Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Poil de carotte : Bonjour, merci pour ta review. Oui, moi aussi, j'adore Sirius, du coup, je ne pouvais pas le garder loin plus longtemps lol. Aller, j'espère que cette suite répondra à quelques-unes de tes questions au moins. Bonne lecture !
Perline : Coucou ! Merci pour ton gentil com ma belle. Tu sais, je savais que beaucoup attendaient de voir Sirius apparaitre à Elysion, soit au Sud, soit au détour d'un couloir, enchainé, alors je me suis dit qu'il ne fallait surtout pas que je sois si prévisible. Donc, j'ai changé tout un chapitre pour écrire celui-là lol. Et puis comme ça, je fais en sorte qu'Harry soit un peu plus « spécial », parce que seul lui, héritier de la Sorah, peut atteindre Elysion par les portes. Pour Neville, j'ai hésitée à savoir qui j'allais faire entrer dans l'histoire. Après Dean, Drago, et autres, je cherchais un autre personnage pour accompagner Hermione. Et Neville, même s'il n'est pas toujours le premier choix, est vraiment le perso qu'il me fallait. Il est courageux, et honnête, et surtout fidèle en amitié comme Hermione. Aller, je te laisse découvrir la suite ! Bonne lecture à toi !
blue moon 999 : Eh oui, j'ai répond à ta demande avec ce chapitre en remettons en avant le couple E/H. Merci encore pour ta gentil review. Et bonne lecture !
ptitcoeurfragile ; Coucou fidèle lectrice. Et voici la suite. J'espère que tu aimeras ! XD
Maeva Cerise : Ah ah, donc je t'ai surprise, hein ? Ah oui, les décisions d'Hermione, et sa ténacité vont avoir de lourds conséquences. D'ailleurs, tu vas voir que son envie de revoir Harry va influencer ce qui se passe à Elysion. Bon, j'en dit pas plus. Bonne lecture à toi !
xKatsuu : Salut ! Merci pour ton com. Envie d'un peu de sadisme envers Ginny lol ? Ca arrivera plus vite que tu ne le penses. Bonne lecture !
HarryPotterEtLesDiffrentMonde : Merci à toi de me suivre. J'espère que tu aimeras cette suite. Bonne lecture !
Attention : Petite scène d'amour dans ce chapitre. Comme d'habitude, si vous ne souhaitez pas le lire, sautez jutes le passage de « XXXX » en gras dans le texte. Sinon, bonne lecture à tous !
Chapitre 42 : Bataille navale
Dès lors que son corps fut englouti par les eaux glacées, Harry battit avec acharnement des bras et des jambes pour revenir à la surface. Il y parvint dans un premier temps, et prit une longue goulée d'air frais avant qu'une vague tout aussi furieuse que celles qui agitaient le navire au loin ne le replonge au fond de l'océan. Ses yeux se fermèrent par instinct alors qu'il avalait par mégarde une goulée d'eau. Ses mouvements frénétiques lui firent retrouver une seconde fois la surface, crachotant et tremblant, et il put apercevoir au loin un bref instant le navire où il se trouvait il y a peu de temps, avant se battre contre les flots, et que ces derniers ne le recouvrent de nouveau.
Ce bain glacial forcé eut le mérite de le dégriser entièrement, et les membres engourdis par l'effort, il se concentra de toutes ses forces pour appeler sa magie à lui tout en priant pour en garder le contrôle. Comme si cette dernière n'attendait que ça, il la sentit répondre immédiatement à son appel pour l'envelopper avec douceur, éteignant la morsure de l'eau gelée s'enroulant sur son corps. Ouvrant des yeux aux pupilles blanches, il vit son corps rayonner de bleue alors que ses tatouages s'illuminaient le long de ses bras et de sa tempe, et dans une explosion de magie pure qui émit un large remous dans l'eau gelée de la mer de Trafalgar, ses fameuses ailes bleues écloraient et battirent vivement dans son dos. Tendant les mains au-dessus de sa tête, il mima un large cercle autour de lui, et une bulle de magie se forma alors et l'enveloppa.
S'élargissant, celle-ci l'engloba entièrement puis purgea l'eau pour gorger sa bulle protectrice d'air frais et salutaire.
Prenant un souffle, Harry se laissa surprendre lorsqu'un coup de queue rageur frappa sa protection et l'envoya plus profondément dans les flots. Il grinça des dents tout en se stabilisant pour faire face à l'énorme serpent des mers qui le faisait face. Nageant tout autour de lui, comme un lion guettant sa proie, l'énorme bête qui lui faisait face avait une tête à la mâchoire puissante et allongée. Ses yeux d'un bleu azuré éclatant à la pupille noire fendu fixaient ses moindres faits et gestes – avec une certaine curiosité - dans l'attente d'une prochaine attaque. Des oreilles bovidés, et deux énormes bois d'un cervidé ornant le haut de son crâne touffu par une large crinière marron finissait par un corps long et sinueux semblable à celui d'un serpent. Admirant sa hideuse apparence, Harry pensa que les Elémentaires avaient puni cet homme de la plus ignoble des façons.
Le Drakan, car c'était bien son nom, tournoyait autour de lui, et semblait tout aussi intrigué par sa magie que lui pouvait l'être par cet être fantastique.
Sans crier gare, la bête, lassé de l'observer, fonça gueule ouverte – révélant par la même occasion une gueule béante remplie de milliers de petits crocs tranchants – vers lui dans le but évident de faire céder sa bulle protectrice. Il reçut le choc de plein fouet allant même jusqu'à buter contre un large récif qui arrêta sa course. Serrant les dents face à la bête qui semblait prête à revenir à la charge, il croisa fort les doigts, priant encore pour ne pas perdre le contrôle de sa magie, et contre-attaqua. Faisant appel aux algues des fonds marins, il les appela à lui, les faisant pousser et s'entortiller sur eux-mêmes. Alors qu'il allait essuyer une autre attaque, le souffle de la gueule de l'animal faisant déjà de gros remous face à lui, il tendit les mains vers l'avant, projetant sa magie, et vit avec fascination les algues s'étirer immédiatement, et s'enrouler autour de son attaquant. Surpris, celui-ci observa les liens serrer son long corps avant de se débattre, poussant des rugissements furieux étouffés par l'eau. Sans relâcher son attention, Harry appela à lui d'autres algues qui elle aussi allèrent encerclés le Drakan, une d'entre elles plus solide alla même s'enrouler autour de la gueule puissante qui tentait d'arracher les liens, et d'un autre mouvement de la main, il vit les algues tirer et abattre l'animal vers le fond. Il serra les dents face à la force que mit la bête à se débattre alors qu'elle était tirée sans pitié jusqu'au lit de la mer où elle fut couchée et immobilisée avec fermeté. Ne pouvant même plus ouvrir ne serait-ce que la gueule, Harry l'approcha prudemment, et frissonna sous le regard bleu électrisant qui ne l'avait à aucun moment lâché des yeux.
- Un Elémentaire ? Maugréa la voix du Drakan dans sa tête, étrangement douce et sinueuse. Non, ça ne leur ressemble pas. Alors qu'est-ce que c'est ? Est-ce que ça se mange ?
Harry cligna des yeux, surpris. La bête était un puissant télépathe pour avoir réussi sans effort apparent à passer ses barrières d'occlumancie même si cela n'avait été que pour communiquer avec lui.
- Ça, doit nous relâcher ! Ordonna soudainement le serpent des mers, mais cette voix résonna de manière beaucoup plus grondante, plus caverneuse dans son esprit. Nous sommes le maitre de ce territoire ! Si ça ne nous libère pas, nous nous vengerons !
Et Harry comprit deux choses en l'entendant. De un, il était celui que le monstre désignait par « ça ». Et de deux, qu'il y avait deux consciences qui se battaient à l'intérieur du Drakan. Il y avait la Bête en elle-même, et l'homme, le séducteur, d'autrefois qui y était prisonnier.
- Je te relâcherais, dit-il prudemment, si tu jures de me laisser remonter à la surface sans m'attaquer.
Un grognement lui répondit alors que le Drakan serpenta son corps au sol dans une énième tentative de se libérer.
- Qu'offre ça pour son passage ? Fit encore la voix douce dans sa tête. Ça, se trouvent sur nos terres, ça doit payer ou mourir…
La voix dans sa tête roulait les « R » avec séduction, et il ne put s'empêcher de frissonner à ce son.
- Ça offrira les humains juteux qui attendent là-haut, susurra cette fois-ci une voix ronflante. Leurs chairs sont si savoureuses entre nos dents. Si frééé-tillant… ça, nous laissera les manger, et nous ne mangerons pas ça.
- Ça, se moqua Harry, peut aussi choisir de vous laisser là !
Il semblerait que ce n'était surtout pas la chose à dire, car le serpent des mers rugit et se débattit encore plus fort. Certaines lianes cédèrent, et Harry dut se dépêcher de les reformer autour de son corps pour l'empêcher de se libérer. Observant la pauvre créature qui tentait en vain de l'attaquer, il pensa qu'il pouvait vraiment partir, et la laisser là. Après tout, elle avait tenté de tous les tuer, et maintenant qu'elle était maitrisée, il était assuré de pouvoir reprendre la route vers Orlysin sans danger.
Lançant un dernier regard au Drakan, qui lui rendit son regard d'une œillade furieuse, il se détourna pour remonter sa bulle à la surface. Son amant devait être fou d'inquiétude.
- Nous nous excusons, grinça la voix séductrice. Nous nous excusons. Ça ne peut pas nous abandonner là. Ça est bon.
- Bon à manger, oui. Marmonna Harry en se tournant vers la bête malgré lui. Désolé, mais je n'ai pas vraiment envie de finir dans ton estomac.
- Nous ne mangerons jamais ça, reprit la jolie voix comme si elle était scandalisée qu'il ait pu penser le contraire, comme si ce n'était pas de cela dont il parlait depuis le début. Non, nous ne le ferons jamais. Ça pourrait être notre ami ? Un ami que nous ne mangera pas.
Harry se retint de lui rétorquer que généralement les amis n'étaient pas mangés, non. C'était le but de le désigner comme un « ami » justement. Il douta, surpris qu'une partie de lui-même veuille malgré tout libérer le pauvre Diable. Il s'approcha, tendant déjà les mains pour le libérer de ses entraves.
- Mangera pas maintenant, se gaussa la voix grave de la Bête.
Et toute sympathie le déserta à ces quelques mots.
- Ni maintenant, ni jamais ! Répliqua-t-il dans un mouvement d'humeur.
Agacé par la perfidie du Drakan, il ne se rendit pas vraiment compte que ses tatouages étincelèrent encore plus alors que ses ailes bleues s'agitaient d'agacement. Sa magie, libérée et toujours sauvage, s'élança hors de son corps en une vague mouvante pour frapper le serpent des mers qui se renforça dans le sol en y formant un petit cratère.
Oups, voilà une action qui n'était pas intentionnelle.
Loin de se débattre, et de grogner, il fut surpris de voir le monstre se figer, attendant que le nuage de sable qui s'était élevé sous son attaque ne s'évapore, pour le contempler d'un œil nouveau. À cet instant, Harry sentit que quelque chose changea en l'animal. Celle-ci semblait maintenant l'observer avec une réelle fascination teintée de crainte. Alors que même lorsqu'il s'était fait maitriser, aucune peur n'avait transparu d'elle, maintenant, face au rayonnement de sa magie pleinement éveillé, il semblait vraiment craindre pour sa survie.
- Nous promettons. Firent cette fois les deux voix de la bête dans son esprit. Oui, nous le promettons. Le passage est votre.
Et face à cette terreur mêlée de révérence qu'il pouvait voir à travers le regard bleu limpide du Drakan, Harry sut qu'il pourrait maintenant croire en ces mots. Ne sachant pas s'il allait le regretter ou non dans le futur, il tendit résolument la main et ordonna aux algues de libérer leur proie. Lentement, il les observa se délier, glisser, et se renforcer dans le sol de la mer avant que dans un sursaut libérateur le Drakan ne s'élève dans les flots. Il admira son corps long et puissant lorsqu'il lui tourna autour deux fois avant de revenir face à lui. Leur regard entremêlé, ils restèrent immobiles, comme deux statues, à se fixer, à épier les mouvements de l'autre. Puis, Harry sentit la tension le quitter lorsque la tête serpentine s'abaissa face à lui dans un salut assez majestueux pour un tel monstre des mers. Il allait rendre son salut lorsqu'une onde de choc d'une violence inouïe percuta l'animal qui voltigea à plusieurs mètres loin de lui. La puissance de l'attaque souleva un raz de marée de terre et de roches qui accompagnèrent le Drakan dans sa flagrante chute au loin. La déflagration du coup résonna dans les flots, et Harry, les yeux écarquillés, sursauta violemment lorsqu'une main glacée se saisit de son bras. Prêt à l'attaque, il se retint à temps lorsque son regard croisa deux prunelles améthyste bien connues. Baissant les yeux, il vit que la main blanche de son amant avait pénétré dans sa bulle, sans la briser ou même être arrêtée par sa magie qui au contraire s'était calmée, et avait fait disparaitre ses ailes et l'éclat de ses tatouages. Il se laissa faire lorsque le prince le saisit avec force pour le remonter à la surface. Usant de son don de télékinésie, il ne fallut à ce dernier que deux battements pour que l'air gelé du soir ne les enveloppe. Brisant sa bulle, Harry s'agrippa à son amant qui tendait déjà la main à une corde que lui avait balancée son frère. Claquant des dents sous la morsure du froid, il enroula les jambes autour du corps de son corps, celui-ci passa d'ailleurs une main ferme derrière son dos pour le maintenir en place, alors que les marins les hissaient avec force à bord du navire.
La première chose que remarqua Harry lorsqu'il atteignit enfin le sol du pont avant du bateau fut le calme assourdissant qui régnait sur la mer. Pas un remous, pas un vent, rien de la tempête qu'il avait essuyée avant sa chute ne subsistait. Comme si la nature elle-même s'était éteinte.
- Tu vas bien, Harry ? S'enquit immédiatement Rosalie en l'enveloppant d'une large cape en fourrure. On a eu tellement peur.
- Tu l'as tué ? Demanda-t-il sans répondre à la vampire par autre chose qu'un vague hochement de tête.
- Je n'en sais rien, grogna son amant, et je m'en moque.
Harry ne fut pas vraiment contrarié par sa réponse un peu agressive, pas alors qu'il comprenait que les tremblements de son compagnon contre lui n'étaient pas tous dût à leur baignade forcée.
- Harry, grinça ce dernier, lorsque tu vois un monstre, tu fuis ! Tu m'entends ? Tu ne restes pas bavarder, et prendre le thé avec lui ! Parce que là on part à la guerre, et je ne veux pas avoir à m'inquiéter de savoir si tu ne vas pas jeter des fleurs plutôt que des flèches sur les Arkans.
Le sorcier eut au moins la convenance de rougir face à la remontrance.
- Figure-toi que je négociais notre passage, répliqua-t-il tout de même, pour qu'il ne nous attaque plus.
Un regard améthyste le sonda de haut en bas avant qu'il ne soit ramené de force contre un torse glacé, des mains le frictionnant dans un geste réconfortant.
- Et comment se sont passées les… négociations ? Demanda tout de même Edward dans un soupir fataliste.
- Mal ! Grinça-t-il. Un vampire furieux a surgi !
Les caresses se stoppèrent avant de reprendre avec plus de force contre son corps. Levant le menton, il croisa, surpris, le regard malgré tout amusé de son amant.
Prêtant enfin attention à l'agitation alentour, il ne fut pas surpris de voir Rosalie et Emmett à leurs côtés, les couvrant de couvertures chaudes, alors que le Capitaine hurlait des ordres à ses marins pour reprendre le cap vers Orlysin.
- Harry, fit Emmett en attirant son regard, qu'est-ce que c'était ?
- Le Drakan.
Un petit silence accueillit son affirmation. Comme si les gens aux alentours pesaient si oui ou non, ils devaient le croire.
- Mais, fit Rosalie, ce n'est qu'une légende.
- Une légende bien réelle, réfuta Harry. J'ai vu ses crocs de près, croyez-moi !
Du coin de l'œil, Harry capta l'échange de regard entre Edward et son frère, le hochement de tête de son vampire, et la mine ébahit de l'autre.
- Une chance que nous devrions être maintenant proches d'Orlysin. Murmura Emmett, toujours trop sérieux ces temps-ci. Un autre incident de ce genre, et je me jette par-dessus bord.
Comme pour lui donner raison le vent reprit son souffle, plus aussi furieux qu'avant, et gonfla les voiles du navire. Un frisson le prit lorsqu'une brise traitresse frôla son dos malgré la tonne de couvertures qui l'entourait. Ce fut comme un signal pour son amant qui se releva, le portant cette fois comme une mariée, avant de se diriger vers les cabines.
- Surveillez la mer, lança-t-il en partant, nous ne sommes pas à l'abri d'une prochaine attaque.
- Et c'est de ta faute, marmonna-t-il dans son giron, t'as ruiné mes négociations. Pour une fois que je n'agissais pas sans réfléchir. Que je tentais de parler avant tout.
- Et il a fallu que tu t'essayes sur un monstre marin légendaire ? Le railla immédiatement le vampire en pénétrant dans sa chambre. Choisi moins dangereux, et je te laisserais faire.
- T'es jamais content de toute façon, bougonna-t-il, histoire d'avoir le dernier mot.
Le vampire prit le temps de le poser sur son lit pour lui saisir le menton entre deux doigts pour lui relever le visage, et l'emprisonner de son envoutant regard.
- Devrais-je trouver une autre occupation pour cette jolie bouche ? Lui murmura-t-il avec sensualité.
Harry se sentit rougir jusqu'à la pointe des oreilles. Gêné, il ne répliqua même pas au rire moqueur du prince face à sa réaction.
Et il se sentait bien, là, en sécurité dans sa cabine, son amant agenouillé face à lui, à se chamailler comme avant.
Un silence confortable envahit la pièce alors que divers sentiments semblaient les traverser. Le sorcier poussa un soupir de contentement lorsque le vampire lui embrassa les phalanges avant d'entreprendre de le dévêtir. Docilement, il se laissa faire, levant les bras pour enlever sa tunique, se redressant pour le bas, laissant le contrôle total à son compagnon qui le gratifiait d'une longue caresse sur chaque morceau de peau dénudé. Une fois nu, frissonnant sous le regard pénétrant du vampire qui cherchait une blessure quelconque, tout en l'enveloppant d'un sentiment de volupté face à la satisfaction qui transparaissait dans le regard améthyste face à son corps musclé par ses heures d'entrainement avec Jasper, il se laissa de nouveau soulever et porter en marié vers la pièce attenante à la chambre. Ils arrivèrent dans une petite salle de bain éclairé par des lanternes, et dont le centre de la pièce était occupé par une large baignoire en bois massif rempli d'eau chaude et parfumé.
Il laissa échapper un halètement alors qu'il était plongé dans l'eau chaude avec lenteur et délicatesse. Une fois bien installé, il poussa un soupir de ravissement avant d'aviser le sourire amusé de son amant. Leur regard se croisa pour ne plus se quitter alors que le prince entreprit à présent de se délester à son tour de chaque morceau de tissu qui recouvrait encore son corps. Relâchant ses cheveux qui allèrent épouser son cou, une mèche barrant un œil améthyste joueur, le haut tomba le premier, révélant un torse noueux et musculeux qui se terminait en forme de V sur un bassin étroit. Puis vinrent les larges cuisses, les mollets fins, et Harry rougit une fois de plus lorsque ses yeux parcoururent rapidement les fins poils pubiens ou abritait une virilité pas vraiment au repos.
Il déglutit alors que le prince le rejoignait dans l'eau chaude, passant derrière lui pour le serrer contre son torse, ses longues jambes l'entourant, et son nez se perdant dans ses cheveux. Il rigola légèrement en le sentant le renifla, s'enivrant de son odeur, avant qu'un baiser ne lui soit donné dans le creux du cou.
Se détendant contre son amant, il ferma les yeux de plaisir lorsque ce dernier se saisit d'une douce éponge pour le frotter avec douceur. Il se laissa laver de la tête aux pieds, rendant caresse sur caresse, et laissant le plaisir monter entre eux. Retrouvant enfin leur tendresse et complicité.
- Lorsque j'étais dans mon monde, commença-t-il à dire sans y penser, j'ai dût combattre dès mes onze ans un autre sorcier psychopathe, qui lui avait déjà tenté de me tuer dès mes un an. Chaque année, je devais trouver le moyen de l'empêcher de revenir à la vie jusqu'au jour où je n'ai pas pu l'empêcher.
Il prit le temps de rassembler ses idées, et apprécia que le vampire se soit arrêté de le caresser pour lui prêter le plus d'attention possible, sans l'interrompre.
- J'avais quatorze ans lorsqu'il est revenu, fit-il presque dans un chuchotement. Et lorsque j'ai enfin décidé de partir le combattre seul, mes amis étaient là pour m'arrêter et m'accompagner.
Il sourit en pensant que sans Ron et Hermione, il ne serait pas allé bien loin dans sa quête des horcruxes.
- Mon premier réflexe est toujours celui-là, avoua-t-il. Je cherche toujours à résoudre mes problèmes par moi-même, en fonçant sans réfléchir, et en ne me confiant pas à ceux qui tiennent à moi.
Il revit Sirius basculer derrière le voile au Département des mystères, et la culpabilité le rongea encore une fois alors qu'il se disait pour la millième fois qu'il aurait pu éviter ça. Au lieu de partir en guerre entouré d'une bande adolescents, il aurait dû parler à un adulte et établir un plan sérieux.
- C'est peut-être dû au fait que je n'ai pas vraiment grandi dans une famille aimante ou on pouvait compter les uns sur les autres, admit-il. J'ai pris l'habitude de ne compter que sur ma seule force.
Les adultes lui avaient tellement fait défaut dans sa vie, ça aussi, il devait l'admettre.
- J'ai toujours agi sans réfléchir, sourit-il, désabusé, et ma chance insolente m'a toujours sauvé la mise. Mais je comprends que dans ce monde, qu'avec toi, je ne peux plus être cet homme-là.
Se tournant à moitié dans le bain afin de pouvoir plonger dans le regard de son amant, il croisa son expression sérieuse et attentive, la tête penchée comme pour mieux saisir ses mots, et s'arma de courage pour continuer.
- Je ne résoudrais pas tous les problèmes d'Elysion par la force, ou en agissant dans le noir tout en comptant sur la chance, réalisa-t-il. Et, nous deux, ça ne fonctionnera jamais comme ça devrait le faire si je continue à te garder au loin.
Étrangement, le dire à voix haute le fit réaliser que c'était réellement ça le problème. C'était aussi ça qui avait pourrir sa relation avec Ginny. Il ne l'avait jamais réellement laissé entrer. Il avait formé un couple, mais à ses conditions. Il lui offrait tout, sur un plateau d'argent, et en échange, elle ne le forçait pas à se livrer plus qu'il ne pouvait le faire. Voilà pourquoi son cœur se serra en pensant qu'il était celui qui avait certainement rendu la jeune femme rousse arrogante et superficielle. Parce que tout ce qui ne lui avait jamais offert, c'était des parures hors de prix au lieu de caresses et de mots d'amour.
- Je ne veux pas de cette demi-relation entre nous, souffla-t-il à son amant toujours pendu à ses lèvres, je ne veux pas commettre les mêmes erreurs qu'avec Ginny, mon ancienne fiancée.
Il sentit Edward se tendre à l'entente du nom de la sorcière, un restant de jalousie illuminant son regard, avant qu'il ne se détende de nouveau.
- Je ne veux rien te cacher, avoua-t-il, je ne veux plus de barrières.
Et sur ces mots, il abaissa complètement ses barrières d'occlumancie, se laissant totalement nu face à son amant. Il sut l'instant où celui-ci le sentit, lorsque ses yeux s'écarquillèrent d'incrédulité, puis se plissèrent de curiosité, alors qu'il le sentait tâtonner son esprit, avançant pas à pas comme ayant peur de se prendre une porte au nez, puis – une fois assuré que la voie était libre - de s'y engouffrer joyeusement. Il pouvait presque le sentir le parcourir avec ravissement, avançant comme le maitre des lieux, survolant ses souvenirs sans jamais les violer, avant, dans un soupir mental d'euphorie, s'y installer sereinement.
Harry réalisa alors avec tristesse qu'ils s'étaient éloignés l'un de l'autre à l'instant même où il avait récupéré ses pouvoirs. Dès l'instant où ses barrières mentales s'étaient érigées, il s'était aussi en quelque sorte fermé au prince.
XXXX
Ses pensées moroses, et ses flagellations s'évanouirent sous le baiser entrainant qu'il reçut du vampire qui se jeta presque sur lui pour l'embrasser, leurs dents s'entrechoquant. Très vite, il passa une main dans ses longs cheveux lâchés, sentant des doigts délicats remonter avec douceur le long de son dos, alors qu'ils se dévoraient ni plus ni moins de baisers. La rencontre de leurs langues fut un électrochoc, le tirant un gémissement plaintif, et au vampire un grognement voluptueux, alors qu'il sentait la virilité de ce dernier pleinement éveillé dans le bas de son dos. Ce baiser avait le gout de la passion et de l'interdit qu'ils éprouvaient au tout début de leur relation.
Relâchant la bouche qui le mordillait pour reprendre son souffle, Harry croisa le regard charbon du prince, et pencha naturellement le cou sur le côté, s'offrant sans réserve. La morsure qui suivit son geste fit un marquage à vif, une réclamation, et une montée de plaisir fulgurante. Gémissant sans discontinuité, il tressaillit lorsqu'une main se saisit avec poigne de son sexe pour le malaxer vivement. Il ne put empêcher ses hanches d'aller en avant de cette caresse intime, ne retenant pas un cri lorsqu'une gorgée vorace de sang lui fut prélevée. Perdu dans les limbes du plaisir, il sursauta presque lorsque la présence de son amant dans son esprit sembla comme l'appeler. Il eut du mal à se concentrer sous tant de plaisir, mais remonta malgré tout le long fil de la conscience de son amant. Là, il se mordit les lèvres de plaisir lorsque le vampire se mit alors à lui faire partager ses émotions et pensées. Il ne perdit pas une miette du bonheur qu'il ressentait à leurs retrouvailles, à la félicité de son sang gorgé de magie s'écoulant en lui, pour finir par le plaisir brulant qui lui embrasait ses reins. Il rougit lorsqu'une pensée lui apprit que le prince adorait sentir sa virilité entre ses doigts, l'encourageant à baiser sa main avec plus de vigueur pour se délivrer. Et ce fut dans une plainte troublée qu'il se libéra enfin, son amant aspirant encore quelques gorgées de sang, son large corps se frottant contre lui, son sexe coincé dans la raie de ses fesses, avant de le rejoindre dans l'extase. Lâchant prise son cou pour pousser un grognement satisfait, un énième baiser passionné clôtura cette douce étreinte.
XXXX
Éperdu, la chaleur lui montant à la tête, il se laissa faire comme une marionnette par son amant qui le sortit du bain, le sécha avec tendresse, lui enfila une robe de chambre, avant de l'emmitoufler sous les draps du lit. Et alors que la fatigue l'emportait, coller de toute part au large corps du vampire qui venait de le rejoindre, il sentit ses lèvres froides lui baiser les deux yeux avec révérence, repoussant ses mèches de cheveux folles derrière ses oreilles. Et l'intimité de ce geste, plus que leur déchainement de passion dans la salle de bain, le transperça le cœur de bonheur.
Ce fut un long sifflement suivi d'un bruit de détonation alors que le navire se secouait sous la force de l'attaque qui tira Harry de ses doux songes. Échevelé, il se redressa sur son lit, regardant partout d'un air ahuri. Du coin de l'œil, il vit qu'Edward avait été plus vite que lui, et finissait de nouer ses bottes avant de, après un rapide baiser, se précipiter vers la porte.
- Reste là, Harry. Fit-il avant de s'élancer dans le couloir.
- Mais bien sûr, mon bon prince, railla-t-il à la porte déjà close en se levant. Et moi qui pensais qu'il me connaissait.
S'habillant à la va-vite, il dut se retenir au mur du couloir lorsqu'une autre déflagration secoua le navire. Mais que se passait-il ? Qu'est-ce qui pouvait bien causer de tels dégâts ? Le Drakan avait-il choisi de revenir se venger ? Courant pour atteindre le pont avant une fois son équilibre retrouvé, il repéra rapidement son amant, son frère et Rosalie.
- Parer à canonner ! Hurla le Capitaine à ses hommes en effervescence en le dépassant.
Surpris, il s'approcha du bord droit du navire pour voir les énormes bouches des canons poindre le long du navire en attente de tirer.
- Toutes voiles dehors ! Ordonna sèchement le Capitaine en reprenant la barre.
Là encore, ce fut l'effervescence alors que les voiles claquèrent au-dessus de sa tête. De plus en plus troublé, il croisa le regard désapprobateur de son amant, et s'avança vers lui.
- Ensemble, souffla-t-il une fois à sa hauteur. Tu te rappelles ?
Une émotion passa dans le regard du vampire, mais ce fut beaucoup trop vite pour qu'il ne comprenne de quoi il s'agissait.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda-t-il en se tournant vers Rosalie.
Avant que la blonde ne puisse répondre, Harry avisa l'ombre rapide d'une boule noire qui surgit de sa droite pour aller démolir avec fracas un des mâts du navire. Le bateau fit une embardée, et il remercia son amant qui le saisit rapidement contre lui pour l'empêcher de tomber. Un boulet de canon. C'était un boulet de canon, avisa-t-il avec effroi, ses oreilles sifflant sous le bruit de l'explosion trop proche.
- Nous sommes attaquées, fit Rosalie en fixant un point lointain sur la droite.
Là, voguant au loin, se démarquaient à l'horizon trois grandes jonques noires. Composé de plusieurs voiles noires entièrement lattées et compensées ressemblant vaguement à des stores vénitiens, ils glissaient sur l'eau avec aisance, se rapprochant d'eux pour mieux les abattre. Et en haut du plus grand mât de chaque navire ennemi, flottait au vent un drapeau représentant un dragon noir écrasant un Phoenix, surmonté de deux épées entrecroisées.
- Quel est ce drapeau ? Demanda-t-il, les yeux écarquillés.
- Première fois que je le vois, Répondit Emmett, les dents serrées, regardant à travers une longue vue. En tout cas, ce sont bien des Arkans qui sont à bord.
Il frissonna en ressentant le grognement mécontent de son amant à travers son corps. Ses oreilles furent un instant assourdies par le bruit de leurs canons qui répliquaient enfin à l'attaque. De loin, il vit les quelques dégâts que cela causa à l'ennemi, deux Arkans pencher au-dessus du bastingage basculèrent même dans les flots. Par chance, le vent était de leur côté, et déjà, Harry vit qu'ils étaient hors de portée de l'ennemi lorsqu'une nouvelle salve ne les atteignit que très légèrement. Soufflant de soulagement, il calma sa magie qui s'était déjà éveillée à la vue du danger.
Il allait poser une question lorsque des cris des marins alarmés le coupèrent. Tournant la tête de vers l'arrière, il écarquilla les yeux lorsqu'il vit d'autres jonques ennemies s'avancer vers eux.
- Mais qu'est-ce que… Commença à dire Rosalie.
Il n'eut pas besoin de le voir pour comprendre que d'autres problèmes s'annonçaient en sentant Edward se tendre encore plus contre lui. D'autres jonques noires venaient de surgirent à gauche, de derrière un récif. Naviguant habilement vers eux, parfaitement synchrone et ordonné pour se placer légèrement à l'avant pour leur barrer le passage, Harry comprit rapidement qu'ils cherchaient à les encercler.
- Nous devons nous arrêter ! Ordonna Emmett. Nous fonçons droit vers leurs canons !
- Réduisez la cadence ! Cria le Capitaine.
Tenant une des mains de son amant, Harry tendit les mains vers les flots et fit encore appel aux algues afin qu'elles viennent s'arrimer aux bateaux pour les ralentir. Surgissant de toute part des flots sous les yeux ébahis des autres, il les fit s'enrouler autour du bateau pour ralentir sa course. Malheureusement, leur navire étant lancé à plein régime pour fuir les ennemis dans leur dos ne ralentit pas assez malgré ses efforts, et ceux des marins. Il fonçait droit devant, et allait se retrouver pris en sandwich entre deux jonques ennemies prêtes à faire feu.
- Lâchez l'ancre, hurla le Capitaine en désespoir de cause, et accrochez-vous.
Harry retint son souffle en voyant le Quartier maitre déclencher d'un geste sûr l'ancre qui tomba dans la mer, sa longue chaine en fer résonnant derrière elle. Lorsqu'elle s'abattit au fond de la mer, le navire crissa de tout côté, comme s'il allait s'ouvrir en deux, et bascula presque entièrement sur un côté. Entrainer presque une seconde fois par-dessus bord, Harry remercia mentalement son amant qui l'empêcha de nouveau de basculer, alors qu'il perdait sa concentration sur les algues qui relâchèrent leur embarcation. D'autres hommes n'eurent malheureusement pas sa chance, et il perçut leur cri juste avant qu'ils ne se fassent engloutir par les flots. Le navire traina l'ancre sous son élan quelques mètres avant de s'arrêter, et dans une forte secousse, se redressa nerveusement sur les flots. Balloter dans les bras de son vampire, il attendit d'être sûr avant de se redresser pour s'enquérir de leur situation.
De toute part, les jonques les encerclaient et se rapprochaient d'eux. Ils ne pouvaient ni avancer, ni rebrousser chemin. Et de sa position, il pouvait voir les bouches béantes noires des canons ennemis prêts à faire feu dès qu'ils seraient à portée de tir.
- Nous sommes encerclés, confirma Edward. Ils nous attendaient.
Trop tôt le bruit des canons envahit l'air, blessant ses oreilles, avant qu'une détonation plus violente et plus proche que les autres ne les projette tous sur le sol du pont. Et dans un souffle violent l'explosion envoya valser en tous sens des morceaux de bois meurtriers arracher à un des mâts. Harry entendit des cris, des lamentations, et attendit la douleur lorsqu'il sentit un liquide chaud s'écouler. Au-dessus de lui, le large mât qui avait été touché tanguait dangereusement, prêt à s'abattre sur lui.
L'ennemi était sur eux.
À suivre.
