Elysion, le royaume des vampires
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.
Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !
Réponse aux reviews :
Elodie Nina : Coucou Elodie. Tout d'abord merci de toujours me laisser un gentil mot de rétablissement, ça fait plaisir ^^ Bon, tu sais déjà que le calme ne dure jamais avec moi ? Alors, déjà, j'attaque les hostilités avec ce nouveau chapitre. Ah, je suis trop curieuse de savoir ce que tu penses de la décision de parler d'Harry dans l'ancien chapitre ? Pour toi, il doit craindre de qui le fait qu'il révèle le passage secret ? Sinon, pour le départ d'Harry pour les autres pays, je ne vais pas pouvoir te dire si Edward sera du voyage. Mais je te laisse découvrir ce nouveau chapitre sur le monde magique qui te plaira, je l'espère, vers la fin ^^ Je suis de nouveau en mode sadique ! Des Bisouxxx
Guest de l'emoi : Salut, oui, tu as raison, je n'avais pas écrit sur le monde magique depuis un moment. Mais en fait, je cherchais à faire en sorte de garder une belle intrigue que je préparais depuis un moment intact. Tu comprendras dans ce chapitre, et le suivant ^^ Aller, je te laisse découvrir les conséquences des actes d'Hermione en faisant revenir Sirius, et j'espère que tu aimeras. Bonne lecture à toi !
Guest : Coucou, merci pour ta gentille review. Oh, je sens que je vais te rendre heureuse avec ce nouveau chapitre alors ^^ Bon, tu as raison de te méfier de mon sadisme et ce chapitre te donnera raison XD J'ai hâte d'avoir ta réaction ! Bonne lecture à toi !
Perline : Salut Perline, tu as trop bien compris comment je fonctionne lol. Un peu de calme, une grosse tempête, un peu de calme, des bisous, et vlan, une autre tempête ! XD Tu le verras bien dans ce nouveau chapitre ^^ Oui, c'est vrai que le moment entre E/H avait un gout doux amer... Ils sont sur la même longtemps d'onde dans le sens où ils se comprennent et se complètent assez bien, mais c'est vrai qu'ils ne sont pas égaux partout. Le collier, je voulais le faire intervenir dans l'histoire depuis un moment sans jamais trouver le bon moment avant celui-là. Je voulais vraiment montrer un côté attentionné, ou romantique comme se moque Harry, d'Edward et donner toute une symbolique au cadeau. Mais c'est vrai qu'Harry se protège beaucoup, et reste assez… inatteignable… Sinon, cette magie violette tu ne l'aimes vraiment pas lol. Et déjà, je vois que tu l'as relié à la servante. Bon, je ne confirme rien, mais c'est vrai que tout ça était un peu suspect… Pour les visions d'Alice, je ne dirais rien, mais c'est vrai que ça reste étrange. Et la petite voyante ne partage rien ! pour la décision d'Harry pour mettre fin aux conflits, j'ai commencé par les vampires pour deux raisons : 1/ ce sont eux la cause de tout ! C'est Licianus qui a démarré les hostilités en perdant le contrôle de ses chasseurs qui ont tout ravagé. 2/ c'est un peuple qu'il connait et qui le respecte, le vénère même. Donc c'est plus facile de s'y imposer et de s'en faire des alliés. Comme Harry veut aller à la frontière Sud, c'est toujours bien d'avoir une escorte vampirique dans le sillage ^^ Pour l'implication de loups-garous, tu comprends que je ne peux rien dire lol ? Par contre, j'ai une question : tu es plus vampire ou loup-garou ? Qu'est-ce qui te fascine le plus ? Sinon, pour le secret dévoilé dans les cuisines, c'est vrai que c'était une décision risquée. Car tout peut tourner mal pour un rien. Mais Harry à le gout du risque XD Aller, je te laisse découvrir un chapitre sur le monde magique. J'ai un peu galéré à l'écrire, car les émotions de Sirius sont assez compliquées… Je publie, mais j'avoue que je suis un peu tendue en le faisant lol. j'attends ton avis avec impatience comme d'habitude ^^ Bonne lecture à toi !
Guest 2 : Ah, dans ce cas, je te souhaite un bon retour XD Ouah, tous tes compliments sont vraiment gentils, je te remercie vraiment pour tes encouragements, ça fait toujours du bien ^^ Bon, sinon, pour Marianne, tu verras plus tard si ta méfiance était justifier ou pas du tout. En cas j'espère te surprendre et que tu adoreras le sadisme de ce chapitre XD Pour la magie violette, je ne peux rien dire lol. Mais je suis trop excitée depuis qu'elle est apparue dans l'histoire, ça remet toutes les cartes en jeu. J'adore ! Pour le voyage de la Sorah vers le Sud et autre région, je peux déjà t'affirmer qu'on reverra Aldaron, le roi elfe. Et d'ailleurs, je vais prendre plaisir à plus « l'utiliser / le faire apparaitre » et non en passage éclair comme dans les autres chapitres. Bon, allez, très chère collègue sadique XD je te laisse découvrir ce nouveau chapitre. Bonne lecture !
Chapitre 50 : Un havre de paix
La paix.
Il flottait dans un océan de paix infini. Il ne ressentait ni la faim, ni la soif, ni même la fatigue ou la peur. Pour tout dire, il n'avait pas vraiment conscience de lui-même comme un être à part entière et vivant. Il avait plus l'impression d'être une conscience, une présence, ou encore une énergie flottant dans le calme et le silence ambiant. Il n'avait pas froid, ni chaud, mais pouvait pourtant dire qu'il baignait dans une douce chaleur métaphorique qui l'emplissait de toute part, tellement agréable, que cela le rassurait et le berçait dans ce calme infini. Autre chose surprenante, s'il pouvait être surpris, il ne ressentait pas d'émotions totalement positives ou négatives. Il percevait juste quelques ondes de bien-être ci et là. Il n'était pas triste ou inquiet pour ses proches, ou euphorique de sa condition de non-existence, car il avait l'intime conviction que tout allait bien peu importe où il se trouvait. Si le paradis existait, il venait de le trouver, et c'était un endroit vraiment agréable. Un havre de paix.
Il allait de nouveau éteindre sa faible conscience, bercé par ce flux continu de sérénité, lorsqu'il crut percevoir quelque chose. C'était comme… des petits bourdonnements. Sans lui faire mal, ou être inquiétant ou menaçants, c'était tout de même dérangeant pour lui qui nageait depuis tellement longtemps dans son océan de paix. Ça troublait le calme dans laquelle il s'enfonçait joyeusement jusqu'à maintenant. Puis, lentement, sans qu'il ne puisse rien y faire, lui, pauvre conscience sans consistance, les bourdonnements devinrent des voix, des appels. Et là, de dérangeant, il sentit enfin que cela devenait angoissant. Cette première émotion négative à souhait l'aurait fait frémir s'il avait eu un corps. Ne pouvant plus retourner à sa non-existence, il prêta un peu plus attention à son havre de paix qui se faisait ainsi profaner. S'il le pouvait, s'il avait conscience d'avoir une gorge, il aurait grommelé à la soudaine lumière qui venait d'envahir les lieux. De l'ennui. Une nouvelle émotion négative venait de surgir en lui. Quel changement ! Que se passait-il ? Sans la voir, il pouvait sentir la chaleur intruse rayonner contre lui. Quelque chose venait de définitivement troubler la paix du lieu où il reposait. Et il en était… agacé. Voilà qu'une émotion plus que négative le traversait.
Malheureusement, il n'eut pas le temps de mieux analyser ce qu'il se passait qu'il se sentit soudainement agripper par une force inconnue. Des filaments, des liens, s'enroulaient autour de sa conscience et le tiraient sans pitié vers l'avant. Brisant son cocon protecteur, sans pitié envers les lieux qui venaient d'être dévastée, ou encore la peur qui transpirait maintenant de lui. Il aurait supplié s'il avait conscience d'avoir une voix. Se débattant, il tenta vainement de se libérer, mais se sentait tirer inexorablement vers la chaude lumière qui semblait vouloir le consumer. Alors n'ayant conscience d'avoir que son esprit il fit la seule chose qu'il pouvait faire : prier. Non, il voulait encore y rester. Il ne voulait pas quitter ce havre de paix infini. Quoi qu'il se passe derrière cette lumière, il n'était pas intéressé, et voilait rester ici.
Mais bien évidemment sa prière ne fut pas exaucée.
Comme s'il fallait maintenant faire vite, tout s'enchaina plus violemment pour sa pauvre conscience, et il sentit la force qui l'entourait encore le tirer plus vivement vers la chaleur. Il tenta de hurler, de se débattre plus fort, en vain. Il se rapprochait fatalement vers la lumière qui finit par l'engloutir tout entier. N'en laissant rien. Là, il ressentit pour la première fois depuis longtemps de la douleur (enfin une émotion physique, venant de son corps (oui, il en avait un) et de l'éclairage violent de la pièce dans laquelle il avait atterri. Puis vinrent les bruits (que les oreilles pouvaient être cruelles), les cris, qui blessèrent ses tympans trop sensibles. Des mains délicates tentèrent de le saisir pour le redresser, et leur sensation sur sa peau trop sensible lui fit l'effet de coups de fouet qu'il recevrait. Il sentit aussi un mal remonté le long de ses poumons, et son corps se tordit sur le sol, avant qu'il ne comprenne ce qu'il lui manquait : il devait à présent respirer (il avait une bouche, mais plus de voix). Prenant une longue et salvatrice bouffé d'air, il toussa violemment, crachant des glaires, alors qu'il reprenait lentement connaissance et conscience de lui-même dans un cri désolant qui fut inaudible pour tous sauf pour lui-même (ou peut-être que si).
Immédiatement, il sentit tout son corps se figer, ses yeux s'ouvrir à la lumière blessante, alors qu'un rictus de douleur déformait ses traits pendant que dans son esprit toute sa vie repassait en boucle. Il revoyait son enfance, ses chamailleries avec son frère, Regulus c'était son nom, ses années à Poudlard, sa rencontre avec les Maraudeurs, avec James, son emprisonnement à cause de Queudver, sa fuite, il était Patmol, puis, à la toute fin, au bout de ce long chemin tortueux qu'était sa vie il y avait Harry. Harry, son mini cornedrue. Harry, au Département des Mystères. Harry qui l'avait vu traverser le voile. Harry. Harry. Harry…
- Harry… Gémit-il, sa gorge le coupant comme si des morceaux de verre s'y trouvaient. Où est Harry… ?
Les mains revinrent le toucher. Où ne l'avaient-ils jamais quitté ? Et il balaya la douleur qu'elle pouvait provoquer sur sa peau sensible.
- Sirius… Appela-t-on au-dessus de lui.
Ce fut comme une autre agression pour ses oreilles, et il tenta immédiatement de s'en protéger. Il voulait leur crier que c'était trop fort, tout était trop fort. La lumière, les sons, les odeurs, leurs touchers, l'air qui emplissait de nouveau ses poumons, tout semblait à présent vouloir le blesser. Gémissant, il pleura son havre de paix définitivement perdu, et sombra enfin dans une inconscience bienfaitrice. Mais tellement différente avec le paradis qu'il avait vécu.
Les premiers jours de sa « renaissance » passèrent comme un brouillard pour lui. Il dormait profondément, presque comateux, et les rêves qu'il faisait semblaient vouloir le laisser encore plus épuisé au réveil. Et les rares fois où il s'éveillait de son lourd sommeil, il clignait difficilement des yeux, sans rien parvenir à voir clairement, mais c'était suffisant pour que les gens qui le veillait en permanence se précipitent à son chevet. Il ne trouvait alors jamais la force de se battre contre les fioles de verre que ces derniers s'empressaient de presser contre ses lèvres. Et il n'avait pas d'autres choix que d'avaler la mixture infâme et inconnue qu'on le forçait à boire. Car à présent, il avait besoin de respirer. Quelle était cette nouvelle torture qui laissait un gout amer sur ses lèvres sèches ? Une potion, se rappela-t-il. Puis, lentement, une douce inconscience l'envahissait de nouveau. Bien loin de celle qu'offrait son havre de paix, mais il devrait s'en contenter.
- Il va mieux, disait un jour une voix en le tirant du sommeil. Il n'a pas encore repris conscience, mais son corps est moins atrophié grâce aux potions.
Il y eut un silence pendant lequel quelqu'un s'approcha de sa couche.
- Quand pourrait-il être prêt pour la cérémonie ? Fit une voix féminine, proche de lui.
Un soupir agacé lui répondit.
- Je ne sais pas, Hermione, fit un homme. A-t-il l'air prêt à s'adonner à un autre rituel avec un autre maudit voile de la mort à ton avis ?
- Neville…
Il reconnaissait ces noms, et le visage de deux adolescents, que la rondeur de l'enfance n'avait pas totalement quittés, passa sous ses paupières closes. Il ne put retenir un frémissement à l'entente du mot « voile ». Son havre de paix ? Évidemment, ses deux visiteurs le perçurent immédiatement.
- Sirius ? Appela Hermione en se penchant t vers lui. Sirius, est-ce que tu m'entends ? S'il te plait, Sirius, ouvre les yeux.
- Ne le brusque pas, Hermione, l'interrompit Neville d'une voix grondante qu'il ne lui connaissait pas. Laisse-le reprendre connaissance à son rythme.
Encore une fois, des mains se mirent à le palper, et il pouvait sentir une baguette tout contre sa peau tout ainsi que le rayonnement des sorts. N'allait-il pas le laisser en paix ? Il grogna lorsqu'une fiole fut de nouveau pressée contre ses lèvres. Mais renonça rapidement à se battre et l'avala gentiment, elle, et les trois autres qui suivirent immédiatement après. Malgré sa réticence à les boire, il sentit pourtant l'amélioration qu'elles lui apportèrent. Pour une fois, il se sentait moins épuisé à son éveil, et son corps, lourd comme le plomb, ne le faisait pas souffrir à chaque expiration. Enfin, moins comateux, il put tenter d'ouvrir les yeux. Et la lumière de la pièce l'aveugla tellement qu'il les referma immédiatement en grognant. Tout de suite, d'autres sortes furent jetées à la va-vite, et d'une caresse sur la joue, on l'invita à recommencer. Prudent, il ouvrit d'abord un œil, le cligna plusieurs fois, puis l'autre.
La première chose qu'il vit fut du blanc alors que sa vue se stabilisait. Du blanc partout. Que ce soit les murs, les rideaux des fenêtres, aux draps qui le recouvraient, tout était blanc. Blanc et impersonnel. Et il sut tout de suite que la chambre dans laquelle il reposait lui était totalement inconnue.
- Tu es à Sainte Mangouste, dit Hermione à sa droite.
Tournant la tête vers elle, il sursauta en la voyant. Et Neville qu'il reconnut à ses côtés, et tenant des fioles de potion vide, lui fit aussi ouvrir la bouche dans un hoquet d'incrédulité. Fini les rondeurs de l'enfance, et ses inquiétudes. Les visages étaient à présent allongés, la stature plus haute, et le sérieux qui déformait leurs traits, propre aux adultes qu'ils étaient devenus, le laissèrent totalement désarmé.
- Comment… ? Tenta-t-il de demander. Qui…
- Nous t'avons fait sortir du voile, sourit Hermione. Tu es revenu, Sirius.
Revenu d'où ? Ah oui, du voile. Du havre de paix. Non, il devait arrêter maintenant. Il était revenu. Il était quelqu'un. Il était… Sirius Black. Ses pensées s'embrouillaient avant même qu'il ne puisse pleinement les saisir. Pourtant, malgré le désordre de son esprit, une seule et même pensée demeurait et l'inquiétait. Surtout maintenant qu'il s'était raccroché à son identité.
- Harry… Parvint-il à appeler.
Le sourire qui mangea le visage d'Hermione fut presque communicatif. Elle semblait étrangement se réjouir de ses appels désespérés vers son filleul toujours absent. Où était son mini Cornedrue ? Était-il mort au Ministère ? Non, il ne pourrait le supporter. Et où en était la guerre contre Voldemort ? La peur lui tordit ses entrailles en pensant que son petit protégé aurait dû se trouver à son chevet. Ses grands yeux verts, doux cadeau de Lily, devaient être la première chose à croiser son regard à son éveil. Pourtant, même durant ses courtes phases de réveils, il n'avait jamais perçu sa présence, ou même sa voix. Alors où était-il ? Que lui était-il arrivé ? Il lui avait déjà fait défaut une fois, à la mort de ses parents, ses meilleurs amis, il ne supporterait pas l'idée d'avoir recommencé. Même si cette fois, traversé le voile, n'avait pas été de son propre fait.
- Tout va bien, Sirius, le calma Neville en voyant son agitation. Tenez, buvez ça.
Cette fois, il tourna la tête pour éviter le goulot de la fiole de potion calmante. Il l'avait reconnu. Il redevenait peu à peu plus alerte. Et il avait besoin de réponses. Maintenant.
- Harry… Gémit-il.
- Nous allons le retrouver, Sirius, se pressa Hermione à son chevet, toujours aussi ravie. Nous allons le ramener en…
- Plus tard, Hermione, grogna Neville. Il ne te comprend pas. Buvez, Sirius.
Et, ce n'était pas ses maigres forces qui lui permirent cette fois d'éviter de boire cette maudite potion. Lentement, ses pensées affolées ralentirent, son corps se décontracta, jusqu'à ce qu'il se laisse de nouveau couler entre les bras de Morphée.
Neville veillait toujours sur lui réalisa-t-il des jours tard, et il sourit en comprenant que le discret et maladroit garçon, passionné de botanique, était aujourd'hui un excellent Médicomage. Il s'était marié à la petite Luna, qui était venue le voir et lui avait parlé deux heures durant sans qu'il n'y comprenne rien, et avait une magnifique petite fille aux belles boucles blondes. Et sous ses bons soins, il pouvait sentir ses forces lui revenir.
La preuve fut que ses prochains réveils furent beaucoup moins chaotiques, et il restait bien plus longtemps éveillé à chaque fois. Profitant ainsi des visites qu'il reçut en masse au fil des jours s'écoulant. Hermione revint avec son époux, Ron, qui semblait lui en vouloir pour une raison inconnue. Puis vint d'autres membres de la famille Weasley, des survivants de membres de l'ordre qui lui apprirent la fin de la guerre, et des sorciers du Ministère de la Magie. Cette dernière visite le fit se tendre de la tête aux pieds. Mais il fut vite rassurer lorsqu'on lui révéla que son nom avait été lavé de ses crimes post-partum par son précieux filleul. Aidé de ses souvenirs, et du corps de ce traitre de Queudver, il avait rétabli la vérité et redonné la gloire à la maison des Black. Il pleura de joie et de tristesse mélangée un jour entier en l'apprenant.
Seul Harry ne vint pas le voir bien qu'il le réclamait sans arrêt, sans fatigué, sans perdre en intensité dans es suppliques, sous le regard troublé des autres. Mais ils le laissèrent dans le brouillard. La peur au ventre.
Les jours filants toujours lui permirent de redonner de la force à son corps. Il pouvait se lever, se laver, et parcourir sa chambre d'hôpital sans aide. Pareil, ses pensées étaient moins confuses, et moins chaotiques. Il arrivait beaucoup plus facilement à se situer, et à intégrer les informations qui lui étaient données. Et, lentement, il fêta le cœur battant la victoire d'Harry contre le plus grand mage noir du siècle, ainsi que tous ses exploits pour rétablir la splendeur du monde sorcier. Es dons au Ministère, ses actions pour les orphelins, les loups-garous, toutes ses belles actions au travers de milliers de journaux sorciers, et à travers les paroles souriantes de ses amis. Il apprit aussi ses recherches acharnées pour le retrouver avec un lourd pincement au cœur. Puis, vint l'annonce de sa paternité. Le plus souvent, c'était Hermione qui venait chaque jour le voir qui lui donnait toutes ces nouvelles informations au compte-goutte, pour ne pas le brusquer avait ordonné Neville, l'œil noir. Et lorsqu'elle parla de ce dernier Potter né, il ne put se contenir plus longtemps :
- Mini cornedrue a eu un enfant ? S'étouffa-t-il ce jour-là sur le pudding qu'il mangeait à la régalade. Pourrais-je le voir ? Lui et le petiot ? Ainsi que la petite Ginny ?
- Pas… pas maintenant, Sirius, fit Hermione, mal à l'aise en fuyant son regard et, étonnamment, celui de Neville. Lui et sa mère sont encore en maternité. L'accouchement a été difficile, et c'est un bébé né très fragile.
Il en ragea et en balança son plateau à travers la chambre. À partir de cet instant, il sut au fond de lui que quelque chose n'allait définitivement pas. Quelque chose était arrivée à Harry. Les autres lui cachaient des choses, et, foi de Maraudeurs, il saurait la vérité. Ce fut comme ça qu'un jour où il se fit trop insistant, rendant fou les infirmières en créant le chaos dans la chambre, et menaçant d'arrêter de se nourrir si on ne lui répondait pas, il enfin sut pour son accident… son passage à travers ce même maudit voile. Mais à la différence de lui, son filleul avait agrémenté son départ en jouant avec ce qu'il pensait être de la vieille magie runique. Avec la plus volubile et imprévisible magie de leur monde. Il se figea en se rappelant que la magie runique découlait d'autres saintes écritures qui avaient été créées par une femme, une puissante sorcière, qui garda les secrets du pouvoir de ses étranges symboles pour elle-même. D'autres sorciers l'étudièrent, parvinrent à le modifier en runes sorcières plus simples et à en manier l'essence, mais rien ni personne après ne put jamais dompter la magie runique originelle. Cette énergie infinie que les anciennes familles de sang pur appelaient communément entre eux : l'Argpal. Personne n'en avait donc parlé à Harry ? Personne n'avait tenté de le raisonner ? De l'avertir et de le protéger ? La douleur et le regret qui l'envahit à cette nouvelle durèrent des jours. Le plongeant dans une profonde dépression. Et il resta sourd aux appels d'Hermione qui s'obstinait à tenter chaque jour de le sortir des ténèbres de sa mélancolie. Ses mots prirent du temps à l'atteindre, mais ses efforts ne furent pas vains, et enfin, l'espoir l'envahit lorsqu'il comprit qu'Harry n'avait pas disparu à jamais. Le conseil des anciens vampires, et toutes les aventures que la jeune femme avait vécues avec eux furent fascinants. Et admettre qu'il avait comme transplanner dans un autre monde, fut difficile – voir au départ impossible - à croire. Mais de savoir qu'il était la clé pour le ramener lui fut suffisant. Et bien que d'autres, comme Ron, tentèrent de calmer sa joie et celle de sa femme en leur répétant que ce n'était que supposition, et que leur entreprise était dangereuse, ils restèrent aussi inflexibles l'un que l'autre.
Il allait ramener Harry.
Voilà pourquoi il se trouvait aujourd'hui ici. Au fin fond d'une grotte inconnue, sur une île qui lui était tout aussi inconnue, entourée de vampires dont les yeux brillaient avec un peu trop d'enthousiasme dans la pénombre. Il avait laissé Ron le faire transplanner ici, et il pouvait voir à sa mine renfrognée et inquiète qu'il n'était toujours pas entièrement d'accord avec leur entêtement. Aucun doute qu'il n'était présent que pour protéger son épouse, et, dans le fond, parce qu'il avait fini par se laisser imprégner par leur volonté et que lui aussi voulait croire qu'ils pourraient récupérer Harry. Neville, dont le poing était serré sur sa baguette, semblait pour sa part plutôt assez combatif. Bien loin de ce qu'il était dans son enfance, sourit-il intérieurement. Il retenait de son autre main, Luna, qui avait insisté pour venir maintenant qu'elle était au courant de tout ce qu'ils avaient accompli. Hermione, courageuse comme toujours, fut la seule à s'avancer sans peur vers les trônes devant eux où reposait des vampires d'un air princier. Sirius, qui avait été informée par Neville, savait qu'ils étaient le sombre Conseil des anciens vampires, gardien de l'entrée d'Elysion. Le fameux autre monde où se trouvait son filleul. Pour sa part, ils pouvaient se dire être qui ils voulaient tant qu'ils lui ramenaient Harry. Devant lui, il vit Hermione s'arrêter à leur pied, et tendre un sac noir vers eux en y attrapant un livre pour le leur montrer.
- Comme promit, leur dit-elle, voici le restant de vos grimoires. Je vous jure que nous n'avons fait aucune copie. Vous avez notre parole.
Le silence pesant qui régnait déjà dans l'espèce de salle du trône dans laquelle ils se tenaient tous fut encore plus assourdissant. Puis, dans un geste vague, un vampire grisonnant se releva de son trône en claquant des doigts. Tout de suite, il vit que le sac être vivement arraché des mains d'Hermione, et son époux la tira rapidement pour la mettre à l'abri derrière son dos.
- Bien, fit le vampire aux cheveux gris qui semblait donc être le chef, suivez-nous.
Il économisait aussi ses mots. Dans un calme glacial, ils s'enfoncèrent dans les entrailles de la grotte pour atteindre une large salle faiblement éclairée. Tournant la tête en tous sens, partant du chemin de pierres, et des grandes statues, Sirius se figea totalement à la vision de l'énorme arcade de la mort qui englobait presque tout l'espace. Il se rappelait clairement être sorti de là. Bien loin de celle du Département des Mystères, cet arcane était tellement majestueux et beau qu'il eut presque envie de s'y jeter de lui-même. Fronçant les sourcils, choqués par ses pensées, il observa les vampires prendre place tout autour d'eux, avant que le chef, qui le fixait lui sans ciller, ne le fasse signe d'avancer. Sans peur, il fit un premier pas, mais fut retint par la douce main inquiète de Luna, puis, se dégageant sous un sourire, et s'avança vers l'arcane.
- Mon nom est Aldarius, fit le vampire grisonnant. Mes frères et sœurs, ainsi que moi-même allons faire revenir votre précieux Sauveur. Mais d'abord, je vais avoir besoin de votre sang.
- Mon sang ? S'étrangla-t-il. Pourquoi ?
- Parce que le sang appelle toujours le sang. C'est une loi universelle.
Il se remémora les paroles dires d'Hermione qui lui avait fait comprendre que sa position de parrain magique, grâce au lien sacré les unissant, sa seule sa présence était nécessaire dans leur cercle. Mais quoi qu'il en soit, qu'ils veuillent son sang ou autre, il était plus que prêt à tout pour ramener Harry. D'un hochement de tête, il laissa le vampire s'approcher de lui en tenant un poignard finement aiguisé et une coupelle. D'un geste précis qui dénotait une certaine habitude, ce dernier lui trancha légèrement le poignet droit, et récolta le précieux liquide carmin. Grimaçant, une pensée parasitaire lui fit savoir qu'un sort de coupe aurait fait bien moins mal. Cérémonieux, il laissa le vampire faire tomber son sang le long des contours gravés de runes de l'arcane qui vibra et brilla légèrement en réponse. Puis, après une concertation, ils fermèrent leurs yeux, et se mirent à psalmodier dans une langue connue d'eux seuls. Sirius, qui était plus sensible depuis son passage par le voile, sentit immédiatement une magie lourde, et primitive, qui envahit la salle et le prit à la gorge. Tombant à genoux, le sang battant à ses oreilles, il crut entendre quelqu'un crier son nom alors que son sang bouillonnait dans ses veines. Des bourrasques de vent faillirent le faire s'allonger sur le sol de pierre dur, tant il était soudainement faible, et il résista en laissant échapper un long cri de douleur. Les lumières des torches s'éteignirent et même dans la noirceur soudaine de la pièce, les vampires du Conseil loin de s'arrêter chantèrent avec encore plus de force. Dans sa peine, il vit pourtant certains faillir, et tomber au sol avec lui, tout en continuant les incantations. Leur peau se fripa, et leurs yeux brillèrent de manière anormale alors qu'il semblait se vider eux-mêmes de chaque parcelle de magie qu'il possédait pour la lier à celle de l'arcade qui en demandait toujours plus. D'ailleurs, à la manière dont il perdait ses forces, il pouvait dire que lui aussi se faisait aspirer ses pouvoirs à une vitesse folle. Mais comment avait fait Harry pour la traverser et disparaitre ailleurs ? Jamais encore il n'avait autant réalisé et été témoin de sa puissance. Sans rien pouvoir y faire, un autre cri rejoignit celui d'un troisième vampire qui venait de s'effondrer sous l'effort.
Puis, comme aspirée, la magie sembla se replier sur elle-même en un tourbillonnement infernal en s'élançant avec force vers l'arcade. Ouvrant des yeux embués de souffrance, Sirius vit le voile vibrer avec puissance avant que les ombres mouvantes noires ne s'éclaircissent. Et la lumière les engloba de nouveau provenant seulement de l'arcade qui rayonnait littéralement de magie pure.
- Il est là, dit une des femmes vampires du Conseil en semblant souffrir le martyre. Je peux le sentir.
- Je ne parviens pas à y croire, grogna un autre, il y est vraiment. À Elysion.
Et alors qu'ils parlaient encore, Sirius sentit une résonnance dans son cœur qui lui fut presque trop douloureux, comme un double battement, et alors il sut. Il sut que par son lien de parrainage, par son sang qui illuminait l'arcade, dans ses tripes qui se tordirent, il sut qu'il venait de sentir Harry. Là, à travers le voile, sans rien distinguer sous son intense lumière, il savait qu'il venait de le trouver et d'établir un contact, un lien fin et tenu, mais existant. Se redressant sur ses genoux, puisant dans les dernières forces, sa volonté de fer, il l'enroula, le renforça, et tira de toutes ses forces sur ce lien. Agrippant cette énergie qui semblait être son filleul, faillit le perdre, mais tint bon, et l'amena vers lui dans un cri de pure agonie sous la pression que cela lui demandait.
- HARRY !
L'intérieur du voile sembla s'illuminer encore plus fortement, le repoussant en arrière dans une vague fluctuante d'énergie, et la lumière de la magie s'éleva et grossit, grossie, et grossit encore… Jusqu'à provoquer une explosion d'éclat d'énergie pure qui les projeta en arrière, faisant trembler jusqu'aux murs de la caverne sous sa force, et les aveugla. Le lien se brisa net et sa brusque coupure lui fit mal dans le fin fond de son âme. Un silence se rependit dans la salle de nouveau plongée dans le noir le plus total, alors que Sirius clignait vivement et douloureux des yeux pour tenter d'y voir quelque chose. Il était tout bonnement effrayé. Il avait senti le lien se briser trop rapidement, d'un coup sec, alourdit par une force inconnue, résistant à une attraction farouche. Sa tête pulsant violemment, et son cœur battant la chamade, il se força à reprendre contenance pour se redresser. Il pouvait sentir le sang mouiller ses lèvres, les gémissements douloureux des autres résonner contre les parois de la grotte, et s'en moqua allègrement pour regarder vers l'arcade. Mais il ne voyait rien dans cette totale pénombre. Non, il ne supporterait pas un échec. Il devait avoir ramené Harry. Il était tellement vidé de ses forces qu'il savait que cela avait été leur seule chance, leur seul coup d'essai. Car ses réserves magiques au plus bas ne le permettraient jamais de retenter de le ramener. Il en mourrait sans jamais y parvenir. Il l'avait senti au plus profond de lui-même alors que son âme appelait celle d'Harry par leur lien unique. Les larmes aux yeux, il rampa de ses maigres forces vers l'arcade la gorge trop nouée et rauque pour pouvoir crier.
Merlin, avait-il réussi ? Un long gémissement de douleur qu'il ne reconnut pas lui répondit.
À Suivre.
