sa tête pour aller à son tour dans la sienne. Loin de l'esprit fou et dérangé qu'il avait visité ce matin même, il se retrouva dans une immense et magnifique clairière aux fleurs aux bourgeons fleuris et aux hauts arbres verts. Il pouvait presque entendre l'écoulement d'un ruisseau à sa gauche, et se gorgea de la paix qui régnait aux alentours.

Encore une fois, il eut ce même sentiment familier. C'était comme s'il reconnaissait le paysage sans jamais y avoir mis les pieds, et il frémit de se sentir un peu trop à l'aise dans un esprit qu'il n'avait pourtant jamais visité.

Un souffle doux et frais s'écrasait déjà contre son visage lorsqu'il revint soudainement à lui et qu'un horrible malaise le prit. Il subit comme une attaque l'arriver dans son esprit d'une mer d'améthyste dont le rouleau furieux des vagues fit s'écarter puis chassa le doux pouvoir jaune d'Aldaron. Paralysé, il fut envahi par ce flot violet, et, tremblant légèrement, il haleta lorsque les yeux améthyste de son amant se matérialisèrent dans sa tête en un regard possessif et mécontent.

Sursautant, il repoussa brusquement - mentalement et physiquement – et plus fort qu'il ne le pensait l'elfe penché vers lui. Il haletait, comme s'il venait de courir un marathon, et tremblait presque d'appréhension en ayant l'intime conviction qu'Edward allait surgir auprès d'eux. Le cœur battant, désorienté, il observa durant de longues minutes les alentours calmes du jardin royaux et dut admettre qu'ils étaient bien seuls.

- Il semblerait que vous ayez déjà fait votre choix. Pantela le roi des elfes qui s'était rattraper à un arbre lorsqu'il l'avait repoussé. N'ayez crainte, je n'oserais pas m'y opposer.

Fixant son attention sur lui, Harry sentit plus qu'il ne vit la vague de tristesse qui l'envahit avant qu'il ne se redresse pour afficher un habituel air calme et détaché.

- Mais de quoi parlez-vous ? Souffla-t-il. Et répondez à ma question ! Vous avez… fréquenté… mon ancêtre, n'est-ce pas ?

Le nouveau petit sourire mystérieux qui lui fut adressé l'agaça quelque peu.

- Je ne saurais dire si le terme « fréquenter » est le bon. Sourit Aldaron. Cependant, il est vrai que j'ai connu dans son temps l'ancienne Sorah.

La bouche d'Harry s'ouvrit en un « Oh » de surprise silencieux alors qu'il fixait les traits délicats de son interlocuteur. Quel âge devait bien avoir cet elfe ? Des centaines… Des milliers d'années… Même Carlisle n'était pas encore né lorsque son ancêtre vivait encore à Elysion. Alors il n'osait imaginer combien d'années portait sur ses épaules l'elfe grand et à l'apparence jeune – tellement jeune – qui le fixait sans ciller.

- Que s'est-il passé ? Demanda-t-il. Entre la Sorah et vous ?

Une autre lueur de mélancolie sembla ternir le regard cobalt d'Aldaron lorsqu'il répondit :

- Elle n'a pas écouté mes conseils…

Le brun allait s'énerver et lui demander d'arrêter de parler en énigmes, car il avait en avez eu assez pour toute une vie, lorsque le regard du roi des elfes le cloua sur place.

- Cela semble propre à toutes les Sorah, lui dit-il, d'user de puissance pour régler un conflit qui demanderait juste un peu de diplomatie.

Harry se sentit rougir jusqu'à la pointe des oreilles lorsqu'il saisit très clairement que l'elfe faisait référence à sa prestation du jour face au peuple d'Alayis. Détournant le regard, il n'osa pas demander en quoi son ancêtre lui ressemblait sur ce point, car, il fallait l'avouer, il n'y avait pas de quoi en être fier.

- La force ne doit pas toujours être votre seul recours, lui conseilla Aldaron.

Honteux malgré lui, le sorcier n'osa rien répondre sous le regard intense de l'elfe. Celui-ci après un instant de flottement tendu, lui fit un signe de tête respectueux avant de faire demi-tour pour prendre congé.

Sans un mot de plus, il le laissa s'en aller, les joues toujours rouges et le cœur battant la chamade, et il dut en serrer fort les poings pour tenter de se calmer. Et alors que ses ongles s'enfonçaient dans sa main droite, il eut un sursaut surpris en l'ouvrant d'un geste vif devant ses yeux. Hier soir, au début de l'attaque, il était sûr de s'être protégé de cette main en la levant face à la lame de l'assassin. Il pouvait clairement se souvenir de la sensation diffuse de l'arme heurtant son chair et de l'adrénaline envahissant son corps. Pourtant, là où devait se trouver une blessure profonde, sa peau semblait être nette et lisse de toute coupure. Sa magie l'avait-elle guérit seule ? De son propre chef ? Pourtant, même en tant que sorcier, elle n'avait jamais prise ce genre d'initiative avant. Certes, il lui arrivait de faire de la magie instinctive, mais il se devait tout de même la plupart du temps de prononcer un sort de guérison pour se soulager. La magie était censée être dirigée par le sorcier, or, à présent, sa magie à lui semblait être une entité propre et vivante. Fronçant les sourcils, il se souvint que durant la bataille d'Ahrima aussi, elle avait immédiatement cherché à soigner ses blessures les plus graves. Et depuis son éveil en tant que Sorah, elle semblait plus libre d'agir pour le protéger, le préserver, sans qu'il n'ait à l'invoquer.

Contrarié par le phénomène, ne sachant s'il en était ravi ou non, il leva les yeux vers les tours du palais, et, le cœur de nouveau tourmenté, rejoignit à petit pas ses appartements royaux.

Il ne remarqua pas le temps d'arrêt que marqua Loan, le capitaine de sa garde personnelle, qui fixait un recoin sombre du jardin royal. L'ombre qui s'y cachait s'était depuis longtemps envolé.

XXXX

Le lendemain matin, il fut réveillé par la douce main de Marianne contre son visage.

- Allez, ma Sorah ! Rigola la jeune fille. Il se fait déjà tard, il faut te lever.

- Je t'ai déjà dit de m'appeler, Harry !

Tentant de ses dépêtrer de ses draps, il lança un regard ensommeillé à son amie tout en s'étirant de tout son long tel un chat. Il grimaça en entendant ses os craquer et lança un petit sourire à son amie. Sa nuit avait été affreuse. Il avait perdu l'habitude de dormir seul. Ou plutôt, il avait perdu l'habitude de dormir sans Edward. Soudainement morose, il suivit du regard une de ses femmes de chambre préparer ses vêtements du jour tandis qu'une autre venait de rentrer dans la pièce les bras chargés de victuailles.

Il allait vraiment finir par s'habituer à tout ce luxe. Même dans son monde, alors qu'il vivait bien, il n'était pas aussi choyé et dorloté. Oh, il arrivait bien à Ginny d'avoir des gestes tendres, surtout lorsqu'elle voulait un bijou, un sac, ou alors un manteau en fourrure à la mode. Tout comme il arrivait aux autres sorciers de lui faire des courbettes pour être bien vu, ou lui demander une introduction au ministère.

Repenser à son ancienne vie, de cette manière, alors qu'il venait d'ouvrir les yeux, lui laissa un sentiment de malaise. Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus pensé à sa vie, ses amies,… Ron et Hermione… Et sa campagne, Ginny… D'ailleurs, penser à elle comme étant sa « campagne » sonnait maintenant faux dans sa tête.

Encore une fois, comme pour le punir, son esprit fut envahi par une mer d'améthyste et son amant revint le hanter. Cette nuit forcée sans lui, lui avait laissé un gout amer dans la bouche. Grattant inconsciemment son cou, il se mit à penser qu'il avait besoin de le voir, de le sentir, de le serrer contre lui à n'en plus finir. Il voulait de nouveau réclamer ses baisers, ses caresses, et sa morsure…

- Est-ce que tout va bien, Harry ? S'inquiéta Marianne.

Levant les yeux vers elle, il se racla la gorge et se sentit encore une fois rougir.

- Oui. S'étrangla-t-il. Oui, j'étais perdu dans mes pensées.

- Tu veux m'en parler ?

Harry lui lança un regard en coin et vit qu'elle semblait vraiment inquiète.

- Non, réfuta-t-il pourtant. Ce n'est rien.

Il hésita une demi-seconde avant de rajouter :

- Sais-tu si le prince Edward est levé ?

- Oui, depuis un moment maintenant. Il a fait le tour des garnisons et des tours de guet de la ville, et à demander que les portes d'Alayis soient de nouveau fermées et sécurisées. Et, il se dit qu'à l'heure actuelle il s'est enfermé avec ses frères dans les bureaux royaux.

Le sorcier hocha la tête sans rien dire.

- La ville est de nouveau inviolable, chuchota Marianne comme un secret. Et les gardes s'assurent de faire le tour des marchés et d'interroger toute personne suspecte. L'ambiance est assez… tendue. C'est une chance que les délégations venues à la rencontre de la Sorah soient déjà parties.

- Tous ? Ils sont bien tous partis ?

- Non… Hésita son amie. Les elfes sont encore là.

Lui lançant un regard curieux, Harry ne rajouta rien de plus avant de saisir un des fruits bien juteux que lui tendait une de ses femmes de chambre. Il n'osait penser à la raison pour laquelle le roi elfe demeurait au palais. Surtout que suite à l'attentat de l'autre nuit, il était sûr qu'Alayis faisait à présent face à une véritable inquisition.

Soufflant d'ennui, il se dépêcha de manger son petit déjeuner, discutant légèrement avec Marianne, et se pressa de prendre son bain et de se vêtir. Dansant d'un pied sur l'autre, il en était encore à se demander s'il aurait le courage d'affronter Edward ce matin lorsque des coups discrets furent frappés à sa porte.

Une de ses servantes alla ouvrir avant qu'elle ne s'abaisse humblement devant son visiteur. Harry vit toutes les autres en faire de même avant que son regard ne croise celui de la reine Esmée Cullenus. Réprimant une grimace, il la vit faire un signe aux servantes de s'en aller, et les vit obéir sans attendre. Seul Marianne, une lueur curieuse au fond des yeux, demeura un instant près de lui avant de s'incliner et prendre congé.

La mère d'Edward était fulgurante de beauté et de lumière dans sa longue robe couleur crème, au col évasé, et son beau visage aux formes pleines était magnifiquement dégagé par ses cheveux rassemblés en une longue tresse égyptienne pendant sur son épaule droite.

Sans un mot, il la vit aller nonchalamment s'assoir sur son lit, et répondit de mauvaise grâce à son signe lorsqu'elle tapota amicalement la place à ses côtés. S'asseyant le plus loin possible d'elle, il la remercia intérieurement de ne pas s'offusquer de son attitude craintive et défensive, et lui rendit un regard curieux.

Il ne voulait surtout pas parler de son altercation avec le roi, car il était sûr et certain que tout le palais en avait fait de juteux ragots. Et il voulait encore moins aborder les raisons de sa crise d'énervement dans les rues de la ville la veille. En vérité, il avait même prévu d'éviter toute la famille royale pendant une, voire deux semaines, le temps de se remettre les idées en place. Manifestement, s'il voulait de la tranquillité, il ne la trouverait pas en restant dans le palais de ceux qu'il cherchait à fuir. Logique !

- Tu sembles aller bien, affirma la voix douce d'Esmée. Loin de l'agitation qui te rongeait hier les sangs.

- Si vous voulez parler de ma dispute avec le roi…

- Et de celle que tu as causée lors la distribution des vivres au peuple.

Cette fois, il ne put s'empêcher de grimacer ouvertement. Il ne voulait pas se disputer avec elle, mais il sentait déjà l'envie dérangeante de lui demander de partir pour pouvoir ruminer seul.

- Bien, je vais nous faire gagner du temps, se lança Harry. Je vous êtes peut-être… Déçu… Par mon attitude, mais vous l'avez provoqué avec vos secrets et vos manigances. Il marqua une pause avant de lâcher : Il est impossible que vous ne sachiez pas toute l'histoire. Impossible que vous ne sachiez pas ce qu'a fait votre époux aux peuples du Sud. Vous vous êtes approprié plus de la moitié d'Elysion !

Du coin de l'œil, il attendit la réaction de la reine qui resta pourtant impassible.

- Déçu… N'est pas le terme dont j'userais pour ma part, réfuta—elle calmement sans relever sa dernière pique. Je dirais avoir été… Stupéfaite.

- Stupéfaite ?

- Bien que ta méthode soit assez brutale, je ne m'attendais pas non plus à un tel résultat venant de mes gens.

Voyant son air perdu, elle rajouta :

- Tout un village s'est levé pour aider des petits Sudariens parce que tu l'avais demandé, Sorah. Certes, tu manques encore de finesse, mais ils entendent ta voix et la respecte.

Repensant aux paroles d'Edward, qui n'avait pas hésité à seulement condamner ses méthodes, il ne put s'empêcher de se sentir soulager face à ces quelques paroles.

- Quant à la question sur nos manigances, releva la reine, j'ai bien peur d'être la seule coupable. Tu as raison, je n'ignore rien des agissements de mon époux, surtout lorsque je suis celle qui a établi la loi proclamant les terres Sudariennes volées comme étant les nôtres. Marquant un temps, pour lui laisser le temps de se remettre de la surprise, elle asséna : Je suis celle qui a ordonné la création du Grand Mur pour interdire l'accès de ces villes au peuple du Sud.

Il n'osa rien répondre et se contenta de fixer Esmée d'un air abasourdit tandis qu'elle continuait :

- Je suis celle qui a conquis ces terres, Harry. Pas mon époux, ni mes enfants, mais moi seule.

Le Grand Mur ? De quoi pouvait-elle bien parler ? Le brun n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Pire, il réalisait qu'il avait agressé le roi alors que l'exacte cause de sa colère se trouvait en vérité face à lui à l'instant même. Il ne pouvait imaginer qu'une femme si douce, si maternelle, que la reine pouvait avoir volé le foyer de milliers de gens, de milliers d'enfants.

- Pourquoi ? Souffla-t-il.

Il la vit fermer douloureusement les yeux avant de répondre.

- Personne n'en parle, commença-t-elle. Je suis même sûr que les gens ont finis par l'oublier mais… Emmett n'est pas le premier de mes fils.

Se retenant de lui couper la parole avec une question inutile, il attendit qu'elle continue, totalement suspendu à ses lèvres.

- Lorsque le roi fou, le père de Carlisle, a enfin rendu l'âme, le peuple des vampires étaient totalement détruit. Les chasseurs continuaient leurs ravages, la famine courrait les rues, et les conflits avec nos voisins du Sud venaient d'atteindre son apogée.

Silencieux, il la vit lisser un pli invisible sur sa robe avant d'ajouter :

- J'étais la promise d'un haut général. Mes parents, nobles de naissance sur des générations, avaient fait partis des plus proches conseillers de l'ancien roi. Et ils avaient vainement tentés d'endiguer sa folie durant des années. A l'époque, j'avais souhaité venir habiter au palais pour apporter mon aide au peuple ravagé d'Alayis. Je nourrissais les pauvres, vêtue simplement et les cheveux plein de paille, lorsque mon regard à croiser le jeune et futur roi des vampires.

Il sourit à son air rêveur et charmé.

- Il était si maladroit. Bien loin de l'assurance qu'il possède aujourd'hui. Et il me voulait moi, comme reine. Elle ferma les yeux de plaisir avant de dire : Alors j'ai supplié mes parents de rompre mes fiançailles afin d'être sa promise.

Il pouvait bien l'imaginer, jeune et insouciante malgré la guerre et les pertes, et croyant follement en l'amour éternelle qu'elle voyait à l'époque se profiler aux côtés de Carlisle.

- Je n'étais pas seulement sa femme, j'étais devenu sa moitié, son égal. Ensemble, nous allions pouvoir redonner un nouveau souffle au peuple, sourit-elle avec allégresse. Alors nous avons condamnés les chasseurs qui étaient incontrôlables, et exilés les traites et les rebelles au nouvel ordre en Haradas. Nous étions sûrs qu'ils n'auraient pu survivre longtemps sur ces terres désolées et remplis d'ennemis, d'Arkans. Mais nous nous sommes trompés. Comme nous nous sommes trompés lorsque nous avons rendu leurs terres aux Sudariens.

Son cœur rata un battement à cette nouvelle, et il se rapprocha un peu plus d'Esmée pour entendre mieux.

- Les chasseurs étaient allés dans leur folie bien plus loin que nous ne l'imaginions, dit-elle. Et bon nombre de Sudariens avaient fui en laissant des villages entiers à l'abandon derrière eux. Elle eut un soupir las en rajoutant : Nous les avons chassés, exterminant les plus indociles, et forçant les moins impurs à nous prêter allégeance, et nous avons quitté les terres qui n'étaient pas les nôtres. Nous pensions que cela arrêterait les conflits avec le Sud, et calmerait les esprits. Qu'en retrouvant leurs villages, leurs maisons, ils nous seraient reconnaissants et que nous pourrions de nouveau vivre en bon voisin. Nous étions même prêts à leur prêter main forte et avions décidés de ne pas fermer les portes de la cité d'Alayis. Nous étions tellement jeunes…

Un rictus amer déforma ses jolis traits, et Harry eut étrangement l'envie de la serrer entre ses bras pour la consoler.

- J'en étais à mon dernier mois de grossesse, lui apprit-elle. Nous étions heureux au-delà des mots de recevoir ce premier petit héritier. Et cette nuit-là, je n'oublierais jamais la paix qui m'avait envahi lorsque Carlisle s'est endormi contre moi, la main posé sur mon ventre. Nous nous pensions tellement en sûreté. Elle eut un geste nerveux à cette pensée : Nous avons été réveillés par le fracas des balistes qui envoyait des boules de feu contre les murs du palais. La cour principale d'Alayis était depuis longtemps rougie de sang et d'ennemis, de Sudariens en colère, tuant tout sur leur passage.

Il sembla à Harry que les flammes qui avaient ravagé le palais cette nuit-là brillaient encore dans le regard de la reine.

- Carlisle m'a laissé en sécurité dans nos appartements, gardés par de nombreux soldats, et il est parti… à la guerre. Mais après de longues minutes d'angoisse, le pire est finalement arrivé : ils ont pénétré l'intérieur du palais, et dès cet instant, il ne leur fallu pas beaucoup de temps avant d'atteindre ma chambre. Ils frappaient à ma porte lorsque j'ai été forcée de fuir avec mes servantes par une porte dérobée pendant que mes soldats se faisaient massacrés.

Le sorcier s'imaginait parfaitement Esmée, le ventre rond et lourd, tentée de fuir la peur au ventre à travers un dédale d'escaliers secrets. Il la voyait trébucher sur les marches sombres, et se rattraper aux parois sales et humides de l'étroit passage qu'elle était forcée d'emprunter.

- Ils nous tiraient dessus, fit la reine dans le vague. J'ai vu une de leurs flèches frôler ma joue et traverser la gorge d'une de mes plus proches servantes, mon accoucheuse. Lorsque j'ai enfin pu reprendre mon souffle, dans une veille cave malodorante, pendant que ma seule servante encore en vie refermait à la hâte derrière nous l'entrée secrète, je l'ai finalement senti. Elle prit une inspiration tremblante : L'eau sombre qui s'écoulait d'entre mes jambes… Il y a eu des complications… Je ne m'étais pas aperçut qu'une de leur flèche m'avait touché. A la hanche… Par contre, j'ai tout de suite senti les effets du poison qu'elles contenaient. Et j'ai souffert milles morts durant cet accouchement, mais le pire était encore à venir, Harry. Le pire a été de voir ma servante réprimer un cri d'horreur et recouvrir avec affolement le corps sans vie de mon premier enfant avant de l'emmener dans un coin.

Harry se retint de lui demander quel genre de poison pouvait bien porter atteinte à la vie d'un vampire tandis que d'horribles images envahissaient son esprit. Après tout, plus il les côtoyait, et plus il se rendait compte qu'ils étaient loin d'être indestructibles. Ou insensibles.

- Il n'a même pas poussé un cri, avoua la reine. Même pas gémit, ou bougé, ou prit une petite inspiration… Il n'a juste pas survécut à l'accouchement, au poison, ou à la guerre... Mon petit garçon… Il était si petit qu'il me semblait qu'il aurait pu tenir dans une seule de mes mains…

Sans s'en empêcher, le brun laissa ses yeux s'humidifier en voyant les premières larmes coulées sur le visage de marbre d'Esmée. On aurait dit une statue tellement elle était figé, une statue pleurant des larmes de sang.

- Lorsque Carlisle nous a enfin rejoints, s'étrangla-t-elle dans ses larmes, j'avais depuis longtemps perdu connaissance. J'ai perdu tellement de sang, que je reste surprise chaque jour d'être encore en vie. Ma servante à refuser de nous infligé la vue de notre bébé mort-né, et j'ai hurlé de la voir partir avec le… avec son cadavre dans les bras.

A cet instant, sa gorge se noua au point qu'il eut du mal à inspirer. Il n'osait imaginer sa souffrance. Lui-même, s'il avait laissé un enfant derrière lui, dans son monde, à Ginny, il sentait qu'il n'aurait pas pu supporter de vivre plus longtemps ici. Lui pour qui la famille était primordiale.

- Je suis resté alité plusieurs jours. Et il m'a fallu de nombreuses semaines avant d'aller me recueillir sur sa tombe, lui apprit Esmée. J'ai eu besoin d'encore plus de temps pour accepter de retomber enceinte. Et même la naissance d'Emmett, de Jasper, et finalement d'Edward, n'a pas réussi à me faire oublier mon premier fils.

N'hésitant plus, il posa une main réconfortante sur celle de la reine.

- Les Sudariens n'avaient pas récupérer leurs terres pour s'y reconstruire et y vivre en paix, Harry. Ils y ont installés leurs garnisons, avant de comploter l'attaque la plus parfaite qu'y soit. Et, nous avons été massacrés.

- Esmée… Tu n'as pas à continuer…

- Juste retour des choses, c'est ce que tu penses, n'est-ce pas ? Coupa la reine, sans être agressive. Quelqu'un devait bien payer pour les actes du roi fou !

A partir de là, Harry vit son expression changer et passer d'un profond désespoir à la rage. Il sentit à sa posture qui se fit plus agressive qu'elle allait aborder une partie encore plus sombre de l'histoire qu'elle lui révélait.

- Je me suis vengée en leur envoyant des chasseurs pour les expulser de nouveau de leurs terres. Qu'ils soient innocent ou non m'importait peu, et j'ai fait de ces chasseurs la première de nos ligues d'assassins, d'espions, campés au Sud. Reprit-elle. Ces meurtriers… Ces Sudariens… Je les ai pourchassés, torturés, et j'ai exterminé bon nombres de ces sales rats. J'étais totalement démente et même Carlisle ne pouvait m'atteindre. Ses mains en tremblaient de rage : Et, pour être sûre d'être à jamais à l'abri, le summum de ma folie m'a poussé à ériger la plus grande et la plus solide Muraille jamais existé à Elysion. A partir de là, c'en était fini de nos relations cordiales avec les Sudariens. Je venais de nous couper du monde.

Figé, le brun écoutait et était témoin de sa rage et frissonna lorsque son regard devenu noir le cloua sur place.

- Voilà, Harry. Tu sais maintenant ce qui se cache dans mon cœur. Même si je te parais douce, civilisée, je reste une vampire ayant souvent fait couler le sang. A vrai dire, je ne sais même pas si je saurais un jour m'arrêter. Face à son air de plus en plus horrifié, elle rajouta : Oh, je crois en la paix que tu veux apporter. Cependant, tu aurais tort de ne pas prendre en compte toutes les souffrances que nous avons vécus. La haine est tenace, Harry.

Il en était chamboulé lorsqu'elle se pencha vers lui pour poser un doux baiser sur son front.

- Je ne rendrais pas leurs terres aux Sudariens, Harry. Pas tant que je n'aurais pas la preuve que la guerre est absolument finie, et que la menace de l'Haradas a été éradiqué.

Sans esquisser le moindre geste, il la laissa se lever, passer une main dans ses cheveux désordonnés, et quitter silencieusement sa chambre. Ce ne fut qu'après qu'il entendit la porte claquer qu'il reprit son souffle. La peur, l'incrédulité, et l'urgence se battait en lui. Mais le tremblement de son corps l'empêchait de bouger sous peine de s'écrouler telle une poupée de chiffon.

Carlisle avait déjà évoqué le fait que sa reine avait été en danger durant la guerre. Mais il ignorait à quel point la vérité était sombre.

Pouvait-il encore condamner les vampires après entendu un tel récit ? Qu'était-il censé faire ? Dans quel camp devait-il se ranger ? Une chose était sûre, il ne pouvait plus se contenter de condamner un camp ou un autre alors qu'il ne connaissait pas un dixième de ce qu'il s'était passé. Il allait devoir faire mieux que son ancêtre, arrêter de réagir sous le coup de ses émotions, s'il voulait vraiment apporter son aide à Elysion.

Il demeura assis sur son lit, apathique, jusqu'à ce qu'une main fraiche caressant son visage ne le fasse sursauter. Levant des yeux agrandis de peur vers l'intrus, il croisa le regard insondable que lui lança Marianne.

- J'ai frappé mais tu ne m'as pas répondu, se justifia-t-elle. Est-ce que tout va bien, Sorah ?

- Oui, c'est bon, souffla-t-il sans la reprendre pour qu'elle use de son prénom. Que voulais-tu ?

- Le roi m'a chargé de t'informer qu'une grande réunion est organisée, et que ta présence est requise.

- Une réunion ? Je ne me rappelais pas qu'une avait été programmée…

- Il semble que celle-ci soit une assemblée d'urgence, lui apprit son amie. Et je dirais qu'elle est secrète vu le nombre de personnes au courant qui y serait invité... La famille royale et vous, rajouta-t-elle face à son haussement de sourcils interrogatif.

Hochant sèchement la tête, il secoua la tête lorsque la jeune femme voulut lui faire enfiler un manteau de peau par-dessus l'ensemble royal qu'il portait.

- Tu risques d'attraper mal dans les couloirs froids du château, Se plaignit-elle. Nous sommes au milieu de l'hiver.

- Et je suis en sueur comme si j'étais en plein soleil…

Sans attendre sa réponse, il se mit en route vers la salle des conseils royaux, perdus dans ses pensées, et répondant à peine au salut poli du capitaine de sa garde qui l'attendait. Celui-ci, sans un mot, fit signe à ses hommes de l'escorter et ce fut dans un silence pesant qu'il franchit les portes de la salle des conseils royaux.

La famille Cullenus au complet y était réunie et son arrivé fut marqué par un silence long et pesant.

Évitant le regard de son amant, il les salua et alla s'assoir à sa place attitrée. Et seul le clin d'œil que lui fit Emmett lui remonta légèrement le moral face à cette ambiance froide et tendue.

- Maintenant que nous somme au complet, fit Carlisle en le fixant, j'aimerais que tu nous explique ce qui t'a donné le droit de fermer les portes d'Alayis, Edward ?

- Peut-être est-ce le fait que j'ai été attaqué il y a deux nuits de cela à l'intérieur même du palais, fit le concerné d'un air revêche.

Harry frissonna de plaisir des pieds à la tête à l'entente de la voix grave et veloutée de son amant. Il dut se retenir de toutes ses forces de se retourner vers lui pour l'observer. A la place, il remarqua que personne n'avait oser les questionner sur le fait qu'Edward et lui avait partager la même chambre cette nuit-là. Intérieurement, il les remercia de leur respect pour leur vie privée.

- Je suis assez d'accord avec sa décision, père. Intervint Jasper en le fusillant franchement du regard – comme s'il était la cause de tous ses maux - avant de reprendre. Les délégations sont presque toutes parties. Et je doute que d'autres arrivent, ou tout du moins pas avant un bon moment. Il n'y a plus aucune raison pour que nous restions aussi vulnérables.

- La question n'est pas là, trancha Carlisle. Nous aurions pu agir avec un peu plus de discrétion. Refermer les portes, et envoyer des gardes fouillés la ville ne me semble pas être la meilleur solution pour débusquer les rats qui s'y terrent. L'ennemi essaye de nous faire croire que cette attaque était un cas isolé, alors faisons semblant d'y croire. Il était inutile de sonner ainsi l'alerte et de les effaroucher. Nous aurions pu attendre de voir leur prochain mouvement, et là, les capturer.

Un silence lui répondit.

- Nous n'avons que trop attendu. Et ils ne se seraient pas laissé prendre, se risqua Alice en touchant son front pour rappeler son don de voyance. Maintenant que leur attaque à échouer, ils vont redevenir invisible et prendre de nombreuses précautions pour ne pas se faire attraper.

- Alors autant reprendre le contrôle en les chassant nous-même les uns après les autres, affirma Rosalie. Il faut montrer au peuple que cette attaque ne nous a pas affaiblis ou effrayer. Il nous faut reprendre le pouvoir.

Harry regardait l'échange sans trop osé intervenir pour l'instant. A vrai dire, il était assez d'accord avec la décision de son amant. Inutile de courir plus de risque dans l'hypothétique idée qu'une seconde attaque dévoile la présence du reste des traites tapis à Alayis. S'ils étaient toujours présents, mieux valait les enfermés au sein de la cité afin de les déloger. Dans ce cas précis, il comprenait trop bien le besoin des vampires d'être à la place du chasseur et non de la proie.

- Peut-être que la Sorah a-t-elle récupérer des informations qui pourraient nous être utiles ? Demanda Carlisle poussant les autres à se tourner vers lui. Des noms ? Ou le lieu de leur rassemblement ?

Il déglutit, mal à l'aise, et risqua un regard vers Edward. La déception l'envahit en remarquant que celui-ci préférait fixer le mur plutôt que lui.

- Pas de noms, affirma-t-il après un moment de silence. L'esprit de celui qui m'a agressé était trop chaotique. Par contre, je peux vous affirmer qu'ils sont nombreux à vous avoir trahi. Qu'il ne s'agit pas que de quelques rebelles, ou exilés, mais bien d'autres vampires vivant parmi nous. Et que tout est encore et toujours relié à l'Haradas.

Il vit plusieurs sourcils se froncer à l'idée qu'il devrait certainement encore se rendre dans l'arrière-Sud.

- Il faut retourner là-bas ! Affirma Jasper.

- Pour obtenir le même résultat que la dernière fois ? Non merci ! Se plaignit Rosalie. Il ne sert à rien d'avancer en aveugle. Il nous faut un but, un ennemi bien visible à attaquer.

Une dispute explosa entre les enfants royaux, et Harry les observa faire en risquant un petit regard vers son amant. Celui-ci observait silencieusement ses frères et leurs épouses se disputer tout en tapotant à intervalles régulier ses ongles sur la table. Il semblait impassible mais son geste trahissait un certain agacement.

- Il va falloir jouer de finesse les enfants, les coupa Esmée en élevant le ton, et je suis assez d'accord avec votre père. Nous pouvons très bien garder le contrôle tout en restant discret. Laissons-leur croire que nous ne les surveillant plus, qu'ils sont de nouveau en sécurité, et vous verrez qu'ils commettront une erreur. Il suffirait d'une seule erreur pour faire tomber tous les autres.

Harry admira la manière qu'elle avait eu d'intervenir. Tellement douce et déterminée, bien loin de l'image de femme brisée et vengeresse qu'il avait aperçu plus tôt.

- Gardons discrètement tout le monde à l'œil, affirma Alice. Laissons nos soldats, nos hommes de confiance, épier tous comportements sensibles, ou tous rassemblements suspects. Il nous faut être sûr de qui nous devons attaquer, alors attendons qu'il vienne à nous ! Ce sera toujours mieux que d'attaquer de front comme des sauvages.

Il eut encore quelques mouvements désaccords avant que tous n'acquiesce.

- Nos espions ont révélés une certaine agitation près d'Orlysin, leur apprit après un moment Emmett, une expression sérieuse qui ne lui ressemblait pas barrant ses traits. Je compte m'y rendre dans quelques jours. Le temps de sécurisé Alayis, et de rassembler mes hommes et des vivres.

- Tu m'auras à tes côtés mon frère, affirma Edward en lui tapant dans le dos. Je serais prêt lors de ton départ.

Ces simples mots suffirent à faire s'effondrer son univers. Il ne se rappeler que trop bien du départ de son amant en Haradas. De sa crainte, sa tristesse, et son désespoir lorsqu'il l'avait su en danger. Il n'était plus question qu'il s'en aille à présent. Jamais. En tout cas, pas sans lui.

- Je viendrais avec vous, affirma-t-il, se récoltant plusieurs regards intenses. Je pourrais user de la légimencie pour obtenir des réponses. C'est vrai, maintenant qu'on sait qu'ils ont un puissant télépathe de leur côté, et que son pouvoir est inviolable, et même pour toi Alice, ou sinon tu aurais prédit l'attaque de l'autre nuit. Tu as été bloquée ! Alors si on peut tomber sur d'autres assassins de l'arrière-Sud, et si leurs esprits est aussi bien protéger que celui qui m'a agressé… Bref, il vaudrait mieux que je sois là lors des interrogatoires.

Il avait débité tout cela d'une traite, en s'emmêlant dans ses mots, et sans oser croisant le regard de son compagnon.

- Un énième champ de bataille n'est pas la place de la Sorah. Dit finalement Edward, d'un ton froid. Et je peux très bien m'occuper des interrogatoires.

- Tu ignores ou se trouve la place d'une Sorah ! Et je te rappelle que tu n'as pas réussi à passer le mur mental…

Sa phrase mourut dans sa gorge lorsque, après s'être tourné vers son amant, il fut attiré par son regard noir d'encre. Paralysé, il lui semblait pouvoir détecter diverses émotions à travers eux, mélange d'agacement et de colère contenue, et il sentit sa bouche se refermer dans un claquement sec.

- Je pense que c'est une bonne idée, défendit Carlisle. Si tel est ton souhait, accompagne-les, Sorah.

Harry se sentit soulager lorsque son compagnon le libéra de son regard étourdissant pour fusiller son père du regard. Il sursauta lorsqu'il se redressa brusquement de sa chaise avant de quitter la salle des conseils en claquant la porte.

Le reste de la réunion passa comme dans un brouillard pour lui. L'ambiance tendue ne redescendit pas d'un cran après le départ d'un des princes, au contraire, cela sembla contribuer à la gêne ambiante.

Il accueillit la fin du conseil comme une délivrance et sans attendre que quiconque l'interpelle, il se dépêcha de quitter la salle en direction de ses appartements. Il avait presque atteint les murs réconfortant de sa chambre lorsqu'il changea d'avis, se ragaillardit, et pris une tout autre direction.

Trop rapidement, il se retrouva devant la porte menant aux appartements d'Edward. Soufflant pour se donner contenance, il entra sans frapper et atterrit dans le petit salon du prince. Celui-ci, dos à lui, semblait obnubilé par les flammes qui crépitaient et léchaient le bois sec de sa cheminée.

Raclant la gorge pour faire connaitre sa présence, il n'obtint aucune réponse en retour et prit cela comme une permission pour s'avancer. Stoppant à quelques pas à peine de son amant, il vit son dos se tendre avant qu'il ne lui donne face.

Son expression était indescriptible, et Harry resta là, bras ballants, à attendre qu'il fasse un geste dans sa direction. Il n'avait jamais été doué pour les excuses. Surtout qu'il avait eu raison de s'enflammer ainsi avec tout ce qu'il avait découvert, et que le vampire n'avait pas été tendre dans ses remontrances. Ignorant la petite voix qui le soufflait qu'il avait tout de même eu tort de s'en prendre au départ à lui pour calmer ses nerfs, il s'approcha un peu plus de lui jusqu'à sentir son souffle s'échouer sur sa joue droite.

- Ta décision est-elle prise ? Lui souffla Edward. Viendras-tu encore au cœur du danger ?

Il hocha la tête sans répondre.

- J'espère que tu seras en mesure de supporter ce que tu risques d'y voir. Nargua le prince. Moi qui pensait que la présence de vampires t'étaient maintenant insupportable et que tu te préparais à quitter notre charmante compagnie…

Il grimaça face à ces mots. Il l'avait en quelque sorte bien cherché. Refoulant la voix qui lui disait de s'excuser pour clore une bonne fois pour toute la dispute, il se contenta de serrer fortement les poings. Non, il n'allait pas relancer la dispute, tout comme il ne comptait pas s'excuser de ses torts.

- Je saurais le supporter, fit-il avant de marquer une pause. Mais je ne veux plus me battre contre toi, Edward…

Il admira avec fascination la réaction du vampire face à ses mots. Ses yeux noirs ébène reprirent lentement, avec magnétisme, leur douce couleur améthyste d'origine, et le large corps de son amant se détendit alors qu'il inspirait d'un air las.

- Moi aussi, fit-il, je ne le veux plus.

Harry aurait dut se sentir rassurer, mais il ne parvenait pas à se débarrasser de la gêne qu'il ressentait toujours face au prince.

- J'accepte que tu viennes à une condition. J'aimerais que tu apprennes à ne pas toujours compter sur tes pouvoirs. Il est parfois plus facile d'envoyer une dague que de se concentrer à créer une boule de feu. Finit par dire Edward. Si tu tiens tellement à nous suivre, Emmett et moi, je veux que tu puisses te défendre lors d'une attaque directe.

Le brun acquiesça en silence. Après tout, il était vrai, après sa mésaventure à Ahrima ou encore à Arathéa, qu'il faudrait aussi qu'il puisse compter sur d'autres qualités de combat. Cependant, il ne voyait toujours pas bien ou voulait en venir son amant en mentionnant son psychopathe de frère.

- Jasper est le meilleur archer d'Elysion, lui apprit le vampire avec une certaine fierté, et vu la manière dont tu as immobilisé l'intrus de l'autre nuit, je pense que c'est une discipline qui te siérait à ravir.

Il n'osa trop rien dire de peur d'avoir compris où il voulait en venir. Il se rappelait très bien de sa rapidité et sa dextérité avec la lame qu'il avait lancée à l'ennemi. Certes, il était doué, mais il ne voulait pas que…

- Jasper est d'accord pour t'enseigner cet art.

…Le prince blond devienne son professeur.

- Il compte m'utiliser comme cible ?!

- Harry…

Chasser le naturel… Ravalant sa hargne à cette perspective, il fixa son prince d'un air mécontent.

- C'est ma seule condition pour que tu viennes, fit celui-ci.

- Très bien, calma-t-il, j'accepte d'essayer.

Il vit le prince prendre une inspiration soulagé face à sa soudaine docilité avant qu'il ne fasse mine de se détourner. Rapidement, il l'agrippa par le bras pour replonger dans son regard améthyste.

- Alors, hésita-t-il, tout va bien ? Je veux dire… Entre nous, tout va bien ?

Il eut un instant de silence gêné avant que le prince ne se penche vers lui. Ils se fixèrent un instant dans le blanc des yeux, deux statues totalement immobiles, avant que les lèvres dures du vampire ne s'écrase contre les siennes pour un violent baiser. Et le contact ne se maintint que quelques secondes avant qu'il ne se retire pour tenter de le contourner.

- Bien sûr, confirma Edward avant de le faire lâcher prise sur son bras pour s'en aller.

Et alors que la porte claquait dans son dos, le brun passa une main tremblante sur ses lèvres encore humide.

Le baiser qu'il venait d'échanger lui avait paru froid. Tellement froid…

A SUIVRE.