Elysion, le royaume des vampires

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Après la défaite de Voldemort, le monde magique se reconstruit lentement. Harry Potter, après une expérience qui tournera mal, se retrouvera alors plongé, dans un tout autre univers. Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il pouvoir rentrer chez lui ? Et plus important, pourquoi est-il si fasciné, par ce beau regard améthyste ? Attention YAOI !

Réponse aux reviews :

Elementaire : Coucou, merci pour ta review. Ben, je vais faire pire : je vais aussi te laisser sur ta faim sur ce chapitre ! Niark ! XD Jasper avec Sirius ? Ouah, j'avoue que c'est un couple qui ne m'ait jamais passée par l'esprit… Mais tu sais quoi ? Ça pourrait être drôle ! Surtout avec Jasper qui hait les humains et se retrouve sous le charme du parrain de son pire ennemi en date « HARRY LA TERREUR » ! LOL Voilà, tu me mets des idées folles en tête ^^

Maeva Cerise : Salut Maeva ! Tout d'abord, c'est un grand plaisir pour moi de te retrouver, et merci d'avoir pris la peine de me mettre un petit com à chaque chapitre pour me laisser tes impressions. Et merci aussi pour ton message de soutien : oui, titine est morte… Mais moi je m'en sors bien en comparaison, donc, bon, on ne va pas baisser les bras ^^ Sinon, tu verras d'entrée de jeu dans CE chapitre si oui ou non Harry a eu raison de parler à Marianne du passage secret ! J'ai hâte ! Je suis en mode sadique ces temps-ci en plus. T'as vu ?! lol

guest de l'emoi : Coucou, eh oui, un chapitre de boucler et un autre qui vient ! ^^ Alors oui, j'avais déjà écrit ce chapitre à l'avance (même celui-ci aussi), et c'est drôle justement que l'on s'interroge sur le monde magique juste avant que je publie un chapitre sur ça ^^ Surtout que, bon, ça me rassure de savoir que vous suivez aussi ce qu'il s'y passe XD

Perline : Salut Perline ! Dis donc, tu vois des pièges de ma part partout ? lol Oui, j'attendais juste le bon moment pour placer le chapitre pour Sirius et tu vas comprendre tout de suite pourquoi avec ce chapitre en particulier. Bon, le chapitre de Sirius restait dur, c'est un peu comme : comment se mettre dans la peau d'un homme devenu fou ? Ben, j'espère avoir bien joué le jeu ! Eh oui, je vais tenter de faire ressortir tout ça dans les autres chapitres sur le monde magique. Sinon, si tu dis que l'autre chapitre te laisse sur ta faim, attends de voir celui-ci lol Pour les loups-garous, tu m'as mis plein de lecture à rattraper (tu me donnes des devoirs lol) et là je suis rendue folle XD Merci ! Pour les triangles amoureux, c'est un peu comme si tu donnais à la sadique que je suis le défi de te faire aimer ça ^^, Mais plus sérieusement, dans la vraie vie, je suis comme toi… Très (trop) vieux jeu en amour. J'en ai un, et c'est tout. On prend une décision, et on s'y tient au lieu de papillonner et de tout remettre en question pour rien. Mais bon, entre fiction et réalité, ce n'est pas forcé d'être pareil… Ps : En fait, j'ai entonné les derniers chapitres là, et le problème, c'est que je bloque sur le chapitre final… Je ne sais pas comment l'attaquer et comment le finir, du coup, j'ai rien écrit lol, Mais là, je pense être à un chapitre de la fin (ou moins ?). Sinon, je vais beaucoup mieux, j'ai le moral qui est remonté, et la famille aide beaucoup… C'est le meilleur des remèdes ^^ Bisouxxx

Élodie Nina : Coucou, moi ? Méchante ? Mais… Je pensais que tu m'aimais bien… Sniff… XD Alors, toi, tu penses que c'est peut-être Edward qui est venu ? Ah ah… Intéressant ! T'as bien imaginé la rencontre Edward/Ginny lol Il sort les crocs directs ! Sinon, tu verras dans ce chapitre pour le passage secret. Tu verras si oui ou non Marianne est digne de confiance (tu ne l'as jamais vraiment aimé dit !) ou si c'est un autre danger. J'espère te mettre à bout de patience avec ce chapitre ! Oui oui ! XD Bisouxxx ma belle ! PS : J'en ai encore pour un mois de convalescence (s'ils ne me rallongent pas…). Mais bon, la famille est au top pour moi donc ça fait vraiment du bien ^^

Chapitre 51 : L'appel du voile

Le ciel était relativement couvert, mais il n'avait pas plu. Au contraire, le temps était sec, et les rafales de vent soulevait les cheveux et les robes des dames, et faisant courir les messieurs derrières leurs chapeaux. C'était une journée idéale pour faire la fête. Une journée parfaite pour organiser une grande foire. Et le pays en était en liesse.

C'était ce que se disait Harry alors qu'il gambadait joyeusement sur la grande place du marché d'Alayis. Son amant, toujours à ses côtés, le suivait de près sans rien dire, un sourire doux et moqueur aux lèvres. La rue pavée du marché était bondée de monde, et partout les gens affluaient pour venir prendre part à la fête d'anniversaire de leur reine. Les portes de la ville avaient enfin été rouvertes, permettant à des vampires d'autres régions, à des marchands étrangers, des plaisantins, et d'autres peuples de venir se joindre à la célébration, sous le contrôle tout de même strict des gardes postés aux portes.

Il avait cligné des yeux de surprise lorsqu'il avait aperçu pour la première fois des Élémentaires. Alliés de longue date des vampires dont les relations n'avaient pas été trop détériorées sous le règne de Licianus. Il était prévu qu'il s'entretienne avec eux dans les jours à venir pour les convaincre de le rejoindre dans son expédition pour l'Haradas. Les regardant de loin, il vit que la ressemblance avec leurs cousines Dryades était frappante, surtout en avisant leurs vêtements d'apparats faits de grandes feuilles vertes et de bois. Ou encore leurs yeux à la magnifique couleur orangée qui semblaient rayonner d'un feu intérieur. Mais le plus impressionnant en plus de leur taille hors du commun, tout en longueur et dépassant largement les un mètre quatre-vingt, était leur grande beauté toute naturelle. Leur reine, une magnifique jeune femme de plus de deux mètres, avait les cheveux blancs comme la neige, et les yeux jaune orangé comme un beau coucher de soleil. Elle s'était platement excusée lors de leur présentation pour ne pas être venue plus tôt à son encontre, disant que « les astres n'étaient pas encore correctement alignés, et que les arbres pleurèrent lorsqu'elle avait tenté malgré tout d'ignorer les signes pour quitter son royaume et le rencontrer… ». Acquiesçant poliment, il avait cru entendre Luna parler. Tout ce qu'il avait retenu, c'était qu'aujourd'hui avait été le bon jour.

Ne tenant pas en place face à toute cette animation, Harry n'avait pas résisté au plaisir de se mêler à cette foule de badauds, ne craignant aucunement de se faire bousculer, et s'arrêtait à chaque stand, chaque magasin ouvert sur les rues, ou chaque animation qu'il croisait. Les gens s'écartaient d'eux-mêmes de son passage, les marchands devenaient craintifs en le reconnaissant et se pressaient de s'incliner bien bas, et n'osaient jamais l'aborder pour lui vendre leurs produits, mais à aucun il n'y prêta attention et préféra aller de lui-même vers eux. Trop prit dans le plaisir de l'instant, et le riche spectacle qui s'offrait à ses yeux. Excité, il tirait Edward par la main pour observer un étalage où des pinsons jaunes battaient des ailes et gazouillaient dans leurs cages. Plus loin, des acrobates marchaient en arrière sur les mains, des yeux peints sur les fesses et des gants géants sur les pieds en guise de mains. Derrière eux, des musiciens des rues battaient la mesure, en cadence avec leurs pitreries. Il explosa de rire en voyant l'un d'entre eux, à demi caché, réprimander deux petits chiens lassés de tourner en cercles sur leurs pattes arrière pendant qu'il jouait du cor. Comme avant les attaques d'Arkans, les gens avaient repris vie et criaient et négociaient, leurs voix se mélangeant dans cette cacophonie, juste un peu plus loin les uns des autres. Des saltimbanques interpellaient les groupes des voix chantantes, et des joueurs amblaient proposaient à qui le voulaient de tenter de gagner à leurs jeux de hasard.

- Sel des montagnes d'Arathéa, proclamait une femme en levant un paquet blanc.

- Indigo des îles Esivlyn, Indigo, aussi précieux et bleu ! Scanda un autre homme.

- Qui veut du musc ? Qui veut faire l'amour ? Appela un autre, la mine coquine.

À ces mots, ce fut le prince qui l'arrêta pour lui lancer un regard lascif. Haussant les yeux au ciel, il le força à reprendre la route sans répondre. Se laissant entraîner par le flot de la foule, il prit le temps pour chaque étal, chaque plaisantin, et sourit aux petits qui, tout autant excités, les bousculaient dans leur course folle. Il aimait ce lieu avec l'amour d'un enfant resté trop longtemps sage. Il en aimait les couleurs, l'agitation commerciale, et surtout le bruit. Le mélange de langues étrangères lui plaisait particulièrement. Surtout lorsqu'un marchand étranger, à la belle peau noire presque bleue et aux fascinants yeux ocre, plus hardis que les autres, tenta de lui vendre une sculpture de marbre assez étrange dans une langue inconnue. Il dansa d'un pied sur l'autre, mal à l'aise, en ne comprenant strictement rien à ce que disait le pauvre bougre. Ce dernier, croyant à un rejet, suait à grosses gouttes, lançait des regards désespérés à ses collègues tout aussi figés, regrettant déjà sa hardiesse à avoir abordé la Sorah. Les autres marchands observaient la scène de près, afin de savoir s'ils pouvaient tenter de lui vendre quelque chose à leur tour, ou au contraire se taire à son passage. Gêné, il finit par se défaire vivement d'un des bracelets en or et rubis qu'il portait au bras, le lança au malheureux, et lui prit sa sculpture en lui faisant un sourire qui tenait plus du rictus. Car bien entendu, il ne pensait jamais à prendre de l'or dans une bourse.

Edward, à ses côtés, explosa d'un rire discret derrière une main élégamment levé devant sa bouche. Le menaçant d'un regard, il crut qu'il allait pouvoir partir lorsque le marchand, abasourdi devant le précieux bracelet qu'il lui avait donné se remit à lui parler dans sa langue. Il en gémit de défaites, et allait s'en aller comme un voleur lorsque son compagnon le surprit au plus haut point. Sans sembler en difficulté, il répondit aimablement au marchand dans sa langue, obtenant un hochement de tête et un sourire ravi, et, trop abasourdi, il se laissa entrainer plus loin. Mais à mesure qu'il continuait leur balade sur le marché, il se faisait à présent continuellement héler et happer par les autres marchands. Encouragé par le fabuleux bijou qu'avait gagné leur comparse. Voyant les discrets regards amusés du prince, il sentit son mécontentement poindre de nouveau.

- Quoi ? Demanda-t-il, n'y tenant plus. Tu frimes parce que tu parles plusieurs langues !

- Non, ce n'est rien, commença-t-il, puis avisant son regard appuyé, il finit par lâcher : c'est juste que la Sorah, d'après les légendes, parle « toutes les langues des êtres doués d'intelligence d'Elysion ». Donc, tu aurais dû le comprendre.

- Je n'ai jamais eu le manuel, tu t'en souviens ? Je ne suis pas comme toutes les Sorah, mon cher !

Dans sa tête, il pensa plutôt au fait qu'avec son lien avec son Ancre toujours incomplet, ce n'était pas étonnant qu'il ne soit pas à son plein potentiel.

- Depuis quand tu t'y connais en légende sur la Sorah ? Fit-il au bout d'un moment pour s'éloigner de ces pensées dérangeantes.

- Depuis que l'homme qui partage ma couche en est devenu une.

Il sourit en rougissant, mais ne trouva rien à y répondre. Haussant les épaules, il continua à déambulant dans les rues du marché.

- Au fait, que lui as-tu dit ? Demanda-t-il en pensant au marchand étranger. Il a dû être surpris que je le paie comme ça, non ? Comment t'as rattrapé le coup ?

- En lui disant que tu adorais vraiment les sculptures érotiques…

Il sentit sans qu'il n'ait besoin de la voir un rougissement lui monter au visage et descendre le long de son cou. Il ne savait pas si le vampire était sérieux ou non, mais il arrêta de serrer la fameuse sculpture contre sa poitrine.

Bien vite sa bonne humeur et son émerveillement revinrent, et il put profiter pleinement du travail des forgerons penchés au-dessus de tas de fer, d'un dérivé de ce qu'il reconnut comme de la bière qu'un tavernier lui offrit avec respect. Plus loin encore dans une rue étroite, il croisa des danseurs du ventre qui chantaient et dansaient en portant des vêtements de cuir si fin que l'on voyait pratiquement au travers. Des bohémiens les accompagnaient en frappant des barres de plomb en rythme tout en chantant des chansons au vers inconnues, plus pour eux-mêmes que pour attirer les visiteurs. Harry se régalait de tout.

Puis vint un des plus beaux et des plus grands étals de tous où était exposé à la vente des rouleaux de laine d'un rouge lumineux qui attirait le regard à trente pas de distance. Les marchands, extravagants, portaient des masques qui leur donnaient l'air d'affreux oiseaux. Une table était disposée devant eux, et dans un coin ils avaient placé un petit bol d'encens qui fumaient agréablement aux alentours. Ces marchands savaient présenter leur tissu, qu'ils déroulèrent entre deux bâtons avant de l'agiter devant Harry lorsqu'il s'avança vers eux, mais pas trop près, des petits tas de briques marquant la limite au-delà de laquelle les clients n'étaient pas supposés avancer. Mais, voyant qu'il était un invité de marque, ils se bousculèrent pour venir lui ouvrir le passage pour le convaincre d'acheter un ou deux rouleaux de toile. Les remerciant, il fut forcé d'en prendre un, qu'il confia à Edward qui lui lança un regard d'avertissement, mais le prit tout de même, avant de se séparer d'un autre bracelet d'or.

- Je ne suis pas ton valet ! Râla le prince en faisant signe à un des gardes alentour pour lui remettre le rouleau. Et arrête de dilapider tes bijoux. Ils valent cent fois le prix de ce que tu achètes.

- De un, rétorqua-t-il en tendant la sculpture au soldat, ravi de s'en débarrasser, ça s'appelle l'entraide ! Tu as les mains vides, donc, tu peux bien m'aider. De deux, ces bijoux sont à moi, j'en fais ce que je veux. Mais si le cœur t'en dit, libre à toi de te délester de ta bourse, mon cher. Et de trois, on est riche, alors ne soit pas radin !

Il se pressa d'avancer pour ne pas entendre les remontrances que son petit discours ne louperait pas d'amener. Et alors qu'il flânait, lançant un regard méfiant à un autre sculpteur sur bois, un doux fumet parvint à ses narines. Il allait atteindre les marchands de nourriture, par-delà un groupe de chamailleurs. Mais alors qu'il approchait, il aperçut un autre soldat avec un bâton de service crier à travers un mouchoir après un marchand qui vendait des tortues, des petites chouettes, et d'autres animaux exotiques. Le garde désignait un singe dans un état pitoyable enfermé dans une cage, et qui avait l'air d'avoir été battu. Edward quitta immédiatement ses côtés pour intervenir et régler l'incident. Quelques instants plus tard, le singe était emmené, et le marchand, en plus d'une amende, était emmené pour avoir tenté de résister. Tout ça après avoir sursauté et supplié Edward qu'il n'avait pas vu surgir dans son dos.

Se détournant une fois l'incident réglé, sa bonne humeur quelque peu atteinte, il tenta de la retrouver devant l'étalage de nourriture et de boissons qui s'ouvrit à lui. Il était en train d'engloutir avec un plaisir certain une brochette de viande cuite au feu de bois lorsqu'il se fit joyeusement asperger d'eau par des enfants qui couraient et jouaient dans la petite fontaine près de lui. Son amant à ses côtés fit un bond, alors que lui aussi était bien arrosé, tandis que les coupables s'enfuyaient rapidement de la scène de crime. Devant l'air dépité qu'afficha le vampire, qui semblait comme se demander s'il devait entreprendre des représailles, il éclata de rire. Il se fit fusiller d'un regard noir, mais continua à rire à s'en tordre le ventre. Sa joie transpirait de lui par son visage, et surtout, par leurs esprits toujours connectés. Doucement, son rire se tut alors que leurs regards se croisèrent pour ne plus se lâcher, complice. Dans sa tête résonnait un ronronnement doux en réponse à sa jubilation. Et il était figé dans un échange de regards langoureux, lorsque, soudainement, le vampire le saisit par le bras et l'entraina dans son sillage. Il se laissa docilement mener par lui plus loin vers des rues abandonnées de toute animation. Là, sous son regard curieux, ce dernier l'attira dans une étreinte puissante avant de lui dévorer méthodiquement la bouche. Il ne savait pas trop ce qui l'avait enflammé, mais il ne se gêna pas pour répondre à chaque attention, chaque coup de langue, qu'il recevait.

- Tu démarres toujours au quart de tour, toi. Se moqua-t-il.

- Hum… Fit le prince en fronçant du nez. Tu as le goût de la viande brulée.*

- Pff… Arrête de toujours de me renifler, ou me goûter, et surtout de le dire, râla-t-il. C'est juste… Malpoli !

- Mélangé à un soupçon d'alcool ! Se moqua-t-il encore sans relever ses dernières paroles.

- Hé ! T'es pas forcé de m'embrasser ! Je suis sûre d'arriver à trouver une gentille petite vampire toute prête à le faire sans faire autant de chichis.

- Oh, mon lapin devient vicieux… J'adore ! Alors, soit ! Malgré ton haleine plus que discutable, je me dois de me sacrifier pour mon peuple. Embrasse-moi !

Cet horrible surnom avait l'air de vouloir lui rester. Il lança un regard menaçant qui coula comme de l'eau sur sa victime, sans même un frémissement. Au contraire, celui-ci restait là, rigolant de sa blague, à le regarder intensément. Les doux rayons du soleil, qui parvenaient avec peine à traverser les épais nuages du temps encore couvert, étincelaient dans ses longs cheveux brun-roux de millier de petits reflets cuivrés. Sa moue moqueuse retroussait ses yeux, joueur, plongé dans les siens qui scintillait encore plus de leur irréelle couleur améthyste. Baissant le regard, il suivit le long de l'arrêt de son nez droit jusqu'à son début de barbe, puis le petit grain de beauté, qu'il avait pris plaisir à découvrir une nuit, qui était visible depuis l'arrière de son oreille droite. Le bonheur et le plaisir étaient aussi visibles sur ces traits. Une bourrasque de vent souleva ses longs cheveux et lui cacha le visage, et il s'empressa d'y passer la main dans une douce caresse pour les dégager. Sa magie qui l'entourait joyeusement, comme sentant que le moment était solennel, ne le rendait que plus parfait. Et tout en continuant à le lorgner, il ressentit soudainement une violente émotion remontée le long de sa gorge, et cingler ses reins.

Depuis le début de leur relation, après les disputes et les combats, il avait toujours été celui qui se laissait porter par l'autre. Il avait laissé le soin à son amant de le séduire, de le conquérir, de s'imposer dans son esprit, et par la suite, dans son corps. Et même s'il avait maintes et maintes fois éprouvé, et accepté, un fort désir pour lui, il sentait qu'aujourd'hui tout était différent en un sens. D'habitude, c'était un feu dévorant qui lui embrouillait l'esprit et le laissait affaibli qui le faisait s'unir au vampire. Encore timide dans cette relation, il se contentait de se laisser faire, et profitait pleinement de ce qui lui était offert. Pourtant, aujourd'hui, alors que l'expression de ce dernier se faisait plus sérieux, voire curieux, il sentit que c'était différent. Il n'avait pas envie de s'abandonner à lui. De lui laisser les rênes. Non, le feu qui brulait ses reins était un besoin de partage absolu. Ce feu qui le fit s'avancer vers lui pour le plaquer contre le mur d'une boutique quelconque attendait de son partenaire qu'il s'unisse sans contraintes. Son corps qui se collait se languissait, contre un autre ne laissait place à aucun doute. Et bien que légèrement plus petit, il n'eut aucun mal à tirer sur les longs cheveux qui passait devant ses yeux, entrainer par le vent, pour abaisser le buste de leur propriétaire et mordre dans la chair tendre d'une lèvre inférieure tentatrice. Sans honte, il planta son excitation contre le ventre de son vampire qu'il sentit se contracter. Et le regard noirci qui affrontait le sien sans fléchir comprenait que trop bien ces nouvelles pulsions.

Ce besoin lancinant. À lui en couper le souffle… Lui donna envie d'être égoïste…

Il voulait prendre toute cette adoration qu'il voyait dans les yeux du vampire, se noyer dans ces doux sentiments, et le garder pour lui seul. À cet instant précis, il eut envie de lui parler de leur lien de Sorah à Ancre. Il voulait l'enfermer, le garder dans son ombre, à un endroit où lui seul pourrait se repaitre de sa beauté. Il eut envie de le forcer à le choisir, lui. Lui et toujours lui. C'était de la possession… De l'obsession… Ou de l'amour ? Oui, voilà où était la différence avec les autres fois : il voulait s'approprier corps et âme son compagnon. Pour une fois, il était celui qui exigeait.

- Est-ce que tu renoncerais à tout pour moi ? Dit-il à voix haute sans s'en rendre compte.

- Est-ce que tu me le demanderais ?

Rougissant de gêne, il ne s'attendait vraiment pas à lâcher ses pulsions comme ça à voix haute. Et encore moins à recevoir une telle réponse. Même si, à l'œil billant qu'avait son amant, il se doutait que celui-ci avait depuis longtemps suivi une partie de sa propre réflexion en même temps dans sa tête. Son pouvoir pouvait vraiment être encombrant parfois…

- C'est différent, n'est-ce pas ? Lui murmura Edward, comme pour ne pas briser l'instant. Lorsque c'est toi qui me désires.

Il l'embrassa pour le faire taire. Pour punir ces lèvres qui le narguaient et calmer le feu qui le consumait.

- Sache que lorsque tu le demanderas vraiment, continua-t-il malgré tout, je me donnerais à toi.

Un autre baiser plus profond suivit tout de suite après. Sa langue ravagea la bouche aimée comme voulant y laisser à jamais l'empreinte de son passage.

- Et ce jour-là tu me feras l'amour. Ronronna le vampire.

Grognant, il sentit une jambe entourer son bassin, tandis que le corps d'Edward prenait sensuellement appui contre le sien. Et il répondit à la provocation dans un premier coup de hanche.

- Comme le ferait un amant à son amant. Haleta encore son prince contre ses lèvres, leurs dents s'entrechoquant. Sans barrière ni contrainte.

N'importe quel villageois aurait pu apparaitre et les trouver dans cette position. D'ailleurs, étant la Sorah, en compagnie d'un des princes vampires d'Elysion, aucun doute que leur garde personnelle discrète dût les épier en rougissant pas trop loin.

- Et là, finit le vampire, je saurais que j'aurais absorbé chaque parcelle de ton âme.

Il gémit plaintivement à ces derniers mots. Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours si intense ? Pourquoi fallait-il que tout soit toujours si profond avec lui ? Lui qui se cachait et se débattait. Son cœur battait tellement la chamade qu'il aurait pu en sortir de sa poitrine.

- Je vais partir, Edward…

Cette phrase était sortie toute seule. Bien malgré lui. Comme une évidence.

- Je sais.

- Viens avec moi…

- Je ne peux pas. Et tu le sais. N'ébranle pas plus mon cœur.

Oui, il le savait. Son compagnon avait tout un royaume à gérer, royaume qu'il avait quitté depuis bien trop longtemps, pour venir crapahuter avec lui à travers tout Elysion. Surtout qu'une guerre faisait rage, il devait préparer ses hommes, et renforcer la sécurité de ses terres. Lui, son rôle, était de créer des alliances tandis qu'Edward préparerait la guerre. Leur chemin ne pouvait que se séparer. Un court instant…

- Je reviendrais, Edward…

- Je sais.

- Et tu me feras visiter toutes les terres d'Efryn.

- Ordonnez et j'obéirais, noble Sorah.

Il l'embrassa durement pour sa moquerie. Car s'il y avait bien quelqu'un qui n'était pas sensible à son pouvoir ou à ses ordres c'était bien lui. Là, serré entre ses bras, il pensa que ce qui lui manquerait le plus durant leur séparation sera certainement leurs joutes. Et sa peau. Oh, oui, cette douce peau qui s'étendait sous le col de son vêtement. Cette mer blanche et froide où perlaient quelques grains de beauté. Leur baiser gagna en intensité alors que sa main se repaissait du corps collé au sien. Sa main s'apprêtait à descendre le long d'un torse contracté vers une bosse qu'il sentait poindre contre lui lorsqu'un chant de trompettes et de cornemuses retentit à l'avant du marché.

- La joute va commencer, se ravit Edward en se détachant brusquement de son étreinte. Allez, viens !

Il faillit tomber sur les fesses tant il fut brusque à se dégager. Il se rattrapa et empêcha de justesse sa brochette de viande à moitié entamée qu'il tenait toujours d'une main de tomber au sol.

- Je n'ai pas fini ! Se plaignit-il.

Il ne savait pas très bien s'il parlait de sa nourriture ou de son désir encore inassouvi. Et le regard goguenard du vampire le mettait au supplice. Il tenta de le recoller au mur, en vain. Sa magie, échauffée, semblait encore plus frustrée que lui, et bouillonnait autour d'eux en faisant vibrer son collier.

- Oh… Moi aussi, j'ai envie de toi… Tu n'as qu'à penser à autre chose comme moi l'autre matin, lui susurra sadiquement Edward en se dérobant. Je te laisse quelques minutes.

Malgré son air de chien battu, puis ses gros yeux menaçants, il dut bien se résoudre à tenter de se calmer comme il put. Seul. Il ignora tant bien que mal le rire narquois dont il était l'objet tout en prenant de grandes inspirations. Aucun doute, le vampire se vengeait merveilleusement bien de sa dernière blague où il s'était retrouvé dans la même situation : sur sa faim. Il ragea un peu plus, marchanda même, mais ce dernier restait inflexible. Puis, à moitié calmé, seul, attrapant sa main, il se laissa entrainer sans pitié dans un nouveau dédale de rues. Dans son esprit dépité, il tentait toujours de s'évader l'esprit et réussit à faire baisser lentement la pression de son corps. Il finit par courir à moitié derrière son amant, le bras enserré dans sa prise forte, tentant de ne pas s'étouffer en finissant rapidement de manger. Il devait avoir une sacrée allure ! Ils retrouvèrent assez rapidement l'énorme place du marché, beaucoup moins fréquenté, et la longèrent en direction des larges portes d'entrée de la cité. Juste avant d'y arrivé, ils bifurquèrent dans une rue adjacente, et finassèrent par longer une rue étroite pour arriver face au mur d'un haut bâtiment circulaire. Le prince bifurqua à l'entrée où se pressaient les habitants, et ils prirent une porte dérobée et gardée par les gardes pour entrer. Après une volée d'escaliers qui essouffla Harry, ils parvinrent en haut d'une estrade, et il put voir la petite arène qui avait été aménagée pour l'occasion. Partout les gens se pressaient derrière de lourdes barrières de bois, loin de la lice au milieu de l'arène, attendant avec impatience que débutent les réjouissances.

Harry passa une main discrète sur son visage et sa bouche grasse, et fit un large sourire à son amant lorsque celui-ci sortit un mouchoir de sa cape pour gentiment le débarbouiller. Il manqua de l'embrasser devant tout le monde pour le remercier, et le sourire goguenard que lui fit celui-ci prouva qu'il avait capté le début de son geste. Avec un clin d'œil, il alla s'installer sur un des trônes qui avait été érigé à son attention, Edward à ses côtés. Il sourit à Rosalie, qui avait retrouvé son teint de porcelaine, et qui d'un geste délicat de la main remit une de ses mèches rebelles derrière son oreille. Plus loin, Esmée était divine aux côtés de son époux, et se régalait de cette fête à son honneur. Sentant son regard, elle lui fit un discret clin d'œil. Seule Alice le regardait d'un air perdu, puis lui sourit de manière maladroite. Tandis que Jasper évitait son regard, et qu'Emmett lui faisait un large sourire suggestif comme s'il avait été témoin de ce qu'il s'était passé plus tôt entre son frère et lui. Sur cette large estrade, la famille royale et lui-même étaient les seuls en hauteur face à l'arène, avec la reine des Élémentaires à leurs côtés. Puis, un cran plus bas venait les hauts dignitaires étrangers, et les nobles. De leur place, il exposait leur suprématie au peuple en liesse et dominait totalement la future aire de jeux. D'autres coups de trompettes accompagnèrent l'arrivée des participants à la joute, et il se détourna de la foule pour se concentrer sur leur entrée. Et quelques minutes après un long discours de bienvenue, au signal du roi Carlisle, cette dernière débuta. L'épreuve était la plus spectaculaire de toute celle qu'il avait pu un jour voir. Les adversaires s'affrontaient directement, à pied et à cheval, et semblaient sans peur malgré le fracas de la lance sur leur armure. Il avait depuis longtemps serré les dents puis, après une rencontre fracassante de deux cavaliers, ferma les yeux.

- Connais-tu les règles d'une joute, lui demanda Edward à son oreille.

- Faire chuter l'adversaire, dit-il en retenant une grimace à l'entente d'un autre affrontement tout aussi violent. Et le tuer au passage.

Le rire clair de son compagnon le força à ouvrir les yeux et à tendre une oreille attentive.

- Non. Fit le prince. Pour être déclaré vainqueur, il faut briser le plus de lances possible sur l'armure des autres jouteurs. En cas d'égalité, la longueur du morceau brisé permet de départager les deux chevaliers.

Plus fasciné par la voix profonde et passionné du vampire que l'explication elle-même, il se tendit inconsciemment vers lui.

- Il est interdit de frapper ailleurs que sur l'écu ou sur la bavière du heaume, dit ce dernier d'un ton docte. Et une lance n'est déclarée réellement rompue que lorsque l'éclat est complètement séparé du tronçon.

- Tu en as déjà fait une ? Demanda-t-il, curieux. De joute ?

- Bien sûr. J'ai dû gagner mes galants de guerriers comme tout le monde. Et la joute est le meilleur moyen de déterminer les meilleurs d'entre nous.

Soudainement plus intéressé, il se surprit à prendre plaisir à observer ses hommes se lancer au galop les uns contre les autres, se penchant et commentant avec le vampire, si la lance était bien brisée ou non. Finalement, après une longue bataille, il ne resta que deux participants. Un petit soldat gringalet, mais agile portant les armoiries d'Alayis. Et un autre, un chevalier étranger, dans une armure totalement noire, dont le large heaume en corne pointu ne permettait à personne de voir son visage. Lorsqu'ils durent jouer la finale, il fut surpris de le voir s'approcher de lui avec son cheval, s'incliner, et à son signal, prendre la parole :

- Ma Sorah, dit sa voix rauque et caverneuse. M'accorderez-vous le droit de porter vos couleurs ?

À ses côtés, Edward se renfrogna, pas du tout ravi de l'attention. Lui, était plus perdu qu'autre chose. Sans y penser, il accepta d'un mouvement du menton, et il vit quelques secondes après une de ses servantes entrer dans la lice et tendre un mouchoir entièrement blanc, avec un petit signe qu'il ne voyait pas de sa place brodée dessus, au cavalier noir.

- Je gagnerais en votre nom, lui dit celui-ci avant de se détourner pour se mettre en place. Je saurais me montrer digne de votre faveur.

S'il le disait, pensa ironiquement Harry. Et après que le petit soldat d'Alayis ait fait la même demande à la reine, et que son vœu lui soit accordé, les deux combattants prirent de nouveau place dans la lice.

Le signal. Le cor sonna clair dans la foule des badauds qui regardaient avec extase les jeux. Et Harry se surprit à se redresser sur son siège pour mieux suivre l'affrontement. Les deux chevaux partir au galop, et peu à peu le cavalier noir descendit sa lance afin de la briser sur son adversaire. Plus que cinq mètres… Quatre mètres… Trois mètres… Soudain, le soldat d'Alayis avança son bras, et sa lance fila droit vers celle de son adversaire, le devançant. Aucune lance ne se brisa, mais le chevalier noir fut durement touché au bouclier, perdant de peu l'équilibre, mais se retenant de chuter. Par contre, il ne parvint pas à retenir sa lance de tomber, et il finit désarmé. La foule devint folle, et les clairons sonnèrent de tout côté. Se provoquant d'un signe, les deux adversaires reprirent pourtant leur place au bout de la lice, et un écuyer courut apporter sa lance au cavalier noir. La partie pouvait reprendre.

Au signal, la cavalcade reprit. Intense. D'un coup, à mi-chemin de se rencontrer, le chevalier noir se redressa sur sa salle, le soldat d'Alayis en fit tout de suite de même, et, d'un piqué, les deux lances ennemies s'entrecroisèrent sur leurs boucliers respectifs dans un résonnement assourdissant. Le choc violent suffit à les briser en deux. Sous les acclamations de la foule, ils finirent leur course au fond du couloir. Aucun vainqueur ne pouvait encore être déclaré. Le troisième passage s'annonça rapidement. Une nouvelle lance dans les mains, les deux cavaliers se firent de nouveau face, et repartirent de plus belle. Mais cette fois, ce fut sans plus de feinte, plus d'esquive, juste une franche rencontre qui rendit même la foule silencieuse. Et lorsque les deux lances se rencontrèrent, sous leurs efforts, elles continuèrent leur course jusqu'à leurs boucliers pour s'y briser. Par ailleurs, pour cette fois, l'impact fut si brutal qu'ils chutèrent tous les deux. Encore une fois, des écuyers jaillirent dans la lice pour tendre une épée aux combattants avant de repartir. Dans le silence de l'arène, les deux adversaires se tournèrent autour un moment, s'intimidant, avant de passer à l'attaque. Une lutte acharnée débuta alors sous les nouveaux hurlements de joie de la foule. L'une contre l'autre, leurs épées crissèrent sous l'offensive. Et bien que plus fin, le soldat d'Alayis se défendit remarquablement en feintant et en parant les attaques brutes de son adversaire. Malheureusement, sous la violence des coups du chevalier noir, et ses assauts répétés, il finit par plier le genou à terre sous un coup plus fort que les autres. Il parvint à se défendre encore deux autres fois, avant d'être hargneusement désarmé, l'épée adverse à un centimètre de son cou. Et ce fut sous les acclamations de la foule que se pavana le vainqueur.

Souriant, Harry vit Esmée se relever et remercier de sa voix claire et chantante les combattants pour ce magnifique combat. D'autres écuyers revinrent dans la lice, redonna son cheval, et une lance au vainqueur, qui s'approcha alors fièrement de leur estrade.

- Je vous dédis cette victoire, ma Sorah, lui dit le cavalier noir.

- Et que réclamez-vous comme faveur pour cette dernière ? Demanda-t-il d'une voix claire.

Il y eut un silence curieux où tous attendirent sa réponse, avant qu'il ne se décide à ouvrir la bouche :

- Votre vie.

Et ce fut sous les yeux écarquillés de la foule et des souverains que le cavalier noir empoigna sa lance, la porta à hauteur d'épaule, le visa, et la lança. Il eut juste le temps de lever un bouclier protecteur qui brisa net l'arme venu vers lui avant que le pire n'arrive. Et d'un revers de main, son amant ne prit pas un souffle avant de lui briser la nuque, la tête du cavalier tournant presque totalement vers l'arrière, et le corps disloqué tomba dans un soubresaut au sol.

Et après un moment de lourd flottement, l'enfer se déchaina sur eux.

Les gens hurlaient, se bousculaient, et s'écrasaient pour fuir loin des arènes. Les nobles, tout aussi affolés, oubliaient leur précieuse étiquette et courraient partout en se montant dessus pour quitter l'estrade. La famille royale était dépassée, leurs voix hélant au calme, et ne parvenait pas à remettre la paix parmi la population alarmée. Et Harry eut juste le temps de voir un groupe de soldat entrer dans la lice pour s'approcher du corps du cavalier noir avant d'être tiré par le bras par Edward. Après un dernier regard vers son assaillant mort, il se mit à courir derrière lui, leurs doigts fortement entrelacés, ils ne se lâcheraient pas. Mais dans ce chaos ambiant, il perdit rapidement de vu la reine Elémentaire, mais vu l'éclat de sa magie affolée faire des dégâts sur son passage. Il gagna l'extérieur de l'arène sous les cris et les bousculades, pour se retrouver dans des rues où le chaos régnait en maitre. Tout était renversé, tout était détruit, les enfants criaient et pleuraient sous l'indifférence des adultes en crise. Des mères tentaient de les récupérer, mais, sous les hurlements et les heurts de la foule, leur effort était vain. Mais elles persistèrent.

Malgré les gardes qui tentaient de ramener le calme, Alayis était en crise. Car Alayis, la forteresse imprenable, avait été prise d'assaut.

Une épée tranchante faillit lui couper le cou sous son ébahissement et il ne dut son salut qu'à son compagnon qui usait violemment de son pouvoir pour briser les os. Immédiatement, leur garde personnelle les entoura pour les protéger. Des Arkans, partout, tuaient et blessaient les saltimbanques et habitants de la ville. Déjà, la rue pavée était rouge de sang. Un bruit de cor leur parvint alors d'au-delà des murs protecteurs de la cité, et leur propre cor retentit immédiatement tandis que les habitants continuaient de courir de tous côtés. Tournant la tête, en contre bas, vers les portes toujours ouvertes de la cité, il put apercevoir les Arkans qui avaient réussi à s'infiltrer dans la cité couper la gorge des soldats placés aux portes et les rouvrir dans un fracas assourdissant. Au-dehors, une vague des leurs sortit des fourrés et courut pour pénétrer dans Alayis, tuant tout le monde sur leur passage. Ils arrivèrent facilement à passer la première muraille, dont la porte était grande ouverte, le sang des soldats la gardant tachant l'eau des sirènes, et en conquérir l'accès. Longeant le pont de pierre, ils n'étaient ralentis que par ces dernières qui, déchainées, dans un saut magistral en saisissaient certains au passage pour les plonger dans leurs eaux. Malheureusement, cela n'était pas suffisant pour les arrêter et les empêcher d'atteindre la seconde muraille, dont la porte était elle aussi bien ouverte, et qui menait au cœur de la cité.

Sur la tour de guet, un soldat avait allumé un feu et sonnait à tue-tête dans son cor.

- Fermez les portes ! Enrageait Carlisle. Et que les hommes prennent leur poste sur les murs !

Une troupe de soldats répondit immédiatement à son appel et courut au-devant des ennemis. Au prix d'une bataille âpre avec les Arkans, les portes de la seconde muraille se refermèrent enfin, bloquant leur arrivée en masse. Mais les nombreux Arkans qui avaient pénétré les lieux effectuaient déjà un véritable carnage. Tandis que les autres, qui s'était faufilés dans la cité, éventrés tous ceux se présentant à eux. D'une onde de choc, Harry en empêcha un de tuer un petit garçon qui pleurait, abandonné au milieu du carnage. Mais le premier boulet de rocher qui rebondit sur le sol rocailleux près de lui, après avoir survolé la muraille de la cité, et qui éclata juste après la fermeture d'Alayis, tua le pauvre enfant sur le coup. Il se retint de crier d'effroi. Bien d'autres suivirent, et nombreux furent ceux qui parvinrent à traverser la muraille pour plonger par chance dans l'eau des sirènes qui firent des bonds furieux. Leurs hommes répliquèrent par une salve de flèches enflammées tirées du haut des murs qui déchira le ciel d'un sillage aux allures de foudre. Des tonneaux d'huile bouillante et de plomb fondu furent renversés à la hâte des mâchicoulis dans l'eau des sirènes, les faisant s'enfuirent, avant que, grâce à des flèches enflammées, un brasier ne s'allume et n'entoure les murs protecteurs de la ville.

- Aux abris ! Cria soudainement une sentinelle.

Et un rocher s'écrasa cette fois-ci plus loin dans la cité, détruisant les maisons, suivi d'un autre qui n'atteignit pas la muraille, mais se fracassa avec une violence inouïe. Leur tir s'améliorait. Le suivant percuta de plein fouet l'enceinte, et celui d'après la passerelle qui longeait le mur Est, brisant sans distinction pierres et soldats. Alors qu'il se faisait encore entrainer par Edward pour se mettre à l'abri, il entendit des cors et des cris poussés de la muraille qui longeait l'océan, qui leur indiqua qu'une troupe d'Arkans naviguant sur l'eau les attaquait dans le même temps de boulets de canons, et de tous côtés. Carlisle donnait les ordres à une cadence effrayante alors qu'ils se dirigeaient tous vers le château. Du haut des murs, les soldats continuaient à faire déferler leurs flèches à une vitesse hallucinante. Mais Harry pouvait comprendre à leurs cris désespérés que la bataille était mal engagée. Plusieurs Arkans amassé derrière la deuxième porte, protégée par un toit trop incliné qui déviait les projectiles lancés des tours, balançaient ce qui devait être un bélier contre cette dernière. Plus dangereux, il entendait des soldats s'affoler au sujet des mineurs qui tentaient de creuser une galerie sous la muraille, tandis que d'autres s'échinaient à desceller les pierres de fondation.

Au détour d'une rue, le Général en chef Allucard qui était rentré à Alayis pour l'anniversaire de la reine les rejoignait, accompagné d'un groupe de soldats, qui les suivit dans leur retraite. Immédiatement, Harry le vit tendre des armes à la famille royale, et il ne rechigna pas lorsqu'on le proposa un arc et des flèches.

- Mettez la reine à l'abri dans le château, leur ordonna Carlisle.

- Carlisle… Tenta Esmée.

Ils échangèrent alors un tel regard entre eux qu'il se sentit presque gêné d'être là à les observer. Cependant, personne n'eut le temps de bouger sous les diverses attaques dont ils faisaient encore l'objet. Des cris de douleurs, loin derrière eux, leur apprirent que des villageois avaient été surpris par un rocher lancé par l'ennemi qui n'avait de toute évidence pas cessé leurs efforts, tant le sol tremblait régulièrement sous leur pied.

- Il faut protéger les villageois, cria alors Alice, se faisant tirer par son époux pour se protéger dans une ruelle.

Dans leur nouvelle course, Harry pouvait apercevoir les jets des cordes et des grappins qui furent envoyés sur les murs, où beaucoup s'accrochèrent. Visiblement peu soucieux de la pluie de flèches qui s'abattait sur eux, des Arkans se ruèrent sur ces cordes et se mirent à grimper, tandis que d'autres, en contrebas, se jetaient sur les portes, dont les barres de sécurité se tordaient sous la pression des créatures massées de l'autre côté. Un envahisseur finit par poser le pied au sommet de la muraille, à l'instant précis où un soldat tendait le bras vers le grappin pour s'en débarrasser. Poussant un hurlement, l'Arkan lui trancha la gorge d'un coup sec de l'épée avant de continuer son carnage.

- Il faut que j'y aille, dit soudainement Jasper en s'arrêtant pour voir les dégâts. Je vais aller aider les hommes sur la muraille.

- Non, mon fils, s'écria Esmée, affolée.

- Je suis le meilleur archer d'Elysion, mère. Sans compter que les gardes ont besoin d'être guidés. Rejoignez le château, et organisez notre défense.

- Oui, Esmée, intervint Alice, je veillerais sur lui.

- Je n'ai pas dit que tu viendrais, grogna immédiatement Jasper.

- Pas la peine. Je l'ai déjà vu.

Et après un dernier regard dans sa direction, elle s'élança, se faufilant habilement entre les passants et les attaquants, vers la muraille. Son époux, après un dernier grognement de surprise, la suivit rapidement. Vers les murs, la brèche créée grâce aux grappins avait permis à plusieurs Arkans de poser le pied sur la muraille et de se battre au corps à corps avec les archers.

- En avant, ordonna Carlisle, après un dernier regard déchiré vers son fils. Que les hommes se rassemblent pour mener l'offensive !

Ils rejoignirent à la force de l'épée contre des Arkans trop téméraire, et grâce à leur habilité à esquiver les boulets de rochers, les abords de la grande place de la ville, près du temple de la Sorah, où une troupe de soldats s'étaient déjà rassemblés. Immédiatement, Harry vit le roi s'en approcher pour en prendre le commandement.

- Nous allons tenter une sortie et mener une bataille à découvert, cria Emmett par-dessus les cris. Il faut qu'ils cessent leurs bombardements ou ils vont réussir une percée.

Le corps raidi d'Esmée lui fit mal au cœur, pourtant, elle ne protesta pas lorsque son ainé, suivi de sa femme, se fraya un chemin vers le port pour les prendre à revers avec une troupe de soldats dans son sillon. Son départ fut ponctué par le bruit des catapultes qui envoyèrent des projectiles qui vinrent s'écraser sur les gens de la cité, et qui détruisirent des pans de la muraille.

- Je te suis père, répondit Edward à ce qui semblait être une pensée de ce dernier. Nous allons mener la riposte à l'intérieur, et protéger les habitants de la cité, lui dit-il pour l'informer.

- Retourne au château, hurla Carlisle à sa femme sous les coups des canons. Escortez la reine !

Harry écarquilla les yeux de voir Carlisle et Esmée échangé un dernier baiser enflammé avant de se séparer. C'était bien la première fois qu'ils les voyaient avoir un tel rapprochement. Le protocole faisait qu'ils étaient toujours à la limite de la froideur l'un envers l'autre. Mais là, sous ses yeux, leur amour était flagrant. Du coin de l'œil, il croisa le regard caressant de son amant et en frémit de la tête aux pieds. Cependant, personne ne fit trois pas avant que, passant devant le temple de la Sorah, ils se retrouvent pris en embuscade par des Arkans. Immédiatement, Edward qui avait depuis longtemps dégainé son épée attaquait, suivi de la garde qui les accompagnait. Lui, derrière, encocha sa flèche. Seul le couple royal resta protéger au milieu de leur cercle, mais l'épée qu'avait sortie Carlisle, montrait qu'il était tout aussi prêt à en découdre.

- Attention, ma Sorah, lui cria par-dessus les coups d'épée Allucard en lui montrant un Arkan qui l'attaquait de dos.

Il l'abattit d'une flèche, et, se plaçant devant le couple royal, il abattait tous ceux qui parvenaient à briser leur cercle protecteur. De temps à autre, il utilisait sa magie brute, tout en remerciant son collier de veiller à ne pas le laisser s'épuiser ou déborder, pour envoyer voler leur attaquant. Certains encore se faisaient carboniser sur place d'une boule de feu, ou écarteler par les racines qu'il faisait pousser de terre. Il prenait le temps malgré les combats de se contrôler, pour ne pas laisser sa magie l'emmener dans une frénésie qui le pousserait à encore une fois détruire par erreur une des tours du château. Tout en le laissant usé au passage. Inutile d'aider leur assaillant. Armant une nouvelle flèche, il tua à bout portant un autre Arkan, faisant littéralement exploser deux autres d'un geste de la main, avant de voir arriver une nouvelle troupe prête au combat qui les submergea.

- Mais d'où sortent-ils bon sang ! Hurla Carlisle en rejoignant la bataille.

Brisant une nuque de son pouvoir, avant de tirer une nouvelle flèche, Harry vit alors que son amant était en mauvaise posture contre deux Arkans. Il se tendit puis se rassura en le voyant réussir à en abattre un. Mais frémit en le voyant ensuite perdre l'équilibre sous une nouvelle avalanche de boulets de pierres tirer des canons ennemis, et il hoqueta lorsque son adversaire en profita pour y glisser un coup d'épée vers ses côtés, le blessant. C'était bien la première fois qu'il voyait un ennemi transpercer sa garde. Le prince hoqueta de douleur et tenta de reculer. L'Arkan, ravi, arma un coup pour frapper sa tête, mais quand sa main s'abattit, elle retomba sur la barrière invisible du bouclier de protection qu'Harry venait d'ériger. Son amant en profita pour reprendre un souffle, puis, lorsqu'il abaissa son bouclier, il se pressa de frapper son ennemi au ventre pour le traverser de part en part, lui arrachant un hurlement, avant de le décapiter. Son visage noir de sang se tourna un instant vers lui, et ils s'échangèrent une multitude d'émotions par ce simple contact visuel avant qu'Allucard ne surgisse entre eux pour lancer une autre épée à la garde décorée de pierres précieuses. Fasciné, il prit un instant dans le feu des combats qui faisaient toujours rage pour voir son amant lever les deux épées dans un enchainement de cercles tournoyants qui trancha quelques gorges ennemies au passage avant de reprendre une position d'attaque. Les deux épées fermement maintenues à hauteur du visage, une main en avant et l'autre au niveau du torse, il était magnifique et s'apprêtait à reprendre le combat avec ses deux épées, particularité réservée aux meilleurs épéistes. Leurs regards se croisèrent encore une fois un court moment avant qu'il ne reprenne la lutte.

Il dégainait une nouvelle flèche, ravi de voir qu'il prenait le dessus, lorsqu'il se figea en voyant cette fois-ci d'autres Arkans surgirent de son temple. Un frisson parcourut son corps, le glaça jusqu'aux entrailles, alors qu'une horrible pensée lui traversait l'esprit. Observant les combats alentour, Edward et Carlisle faisaient un carnage et tournoyaient maintenant l'un avec l'autre avec une grâce toute particulière. Manifestement, ils avaient l'habitude de combattre ensemble. Quant à Esmée, si douce et aimante, elle était celle qui en abattait le plus armé d'une lance d'or qu'elle faisait tournoyer continuellement autour d'elle. Allucard et ses hommes non plus ne faiblissaient pas dans leurs efforts et repoussaient leur assaillant dans leur retranchement. Voyant que la situation était presque maitrisée, il lança un dernier regard au dos de son compagnon, avant de reculer discrètement vers le temple. D'un balayement de la main, il écartait ou broyait tous les Arkans qui osait se dresser contre lui. Il venait d'atteindre les premières marches du temple lorsqu'un bruit dans son dos le fit se retourner brusquement, arme au point et prêt à décocher une flèche.

- Sieur Loan de Benrlerac, accueillit-il le Capitaine de sa garde personnelle. Pourquoi ne suis-je pas surprise de savoir que vous me suivez…

- Pardon, Sorah, mais c'est notre rôle de veuillez à votre sécurité.

Des ombres apparurent et révélèrent les autres membres de sa garde. D'un haussement d'épaules, il continua son ascension et pénétra dans le temple. Au final, la présence des soldats fut bien utile, car ils se précipitèrent immédiatement au-devant des Arkans qu'il croisa en route. Les laissant à leurs combats, cela lui permit de rejoindre la salle du fond qui abritait en son sein de larges autels et des tabernacles. Là, la statue d'une femme, qui priant solennellement à genoux, avait été poussée vers l'arrière, libérant le fameux passage secret. Et devant le passage se tenait Marianne.

- Alors, c'est vrai, dit-il, la faisant sursauter. Tu m'as trahi.

Ses yeux écarquillés l'observaient, la panique s'y reflétant clairement.

- Non, dit-elle d'une voix trop aiguë. Ce n'est pas ce que tu crois !

- Oh, tu penses ?

- Je n'ai jamais voulu ça !

- Oh, tais-toi ! Ne me fais pas l'affront de continuer à me prendre pour un imbécile. Tu es prise sur le fait !

Dans l'étroit couloir sombre, déjà il pouvait percevoir la cavalcade d'une nouvelle troupe d'Arkans pressé d'en découdre. Marianne avait dû l'entendre aussi, car elle fit rapidement un geste vers la statue, et il encocha tout aussi rapidement une flèche à son arc qu'il tira à un centimètre de sa tête. Et lentement, la regardant droit dans les yeux, il encocha une nouvelle flèche.

- Oh, je t'en prie, grinça-t-il, donne-moi donc une autre raison de t'abattre comme une chienne !

Il la vit se figer à ces mots, et ne la lâcha pas de son viseur. Prêt à décocher sa flèche puis à refermer le passage secret. Mais il fut pris au dépourvu lorsque, d'un geste rapide, elle ferma elle-même le passage. Laissant les Arkans taper et grogner derrière.

- Harry, supplia-t-elle, je t'en prie. Il faut…

- Comment oses-tu m'appeler par mon nom ? Ragea-t-il, bien qu'un nouveau doute l'assaille suite à son geste. Tu n'as plus ce droit, traitresse !

- Ma Sorah, je…

Il allait de nouveau l'interrompre lorsqu'elle se tut d'elle-même, le corps tendu. Puis, lentement, ses lèvres s'ouvrir sans émettre de sons, elle eut un soubresaut, avant que ses yeux ne se révulsent. Il la vit se tendre en arrière, s'étouffer, et trembler de tous ses membres. Puis, comme au ralenti, il aperçut la pointe d'une épée la transpercer de part en part par-derrière. Au niveau du cœur. L'arme entra et ressortit en elle comme dans du beurre dans un bruit mouillé de chairs déchirées. Abasourdi, il la regarda s'écrouler au sol comme une poupée à qui on aurait coupé les fils. Derrière elle, dans le silence, se dressa alors une forme féminine qu'il ne reconnut pas tout de suite. Caché dans la semi-pénombre, il retendit son arc, se forçant à ne pas jeter un œil à son ancienne amie agonisante, et plissa des yeux pour tenter de reconnaitre son adversaire. Des yeux brillants dans le noir le fixaient avec gourmandise, avant que la silhouette ne s'avance dans la lumière pour dévoiler des traits dévorés par la haine, encadrée par de longs cheveux blonds cendrés. Il fronça des sourcils, incertains. Puis, telle une claque, il la reconnut enfin.

- Laetitia… Souffla-t-il.

Son ancienne servante, de lorsqu'il subissait encore l'acharnement d'Edward et de Jasper en tant qu'Animal. Celle qu'il aimait narguer quand il avait été servant. Celle qu'il avait quittée à Efryn. Il eut comme un retour en arrière alors que tous ses pauvres souvenirs d'elle lui revenaient en mémoire.

- Bonjour, fit sa voix sifflante, Sorah.

Son nom dans sa bouche sonnait comme une insulte. Lentement, sans la quitter des yeux, il désarma son arc, et baissa les bras d'un geste désinvolte. Lui montrait bien qu'il ne la craignait nullement malgré son acte horrible contre Marianne. Bien que son regard lui promettait mille souffrances à venir, il ne faiblit pas et s'empêcha une nouvelle fois de baisser les yeux sur le corps encore frémissant à ses pieds. Venait-elle d'éliminer sa complice ? Son esprit était tourmenté.

- Je vois que tes manières laissent toujours à désirer, minauda-t-il. On s'incline devant moi, vampire !

Une haine pure déforma ses traits avant qu'un sourire vicieux ne la remplace.

- Je vais adorer vous tuer, se réjouit-elle. Ils ne seront peut-être pas d'accord, mais je saurais me faire pardonner

- Ils ? Relava-t-il rapidement.

- Oh, petit malin. Essayeriez-vous de me soutirer des informations ?

- Allons, nous savons toi et moi que tu adores t'écoutez parler.

Il s'amusa comme un petit fou de la voir réprimer une nouvelle fois difficilement sa colère et son animosité.

- Eh bien, siffla-t-elle, voilà ce que je peux vous dire. La pauvre Marianne, dit-elle en donnant un coup de pied dédaigneux à la malheureuse qui agonisait, ne vous a en vérité jamais trahi. Car c'était moi depuis le début !

Il s'était difficilement retenu de lui sauter à la gorge lorsqu'elle avait fait gémir son amie blessée au sol, et encocha une flèche d'un geste rapide qui démontrait son habitude.

- C'est moi, toute seule, s'enorgueillit-elle sans prendre en compte à son tour sa menace, qui vous est tendu le piège des sirènes à votre arrivé à Efryn. Au départ, je voulais juste vous voir disparaitre, alors j'ai soufflé à Marianne de vous envoyer dans les champs cyprès près de leur lac. Malheureusement, ce prince inutile vous a sauvé la mise. Et cette gourdasse de Marianne à commencer à se méfier de moi. Ah, j'ai eu plus de mal à vous faire des sales coups après ça.

- Tu m'en vois navré !

Il en disait le moins possible la laissant parler tout son soûle. Récolter ces informations était la seule raison pour laquelle il retenait encore sa flèche.

- Vous devriez ! S'énerva-t-elle. Car à cause de vous, je suis devenue inutile à la cause ! Le prince Edward, que j'espionnais depuis longtemps, n'est jamais revenu à Efryn. Je ne pouvais plus leur dire comment attaquer les villages, comme celui d'Alésa, vous vous rappelez ? Non, il a fallu qu'il reste chez ses parents, ici, à Alayis. Où vous étiez devenu intouchable !

- Ça ne vous a pas empêché, ton groupe et toi, d'attaquer d'autres villes vampires.

- Oh, mais il fallait bien trouver un moyen de vous faire sortir de votre trou. Et grâce à certaines de vos servantes, ralliées à la cause, nous avions au final tout ce dont nous avions besoin pour continuer la guerre.

Ses servantes ? Il se faisait espionner par ses propres servantes ? Le souvenir de celle qu'il avait surpris à fouiller dans ses appartements le frappa comme une gifle au visage. Son incrédulité dut se lire sur son visage, car Laetitia ricana de plaisir.

- Vous n'êtes pas du genre méfiant, n'est-ce pas ? Rigola-t-elle. Dans votre bureau, en cherchant bien, on pouvait tomber sur des informations intéressantes. Vos plans de bataille, de navigations, vos rapports, tout ce dont les gens comme moi avons besoin pour mener une attaque.

- Foutaises ! Seul mon coffre détenait toutes ces informations sensibles !

- Et la sécurité de ce coffre avait été violée bien avant votre arrivée à Alayis ! Seulement, personne ne s'en était jamais rendu compte.

Il en était tellement soufflé qu'il relâcha la pression de sa flèche.

- Tout s'est enchainé de la plus magnifique des manières. Vois-tu, une gentille servante, une de mes espionnes favorites je dois dire, a été témoin de ton doux tête à tête dans les jardins royaux avec ce cher roi Elfe, Aldaron. Il ne lui a fallu que de se balader proche du prince Edward, en repassant en boucle ce souvenir dans son esprit, tout en y ajoutant bien sûr quelques pensées bien juteuses, pour mettre un peu de piquant dans votre couple. Elle éclata d'un rire sadique. Après ça, tu étais beaucoup trop préoccupé par ton amant jaloux, et par tes recherches idiotes sur l'ancienne Sorah pour nous prêter attention. Et nous avons eu tout notre temps pour y voler des choses bien intéressantes comme votre plan de navigation pour Orlysin.

Une brique tomba dans son estomac à ces mots. Certes, il avait vaguement remarqué un jour que certains documents, qu'il empilât en masse dans le coffre-fort derrière le tableau semblait avoir été bougés, comme si quelqu'un avait fouillé dedans. Mais il avait cru que sa paranoïa le faisait encore voir le mal là où il n'y en avait pas. Et, effectivement, ses disputes avec Edward lui encombraient trop l'esprit pour qu'il y prête une réelle attention. Jamais il n'avait pensé arriver à un tel résultat. Où avait-il eu la tête ? Il aurait pu travailler en agent dormant pour les Arkans que le résultat aurait été le même.

- Ah, mais l'apothéose a été lorsque cette pauvre Marianne a tenté de contacter son frère resté à Efryn, se moqua-t-elle. Si elle savait que je l'avais déjà tué… Enfin, cela m'a bien servi puisque j'ai pu infiltrer Alayis !

Il reçut comme un uppercut à ces mots. Kéry était mort. Le sage et réservé adolescent au regard tendre.

- À la base, je trainais juste au port, vraiment, avoua-t-elle. Les gardes ne voulaient pas rouvrir les portes, même pour la servante d'un prince. Ils se méfiaient tellement de tout. Les ordres de ne rien laisser passer étaient stricts, vois-tu ? Ils ont été bêtes d'envoyer l'assassin…

L'assassin ? Parlait-elle de celui qui les avait attaqués, Edward et lui, dans leur chambre à coucher ? Elle fit quelques pas en se donnant un air pour ménager son effet.

- Et c'est alors que je l'ai vu, dit-elle d'un ton excité. Elle se faufilait pour rejoindre un bateau accosté au port. Elle a remis une lettre, puis j'ai eu la brillante idée de la suivre. J'ai découvert ce merveilleux passage, et je l'ai empêché de le refermer totalement. Elle n'y a vu que du feu ! Et me voilà !

Il la vit jeter un regard dédaigneux au corps à ses pieds.

- L'idiote a vite compris ce qu'il se passait au début des attaques. Et elle a voulu venir refermer le passage pour empêcher l'invasion. Elle voulait rattraper sa faute envers vous. Pauvre… Pauvre Marianne… Tellement bête… Tellement naïve… Presque autant que vous !

- Que comptes-tu faire maintenant, Laetitia ? Dit-il, n'y tenant plus. Maintenant que je sais tout, tu te doutes bien que tu ne t'en sortiras pas comme ça ?

- Vraiment ? Bon… Je vais alors devoir vous tuer.

Harry répondit narquoisement par un rictus menaçant à son sourire assuré et leva le menton d'un geste de défi. Tel un serpent, il l'entendit siffler de rage et se ramasser sur elle-même. Il encocha sa flèche, visa son cœur, et sans plus attendre tira. Malheureusement, il loupa son but qui feinta à vitesse vampirique, puis, elle disparut. Littéralement. C'était comme si elle avait réussi à mettre la main sur une cape d'invisibilité. Un instant elle était là, et celui d'après, elle avait disparu dans les ombres. Tendu, il tenta de la percevoir en écoutant les bruits alentour, mais le combat qui se jouait toujours entre les Arkans et sa garde personnelle à côté brouillait totalement ce sens. Il recula légèrement, fouillant la pièce poussiéreuse de son regard, mais il dut admettre qu'il ne pouvait rien voir. Il allait encocher une autre flèche, pour se tenir prêt, lorsqu'un bruit sur sa droite lui fit tourner la tête. Il eut juste le temps de voir surgir une main avant d'être saisi à la gorge et balancer contre une colonne à plusieurs mètres au loin.

- Vous ai-je parlé de mon pouvoir ? Résonna la voix de la vampire contre les murs. Vraiment parfait pour une espionne, vous ne pensez pas ?

Haletant de douleur, il se releva difficilement et sentit à son épaule tombante qu'elle avait été déboitée dans la chute. Déjà, sa magie pulsait doucement pour le soigner. Son arc, brisé en deux, gisait à ses pieds. Un souffle d'air devant lui l'avertit d'une prochaine attaque, il se baissa pour l'éviter, mais se reçut pourtant un coup de pied qui l'envoya de nouveau au sol. Combattre un vampire n'avait rien à voir avec combattre un Arkan. Il cracha un caillot de sang et sut qu'un poumon était touché à sa respiration sifflante et difficile. Son ennemi frappait sans pitié. Un coup de pied dans la tête qui le fit rouler et s'abattre contre un mur le confirma. Sonné, la vue brouillée, il resta allongé sur le dos, à fixer le plafond du temple, sans bouger.

- Dire que certains vous craignent, rigola-t-elle, toujours invisible. Heureusement que d'autres, plus censés, on vu que vous n'étiez qu'une supercherie. Un ersatz !

Il reprenait son souffle, lorsque, grâce à un pressentiment, il tourna vivement la tête sur la droite pour éviter la lame d'une épée qui s'enfonça dans le sol en égratignant sa joue. Il souffrait le martyre. Et toussa une nouvelle fois du sang dans son supplice. Il ne se sentait même pas capable de ramper pour se mettre à l'abri, et les nombreux coups qu'il avait reçus le laissaient trop étourdi pour qu'il tente une riposte.

- Tu ne peux sauver personne, Harry, lui souffla Laetitia en se reculant pour se fondre encore dans le décor. Pas même cette gourde de Marianne. Qui a fait l'erreur d'être un jour ton amie. Tu as le don de tuer tes êtres chers, n'est-ce pas ?

Ce fut les mots de trop. Le déclic.

Il remonta douloureusement sa main le long de son corps et arracha d'un geste sec son collier. Une vague de puissance brute et sauvage remonta aussitôt après le long de sa colonne vertébrale, le faisant pousser un bref cri pendant qu'il se cambrait au sol. Ses membres se tétanisèrent, et sans le voir, il sut que ses ailes bleues évanescentes venaient d'éclore dans son dos, sa tempe se couvrant de nouveau des symboles de la Sorah, tandis que ses yeux viraient au bleu électrique. Il avait un jour parcouru les souvenirs de ses transformations de son amant et sursauter face à son apparence, et au hoquet d'effroi qu'il perçut vers la gauche, à ses pieds, il sut que cela faisait manifestement de l'effet à tout le monde. Lentement, il se tourna sur le côté, se courba et se releva, tête baissée. Il entendit la vampire faire deux pas en arrière lorsqu'il la redressa pour la fixer. De ses yeux, il pouvait parfaitement percevoir ses flux magiques noirs et rouges qui formaient sa silhouette. Il fronça les sourcils en percevant qu'elle avait été en contact avec une autre énergie, reconnu les filaments violets, avant de s'en désintéresser. Sa magie réclamait du sang. Et tandis que sur sa joue sa blessure se guérissait silencieusement, toutes les blessures qu'il avait reçues se refermèrent doucement les unes après les autres. Le temple entier vibra sur ses fondations à l'afflux de puissance qu'il dégageait. Certaines statues et objets se décrochèrent et se brisèrent avant de s'élever et flotter dans les airs tout en tournoyant autour de lui. Là, au creux de son cœur, il sentit quelque chose enfler, enfler et enfler encore… Inspirant, il relâcha d'un coup une telle vague de magie qu'elle brisa les vitraux du temple, et s'enfonça pour résonner tout autour de la cité pour en faire vibrer la muraille. Il sentit sans le voir les groupes d'Arkan que son onde de magie pure balaya, tout comme les canons, les balistes et autres, qui se renversèrent sur eux. Son énergie alla jusqu'aux flots, réveillant un raz de marée qui engloutit les nombreux navires ennemis sous ses eaux. Le profond silence d'Alayis répondit à son élan de pouvoir spectaculaire. Il avait senti son esprit voyager et ravager les alentours avec une netteté effrayante.

Le petit cri que poussa Laetitia ramena son attention sur elle. Il leva une main délicate devant lui, paume ouverte vers elle, et la souleva du sol pour très, très, lentement la ramener vers lui. Sous la surprise, la vampire perdit le contrôle de son invisibilité et trembla de tous ses membres. Il la regarda se débattre, puis crier de peur, comme une mouche se débattant dans une toile d'araignée. Levant le bras, il l'éleva un peu vers le plafond puis s'approcha de quelques pas pour poser une main sur sa poitrine agitée. Envoyant sa magie en elle, il sentit tout de suite sa puissance de Sorah emplir son ennemie, et le lien se faire entre eux alors qu'il la parcourait sans vergogne. Des images, des souvenirs, des complots emplirent son esprit dans le même temps, mais il ne s'en intéressa pas, non, il fouilla en elle et chercha un moment avant de la trouver, là : son essence vitale. Petite boule lumineuse au creux de son cœur qui faisait d'elle un vampire, une créature vivante, un être d'Elysion. Il touchait son âme. La sentit pulser, tellement noire de désir inassouvi, de jalousie, de haine, et à sa surprise, d'amour aussi. Un amour pervertit à la limite de l'obsession pour un être qu'il ne put déchiffrer, et il s'en moqua. Ce qui l'intéressait c'était cette boule brillante, et vacillante, c'était son âme. Qu'il lui arracha.

Il reprit ses esprits sous ses hurlements de douleurs. Il la regarda, pauvre bête pendue dans le vide, s'arracha de ses ongles la poitrine, repoussant les vêtements, et griffant la chair. Avant que ses yeux ne se révulsent, que son corps se fige, puis, lentement, ne noircisse et se rabougrisse avant de s'effriter. La bouche ouverte sur un cri d'angoisse qui s'était tu, Harry observa avec une fascination morbide son corps flottant dans l'air se désintégrer petit à petit. Il ne fallut pas longtemps avant qu'il ne redevienne poussière, et que ses restes ne tombent enfin au sol de son précieux temple.

- Si seulement tu ne parlais pas autant ! Cracha-t-il une dernière fois à la dépouille.

Haletant, il reprit appui sur une colonne en reprenant son souffle tandis que sa magie s'effilochait et s'évanouissait dans les airs. Reprenant une apparence normale, il savait avoir encore une fois abusé de son pouvoir chancelant. Tout comme il pressentait que la noirceur de son acte laisserait un gout âcre sur sa langue et dans sa magie. Mais cela en valait la peine. Il se détourna des restes de sa victime, trébucha sur ses pieds, se redressa difficilement, et se pressa en s'essoufflant vers le passage secret. Là, gisait toujours le corps de Marianne. Se baissant, il allait poser la main sur elle lorsque la Sorah en lui sentit que toute vie avait quitté depuis longtemps son corps. Les larmes lui montèrent en repensant aux derniers mots haineux qu'il avait eus pour son amie. Il lui caressa les cheveux, le cœur lourd en sachant que ce regret le hanterait à jamais.

- Repose en paix, souffla-t-il en se penchant pour lui embrasser le front, mon amie. I Edelhie enwe vanya (Et que les étoiles veillent à jamais sur toi).

Le bruit assourdissant d'un regain des assauts contre les murs du château, et dans la cité, le fit sursauter. Les dernières offensives étaient données au-dehors. L'image de son amant, qu'il avait abandonné sans prévenir, lui revint en esprit, et il se releva précipitamment. Clopin-clopant, se retenant parfois aux murs pour ne pas tourner de l'œil, il se dirigeait vers l'entrée du temple lorsqu'il l'entendit.

C'était un souffle de vent. Un doux murmure. Un appel. Et il le ressentit du plus profond de lui-même, tremblant de tous ses membres. Quelqu'un l'appelait. Là-bas.

Il n'eut pas conscience de s'être détourné de la porte d'entrée du temple, ni de s'y enfoncer encore plus profondément. Il eut encore moins conscience des nombreux couloirs qu'il traversa, les troches s'allumant magiquement à son passage, jusqu'à parvenir à une porte qui s'ouvrit devant lui pour le mener à une grande salle aux colonnes ornées de dessins faits d'or et de pierres précieuses. Et ce fut là qu'il la vit. L'énorme arcade en pierre clairsemée d'onyx scintillant de mille feux. Diverses écritures en Argpal y avaient été gravées et brillaient fortement d'une lueur rouge et blanche. Hypnotisé, il s'approcha du voile entièrement blanc et mouvant en tendant la main. Comme pressé d'en finir, l'appel se fit plus fort, et il s'approcha plus rapidement de l'arcane alors que cette dernière rayonnait encore plus fort à sa présence. Il allait glisser sa main dans le voile lorsqu'une pensée l'atteint enfin : « Ou es-tu Harry ? Ne t'ait pas dit de ne pas quitter mes côtés ? » Ragea son amant.

Il cligna bêtement des yeux, se réveillant de sa transe, et s'éloigna de quelques pas de l'arcade. Celle-ci sembla émettre une vague d'énergie vers lui, caressante, comme si elle voulait de nouveau le tenter et le ramener plus près. Reculant encore, il sursauta lorsque les portes de salle où il était furent violemment enfoncées. Se retournant d'un bloc, il fit face à l'air échevelé au Capitaine de sa garde personnelle.

- Sorah, dit celui-ci, le soulagement perceptible dans sa voix.

Il sourit, moqueur, et allait le taquiner lorsqu'il sentit une énergie glaçante l'enlacer par-derrière. Baissant les yeux, il vit des filaments rouges comme le sang s'enrouler autour de lui et le tirer vers l'arcade. Il tomba vers l'avant, ses jambes tendues en arrière.

- Sorah ! Cria Loan de Benrlerac en lui attrapant les deux bras.

Il battait des jambes, et se tortillait, mais les filaments de magie semblaient s'enrouler encore plus fermement autour de son corps. Regardant derrière lui, il vit qu'ils provenaient tous de l'arcade mystérieuse qui résonna, et dont le voile brilla d'une lueur blanche presque aveuglante dans son dos.

- Retenez-moi ! Hurla-t-il, effrayé.

Il tenta de faire appel à sa magie épuisée pour se défaire de ses liens, en vain. Encore plus de filaments de sang venaient l'enrouler. Et alors que le vampire qui l'aidait se mettait à appeler ses hommes à l'aide, il se sentit tracter inlassablement vers l'arrière. Vers le voile. Le cri qui lui échappa alors fut un vrai cri de terreur. Inexorablement, malgré ses gigotements, et la force de son Capitaine dont les pieds glissaient de plus en plus vite au sol, il se sentit être attiré sans pitié vers l'arrière. Il plissait des yeux tant l'arcade rayonnait de force, et il pouvait presque gouter les vagues de puissance qui s'en échappait sur sa langue. Lentement, malgré ses cris et efforts, ses pieds traversèrent le voile, puis ses jambes, sa taille, et son buste. Et alors que ses bras étaient maintenant accrochés autour du coup du vampire qui l'aidait de toutes ses forces, il sentit l'arcade prendre un nouvel élan d'énergie pour l'attirer.

- Lâchez-moi, Loan, dit-il avec précipitation. Lâchez ou vous serez attiré à l'intérieur vous aussi !

- Jamais !

- Vous devez me lâcher !

- Non, je ne le ferais pas, ma Sorah ! Jamais !

Et à surprise, le vampire usa de toute sa force, hurlant sous l'effort, pour le tirer hors du voile. Lentement, son corps réapparu alors qu'il raffermissait sa prise sur son sauveur. L'arcane, dans son dos, vibra, affaiblit, puis une dernière vague d'énergie monta une ultime fois dans un scintillement de lumière. Et la prise du Capitaine se resserra à lui en faire mal tandis qu'il continuait à le tracter hors de porter du voile. Leurs regards se croisèrent une dernière fois avant que dans une explosion de lumière l'arcade ne relâche ses dernières forces pour tenter de l'arracher à ce monde. Aveuglé, il ferma fortement des paupières, son corps tiraillé de toutes parts, alors que les liens magiques qui le tiraient se brisaient d'un coup sec.

- Edward ! Cria-t-il une dernière fois.

Mais lorsque son corps fut ballotté par une énième vague de puissance et qu'il retomba durement sur un sol dur et froid, il avait depuis longtemps perdu connaissance.

À Suivre.

Bon, à ce stade de l'histoire, j'ai une question : qui d'entre vous lecteurs/lectrices avaient soupçonnés la Laetitia d'être derrière tout ça ? Alors, levez les doigts ? Les doigts, les doigts, les doigts ? XD