****Il s'agit de l'histoire de Dorcas Meadowes, telle que je me l'imagine.****
Pour Vlad : Merci pour ton commentaire! Je ne croyais pas nécessaire de décrire tout ce que Sirius a fait, même si je l'ai déjà écrit (et oui, ça aide à mieux comprendre les agissements hihi), je vais peut-être l'insérer si cela cadre avec le reste à un certain point. Merci aussi pour ton appréciation de mon orthographe. =D Les fautes aux trois mots, ça donne la migraine! Le mystère « Dorcas Meadowes » ne fait que commencer!
Pour Ydrange : Sirius n'en a pas fini avec sa culpabilité crois-moi. Il apprend le petit Padfoot.
Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter, seuls mes persos sont à moi.
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Chapitre 4 – Prière de ne pas envoyer de fleurs
J'étais paralysée. J'avais l'impression d'être sous l'eau ou enfouie sous plusieurs pieds de neige, incapable de bouger, de parler, de respirer. Mes membres étaient lourds et douloureux. Si douloureux. Le poids sur ma poitrine était insupportable et je tentai de me débattre afin de m'en libérer. Au-delà de moi, des voix me parvenaient, lointaines et incohérentes. Était-ce des sanglots que j'entendais? J'essayai d'ouvrir les yeux, mais c'était comme si une force puissante les maintenait clos. Étrangement, je ne paniquai pas. Je lâchai-prise et eus la curieuse impression de remonter à la surface, me frayant un chemin dans ce qui ressemblait fort à des nuages duveteux. Lorsque finalement j'ouvris les yeux, l'éclat de lumière m'éblouit. Autour de moi, des gens pleuraient.
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Au beau milieu des pleurs et des cris déchirants, une voix rauque, écorchée par des semaines de silence, s'éleva.
« Pourquoi vous pleurez comme ça? »
D'un même mouvement, huit paires d'yeux se tournèrent vers l'origine de la voix. Les visages avaient toute la même expression, celle d'une surprise hébétée. La première personne à réagir fut Jane.
« DORCAS! »
Elle se jeta sur sa grande sœur étendue dans le lit et la serra dans ses bras avec une telle force que Dorcas couina de douleur sous cet assaut.
Jules, le plus posé de tous, ne tarda pas et alla chercher le médimage en vitesse. Celui-ci entra dans la chambre pour constater que Dorcas était bien vivante. Elle le regardait avec ses grands yeux bruns alors qu'il l'examinait avec une grande attention. Dorcas, c'était le moins que l'on puisse dire, était plongée dans une totale confusion
Les heures qui suivirent ne firent qu'ajouter à la confusion de Dorcas. Toute sa famille s'empressait auprès d'elle, des larmes de soulagement coulant sur leurs visages à lesquelles se mêlaient des rires frôlant l'hystérie.
Progressivement, le brouillard se dissipa dans l'esprit de Dorcas et la réalisation de ce qui venait de lui arriver prit toute son ampleur.
Elle était morte.
Elle était vivante.
Depuis son « réveil », plusieurs médimages étaient venus l'ausculter. Tous ses signes vitaux étaient parfaitement normaux. Ils lui demandèrent si elle avait souvenir de ce qui s'était passé, mais Dorcas ne se souvenait de rien. En disant cela, elle avait cependant l'impression de ne pas dire la vérité. Une étrange sensation la taraudait comme si elle devait se souvenir de quelque chose. Elle avait beau fouiller dans sa mémoire, rien ne remontait à la surface.
Elle avait l'impression de s'être endormie quelques minutes auparavant alors que cela faisait déjà trois semaines.
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Le soleil se levait à l'extérieur, mais à peine un mince rai de lumière réussissait à se faufiler dans la sombre cuisine du 12, Grimmauld Place. Assis à la longue table qui prenait tout l'espace de la salle à manger, le jeune Sirius Black ruminait de sombres pensées. Un mois s'était passé depuis son retour d'Hogwarts, période durant laquelle sa charmante mère n'avait pas manqué une occasion de lui rappeler quel déshonneur il était pour la famille Black. Cette année encore. C'était une de ses activités préférées lui semblait-il.
« Honte et opprobre, Sirius, oui, voilà ce que tu es », avait-elle déclaré la veille encore de son ton cinglant alors qu'ils soupaient. Son père était assis au bout de la table, une expression lugubre sur le visage, clairement en accord avec les paroles de son épouse. Regulus ne disait rien, le nez dans son assiette, l'air d'avoir envie d'être ailleurs. Depuis sa répartition à Hogwarts chez les Gryffindor, la relation entre Sirius et son frère de deux ans son cadet n'avait plus été la même. Sirius avait toujours eu la fibre contestataire depuis son plus jeune âge, mais ses parents avaient accepté ce trait de personnalité, avec fierté même, tant que cela entrait dans le cadre de leurs croyances et de leurs valeurs. Lorsque la nouvelle de sa répartition leur était parvenue, cette caractéristique de leur fils aîné était soudainement devenue l'emblème de sa volonté de saboter tout ce en quoi sa famille croyait. Traître au sang, voilà ce qu'il était, chose à laquelle se plaisait à lui rappeler sa mère, jour après jour, heure après heure, minute après minute.
S'il était un si grand fardeau pour sa famille, pourquoi sa mère ne le laissait-il pas terminer ses vacances chez James? Mais non, elle insistait pour qu'il reste au 12, Grimmauld Place, là où elle pourrait se servir de lui comme crachoir, il présumait.
Il en était ainsi dans ses pensées quand Regulus arriva dans la cuisine.
« Hé Siri! » le salua son petit frère. Sirius maugréa un bonjour qui ne manquait pas de chaleur cependant.
« Ahhhh! Maître Regulus est réveillé! Qu'est-ce que Kreacher peut faire pour son maître? » demanda un elfe de maison plus très jeune d'une voix onctueuse, en se frottant les mains devant Regulus en ignorant ostensiblement Sirius.
« Bonjour Kreacher! » dit Regulus. Sirius renâcla devant ce qu'il considérait l'obséquiosité de son jeune frère. Regulus fit semblant de ne pas entendre ce qu'il venait de dire et demanda à Kreacher de leur apporter, à lui et à Sirius, un thé noir. Kreacher s'exécuta avec diligence et les bruits de théière et de brûleur résonnèrent dans la cuisine.
« Tu as eu des nouvelles de Meadowes? » demanda Regulus en prenant la chaise directement en face de Sirius.
Sirius leva la tête et le regarda directement dans les yeux.
« De quoi tu parles? »
« Je t'ai entendu en discuter avec Potter hier dans votre miroir à deux sens. Tu semblais être inquiet. Elle est chez les Gryffindor? »
Pris au dépourvu, Sirius ne savait pas trop quoi lui répondre. Il observa son petit frère un moment. Reg le regardait, dans l'attente d'une réponse.
« Non Reg. Elle est chez les Hufflepuff. J'ai… » Il se demanda ce qu'il devait révéler à son frère.
« C'est ta petite amie? »
« Quoi? Non! On a eu une retenue ensemble et…et bien, je l'ai trouvée sympathique », mentit-il.
« D'accord » dit Regulus, acceptant la réponse de son frère aîné. « Alors tu as eu de ses nouvelles? »
Sirius haussa les épaules. Il n'avait pas envie de parler de cela à son frère, car jamais dans sa courte vie Sirius Black ne s'était senti aussi malheureux. Les dernières nouvelles qu'il avait reçues concernant Dorcas Meadowes étaient terribles.
La culpabilité pesait lourd en son âme et il ne voyait pas comment il pourrait ne jamais se sentir autrement. Remus lui avait dit que la Terre ne tournait pas autour de lui et qu'il était absolument ridicule de croire que Dorcas était celle punie pour avoir été la victime de Sirius. C'était présomptueux et extrêmement égocentrique de sa part.
Consciemment, il comprenait que ce que Remus lui avait dit faisait beaucoup de sens, mais le malaise était là, le narguant dans la moindre de ses pensées.
« Non », répondit-il finalement à Regulus qui attendait patiemment, en soufflant sur son thé que venait de lui servir Kreacher. Des volutes de fumée s'échappaient de la tasse et allaient se perdre dans les airs au-dessus de sa tête.
Regulus se mit soudainement à parler de quidditch, demandant à Sirius s'il croyait que les Winterbourne Wasp allaient faire les séries.
« J'aimerais vraiment les voir contre Puddlemere United! » s'excita-t-il. « Mère m'a dit qu'elle m'amènerait… nous amènerait les voir si cela arrivait. »
Sirius doutait fort que leur mère n'ait jamais mentionné qu'elle pensait l'inclure dans cette activité, mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer pouvoir y assister. Il adorait le quidditch et son équipe préférée était les Winterbourne Wasp. Même si leurs rivaux naturels étaient les Appleby Arrows, cette année, leurs véritables adversaires étaient les Puddlemere United.
« Ils ont tout pour faire les séries », commenta Sirius en prenant une gorgée de thé. La chaleur lui brûla la langue et il se maudit d'avoir bu trop rapidement. « Leur équipe est solide », continua-t-il comme si de rien n'était. « Puddlemere ne semble pas aussi solide cette année cependant. »
Regulus, qui était un fan de Puddlemere, les défendit avec ardeur pendant les minutes qui suivirent et lui et Sirius entrèrent dans une discussion enflammée. Leur échange s'arrêta net à l'arrivée de Walburga et Orion. Walburga passa sa main sur la chevelure de Regulus et, ignorant Sirius, prit sa place à la table alors qu'Orion faisait de même, Kreacher s'empressant auprès d'eux avec diligence.
Pour Sirius, une autre journée à se sentir comme un étranger dans sa propre famille commençait.
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Deux semaines plus tard, il alla rejoindre James chez lui. L'accueil qu'il reçut des Potter fut chaleureux et Sirius se laissa choyer par Euphemia qui avait préparé toutes sortes de gâteries pour l'occasion.
Quelques heures après son arrivée, James le fit asseoir, l'air si sérieux que Sirius se demanda ce qui se passait.
« Vieux, j'ai eu d'autres nouvelles de Meadowes. »
Sirius releva la tête.
« Il paraît qu'elle est… enfin…qu'elle était… euh, morte. »
« Morte? »
« Était, vieux. Emphase sur l'imparfait du mot! »
Sirius, en proie à la panique et à l'incompréhension, dit :
« Comment peut-on avoir été morte? »
« Personne ne le sait! Elle a été déclarée morte pendant quelques heures et elle est revenue à la vie pouf comme ça! »
« Qui t'a dit cela? » Il se demandait si son ami ne se moquait pas de lui.
« McGonagall. Elle est venue rendre visite à ma mère et m'a donné de ses nouvelles. »
En fait, McGo souhaitait que James informe Sirius de ce qui était arrivé à Dorcas. Le Daily Prophet avait même écrit un petit article sur cet événement étonnant et extraordinaire. James savait que Sirius avait été plus que troublé par la maladie de Dorcas et McGo aussi selon toute vraisemblance.
Sirius ne savait pas s'il devait se réjouir ou ressentir davantage de culpabilité : elle était morte après tout. Avant qu'il n'ait eu le temps de trop s'absorber dans ses pensées, James l'entraîna à l'extérieur pour une séance de quidditch qui dura des heures.
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Après son « réveil » au début de juillet, Dorcas était restée encore deux semaines à St-Mungo, son ennui augmentant d'heure en heure alors qu'elle subissait une série d'examens pour élucider le mystère de sa maladie et de son encore plus étrange résurrection.
Dorcas se serait bien passée d'être l'objet d'autant d'attention. Ses parents se précipitaient à ses côtés au moindre toussotement et elle n'avait pas le temps de formuler une demande que celle-ci était comblée.
Lorsque finalement elle retourna à la maison après que ses parents eurent convenu de visites hebdomadaires avec son médimage, Dorcas eut encore à subir l'attention excessive de sa famille. Curieuse – mais surtout irritée –, elle tenta de découvrir jusqu'où ses parents iraient pour répondre à ses demandes. Elle se mit à exiger des choses qui lui auraient été refusées en temps normal. Ses parents obtempérèrent à absolument tout et, loin de lui faire plaisir, cela augmenta sa frustration et la sensation d'être un oiseau dans une cage dorée. Elle ne pouvait pas sortir ou recevoir d'amis. Lily, Zephira et Joan lui écrivaient plusieurs fois par semaine, mais c'était le seul contact qu'elle pouvait avoir avec ses amies. Ses parents étaient si obsédés par sa santé qu'ils étaient même allés jusqu'à suggérer qu'elle ne retourne pas à Hogwarts en septembre.
Merlin merci, Jules et William s'étaient interposés et avaient réussi à faire entendre raison à Marianne et Edward. Ils rappelèrent à leurs parents que tous les médimages que Dorcas avaient vus arrivaient tous à la même conclusion : elle était en exceptionnelle santé, si ce n'était de sa maigreur extrême causée par des semaines de « sommeil ».
« Le docteur Sven a même recommandé de l'exercice, du plein air, de la bonne bouffe, de la compagnie et une activité pour lui occuper l'esprit », avait ajouté William, supportant ainsi l'argumentaire de Jules. Marianne et Edward s'étaient regardés, vaincus.
Les dernières semaines de l'été, Leonard et William s'étaient mis en tête de la remplumer et de lui faire gagner des forces en lui montrant à jouer au quidditch. À leur grand étonnement, et surtout au sien, Dorcas se révéla être très douée, en particulier à la position de batteuse.
« Tu devrais faire les essais pour Hufflepuff », lui dit Leo un soir d'août alors qu'ils avaient pratiqué pendant des heures jusqu'à ce que le soleil disparaisse à l'horizon.
William était étendu dans l'herbe, Jane à ses côtés lisant à la lueur d'une lanterne. Le chant nocturne des criquets les enveloppait telle une berceuse, l'air embaumant la chaleur, la terre et le foin. C'était une belle soirée, après une chaude journée. Dorcas descendit de son balai et regarda son frère qui venait lui aussi de poser pied à terre.
Leonard était un beau grand garçon costaud, aux cheveux bruns ondulés et aux yeux noisette. Dorcas n'était pas surprise qu'il attirât autant l'attention des filles. Avec son sourire franc, son charisme, ses manières engageantes, en plus d'être un gardien des buts hors-pair pour l'équipe de Hufflepuff, Leonard Meadowes était considéré comme l'un des garçons les plus populaires d'Hogwarts.
« Tu en dis quoi Doe? Il va nous manquer plusieurs joueurs cette année. Chopra et Jackson ont quitté – ils étaient batteurs – et il va nous manquer un poursuiveur. »
« Melissa Clark ne veut pas revenir? » demanda Dorcas en s'affalant près de William qui lui tendit une gourde d'eau.
« Non, elle veut se concentrer sur ses N.E.W.T. Ses parents ne lui laissent pas le choix si j'ai bien compris. »
Elle porta la gourde à ses lèvres et trouva l'eau fraîche et désaltérante.
« Et puis? Qu'est-ce que tu en dis Doe? »
Dorcas soupira.
« Je ne sais pas Leo. Je vais y réfléchir. »
« Promis? »
« Promis! »
Cette nuit-là, Dorcas sombra rapidement dans le sommeil, si vite qu'elle eut l'impression de chuter de très haut, son corps tressautant au moment d'atteindre le sol.
Le soleil la réveilla, entrant à flots dans sa chambre. Elle se trouvait sur le plancher de bois, emmêlée dans ses couvertures. Comment s'était-elle trouvée là? Pourquoi les rideaux n'étaient plus tirés?
Elle se leva et après avoir fait son lit, descendit à la cuisine où sa mère était affairée avec Betty, leur elfe de maison, à cuire des gâteaux.
« Hmmm ça sent bon ici! » dit-elle en lorgnant d'un œil gourmand les petits gâteaux qui reposaient sur le comptoir, encore chauds du four.
« Dorcas! » s'exclama sa mère. « Tu es levée bien tôt ce matin! Allez, prends-en un, tu seras ma cobaye! »
Alors qu'elle croquait dans un des petits gâteaux, elle vit sa mère et Betty l'observer avec un plaisir évident. Betty se dépêcha à lui préparer un café qu'elle lui apporta en chantonnant.
« Maîtresse Doe a un bon appétit! » dit-elle, un grand sourire sur ses lèvres.
« Oui, je meurs de faim! »
Au mot « meurs », sa mère sursauta imperceptiblement, mais cela n'échappa pas à Betty qui se précipita vers elle, l'air anxieux. Dorcas regarda sa mère et remarqua autour de sa tête un halo orange teinté de rouge sur les bords. Elle s'approcha, curieuse, mais le halo disparut. Clignant des yeux, elle se demanda si elle n'avait pas rêvé.
« J'ai une surprise pour toi aujourd'hui », annonça sa mère en retournant à ses fourneaux. Dorcas avait eu tellement de « surprises » au cours de l'été, qu'elle en était définitivement blasée.
« Lily vient passer le reste des vacances ici. »
« Quoi? » s'exclama Dorcas en sautant sur ses pieds. « Pour vrai maman? » Sa mère hocha la tête, contente de la réaction de sa fille. Elle et Edward en discutaient depuis un moment et avaient conclu que Dorcas avait besoin de voir ses amies. Elle enlaça sa mère avec ferveur, en criant de bonheur. Elle reverrait Lily!
La matinée se déroula dans la joie pour Dorcas qui se promenait dans toute la maisonnée en chantant.
« Tu es donc bien de bonne humeur aujourd'hui! » dit son père en arrivant pour le dîner. Il embrassa Marianne et déposa ensuite un baiser sur la tête de sa fille. « Ta mère t'a dit la bonne nouvelle j'en conclus? »
« Ouiiii! »
« Quelle bonne nouvelle? » demanda Leonard. Il était sorti s'entraîner, comme le prouvaient ses vêtements tout trempés de sueur.
« Ark » » cria Jane quand il arriva à ses côtés. « Tu pues! »
« C'est mon eau-d'homme-viril petite sœur! » la taquina-t-il puis, à ses parents : « Quelle bonne nouvelle? »
C'est Dorcas qui lui répondit : « Lily vient passer le reste des vacances ici! »
« Lily hein? Enfin quelqu'un qui va être capable de supporter tes jérémiades! »
Il reçut un coup sur le bras de la part de Dorcas. « Je ne chiale pas tu sauras! »
« Ah non? C'est plate, je m'ennuie, y a rien à faire », l'imita-t-il, « à longueur de journée, ça ne te rappelle rien? » Un autre coup sur le bras.
« Je ne me plains pas. Je ne fais que nommer les faits. »
« Pfff! Au moins, Lily sait rigoler elle. Ça va faire changement! »
« Et elle est plutôt jolie, ce qui ne nuit pas hein? » se moqua Marianne gentiment.
Dorcas et Leonard roulèrent des yeux. Marianne trouvait que Lily et Leonard feraient un couple splendide, et même si Leo trouvait Lily bien de son goût, lui et Doe n'appréciaient pas que leur mère joue les entremetteuses.
Quand finalement Lily arriva vers le milieu de l'après-midi, Dorcas était si excitée qu'elle sortit dehors en courant lorsque celle-ci sortit de la voiture de son père.
« Lily! » Lily lui sauta au cou et elles s'enlacèrent un long moment. Le nez enfoui dans le cou de son amie, Lily ne put retenir ses larmes.
« Oh Doe! J'ai cru ne jamais te revoir! » Contrairement à sa famille et ses amis, Dorcas n'était pas passée par les mêmes émotions. Un jour, elle était malade et l'autre elle se réveillait. Toute cette histoire de mort et de retour à la vie la laissait plutôt indifférente. Cependant, l'émotion de Lily l'atteignit en plein cœur et elle se mit à pleurer à son tour.
M. Evans était descendu aussi de la voiture et s'était avancé pour la saluer, chose qu'il fit quand Lily lâcha prise sur elle.
« Tu nous as fait une de ces peurs Dorcas », lui dit-il en lui serrant la main. « À ce que je vois, tu as l'air en grande forme! »
« Oui M. Evans! Merci merci merci de laisser Lily passer le reste de l'été avec moi! Vous ne pouvez imaginer à quel point je me suis ennuyée! »
« Nous n'aurions pas pu l'en empêcher à vrai dire. Elle se morfondait depuis son retour de l'école. M'enfin, je suis heureux de constater que tu vas bien! Si ça ne vous dérange pas les filles, j'irais dire quelques mots à ta mère Dorcas. »
Dorcas acquiesça, Lily embrassa son père et se laissa entraînée dans la chambre de Dorcas où elles pourraient échanger à leur aise.
Une fois assises sur le lit, Lily observa Dorcas, se régalant du rose sur ses joues, du brillant de ses yeux et de l'enthousiasme qui animait son visage. Elle était si soulagée, si heureuse de la savoir bien vivante qu'elle souhaitait graver chacun de ses traits dans sa mémoire. Dorcas eut avec Lily, la même impression qu'avec sa mère le matin même : autour de son amie semblait briller un nuage ou, se dit-elle, plus comme une brume, d'un rose clair parsemé de jaune. Elle cligna des yeux et, encore une fois, la vision disparut.
« Leonard était bien content que tu viennes Lil », dit Dorcas avec un petit sourire moqueur. Lily rougit, mais le sourire qu'elle affichait reflétait une intense satisfaction. Dorcas se demandait comment les gens pouvaient croire que Lily était la plus sage de leur groupe d'amies! Derrière une apparente réserve, Lily avait un tempérament ardent et un étonnant sens de la répartie, chose qu'elles avaient en commun toutes les deux toutefois. Lily attirait l'attention masculine, mais rares étaient les gars qui l'intéressaient. Sauf Leonard.
« Il t'a dit quelque chose sur moi? »
« Leo n'a pas besoin de rien me dire. Je le connais c'est tout. »
Au même moment, le dit Leo passa la tête dans la porte.
« On parle de moi? » Les filles se retournèrent en sursautant.
« Hé Lily! Tu as passé un bon été? »
Le coup d'œil qu'il jeta à Lily était si plein d'un intérêt romantique, qu'il aurait être fallu être aveugle pour ne pas le remarquer. Et encore un aveugle aurait sentit l'intérêt entre ces deux-là, songea Dorcas en voyant Leo s'appuyer contre le chambranle de la porte, les bras croisés sur sa poitrine musculeuse, dans une tentative (risible selon elle, mais il s'agissait de son frère après tout) pour mettre en valeur tout le bienfait occasionné par l'exercice qu'il avait fait durant l'été.
« Pas si mal Leo. Et toi? »
« Jusqu'à maintenant, très ennuyeux, mais j'ai l'impression que ça va changer. » Il lui fit un clin d'œil et retourna là d'où il était venu, laissant une Lily rougissante.
« Tu vois? » C'était au tour de Dorcas d'afficher un air satisfait.
« Je vois quoi? » fit Lily innocemment. Elle se reçut un coussin en plein visage et, l'empoignant, le balança dans la figure de Dorcas qui, forte de ses pratiques de quidditich, lui retourna avec une ferveur qui l'envoya valser au sol.
Quand vint le moment du repas du soir, Marianne refusa absolument à ce que les filles, à l'exception de Jane, viennent lui donner un coup de main dans la cuisine.
« Ça a été comme ça tout l'été », soupira Dorcas en s'affalant sur la causeuse dans le salon. « Je suis trop fragile tu sais, je pourrais attraper le méchant virus des fourneaux ou de l'eau de vaisselle. Je ne peux même pas aider à mettre la table! » Voyant le regard que Lily lui lançait, elle répliqua : « La première semaine, je me suis dit que c'était cool, je n'avais pas de tâches à faire, mais ce n'est pas que ça. Je ne peux pas sortir à l'extérieur sans être accompagnée, s'il pleut, oublie ça, je ne peux pas sortir. Je suis encore étonnée qu'ils t'aient demandée de venir me trouver. Tu es sûre qu'ils ne t'ont pas fait passer une batterie de tests avant hein? »
Lily éclata de rire.
« Ta mère m'a demandé à quand remontait mon dernier rhume à vrai dire, mais Doe, ce n'est pas si terrible que ça non? Tes parents sont inquiets pour toi. Ils ont eu peur de te perdre, c'est normal qu'ils soient ainsi non? »
« Ainsi? Hystériques tu veux dire? »
« Tu exagères Dorcas! »
« Ils ont pensé ne pas me renvoyer à Hogwarts Lil! Tu imagines? Toutes ces maladies potentielles, tout ce… argh! J'ai l'impression que je suis en prison! J'adore mes parents, c'est vrai je les aime, mais je ne me rappelle d'être passée près de mourir, moi. Je ne suis pas différente d'avant, je suis toujours Dorcas, aussi folle qu'avant! »
Lily n'aurait pu affirmer à 100% que Dorcas était exactement la même. Elle n'aurait su dire en quoi elle voyait que son amie était différente, mais quelque chose avait changé en Dorcas. Mais quoi?
Au repas du soir, Lily se rappela pourquoi elle aimait tant la famille Meadowes. Edward, Marianne, Jules et la copine de celui-ci, Felicity, William, Leonard (toujours aussi beau), Dorcas et Jane éprouvaient les uns envers les autres, un profond lien d'affection et cela transparaissait dans chacun de leurs gestes. Lily regrettait parfois que Petunia n'ait pas reçu de lettre pour Hogwarts. Les choses auraient certainement été différentes entre elles deux. Mais, ici, elle avait l'impression d'avoir gagné une autre famille avec les Meadowes.
La salle à manger était grande et éclairée avec une vue imprenable sur les champs arrière sur lesquels le soleil se couchait dans un flamboiement d'ocre, d'orangé, de rouge et d'or. Les discussions s'entrecroisaient de part et d'autre de la table, tant que Lily avait du mal à en suivre les fils.
« Alors tu vas participer aux essais en septembre Doe? » souleva Leo alors qu'il se resservait une troisième portion de patates et de viande. Toute la tablée se tut et regarda Dorcas.
« Je ne sais pas Leo. Je ne suis pas certaine d'en avoir envie. Je ne joue pas au quidditch depuis assez longtemps pour me sentir confiante, tu sais. »
« Quoi? » s'exclama Marianne en posant sa fourchette avec force sur son assiette. « Je ne savais pas que tout cet exercice de quidditch était pour inciter ta sœur à jouer pour vrai Leonard! »
« Maman! » intervint William qui avait eu l'idée en premier. « Dorcas est vraiment douée et ça lui ferait du bien… »
« William Meadowes, je ne te parle pas! Leonard, Dorcas ne jouera pas au quidditch, un point c'est tout! »
« MAMAN! » s'écrièrent Dorcas, Leonard et William en chœur, mais Marianne, soutenue par Edward, tint bon.
Quand ils se retirèrent pour aller dormir, Dorcas approcha Leonard et lui murmura : « Je serai aux essais grand frère! » Leonard lui fit un grand sourire et partit dans sa chambre d'un pas dansant, alors que Lily observait Dorcas curieusement.
La même Dorcas hein? Lily en était de moins en moins convaincue.
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Si tu t'es rendu(e) jusqu'ici, c'est que ça mérite une review! =D
Le mystère de Dorcas ne fait que commencer…
