Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Kay Snape : Salut ! Merci pour ta review ! Je suis ravie que ce nouveau monde te plaise, et que les combats aussi. Je dois avouer que je m'éclate en les écrivant ! Bon, pour ta question, ben… Je ne peux pas te répondre lol. Je vais juste dire que j'ai plein de choses à développer dans cette histoire. Plein d'indices que je sème sur mon chemin lol. Bonne lecture de ce nouveau chapitre !

guet de l'emoi : Bon, vu la menace dans ta dernière review, j'ai été soft dans ce chapitre lol. il n'arrive rien à Edward… Pour l'instant ! J'espère que tu aimeras !

lily-rose : Coucou ! Merci pour ta longue et gentille review. J'aime avoir de nouvelles lectrices -) Pour Harry, bon, je te donne raison… En voulant le rendre têtu, il devient parfois trop insupportable lol. mais bon, c'est un des défauts que j'ai aussi dans la vie de tous les jours, alors disons que j'ai pêché par omission en le lui donnant… Bon, ta review m'a fait réaliser un truc : Teddy Lupin ! Je n'en parle pas du tout ! ET c'est parce que… je l'ai zappée… Ouai, pas beau tout ça. Mais bon, je rebondie sur mes pattes, et j'ai déjà trouvé un truc à rajouter sur lui lol. par contre, je croise les doigts pour que tu restes avec moi avec la suite de l'histoire qui ne va pas vraiment se passer comme tu l'imagines… Je sais que la fin que tu as prévue serait bien, mais là, ce ne serait pas sadique du tout ! XD

Perline : Coucou ma Perline ! Merci pour ta gntille review. C'est vrai qeu l'essentiel c'est être en vie. Et puis, bon, titine a fait son job et m'a bien protéger avec les airbags et autres. Mais bon, j'en ai mal au cœur parfois encore… C'est eut-être pour ça que j'ai tué le cheval d'Edward ? oO Je viens juste de me le dire ! Sinon, je suis ra-vie que ces deux chapitres t'ont plu. Franchement, moi, je me suis défoulée lol. J'avais vraiment du mal avec le champ de bataille parce que comparé à la bataille d'Arihma, Harry à changé, c'est devenu la Sorah. Il est censé savoir se défendre, du coup, je devais rendre ça trash, mais tout de même le laisser se démerder et répliquer. Pfiou… J'en ai suée lol. Pour la suite, tu verras que j'ai été assez soft pour une fois. Disons que je garde quelques cartes pour un autre chapitre que j'ai déjà écrit et que je me frotte d'avance les mains à l'idée de le publier ! Tu verras aussi qu'Alice et ses visions ne vont plus être infaillible. Bon, je dévoile déjà trop ! Je me spoil XD Je te dis bonne lecture et te fais de gris bisous !

elodie Nina : Coucou Elodie, merci de toujours me laisser une review, ça fait toujours très plaisir. Moi, sadique ? Non madame pas du tout XD ! Bon, aller, tu verras que je me calme un peu dans ce chapitre. Sinon, oui, le bien dans le mal de ma situation, c'est que j'ai beaucoup de temps et d'inspiration pour écrire Elysion lol. Des bisous !

Chapitre 47 : La crevasse d'Onedyn

Les endroits sombres et étroits ne lui étaient pas inconnus. Durant la guerre contre Voldemort, il lui était souvent arrivé de devoir traverser des forêts, des passages secrets, ou encore de devoir se cacher dans les lieux les plus incongrus pour fuir l'ennemi. Ce fut donc sans peur aucune qu'il se précipita à l'abri malgré l'obscurité de son nouvel refuge.

Mais si Harry avait pris un peu de temps pour observer un peu plus l'entrée de la crevasse d'Onedyn, il n'aurait guère été impatient de pénétrer dans cet espace si confiné. La lumière de l'extérieur glissait difficilement le long des parois du tunnel qui n'était large que d'une centaine de centimètres. Les traces d'érosion qui se voyaient encore le long des rochers indiquaient que cet accès avait été creusé par la Nature, et ignorer par l'homme depuis maintenant très longtemps. Et la faible lueur du jour qui parvenait à pénétrer l'espace laissée voir la pierre des parois en pique qui ressemblaient à des dents de requin. Certaines pendaient plus haut tandis que d'autres sortaient du sol, comme s'il se trouvait dans la gueule d'un animal gigantesque. Il se serait alors senti pris au piège dans cet espace confiné.

Cependant, Harry était trop préoccuper pour penser à tout cela.

L'entrée de la crevasse menait à une pente caillouteuse et vertigineuse qui était de plus en plus forte à mesure qu'il s'enfonçait dans la crevasse, et bientôt le sol fut perlé de bosses irrégulières qui faillirent le faire chuter au sol. Certains soldats, moins vigilants, n'eut pas sa chance, et les autres en prirent note et ralentirent leur progression malgré le besoin de se mettre à l'abri des griffons. La poussière soulevée par leur passage se mêlait à l'air humide, et Harry en toussa de gêne. Le cœur battant, en émoi, il fixait l'entrée de la crevasse avec la boule au ventre.

- Edward ! Appela-t-il même s'il savait qu'il n'obtiendrait pas de réponse.

Voyant des soldats qui surgissaient encore, sous le hurlement hargneux des griffons qui voyait leur proie disparaitre, il fit un pas inquiet vers l'entrée prêt à s'y élancé. Il sursauta lorsqu'une poigne douloureuse ne le retint par le bras.

- Sorah, fit Allucard en surgissant près de lui. N'y allez pas.

Votre prince est encore à l'extérieur !

Ils furent coupés par un nuage de chauve-souris qui prit leur envol vers la sortie suite à leur entrée fracassante. Le vacarme des ailes emplit la crevasse tandis que des petits corps noirs volaient autour d'eux. L'air semblait comme tourbillonner. Et elles évitèrent adroitement de les percuter, ou de se cogner les unes aux autres, et filèrent vers la sortie pour se jeter sous le couvert des arbres. Les muscles des cuisses d'Harry étaient tétanisés lorsqu'il se redressa enfin, et les claquements d'ailes résonnèrent quelque temps encore dans le tunnel puis disparut.

- Laissez-moi aller le récupérer pour vous. Demanda Allucard, une fois le calme revenu. Je vous le ramènerais.

Jusqu'à présent, il ne pouvait que regarder l'arrivée des soldats, hanté à la perspective de ne toujours pas reconnaitre les traits de son amant, dans ce fouillis d'hommes apeurés. L'envie de s'élancer au dehors faisait presque trembler son corps d'impatience. Mais les mots du Général en chef le forcèrent à détourner le regard pour le plonger dans une mer vert clair qui soutint son inspection sans cligner.

- Il ne voudrait pas que vous soyez de nouveau en danger, dit ce dernier pour le convaincre.

D'un hochement de tête réticent, la mâchoire serrée, il n'en fallut pas plus au vampire pour qu'il s'élance à la recherche d'Edward. Rapidement, disparaissant de sa vue, l'attente lui parut presque insoutenable alors qu'il était devenu presque sourd au vacarme alentour. Il mit un temps pour prendre conscience de son environnement.

Maintenant qu'il était à l'abri, le sommet des parois étant trop étroit pour que les griffons prennent le risque de s'y engouffrer, Harry pouvait entendre les halètements de douleur, les respirations saccadées, et les grognements de peur que poussaient les vampires autour de lui. Mais rien ne l'inquiétait ou ne le préoccupait plus que la vie de son compagnon. S'appuyant contre les parois mouchetées de moisissures, quelques longues et douloureuses minutes venant déjà de s'écouler, il s'apprêtait à se précipiter à l'extérieur lorsqu'un hennissement de cheval le figea.

Campé sur un cheval marron parsemé de taches blanches, essoufflé et les cheveux échevelés, Edward venait enfin de surgir dans la crevasse, entrainant leurs derniers soldats encore en vie dans son sillage. Le cœur battant à tout rompre, Harry le laissa fouilla fébrilement les lieux jusqu'à ce qu'il le repère et que son regard améthyste ne le quitte plus. Là, il frémit en le voyant descendre difficilement de sa monture, toujours blessée à la jambe, et s'avancer lentement vers lui. À ses côtés, Allucard qui l'avait suivi de près reprit les rênes de son cheval qui, trop affolé, se débattit violemment pour fuir. Le Général tenta de le calmer, et d'user même de force, en vain. L'animal était comme fou et se débattit jusqu'à ce qu'il ne se libère et ne sorte au galop de la crevasse protectrice. Il ne fallut pas longtemps pour entendre son hennissement d'agonie sous les cris suraigus de satisfaction des griffons. Il ne frémit même pas à ces sons, tant il était concentré sur son amant.

- Trouvez de quoi faire de la lumière, ordonna Edward en se rapprochant toujours de lui, conscient qu'il devait calmer les troupes de sa voix forte et autoritaire en leur donnant des ordres clairs et précis. Et rassemblez nos blessés. Allucard, j'ai besoin que tu me fasses un point de la situation au plus vite, prends des hommes pour sécuriser les lieux, et surtout veille à voir si nous sommes bien seul.

Un hochement de tête répondit à ses ordres, alors que tout autour les geignements de bêtes blessés que poussaient les soldats paniqués s'éteignait lentement. Laissant alors place à un nouveau brouhaha pendant que les vampires couraient d'un côté à l'autre de la crevasse.

Mais Harry se désintéressa tout de suite de cette nouvelle agitation, car il sentait la tension quitter lentement son corps alors qu'il voyait son vampire se rapprocher petit à petit de lui. Toujours perdu dans son regard, il ne réagit pas plus lorsqu'ils furent enfin face à face. Il était encore en train de se remettre du contre coup de toutes les émotions qui avaient traversé son corps. Durement, il se fit plaquer contre la paroi de la crevasse sans avertissement par le prince. Et ses doigts allèrent s'emmêler dans ses longs cheveux alors que la tête de ce dernier avait vivement plongé contre son cou, inspirant profondément son odeur. Le corps dur pressé contre le sien était – à sa surprise - légèrement tremblant, et ses mains se firent fébriles alors qu'il tirait les longs cheveux dans lesquels ils étaient accrochés. Délogeant le vampire de son cou, il passa plusieurs fois ses mains sur son visage pour le dégager de ses mèches folles et humides, et ainsi pouvoir admirer ses traits. Ils s'observèrent encore quelques longues et délicieuses secondes droit dans les yeux, Harry cherchant à déchiffrer toutes les émotions qui s'enchainait dans le regard qui le faisait face, avant que le vampire ne close les siens pour poser leur front l'un contre l'autre. Front contre front, il aurait pu croire qu'il était de nouveau à l'abri dans leur chambre au château. Et même son dos qui se gorgeait d'eau contre la paroi humide de la crevasse, ou encore ses bottes plongées dans les petites flaques de boue au sol, ne pouvaient le détourner du soulagement d'avoir son amant à l'abri dans ses bras. Il se fichait même des regards des autres soldats qu'il pouvait sentir parfois sur eux. Lentement, après un temps infini, il dut lâcher prise lorsque le prince fit mine de se dégager, et le laisser se tourner vers ses hommes.

- Où est mon frère ? Demanda-t-il immédiatement.

Sans répondre, les soldats s'écartèrent jusque vers le fond de la crevasse, là où Emmett devait être en train de tenter d'aider son épouse. Pendant un instant, alors qu'il voyait son compagnon tourner rapidement les talons pour rejoindre le géant, il s'en voulut de son égoïsme. À aucun moment, il n'avait pensé à Rosalie et à sa blessure mortelle. La blonde avait eu la gorge totalement arrachée, et ce souvenir le fit frémir. Car il se doutait bien que la décapitation, au même titre que le feu, pouvait très certainement tuer un vampire. De nouveau inquiet, il emboita le pas d'Edward, et se faufila vers le fond de la crevasse. Là, une odeur agréable d'eau courante soutenait une lutte inégale contre celle de l'humidité stagnante mêlée au parfum âcre des excréments d'animaux. À moitié cachée dans un coin, Emmett tenait fermement tout contre sa gorge la tête de sa femme. Les bruits de succion qu'il pouvait capter le rassurèrent quelque peu. Si elle était assez consciente pour boire, alors ils avaient encore une chance de la sauver.

- Mon frère, fit Edward en s'accroupissant devant lui. Comment va-t-elle ?

Il se reçut un regard torturé en réponse qui fit déglutir Harry.

- La plaie est trop profonde, fit la voix éteinte d'Emmett après un long silence. J'ai beau la nourrir, je ne lui fournirais jamais assez de sang pour qu'elle puisse se régénérer. J'arrive à peine à stopper l'hémorragie. Mais le pire, c'est la salive de griffon…

Son visage était blême alors qu'il parlait, et Harry le vit fermer les yeux de fatigue alors qu'il se faisait littéralement vider de son sang par sa femme.

- La salive ? Fit-il d'une petite voix.

Son amant se tourna brièvement vers lui avant de lui répondre :

- N'as-tu pas vu leurs griffes et leurs becs ? Ils étaient noires. Les griffons libèrent une toxine dans leurs griffes, ou leurs becs qui peuvent nous intoxiquer. Ce n'est pas assez mortel pour nous tuer, mais cela ralentit assez notre organisme et notre régénération accélérée. Puis, se tournant vers Rosalie, il ne put retenir sa grimace en ajoutant : Mais entre la salive de griffon, et sa profonde blessure, même en étant vampire…

Il n'eut pas besoin de finir sa phrase pour être compris. Son regard se baissa naturellement vers la blessure à la cuisse droite d'Edward, et, avisant le sang qui y goutait encore, il frémit à la conclusion qu'il venait d'avoir. Le griffon et ses toxines. Voilà ce qui devait ralentir la cicatrisation ultra rapide du vampire.

- Du calme, fit Edward en voyant sa mine déconfite. Ce n'est pas un poison mortel. C'est juste handicapant.

- Comment peux-tu en être sûr ?

- Je suis encore debout, n'est-ce pas ? Et nous avons étudié cette espèce. Les griffons ne peuvent ni être dressé, ni être contrés lors d'une attaque. Tombé sur leur terrain de chasse c'est… inopiné.

À ces mots, il l'observa encore une fois sa blessure comme s'il avait pu la faire disparaitre. Il savait que son compagnon refuserait son sang sans avoir à lui demander. Tout comme sa magie était trop épuisé pour qu'il tente une quelconque guérison sur lui ou Rosalie. Soufflant, il finit par se baisser, tout en arrachant un morceau de tissu de sa cape, avant de lui bander durement la cuisse. La plaie était étonnamment nette et propre, et cela le rassura quelques peu. Se redressant, il pria pour que son pansement de fortune, à défaut de le permettre de guérir, limite un maximum le sang perdu.

- On doit sortir d'ici ! S'affola alors un soldat. On ne peut pas rester dans cette crevasse en attendant la mort.

Tout de suite, Edward se tourna vers ses hommes, reprenant contenance, pour leur donner de nouveau ordres. Cependant, il n'eut pas le temps de dire un mot.

- Fuyez ! Mon prince, il faut fuir ! L'interrompit Allucard en revenant à la course. C'est un piège…

Il ne put finir son avertissement qu'une violente explosion venait de retentir de l'entrée de la crevasse. Le sol trembla, et un nuage de poussière s'éleva dans l'air déjà vicié, alors qu'un énorme bruit d'éboulement se répercutait sur les parois. L'affolement et les cris venaient à peine de s'atténuer qu'une nouvelle explosion eut lieu, cette fois-ci provenant du fond de la crevasse. Un autre nuage sombre de terre se souleva, et l'odeur rance qu'il amena les prit à la gorge. Le souffle de l'explosion le balança contre les parois, et son compagnon eut juste le temps de le saisir avant que sa tête ne frappe durement la pierre. Les cris, les bousculades, et la roche se brisant envahit ses sens. Le calme revint accompagné de gémissement d'agonie. Se redressant difficilement, il vit que les gros rochers éboulés les uns sur les autres étaient en équilibre instable et menaçaient de se rouler les uns sur les autres de nouveau. Il pouvait voir une jambe ou encore une main dépasser des éboulis des pauvres âmes qui n'avaient pas été assez rapide pour se mettre à l'abri. L'odeur de sang se mêla à celle de l'eau croupie dans un mélange écœurant. La crevasse, déjà sombre, le fut encore plus alors que la seule source de lumière venait de tout en haut, vers le ciel ouvert de la crevasse. Et le silence qui suivit ces deux éboulements fut totalement assourdissant. Même les blessés ne gémissaient presque plus, dans l'attente d'une autre catastrophe, ou bien mort. Que leur réservait de plus la crevasse d'Onedyn ? Rien de plus, n'est-ce pas ? Personne ne songea à bouger ou à parler pendant de longues secondes pour s'en assurer.

- Ils ont brisés le barrage, murmura Allucard dans la semi-pénombre sur sa droite. Nous allons être ensevelis par la mer.

- Quoi ?! Cria Harry, incrédule.

- La crevasse d'Onedyn mène à un cul-de-sac l'informa rapidement son amant en fouillant frénétiquement l'obscurité à la recherche d'une sortie. Un barrage naturel qui retient les eaux de la Mer d'Isandrill.

Déjà, le vacarme d'une chute d'eau et la fraicheur soudaine de l'air le firent trembler de chair de poule. Sinuant et glissant, s'enroulant et se tordant, venait en conquérante vers eux une toute nouvelle mort. Une mort qui vint en frappant contre les rochers, et en les engloutissant sur son passage. Une mort qui semblait avoir faim et qui se régalerait de leur vie. La crevasse d'Onedyn était un piège mortel et naturel.

La première vague d'eau gelée les atteint rapidement, trempant leur cape et leurs bottes, et les glaçant aux os. Par ailleurs, elle fut se rependit rapidement sans les étouffer comme pour leur laisser un sursis. Il semblerait que le barrage ne se soit pas entièrement effondré sous l'explosion, mais juste fragilisé. Cependant, ce n'était qu'une question de temps pour qu'il lâche prise, et que leur crevasse ne se fasse engloutir par les eaux. Comme pour lui donner raison, une autre vague, cette fois-ci gigantesque, les frappa de plein fouet, et Harry dut s'accroupir légèrement pour résister à la pression de l'eau. Ses bottes s'emplirent aussitôt, et il frissonna en avisant la vague suivant qui elle l'emporta. Il se sentit couler, de surprise, but la tasse avant de se débattre pour se redresser. Il en toussa de peine et entendait d'autres autour de lui en faire de même.

Remontant rapidement à la surface en se remettant debout, sur la pointe des pieds, il entendit des soldats crachoter tout autour de lui avec encore plus de violence sous la vague suivante. Il ferma les yeux, tenu bon, et se redressa encore une fois pour contester avec effroi que l'eau qui l'atteignait déjà au cou, et continuait inlassablement d'augmenter. Emporté sous une nouvelle vague, une main le saisit enfin au bras pour le stabiliser, et il remercia d'un regard Allucard de son aide, alors que derrière lui son amant relâchait un souffle qui semblait soulager.

- Il faut grimper, hurla soudainement Emmett en tenant fermement sa femme contre lui. il n'y a pas d'autre choix.

Sans attendre de voir s'il était obéi, il se détourna puis, prenant la corde qui passait dans l'eau devant lui, s'en saisit rapidement. Tirant Rosalie sur son dos, son frère vint lui prêter main-forte pour arrimer fermement la princesse contre lui grâce à la corde.

Grimpez ! Hurla Edward, une fois terminé. Dépêchez-vous, et aidez les blessés ! Grimpez ! Grimpez !

Tout autour d'Harry les soldats se dépêchaient de répondre à l'ordre de leur prince, et se mettaient à escalader les parois humides. Certains glissant et tombant dans un grand bruit avant de remonter. Reprenant vie, il se pressa de les imiter en se rapprochant des parois humides. Le mur de la crevasse ne manquait de cailloux sur lesquels grimper, mais ils étaient soit immergés, soit glissants. Devait-il laissé l'eau grimper et nager au fur et à mesure ? Tiendrait-il jusque-là ? Surtout que les remous et les vagues de l'eau tentaient avec force de le couler. Non, il valait mieux pour lui de grimper. Mais il n'eut pas l'occasion de tenter de chercher à s'accrocher que son amant avait fondue les eaux pour le rejoindre. Après un regard échangé, le prince se retourna pour lui montrer son dos.

- Accroche-toi à moi, lui dit-il, je vais nous faire monter.

- C'est bon. Tu es déjà blessé à la cuisse…

- Accroche-toi à moi, Harry.

- Non !

- Pourquoi faut-il toujours que tu insistes ?

- J'essaye de t'aider ! Tu es blessé ! Je vais te ralentir, Edward… Laisse-moi le faire moi-même.

- L'eau aura tôt fait d'immerger entièrement cette crevasse. Tu ne seras jamais assez rapide pour remonter seul. S'il te plait, Harry, obéit moi. Et grimpe !

Ils n'eurent même pas le temps de se fusiller du regard que le bruit du barrage se cédant dans un nouvel éboulement de pierre les coupa. Sans plus chercher à protester, surtout que le temps leur manquait vu que l'eau arrivait déjà à gros bouillant vers eux, Harry se dépêcha de se pencher sur son dos. Ses cuisses allèrent solidement entourer la taille du vampire, ses bras s'enroulant autour de son cou, tandis que son nez plongea dans ses cheveux mouillés. Il pouvait voir les soldats en pleine ascension, et certains portaient leur camarade blessé sur leur dos.

Là, il laissa pleinement le soin au vampire de procéder à leur lente ascension vers le haut de la crevasse. Il resserra sa prise lorsque les pierres sur lesquels ils prenaient appui se détachaient de la paroi pour plonger dans le torrent avec un bruit sourd. Il sentit la tension et la peine du vampire qui resta accrocher sans bouger. Son souffle lui semblait erratique, et il tenta de desserrer sa prise pour grimper seul. Cependant, la main qui saisit son bras à lui en faire mal, et le grognement qu'il reçut le convainquit de ne plus faire un geste. Prenant son souffle, d'un bond, le prince s'accrocha à une racine qui pendait pour escalader un autre pan de rochers abrupts.

La longue pente fut difficile à grimper, même pour lui qui ne faisait que s'accrocher. Il dut plusieurs fois reprendre et resserrer sa prise sur le vampire, et ce dernier attendait qu'il arrête de bouger pour continuer son ascension, tant il glissait à cause de l'eau et de ses membres ankylosés. Leurs vêtements étaient entièrement trempés, leurs muscles tremblaient sous l'effort, et alors qu'il se rapprochait de la liberté, et que l'eau en contrebas montait de plus en plus, Harry tourna la tête et vit Emmett dont les membres tremblaient sous l'effort. La tête ballotante de sa femme contre son cou, il eut le temps de croiser un magnifique regard bleu cobalt éteint avant que d'un autre bond son amant ne poursuive son ascension.

Frissonnant de froid, il pensa que l'eau avait au moins chassé la puanteur rance de la crevasse…

Enfin, levant la tête, Harry put aviser la fin de la crête d'où il pouvait percevoir la lumière du ciel, et qui bientôt amènerait les brumes de l'horizon. Il allait crier son plaisir lorsqu'il leur plut littéralement des flèches sur la tête. Certaines firent d'ailleurs mouche pour quelques soldats, dont un sur sa droite qui le reçut dans l'épaule, et en lâcha prise. Son cri accompagna sa chute vers le bas, et ses os se brisant sur les rochers le fit taire. Immédiatement, Edward éleva un bouclier vacillant autour d'eux, faisant se fracasser les flèches qui les visaient alors que tous redoublaient d'efforts pour atteindre leurs attaquants. Les flèches continuèrent à pleuvoir autour de lui, mais aucune ne l'atteignit

- Des Arkans, haleta-t-il de surprise en apercevant leur attaquant.

Le grognement enragé de son prince lui répondit. À bout de souffle, celui-ci peinait à laisser dresser au-dessus d'eux son bouclier, donnant ainsi l'occasion à leurs ennemis de leur tirer dessus. Par chance, déjà leurs premiers soldats, Allucard en tête, venaient d'atteindre le bord de la crevasse, se hissaient à l'abri en hauteur, avant de partir dans un véritable carnage. De sa position, Harry pouvait entendre leur lutte, qui fut étonnamment brève, avant de voir la tête des soldats se pencher vers eux pour leur prêter main-forte.

Après quelques efforts, il atteint enfin le haut de la crevasse, et se décrochant d'Edward pour se laisser hisser par les bras par les soldats, il se retrouva bientôt assis à l'abri des eaux. Son amant ne mit pas longtemps à le rejoindre, ainsi qu'Emmett et son épouse qu'il pouvait voir du coin de l'œil. En dehors des corps massacrés des Arkans éparpillés aux alentours, une vue vertigineuse et magnifique s'offrit à lui. Surtout en revoyant en contrebas la cime conquise au prix de tant d'efforts. D'aussi haut, il pouvait pleinement admirer la base aux blanches neiges du sommet des monts alentours. Les montagnes au loin semblaient les regarder et les sourire, et ce fut comme pour lui qu'elles firent briller ses neiges.

- Les explosions ont effrayé les griffons, disait le Général en chef dans son dos. Et ces chiens sont revenus sur leur pas pour finir le travail.

- Ils espéraient vraiment dès le début nous coincer dans la crevasse d'Onedyn, confirma Edward. Ils croyaient pouvoir nous noyer, et nous tirailler joyeusement.

- Ce genre d'attaque et de réflexion, c'est au-dessus de tout ce que j'ai pu voir de la part de ces bêtes…

- Hum. Quoi qu'il en soit, je veux que les hommes restent sur leur garde. Je suis sûr que nous n'en avons pas encore fini avec eux…

Se détournant légèrement d'eux, Harry se releva difficilement, raide sur ses jambes, et se dirigea vers Emmett qui tentait de faire boire son sang à sa femme. Il vit que le cou de cette dernière avait été bandé rapidement par un tissu autrefois blanc recouvert de sang. Ses yeux étaient à présent clos, et le poignet de son mari contre ses lèvres ne la faisait plus réagir. Le brun sursauta lorsque, de rage, Emmett mena son poignet à sa propre bouche, mordit violemment, et le pressa de nouveau contre ses lèvres. Le sang du vampire la barbouilla, son petit nez frémit, et lentement, elle ouvrit enfin la bouche pour se sustenter.

Un hennissement dans son dos le fit se retourner, et il vit des soldats courir et tirer les rênes des chevaux qui avaient réussi à survivre à l'attaque des griffons en se réfugiant sous le couvert des arbres.

- Ramenez-les ici, ordonna Edward en les faisant signe. Nous aurons besoin d'eux pour repartir vers la Capitale.

Obéissant à ses ordres, Harry vit les soldats rassembler les cheveux, et les ramener vers eux. Ces derniers s'agitèrent un moment, encore effrayés par tout ce qu'ils avaient vécu, mais furent forcés de se mettre en rang près des vampires. Il allait rejoindre son amant lorsque l'ombre d'Emmett le dépassa et s'abattit sur un des étalons. Trop rapidement pour ses yeux, il eut juste le temps de voir son visage défiguré, et ses crocs saillants, avant qu'il ne les plonge dans le cou du cheval pour se repaitre de son sang.

- Oh mon dieu, s'exclama-t-il en reculant.

Il sursauta au contact d'Edward qui le saisit par la taille pour le serrer contre lui.

- N'aie crainte, lui chuchota-t-il à l'oreille. Harry, tout va bien. Emmett a perdu beaucoup de sang en nourrissant sa compagne. Il avait besoin de reprendre des forces pour pouvoir continuer à l'aider, et son instinct de vampire l'empêche de s'éloigner trop d'elle. Il n'avait pas le choix que de se nourrir sur place.

Le pauvre cheval hennit de douleur, effrayant ses congénères déjà nerveux, avant de lentement s'abattre au sol. Ses sabots battirent dans le vide, avant qu'il ne s'immobilise entièrement. À aucun moment, le géant ne lâcha sa prise avant que sa proie ne soit totalement exsangue.

- Allucard, gronda Edward, prends ceux qui en ont besoin et emmène-les. Il fit un signe de tête sans rien préciser de plus. Profites-en pour faire un repérage des alentours. Je ne veux pas d'autres mauvaises surprises. Quant à vous, dit-il à un groupe de vampires non blessé et en retrait, retournez sur le champ de bataille et ramassez tout ce que vous trouvez pour préparer le camp. Quant aux corps des Arkans, rassemblez-les et brulez-les. Puis, nous enterrerons les nôtres…

Harry admira leur sang-froid malgré la peur et la fatigue alors que des assentiments positifs vinrent de tous côtés et que les hommes se mettaient enfin en route. Tous sauf le Général en chef. Le vampire aux yeux verts resta planté là, et l'observa un instant, tête penchée, avant que le long grondement menaçant d'Edward ne le détourne de lui. Après un bref hochement de tête, Harry le vit rassembler quelques vampires, et à son étonnement certains trainaient leurs blessés dans leur sillage, avant de s'enfoncer avec eux vers le sous-bois. En contre bas, bien loin des hauteurs qu'il avait atteint, il pouvait voir la plaine rouge sang de leur bataille. Là-bas, se trouvait encore le corps d'Aranwë.

- Où vont-ils ? Demanda-t-il en s'en détournant pour désigner les blessés.

- Chasser. Fit simplement son amant. Le sang reste la meilleure manière pour nous vampire de guérir.

- Pourquoi n'attaquent-ils pas les chevaux eux aussi ?

- Parce que nous en avons besoin pour rentrer. Et que même si leur sang, comme le tien, bat à leurs oreilles, ils sont encore capables de se maitriser pour s'éloigner et aller chasser. Ce n'est pas comme Emmett dont le vampire est totalement aux commandes…

Il réalisa qu'il ignorait encore tellement de choses sur les vampires alors même qu'il vivait parmi eux. Frissonnant, Harry lança un regard au concerné qui était retourné auprès de sa femme. Protecteur, il la soustrayait aux regards indiscrets tout en tentant de nouveau de lui faire boire son sang. Croisé brièvement son regard noir abyssal et agressif le fit trembler de la tête au pied. Il n'y avait plus rien du vampire joyeux, aux blagues douteuses, dans la bête tapie dans un coin qui lui faisait face. Se détournant, il s'appuya contre Edward qui l'encercla d'une prise solide, avant de lentement lui demander :

- Toi aussi, tu as besoin de sang ?

À cette question timidement posée, seul un regard ébène lui répondit.

À Suivre.