Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
cathou1 : Coucou, merci beaucoup ;-)
Choupi junior : Bonjour, tout d'abord, bienvenu à toi sur cette fic. Ensuite, ouah, merci pour tous ces gentils compliments. Ça fait du bien -) Pour Mariane, moi je l'aime bien ce perso lol, mais bon, tu verras bien si tu dois te fier à ta méfiance pour elle. Pour le méchant sexy, je ne vais pas me spoiler donc je dirais rien lol. Pour le Mpreg, c'est une question qui revient souvent. Au départ, pour ma part, je ne l'avais pas prévu dans cette histoire, sincèrement. Mais bon, je pense à faire un sondage pour avoir le retour des lecteurs sur un pour ou contre Mpreg. Enfin, en attendant, je te laisse lire ce nouveau chapitre, qui je l'espère, te tiendras en haleine. Bonne lecture !
guest de l'emoi : Coucou ! Merci de me laisser une review. Et oui, tu as raison d'avoir peur ! Mouah ah ah… Ca faisait longtemps que je n'étais pas revenue sur un combat, sur du sadisme pur lol Je te laisse donc trembler avec ce nouveau chapitre -)
Maeva Cerise : Salut, merci de toujours me suivre. Et oui, là, c'est un choix cornélien. Mais je n'aime pas quand tout est trop facile lol. du coup, reste plus qu'à savoir ce qu'il va décider de faire pour protéger tout le monde. Bonne lecture à toi !
Élodie Nina : Salut Élodie, merci à toi de toujours me laisser une gentille review. T'imagines Edward, monsieur dominateur obligé de rester caché pour sa sécurité et tout le tralala ?! Je sais, je sais, je fais ma sadique là. Bonne lecture à toi -)
HarryPotterEtLesDiffrentMonde : Merci à toi pour ton com. Et voici la suite. Maintenant on passe un peu à l'action, et un peu d'amour aussi (dans ce monde de brutes !). Bonne lecture !
Perline : Coucou Perline ! Bon, pour ce chapitre, tu vas encore t'inquiéter pour Harry, et là, pour différentes raisons. J'ai encore une fois entrepris de faire souffrir mes persos lol. Ah, je suis ravie que tu le soulèves : ce n'est pas la question de pouvoir qui importe le plus dans le choix que doit faire Harry ! C'est plus, « comment protéger tout le monde en respectant les choix et le libre arbitre de chacun »., et là, pour une tête brulée comme Harry, c'est un choix cornélien à faire. Après, il n'est pas dit non plus qu'Edward accepterait de rester dans l'ombre, comme il peut choisir de tout sacrifier par amour pour Harry. Rahhh la la… je vais pouvoir jouer de nouveau les sadiques lol Sinon, pour la bataille sanglante, je te donne raison dans ce chapitre. J'avais besoin de me défouler… Aller, je te laisse découvrir tout ça ! Bonne lecture à toi -)
Pandichoux899 : Bon, je t'avoue, la fin de ce chapitre ne sera pas moins frustrante lol. Mais promis, je me soigne XD Bonne lecture à toi !
Petit mot : Coucou à toutes les bonnes âmes qui viennent encore sur Elysion pour continuer à suivre cette aventure. Je reviens enfin avec un nouveau chapitre qui, je ne vous le cache pas, a été difficile à écrire pour moi. Limite c'est la guerre dans ce chapitre, et la guerre aussi pour l'écrire… J'ai eu un accident de voiture il y a quelque temps (j'ai voulu me trouver une nouvelle carrière de cascadeuse, et c'est raté lol !), et résultat des courses, je m'en sors bien vu la force du choc : entorse cervicale, bras droit cassée, contusions et blessures légères. Bref, ma titine, elle, elle est morte… Je sais que c'est que du matériel, et le plus important c'est d'être en vie, mais… Merde quoi, ce n'était pas le moment ! Enfin bon, j'ai galéré à de nouveau pouvoir taper à l'ordi (surtout que je suis droitière…) pour vous offrir cette suite. Mais j'y suis arrivée ! Et je dois avouer être assez fière d'enfin pouvoir publier malgré mon bras droit pas totalement fonctionnel. Donc, bon, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, et que vous serez (comme vous l'êtes toujours d'habitude, et franchement vous êtes des amours XD) indulgents avec moi pour ce gros retard. Ah oui, j'ai aussi glissé une petite scène… de rapprochement entre E/H qui sera comme toujours délimité par des « XXXX » pour ceux qui ne tiennent pas à la lire. Bonne lecture à tous !
Chapitre 45 : La bataille des Plaines de Shamash
Le sifflement de la flèche lorsqu'elle fendit l'air dans sa direction ne fut que le seul avertissement que reçut Harry avant de faire un écart pour la laisser frôler son oreille droite pour aller se ficher dans un mât plus loin. L'armée d'Arkans qui les attendait sur terre, vague sombre d'armure de bronze rouillé, avait entrepris de les gratifier du talent de leurs archers.
- Tirez ! Hurla alors le Capitaine.
Et une salve assourdissante retentit dans leur dos alors que presque immédiatement une réponse similaire leur était donnée. La projection des canons ennemis, à présent bien trop proche d'eux, fit exploser les vitres d'un autre des bâtiments du navire, les faisant tanguer violemment alors qu'il peinait déjà à rester à flots pour continuer leur course vers le port.
- Où sont nos troupes ? S'énerva Emmett en se protégeant d'une autre salve de flèches. Ils auraient dû être là depuis longtemps.
Un horrible grincement de leur navire couvrit les injures qui suivirent sa déclaration, et penchant au-dessus du pont, la main crispée d'Edward se resserrant douloureusement contre sa taille pour l'empêcher de basculer, il put enfin la voir : l'énorme trou qui venait de détruire l'arrière droit de leur embarcation en laissant ainsi entrée des trombes et des trombes d'eaux glacées écumeuses.
- Nous allons couler ! Fit-il, son affolement transparaissant dans sa voix bien malgré lui. Nous prenons de nouveau l'eau.
- Les hommes vont se charger de cloitre l'inondation en fermant un autre compartiment. Lui répondit en hurlant Edward pour couvrir une nouvelle salve des canons ennemis. De toute manière, nous sommes arrivés à destination. Regarde, nous approchons du port !
- Oui, confirma Rosalie en s'accrochant au pont sous la secousse des attaques qu'ils subissaient encore. D'ailleurs, nous nous y approchons un peu trop vite, non ?
- Un peu beaucoup même ? Confirma son époux en écarquillant les yeux. Capitaine, ralentissez bon Dieu !
Leur navire à moitié immergé allait se fracasser contre les abords du port s'ils maintenaient leur allure actuelle. Dans leur dos, semblant ne pas avoir remarqué l'obstacle, les Arkans à bord de leurs jonques semblaient se réjouir de pouvoir les rattraper pour les couvrir de la salve de leurs canons.
- Réduisez la vapeur ! S'égosilla aussitôt le Capitaine. Diminuez la cadence !
- Toujours trop rapide ! S'affola Harry.
Ramenant son attention vers l'avant, il écarquilla les yeux en voyant qu'en s'étant rapprochés du port, ils s'étaient aussi rapprochés de l'armée d'Arkans sur terre qui les attendait du bout de leurs flèches. Dans un ensemble bien synchronisé, il vit comme au ralenti leurs archers encocher leurs flèches, viser, et en tirer une pluie, pointes noires et brillantes fondant un ciel gris et brouillon, dans leur direction. Il allait lever la main, par réflexe, pour ériger un bouclier protecteur lorsque des doigts glacés empêchèrent son mouvement. Tournant la tête vers son amant, qui lui rendit un regard indéchiffrable, il vit celui-ci leva à son tour sa main, usant de son pouvoir de télékinésie, pour ériger en des vagues mouvantes de pouvoir un énorme dôme protecteur qui recouvrit l'avant de leur navire. Le bruit des flèches se brisant par centaines contre leur protection fut aussi assourdissant que celui des canons ennemis qui se brisaient encore dans leur dos. Harry sentit, à la tension du corps penché contre le sien, que le vampire concentrait énormément d'effort et d'attention pour maintenir ce bouclier. À cet instant précis, il regretta amèrement sa folie des jours précédents qui l'empêchait aujourd'hui de pouvoir prêter main-forte à ce dernier.
- Libérer l'ancre à mon signal, avertit le Capitaine.
Les hommes, marins et soldats confondus, n'était plus que des tâches plus ou moins claires dans le chaos qui régnait une nouvelle fois sur le pont. Certains en bousculaient d'autres dans leur précipitation à obéir le Capitaine, ou à éviter un projectile. Se tournant vers eux, Harry capta le regard suppliant de certains qui semblait attendre de lui qu'il réitère ses miracles de l'autre jour. D'autres encore fixaient bêtement leur prince, immobile et démuni, leurs lèvres bougeant à une vitesse incroyable sous une prière quelconque qu'ils récitaient.
- Maintenant ! Cria le Capitaine.
Et bien qu'il ait considérablement ralenti leur rythme, en partie à cause de l'eau qui immergeait leur embarcation, lorsque l'ancre atteignit enfin le fond de l'océan une secousse les ballotta d'une violence telle qu'ils crurent un instant avoir chaviré. S'accrochant à s'en faire saigner les doigts, Harry entendit plus qu'il ne vit certains hommes moins chanceux passer par-dessus bord suite à cette dure saccade. Le crissement du bois du navire tout entier résonna et sembla faire écho sur les flots alors que dans un énième violent à-coup ils continuèrent bien que plus lentement leur course vers le port. Et leur bateau traina l'ancre sur quelques mètres avant que dans un énorme fracas celle-ci ne brise net son attache pour s'enfoncer définitivement au fond des flots. Libérer de son entrave, le bateau crissa, tangua, et repartit vers l'avant avec une certaine langueur.
Et ce qui devait arriver arriva lorsque leur coque foudroya et détruit enfin les abords du port en brisant les points d'accostage. Les pontons de bois volèrent en éclat sous la force de leur arrivée, et Harry vit avec une satisfaction morbide l'armée d'Arkan qui les mitraillait toujours de leur flèche marquer une hésitation à leur vue. Si seulement ils pouvaient les écraser au passage…
De dangereux éclats de bois jaillirent vers lui, rapidement écarter par le bouclier de son amant, et ce fut dans un grincement assourdissant que leur navire arrêta enfin sa course.
Pendant quelques instants, le silence suite à leur arrêt magistral fut assourdissant. Les oiseaux s'étaient enfuis depuis longtemps, et même le remous des vagues ne parvint pas à troubler le semblant de paix alentour. Harry eut l'impression que le monde s'était mis sur pause, comme si Elysion elle-même était surprise de les voir s'arrêter en étant relativement sains et saufs. Puis, comme si tout se remettait en marche à une vitesse hallucinante, il perçut à l'avant le bruit d'un cor alors que l'armée des Arkans se mettait en marche pour les aborder. Déjà, dans son dos, il pouvait entendre les échos des jonques ennemis qui se préparaient à canonner.
Se redressant lentement, car ses jambes s'étaient fléchies durant leur arrimage désastreux, il vit la sueur perler sur le front de son amant qui avait maintenu le bouclier durant tout ce temps. Il semblait relativement épuisé, et ses yeux entièrement noirs fixés l'ennemi sans jamais cligner, et à cet instant seulement, il réalisa que leur arrêt miraculeux devait bien être dû grâce à lui d'une manière ou d'une autre.
- On est encerclé, fit Rosalie d'une voix étonnamment faible, ils vont nous mettre à mort.
- Certainement pas, grinça Emmett son regard fouillant les alentours, notre armée va arriver. Ils ont reçu l'ordre de nous rejoindre ici même !
- Mon frère, intervint Edward la voix rauque d'effort, je ne tiendrais pas longtemps. Il faut que tu prennes le commandement maintenant ! Conduis une partie des hommes valides, et trouver un moyen de mettre pied à terre pour combattre. Les autres resteront avec moi pour vous protéger.
- Ils vont arriver ! S'entêta le géant.
Harry, tout comme Rosalie il le voyait, s'apprêtait à ouvrir la bouche pour protester lorsqu'un autre son de cor plus long et aigu fendit l'air. Un autre silence sembla régner sur le port, l'armée d'Arkans ralentissant sa marche, et les jonques ennemies dans leur dos ne donnant plus d'ordre de canonner. Clignant des yeux, il tenta d'en trouver l'origine sans y parvenir, mais fut surpris de voir l'armée d'Arkans freiner net leur avancée vers eux, une agitation sembla alors faire trembler leurs rangs, avant qu'une partie à l'arrière ne se détache pour attaquer un nouvel arrivant.
- Ils sont là ! Affirma immédiatement Emmett.
Un autre son de cor – toujours long et aigüe - leur parvint, mais cette fois-ci des hauteurs des corps des petites falaises qui entouraient l'entrée du port. Levant le nez, Harry eut juste le temps de voir et d'entendre le bruit grinçant de la détente des deux balistes postée en hauteur avant qu'elles ne libèrent des boulets enflammés qui allèrent ravager les jonques ennemies. Presque immédiatement, les voiles adverses prirent feu, et une fumée âcre s'éleva dans l'air. Leurs mâts s'abattirent et tombèrent à l'eau dans des grincements assourdissants. Et Harry observa, ébahi, une autre salve détruire les coques ennemies en finissant de réduire en cendre leurs voiles. De l'autre côté, les Arkans sur terre étaient engagés dans un violent combat avec des hommes portant des armures d'argent rutilantes. Enfin, Harry put distinguer l'avancée de centaines de troupes de vampires, brillante au soleil, et avançant au pas, et qui arboraient avec fierté le drapeau d'un Phoenix prenant son envol avec pour fond un énorme arc ouvragé encoché d'une flèche à la fine pointe. Ami ou ennemi ? Certainement ami cette fois –ci vu comment le brun les voyait pourfendre et repousser l'armée d'Arkans. Le corps d'Edward s'affaissa contre le sien un instant plus tard alors qu'il baissait enfin son bouclier protecteur autour de notre navire.
- Alice, sourit-il alors en avisant l'armée vampirique salvatrice.
- Alice, lui confirma Rosalie sous un rire amusé. Sacrée voyante, elle l'aura vu venir celle-là au moins.
Seul Emmett, les sourcils froncés, observa la scène sans émettre le moindre son. Il semblait, à raison, inquiet pour son armée qui aurait dû nous avoir rejoints depuis un moment. Avait-il été pris en embuscade ? Quelle mauvaise surprise les attendait encore ? Un craquement sinistre résonna à l'arrière, et Harry ne se priva pas de se retourner pour voir les jonques ennemies qui les avaient causés tant de dégâts coller à pique dans les flots, enflammés et totalement détruits. À l'avant, un groupe de cavaliers de vampires venaient d'encercler l'armée d'Arkans, ne laissant aucune chance à un d'entre eux de s'enfuir, et réduisant définitivement leur champ d'action, avant de les assaillir les uns après les autres. Leur maitrise et mise à mort fut, paradoxalement à la frayeur qu'il avait eue en les avisant, un plaisir tant elle fut facile et sans pitié. La manière de se battre de cette armée était à l'image même de leur propriétaire : rapide, létale, et sans bavure.
- Mes seigneurs, fit le Capitaine, blanc comme neige, nous sommes parvenus à créer une voie de sortie. Nous allons pouvoir mettre pied à terre.
Le pauvre homme tremblait encore de leur mésaventure, et semblait être le plus pressé de tous de pouvoir enfin rejoindre notre bonne vieille terre ferme. Aucun doute qu'il ait du mal à se remettre de ce périple sur les flots en leur compagnie. Peut-être même que cette aventure venait de les faire perdre un Capitaine.
- Tu vas bien ? Murmura Edward à son oreille.
- C'est à moi de te le demander, rétorqua-t-il en avisant son visage encore crispé par l'effort. Tu es celui qui a protégé tout le monde. Mon héros !
Bien que la fin que sa phrase fut légèrement cynique, le sourire de satisfaction purement masculine qui s'étendit sur les traits crispés du prince à sa déclaration le retint de lever les yeux au ciel face à son air d'homme ravi face au travail bien accompli. L'égo d'un homme pouvait être quelque chose de fort. Et ce fut cette pensée qui empêcha Harry de l'enquiquiner plus d'une de ses piques légendaires.
La nuit avait recouvert les alentours du port lorsqu'ils parvinrent tous à enfin débarquer de leur valeureux navire qui tanguait et craquait dangereusement sur les flots. Harry avait vu avec un sourire aux lèvres la fameuse chèvre à la robe blanche qui avait paniqué durant l'attaque des Arkans en pleine mer débarquer parmi les cuisiniers avec une certaine fébrilité.
Les tentes de voyages avaient été montées avec hâte par les soldats et les marins, et les quelques bâtiments aux alentours du port avaient été aménagés pour la famille royale, le Capitaine, et les généraux. Et pour l'heure, Harry se trouvait actuellement en train d'établir une stratégie avec eux pour les combats des prochains jours à venir autour d'une table où une carte de la région d'Orlysin y étant largement étalée. Il admira les forêts luxuriantes de la région qui y était représentée, prenant note de ce que disait le général de l'armée de Jasper, dont le nom lui échappait.
- Les Arkans ont établi leur siège à deux journées de marche de notre position, disait-il. Ils semblent s'être arrêtés dans leur marche vers la capitale, comme s'il avait reçu l'ordre de nous attendre.
- Nous prendrons la route à l'aube, décida Emmett toujours aussi mortellement sérieux, et nous les attaquerons au troisième jour, une fois nos soldats reposés de leur marche.
- Ils semblent assez près de la crevasse d'Onedyn, remarqua Rosalie qui connaissait aussi la région, c'est un terrain dangereux où il ne faudrait pas s'engager.
- C'est surtout le lieu parfait pour une embuscade, examina Edward. Ce ne doit pas être une coïncidence s'ils ont posé leur campement juste à quelques lieux de cette crevasse.
Harry avait envie de demander ce que cet endroit avait de si particulier, surtout en voyant comment les hommes frissonnaient à l'idée d'y poser un orteil, mais se retint à temps. Il pourrait toujours demander à son amant après, dans l'intimité de leur chambre. Il trouvait qu'il avait assez attiré l'attention sur lui depuis le début de ce voyage, surtout lorsqu'il captait les regards mi- curieux et mi- provocateur parfois que lui lançait les soldats de l'armée de Jasper. Ils avaient bien compris qu'il était la Sorah, la soi-disant grande gardienne d'Elysion réincarné en Homme, en humain, et il sentait en eux le même scepticisme et la même haine envers les humains que pouvait éprouver leur prince. Bien sûr, aucun ne lui avait manqué de respect, avec Edward hantant chacun de ses pas depuis leur arrivée cela aurait été suicidaire, mais il voyait à la lenteur qu'il prenait à lui répondre, comme s'ils rechignaient a le faire, et à leur regard parfois condescendant, qu'ils n'étaient pas prêts à se soumettre à son autorité. Rageant, Harry se dit qu'il ne pouvait même pas compter sur ses pouvoirs défaillant pour leur clouer le bec en leur faisant voir un de ses tours de force.
Un brouhaha à l'extérieur leur parvint alors et stoppa net le débat qui avait été lancé depuis quelques instants lorsque l'appel des soldats fractionné à l'extérieur leur parvint. Sans attendre, il vit Emmett se précipiter vers l'extérieur, et, avec une certaine curiosité, le suivit après un échange de regard avec son amant.
Cavalant à tombeau ouvert, une armée de cavaliers de vampires s'avançait vers eux. Une fois proche, celui qui devait être leur commandant, au vu de son épaisse cape noire éperonnée de médaille, et de son large heaume de protection, se pressa de mettre genoux à terre devant Emmett.
- Mon prince, fit-il humblement, veuillez pardonner notre retard.
- Général Allucard, fit Emmett en posant sa large main sur son épaule, mon ami, je t'en prie relève-toi.
Harry vit une partie de la tension qui avait jusqu'alors tendu Emmett s'envoler lorsque le soldat se redressa. Presque aussi grand que son prince, le général Allucard se révéla être un blond comme les blés sous son heaume qu'il venait d'enlever, avec un visage aux traits fins et aristocratiques qu'une discrète cicatrice au menton venait embellir. Sous sa lourde armure, il semblait avoir un corps fin et nerveux, et ses grands yeux verts clairs qui s'accrochèrent aux siens ne fut que la touche parfaite à sa saisissante-personne. Répondant au salut respectueux qui lui était adressé, il vit Rosalie s'avancer et poser à son tour une main réconfortante sur l'épaule de leur général, et cela juste avant qu'Edward ne s'avança à son tour pour avoir le même geste solennel. Manifestement, l'homme plus qu'un simple soldat était un ami estimé de la famille royale. Bien vite, ils se retrouvèrent à l'abri autour de la table des stratégies pour entendre le récit de ce dernier.
- Nous avons été attaqués lorsque nous étions en route pour vous rejoindre, expliqua-t-il. Nous les pensions loin, encore en attente plus au Sud, mais ils nous ont tendu une embuscade à la rivière de Dengola.
- Comment savaient-ils où vous trouver ? Demanda immédiatement Rosalie.
- Un coup de chance ? Tenta le Capitaine.
- Cette idée se tient, confirma le général de l'armée de Jasper, ils ont dû envoyer des éclaireurs et tomber par hasard sur vous…
- Nous avons été trahis, affirma Edward en coupant la parole à tous. Ne me regarde pas comme ça mon frère, s'agaça-t-il face au regard incrédule d'Emmett qui avait émis le souhait que nous gardions nos suspicions pour nous même pour ne pas effrayer l'espion s'il existait bel et bien. Il serait temps de prendre ces coïncidences pour ce qu'elles sont. Ils ont su nous trouver en mer, et ils savent aussi nos déplacements sur terre. Il y a plus d'une taupe parmi nous qui les tient informés.
- Un espion, s'étouffa le Capitaine en n'osant pas trop y croire malgré les faits, c'est invraisemblable. Et comment le débusquer ?
- Tu pourrais aller scanner les esprits de chaque homme, demanda Rosalie à Edward, et en cas de doute, on aura qu'à l'interrogera de manière plus… musclée.
- Soit sûr que depuis que j'ai commencé à avoir des soupçons mon pouvoir est ouvert à son maximum, railla Edward, mais qui qu'il soit, cet espion se cache bien.
- De toute manière, je vous rappelle que nous sommes en guerre, calma Emmett, troubler les troupes en menant une inquisition n'est peut-être pas la bonne solution. Nous devons rester unis.
- Quoi qu'il en soit, finit par dire le général Allucard après un petit moment de silence, cette manière d'agir ne ressemble pas aux Arkans. Ces bêtes répugnantes… Comment ont-ils pu mener toutes ces actions simultanément ?
- Ils se sont divisés, intervint Harry pour la première fois, grâce à cet espion qui nous surveille, ils ont pu facilement placer leur attaque. Le plus gros est resté nous attendre au Sud, tandis qu'une partie vous retenait, et l'autre est venu nous cueillir au port. Et ça, c'est sans compter ceux qui étaient en mer et nous suivaient à la trace pour nous couler. Si ce n'était pas les visions d'Alice, qui elle reste notre seul pion qui leur est imprévisible, nous aurions eu bien du mal pour les repousser. C'est bien jouer pour un peuple censé être des bêtes sanguinaires, lourdes et pataudes, exempt de toute logique guerrière. Il serait peut-être temps de se sortir la tête du trou, et de voir enfin l'ennemi qui se présente à nous.
Un silence tendu accueillit ses paroles. Levant les yeux de la carte qu'il contemplait encore pendant son petit laïus, il fit face à des regards incrédules pour une partie, et blasés en ce qui concernait la famille royale. Est-ce qu'il avait encore une fois parlé fort sans réfléchir ? Il avait tendance dans ces cas à s'exprimer sans ambages, bien loin des courbettes et ronds de jambe qu'on attendait de son rang. Se redressant, il se força à afficher une mine sérieuse et croisa obligeamment les regards qui le fixaient encore jusqu'à ce que, de gêne, le Capitaine et les généraux ne se détournent enfin de lui.
- Bien, coupa son amant, nous affrontons donc les Arkans dans les Plaines de Shamash, à trois jours du village de Thannenkrirtch. Pour l'assaut, nous disposons encore d'environ trois cents soldats ayant survécu à la traversée. Et Jasper et Alice nous ont envoyé un bataillon de deux cents hommes, confirma-t-il en observant le général Allucard. Par ailleurs, les marins ne représentent pas vraiment une force guerrière, alors je compte sur vous, Capitaine, pour rester avec eux ici avec quelques soldats pour surveiller le port. Combien avez-vous qu'ils restaient comme Arkans à combattre plus au Sud ?
- Une petite troupe, monseigneur, affirma immédiatement le général de l'armée du prince Jasper.
Ils continuèrent à organiser les prochains jours, et à épiloguer la stratégie des Arkans jusqu'à encore tard dans la nuit. Et ce fut le grondement de faim de leur ventre à tous qui les convainquit de se joindre au feu de camp à l'extérieur. Plusieurs soldats avaient entre leurs mains des écuelles en fer et savouraient une soupe bien chaude accompagnée d'une miche de pain. Bien vite, il fut à son tour servi, et observa Emmett et Rosalie faire la conversation d'un ton enjoué avec le général Allucard.
- Nous avons grandi ensemble, fit Edward, posté à ses côtés. Mes frères et moi avons fait notre service militaire avec lui. Au départ, il était le seul à nous être hostile, à vouloir nous battre lors des compétitions, et à nous traiter de petits « enfants pourris gâtés de la royauté ». Il n'avait pas tort… Et cela a forcé notre respect, et créez les bases de notre amitié.
- Vous êtes devenus amis parce qu'il vous injuriait ? Je savais bien que j'avais vu juste dès le départ avec toi.
Ils s'échangèrent un regard complice qui fit battre follement le cœur d'Harry qui se fustigea de se comporter comme une midinette devant un vampire à l'ouïe hyper sensible. Vampire qui sourit à ses pensées étant donné qu'il y avait maintenant libre accès. Se forçant à ne pas rougir, Harry relança tant bien que mal la discussion :
- Et donc, il est devenu le Général de l'armée de ton frère ? Demanda-t-il.
- Non.
Il haussa un sourcil surpris à cette réponse.
- Il est le Général en chef de l'armée royale d'Alayis, sourit Edward face à sa mine incrédule. Vois-tu, après le Roi Carlisle, il est celui qui commande, toutes les armées vampires du peuple Elysionniens. Il est aussi très puissant malgré son corps à première vue frêle, crois-moi, je m'y suis cassé les dents.
- Mais qu'est-ce qu'il fait là ?!
- Il voyage souvent entre nos différentes régions pour assurer notre sécurité, et veiller les troupes, l'informa Edward qui semblait ravi de son petit effet. Il se trouvait en voyage à Orlysin lorsque les attaques d'Arkans ont commencé.
Le regard vert clair du Général en chef Allucard croisa à cet instant précis son regard au travers des flammes du feu de camp pour ne plus le quitter. Lentement, il le vit lui faire un signe respectueux de la tête, et lui répondit avec un temps de retard.
- Il ne semble vraiment pas être ce qu'il est en réalité, souffla-t-il en avisant le visage d'ange qu'il lui faisait face.
- Il n'est pas le seul.
Se détachant du Général en chef, Harry croisa le regard intense de son amant qui le détaillait avec minutie à présent, comme s'il tentait encore à ce jour de déchiffrer l'énigme qu'il représentait. Sans raison, il se sentit rougir sous cet examen, et accusa la chaleur du feu tout en se pressant de finir son maigre repas. Et lorsqu'enfin, il rejoint le bâtiment qui avait été aménagé pour lui pour la nuit, la tension qui avait envahi le camp s'était dissipée au fur et à mesure de l'alcool et de la nourriture qui leur avait été servie. Épuisé, il ne prêta même pas attention à la pièce exsangue où il avait atterri, et à la décoration sommaire des lieux. Il s'allongea immédiatement, et sans le bouder, sur le lit qui y avait été disposé, dont les draps relativement propres l'accueillirent avec plaisir. Dans un coin de son esprit, il était encore conscient que lorsqu'il prendrait enfin la route pour la guerre, il n'aurait pas droit à un tel confort. Lentement, ses pensées s'arrêtèrent, et il ne prêta pas du tout attention au corps dur de son amant qui vint l'enlacer dans le dos quelques heures plus tard.
La chevauchée vers le champ de bataille qui les attendait fut longue et périlleuse. Leur avancée était considérablement ralentie par les deux balistes que devaient trainer une partie des hommes sur leur chemin.
Le soir du deuxième jour, Harry s'apprêtait à prendre encore un bol de soupe pour se restaurer, lorsqu'il avait eu le malheur de voir la fourrure blanche de la malheureuse chèvre qui les avait suivis dès le départ dans leur périple sur les flots, être mis de côté pour y être nettoyé et utiliser. Manifestement, cette dernière avait survécu aux Arkans et au Drakan pour finir dans le fond d'une marmite pour la soupe de ce soir. Étrangement nostalgique, il tenta de prendre quelques cuillères de plus, puis l'appétit définitivement coupé se rabattit sur du pain frais et des fruits avant de s'éclipser.
Plus tard, il était en train de se débarbouiller de la poussière du voyage dans la tente qui lui avait été attribué lorsque son amant y surgit. Lui jetant un coup d'œil, il vit à la crispation de ses épaules, et à son regard vif, à quel point toute la tension qui régnait à l'heure actuelle sur leur camp à la pensée des combats qui les attendaient pour le lendemain l'avait atteint.
- Tout est prêt ? Demanda-t-il pour briser le silence.
- Oui, fit le vampire en se débarrassant de sa cape de voyage, nos éclaireurs sont revenus, et nous ont confirmé la position de leur camp.
Un autre petit silence s'installa entre eux pendant qu'Harry se débarrassait de sa tenue en cuir qu'il avait revêtue pour la chevauchée pour ne garder qu'une longue chemise blanche. Il vit qu'une bassine d'eau chaude l'attendait sagement dans le fond de la tente, et il s'y dirigea d'un pas tranquille. Dans son dos, il entendit le vampire expirer bruyamment, et s'arrêta pour se retourner et l'observer. Les épaules basses, la nuque raide, le regard améthyste semblaient perdus au loin vers des pensées connues de leur seul propriétaire.
- Qu'est-ce qui t'inquiète ? Dit Harry en s'approchant de lui.
- Il semble être plus nombreux que prévu…
- Plus nombreux de combien ? Plus nombreux que nous ?
- Non. Nous les surpassons en nombre, calma Edward, un autre éclaireur vient de nous en informer. Mais il n'en reste pas moins que la menace est réelle. Surtout s'ils sont plus malins qu'avant…
Le prince avait dit ces mots en s'approchant de lui jusqu'à se poster juste en face. Là, dans un froissement de tissu, il posta un genou au sol, et Harry le laissa l'enlacer fermement, son nez effleurant son ventre et respirant son odeur. Timide, il passa une main dans ses longs cheveux aux reflets roux, tout en savourant l'étreinte.
- J'aimerais que tu restes en arrière, murmura le prince contre son ventre. Le ferais-tu si je te le demandais ?
- Non.
Il ne surprit même pas son amant par sa réponse franche et directe. Il était évident qu'il ne resterait pas en arrière alors qu'une rude bataille se profilait. Il était ici pour ça. Il dut forcer sur les bras qui l'encerclaient pour que le vampire se décide enfin à lâcher prise. Là, sous le regard qui se fit gourmand de ce dernier, il se débarrassa de la dernière pièce de tissu qui recouvrait encore son corps pour plonger dans l'eau de son bain. Fermant les yeux sous la sensation d'extase de pouvoir enfin se décrasser du voyage dans une eau chaude et légèrement parfumée. Totalement pris dans son moment de détente, il poussa un grognement de protestation lorsque son amant le força à s'avancer dans le bain, et que l'eau fit des remous lorsque ce dernier s'installa dans son dos. Une pensée lui fut transmise « Arrête de te plaindre » avant qu'il ne soit de nouveau pris en otage dans les bras du vampire.
- C'est mon bain ! Protesta-t-il malgré tout.
- Hum hum…
- Je te parle là ! Franchement, y a des fois, je ne sais pas où tu as été élevé…
- Dans un château.
- Ça explique tout !
Râlant pour la forme, il prit tout de même le temps d'entièrement coller son dos contre le torse de celui-ci, prenant place entre ses jambes, et souriant lorsqu'une respiration lente frôla son oreille tandis que des petits baisers lui étaient administrés dans le cou. Il allait continuer à bougonner et protester lorsque sans avertissement, alors que sa prise se raffermissait, le vampire lui planta ses crocs dans la gorge.
Demain, une guerre se profilerait, et le prince avait besoin de toutes les forces nécessaires pour y faire face. Et pour cela, Harry était bien prêt à tout pour assurer sa survie, leur survie a tous les deux, et ce fut ce qui le fit se figer pour le laisser se sustenter de son sang. Surtout qu'autant il savait que ce dernier redonnerait des forces à Edward, autant il sentait aussi que sa magie qui virevoltait autour d'eux se rassemblait, et se réjouissait une fois de plus de leur proximité.
Émettant un « humpf » étouffé, Harry dégagea naturellement un peu plus son cou, laissant la main froide de son amant y glisser la main et finir par maintenir son menton, et sentit les canines s'enfoncer un peu plus en renforçant leur prise. Une légère douleur lui arracha une grimace avant qu'il n'halète sous la lame de plaisir qui lui cingla tout de suite après les reins.
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Sans pouvoir se contrôler, il donna un coup de hanches en avant, dans le vide, avant que la seconde main du prince ne parte dans une caresse sensuelle longer le long de ses abdos, frôlant ses tétons, son ventre, jusqu'à saisir le centre de son plaisir. Il n'y avait aucune subtilité dans leur échange. Juste du plaisir à donner, recevoir, et décupler. Plaisir qu'Harry sentait monter de plus en plus, prenant naissance entre ses reins pour enflammer ses sens. Haletant, il ne chercha à aucun moment de se détourner de la main qui venait de lascivement s'enrouler autour son membre pour y imprimer une lente torture. Dans son dos, il pouvait sentir le sexe du vampire enfler tout contre le bas de ses reins alors que le plaisir les envahissait tous deux. Et perdu dans le sien, en toute confiance et sécurité, il n'eut même pas peur que l'un d'eux ne perde comme l'autre fois le contrôle de cette étreinte. Une autre gorgée de sang vorace qui lui fut pris s'accompagna d'une forte pression sur son sexe, et il ne put retenir le petit cri de volupté - pas très masculin à sa grande honte - qui lui échappa à cette sensation. Son amant contrôlait entièrement son plaisir, tantôt l'empêchant de jouir en resserrant sa prise, et tantôt l'allumant en accélérant ses va-et-vient brusques et rapide. La sensation inédite de ces doigts froids sur son membre en feu, combiné aux canines profondément enfouies dans son cou, et cela accompagné par les grognements incessants du vampire dans son dos, faillit le rendre totalement fou et il en secoua la tête en tous sens sans plus chercher à retenir ses gémissements de plaisir. Alors qu'il se sentait atteindre le point culminant de sa jouissance, ses reins se soulevant entièrement de la baignoire pour donner des à-coups à la main qui l'emprisonnait toujours comme une amante, il sentit le pouce de son prince passer en brefs cercles voluptueux sur la petite fente sensible à l'avant de son membre, et il en gémit pitoyablement. Il sentait que la jouissance était là, à portée de main, juste sous ses paupières mi-closes, et il pouvait la voir l'atteindre, lui tendre les bras. Déjà, la chair de poule envahit son corps, ses orteils se contractèrent, alors que ses reins continuaient immanquablement à battre dans le poing fermé qui le maintenait en haleine. Un autre gémissement plaintif lui échappa lorsqu'Edward arracha soudainement ses crocs de son cou, avant qu'une langue taquine ne vienne y lécher les dernières traces de sang.
- Jouis pour moi, Harry, susurra-t-il alors. Vas-y, jouis.
Et à cet instant précis, le brun pensa que son amant n'était pas seulement un vampire, mais aussi un succube. Il n'y avait pas d'autres explications à la réaction violente qu'eut son corps lorsque ces quelques mots atteignirent enfin son esprit embrumé. Chacune de ses terminaisons nerveuses fut saturée de plaisir, son cœur accéléra encore si possible sa course folle, et ce fut dans un cri de délivrance qu'il atteint enfin la jouissance. Arcbouté contre son amant, le membre fermement encerclé entre des doigts de plus en plus tièdes, il donna ses derniers à-coups alors que sa jouissance explosait enfin hors de son corps sous les dernières caresses qu'il recevait encore.
La tête lourde, il la laissa retomber mollement contre l'épaule droite du prince, haletant, et ne réagit pas lorsque les mains de ce dernier lui saisir fermement les hanches. Grimaçant sous la prise qui se raffermi lentement, il aurait certainement des bleus le lendemain, il se laissa être de nouveau collé contre le torse derrière lui, et frémit lorsque son dos rencontra un corps en sueur et – bien plus bas – un membre totalement dur. Il se détendit malgré la prise ferme dont il faisait l'objet, et laissa son compagnon glisser une main le long de son dos pour lui écarter avec douceur les fesses. Et son souffle se bloqua, dans l'attente, lorsqu'il sentit le membre en érection de ce dernier se glisser entre ses deux globes de chairs fermes. Cependant, ce fut sans même tenter de le pénétrer que le prince entama un va-et-vient violent et rapide tout contre lui. Tout contre son oreille, il pouvait sentir son souffle erratique, et ses grondements rauquent qui se renforçaient à chaque fois que son sexe butait contre l'entrée de son corps sans jamais vouloir la profaner. Il lui faisait l'amour d'une merveilleuse manière. L'eau du bain, qui avait depuis longtemps tiédi, déborda soudainement et mouilla le sol de la tente lorsqu'enfin le vampire atteint le point culminant de sa jouissance dans un halètement sourd.
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Une main frôla son menton, puis lui détourna la tête vers l'arrière, avant qu'une paire de lèvres voluptueuses l'entraine dans un ballet de langues exigeant. Satisfait, Harry sentit la fatigue dût à l'angoisse du combat qui leur tendait les bras pour le lendemain l'accabler, et c'est en répondant mollement à l'échange qu'il ferma les yeux d'épuisement. Yeux clos, il respira l'odeur sucrée du prince, le nez plonger dans son cou, alors que celui-ci en faisait de même dans ses cheveux, et laissa son corps se détendre entièrement dans l'eau. Il sentit plus qu'il ne vit Edward le saisir de nouveau par les hanches pour le soulever, et, tout en se redressant en même temps que lui, le porter jusqu'à la couche qui avait été aménagée pour lui dans un coin de la tente. Il y fut délicatement posé, et n'attendit pas pour s'enrouler dans les draps en se mettant en boule. Épuisé au-delà des mots, il ouvrit un œil ennuyé en ne sentant pas le prince le rejoindre, et le vit ranimer d'une bûche le feu pour la nuit, avant qu'enfin il ne le rejoigne dans la couche. Et ce fut aux creux de ses bras, bercés par sa respiration profonde, qu'il abandonna son combat contre Morphée et entama sa nuit.
Le lendemain matin, les premiers rayons du soleil les éveillèrent, et visiblement dans la nuit, il avait plu.
Ce fut juste une ondée estivale, qui se calma sans pourtant s'arrêter aux premières lueurs du jour, et qui fit que tout aux alentours se mit à sentir l'automne avec une légère touche d'humidité et d'humus.
Plus tard, Harry constata avec humeur que le sol était détrempé, et lui qui était à présent à cheval comme bons nombres d'autres soldats, voyait les sabots de sa monture peiner et s'enfoncer dans la terre noire et argileuse. Une odeur de chevaux et d'acier lubrifié envahissait l'atmosphère, et un silence quasi religieux régnait sur leur convoi qui se dirigeait vers les Plaines de Shamash, vers l'armée d'Arkans. Devant lui chevauchait son amant, dans une rutilante armure dorée, une longue épée à sa droite, et des nattes collées tressées à l'avant de sa tête qui se finissait par une longue natte battait la mesure sur son épaule. Sa monture, Aranwë, chevauchait majestueusement, hennissant à intervalle régulier, comme pressé d'en découdre avec l'ennemi. Son frère, doté de la même armure, mortellement sérieuse, chevauchait à ses côtés le regard loin vers l'horizon. À sa propre droite, divine dans sa légère armure faite de cuir et d'or, Rosalie, la tête haute, scrutait elle aussi les alentours comme si elle pouvait d'ici apercevoir les premiers abords du campement ennemi. Pour sa part, après des âpres débats avec son amant, il avait favorisé une armure totalement légère en côte de mailles et entrelacs argentée, agrémenté d'un court heaume de combat sur la tête, qui le laissait libre de tout mouvement. Son carquois et son arc finement ouvragé battant à ses côtés à mesure de leur prudente avancée. Derrière eux, chevauchant au pas, il pouvait apercevoir les montures des généraux de guerre, et plus loin, suivait leur armée prête au combat.
Ils continuèrent encore un moment à avancer silencieusement avant que le bruit d'un cor ennemi loin à l'avant n'annonce que l'ennemi les avait repérés et se tenait prêt au combat. Immédiatement, leur cor répondit à l'appel. Ils pressèrent l'allure pour atteindre les magnifiques plaines verdoyantes qu'ils allaient bientôt salir du sang de leur adversaire.
Les envahisseurs, étrangement peu nombreux, un peu plus d'une centaine étaient positionnés en ligne sombre dans leur armure de bronze sur une pente en terrasses en surplomb d'un champ bien plat. Dans le dos, au loin à l'horizon, Harry pouvait distinguer des hautes montagnes aux pointes blanchies par la neige. En plissant les yeux, il vit une ouverture naturelle, une large crevasse sombre qui prenait forme dans le milieu d'un des monts. Sans demander, il sut que c'était la fameuse crevasse d'Onedyn.
Les archers Arkans se précipitèrent à l'avant, habillement protéger derrière de grands boucliers rouillés – avec toujours ce même Phoenix sombre symbolisé dessus – pour encocher leurs flèches. Sans attendre, Emmett donna un ordre silencieux en levant une main, et deux lignes d'archers de leur propre armée s'avancèrent pour en faire de même. Leurs cordes étaient humides à cause de la pluie, et Harry félicita mentalement leur troupe d'encocher malgré tous leurs flèches d'un geste sûr et habile. En outre, une autre chose était pourtant à leur désavantage : le début de journée étant déjà bien avancé, ils devraient tirer vers l'amont, soit vers le soleil. Pourtant, aucun archer vampirique ne faiblit, ou ne se laissa déconcentrer. Et lorsque suite à un énième son de cor ennemi, une pluie de flèches s'envola dans le ciel dans leur direction, Harry se tendit en réalisant qu'il n'avait aucune protection pour leur part. Il allait ériger un bouclier lorsqu'il capta le sourire froid et cruel sur le visage de son amant, si peu habituel avec l'Edward dominateur, mais tendre dont il avait pris l'habitude, et sursauta vivement au son des flèches ennemies s'écrasant violemment sur les boucliers mentaux ériger autour d'eux par ce dernier.
Sans attendre, leurs archers qui se tenaient comme des chiens accroupis avec leurs arcs tendus décochèrent à leur tour leurs flèches meurtrières qui elles ne rencontrèrent aucun obstacle. Harry les admira tirer la lourde corde de leurs arcs en arrière jusqu'à leurs oreilles, avant de viser puis de relâcher leurs flèches mortelles. Il n'entendit pas vraiment le claquement sec des arcs à travers son camail et son heaume qu'il avait bien été forcé de revêtir, mais il vit parfaitement bien les flèches s'élever puis retomber comme une nuée de mouches sur leurs assaillants. Malgré leur maigre protection, nombres d'Arkans furent touchés lorsque les flèches retombèrent dans un son de grêle, et parfois de vomissements lorsque l'une d'elles traversait une armure de bronze ou une gorge trop exposée.
La bataille serait facilement gagnée dans ces conditions-là.
Cette pensée venait tout juste de traverser l'esprit d'Harry lorsqu'une agitation prit naissance dans leur dos. Se retournant brusquement de sur son cheval, Harry écarquilla les yeux à la vue de la grande armée, de centaines et de centaines d'Arkans, qui dégringolaient en vitesse – un cri de guerre à la gueule – des deux côtés de l'arrière de la plaine. Manifestement, il n'était pas ce qu'il aurait pu qualifier qu'une « petite troupe ». Plus les combats s'enchainaient, et plus l'intelligence de ces monstres l'impressionnait. Car maintenant que leur stratégie était dévoilée, il comprit qu'il avait posté un leurre, un petit groupe au milieu de la plaine, et avait caché le plus gros de leurs armées pour les prendre à revers. Le tacticien qui les guidait était plus que performant.
- Défendez l'arrière, rugit Emmett, formez une ligne !
Immédiatement suite à son ordre, le Général en chef Allucard se précipita à l'arrière suivi par une ligne de cavaliers vampires pour les défendre. Nombres d'entre eux se trouvèrent empalé sur les lances ennemies avant d'avoir pu les atteindre et engager le combat, et de nombreux autres Arkans périrent sous les sabots des montures déchainés des vampires. À cet instant seulement Harry remarqua que le bouclier protecteur de son amant n'était pas un dôme, mais juste une barrière les protégeant à l'avant, car leur armée était beaucoup trop grande pour qu'une telle protection soit érigée et efficace. Cela laissait donc leur flan et l'arrière à découvert pour une attaque ennemie en traitre. Et ce fut d'ailleurs ce qui se produisit.
Sans même chercher à protéger les leurs, les archers Arkans à l'arrière formèrent une ligne, et tirèrent une lignée de flèche vers eux qui pourfendirent les combattants qui s'affrontaient. Des vampires et des Arkans suffoquaient, juraient, et criaient, mais les hennissements des chevaux étaient pires encore. Ils ruaient, se cabraient, et mordaient les flèches plantées en eux. Certains tournaient sur eux-mêmes et s'élançaient à toute allure pendant que d'autres s'allongeaient et refusaient de bouger. Beaucoup tombèrent, flanquant à terre leur cavalier au passage. Sous un ordre lancé à voix haute par le Général en chef Allucard, une autre ligne de cavalier prit à revers les archers Arkans pour les pourfendre d'un coup d'épée, évitant habilement les lances meurtrières qui voulaient les cueillir au passage.
Et pendant qu'Harry s'était totalement détourné de ce qu'il se passait à l'avant, pensant la situation sous contrôle, il sursauta violemment sous le hurlement de Rosalie à ses côtés :
- Attention ! Cria-t-elle affolée. Edward, renforce le bouclier !
Mais ce fut trop tard. Caché à l'arrière, surgi des Arkans armés de grossiers canons qu'ils poussaient vers l'avant en cadence, qu'ils positionnèrent, et qui envoyèrent des boules de laiton et de pierre sur les vampires. Harry vit qu'Edward parvint à en détourner une, mais les autres passèrent sa garde et pulvérisèrent des membres, des morceaux d'armure, et de tissu dans toutes les directions. Son cheval s'effraya sous le son assourdissant des canons, et se dressa sur ses pattes arrière d'un bond violentes. Surpris, il ne parvint pas à se retenir à sa monture, et se sentit basculer vers l'arrière sans pouvoir se retenir. Sa monture, folle, s'enfuit sans demander son reste. Il atterrit sur le dos dans une chute mémorable sur la terre boueuse, le souffle coupé par la douleur, et occulta au plus cette dernière pour se redresser au plus vite. Au sol, il devenait une proie trop facile.
Déjà leurs propres balistes, malheureusement beaucoup plus lentes, étaient chargées et armées pour la riposte. Envoyant des boulets de pierre qui firent trembler le sol en se fracassant et roulant sur les Arkans.
La vue brouillée, il évita de justesse une boule meurtrière lancée dans sa direction qui pulvérisa de nombreux vampires à l'arrière dans des hurlements de douleur qui lui glaça le sang. Du sang lui éclaboussa le visage lorsqu'un bras fut éjecté dans sa direction, et il perdit un instant l'équilibre sur le sol boueux en tombant de nouveau au sol. Il régnait un tel chaos qu'il ne pouvait même pas prendre quelques secondes pour vérifier si son amant allait bien. Et où était Rosalie ? La blonde s'était pourtant tenue à ses côtés. Profitant de leur désarroi, maintenant qu'il n'était plus du tout protégé par un bouclier, le petit groupe d'Arkans à l'avant se mire enfin en marche pour les attaquer au corps à corps. Et nombre d'entre eux se contentèrent en premier lieu de les viser et d'envoyer leurs lances pourfendre leur monture pour les mettre à bas avant de les achever.
Des panaches de fumée s'élevèrent vers le ciel. Les bombardements incessants, tels des coups de tonnerre, avaient un peu plus encore terrifié les chevaux blessés. Un chevalier à sa gauche, qu'Harry reconnut difficilement comme étant le général de l'armée de renfort de Jasper, tenta vainement de reprendre le contrôle de sa monture, qui ruait comme une folle à cause de la demi-douzaine de hampes plantées en elle. Le cheval envoya un sabot dans la jambe de son cavalier et la brisa malgré la protection de métal, puis, les yeux gros comme des œufs d'oie, balança son cavalier au sol avant de lui piétiner sa tête casquée dans la boue et de la pulvériser complètement. Ensuite, il s'allongea sur le sol, et mourut sur les restes encore tremblotant de son maître. Ébranler au-delà des mots par cette vision d'horreur, Harry poussa un cri de rage avant de lever une main vers les quatre canons ennemis qui pulvérisaient encore leur armée. Faisant appel à sa magie, il l'envoya violemment dans la terre, tirant comme un sauvage sur le fil tenu qui lui répondit, pour faire ressortir des racines et des lianes qui longèrent la plaine pour s'enrouler sauvagement autour des canons meurtriers. Sous le hurlement de terreur des quelques Arkans qui avaient aussi était pris entre les racines, il ferma résolument le poing faisant ainsi les lianes se resserrer et briser dans un son assourdissant ces armes mortelles. Cette action fut à peine finit qu'il sentit le souffle lui être enlevé, et ses jambes le lâchèrent alors que sa vision s'obscurcit un coup instant. Tombé une fois de plus au sol, il haletait douloureusement tandis que sa magie s'étiolait autour de lui. Pourtant, un sourire – qui tint plus du rictus douloureux – effleura brièvement ses lèvres en avisant les canons définitivement détruits. Déjà, les vampires s'élançaient vers l'avant pour tuer le restant des Arkans qui y demeuraient encore, éliminant de ce fait au moins une menace. Il allait se redresser en reprenant enfin son souffle lorsqu'une nouvelle détonation le fit se figer sur place.
Incrédule, il vit que parmi les Arkans qui les avaient attaqués par derrière de nombreux d'entre eux venait d'apparaitre en tirant avec eux, en cadence et en hurlant à la mort, des dizaines d'autres canons mortels. Déjà, plusieurs d'entre eux relâchèrent leurs boules meurtrières qui envoyèrent valser tout un groupe de cavaliers de vampires. À bout de force, Harry observa le carnage qui se jouait autour de lui. Des morceaux de corps jonchaient le sol, la terre boueuse peinait à absorber tout le sang que les combattants lui versaient, et partout des cris d'agonie se faisaient entendre.
Absorbé par le spectacle, Harry évita de justesse une hampe lancée dans sa direction, puis plongea pour éviter un cheval affolé que son cavalier ne maitrisait plus, avant de se remettre immédiatement debout. Du coin de l'œil, il avisa un archer vampire mort dont le carquois et l'arc l'attendaient à quelques pas. Ne réfléchissant pas plus longtemps, il s'y précipita tandis qu'un Arkan qui avait remarqué sa présence le talonna de près. Il l'entendit grogner et hurler comme un porc dans dos, sentit le déplacement dans l'air lorsqu'il balança son bras armé d'un sabre vers sa tête, et se baissa précipitamment pour éviter la décapitation. Glissant sur les genoux dans la terre boueuse, il se saisit de l'arc, encocha habilement une flèche, à force de l'habitude, et se retourna toujours à genoux pour décocher sa flèche dans la tête hideuse qui s'élançait vers lui. À bout portant, il vit l'air incrédule de la bête, arme au poing levé et prêt à s'abattre sur sa tête, avant qu'il ne bascule vers l'arrière.
Se redressant difficilement, ses bottes peinant à se stabiliser dans la vase, il arma rapidement une seconde flèche, tuant net un deuxième Arkan qui accourait vers lui. Il n'eut pas le temps de lâcher sa respiration avant de faire de même pour un autre, visant toujours la tête, et il finit par garder position pour abattre tous ceux qui s'approchait de lui. Il commençait lentement à faire un beau carnage lorsque, trop prit dans son action, il vit trop tard et sans comprendre un boulet enflammé passé à une vitesse fulgurante près de lui pour exploser quelques pas de là. La déflagration le projet a violemment vers l'arrière et il retomba dans un cri sur le dos, avant que son souffle ne lui soit enlevé lorsqu'une monture, elle aussi victime de la détonation surprise, ne lui retombe violemment dessus. La pauvre bête, malchanceuse qui s'était tenue trop près et était ouverte sur tout le côté, mourut sur le coup contre lui. Haletant de douleur, la respiration sifflante, il sentit le sang chaud de l'animal lui couler lentement dessus et imbiber son armure.
Sonné, Harry toussa âprement de la cendre, les oreilles battantes et le souffle court. Son arc avait glissé de ses mains lors de sa chute, et il n'avait plus la force de se dégager. Il était bloqué. Il n'avait ni la force, ni même le souffle pour se dégager. Il n'était plus qu'un autre soldat qui ornait le sol des plaines autrefois verdoyantes de Shamash. La vision embrouillée par du sang, il leva les yeux vers les combats qui faisaient encore rage. Les canons ennemis causaient des dégâts monstrueux, et pulvérisaient les vampires comme des jeux de quilles. Levant la main, il compta les six premiers canons qu'il pouvait attendre de sa position, et se concentra sur ce qu'il devait faire en occultant le sang et les cris alentour, ainsi que la chair et les boyaux mêlés de terre sur lesquels sa tête reposait.
Même si cela devait être sa dernière action avant d'être à bout de force, il était prêt à prendre le risque pour donner une chance à son armée de survivre. Mais dans son esprit, il savait que s'il détruisait ces canons, il offrirait surtout une chance à Edward de survivre. Résolu, il leva une main tremblante vers les canons qu'il apercevait difficilement au loin et appela sa magie.
Cette dernière affaiblie mit du temps à répondre à l'appel, et était prête à voler jusqu'à même la dernière étincelle de vie de son hôte pour répondre à sa demande si tel était son choix.
À Suivre.
