Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Hachi Osaki : Salut ! Merci à toi de me suivre sur cette fic. J'espère que tu aimeras cette suite. Biz.
holybleu : Coucou ! Merci pour te review. Je te laisse découvrir la suite. Biz
emma2cat : Voici la suite qui a tant tarder. J'espère que tu me suis toujours. Biz.
Elaelle : Salut. Je dois dire que j'ai lu ta review avec beaucoup d'attention. J'ai beaucoup aimé voir comment tu ressentais le personnage d'Harry et ses décisions sur ce monde. Tu as raison lorsque tu dis qu'Harry laisse trop souvent passer d'informations capitales. En plus, avec son caractère difficile, il a toujours tendance à agir (n'importe comment lol) sans prendre en compte les retombées de ses actions. C'est pour ça que j'aimerais un peu de « maturité » de sa part pour la suite. J'aimerais qu'il devienne plus sage, mais bon, vu le caractère de base que je lui aie donné… Pour le monde sorcier, tu verras qu'effectivement Hermione n'en a pas fini. Et Ginny à user d'une magie tellement noire (et dangereuse) que tu seras surprise de voir les résultats. Mais bon, tout ça c'est pour un autre chapitre… XD
castfan : Bonjour ! Cela a été un plaisir de lire ta review. Je suis heureuse d'avoir pu te convaincre de lire une histoire sur Twilight (comme quoi, dès qu'on supprime Bella, et l'effet d'optique des vampires brillants au soleil… Tout arche lol). Tu sais, parfois j'ai aussi je me demande ou je veux en venir… Je mets tellement d'intrigues dans cette histoire, et à chaque fois, je me dis : « a oui, je dois dénouer tels intrigues, donner tels infos… ». Je sais que j'ai encore plein d'idées à exploiter pour la suite, et que je suis loin de la fin. J'espère juste que tu continueras à me lire malgré mon irrégularité. Merci à toi de m'avoir lue ! Biz
Alisa-kun : Je suis aussi fan du couple Edward/Harry ! Je trouve qu'ils ont tous pour former un bon duo malgré qu'ils viennent à la base d'univers différents. Je te remercie vraiment de tous tes compliments. J'avoue douter parfois (beaucoup) de moi, c'est un peu dans ma nature… C'est parfois drôle pour moi de voir à quel point je suis différente des personnages que j'invente… J'espère que tu aimeras cette suite qui à tarder à venir. Bisouxxxx.
Drayy : Heureuse de voir que tu me suis toujours. Voici donc la suite tant attendue ! Biz.
K.S : Salut ! Eh ben non, je continue à foutre le bordel dans leurs relations lol. D'ailleurs tu verras dans ce chapitre que je mets un peu le désordre partout et avec tout le monde. Je pense qu'un peu de difficultés pour les personnages, des difficultés affectives et pas seulement physique (comme toute les fois ou Harry a été blessé), les aident à grandir et évoluer. Et à l'heure actuelle, je ne vois pas vraiment de réconciliation possible entre Harry et Edward. j'ai bien que la tension reste un petit moment entre eux. Aller, je te laisse lire la suite ! Merci à toi de me suivre.
morane : Salut ! Merci pour ta review que j'ai pris plaisir à lire. Merci à toi de ta grande fidélité malgré le temps que prend cette fic à se construire. Oui, j'ai hésité à donner un autre visage à Esmée. Dans les livres, elle est tellement… lisse. Genre, il lui arrive rien d'extraordinaire. C'est la compagne de Carlisle, elle a eu une histoire difficile, mais sinon elle ne fait pas de vague. Alors j'ai voulu en faire plus qu'une belle plante. C'est un vampire, comme son mari et ses fils, donc elle aussi à sa part d'ombre et de cruauté. Sinon, je trouve que tes déductions sur son enfant mort et le reste sont pas mal du tout… Je dirais que tu chauffes lol. Pour le couple phare de l'histoire, tu vas être déçue de voir que ça chauffe toujours entre eux. Je veux montrer qu'Harry doit assumer ses actes et ses paroles. Qu'il ne suffit pas de blesser quelqu'un, de dire pardon, et hop, tout est beau et joyeux de nouveau. Pour finir, tu vas rire, mais j'étais justement en train de penser à un compagnon pour Harry. un animal qui serait à ses côtés. L'idée du patronus est pas mal, je l'avoue… En tout cas, merci à toi de me suivre ! Voici la suite ! Bisouxxx
Sucubei : Coucou ! Eh oui, entre le syndrome de la pagne blanche, et le doute constant d'écrire quelque chose de correcte, j'avoue que ce n'est pas facile. Malgré le caractère que je donne à mes perso, j'avoue être moi-même assez timide et peu sûre de moi en général. Je doute beaucoup, je m'embrouille facilement, et lorsque je me bloque… C'est la cata lol. Après tout ce temps, j'avoue que je me retrouve à devoir relire entièrement ma propre fic pour me remettre dans le bain et écrire une suite potable. J'espère que me suis toujours. Merci à toi pour tous tes conseils pour les romans (je m'y suis plongé, et ça fait du bien de redevenir quelques temps simple lecteur lol). Pour la fic, tu verras dans ce chapitre qu'Edward ne va pas chercher à cacher les raisons de sa fureur, et Harry n'a qu'à bien se tenir pour le coup ! Tu me donnes des envies de sadisme. Moi aussi j'ai envie d'approfondir la relation Harry/Aldaron. Après tout, rien ne vaut un triangle amoureux lol. Aller, je te donnerais pas d'indices sur la suite à venir, je fais ma sadique XD, mais je peux te dire que je compte revenir à mes premiers amours : Action, combats, et cliffhanger! Biz.
Arwen : Voilà la suite ! Je te laisse la découvrir ! XD
Arwen Jedusor : Eh oui, c'est un peu… fini… le couple E/H pour l'instant. Mais je pense que c'est nécessaire pour les personnages. J'espère que tu vas aimer lire les leçons d'Harry auprès de Jasper, j'avoue avoir bien rit en écrivant ce passage. Je te laisse le découvrir !
KendaO : Coucou ! Eh oui, celle qu'on ne voyait pas venir est celle qui tire les ficelles : Esmée. Tu verras que ce n'est pas la fin de problèmes pour le couple E/H. Sinon, ne t'inquiète pas, je réponds toujours (même si avec du retard parfois) aux reviews. D'ailleurs, je lis chacune d'entre elle avec grand plaisir. et je suis ravie de voir que de changer le résumé m'a attiré un peu plus de lecteurs XD. Merci à toi de me lire, je te laisse découvrir la suite !
Mini-Yuya : Me voilà encore une fois de retour ! Merci à toi pour ta gentille review, et de continuer à me suivre. Eh oui, comme quoi, il n'y a pas d'innocent dans cette histoire de guerre, et même Esmée à sut y jouer un rôle. Je te laisse découvrir la suite ! Biz.
Gabrielle Camus : Ouah ! Merci pour ta gentille review. J'espère aussi faire bien avec ce nouveau chapitre que je te laisse découvrir ! Biz.
Alycia Panther : Salut ! Eh oui, tu verras que la suite est encore plus triste… J'espère que tu me suivras !
keur2louve : Voilà que je fais un 2nd retour. En espérant que l'inspiration et la confiance me reste lol. Je te remercie de toujours me suivre ! Bisouxxx.
Narae : Bonjour à toi ! Et bienvenu sur cette fic ! Merci à toi de ta gentille review, ça m'a fait chaud au cœur de voir que cette fic t'a autant plut. J'espère ne pas te décevoir avec cette suite (que ce soit sur Elysion ou du monde sorcier), et je te laisse découvrir cette suite ! Bisouxxx.
Cacadeschamps : Eh bien, tu as raison : personne n'écoute la Sorah lol. Pire, tu verras dans ce chapitre qu'il est loin de faire l'unanimité. Mais bon, tout espoir n'est pas perdu… Merci à toi de me suivre miss !
TsukiHime-love-Damon : Salut ! Je ne te cacherais pas que j'ai aussi eu du mal à me remettre dans le bain lol. Merci à toi d'avoir compris mon besoin de bien marque le « fissures » dans le couple E/H. je veux qu'Harry murisse et prenne ses responsabilité. Il ne peut pas blesser son amant, en actes ou en paroles, et s'en sortir comme une fleur par derrière. Du coup, tu risques de les voir tendus tous les deux pendant un petit moment. C'est un plaisir de lire ta review, n'en doute pas, et je te dis à bientôt ! XD
marmelade3912 : Tu m'as fait sourire avec taz review. Eh oui, je viens bien d'exploser à pieds joints la relation E/H (malgré tout le temps que j'ai pris à la construire XD). Mais c'est vrai que c'est triste de ne plus assister à leur scène romantique et sensuelle, quoi que… Tu verras dans ce chapitre que rien n'est perdu, c'est juste nécessaire et différent entre eux. Bisouxxxx.
ptitcoeurfragile : Eh non, dans ce chapitre aussi, ça va chauffer pour notre couple phare XD. Je te laisse la découvrir ! Biz.
Perline : Coucou Perline ! Toujours heureuse de lire tes longues review. Tu verras dans ce nouveau chapitre que j'en dévoile (à demi-mots) en peu plus sur Aldaron, et l'ancienne Sorah. Pour Esmée, c'est un peu l'ennemi auquel on ne s'attendait pas lol. Malgré sa douceur, son apparence civilisé, elle reste ce qu'elle est : un vampire. Personnellement, je trouve intéressant de voir Harry fou amoureux d'Edward, tout en détestant la nature profonde des vampires. C'est assez paradoxal. Bon, pour Marianne, je ne dirais rien de plus parce que je veux toujours garder le mystère de ma fic lol. Mais je ne vais pas tarder à dénouer tout ça. Parce que là, même moi je me perds dans ces intrigues lol. Allez, je te laisse découvrir les cours de tic à l'arc d'Harry, et les retombées de la relation H/E. Bisouxxxx.
FaenaFiliana : Salut ! Merci pour ta review. J'ai beaucoup aimé lire ton point de vue. Tu n'as pas tort pour Edward, d'ailleurs, ce chapitre montre bien que le malaise du couple est plus profond que ça. Quant à Esmée, oui, je suis d'accord, la douleur de son accouchement, et la perte de son 1er héritier ne justifie pas tout. Mais lorsqu'on y pense : c'est une vampire, une reine toute puissante, avec une envie de vengeance et une colère exacerbé. Il n'y a pas longtemps Edward lui-même était un tyran après avoir perdu sa promise (Bella à la base lol). Il est normal que, comme ses fils, malgré sa douceur elle puisse se transformer en monstre. Comme ses semblable vampirique, elle agit violemment, sur un coup de tête, en détruisant tout, malgré son apparence douce et fragile. Voilà pourquoi la Sorah est si importante : elle est censée contre balancer les puissances en fonctions. S'assurer que la douleur des uns ne prive pas la liberté des autres. Enfin, Harry est loin du compte pour devenir ce qu'on attend de lui… Merci à toi de me suivre, je te laisse découvrir la suite !
Elodie Nina : Coucou fidèle lectrice ! Oui, je sais, je mets un beau couple en place, E/H, et je détruis tout à cause d'un elfe lol. Nan, mais il fallait que toute la tension trouve une finalité : la fragilisation du couple phare de l'histoire. Harry a eu trop de révélations, il est trop puissant, pour ne pas perdre le contrôle. Quant à Edward, il a sa fierté, et ne supporte pas beaucoup de chose dans la relation. Choses que je révèle dans ce chapitre. Je te laisse le découvrir ! Bisouxxx.
kitsune972 : Comme tu dis lol. Et ce n'est pas près de s'arranger ! Biz.
Chapitre 38 : Un acte de foi… Une question de confiance…
Malgré la neige qui avait recommencé à tomber et le vent froid qui soufflait entre les mèches trop longues de ses cheveux noires, Harry mourrait de chaud sous le manteau de fourrure sombre qu'il portait. Voilà des heures qu'il s'entrainait à l'arc avec un tyran, tyran qui ne manquait jamais une occasion de le ridiculiser, et il commençait vraiment à fatiguer. Le corps tendu, sur le côté, il tentait une énième fois de toucher la cible en bois qui le narguait au loin. Autour de lui, il pouvait entendre les murmures des soldats royaux qui s'étaient activement réunis dans la salle d'entrainement pour les épier. Chaque mauvais mouvement, mauvaise inspiration, mauvais positionnement, et chaque fois qu'il avait raté la cible – ce qui voulait dire tout le temps – il avait droit à une montée d'agitation venant de ses spectateurs non voulus. Refoulant le stress qu'il sentait poindre dans ses épaules, Harry se conforta dans l'idée qu'il avait bien réussit à immobilisé un vampire en fuite il y a quelques nuits de cela. Alors où était bien passé sa rapidité et son agilité ? Là, il devait faire face à une cible immobile et il ne parvenait à rien. Grognant, sa mauvaise foi le convainquit que c'était cette histoire d'arc qui ne lui allait pas. Si on lui avait tendu des dagues, il ne l'aurait pas manqué une seule fois cette maudite cible.
Agrippant fortement la poignée de l'arc en bois finement ciselé avec lequel il s'entrainait, il retint un grognement de douleur lorsque son professeur usa de sa badine pour lui claquer les doigts. Trop de force était inutile avec un arc... Voici la leçon qu'il devait retenir suite à ce coup. Toussant une injure, il relâcha la pression sur la poignée, tendit lentement la corde, et prit un souffle pour se concentrer. Une fois prêt, il tenta une autre fois de viser sa cible, tirant un peu plus sur la corde, inspirant lentement pour se donner courage, avant de relâcher sa flèche qui alla – avec une vitesse assez impressionnante - rater la cible de plusieurs mètres sur la gauche.
- J'en ai marre ! Ragea-t-il. Je ne comprends pas comment Edward à bien put croire que je pouvais y arriver.
- Je me pose la même question. Tacla le prince blond, pince sans rire. Mais mon frère n'est pas vraiment reconnu pour ses brillantes idées.
Rageur, Harry se retourna d'un bond vers lui pour le tuer du regard. Il maudit le petit sourire en coin et la posture nonchalante qu'arborait Jasper. Voyant que le blond soutenait sans peine son regard, et cela sans même ciller, l'envie d'essayer de lui planter une flèche dans l'œil le démangea. Aucun doute que s'il se proposait comme cible, il arriverait à coup sûr à tirer cette maudite flèche dans la bonne direction. Peut-être devrait-il lui soumettre l'idée…
- Peut-être que tu n'es simplement pas doué pour enseigner ! Lança-t-il en fusillant la ronde de soldats – qui marquèrent un pas de recul - autour de lui du regard. T'y a pensé à ça ?!
- Comme toi tu ne l'es pas pour écouter et apprendre.
Et s'il y avait bien une autre chose qui énervait Harry aujourd'hui, c'était bien la mollesse du prince blond. Oh, il répondait toujours à ses piques, comme à l'instant, et était toujours désagréable au possible, mais il semblait avoir perdu un peu de sa hargne, un peu comme s'il ne voulait plus se fatiguer à se battre avec lui. Ou peut-être qu'Harry n'était-il plus digne de sa haine ? Dur de dire avec ce phytophage. Un instant, le brun s'était même demandé s'il n'avait pas réussi à combattre une partie de ses démons intérieurs, mais le sourire cruel qu'il apercevait parfois le convainquait du contraire. Quoi qu'il en soit, lui, présentement, il était en colère.
- Ne reste pas là les bras croisés, s'agaça-t-il, montre-moi encore comment faire. Fais ton travail de professeur !
Après un lourd échange de regards noirs, accompagné de petits grognements à peine réprimés, Harry plissa les yeux lorsque le blond se plaça dans son dos pour ajuster d'un geste ferme et sec sa position. Ses épaules furent replacées, son dos bien droit, et sa main alla automatiquement agripper la poignée. Frissonnant face à la proximité du prince qui s'attardait à ses côtés, il positionna sa flèche et étira la corde de trois doigts, la sentant tendre jusqu'à son visage, il attendit quelques secondes, là, sans bouger de sa position. Il devait au moins réussir à frôler cette cible, ou il ne parviendrait pas à dormir ce soir.
- Le tir à l'arc, lui chuchota Jasper, c'est beaucoup de concentration et d'entraînement. Apprend que c'est un art essentiellement psychique. C'est 80% de mental pour 20% de technique pour atteindre la cible. Autant dire qu'à la base même de cet art, il n'est vraiment pas fait pour toi, mais passons.
Sans pouvoir s'en empêcher, Harry se sentit grogner de mécontentement et retint à peine une seconde injure. Il était aussi tendu et concentré que possible.
- La première bonne résolution à te mettre en tête, continua le blond, est qu'il ne sert à rien de vouloir tirer tout de suite le plus au centre de la cible. Contrairement à l'idée répandue dans l'inconscient populaire, le tir à l'arc est plutôt un art d'habileté que de visé. Son souffle lui frôlant l'oreille lorsqu'il murmura : Vide totalement ton esprit, je t'entendais penser à milles et une chose de là où j'étais, alors arrête. Et ressens la force qu'exerce l'arc sur ton bras, ressens la puissance du vent dans ton dos, et visualise ton objectif que tu te dois de toucher de la pointe de cette flèche. Flèche qui n'est que le prolongement de ton bras. Respire, et lorsque tu décocheras la flèche, vois cela comme une délivrance.
Inspirant lentement, Harry laissa les mots imprégnés son corps et son esprit avant de se préparer correctement à tirer. Il allait relâcher sa flèche, laissant une brise d'hiver lui chatouiller la nuque comme si la nature lui donnait son assentiment pour tirer, et là, il sentit que c'était le bon moment. Il pouvait presque imaginer sa main s'étendant vers la cible en bois au loin, comme un pantin qu'il désirait à tout prix saisir, et la seule chose qu'il possédait pour y arriver était cette flèche prisonnière de son encoche. Il le voyait, le sentait, son instinct lui disait de pencher légèrement à droite pour user du vent vers sa cible, et alors qu'il relâchait son inspiration et que ses doigts allait libérer sa flèche, il sut qu'il parviendrait enfin à atteindre sa cible.
Cependant, alors même qu'il allait relâcher la flèche, le regard et l'esprit abandonné à la cible à atteindre, il se sentit brutalement perdre tout équilibre lorsqu'un pied faucha violemment ses jambes par derrière. Tombant à la renverse, il se réceptionna sur un de ses coudes, et dut mordre à sang ses lèvres pour empêcher le hurlement de douleur qui l'avait saisi. Geignant, il ramena son bras blessé contre son torse, ignora les vives exclamations de ses spectateurs non désirés, et fusilla littéralement du regard Jasper, et son petit sourire en coin.
- Tu te dois de toujours garder conscience de ton environ, lui susurra le prince blond, ravi. Sur le champ de bataille, tu ne peux pas juste te permettre d'être centrer sur une cible, en ne prenant pas en compte l'attaquant qui risque de te poignarder dans le dos. Je te l'ai dit, le tir à l'arc, c'est de l'habilité, de l'instinct, il ne s'agit pas seulement de visé une cible, et d'oublier le reste. L'archer est celui qui est toujours en mouvement, toujours conscient de son environnement, toujours sur ses gardes. Tire une flèche, et même si tu atteins seulement la jambe au lieu du cœur de ton ennemi, tu l'auras au moins ralenti afin d'éviter celui qui cherche à te poignarder sur les côtés.
- Tu te fous de moi ?! Hurla Harry, sans même prendre en compte les mots de son professeur. J'ai l'air d'être sur un champ de bataille ? D'être dans une mêlée ?! Je suis novice, le but c'est d'abord de m'apprendre à toucher la cible, puis après je m'occuperais de l'environnement, des nuages, des arbres, et des fleurs alentours.
Seule une moue méprisante lui répondit.
- Vraiment pas doué pour apprendre… Siffla Jasper.
D'un geste dédaigneux de la main, le prince lui ordonna de se remettre en position. Montrant les dents, Harry faillit l'envoyer bouler mais la vue des soldats qui semblaient trépigner à l'idée de savoir si oui ou non il serait capable de se relever et d'atteindre enfin la cible enfla son orgueil. Sa magie avait instinctivement cherché à le soigner, et déjà la douleur s'était tarit, et étirant son bras, il toisa son professeur du regard avant de se remettre debout seul. Se remettant en position, il encocha une nouvelle flèche, prêt à tirer. Mais son esprit était tellement aux aguets, de peur que Jasper lui refasse un sale coup, qu'il ne cessait pas de jeter des petits coups d'œil furieux autour de lui. Et lorsque, sans raison apparente, il perdu totalement sa fragile concentration et tira, il ne fut pas surpris de voir la flèche – qui n'eut même pas l'occasion d'aller bien loin - rater la cible, pour se plantant dans le sol dans un bruit mat.
Grinçant des dents, il relâcha son arc lorsqu'une vive douleur le saisit à la main. Là, il se crispa de tout son corps en voyant le sang s'écouler de ses doigts. La corde l'avait blessé. Arrachant d'un geste rageur la dragonne en cuir qui recouvrait ses doigts, il inspecta sa blessure avant de se retourner vers son professeur.
- Manifestement ce n'est pas fait pour moi, haleta-t-il en ramassant l'arc pour le lui frapper contre la poitrine. Continue sans moi !
Se détournant du regard bien trop bleu du blond qui le détaillait – lui et sa blessure - sans un mot, il le contourna largement et foudroya d'un énième regard ses spectateurs improvisés qui avaient repris leurs murmures, et qui se pressèrent de s'écarter et de détourner le regard. Il avait presque atteint la sortie de la salle d'entrainement lorsque les paroles de Jasper l'atteignirent :
- Tu ne m'avais pas habitué à l'abandon et à la fuite. Serais-tu devenu lâche en plus d'être têtu en devant notre Sorah ? Il eut un léger ricanement en ajoutant : Après tout, il est bien connu que ceux qui ont le plus de pouvoirs sont ceux qui en font le moins. Mais… Un jour ou l'autre, il va bien falloir que tu assumes ton rôle, et que tu prennes des décisions. Rassure-moi, as-tu au moins l'intention d'atteindre un jour ta cible ?
Un frisson désagréable lui remonta le long du dos. Il ne savait pas non plus que le prince blond était suicidaire. Quoi que… Soit, il allait la lui détruire sa maudite cible. Il ne lui fallut que quelques secondes pour concentrer une boule d'énergie dans sa main droite, celle-ci prenant des reflets bleus et mouvants dans le creux de sa paume, avant de la lancer dans un geste brusque et rapide vers la cible. Celle-ci explosa en mille morceaux dans un fracas assourdissant.
- Voilà, fit-il avant de mimer une fausse révérence, mission accomplie.
Reprenant route vers la sortie, il vit avec plaisir les soldats s'écarter avec plus de hâte de son chemin. Il avait passé assez de temps comme ça avec Jasper. Cependant, cela ne semblait pas être le cas de celui-ci étant donné qu'il reprit de plus belle :
- Le but n'était pas de détruire la cible mais de l'atteindre. Tu ne peux pas toujours juste montrer que tu es le plus fort et détruire ce qu'il ne te plait pas, même si, je te l'accorde, il faut parfois savoir faire preuve de poigne.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Ragea-t-il en se retournant d'un geste brusque. Qu'est-ce que tu cherches ? Je t'ai déjà dit que tu n'avais plus à être mon maitre de tir à l'arc. J'abandonne ! Et je n'ai certainement pas besoin de toi comme conseiller, ou psychiatre à deux balles. Maintenant lâche moi.
Il fut heureux de voir l'habituelle lueur de haine éclairé le regard bleu du prince durant un cours instant avant qu'il ne se reprenne.
- Fais ce qu'il te plait, Sorah. Mais dépêches-toi un peu de trouver le bon moyen d'atteindre ta cible.
- C'est déjà fait.
Harry se devait toujours d'avoir le dernier mot.
Silencieusement, il se tendit et vit le blond lancer l'arc à un des soldats avant de le dépasser pour quitter la salle d'entrainement avant lui.
Jasper aussi se devait toujours d'avoir le dernier mot. Ou le dernier geste de désaccord…
Rageur, ne souhaitant pas voir quiconque à l'heure actuelle, le brun ignora la douleur de sa main blessé en cours de cicatrisation avant de s'éloigner du palais. Traversant la salle d'entrainement, la salle de repos des soldats qui s'inclinèrent devant lui, longeant les couloirs en ignorant les nobles, et quittant vivement la cour royale, il rabattu sa capuche sur son visage, ignora sa garde personnelle qui le suivait toujours de près, et s'élança entre les rues de la ville d'Alayis.
L'air glacial du dehors le calma immédiatement. Et il sentit sa magie, qui avait commencé à tournoyer sauvagement autour de lui, se calmer peu à peu. Il était passer maitre dans l'art de se promener dans la ville de manière incognito. Et même si cela forçait sa garde à garder une certaine distance avec lui pour maintenir une certaine discrétion, il jouissait pleinement de cette forme de liberté.
Regardant la vie s'animée, des enfants qui creusait la neige pour en faire des bonhommes, des taverniers qui tentaient de déblayer l'entrée de leurs tavernes sans vraiment trop y parvenir tant la glace était rude, des femmes qui frottaient avec vigueur à mains nues leurs linges dans de grandes bassines en fer forgé, tout cela lui permit de prendre une grande bouffée d'air frais pour se détendre entièrement.
Tout le monde se plaisait à dire qu'il faisait mal son boulot de Sorah. Et en vérité, s'il devait être honnête avec lui, il les comprenait lorsqu'il avait aussi remarqué qu'ils passaient plus de temps à se plaindre de son éveil qu'à s'en réjouir. Peut-être était-ce parce que c'était son ancêtre qui était partie, les avaient abandonnés, la première… Mais combien de temps allait-il devoir payer pour ça ? De plus, la vraie Sorah avait vécue dans un temps où elle était au pouvoir, et où il n'y avait ni crises ni conflits… Ou, dans tous les cas, rien qui ne ressemblait aux propres crises et conflits qu'il devait affronter. Il avait une guerre millénaire sur les bras, une muraille anti-Sudariens dans les pieds, et un ennemi caché en Haradas dans le dos. A cela s'ajoutait la haine, la suspicion, la colère et l'esprit de vengeance quasi-obsessionnel des Elysioniens. Oui, a cela, s'ajoutait son dégout de plus en plus visible des vampires et de leur noirceur.
Sans y penser, flânant dans les ruelles enneigées où le peu de villageois qui s'y entassaient se pressaient de se mettre à l'abri du froid dans leur maison ou la bonne vieille taverne, souriant aussi aux enfants qui passaient près de lui en le bousculant et en se jetant des boules de neige, ses pas le menèrent naturellement au vieux temple commémorant son ancêtre. Il avait fini par apprendre que la Sorah possédait un temple dans chaque ville, chaque cité d'Elysion. Il avait été surpris de voir qu'elle ne résidait pas forcément dans les châteaux car, comme lui avait appris Alice, elle n'était pas à proprement parlé une reine. Non, elle avait un statut tout autre, et le montrait en résidant dans son propre palais, ses temples autrefois majestueux, et digne des plus grands rois. C'était là qu'elle demeurait et recevait ceux qui venaient la voir. Chassant la neige de ses cheveux en y entrant, il fut surpris d'y croiser des hommes vêtus d'une longue toge blanche y allumant des bougies. Ils n'étaient pas nombreux, mais tels des ombres silencieuses, ils se déplaçaient habillement entre les statues, poussant les bancs, et soulevant des débris, tandis que d'autre se pressaient de nettoyer. Mal à l'aise, il se cacha presque comme un voleur pour que personne ne le remarque, grognant en entendant les bruits de pas glacés de sa garde personnelle qui continuait à le suivre à la trace, et les observa d'un coin reculé remettre en état le vieux temple.
Lui qui pensait être haï à travers tout Elysion, voilà qu'il assistait à la rénovation de sa… maison ? Sans faire le moindre bruit, il s'engager dans un petit couloir adjacent à la salle principale, et atterrit dans ce qu'il appelait la forêt de papyrus. Cette pièce dont les nombreuses colonnades étaient gravées d'anciens écrits sur la Sorah. Souriant, il se rappela que c'était aussi ici qu'il avait eu sa première vision de son ancêtre.
A cette pensée, une idée folle le prit et il approcha presque religieusement une main contre une des vielles colonnes. Se concentrant sur… il ne savait pas trop quoi, il attendit juste que quelque chose se passe. Rouvrant les yeux qu'il avait inconsciemment clos, il secoua la tête face au ridicule de la situation. Il avait plein de problèmes à régler, et lui perdait son temps à se serrer contre une vielle colonne d'un temple à moitié détruit par le temps. Il allait se détourner lorsqu'un malaise le prit aux tripes. Se figeant, il analysa la sensation qui l'envahissant sans pouvoir totalement pouvoir le relier à celle qui l'avait saisi lors de sa vision.
Manquant de tomber sous l'élancement qui le prit, il fit un signe à sa garde de ne pas s'approcher, et se redressa tant bien que mal, fermant quelques secondes les yeux pour faire passer le malaise, avant de totalement se figer. Là, s'approchant entre les colonnes vieillis par le temps, se tenait une femme. Une femme, dont il apercevait le sourire énigmatique et enjôleur, à la peau sombre et aux longs cheveux trainant au sol.
C'était elle. La Sorah.
Revêtue de sa tenue royale composée d'une longue robe largement ouverte dans le dos couleur or, elle rejeta d'un geste étudié ses longs cheveux bruns cuivrés coiffés en natte dans son dos. Un voile blanc brodé de fils d'or recouvrait son visage tel une cape, et sa tête légèrement incliné vers le sol montrait qu'elle ne souhaitait pas dévoilé entièrement ses traits. Mais même sans la détailler dans sa totalité, Harry pouvait dire à ses formes fines et harmonieuses, sa peau foncée et ses doigts fins qui longeaient les murs, qu'elle devait être une belle femme. Une très belle femme.
Et pour cette nouvelle vision, c'était presque étrange pour lui de ne pas être dans sa peau, mais au contraire, de l'avoir devant lui.
Il la vit s'avancer vers lui, flottant comme un fantôme parmi les colonnes, jusqu'à s'arrêter à quelques mètres de lui. Le souffle coupé, il ne put que rester là, immobile, à la dévisager des pieds à la tête. En elle, tout semblait vouloir toucher la perfection.
- J'ai attendu des années pour te voir, Harry. Fit sa voix dans sa tête avant de se répercuter sur les murs du temple tel un écho venu de loin. Et encore plus longtemps pour te parler.
- C'est impossible… Comment est-ce que… ?
- Nous, Sorah, sommes toutes puissantes.
Il décela un rire chaud et entrainant dans sa voix lorsqu'elle se vanta, et aurait pu jurer que sous sa cape, elle venait de lui faire un clin d'œil. Comme une enfant, taquine, qui énonce une vérité évidente, et s'en réjouit. Encore sous le choc, il ne parvenait même plus à réfléchir comme si un voile avait recouvert son esprit à l'instant même où elle était apparue.
- Tu vas devoir faire un acte de foi, dit-elle pour combler le silence en reprenant un certain sérieux. La voilà ta cible à atteindre.
Ces mots eurent le mérite de le réveiller et, un peu plus alerte, fixa la Sorah lorsqu'elle s'avança de quelques pas encore plus de lui.
- Un acte de foi ? Reprit-il.
Harry n'obtint qu'un hochement de tête en réponse. Elle semblait comme vouloir économiser ses mots. Ou était-elle simplement peu loquace ? Elle semblait bien être le genre de personne à ne parler que si nécessaire.
- Pour combler la douleur de notre absence, reprit-elle, il va falloir que tu veilles au bien-être de tous les habitants d'Elysion.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Que le peuple des vampires ne doit pas être ta seule priorité. Ni être victime de ta grande colère. A bien y penser, il n'y a ni véritable innocent ou coupable en ce monde. Ils se sont tous égarés. Alors, justice doit être faite. Une justice impartiale.
Harry dut se mordre la langue au sang pour éviter de lui répliquer une méchanceté. Comme s'il avait besoin de se faire hanté par une ancêtre fuyarde et donneuse de leçon.
Par ces simples mots c'était comme si elle avait lu dans son cœur. Comme si elle avait vu ce dégout croissant qu'il avait pour les vampires et leurs actes. Car ces temps-ci, il avait de plus en plus souvent l'impression que ce peuple était la cause de tous les mots d'Elysion, et l'envie de les punir le démangeait. Apprendre qu'Esmée, la douce et belle Esmée, pouvait être si… impitoyable l'avait ramené en arrière. A l'époque où il voyait les vampires comme des monstres. Emmêler dans ces sentiments, il n'avait pas besoin qu'elle vienne en plus y mettre son nez. Surtout que si elle était restée à sa place, les choses ne se seraient peut-être pas envenimées à ce point.
- Je fais ce que je peux, grinça-t-il, pour rattraper votre disparition !
Il sentit plus qu'il ne vit que sa remarque venait de la toucher. Sa posture, qui était depuis le début de la rencontre sûre et dominante, se tendit avant qu'il ne ressente son agacement.
- Mon départ n'était pas prévu, dit-elle d'une voix grave.
- Prévue ou pas… Le résultat reste le même !
Il savait qu'il n'était pas juste de rester là, à taper là où cela faisait mal, sans lui laisser une chance de se justifier. Alors même qu'il sentait dans l'air, bien que cela soit étrange pour un fantôme, à quel point elle regrettait ses actes passés. Mais on lui avait tellement de fois reproché son départ à elle, qu'il ressentait maintenant le besoin de lui renvoyer cette même colère dont il avait fait l'objet.
- La question n'est pas là, fuyait-elle dans un geste agacée de la main dans le but évident de couper court à ses futurs reproches. Tu te dois maintenant d'arrêter de t'agiter tel un poulet sans tête. C'est une honte pour une Sorah de perdre autant le contrôle. Ne te laisse pas dominer par tes pouvoirs, car oui, Harry, autant de puissance dans un seul être peut parfois le rendre instable s'il s'y noie.
Il y avait une franche mis en garde dans ces quelques mots, et une certaine urgence aussi.
- D'ailleurs, la nature étant bien faite, la raison même de son existence… Souffla-t-elle plus pour elle-même semblait-il.
Le sorcier frémit sous ses précédentes paroles. Il avait bien sentit que sa magie, en plus d'être puissante, vivante, l'entrainait parfois plus loin qu'il ne le voulait. Une simple colère, provoquait un orage sut tout Elysion, et dès qu'elle se déchainait, parfois, c'était comme s'il n'y avait plus de fin à sa fureur. Elle était puissante maintenant, cette magie, trop peut-être, trop pour ne pas se laisser guider par elle. Relevant un regard quelque peu alarmé vers son ancêtre, il avala difficilement sa salive pour parler.
- Durant la guerre contre Voldemort, bien souvent, j'ai eu l'impression que la situation m'échappait, conta-t-il le regard au loin. Mais même si la plupart du temps, je ne savais pas ce que je faisais, jamais avant je n'ai eu peur de voir tout ce que je pouvais faire.
- Tu n'as pas à ressentir de peur, sourit la Sorah, sa voie étant presque tendre. Tu es capable de la maitriser. Il te suffit de le faire confiance, et de te laisser guider par lui. Ton Ancre…
Un petit silence s'installa entre eux.
- Mon… Ancre ? Hésita Harry.
L'ancienne Sorah pencha la tête sur le côté, semblant l'étudier longuement, puis fit un geste dédaigneux de la main comme si elle chassait une pensée de son esprit.
- Peu importe... Ils savent que nous sommes les plus forts, reprit-elle sans étayer et en revenant à sujet principale, et nous savons que nous n'obtiendrons pas ce que nous ne voulons pas la force. On n'éteint pas le feu par le feu, Harry. Tu n'éteindras pas cette guerre, et devenant un guerrier, mais tu auras ta chance, si tu deviens un Sauveur.
Le brun se retint de ricaner en entendant ce mot. A croire que sa vie, cette mascarade de vie, le renvoyait toujours à ce titre de « Survivant », et de « Sauveur »…
- Le but est à présent de ramener l'ordre, de comprendre l'histoire d'Elysion, et de rendre à chacun ce qui lui a été volé par la guerre, continua la Sorah en feintant de ne pas avoir senti son cynisme silencieux face à ses mots. Il va te falloir partir, et aller au-devant de ceux qui se sont détournés de toi. Comme je l'ai dit, il faut regagner leur cœur en faisant un acte de foi.
Une boule d'angoisse monta dans la gorge du brun à ces mots. Il avait senti sans jamais le dire qu'il allait un jour ou l'autre devoir partir d'Alayis. Mais se l'entendre confirmer lui faisait étrangement mal au cœur, et cela malgré tout ce qu'il pouvait ressentir pour les vampires en ce moment. … Même s'il devait admettre que son ancêtre avait raison car il devait vraiment se préoccuper de tous les Elysioniens, sans exceptions. Ruminer et taper des pieds à Alayis ne serviraient à rien. Surtout que Carlisle ou Esmée, les rois et reine des vampires, lui avait clairement montré qu'ils ne changeraient pas de voie, et cela, même si beaucoup d'autres en souffrirait. Il craignait tous la Sorah qu'il était, mais ne la respectait pas encore. Voilà pourquoi son futur départ ne devrait pas trop les déstabiliser. Ces maudits vampires… Mais, parmi ces maudits vampires se trouvait aussi Edward… Tout d'un coup, le souvenir d'un regard améthyste le saisit au cœur, et il sut que c'était à son amant qu'il ne parviendrait pas à faire face lors de son départ.
- J'ai renoncé au mien pour ne pas avoir ce genre d'état d'âme, souffla la Sorah d'un air étrangement triste face à sa réaction. Quelle erreur ! Lorsque je l'ai perdu, je me suis aperçut trop tard que je ne maitrisais plus rien sans lui à mes côtés. Il est vrai que la mission qui nous incombe ne doit souffrir d'aucune faiblesse… Mais, si seulement j'avais compris qu'il n'en était pas une…
- Mais de quoi parlez-vous ?
- L'Ancre…
- Qu'est-ce qu'une Ancre ?
La Sorah ne lui répondit pas.
- C'est l'elfe, c'est ça ? Tonna Harry en se rappelant de son entrevue avec Aldaron. Cette histoire d'Ancre, quoi que ce soit, le concerne, j'en suis sûr. Vous l'avez connu, n'est-ce pas ? Etait-il une sorte… de compagnon pour vous ? C'est ça une Ancre ? Répondez ! Je ressens comme un lien avec lui, comme une impression, une habitude, qui ne devrait pas exister.
Elle redressa avec une grande lenteur la tête, et par-dessous son foulard qui recouvrait intégralement son visage, il capta deux yeux entièrement blancs qui le saisir. Il resta là, plongés dans cette mer laiteuse, un temps indéfini avant que son ancêtre ne rompe le contact.
- Je vois que tu n'en ai pas encore là, finit-elle par dire. Je ne sais si cela est une bonne chose ou pas.
- Pas encore ou ? Ça vous arrive de répondre aux questions sans détour.
- On ne questionne pas une Sorah.
Elle avait dit cela avec un tel aplomb qu'il resta muet quelques instants.
Puis cela l'agaça prodigieusement. Il voyait bien qu'elle lui cachait des choses, mais comment pouvait-il forcer un fantôme – si c'en était un – à lui dire ce qu'il voulait entendre ? Il allait lui dire de s'en aller, si ce n'était pas pour répondre à ses questions, elle n'avait pas besoin de rester, lorsqu'elle lui coupa – une fois encore - la parole avant qu'il ne prononce un mot. Elle sembla presque hantée, et les mots buttèrent de sa bouche spectrale :
- Tu dois empêcher qu'une véritable guerre n'éclate. Le sang a assez coulé… Il faut l'arrêter…
La tension qu'elle mit dans ces quelques mots intrigua Harry qui rangea son frein, et il ne put s'empêcher de même frissonner comme si un courant d'air frais venait de passer par une porte laisser trop longtemps ouverte. Il en oublia presque tous ses griefs du moment.
- Le pouvoir et le respect s'acquiert, Harry, dit-elle d'une voix forte pour l'empêcher de la questionner, il ne se demande pas. Tu as mon pouvoir, mais maintenant, récupère aussi mon respect. Tu te dois de prendre reprendre la confiance qui a été abuser afin que tes ordres soient appliquer.
- Oui, mais comment ? Moi et la finesse, la stratégie, tout ce que tu veux, ça fait quatre !
- On ne tutoie pas une Sorah !
- Vous le faites bien vous !
Un petit silence se marqua entre eux. Ce fut presque comique pensa Harry. Et il sourit crânement lorsqu'il devina la moue dédaigneuse qu'elle devait lui adressé sous son voile.
- Beaucoup se sont précipité jadis dans une guerre pour te suivre, pourquoi d'après toi, Harry ? Trouve leur à eux aussi une raison pour qu'ils te suivent, s'unissent, et ils se lèveront ! Lança-t-elle lentement. Mais ce n'est pas tout, ton regard aussi doit changer ! Vois des familles, des enfants, des êtres au combien fascinant dans leur intégrité, et non pas des bêtes assoiffés de sang, vois des âmes égarés et blessés… Tout doit commencer avec l'amour et la confiance. N'oublie pas qu'une personne qui t'aime donnera plus facilement sa vie, qu'une personne qui te craint, lui souffla le fantôme presque avec épuisement maintenant.
L'ancienne Sorah semblait comme s'éteindre. Harry avait comme une impression d'une ligne téléphonique qui passerait mal.
- Puis, si rien ne marche, tu n'auras qu'à les réveiller ! Ordonna-t-elle une dernière fois avec urgence. Après tout, ils n'existent que pour te servir. C'est le sang… Le sang doit arrêter de couler… La terre se nourrit du sang Harry… Elle les nourrit…
Un autre courant d'air froid l'enveloppa, le força à fermer les yeux, et ce fut comme s'il venait de se faire violemment éjecté du souvenir d'une pensine. Un peu comme lorsqu'il s'entrainait avec Snape à l'occlumancie. Frigorifié, il reprit conscience de son corps, et finit à genoux au sol avec un affreux mal de crâne. Etrangement essoufflé, comme s'il venait d'user une bonne partie de ses pouvoirs, il poussa un grognement plaintif en tentant de se redresser. Ce fut à cet instant qu'il se rendit compte qu'il était dans les bras de quelqu'un d'autre. Redressant la tête, il croisa le regard noisette et plein de larmes d'Alice qui le serrait à en perdre haleine contre sa poitrine. Posant les mains contre ses épaules pour lui faire lâcher prise, il renonça lorsqu'elle émit une plainte contrariée avant de le serrer plus fortement. Il pouvait d'ici entendre ses os couiner sous la puissance de son étreinte.
- Tu vas m'étouffer là…
- Tu vas partir n'est-ce pas, Harry ? Sanglota-t-elle. J'ai eu une vision. Elle m'en a fait l'honneur. Elle est venue pour me le dire…
- Qui ça elle ?
- Celle drapée en blanc ! Mais ce n'est pas ça l'important. Tu vas partir, Harry ?!
Caressant gentiment son dos, Harry pensa qu'avec son don de voyance son amie venait certainement de captée quelques brides de sa propre vision. Elle avait dut entendre la Sorah lui conseiller de prendre la route. Tirant plus fermement sur ses épaules, il la força à lâcher prise et observa dans un sourire triste son air défigurée. Ses doigts allèrent chasser les larmes de ses yeux alors qu'il lui embrassa tendrement le front. Peu importe comment Carlisle, ou Esmée, l'avait déçue, il ne pouvait changer son regard sur Alice.
- C'est quelque chose que je dois accomplir seul, fit-il.
A peine avait-il prononcé ces mots qu'il sut comme par miracle ce qui lui restait à faire. Tout lui parut clair et sans défaut, et il sentit une assurance qu'il n'avait pourtant pas senti depuis longtemps l'envahir. Se redressant avec la petite voyante toujours accrochée à lui, il sut qu'il n'y avait plus de machine arrière.
Il se devait de faire un acte de foi. Et cet acte, il ne le trouver ici, à Alayis, dans les jupons de son amant, même si cela lui déchirait le cœur de le quitter.
La serrant une dernière fois contre son cœur, il la décolla de son coup, et se redressa pour la contourner et quitter le temple.
Dans sa fuite, il ne l'entendit jamais ces derniers mots : Oh, Harry… Tu t'apprêtes à partir longtemps, Harry… Et loin, si loin… Que tu en perdras ton chemin… nous ne nous reverrons que lorsque la neige des hautes montagnes blanches d'Arathea aura presque totalement fondue…
Sa capuche bien rabattu contre son visage, sans s'inquiéter de si elle le suivait, il regagna lentement l'intérieur du palais et ses pas le guidèrent naturellement jusqu'aux appartements d'Edward. Il ne fut pas vraiment surpris de n'y trouver personne. Après tout, son amant avait certaines affaires à remettre en ordre avant leur départ pour Orlysin. S'approchant de la cheminée de la pièce, respirant à plein poumon l'odeur d'Edward qui persistait dans la pièce, son esprit se déroba vers les quelques jours qui venaient de s'écouler.
C'était comme s'il y avait quelque chose de brisé entre eux, et Harry ne l'avait encore jamais ressenti aussi profondément que depuis ces quelques jours sombres. Il y avait tant de non-dits, de silences malsains, et de reproches dans l'air, que même Emmett – bien que aussi préoccupé par l'agitation dans son royaume – semblait se rendre compte que quelque chose clochait et évitait de faire des blagues. D'ailleurs, il avait rapidement pris la décision de partir en première ligne accompagné de son épouse afin de voir l'étendue du conflit. Et Edward n'attendait que son compte rendu pour se mettre en route.
Pourtant, en surface, rien ne semblait avoir changé. Son vampire ne lui démontrait aucune colère, aucun ressentiment. Il passait parfois voir son entrainement avec son tyran de frère, posait toujours un regard calme et intense sur lui lorsqu'il se parlait, et préparait méticuleusement son départ pour Orlysin sans tenter de le convaincre de ne pas le suivre dans cette énième combat. Son amant semblait par contre adopter l'habitude de partir se coucher tôt, dans ses appartements, et la seule fois où Harry avait bien tenté de le rejoindre, ils avaient passés la nuit chacun dans leur coin d'un bout à l'autre du lit. Il sait bien que le vampire ne lui aurait pas refuser ses caresses s'il en avait exprimé l'envie, mais même le sexe aurait été froid et distant entre eux. De cela, il en était persuadé.
Sans vraiment le vouloir, il avait laissé trainer les choses, prenant de vieilles habitudes qui ne pouvaient que plus les éloigner, comme lorsqu'ils se croisaient maintenant sans s'embrasser ni se toucher. Seule la morsure d'Edward gardait toujours une note de sensualité entre eux. Sinon, le désir mordant, passionnelle, qui l'avait amené dans le lit du vampire, sans vraiment se tarir, semblait s'être tut. Seule restait la distance.
Il en était là dans ses pensées lorsqu'une mélodie, lente et mélancolique, sembla émaner d'un coup d'un bureau adjacent aux appartements. Sans hésiter, mais quelque peu surpris, il s'y dirigea et poussa la porte pour y découvrir son amant, tranquillement installé derrière son piano. Il suivit le froncement de ses sourcils alors qu'il semblait faire passer à travers ses doigts toute la complexité des sentiments qu'il éprouvait en cet instant. Et tout ce qu'Harry pouvait y déceler était beaucoup de tristesse et de mélancolie.
Il laissa la mélodie s'écouler quelques minutes, prenant le temps de lentement venir s'assoir à ses côtés, avant de poser une main hésitante sur sa cuisse. Il sentait que par cette litanie, Edward lui livrait ses sentiments, sans détour. Mais lui avait besoin de mots pour être compris.
- Nous avons besoin de parler, déclara-t-il avec une assurance qu'il n'éprouvait pas. C'est important.
Le vampire ne lui répondit pas mais l'air qu'il jouait prit un tournant plus hachée, plus pressé, presque impatient. Harry en regretta presque sa demande.
- Tu n'as pas fait table rase. Je sais que tu m'en veux encore, Edward, et je…
- Pourquoi ?
Posant brusquement les mains à plats sur les touches, attirant un grincement sonore du piano, son amant le fixa profondément de son regard violet. Il semblait profondément attendre quelque chose de lui.
- Pourquoi quoi ? Fit Harry, perdu.
- Pourquoi suis-je énervé ?
Le brun fronça un instant les sourcils.
- Tu sais… Hésita-t-il. Notre dernière dispute… J'admets que je manque parfois de… tact… Je suis un idiot ! Je suis horrible parfois, tu as raison ! Je…
Il se tendit en entendant son amant émettre une inspiration agacé.
- Je n'attends pas de toi que tu te flagelles comme un enfant devant moi, marqua le vampire. Je savais depuis longtemps que tu possédais un caractère enflammé. Là, n'est pas le problème.
- Alors où est-il ?
- Le problème est que j'aimerais que tu arrêtes de me repousser pour tout prendre de front, comme si tu étais toujours seul contre tous, comme si j'étais l'ennemi. Je n'ose imaginer les problèmes que tu rencontres pour que tu réagisses de cette manière, mais n'oublie pas que nous avons évolué, Harry. J'ai évolué ! Tu n'es plus la victime, et moi le bourreau. Et pourtant, toi, tu continues à te battre contre nous, contre moi, comme s'il s'agissait toujours de toi contre les méchants vampires. Admets tout ça maintenant, je sais que tu le penses ! Admets !
Ça c'était dit, pensa le brun en accusant le coup en silence. Il savait qu'il allait devoir faire face aux critiques qu'il avait eues contre les vampires face au prince. Oh, ce n'était pas la première fois qu'il disait ouvertement leurs défauts, mais cette fois-ci, pour une raison obscure, cela avait été différent. Peut-être parce que cette fois-ci, en occultant les sentiments qu'il éprouvait pour son vampire, il lui avait démontré tout son aversion pour les siens. Sur le coup, il avait presque ressenti le besoin de cracher sa hargne contre les vampires à un de leurs représentants. Et loin de voir son amant, son amour, il s'était juste défoulé sur l'un d'entre eux.
- Je connais les fautes de mon peuple, de mon père, rajouta le vampire, et je connais les miennes. Et je suis prêt à bien faire cette fois-ci. Mais pour cela, il faudrait que tu me laisse entrer. Laisse-moi entrer dans ton cœur, et laisse faire mieux, et t'aider toi aussi à faire mieux.
- Je le sais tout ça. Et j'ai confiance en toi…
- Pas assez pour me parler. Pas assez pour te reposer sur moi, et pour qu'on discute calmement de ce qui doit être fait. Et pas assez pour prendre ta place d'amant, et de consort à mes côtés. Alors que tout le monde dans ce foutu château de malheur connait nos relations, je me dois de garder mon frein lorsque tes adorateurs, lorsque l'elfe, te tourne autour pour te baiser les pieds ! Parce que tu n'es pas à moi ! Hurla-t-il en haletant. Non, à la place, j'ai fait de toi mon Conseiller, parce que j'avais foi en toi, mais toi, par contre, tu sembles trouver plus de confiance et de réconfort auprès d'un autre.
Les reproches ne semblaient plus pouvoir tarir, et Harry les reçut les uns après les autres comme des coups de poignards. Il n'aurait jamais cru que son amant gardait en lui autant de peine. Il était vrai que même aujourd'hui, il refusait d'apparaitre officiellement comme étant son compagnon, car il aimait leur relation telle qu'elle était actuellement, mais il ignorait que cela blessait le prince à ce point. Tellement persuadé que celui-ci lui appartenait à présent corps et âme, il en avait inconsciemment malmené les sentiments.
- Tu mets à feu et à sang le château, la ville, à chacune de tes colères, continua le prince, et tu n'acceptes aucune aide, aucun conseil de ma part. Ne comprends tu pas que j'ai peur pour toi ? Et si le peuple se soulevait, et réclamait à corps et à cris l'exil de la Sorah d'Alayis ? Trop de personnes murmures et complotent autour de nous, je ne saurais même pas quel ennemi frapper pour te protéger. Alors que feras-tu ? Tueras-tu tout le monde pour te satisfaire ? Après tout tu nous démontres à chaque colère ta très grande puissance, Sorah. Moi qui te pensais trop doux pour cela, tes actes me démentent aujourd'hui. Car tu en as le pouvoir, le pouvoir de détruire Alayis, mais alors qui te respecteras ? Les Elysioniens ont tellement perdus la foi en ce que tu représentes. Oublierais-tu que hier encore on tentait de te tuer au cœur même de mes appartements ? Si tu savais comme je suis sous tension depuis que je sais que tu es en vérité la maudite Sorah des anciennes histoires ! Et toi, toi, tu continues à en faire qu'à ta tête. Mais écoute-moi, Harry !
Ces derniers mots furent accompagnés d'un brusque mouvement d'humeur avant qu'Edward ne se lève pour mettre de la distance entre eux. Estomaqué, démuni, Harry se redressa à son tour pour se figer au milieu de la pièce. Et lui qui pensait avoir tellement de chose à gérer, entre son statut de Sorah et la guerre, qu'il n'avait juste plus le temps. Plus de temps pour la patience, pour d'autres discussions. Plus le temps de penser… à eux. Il comprenait maintenant que son amant, pour sa part, que pensait qu'à lui, et n'avait de temps que pour lui.
Il frissonnait encore sous la colère du prince, mais ce qui était le plus dur, ce qui le tuait de l'intérieur, était l'infinie tristesse qui semblait émaner de lui. Il pouvait presque gouter du bout de la langue au désarroi du vampire qui flottait dans l'air. Et ce fut presque timidement qu'il s'approcha de nouveau de lui.
- Réponds moi sincèrement, siffla Edward en s'éloignant. Cet elfe, il te plait, n'est-ce pas ?
- Tout d'abord… sache que j'ai confiance en toi… Et qu'il n'a jamais été dans mon intention de causer tant de… dégâts…. Sache aussi que je suis tout à toi. N'en doute jamais ! Ensuite… Qu'est-ce que Aldaron à avoir entre nous ? Demanda-t-il en tendant une main timide. Je ne comprends pas pourquoi tu parles de…
- Tu es celui qui l'a mis entre nous. Tu es celui qui a recherché du réconfort entre ses bras, et du courage dans son esprit, je le sais, car on est venu le chuchoter à mon oreille. Persifla le vampire. Là ou moi, ton amant, le vampire, avait été rejeté. Harry… Si tu hais ma nature, que puis-je y faire ? Je peux changer mon apparence, mon attitude, ma cruauté, je peux tout changer pour toi. Mais je ne peux altérer ma nature…
- Non, tu te trompes. Tu es tout ce dont j'ai besoin. Le vampire que tu es est tout ce dont j'ai besoin ! Clama le brun, sans relever le fait qu'il était affolé de savoir qu'il était au courant de sa rencontre avec le prince elfe de l'autre soir. Aldaron est juste un roi venu me prêter allégeance. A peine une connaissance ! L'autre soir, il était juste là, au bon endroit au bon moment. J'étais tellement bouleversé, et il était alors le seul à me comprendre.
Le grognement qui retentit dans la pièce fut le seul avertissement qu'il eut avant que le prince ne le saisisse des deux mains par le col. Il le sentit resserrer sa prise, comme s'il se retenait vraiment de l'étouffer, et se laissa malmener sans rien dire. En cet instant, il comprit à quel point tous les sentiments pouvaient être exacerbés chez un vampire, que ce soit l'amour, la haine, la vengeance, ou la jalousie.
- Le seul à quoi ? Siffla le vampire. Redis-moi ce qu'il a fait pour toi ? Redis-le ! Redis qui est cet elfe pour toi ? Le seul à te comprendre ? Vraiment ? Qu'est-ce qu'il a fait que je n'ai pas fait ?! Tenter de parler ? De t'écouter ? Et moi alors ? Ce n'est pas ce que j'ai fait ? Pourquoi lui il a droit à tes pensées alors que moi tu m'en maintiens au dehors ? Laisse-moi voir pourquoi tu arrives si facilement à me repousser lorsque moi je me languis de toi ?
A ces mots, il sentit le pouvoir d'Edward effleurer son esprit, et, inconsciemment, l'empêcha une nouvelle fois d'entrée. Il semblait assez agacé comme ça pour qu'il ne capte l'entier souvenir de sa rencontre avec Aldaron, ou encore, sa discussion avec la Sorah et Alice. Le moment n'était pas venu de lui parler de son départ. Mais pire, il ne voulait pas que son amant perçoive ses doutes face à ses parents qu'il pensait tellement être bon. Il était inutile de remettre les feus aux poudres.
- Il ne t'a pas juste calmé. Je le sens avec mon pouvoir. Je ressens encore sa trace en toi. Tu l'as laissé unir vos deux esprits, persiffla le vampire, haletant sous la colère, sous la douleur. C'est comme si tu l'avais permit d'entrer physiquement en toi. C'est une trahison, Harry.
- Ce n'est pas comme tu le penses… Tenta-t-il de se justifier. Il m'a juste montré une clairière… Et j'ai réussi à me calmer… Ma magie… Ma magie est différente, alors j'avais besoin…
Son esprit carburait à plein régime alors qu'il tentait de trouver les mots qui pourraient calmer la colère de son compagnon. Il ne pouvait pas lui laissait accès à son esprit même s'il sentait qu'il tentait encore d'y pénétrer. Cela lui arracha le cœur de le repousser encore une fois aux limites de ses pensées. Il devait lui expliquer mais avait tellement de mal à réunir ses mots qu'il ne disait rient de concluant. Son corps tremblait tellement qu'il ne tenait debout que grâce à la poigne agressive de son vampire autour de son cou.
Il sut l'exact moment où la rage submergea entièrement Edward, et le laissa – sans résistance aucune - le soulever contre le mur. Le cœur affolé, il noua les jambes autour de sa taille et avisa son visage contrarié qui se détourna de ses lèvres pour aller déposer des baisers violents le long de sa nuque. Des mains rudes commencèrent à le caresser, à atteindre sa peau, tandis qu'une bouche vorace, exigeante, dominatrice, envahissait la sienne. Encore une fois, il ne répliqua pas face à tant de violence, et passa une main douce dans les longs cheveux roux de son amant. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait pas eu dans ses bras, si ce n'était que pour les morsures, qu'il prenait tout ce qu'il lui donnait.
Même cette violence.
Certes, il aurait dut parler, et se réconforter, mais ces mains qui caressait déjà les premiers signes de son désir si longtemps éteint lui enlevait toute volonté. Et il en avait envie, il avait envie de se perdre dans cette étreinte, il avait envie qu'ils fassent l'amour, oui, il le voulait puisque son amant le désirait aussi avec tellement d'ardeur. Il pencha la tête sur la côté sous le coup de nez du vampire sur sa mâchoire, et accueillit avec un plaisir non dissimulé sa froide et violente morsure. Celui-ci aspira longuement son sang, faisant tressauter son cœur, tandis que sa peau gelé sembla se réchauffer, avant de finalement lécher la plaie de quelques coups de langue sensuel. Gémissant, Harry laissa ses mains descendre le long du dos musclé, et il frissonna de plaisir en sentant les muscles jouer sous doigts avant qu'il n'atteigne le rebondi d'une paire de fesse. S'y agrippant, il ondula légèrement des hanches lorsque des mains curieuses et audacieuses finirent enfin par saisir pleinement la manifestation de son désir en de longues caresses appuyées. Sa magie tournoyait autour d'eux comme un ouragan qui se prépare, elle semblait vouloir prendre part à cette brutalité gratuite, et Harry n'avait pas l'esprit à la réfréner. De toute façon, malgré son agitation, elle ne créait pas de dégâts comme lorsqu'il était en colère, elle était juste vive, féline, et glissait entre eux avec délice.
- Je pourrais te faire l'amour, là, maintenant, susurra Edward en se décollant légèrement, que tu ne me dirais pas non. Ton corps, lui, semble être le seul à ne vouloir que moi.
- Pas seulement mon corps, gémit-il, je le sais aussi…
Ces mots semblèrent glacer le vampire qui arrêta ses caresses. Il vit le trouble s'insinuer dans son regard juste avant qu'il ne détourne la tête. La tension sexuelle qui les avait embrasés s'éteignit comme une flamme exposer au vent d'hiver, et Harry ne le retint pas lorsque son corps tendu ne lâcha peu à peu prise sur le sien, avant qu'il ne s'écarte véritablement. La magie d'elle-même s'essouffla d'un coup.
- Harry. Coupa Edward d'une voix plaintive en baissant la tête. N'ébranle pas plus mon cœur, je t'en prie…
Sur ces quelques mots, il le vit s'éloigner définitivement de lui en regagnant en quelques pas énergique la porte.
- S'il y a des cachoteries, et un manque de confiance à présent entre nous, cela ne vient pas de moi, Harry. Parce que moi, vois-tu, je t'ai déjà tout donné. Humain, sorcier ou Sorah, je t'ai accepté toi. Dans toute ton entièreté, et te suis resté fidèle.
Qu'avait dit son ancêtre ? Qu'il avait besoin de commencer avec de l'amour et de la confiance ? Justement, il semblerait qu'il venait justement de tout perdre. La vie avait parfois un cruel sens de l'humour.
Et cette fois, lorsqu'elle se referma, la porte ne claqua pas.
A SUIVRE.
