Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Julie : Coucou ! Merci pour ta review. Oui, je me dis que ce qui est perdu, est perdu. Bon, après, des fois ça m'agace de pas me souvenirs de ce que je voulais écrire, mais bon lol. J'espère que tu aimeras ce chapitre, beaucoup plus calme.

Maeva Cerise : Salut ! Merci pour ton com. Oh, oui, Harry et ses impulsions ! D'ailleurs, ce chapitre est plus explicatif que mouvementé pour bien comprendre ce qu'il s'est passé et les conséquences. J'aurais pu appeler ce chapitre « Prémices à la bataille » ou un truc du genre parce qu'on s'y approche. Bonne lecture !

guest de l'emoi : Non, non, je continue l'histoire. Après, il y a des semaines plus faciles que d'autres pour écrire. Mais je continuerais jusqu'à la fin ! Merci beaucoup pour tes gentils encouragements, et j'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre.

saya : Ohayo Saya ! Ça va, et toi ? Oui, ce mauvais temps c'est un peu compliqué en ce moment. On n'y penserait pas, mais le déluge qu'on n'arrête pas de se prendre sur la tête à des conséquences assez impressionnantes. Oui, tu as totalement compris la personnalité d'Harry : tout ou rien. Lorsqu'il sait qu'il peut faire quelque chose, il ne reste pas assis en attendant que ça se passe, il agit. Bon, après, il lui manque la réflexion pour bien agir lol. Et, le Drakan est tout de même venu aider parce que je crois que ça l'a amusé de rencontrer Harry. Du coup, il l'aide malgré lui parce qu'Harry aurait aussi pu choisir de le laisser prisonnier au fond de l'océan. Allez, je te laisse découvrir ce nouveau chapitre. Bonne lecture !

K.S : Hé, bon retour à toi ! Oui, j'ai remis le couple E/H sur les rails, en tentant de les solidifier en quelque sorte. Pour Sirius, je ne vais pas tarder à revenir de son côté pour écrire son développement depuis son retour au « monde des vivants ». Je te dis bonne lecture pour la suite !

Perline : Coucou ! Eh oui, je recommencer mes cliffhanger lol. Mais je sais que tu me pardonneras -) Oui, dans le chapitre précédent, je me suis tout simplement éclatée lol. J'avais envie de mettre pas mal d'action parce que ça fait un moment que l'histoire est calme, ou prit entre les disputes. D'ailleurs, si ce chapitre est plus « calme » (besoin de révéler quelques secrets, oblige !), je ne vais pas tarder à remettre de l'action dans les chapitres suivants. J'espère que tu aimeras cette suite ! Biz.

Pandichoux899 : Salut ! Bienvenue sur Elysion lol. Ah la la… Plein de questions que je ne peux pas répondre lol. sauf une : Harry est le descendant de la Sorah. Ses parents sont bien James et Lily, c'est juste que des générations avant, il y avait la Sorah dans son arbre généalogique. Et c'est pourquoi son éveil a été possible. Aller, je te souhaite une bonne lecture pour ce chapitre !

ptitcoeurfragile : Merci de toujours me laisser une review ! Bonne lecture à toi !

Élodie Nina : Coucou, fidèle lectrice ! Moi, je suis encore plus contente de te retrouver. Ah, déjà, je peux te dire qu'Alice avait prévu un « départ » pour Harry prochainement. Après, est-ce qu'il va partir seul ? Dans le Sud ou dans le monde magique ? Là, est le mystère lol. je te laisse découvrir cette suite (beaucoup plus calme) ! Bisouxxx.

HarryPotterEtLesDiffrentMonde : Merci à toi de ton gentil com. Je te souhaite une bonne lecture pour cette suite !

Chapitre 44 : La demi-Ancre

Le paysage était figé.

Les sapins verts saupoudrés d'une fine poudre blanche ne se balançaient pas sous la douceur d'une brise, les nuages dans le ciel ne se mouvaient plus pour cacher le soleil, et des petits oiseaux qui voletaient entre les branches des arbres avaient stoppé leur course en plein vol.

Tout était figé.

Harry tourna sur lui-même, observant avec curiosité les alentours. Ce magnifique paysage hivernal, digne des plus belles cartes postales, semblait à jamais s'est arrêter en pleine course, comme une image dont on aurait immobilisé les précieux instants sur une toile. S'avançant entre les sapins blancs, suivant un petit sentier enneigé, ses bottes crissèrent à chaque pas alors qu'il sortait du couvert des arbres.

Là, au loin, s'ouvrait le passage vers une grotte très sombre, où la lumière ne passait presque pas. Il marqua une pause, une brève hésitation, regardant autour de lui, vivant ce silence oppressant, avant de s'y engager. Passant entre les parois abruptes et enneigées de l'entrée, avant de s'y enfoncer plu profondément, malgré la froideur ambiante, il eut la sensation de comme « rentré chez lui ». Il cligna des yeux sous la noirceur qui l'accueillit, et sursauta presque lorsqu'une lumière se fit. Flottant dans les airs, ne semblant être raccroché à rien, papillonnait à quelques mètre au-dessus de lui une petite flamme bleue de lumière vite suivit par d'autres formant un chemin qui s'enfonçaient dans la grotte. Hésitant une fois de plus, il tourna la tête vers l'extérieur, puis revint vers le passage que semblaient lui indiquer les petites flammes. Devait-il avancer ? Devait-il reculer ? D'ailleurs, ou était-il ? Il fit un pas en arrière, prêt à rebrousser chemin alors que la peur qu'il aurait dût ressentir dès son arrivé dans cet endroit étrange menaçait enfin de le submerger.

- Harry… Souffla une voix de femme.

Sursautant, il fixa sans rien apercevoir le fond de la grotte d'où était venu l'appel. Celle-ci sembla comme l'apaiser, et ce fut tel un automate qu'il se remit en marche, passant entre les parois parfois étroites et froides de la grotte, pour avancer en son centre. Éclairé par les petites lumières, il retint son souffle lorsqu'il arriva à une sorte de clairière, un grand espace ouvert dont les rochers du haut s'étaient écartés pour laisser filtrer la lumière du soleil pour arriver jusqu'au sol, où abritait une magnifique petite cascade nichée entre de gros rochers. Le flux de l'eau était si fin que cela ressemblait plus à des filaments de cheveux brillants s'écoulant d'une tête vers un lac tout aussi petit et tari. S'approchant, fasciné, Harry pouvait voir aux abords secs, et creusés que le lac avait dû être gigantesque en son temps. Mais sa source semblait s'être asséchée depuis lors.

- Voilà tout ce qu'il te reste d'elle, dit une voix dans son dos. Voilà tout ce qui te reste de magie.

Il fit violemment volteface, le cœur battant à tout rompre, et prêt à se défendre. Mais, avisant qui venait de le rejoindre, il se calma presque immédiatement, et relâcha ses poings serrés. Toujours couverte d'un voile blanc de la tête aux pieds, dissimulant ses traits, s'avançait en flottant la Sorah. Sa magnifique peau sombre, et ses longs cheveux étaient les seules choses qu'il pouvait apercevoir pour la reconnaitre. Même s'il commençait à s'habituer à ses visions sur son ancêtre, il était toujours aussi charmé par sa présence lorsqu'elle apparaissait.

- Comment ça " tout ce qui me reste" ? Demanda-t-il en se reprenant.

Il la vit prendre le temps de s'avancer vers la pauvre cascade, l'observer longuement, avant de répondre.

- A ton éveil, tu étais gorgé de magie. Elle venait de s'éveiller en toi, et t'as empli entièrement, d'un seul coup, mais tu en as trop imprudemment abusé. Tout n'est pas de ta faute... Ton lien avec ton Ancre est instable, fit-elle, incomplète. Cela attise sa frénésie de ton sang, et obscurcit ton jugement sur les limites de ta force.

- Attends, attends ! Mon Ancre ?

- Oui, sourit-elle, tu sais bien ? Ce beau prince vampire qui t'a presque vidé de ton sang ? À sa charge, ce n'était pas vraiment de sa faute. La magie de la Sorah essaye en vain de constituer définitivement votre lien sans y parvenir. Elle le pousse à être dépendant, enivré, par ton sang.

Alors, c'était vrai. Il ne s'était pas trompé. Il retint son souffle lorsqu'il assembla ses paroles sarcastiques avec ce qu'il avait toujours su au fond de lui : Edward était le seul à être fou de son sang, au point d'avoir presque perdu le contrôle lors de la dernière morsure. Edward était bel et bien son Ancre.

- Normalement, continua la Sorah en fixant tristement le lac, si l'Ekyolis avait bien été formé la source de ton pouvoir serait déjà revenue. Tu n'aurais pas eu à craindre d'user trop de magie, car ton Ancre t'aurait aidé à la doser et à l'amplifier. Au lieu de ça, tu as flambé tout le pouvoir que tu as pu amasser en une seule fois. Et on ne peut vraiment pas compter sur toi pour agir raisonnablement, n'est-ce pas ? Une tornade ? Il fallait vraiment que tu invoques une maudite tornade ? Quel gâchis !

Était-il vraiment en train de se faire sermonner ? Vu les ondes d'agacement qu'il percevait de la femme face à lui, il ne valait mieux pas qu'il réplique tout de suite. De toute manière, il était toujours pris par l'euphorie de savoir qu'Edward était bien son âme sœur toute désigner. Dire qu'il avait dû traverser les mondes pour le trouver. Et voilà qu'il l'avait. Celui qui le manquait depuis la fin de la guerre contre Voldemort, depuis si longtemps, pour être enfin complet.

- J'essayais de sauver des vies… Fit-il une fois qu'elle se fut calmée pour tenter tout de même de se défendre.

- En te mettant sciemment en danger ?

Pas si calmé que ça finalement.

- Harry, lorsque tu es en contact avec ton Ancre, expliqua-t-elle d'une voix raide, ta magie s'éveille et se réjouit. Elle essaye de tirer de votre union sa pleine puissance, et te fait te sentir invincible, mais se leurre, car votre lien est incomplet. Essaye de t'en souvenir la prochaine fois.

- Et pourquoi est-ce que notre lien est incomplet ? À croire que je ne peux pas faire un truc correctement dès le départ. Faut toujours qu'il y ait des ratés…

Sa voix était bougonne, et quelque peu fataliste, et il fut surpris lorsque la main glacée de la Sorah effleura sa joue. La caresse fut tellement rapide qu'il en cligna des yeux, pas sûr de l'avoir vraiment senti.

- Je crains que cela soit de ma faute, s'excusa-t-elle. En venant dans le monde magique, j'ai changé ma nature et me suis rendue mortelle. Et en le faisant, j'ai aussi changé celle de mes descendants. Tu n'es pas juste une Sorah, Harry. Tu es un sorcier avant tout chose. Tu es sorcier. Et tu dois aussi te lier en tant que tel.

Fronçant les sourcils à ses paroles, il la suivit des yeux alors qu'elle tournait autour du lac presque asséché, tout en réfléchissant intensément. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre ce qu'elle voulait dire. Sa première union avec Edward avait révélé qu'il était son Ancre, les tatouages, l'Orobos, qui apparaissait et disparait de ses bras le prouvait. Pourtant, c'était seulement la Sorah en lui qui l'avait reconnu comme compagnon. Le sorcier qu'il était ne l'avait pas fait, et ne s'était pas lié à lui de cette façon. Et sa magie, sa fabuleuse magie qui l'avait aidé à accomplir des miracles, était deux entités unies en une : Sorcière et Sorah.

- Une union sorcière, souffla-t-il. Il faut que je m'unisse à Edward selon une union sorcière pour que ma magie soit totalement liée à la sienne.

Un hochement approbateur lui répondit. Il était déjà en train de penser à la manière de s'unir définitivement à son compagnon lorsqu'un autre contact de la main de la Sorah sur les siennes le fit sursauter. Jamais encore ils ne s'étaient autant touchés dans une vision.

- Réfléchi bien à ce choix, Harry, fit-elle de manière hésitante.

- Mais tout est réfléchi, non ? Edward est mon Ancre ! Il a été désigné pour être ma moitié !

- Il a aussi été désigné pour régner sur un royaume.

Cette phrase le figea instantanément alors qu'il tournait mécaniquement sa tête vers son ancêtre.

- Edward est avant tout un prince, élevé pour régner, expliqua-t-elle doucement, comme pour ne pas le brusquer. Mais l'Ancre d'une Sorah se doit d'être Enamor ne Sorah.

- Une ombre.

Un autre hochement de tête silencieux.

- Crois-tu qu'il acceptera de tout quitter, son rang, son royaume, et sa famille, pour vivre enfermé dans le temple de l'Ancre ? Oh, mieux qu'un prince, il sera respecté et adulé par les serviteurs dédiés à son service. Mais voudra-t-il être à jamais caché pour sa sécurité, à jamais dans l'ombre de sa moitié ? Le fera-t-il pour toi ? Non, oserais-tu même le lui demander ?

- Il ne sera peut-être pas obligé de vivre comme ça… Tenta-t-il. Je pourrais changer les lois, et permettre à l'Ancre de vivre aux côtés de la Sorah, et non dans son ombre.

- N'as-tu pas pensé que j'ai aussi voulu cela pour la mienne ? Grinça la Sorah. Dès que l'Orobos apparait, et que le lien est complet, l'Ancre est en danger. Tu seras en danger ! Crois-tu que je n'ai jamais eu d'ennemis ? Que certains n'étaient pas contre mes lois ? J'étais seulement la plus forte, une Gardienne, et je m'imposais aux autres par le respect. Mais s'il avait eu le pouvoir de mettre à bas, je ne doute pas qu'il l'aurait fait.

- Je n'ai pas autant d'ennemis…

- Elysion est divisé ! Et le seul moyen de voler le pouvoir de la Sorah est de s'en prendre à son Ancre !

Une chape de plomb tomba dans son estomac, et il passa une main nerveuse sur son ventre. Son ancêtre, elle, semblait avoir tressailli à ses propres mots, comme si elle n'avait pas dans l'idée première d'en dire autant. Mais déjà, il ne se préoccupa plus d'elle.

Le prince elfique l'avait prévenu, l'Ancre était un point faible pour la Sorah. Et il n'était pas assez idiot pour croire que tous le vénéraient ici. Il avait ses propres ennemis, comme son ancêtre, ce qui voulait dire qu'ils s'additionnaient en plus contre lui. Ils étaient juste trop effrayés par sa puissance pour se dévoiler et l'attaquer présentement. Mais avec son Ancre dévoilée, l'Orobos marquant définitivement son bras, il offrait sur un plateau d'argent une chance de le mettre à terre.

- Ils peuvent me voler mon pouvoir à travers Edward ? Fit-il d'une voix cassée, en revenant aux derniers mots qui lui avait été dit. Comment ça ?

- Ne t'en préoccupe pas, calma son ancêtre, cela n'arrivera pas. Mais réfléchi bien à tes choix, Harry. Ne commets pas les mêmes erreurs que moi.

Il se sentait vidé. Presque au bout de sa vie. Toutes ses batailles, ses confrontations, ses retrouvailles, tout cet amour pour au final en venir au point ou… Edward ne serait jamais pleinement à lui.

- Et si, fit-il d'une petite vois, et si je ne termine pas le lien ?

- Alors, vous serez à jamais incomplet. Incomplet, mais en vie.

Il savait déjà qu'il ne demanderait jamais au prince de renoncer à son statut, son peuple pour lui, comme il ne pourrait jamais le forcé à vivre caché. Le voulait-il même ? Non, son prince était né pour la lumière, pour régner et être adulé. Pas pour craindre pour sa vie, et vivre dans l'ombre. Alors même si le savait être aussi un brave combattant, pouvait-il prendre le risque de le mettre constamment en danger ?

- Il pourrait- cacher l'Orobos ? Tenta-t-il encore une fois. Que personne ne le voit sur son bras…

- Ça ne servirait à rien. Une fois liée à toi, une partie de ta magie sera à jamais incrustée en lui, pour former le lien. Tous pourront le sentir sur lui, c'est l'empreinte de la Sorah. Tu ne peux pas le cacher à la vue de tous. Tu vas devoir l'enfermer pour le garder sauf.

Harry baissa les épaules d'abattement, lui qui agissait à l'instinct, sans vraiment réfléchir ou s'organiser, se trouvait face à un dilemme qui lui demanderait beaucoup trop de sacrifice pour qu'il s'y lance sans crainte. Il ne s'agissait plus que de lui-même, et des risques qu'il prenait. Il s'agissait maintenant de son amant, et il ne le mettrait jamais sciemment en difficulté.

Lentement, sans y penser, il laissa son regard se reporter sur le lac.

- Est-ce qu'il va rester comme ça ? Demanda-t-il d'une petite voix cassée.

Il l'espérait presque. Comme il l'espérait que cela voudrait dire qu'il ne serait plus la Sorah. S'il était resté juste Harry, la question d'être ou non pleinement avec Edward ne se poserait pas. Il aurait naturellement été son compagnon, et aurait régné à ses côtés. Au lieu de cela, voilà qu'il devait renoncer.

- Non, reste en contact physique avec ta demi-Ancre. Et ta magie reviendra petit à petit à la vie.

Il hocha silencieusement la tête, se détourna de la source de sa magie, se détourna de la Sorah, et ferma les paupières. Soudain las, il souhaita partir, disparaitre, et retrouver les bras de son amant.

La première sensation qu'il lui parvint suite à ce souhait fut de la chaleur couplée à une immense fatigue. Il avait l'impression que son corps pesait une tonne, et qu'il s'enfonçait profondément entre les couvertures. Des couvertures ? Il ouvrit rapidement les yeux, clignant sous la lumière que diffusait la lanterne posée sur sa valise de voyage près de lui. Il poussa un gémissement douloureux lorsqu'il tenta de bouger, et attendit quelques minutes que la pièce arrêta de tanguer pour tenter de se mettre en position assise, se redressant lentement entre les coussins.

Il se trouvait dans sa cabine. Sous des tonnes de couvertures, et, après avoir jeté un coup d'œil dessous, portant en tout et pour tout, une longue tunique bien chaude. Il avait fui la vison de son ancêtre, et n'en était pas déçu alors que les quelques souvenirs qui lui remontaient encore l'attristaient de nouveau.

Il avait besoin de voir Edward.

Forçant son corps fourbu, il s'y prit à deux fois avant de tenir sur ses jambes, puis enfila le premier pantalon et les bottes qu'il trouva près du lit. Attrapant une cape en fourrure bien chaude, il s'en revêtit à la va-vite, et se dirigea vers l'entrée de sa cabine tout en se retenant au mur. Il passa à peine la porte avant d'être entouré par des soldats postés à sa surveillance. Leur adressant un geste vague de la tête en réponse à leur salut, il les contourna avant de se diriger vers le pont. Il sentait au fond de lui qu'il pourrait y retrouver son amant.

Depuis qu'il l'avait comme qui dirait invoqué, la neige n'avait eu de cesse de tomber. Et même si le temps n'était pas assez froid pour qu'elle se solidifie et gêne leur bateau dans sa progression, elle avait tout de même recouvert les alentours de son beau manteau blanc. Il pouvait aussi voir que plusieurs mâts étaient manquants, ou à moitié brisés par les canons, et les entrées vers les étages inférieurs, et les cabines des soldats avaient été rapidement déblayées des décombres. Le navire grinçait continuellement, sa coque vibrant alors qu'il avançait difficilement sur les flots.

Avançant pour scruter les alentours, la nuit qui semblait être tombée depuis un moment ne lui facilitant pas la tâche, il faillit d'ailleurs ne pas reconnaitre Edward, statue immobile habillée d'un manteau blanc, presque entièrement recouvert de neige. Les flocons de neige fondaient avec lenteur une fois en contact avec sa peau froide, et s'écoulaient comme une larme le long de sa joue. Il fit un pas dans sa direction, et fut surpris de ne pas le voir se retourner vers lui. Il était impossible de surprendre le vampire. Celui-ci semblait avec des sens tellement aiguisés qu'il l'entendrait respirer à des kilomètres. Pourtant, alors qu'il n'était qu'à quelques pas de lui, il lui semblait que ce dernier était tellement pris dans ses pensées qu'il n'avait pas encore capté sa présence. Même les soldats qui le suivaient pour sa sécurité ne semblaient pas avoir éveillé ses sens.

Regardant la neige autour de lui, il se surprit à se baisser malgré son mal de dos pour en ramasser, formant sommairement une boule, avant de la lancer vers le prince. La boule de neige atterrit dans un bruit mat sur sa tempe, et Harry l'observa se figer encore plus si possible, cligner lentement des yeux, avant de tourner mécaniquement la tête vers lui. Deux améthystes le fixèrent avec surprise alors qu'il s'approchait rapidement de lui.

- Désolé, fit-il en enlevant la neige du visage aimé. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris.

- C'était drôle, fit le prince en esquissant un petit sourire d'un coin de lèvre, tout en le retenant d'une poigne forte en avisant son état de fatigue.

- Ah oui ? Sourit-il.

Pour toute réponse, il laissa le vampire se pencher vers lui et accueillit le doux baiser qu'il reçut avec un frisson d'envie. Ses doigts allèrent s'accrocher au col de son manteau, s'enroulant plus fermement et le rapprochant, alors qu'il ouvrait les lèvres pour laisser leurs langues se rejoindre. Il pouvait sentir sa magie, faible, mais présente, se réjouir du contact et émettre des vagues – comme des ronronnements – de contentement. Il gémit lorsque des dents s'enfoncèrent dans sa lèvre inférieure, faisant apparaitre une goutte de sang, avant qu'une langue câline ne vienne la lécher.

- Ton sang est vraiment intoxicant pour moi, souffla le prince, en se détachant, les yeux baissés.

Il se tendit malgré lui à ces mots, les paroles de la Sorah venant danser dans sa tête. Il se reprit rapidement, et, avec un pardon silencieux, cacha ces pensées dans un recoin de son esprit afin que son amant ne puisse jamais les atteindre. Avec un peu de chance, celui-ci ne remarquerait pas le petit coffret scellé et inatteignable qui venait d'apparaitre dans son esprit.

- Je suis désolé, fit le prince. Je ne voulais pas…

Le voyant fermer les yeux, Harry toucha son esprit et lut ce qui voulait lui être dit. Le vampire s'en voulait de ne pas avoir pu se maitriser. De l'avoir presque vidé de son sang. Et il s'en voulait tellement de s'être montré si faible face à lui qu'il en éprouvait une grande honte. C'était la raison pour laquelle il s'était réveillé sans son amant à ses côtés, ce dernier étant toujours gêné par sa conduite. C'était surprenant venant de lui qui n'hésitait jamais à clamer haut et fort à quel point Harry devait s'habituer au fait qu'il était un vampire, et fier de l'être.

- Non, Edward, fit-il, ce n'était pas de ta faute.

- Alors à qui dois-je en vouloir ? Parce que la dernière fois que j'ai regardé, c'était bien moi qui avais planté mes crocs en toi.

Il eut envie de lui parler de leur lien, incomplet et fragile, mais à l'instant où il voulut se confier, il se rappela aussi de ce qui devait être fait pour le former totalement. Il se souvint qu'il devrait alors demander à son amant de faire un choix. Le choix de tout abandonner pour lui. Et alors même qu'il avait juré que plus aucun secret ne persisterait entre eux, il ferma la bouche, et serra son vampire contre son cœur. Taisant pour l'instant la vérité sur cet incident.

- Ce que tu dois savoir, chuchota-t-il, c'est que je ne t'en veux pas. Edward, je sais ce que tu es, et je l'accepte. Je ne vais pas te reprocher ta conduite alors que je suis celui qui t'ait forcé à me mordre alors même que tu me repoussais. Je suis aussi coupable que toi.

Une étreinte puissante répondit à ces mots, et de douces pensées lui parvinrent du prince, calmant le rythme frénétique de son cœur. Déjà, il sentait ses forces comme lui revenir à son contact, sa magie, bien que faible, s'éveillant et s'enroulant entre eux.

- Tu as dormi pendant trois jours, siffla le vampire en lui embrassant l'oreille.

- Je suis désolé de t'avoir effrayé.

- Hum hum…

Un autre baiser dans le cou cette fois lui répondit.

- Il nous faudra trois jours de plus pour atteindre notre destination, lui informa Edward. Notre navire a été ralenti, car un compartiment est totalement immergé.

- Bien, j'avais justement besoin de trois jours de plus pour être totalement en forme.

Et il attira son amant pour un énième baiser langoureux après ces quelques mots. La nuit les berçant, éloignant les non-dits, et reportant à demain les choix qui devait être fait.

Comme prévu, il leur fallut trois jours de plus pour atteindre et voir au loin les abords des premières montagnes d'Orlysin. Il était en train d'admirer leur beauté, son amant collé à son dos, lorsqu'ils furent rejoints par Emmett et son épouse.

- J'aurais aimé que tu découvres la beauté de mon royaume dans d'autres circonstances, Sorah, fit solennellement Emmett.

- Il sera encore temps de me faire visiter une fois que nous aurons gagné, lui fit-il.

Un sourire carnassier effleura les lèvres de Rosalie à ces mots. La princesse, tout comme lui, ne doutait pas un instant de leur victoire. Au contraire, elle semblait se réjouir à la perspective d'un bon combat.

- Es-tu certain que le port où nous allons accoster est sûr ? Demanda Edward, se collant un peu plus dans son dos.

- Oui, le Capitaine a envoyé d'autres corbeaux pour s'en enquérir, confirma Rosalie. Aucun ennemi en vue. Nous allons pouvoir débarquer, et nous préparer à la contre-attaque pour reprendre Vanys, la ville où siègent à présent les Arkans.

- Notre trajet aussi devait être sûr, railla Emmett. Nous n'aurions pas dû en premier lieu avoir à subir d'attaque en pleine mer, et pourtant, c'est ce qui est arrivé.

En dehors de la famille royale, du Capitaine, de son Second, et lui-même, personne n'avait été tenu informé de leur plan. Personne ne savait quelle route ils avaient empruntée pour rejoindre Orlysin. Pourtant, les Arkans qui les avaient attaqués il y a quelques jours semblaient parfaitement savoir où il se trouvait, et quand tendre leur embuscade. Où était-ce juste le fait du hasard ? Harry en doutait fortement. Quelqu'un avait trahi, ou espionné, et avait donné des informations capitales sur leur voyage. Et cette certitude, plus qu'autre chose, fit se tendre son amant posté dans son dos lorsque celui-ci suivit le cheminement de ses pensées.

- C'est une blague ? Rugit soudainement Emmett en fixant un point derrière eux.

Harry ne voulut pas se retourner, il pria silencieusement pour que ce ne soit rien. Puis, lentement, il avisa les flots derrière eux. Deux nouvelles jonques noires venaient d'apparaitre, et filaient vers eux. N'étant pas en partie submergées, elles parvinrent rapidement à les prendre en chasse, et à se rapprocher.

- Plus vite ! Hurla le Capitaine en apparaissant. Et préparer les canons arrière !

Ils ne pouvaient pas aller plus vite, et leur bateau était en trop mauvais état pour subir une autre attaque. La situation semblait de nouveau critique.

- Nous nous rapprochons du port ! Hurla Rosalie en le pointant du doigt.

En effet, il pouvait déjà apercevoir le long pont du port où il était censé accoster.

- Parfait, les troupes qui doivent nous y attendre vont pouvoir nous aider, se réjouit Emmett.

Un premier coup de canon résonna dans leur dos, et Harry s'accrocha à son compagnon alors qu'il vit le boulet les frôler sur le côté gauche avant de s'abattre dans l'eau dans un large remous qui les éclaboussa.

- Va falloir qu'il se dépêche à nous aider parce qu'on ne tiendra jamais face à une nouvelle attaque, rugit Edward.

Harry pouvait sentir que sa magie ne s'était pas du tout entièrement reconstituée. S'il tentait de tirer dessus pour invoquer même une petite pluie cela risquait d'avoir de graves conséquences. Il le sentait au fond de lui, cette menace, qu'il devait la laisser se renforcer. Les doigts de son amant, toujours aussi présent dans son esprit, pressant gentiment ses épaules, lui apportèrent un soutien en une vague de chaleur apaisante. Le Capitaine, déjà, envoyait une salve de canons en sommation vers l'ennemi. Le navire grinça et dodelina sur les flots alors que les hommes tendaient au maximum les voiles dans l'espoir d'avancer au plus vite pour se tenir hors de portée des tirs.

Un hurlement de cochon égorgé le fit tressaillir, et – les yeux écarquillés – il reporta son attention vers les abords du port. Là, il reconnut au premier coup d'œil l'allure imposante, très musclée, la peau de couleur verte, les énormes mâchoires garnies de crocs, et les yeux globuleux. Des Arkans.

Des lignées de groupes d'Arkans, parfaitement organisés, leurs grosses épées battant le sol en cadence dans l'attente de leur prochain affrontement, et prêt à les accueillir. Un Arkan plus maigre, dans une de leurs armures de bronze rouillé, se détachait à l'avant, installé sur une monture sombre et sale, en tenant entre ses griffes serrées le mât d'un drapeau.

Flottant au vent, représentant deux épées entrecroisées vers le bas, et un Phoenix entièrement noir fondant vers le sol, serre ouverte, était mis largement en avant à la vue de tous.

- Quel est ce drapeau ? Souffla Rosalie.

- Je n'en ai aucune idée… Répondit son époux.

Harry frémit en y voyant une certaine ressemblance avec le drapeau d'Alayis, du roi Carlisle. Si semblable, et si opposé.

- Celui qui se cache en Haradas semble enfin vouloir faire avancer ses pions, affirma Edward.

Et au vu des nombreuses troupes rassembler et prêtes au combat, ce dernier semblait être redoutable. Un boulet de canon explosa dans son dos, faisant tanguer le navire dont le bois crissa horriblement à leur oreille. L'effervescence avait repris à bord du navire, et Harry savait que cette fois-ci il ne pourrait ni compter sur le Drakan, ayant quitté ses eaux depuis longtemps, ni sur sa magie toujours affaiblie pour les sauver.

Encore une fois, ils se trouvaient pris en embuscade par l'ennemi.

À suivre.