Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

saya : Ohayo ! Merci à toi de me suivre, et de ta gentille review. Oui, j'avance à vitesse d'escargot, mais je continue à écrire. Bon, y'a toujours de fautes lol, mais j'essaye de reprendre un rythme moins saccadé. Bon, niveau actions et effets spéciaux, tu vas voir dans ce chapitre que la y'a matière à faire lol. Bonne lecture ! Sayonara miss !

Legelia : Coucou ! Merci de m'avoir laissé un com. Et voici la suite ! Bon, j'espère toujours te tenir en haleine, car on continue dans l'action. Bonne lecture !

Guest : Et voici la suite ! Bonne lecture !

Maeva Cerise : Salut ! Oui, il a fallu qu'il s'essaye à la discussion avec un Drakan, mais il s'en tire à bon compte pour cette fois. C'est peut-être pour ça que j'ai eu envie de lui en faire un peu baver dans ce chapitre lol. Bonne lecture à toi !

Chapitre 43 : L'appel de la tempête

Des cheveux. De longs filaments de cheveux brun-roux s'étalaient sur son visage, lui obscurcissait la vue, et se soulevant au gré de sa respiration rapide. Les oreilles bourdonnant sous le son des explosions des canons, Harry se concentrait entièrement sur ses autres sens encore valides, notamment celui du toucher pour tenter de déterminer dans quel bourbier il s'était encore enlisé. Il sentait avec une précision assez morbide le goutte à goutte du liquide chaud se répondant le long de sa poitrine, engorgeant et collant le manteau qu'il avait revêtu à la hâte, alors qu'il pouvait presque goûter de la langue l'odeur entêtante du sang qui se mêlait presque naturellement à celui de la poudre à canon. Figé, allongé sur le dos contre le sol en bois dur du pont, ressentant la vibration des combats alentour, il aurait presque pu ne pas percevoir la respiration saccadée qui s'échappait de la bouche à moitié collée à son oreille. Un cri de terreur pur franchit alors ses lèvres lorsque les cheveux qui l'aveuglaient se dégagèrent lentement pour révéler un regard améthyste perclus de douleurs.

- Ne bouge pas Harry, fit Rosalie au-dessus d'eux, je vais vous aider.

Les mains accrochées au manteau en fourrure d'Edward, il accompagna son mouvement lorsqu'il fut délicatement relevé de sur lui pour être étendu plus loin. Dégagé, il se redressa comme un ressort et vit que le vampire – à moitié allongé sur sa belle-sœur - l'avait protégé de son corps des débris du mât lors de l'explosion. Ce faisant, un énorme morceau de bois était venu se ficher dans son dos, le transperçant et s'enfonçant vicieusement à l'intérieur de sa chair.

- Il faut lui enlever, s'écria-t-il en avisant la grimace de douleur du prince. Enlève-le, vite !

Il ne prêta même pas attention à Emmett lorsque ce dernier posa une main calmante sur son épaule, entièrement concentré qu'il était sur le poing de sa femme qui venait d'agripper l'extrémité du morceau de bois. Il la vit tirer à peine dessus avant qu'un geignement de supplice n'échappe de lèvres à présent ensanglantées de son amant.

- Edward ! Cria-t-il, se rapprochant au maximum malgré la poigne qui le retenait en arrière. Lâche-moi Emmett !

Passant une main dans ses cheveux, il dégagea un visage tordu de peine, et un regard qui vira au noir abyssal, et qui semblait le fixer sans le voir, perdu qu'il était sous la douleur. Autour d'eux l'explosion toute proche avait déstabilisé les combattants qui tentaient vainement de se remettre sur pied pour reprendre le combat.

- « Cœur… Éclats… Trop près du cœur… » Perçut-il alors mentalement.

- Il dit que c'est proche de son cœur ! Et y'a des éclats ! Informa-t-il rapidement aux autres. Ça va aller ! Regarde-moi. Regarde-moi ! Cria-t-il lorsque la tête du vampire bascula vers l'avant. Ça va aller, Edward.

Relevant son menton pour accrocher son regard, il tenta de lui transmettre une assurance qu'il était loin de ressentir. Il jeta un coup d'œil à Rosalie, pour la presser d'agir, et il perçut alors la tension qui lui transparut d'un coup du corps des deux autres vampires.

- Il va falloir les enlever doucement, fit Emmett, sombre. Mais il va souffrir, et plus important, se vider de son sang.

Il allait lui répondre que le sang n'allait pas être un problème lorsqu'un boulet rouge, un canon enflammé frappa vicieusement le navire, le faisant dangereusement tanguer sous la force de l'impact, et qu'un craquement sinistre dans son dos l'apprit que le fameux mât avait enfin choisi de basculer. Et bien sûr, se tournant pour l'aviser dans sa chute, il vit qu'il avait choisi de basculer sur leur tête. Dans un craquement sinistre, le bois du mât lâcha prise et s'élança vers lui.

Il allait faire appel à sa magie pour se protéger lorsqu'il perçut l'ombre d'Emmett qui alla rapidement attraper le mât des deux mains. D'une force assez impressionnante, même pour un vampire, il l'empêcha de basculer entièrement sur eux, l'agrippa, le souleva, et l'arracha des cordages pour le balancer par-dessus bord. Puis, surpris, il vit le frère de son amant prendre une pose dominatrice alors qu'il ordonnait au soldat encore valide de les entourer pour les protéger, tout en avisant d'un œil le Capitaine qui menait toujours la défense de leur navire. En cet instant, plus aucun doute ne pouvait subsister face à la capacité de diriger, et de se faire respecter, du blagueur qu'était Emmett.

- Ils visent la poupe ! Lui cria le Capitaine. Ils essayent de détruire le gouvernail pour nous empêcher d'avancer.

- De toute manière, ragea la voix grave d'Emmett, nous sommes déjà bloqués.

N'écoutant plus leur échange, assuré de ne plus avoir à craindre du mât, malgré les diverses explosions de canons qui avaient repris, il se tourna entièrement vers son amant.

D'un regard complice avec Rosalie, il la laissa le soulever délicatement, prenant soin à ne pas le blesser plus qu'il ne l'était déjà, et ils s'engouffrèrent rapidement à l'intérieur du navire. Emmett sur les talons, ils se réfugièrent brusquement à l'abri de la première cabine qu'ils aperçurent, ordonnant aux soldats qui les avaient suivis d'en garder l'entrée. Là, Harry laissa la vampire installer Edward sur le lit, repoussant sa cape, et relevant son visage sur des coussins. Rapidement, il s'installa à son tour sur le lit, retenant son souffle en avisant la grimace de son amant, alors qu'Emmett se postait à leur pied.

Lui redressant le visage, il lui dégagea encore une fois ses cheveux, avant de lui fourrer sans sommation son poignet dans la bouche. Il vit le vampire avoir un sursaut, puis une main faible et froide tenta de le repoussa, mais il renforça encore plus violemment – la peur l'empêchant d'être plus doux – son membre dans la bouche du vampire.

- Mords ! Ordonna-t-il au prince, presque en grognant. Dépêche-toi, et mords !

Le regard noyé de douleur d'Edward sembla enfin se stabiliser sur lui, l'observant profondément, il le sentit tenter de repousser la douleur qui lui embrouillait l'esprit pour mieux le contempler. Enfin, il regarda avec une certaine fascination ses lèvres se retrousser, alors que pour la première fois il pouvait parfaitement admirer les canines du vampire qui s'effilaient, et s'étiraient longuement de sa bouche, avant de se figer subitement dans son poignet. Retenant à peine un sursaut de douleur, sa main qui caressait le visage tant aimé se crispa légèrement, et il le laissa prendre quelques gorgées d'avance avant de faire signe à Rosalie de commencer à extraire le piquet de bois mortel.

- Je vais tenter de faire le plus doucement possible, lui murmura la blonde, clairement gênée face au vampire en train de se sustenter sur lui.

Les dents du vampire s'enfonçant plus violemment en lui, lui apprirent qu'elle commençait l'extraction, et il ne put retenir un léger gémissement de douleur. Une longue gorgée de sang le fit s'affaisser, et il faillit s'écrouler lorsque les mains puissantes d'Emmett le retinrent de basculer, alors que celui-ci les rejoignait sur le lit.

- J'y suis presque, l'avisa la vampire, les dents serrées.

Dans un grognement de douleur pour Edward, et un léger tournis pour lui, il vit enfin le pieu de bois rougi par le sang être entièrement extrait, et jeter au loin. Quelques douloureuses minutes plus tard, et les doigts rougis de sang de Rosalie extrayaient tous les éclats de bois qui subsistaient encore. Toujours soutenu, il se pencha légèrement en avant pour aviser les chairs qui se refermaient lentement maintenant que les morceaux de bois avaient été enlevés. Puis il avisa la flaque de sang dans laquelle ils étaient tous les trois allongés. Aucun doute que sans son don, et la magie réparatrice présente dans ses veines, les choses auraient pu tourner beaucoup plus mal.

- Lâche-le, Edward, fit soudainement Rosalie en lui agrippant l'épaule. Tu en as assez bu maintenant.

- Eh, petit frère, renchérit immédiatement Emmett, c'est bon là. Allez, lâche la mimine !

Un autre boulet de canon fit tanguer leur navire, et une énième gorgée vorace de sang lui fut prélevée. Il sentit sa tête devenir légère, comme s'il était dans du coton, et ne se débattit même pas lorsque la main de son amant agrippa rapidement son cou, remontant dans un geste assez sensuel le long de son bras pour le rapprocher, grognant contre ceux qui tentaient de le faire lâcher prise. Il entendit vaguement la voix de Jasper, qui lorsqu'il lui apprenait le tir à l'arc l'avait aussi appris à mieux comprendre son peuple, lui dire qu'un vampire blessé devenait rapidement dangereux. Leur nature de prédateur avait tendance à s'éveiller plus facilement, les rendant agressifs, et imprévisibles. Lorsqu'un vampire blessé avait trouvé une proie et se sustentait, il devenait très vicieux et irascible.

- Edward… Souffla-t-il dans un souffle.

Il n'obtint aucun signe lui disant qu'il avait même été entendu. Tirant légèrement sur son poignet pour tenter de se dégager, il récolta une vive douleur lorsque les dents qui s'y étaient enfoncées le mordirent avec plus d'irritation dans un geste punitif. Un long sifflement hargneux d'avertissement s'éleva alors parmi eux, et il eut un sursaut de frayeur en croisant le regard de son amant. Le visage qui arborait de très longs crocs plantés dans sa chair qui l'accueillit le figea sur place, tout comme le fit le regard améthyste cerclé d'une fine ligne noire aux iris fendillés. La transformation annonçait qu'il refaisait face au vampire d'Edward.

- Ça suffit, Edward, grogna Rosalie, en tentant d'être menaçante en grognant à son tour. Tu as assez bu !

La menace ne fit même pas trembler le vampire, qui ne prit pas la peine de faire semblant de se sentir menacé par la blonde.

- Lâche, Harry ! Renchéris Emmett en montrant les crocs à son frère. Tu es en train de le vider de son sang ! C'est Harry, Edward ! Lâche-le !

Les menaces et supplications étaient veine. Et Harry réalisa une fois de plus qu'Edward était bel et bien une sombre créature. Un vampire. Il n'était pas un homme, ne l'avait jamais été, et ne le serait jamais. La douceur, la possessivité, la domination, tout appartenait au vampire. Et il ne pouvait pas compter sur une prise de conscience humaine pour le faire lâcher prise. Pas alors que son amant semblait décidé à le vider entièrement. Même sa magie, qui comme d'habitude s'était éveillée en le sentant en danger, se contentait d'effleurer amoureusement le vampire, le tentant de prendre plus de sang, sans jamais le repousser.

- « Edward, il faut que tu arrêtes de boire » Transmit-il en désespoir de cause par la pensée.

Il faillit pleurer de joie lorsqu'il perçut enfin un signe de son amant lorsque celui-ci leva ses pupilles félines vers lui, une question au fond des yeux. La bête semblait vouloir me demander pourquoi est-ce qu'il devait s'arrêter. Il eut un tournis, le faisant gémir de peine, et ce son plus qu'autre chose sembla enfin atteindre le prince. Leurs regards se rencontrèrent une nouvelle fois, il le vit plisser des yeux, comme cherchant à se remémorer la place qu'il avait dans sa vie. Proie ou amant ? Puis les pupilles fendues reprirent un aspect plus normal. Dans un mouvement trop rapide pour lui, il le sentit plus qu'il ne le vit repousser brusquement son frère et sa femme, et se retrouva à haleter contre la peau de son cou, à l'abri de ses bras. Son poignet goutait encore de sang, et une langue repentante le lécha doucement pour y aider à y faire disparaitre la blessure. Soufflant, il se renforça dans l'étreinte aimée, savourant le corps devenu plus chaud du vampire, et apprécia les baisers d'excuses qui perlèrent sur son crâne.

- Harry, fit la voix tendue d'Edward à son oreille. Est-ce que tu vas bien ?

Levant les yeux, il croisa un étrange regard qui demandait mille fois pardon, tout en lui disant merci.

- Oui, sourit-il, ça va maintenant. Laisse-moi quelques minutes.

Le baiser qu'il reçut en réponse sur les lèvres fut tellement rapide qu'il cligna des yeux de surprise avant de sourire. Il y eut un remue-ménage autour d'eux avant que la main douce de Rosalie ne tente de l'approcher. Mais le grognement hargneux et protecteur de son prince l'en dissuada, et elle se dépêcha de se rétracter.

- Doucement mon frère, rugit alors Emmett, un sourire mi-figue mi-raisin aux lèvres. Je te mords, si tu mords ma femme !

- Personne ne va plus mordre personne, calma la vampire blonde. Tiens, Edward, fais-lui avaler ça.

Il ferma les yeux sous un autre vertige, et ne vit pas ce que tendait Rosalie. Surpris, il rouvrit les yeux lorsqu'il sentit une main froide pousser contre ses lèvres une petite graine de couleur rouge.

- Qu'est-ce que c'… Argh ! Fit-il en s'étouffant.

Profitant qu'il ait ouvert la bouche pour parler, Edward lui avait fait avaler la graine sans sommation. Il fit forcer de mâcher deux fois avant d'avaler d'un coup en toussant.

Cet homme qui était déjà une brute en temps normal, devenait pire avec son instinct vampirique si proche de la surface.

- Une noix de Cola, fit la voix grondante de ce dernier, sans s'excuser de sa rudesse. Ça devrait t'aider à reprendre des forces.

Ce qui lui faudrait surtout c'était une potion de régénération sanguine, mais il doutait qu'il y en ait en stock. Mais alors qu'il coinçait encore son nez dans le coup de son vampire, respirant à pleins poumons son odeur salit par le sang versé, il sentit pourtant les forces lui revenir en de lentes vagues. Sa magie semblait enfin se décider à l'aider, et il soupira de soulagement en la sentant parcourir son corps pour le remettre en forme. Sa main passa alors lentement dans le dos de son amant, inspectant la peau presque lisse, si ce n'était une fine cicatrice persistante, et son sourire se renforça en le sachant hors de danger. Il se détacha de son cou pour croiser son regard, et le même sourire lui répondit, presque timide, avant qu'un froncement de sourcils, puis une mine revêche ne le fassent se tendre. Les ennuis commençaient…

- Est-ce que tu es inconscient ? Gronda Edward. Ma parole, tu cherches à te tuer depuis hier ! C'est nouveau ces envies suicidaires, dis-moi ? Veux-tu qu'on en parle ?

- Je t'ai sauvé la vie, rappela-t-il tout de même.

- Tu t'es mis en danger ! Fut la réponse rude qu'il obtient. Et ne me sors pas le couplet « je suis une Sorah, je suis tout puissant ! », où je craque !

- On dit « merci », généralement à son sauveur, râla-t-il. Et après on lui donne un baiser pour prouver sa reconnaissance. Tu sais dire « merci », le prince ?

Un regard foudroyant lui fit sagement fermer les lèvres.

- Merci ! Entendit-il tout de même.

Le fixant, il attendit patiemment la suite, à savoir le baiser de remerciement. Mais il fut forcé de constater que tout ce qu'il obtiendrait de son amant présentement serait le regard noir qu'il posait sur lui.

- Et mon baiser ? Susurra-t-il en tendant les lèvres.

- Tu l'as déjà eu, fut la réponse, bien que tu ne le mérites pas.

- Bon, coupa Emmett qui sentait que leur dispute allait durer longtemps, ce n'est pas qu'on s'ennuie à vous entendre vous dire des gentillesses, mais… Euh… On est légèrement en danger !

- Oui, affirma Rosalie en vérifiant ses armes, on devrait y aller.

Comme pour lui donner raison, le bateau tangua violemment sous une énième attaque avant de se stabiliser. Sans attendre, Rosalie et Emmett, après un dernier regard vers lui, pour s'assurer qu'il allait bien, se précipitèrent vers la porte et s'en allèrent, la garde postée là les talonnant de près. Contre lui, il sentit son amant se redresser pour en faire de même, et rassembla ses forces pour en faire pareil. Un tournis le prit, et il dut s'y prendre à deux fois, mais parvint à se redresser.

- Où vas-tu ? Fit Edward, l'air revêche.

- Je reste avec toi. Répondit-il, comme si c'était logique.

- Non, toi, tu restes là ! Gronda le vampire.

Fronçant les sourcils, il tentait de voir si le vampire était sérieux lorsqu'une main le repoussa contre les draps.

- Argh ! Se plaignit-il immédiatement. C'est plein de sang !

- Tu restes ici, Harry !

Il écarquilla les yeux de surprise en voyant le prince l'enjamber pour se mettre à califourchon sur lui et le maintenir immobile sur le lit souillé. Ils s'affrontèrent calmement du regard sous le bruit des canons.

- Je vais te faciliter la tâche : tu as deux options, dit-il, crânement. Petit un, tu me laisses venir avec toi sans faire d'histoire. Ou petit deux, je t'assomme, et j'y vais sans toi.

Un grondement sourd de menaces à peine voilées lui répondit, mais il n'en frémit même pas de peur. Déjà, il sentait ses forces lui revenir petit à petit suite à sa perte de sang grâce à sa magie. Il n'était toujours pas au mieux, mais son regard avait cessé de tanguer ce qui lui permit de rendre un regard assuré au vampire.

- Edward, tu n'as rien en ton pouvoir capable de me retenir. Expliqua-t-il posément. Si tu m'attaches au lit avec des barreaux, je ferais fondre les liens avec ma magie. Et si tu m'enfermes, je n'aurais qu'à transplaner.

- Et si c'est moi qui t'assomme ?

Il lui fit un sourire malicieux à ces mots.

- Toi et moi savons que tu n'oserais pas. Assura-t-il.

- Ne me tente pas !

Un boulet de canon alla frapper contre le navire, très près d'eux, et la cabine craqua et résonna sous l'impact.

- Bon on continue à perdre du temps, ou on y va ?

Un regard querelleur lui répondit. Mais encore une fois, il ne frémit pas. Puis, semblant s'être décidé, le prince le libéra, et il accepta la main qui lui fut tendue, et se redressa du lit avant de prendre la sortie de la cabine. Il venait à peine d'ouvrir et de franchir la porte qu'il eut juste le temps de se pencher pour éviter la lame qui venait de trancher l'air pour lui couper la tête. Il n'avait croisé la route de ces affreuses bêtes qu'une seule fois, mais cela avait été amplement suffisant pour en reconnaitre un partout où il irait. Face à lui, soufflant comme un bœuf sous l'excitation, un monstre au visage porcin, et aux canines semblables aux sangliers le lorgnait avec envie.

Ses paupières lourdes sur des petits yeux globuleux semblèrent frémir de plaisir à sa vue, cependant, il n'eut pas le temps ne porter une seconde attaque qu'Edward le repoussait violemment de son pouvoir contre le mur, qui se fissura de part en part, avant de lui briser la nuque d'un claquement de doigts. Impressionné, il se tourna vers ce dernier, qui d'un haussement d'épaules frimeur, s'empara de l'épée éraillée que tenait encore l'Arkan mort, avant d'entremêler leurs doigts entre eux, puis de se diriger vers l'extérieur.

Mais rien n'aurait jamais pu les préparer à ce qui les y attendait.

Une fois de nouveau sur le pont avant, il aperçut vraiment dans quel état était leur navire. Certaines voiles étaient en flamme, laissant échapper une épaisse fumée noire à l'horizon, tandis que plusieurs mâts étaient brisés de toutes parts, et s'effondraient contre les bâtiments, détruisant les cabines et quartiers des marins. La coque quant à elle était percée d'énormes trous, et deux jonques ennemies s'étaient assez rapprochées d'eux pour prendre leur navire d'assaut. Les dizaines d'Arkans volaient au-dessus d'eux, pendus à des cordes, avant d'atterrir sur leur navire l'arme au poing. Ils pourfendaient tout ce qui se trouvait sur leur passage dans une avancée sanglante. Partout, les soldats affluaient et se battaient pour repousser l'ennemi, tandis que les marins, moins expérimentés, tentaient soit de se défendre, soit de s'éloigner des combats. Les coups de canon avaient cessé, maintenant que le corps à corps s'était engagé, et Harry pouvait déjà percevoir le reste de jonques ennemies se rapprochant pour se joindre à la mêlée.

Dans ce combat sanglant, alors qu'Harry enjambait des corps pour s'avancer vers l'avant du navire, son amant tournoyant autour de lui pour abattre tous ceux se dressant contre lui, il passa même près d'une petite chèvre à la robe blanche teintée de sang totalement effrayé qui bêlait en s'enfuyant loin des combats. La malheureuse avait dû s'enfuir des cuisines lors de l'assaut.

Se rapprochant encore une fois du pont avant, il avisa Emmett et Rosalie qui se battaient ensemble contre des Arkans. Leur chorégraphie meurtrière parfaitement synchronisée, et l'aisance de leur mouvement dénotaient une forte habitude et une certaine confiance. Ce fait lui fut confirmé lorsque sans se concerter la vampire blonde se tourna vers la droite pour pourfendre un ennemi qui s'était trop approché, tandis que son géant d'époux la couvrit en abattant celui d'en face.

Il allait les rejoindre, voyant que malgré la garde qui les entourait, ils seraient bientôt submergés par le nombre, lorsque son amant le retint par le bras. Interrogatif, il haussa un délicat sourcil en le fixant avant d'aviser l'arc et les flèches que ce dernier lui avait récupérées. Après un rapide baiser pour le remercier, geste qui surprit le vampire quelques secondes avant qu'il ne se reprenne, il se dépêcha d'encocher une flèche. Rassemblant sa magie, il sentit un restant de fatigue, mais la balaya pour gonfler la pointe de sa flèche d'énergie bleue comme il avait appris à le faire. Retenant sa respiration, il visa, puis tira, et vit avec satisfaction la flèche s'abattre sur une rangée d'Arkans en explosant en atteignant sa cible. La mini déflagration qu'il provoqua, et qui fit voler une tête et une main ennemie dans le processus attira des regards hargneux vers lui.

- « Sur ta gauche ! » Fit la voix pressante de son amant dans sa tête.

Evitant de justesse la lame qui voulait encore le décapiter, il encocha une nouvelle flèche et tira. Cependant, l'Arkan étant trop près, il n'y mit aucune magie pour ne pas risquer de blesser son amant dans le processus. La bête, baissa la tête, fixant la flèche fichée dans son torse hideux poussa un grincement de porc excité, avant de balayer la flèche comme s'il s'agissait d'un simple tic planté dans sa chair. Armant une nouvelle flèche, il l'abattit de nouveau dans le torse de l'Arkan, et se baissa rapidement pour éviter un autre coup d'épée rageur. Encochant une autre flèche avec la rapidité de l'habitude, il visa et tira cette fois dans le front de l'ennemi, et le vit enfin s'effondrer dans un grommellement dégoutant.

Se retournant, il vit son amant se défendre contre trois Arkans, tantôt les pourfendant de son épée, tantôt les balançant d'une vague télépathique par-dessus bord après les avoir brisé les os. Il n'eut le temps que de s'assurer qu'il allait bien avant de sentir la pointe d'une épée frôler sa côte, le blessant légèrement. Se retournant avec rapidité, prêt à rappliquer, il vit une masse de cheveux blonds qui s'était interposée pour le protéger, pourfendant de part en part l'Arkan qui l'avait atteint. Cette tête blonde était d'ailleurs accompagnée d'un groupe de soldats qui forma un cercle protecteur autour d'eux.

- Ils sont trop nombreux ! Cria Rosalie, son sauveur, au travers du brouhaha des combats, sa joue blessée et goutant doucement. Et les hommes ne parviennent pas à correctement se battre sur le navire.

- Bons nombres sont encore bloqués par le mât qui s'est effondré sur l'entrée des cabines. Informa Emmett en les rejoignant. On ne gagnera pas comme ça !

Tirant une nouvelle flèche explosive, Harry allait leur répondre lorsqu'il crut percevoir les échos d'un esprit. Il écarquilla les yeux en le reconnaissant, et vit au froncement de sourcils de son prince qu'il venait aussi de le percevoir. Se concentrant sur ce que disait la voix, il ne put s'empêcher de sourire en percevant un agacé « Pas de droit de passage, eux ! ». Quelques instants après, il admira avec les autres la vue d'une des jonques qui leur bloquait le passage vers l'avant basculer violemment vers la droite, comme s'il était entré violemment en collision avec un obstacle, avant que dans un bruit sourd il s'effondre dans la mer et ne coule en se brisant sous les anneaux du Drakan.

- Non ! Hoqueta Emmett. Ce n'est pas ?...

- Tu lui as dit quoi durant vos négociations ? Demanda Edward, incrédule face au phénomène.

- Je ne te dirais rien, fit-il, revêche, tu es celui qui les a interrompus.

Tout autour, les Arkans présents sur les jonques noires restantes fixaient avec un certain affolement les flots, comprenant qu'un ennemi encore plus puissant venait de se joindre à la fête. Au-devant, seuls deux navires ennemis restants leur bloquaient encore le passage. Harry pensa que s'ils les abattaient, ils pourraient alors s'enfuir loin de ce piège. Semer leur poursuivant, et les laisser se débattre avec le Drakan furieux qui venait de faire couler une autre jonque derrière eux semblaient être un bon plan.

- Emmett, cria son amant, ayant lu dans son esprit, prévient le Capitaine qu'il se tient prêt à avancer.

- À avancer ?! S'exclama le géant. Et pour aller où ? On est totalement pris au piège, et dans pas longtemps on va finir au fond de l'océan à cause du monstre…

- Fais-le, Emmett, le coupa Rosalie sans leur demander d'explication. Je te couvre !

- Non, je te couvre ! Répliqua son époux, sans plus protester, en s'élançant vers le capitaine en balayant les Arkans tel un taureau furieux.

Les laissant s'éloigner, Harry croisa le regard sérieux, et quelque peu sanguinaire, de son amant dont la voix résonna dans sa tête : « Avance, je veille sur toi… ». Et comme pour appuyer ses dires, il envoya une vague mentale qui fit valser les Arkans qui tentaient de les atteindre, tandis que la garde fauchait ceux qui avaient échappé à l'attaque. S'élançant rapidement vers le bastingage avant, se baissant parfois pour éviter des coups de sabre, il ne dut qu'à sa magie qui créa sans qu'il ne s'en aperçoive un bouclier bleue pour stopper une ligne de flèche qui l'avait visé. Le bouclier se désintégra seul, et il avisa, toujours à bord de leur jonque, un groupe d'Arkans archers qui le visaient de nouveau. Encochant une nouvelle flèche, il visa la ligne ennemie et envoya une de ses flèches explosives raser les abords du bâtiment ennemi.

Reprenant sa course, il parvint enfin à destination, et regarda quelques secondes les deux jonques qui leur barraient la route vers la liberté. Maintenant, comment pouvait-il bien détruire ces deux bateaux ? Regardant l'océan agité, il sut qu'avec la faiblesse qu'il ressentait toujours, mais cachait à son amant, il ne saurait pas le manier.

- De toute manière, c'est une mauvaise idée, Harry, cria son amant par-dessus les combats. L'océan est trop déchainé pour tenter quoi que ce soit.

- C'est le seul plan que j'ai ! Sors de ma tête si ça ne te plait pas !

- Non, Harry !

Faisant fi du vampire, il ferma les yeux pour se concentrer sur sa magie, tentant de l'apercevoir, et elle répondit presque aussitôt à son appel. Elle semblait moins vive, mais toujours aussi sauvage. Il réfléchissait à ses options lorsqu'il sentit une main froide lui saisir la sienne, et une vague électrique lui remonter le long du bras.

- Ah ! S'exclama-t-il sous la sensation inédite.

Baissant les yeux sur ses doigts entrelacés à ceux d'Edward, il remarqua que les fameux tatouages bleus ornaient de nouveau sa peau blanche, réveillant par la même occasion ses propres tatouages qui s'illuminèrent et remontèrent le long de sa tempe.

« Ensemble ? » Fit la voix exaspérée, mais douce du prince dans sa tête.

Il n'eut besoin que de ressentir le sursaut du vampire lorsqu'ils se fixèrent dans les yeux pour savoir que les siens devaient arborer une couleur blanche éclatante. Il sentit très nettement que leurs deux peaux en contact créaient comme des vibrations électriques contre leurs paumes jointes, tandis que sa magie s'éveillait plus vivement, faisant tournoyer et virevolter leurs cheveux. Il ne savait pas si cette vague de pouvoir lui était transmise par le prince, ou si cela était tout simplement dû à leur énergie réunie. À vrai dire, il s'en moquait, les questions viendraient après, pour l'heure, la sensation de puissance infinie, d'invincibilité, qu'il ressentait alors n'avait pas de prix.

Tournant lentement la tête vers les deux jonques qui leur barraient encore le passage, il tira encore plus de force en serrant résolument ses doigts à ceux d'Edward, à s'en faire mal, forçant se dernier à rester à ses côtés, et à repousser ceux qui parvenait à briser la défense de leur garde d'une seule main. Il se sentit lever la main vers l'avant, mais réalisa avec un temps de retard que ce geste n'était pas un mouvement conscient, et ce fut comme s'il n'était dorénavant plus acteur de son propre corps. Sa magie, pure et sauvage, avait depuis longtemps brisé ses barrières pour prendre possession de lui, et protéger son hôte.

Tout d'abord vint le silence de la mer, les vagues et remous se calmant tellement soudainement, que même les attaques du Drakan plus loin ne semblaient pas pouvoir le briser. Le ciel s'assombrit, et les mouettes qui avaient jusqu'alors voleté au-dessus de leur tête semblèrent alors avoir disparu. Et une froideur irréelle vint doucement recouvrir l'espace, laissant échapper une buée blanche à chacune de leurs inspirations. Puis il y eut une vibration, envahissant l'air, une telle onde que même les combattants se figèrent un instant, le sabre lever et prêt à tuer, une flèche encochée, mais pas encore tirer, avant d'observer les alentours dans un sentiment de crainte. Ne voyant rien arriver, la joute reprit bien que plus lente, comme angoissé. Car c'était ce sentiment qui s'élevait dans les airs : une sourde angoisse pour la suite à venir.

Harry sentit le moment même où ses ailes explosèrent dans son dos, lui arrachant un cri comme si cela avait été une profonde douleur, alors qu'au contraire c'était dans un certain sens une pure et complète délivrance. Battant des ailes, il ressentit encore plus clairement l'énergie qui passait de lui à son amant, et leurs deux peaux jointes dans une prise serrée et presque douloureuse, la résonnance de sa magie qui amplifiait dans l'air, et soudainement, sous la morsure du froid qui s'était installé, une fine neige se mit à tomber et à les recouvrir. Des petits flocons d'un blanc immaculé tombèrent presque timidement sur eux, tandis que sous ses pieds, Harry ressentait encore plus fortement les vibrations et les tourments de la mer. Elle semblait comme l'appeler, le supplier, d'enfin faire un geste, une direction, d'enfin lui ordonner de briser ses ennemies.

Ne pouvant faire autrement que de répondre à son appel, il se gorgea de la puissance que la connexion avec son amant semblait éveiller en lui, et laissa sa magie s'exprimer. Son corps devint aussi léger qu'une plume alors que la magie le faisait rayonner d'une forte lueur bleue électrique. Lentement, les minuscules flocons de neige qui avait commencé à tomber se figèrent, suspendus dans leur course folle vers le sol, certains au niveau des yeux écarquillés des combattants qui fixaient sans comprendre le phénomène. Défiant les lois de la gravité, toute la neige se maintint en suspens dans l'air glacé, figeant définitivement les adversaires dans un silence mortuaire. Même le Drakan, qui détruisait alors joyeusement les jonques ennemies, sembla sentir dans les vibrations de la mer le danger, et dans un battement de queue furieux, s'éloigna au plus loin d'eux.

Ses pieds qui reposaient au sol se soulevèrent lentement, le faisant léviter avec ses ailes battant dans son dos, avant qu'il ne se tienne suspendu dans les airs à quelques centimètres du pont. Son amant, qui avait levé le bras pour le suivre dans sa lente ascension, lui broya les doigts à lui en faire mal, mais à aucun moment il ne dévia son regard de son objectif maintenant qu'il savait quoi faire de cet afflux d'énergie. Au contraire, sa concentration s'amplifia, et il fixa la mer qui recommençait son lent remous. La neige qui s'était suspendue bougea enfin dans un tournoiement, puis se rassembla pour survoler la mer devant lui. Dans une autre onde magique, la neige s'éleva dans un tourbillon d'airs, rejoignant les sombres nuages qui recouvraient le ciel.

Et là, sous des yeux terrifiés, une large colonne d'embruns en rotation se forma près de la surface de l'eau, et s'éleva lentement dans les airs. Tandis que du ciel, prenant racine de nuages sombres et coléreux, se forma un entonnoir nuageux qui s'allongea pour rejoindre ses consorts formés dans l'eau. Fusionnant dans un tourbillon furieux, une tornade d'une vingtaine de mètres de diamètre venait de prendre forme, gronda et s'enroula sur elle-même de manière agressive.

- Une trombe marine ! Cria quelqu'un dans son dos.

Soudainement, Harry sentit le rythme s'accélérer, sa magie sortit plus rarement hors de lui sans qu'il ne puisse même tenter de la maitriser, et la tornade s'éleva, gonfla, et tournoya encore plus violemment. Certaines jonques furent attirées par son maelström infernal, déviant de leur trajectoire, certaines même chavirèrent, et Harry serra les dents pour tenter de protéger leur navire. Un dôme protecteur encercla alors leur embarcation, et il jeta un coup d'œil étonné à son amant, qui d'une main levée au-devant, tentait de les protéger de l'attraction de la tornade.

D'une pression rassurée sur les doigts entrelacés aux siens, il se concentra de nouveau sur le phénomène qu'il venait d'invoqué, et lorsqu'il la vit s'élargit un peu plus, prenant un peu plus en force et vitesse, il leva une main assurée vers l'avant et la commanda de s'avancer vers les jonques ennemies. Sa première tentative fut un échec, le vortex semblant vouloir réagir à sa propre volonté. Une lignée de sang s'écoula alors de son nez, et son corps hoqueta sous la surcharge d'énergie. Et ce fut dans une grimace de douleur, alors qu'il sentait sa magie être violemment pompée hors de son corps dans cet effort, qu'il la contrôla et la poussa de toutes ses forces vers ses ennemis.

Les Arkans en face, affolés et désarmés face à une telle attaque, tenta de détourner leur embarcation, d'autres encore se jetèrent carrément dans les flots – nageant aveuglément pour fuir la menace –, mais aucune de leur action ne les permirent d'échapper à leur destin. La tornade s'abattit avec une rare violence sur eux, tirant, frappant, et finalement entrainant les jonques dans son tourbillon effrayant. Pris au cœur de la tornade, Harry les entendit hurler, se débattre, et se briser, alors que leurs navires se mettaient aussi à virevolter, reprenant la danse, avant de commencer leur lente ascension dans les airs. Quittant doucement les flots enragés en contre bas, les jonques piégées dans le cercle infernal, et se brisa dans le vortex en entamant la ronde tourbillonnante. Et ce fut sous les hurlements de terreur des Arkans encore vivant qu'il dirigea d'une main tremblante sous l'effort la tornade, serrant les dents sous la force que cela lui réclamait, et permettant au sang qui s'écoulait de ses narines d'envahir sa bouche, qu'il l'envoya lentement mais surement se fracasser contre un des hauts récifs qui s'élevait au loin des flots déchainés.

La tornade les abattit dans un souffle assourdissant, et l'explosion de leur navire – alimenté par la poudre à canon qu'il transportait en masse – projeta un souffle de chaleur qui secoua violemment leur navire.

Et là, comme une marionnette à qui on aurait coupé les fils, Harry sentit sa magie disparaitre d'un coup alors que son corps retombait dans les bras de son amant qui le réceptionna avec douceur. C'était comme s'il avait épuisé toutes ses réserves en un seul coup, et dorénavant, il pouvait sentir au creux de son cœur à quel point son noyau magique était vide. C'était effrayant. Vulnérable au-dessus des mots, il sentit la main légèrement tremblante d'Edward passer sous son nez pour y enlever le sang.

- Avancez ! Hurla la grosse voix d'Emmett au loin, très très loin. Ordonnez d'avancer, la voie est libre !

Il dut à un moment donné perdre connaissance, car lorsqu'il reprit une certaine lucidité, il était toujours entre les bras d'Edward qui le berçait lentement contre sa poitrine. Son cœur martelait tellement fort contre son oreille qu'il prit un temps à l'écouter, sans ouvrir les yeux, avant de prêter attention aux alentours.

- Pourquoi avançons-nous si lentement ? Demandait Rosalie. Il faut les distancer.

- De toute manière, fit Emmett, avec l'attaque du Drakan et… la Sorah… Je ne crois pas qu'ils oseraient nous poursuivre.

- Un des boulets de canon à réussit transpercer la coque sous la ligne de flottaison, Votre Altesse, répondit néanmoins le Capitaine d'un petit filet de voix. Nous avons commencé les réparations avec les moyens dont nous disposons à bord, et condamné le compartiment immergé pour éviter un naufrage. Mais je crains que nous ne puissions pas aller plus vite avec cette surcharge.

Il se sentit être soulevé, et déplacé, puis perçut une noirceur qui l'indiqua qu'on le dirigeait vers les cabines. Des bruits de pas lui apprirent aussi qu'on le suivait, lui et son porteur. Au creux de sa poitrine, il sentait sa magie pulser tout doucement, elle qui d'habitude était si combative, avant que la pulsation ne s'éteigne.

- Nous sommes saufs, c'est l'essentiel, gronda Edward, coupant court à l'échange, ses lèvres frôlant son front. Tiens bon, Harry.

Puis, ce fut de nouveau le néant.

À suivre.