αγνότερη
Un jour Bobby a eu une sœur. Un autre jour Bobby devait jouer seul. C'est arrivé il y a pas longtemps. Papa dit que c'est sûrement un animal sauvage. Mais Bobby sait que c'est un cheval carnivore qui a mangé sa petite sœur. Et il sait aussi que s'il avait été plus rapide, sa sœur serait à côté de lui en train de jouer.
Comme si la Colonie n'est pas assez mythique
Annabeth a passé une semaine à réfléchir à ces phrases, elle n'arrive pas à en comprendre le sens. Les prophéties ne donnent pas de nom. Mais venant d'une oracle, ça ne pouvait être autre chose. Mais que voulait-elle dire ?
La prophétie n'a évoqué que Percy, son nom et son défaut mortel, tout cela en trois vers. C'est déjà beaucoup trop. Chez les demi-dieux, le hasard n'existe pas, ou s'il existe il porte le nom d'une divinité. Annabeth ne sait pas quoi faire de cette prophétie.
Pour l'instant seules Aglëa, Clarisse, Piper et elle sont au courant. Et elles savent toutes qu'il sera énervé si personne ne le met au courant. Pourtant, Annabeth préfère pour l'instant qu'il reste sans cette information. Percy a le don de faire n'importe quoi n'importe quoi, n'importe comment et n'importe quand. Et la pression qu'impose ses quelques mots ne peuvent lui faire du bien.
Percy, en parallèle, vient de passer une mauvaise semaine. Annabeth est sur-concentrée sur une chose trop secrète pour qu'elle lui en parle. Bien entendu, il en a déduit que soit elle n'a plus confiance en lui, soit cela le concerne. Il penche plutôt pour la seconde option, et ceci le fait enrager. Alors il la laisse seule avec ses pensées et ses réflexions.
Il en a profité pour faire connaissance avec Renesmée, Jacob et Ginny que Clarisse a convaincus de venir et aussi avec Aglëa qui est une jeune femme super quand on apprend à la connaître. Et puis, il a profité de son meilleur ami Grover. Lui à la fac et le satyre en mission pour Pan – couplé à ses fonctions de Seigneur de la Forêt et de Chef du Conseil des Sabots Fendus –, ils n'ont pas eu l'occasion de se voir régulièrement. Néanmoins, ils sont loin d'avoir perdu leur complicité. Et puis il y a aussi Rachel avec qui il s'est rapproché, en toute amitié évidement. Plus tous les pensionnaires, nouveaux et anciens. Ça faisait du bien de voir les jumeaux Alatir continuer leurs blagues. Et en même temps, il voyait des enfants de Momos traînant avec des enfants d'Arès en complotant des blagues toujours plus imaginatives.
La Colonie accueille maintenant une centaine de pensionnaires en plus. Les bungalows se font plus nombreux, et quelques fois plus grand. La Colonie est joyeuse, loin des deux dernières guerres – personne ne cesse cependant d'y penser. Sur le mur du bungalow 5, un fils d'Apollon a peint Clarisse en train de traîner le drakon dans New York. On ne va pas se mentir, c'est magnifique. Les restes de l'Argo II servent d'ornement à la forge. La plupart des pensionnaires ne tiennent plus compte des affinités de leur parent, et la plupart des Dieux respectent leur promesse.
L'arène brille au soleil. Plusieurs personnes se battent. Clarisse enseigne à cinq jeunes demi-dieux le combat au corps à corps. Ils l'admirent, les yeux brillants, tout en essayant d'exceller pour plaire à leur professeur.
— Hey Percy !
Chris l'appelle.
— Ça te dit un petit combat ?
Le fils de Poséidon sourit. Chris est un super bon adversaire, loyal et fort. Percy préfère se battre contre lui que contre Annabeth – son physique le déconcentre – ou contre un Athéna ou un Arès, il ne faut pas leur dire mais ils se ressemblent plus qu'ils ne le laissent croire. Percy se dirige vers Chris et décapuchonne Turbulence.
Ginny Weasley trouve cet endroit magnifique. Mais elle n'oublie pas sa maison et sa famille. Ses frères doivent être morts d'inquiétude depuis le temps qu'elle est partie sans donner de nouvelles. Ce sont de vraies mères hippogriffes à leur façon cette pensée la fait sourire. Ginny se lève de son rocher pour aller trouver quelqu'un qui puisse l'aider à contacter sa famille. Elle voit Chiron de loin et l'appelle. Ils marchent ensemble tandis que la jeune femme lui fait part de sa requête. Il la conduit à un coin du lac où une brume s'est formée.
Il lui donne une pièce en or, et lui dit de la lancer dans la brume en disant « Oh Déesse Iris accepte mon offrande, montre moi... » et de donner le prénom de la personne concernée. Ginny acquiesce. Voilà qui était bien mieux que les lettres ou les patronus, elle pourra même voir sa mère ! Car bien sûr, c'est elle qu'elle va contacter, ses frères lui feraient toute une scène et Harry lui manquerait trop si elle le voyait. Elle récite la phrase pour l'offrande et prononce le nom de sa mère.
Celle-ci est dans le jardin désert sur une chaise à bascule. Elle confectionne une écharpe – complètement hors-saison – sûrement pour Teddy, vu la taille. Sa mère chante la berceuse de son enfance. Ginny devient nostalgique, quand tout le monde est à la maison, Mrs Weasley n'a plus le temps de fredonner ces chants.
— Maman ? appelle Ginny de l'autre côté de la brume.
Molly Weasley sursaute puis prend conscience de l'écran de brume. Elle tend la main dans l'espoir de toucher la joue de sa petite dernière. Mais non, elle doit se rendre à l'évidence, sa fille est bien sur un autre continent. Mrs Weasley retrouve néanmoins très vite son sourire si légendaire.
— Ma chérie ! Comment vas-tu ? Où es-tu en ce moment ?
— Je vais super bien Maman, et je suis toujours aux États-Unis, à Long Island plus précisément. Au nord, il y a un camp qui s'appelle la Colonie des Sang-Mêlés.
— Sang-mêlés ? Ils n'ont pas fait ça quand même... s'estomaque-t-elle.
Ginny est étonnée par la réaction de sa mère avant de comprendre. Elle peut lui parler de vampires, il y en a dans le monde des sorciers, de monstres, ce n'est pas ce qui manque rien que dans la Forêt Interdite. Par contre si elle lui sort des sang-mêlés de nul part, sa mère croira à une ségrégation et non à des adolescents dyslexiques et hyperactifs qui n'ont rien de sorciers.
— Ils sont à moitié dieux à moitié moldus en fait. C'est par rapport aux dieux de la mythologie grecque.
— Dieux ? Est-ce une de tes blagues Ginevr a ?
Sa fille lève les yeux au ciel, sérieusement vexée. S'en suit un petit débat sur la vraisemblance de cette hypothèse. Mais Molly née Prewett n'avait jamais pensé qu'ils étaient seuls au monde il y avait des vampires, des gobelins, des elfes de maison et encore d'autres créatures qui possédaient une forme de magie et les sorciers spontanés prouvaient que la magie circulait partout. Une fois qu'on constate cela, des demi-dieux, ce n'est pas si surprenant en fin de compte.
— Toi, tu vas bien ?
— Oui maman, t'inquiètes pas. Ils sont super gentils mais ici aussi il se passe des phénomènes bizarres avec des monstres.
— Oh non, se désole sa mère. Tu n'as pas été blessée au moins, n'est-ce pas ?
— Non je vais très bien, la rassure-t-elle en faisant l'impasse sur sa rencontre avec le rhinocéros géant.
Molly Weasley fronce les sourcils mais ne fait aucune réflexion. Les deux femmes discutent encore, de tout et de rien... la famille, les amis, les actualités. Ginny a eu raison de choisir sa mère, ça la rassure, l'apaise et la rend confiante.
— Trois, deux, un, zéro !
Une nymphe, une semi-vampire et une demi-déesse s'élancent sur le chemin de terre pour une course de vitesse. Au début, elles tiennent l'allure mais vite la demi-déesse fatigue et perd le rythme. La course se joue maintenant entre Pom et Renesmée, leurs copains se trouvent dans les gradins en train d'assister à leur performance. Pour la première fois, une nymphe a une réelle compétition. Les deux jeunes filles accélèrent encore concentrées sur leur course, leur visage se crispent. Et malgré leurs efforts, elles franchissent la ligne d'arrivée en même temps. Elles se regardent essoufflées mais souriantes.
Les mythes Moldus peuvent être plus réels que les sciences sorcières
Hermione Granger est dans le Secteur de Recherche des Sorciers. Déjà c'est un lieu grand et mystique. Avant il s'agissait d'un palais maintenant les pièces sont remplies d'étagères, de livres et d'espaces de travail. Beaucoup d'étudiants adorent ce lieu, ils y viennent pour leurs cours supérieurs. Hermione est là pour comprendre certains phénomènes. Certes la Gazette du Sorcier ne note rien d'alarmant mais si on regroupe ses informations avec celles des autres journaux, même Moldus, on obtient une situation qui donne à réfléchir. Les meurtres et les disparitions ont augmenté. Pourtant Hermione ne pense pas aux Mangemorts mais plutôt à autre chose de moins connu.
Premièrement parce qu'un bon nombre de Mangemorts sont soit déjà en prison, soit vont bientôt y aller à la suite de leur procès. Ceux qui ont échappé à l'arrestation préfèrent se faire discrets, voir déménager pour ne pas subir les conséquences de leurs actes ou les représailles. Et de toute façon, il n'y a aucun rapport entre les phénomènes observés et les attaques habituelles des adeptes de Voldemort – même pas une tête de mort verte en vue. En allant au SRS, elle peut étendre le champs de ses recherches. Ça ne suffira pas.
La jeune femme marche seule dans le Londres Moldus. Ça fait longtemps qu'elle a délaissé le monde Moldus celui-ci lui rappelait trop ses parents. Elle a vérifié, ils sont heureux et c'est tout ce qui compte. Elle se rend dans un bar, pour se réchauffer un peu face à la fraîcheur nocturne. Elle s'installe dans une table à l'écart. Elle a bien choisi : c'est un bar convivial avec une clientèle jeune et fraîche. Elle délaisse son manteau et commande son péché mignon de jeunesse : un chocolat viennois, chaud à lui brûler le palais. Elle ferme les yeux, savoure sa boisson. Les gens parlent autour d'elle, avec de la famille ou des amis.
Mais quand elle entend deux jeunes qui parlent de monstres à côté, elle tend l'oreille. Certes les Moldus ne sont pas conscients de toutes les réalités autour d'eux mais leurs mythes sont bien tirés d'une réalité. Le jeune homme rigole, il parle d'une voix grave :
— Isa laisse tomber, j'en connaîtrai toujours plus que toi sur la mythologie.
— L'élève dépassera le maître, dit-elle avec certitude. Et les hippalectryons n'existent pas.
— Ils existent, même si aucun héros connus ne les a combattus.
Hermione ne voit pas ce qu'est un hippa-chose. Et elle déteste être dans l'ignorance. Elle pose son verre, fouille son sac et en sort une image d'un monstre qui n'a pas été prise au sérieux.
— Excusez-moi, dit-elle, je vous ai entendus parler de mythologie et je me demandais si vous auriez entendu parler de ce monstre ? C'est un dessin trouvé dans un livre d'enfant.
— Oui c'est un minotaure. Vous connaissez peut-être la légende du fil d'Ariane ?
— Oui c'est gentil. Je vous remercie pour tout.
Hermione se lève précipitamment, paye sa boisson et franchit la porte. Elle serre son manteau contre elle et se précipite dans une librairie. De toute évidence elle a perdu l'habitude des librairies Moldus. Elle demande à la libraire des livres sur la mythologie classique. Trois lui plaisent, elle les achète, rentre dans son petit appartement si peu utilisé et travaille. En même temps qu'elle tourne les pages, elle se demande pourquoi elle ne se souvient plus de tout cela. Franchement, voir des dragons et oser se dire que les minotaures ne sont que des fables. Elle aurait bien envie de se cogner la tête contre un mur. Elle lit ses livres et des souvenirs lui reviennent. Hermione essaie de se concentrer sur les faits et tout ce qui peut s'apparenter à ce monde de mythes. Les résultats seront plus concluants. Mais la jeune femme ne peut s'empêcher de se demander si tout ce qu'elle croyait inventé est en fait vrai.
Ce n'est pas le soleil qui réveille Hermione mais le bruit assourdissant des voitures londoniennes. Elle ouvre les yeux, incapable de faire abstraction de cette cacophonie. Elle se lève doucement, s'étire avec une grande attention. Hier au soir, elle n'a pas rejoint son lit de camp, ses pensées tourbillonnaient dans son esprit et elle est tombée de fatigue sur son vieux canapé trop usé, là où elle s'est installée en rentrant. Ses prises de notes sont d'ailleurs éparpillées par terre. Elle ne s'en soucie pas pour le moment, pas assez réveillée.
Elle se rend dans la cuisine, en prenant bien soin de ne pas se trouver face à son reflet. Elle met son café à couler et se traîne jusqu'à la salle de bains. L'eau chaude l'apaise et la réveille. Elle prend son temps, savourant ces minutes privilégiées où elle peut réfléchir en paix. Aujourd'hui, ses pensées sont dédiées à Ron Weasley. Depuis la fin de la guerre, ils sortent ensemble. Mais leur relation est un peu bancale, et ça, ça lui fait vraiment peur. Ce n'est pas une relation où elle s'est jetée avec désinvolture, ça fait un peu moins de sept ans que cette relation se prépare et si tout éclate après même pas un an... Ce serait un échec complet dont ils auraient du mal à se relever. Mais ce ne sera pas le cas.
Elle se rassure en quittant la douche. Elle se sèche, et se tartine de crème. Ses gestes sont encore assez mous. Elle enfile ses sous-vêtements, simples et sans fantaisies (encore plus comparé à ceux de Ginny). Elle met ses habits, un jean, un débardeur et un pull : on a vu mieux question féminine. Mais les jours ternes de l'aident pas à vouloir se faire belle même si elle sait qu'elle déjeune chez les Weasley à midi.
Elle boit son café avec la même lassitude, attendant que ses forces viennent. Elle pense à ses recherches, à ses trouvailles et aussi à ses sources. Dire qu'elle avait trouvé les réponses à ses questions dans des ouvrages – même pas scientifiques – Moldus. Bien qu'elle a un peu honte de le reconnaître, elle doit avouer qu'elle a perdu foi en les sciences Moldus et autres. Le monde sorcier a remplacé le monde Moldus qu'elle avait pourtant adoré dans son enfance. Elle rince sa tasse et entreprend de ranger ses notes en vrac. Elle sent son énergie venir peu à peu. Enfin ! Elle se chausse et se couvre puis passe la porte. Son sac en bandoulière contient ses notes, quelques livres et de l'argent. Encore une fois, rien de fantaisiste. Elle se rend dans une ruelle à l'écart.
Elle transplane à Près-au-Lard tout en serrant les pans de son manteau alors qu'on plonge au cœur de l'été, les températures sont bien en deçà des moyennes de saison. Hermione regarde le château avec affection, toute sa vie est liée à ce lieu, du moins jusqu'à maintenant. Elle attend devant l'imposant portail qu'elle avait l'habitude de voir ouvert. Rusard arrive avec sa démarche de boiteux, toujours cette même grimasse accrochée à son visage. L'ancienne élève se demande s'il la reconnaît, s'il se souvient qu'il y a un mois elle risquait sa vie en se battant dans ce château. Il lit en diagonal la missive que la directrice lui a envoyée lorsqu'elle lui avait demandé à la voir. Deux minutes plus tard, le concierge entre-ouvre le portail pour la laisser en entrer. En l'entendant se battre avec son trousseau de clefs pour refermer ce portail, Hermione se demande si cet homme a un âge.
Rusard la conduit, comme une touriste, une inconnue jusqu'au bureau de son ancien professeur de métamorphose. Elle devrait occuper les appartements réservés au directeur mais elle n'a pas fait son deuil. Dans l'agitation de la guerre, les sentiments ont été mis de côtés, mais maintenant que tout est stable, le manque se fait ressentir puissance vingt.
La nouvelle directrice est en train de s'apitoyer sur des parchemins lorsque son ancienne élève entre. Un sourire illumine leur visage dans une synchronie comique. Elles n'osent se prendre dans les bras malgré l'affection évidente qu'elles se portent. Elles parlent dans un premier temps de la pluie et du beau temps avant qu'Hermione ose aborder le vrai sujet. Il faut quand même dire que parler de mythes Moldus alarmants qui auraient un effet sur la société sorcière à son ancienne professeur et directrice de maison sans avoir l'air ridicule est assez compliqué. Mais ce n'est pas Hermione Granger pour rien.
Ma Maman elle s'appelle Katrina, parce qu'elle fout des vents magistrales
Aglëa a vu des choses magnifiques durant sa vie (oui elle s'est faite traîner dans des musées merci pour la compassion) mais il faut avouer que le Colonie est... Comment dire? Magnifique ne serait pas assez fort pour la jeune femme. Et vu qu'on ne peut pas utiliser le mot divin sans vexer un ou douze égo, on se contentera de la décrire avec euphémisme. Le premier endroit qu'elle a visité c'est là où se trouve les bungalows: des lieux décorés à l'effigie du parent divin, c'était un vrai petit jeu de découvrir qui était le parent divin. Certains prennent la poussière comme celui d'Héra ou de Zeus, pas celui d'Artémis les satyres y veillent, d'autres sont remplis de vie comme ceux d'Apollon, d'Hermès ou d'Aphrodite bien sûr. Au milieu de se premier ovale de bungalows, se trouve un terrain de basket entouré de statues grecques, de massifs de fleurs et de fontaines. Inutile de dire que c'est ravissant, d'ailleurs le match est très serré. Aglëa adore ce lieu, il est plein de vie, plein de rire; bien sur ça doit être autre chose en temps en temps de guerre mais en ce moment, c'est juste merveilleux.
Jusqu'à aujourd'hui, elle a dormi dans le bungalow d'Hermès. Certes, les Dieux font des efforts pour reconnaître leurs enfants avant leur treize ans et les envoyer à la Colonie ou à la Légion; mais sa mère n'a apparemment pas eu le post-it. Elle est énervée, et chaque jour d'absentéisme que lui faisait subir sa chère "maman" est une vraie torture mentale pour la jeune femme. Oui, elle sait qui est son parent divin. Non, elle gardera ça pour elle tant qu'elle ne l'aura pas reconnue. Et franchement, elle aurait pu lui faire passer un mot, c'est pas comme si elle a combattu un monstre mythique... La jeune femme souffle tragiquement, les années avaient beau être passées, elle est toujours autant à fleur de peau quand il s'agissait de sa mère.
Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé, elle a tout fait pour l'attirer, mais rien n'a marché. Pendant toutes ses années de secondaire, elle a trimé pour être parfaite. Ça ne lui a apportée que lassitude et déception. Elle se souvient très bien d'avoir fait de ses passions de jeunesse de simples matière où elle se devait d'exceller. A par une santé mentale déséquilibrée, elle n'en tire plus rien. Elle se souvient aussi de toutes les prières qu'elle lui a annoncées, lui sacrifiant de son premier justaucorps à de sa meilleure note au bac. Réponse de Mère Silence? Déception. Lassitude.
Elle se fit bousculée par des enfants en train de jouer. Ils ont le sourire aux lèvres et la peau bronzée. C'est un spectacle magnifique. Aglëa pourrait bien se sentir chez elle dans ce lieu. Avec ou sans mère.
De Sept à Cinq
Hermione sourit à la demeure. Voilà un autre endroit qui lui est cher, le Terrier. Ça fait plus de sept ans qu'elle connaît cette maison pleine de vie. Comme toujours, elle sait que la maison sera pleine de monde, Mrs. Weasley aime recevoir les amis de ses enfants. Et maintenant que le petit Teddy gambade dans tous les sens, les moments de paix se font rares dans le bon sens du terme.
Après être partie de Poudlard quasiment bredouille, elle est retournée chez elle. Aussi superficielle que cela puisse paraître, elle a voulu se faire belle. Ginny, elle, sait toujours comment se faire belle et comment faire baver tous les mecs qu'elle croise mais pour Hermione qui n'a jamais été aussi coquette qu'elle... c'est une autre histoire. Mais, d'après elle, Hermione a fait quand même du bon travail. Elle a essayé le fard à paupière mais ce n'était pas vraiment une réussite. Elle s'est alors rabattue sur le rouge à lèvres, celui qui lui allait si bien. Pour ses vêtements, elle a changé son pull pour une chemise et une veste, les deux allaient déjà ensemble, c'étaient d'ailleurs un petit cadeau d'Harry. Et elle a coiffé ses cheveux ! oh grand miracle de la vie ! Lorsqu'elle s'est regardée une dernière fois dans le miroir de sa salle de bain, elle a été assez fière.
C'est Luna qui l'accueille au Terrier. Elle aime bien Luna, mais elle lui rappelle Ginny et son absence. Bien sûr, ça ne fait que quelques semaines qu'elle s'est absentée mais elle lui manque tellement. Ce sera horrible de voir la table pleine de Weasley avec la petite dernière manquant à l'appel.
Luna lui sourit, comme si elle savait que son retard est dû à ses tentatives d'embellissement. Loin de se moquer, elle la complimente et lui propose de lui mettre du fard à paupière. Hermione n'aurait jamais pensé trouvé une trousse à maquillage dans le sac de la jeune blonde. Pourtant c'est ça que Lunasort de son sac, juste avant de lui ordonner de fermer les yeux. En fait, Miss Granger est un peu anxieuse. Elle n'a jamais vu Luna se maquiller et si ça se trouve elle ne sait pas le faire... Dans ce cas, elle ressemblerait bientôt à un de ses clown Moldu si adoré des enfants.
Sauf que là, son but est de plaire à un homme pas à un enfant. Sous ses paupières fermées, les yeux d'Hermione se levèrent au ciel. Cette histoire de plaire commençait à prendre beaucoup trop de place. Mais cette histoire de plaire est un prétexte. Un prétexte pour combler un vide d'après-guerre. Luna lui dit doucement d'ouvrir les yeux en lui tendant un miroir. Tous ses soucis pour rien, Luna sait maquiller même si elle-même n'est sûrement pas fan de ces démonstrations de superficialité. Hermione a voulu la remercier mais elle a déjà disparu dans le jardin où plusieurs voix se font entendre. Beaucoup de voix grave surtout, leur ton est joyeux ou semble l'être tout du moins.
Hermione fait un effort pour arrêter d'analyser chaque situation, s'ordonna-t-elle. Elle s'obéit et se dirige vers le jardin où elle est visiblement attendue. Mrs. Weasley est la première, comme toujours, à la serrer dans ses bras. Puis la jeune femme fait le tour des chaises pour saluer tout le monde. Elle remarque ainsi qu'en plus de Ginny, George n'est pas là. On peut se douter qu'il est toujours cloîtré dans sa boutique à ressasser la mort de son jumeau. Il restait là-bas depuis les funérailles, n'ouvrant la porte à personne et se revêtant de poussière au fil des heures.
Elle chassa ses sombres pensées, pour s'intéresser à la discussion, qui justement la captive fortement. Charlie a lancé la discussion à propos de comportements étranges chez les dragons. Ceux-ci sont devenus dociles, ils n'ont été ni éduqué, ni dressé et pourtant ils sont maintenant soumis et obéissant. Le métier de Charlie est maintenant aussi dangereux qu'un stage au ministère. N'importe qui aurait pu être rassuré. Mais les spécialistes savent que quelque chose de grave est en train de se produire.
Fleur rajoute ce fait divers auquel a assisté son oncle français : un elfe de maison qui, seul, a brisé l'enchantement qui le retenait à son maître. S'en suit un débat sur à quel point ce genre d'événement pouvait être dangereux. Bien sûr, dans neuf cas sur dix, un elfe de maison n'utilisera jamais ses pouvoirs pour une quelconque magie noire, mais il n'empêche que certains elfes de maison ont prouvé à l'Histoire qu'ils étaient dangereux.
Un jeune du Ministère accuse les liens avec les Moldus, ce serait eux qui nuiraient à la société. Bien sûr, il passe pour un extraverti auprès de certains mais d'autres y voyaient la base de divers problèmes...
Hermione évoque les monstres dont la presse s'affole, mis à part la Gazette ce n'était semble-t-il pas assez vendeur pour celle-ci. Le père de famille suit la jeune femme dans ses raisonnements puisqu'au Service de Détournement de l'artisanat moldu, de nombreux objets, ni sorciers ni Moldu ont été retrouvés. Tous étaient d'accord pour trouver cela alarmants. Ce ne sont pas des coïncidence. Cette situation chavirerait bientôt ils devraient se préparer.
— Même Ginny a observé des phénomènes étranges aux États-Unis, lance doucement Mrs. Weasley.
Tous manquent de s'étouffer. Ils ne s'attendent pas à ce que leur mère (ou hôte) mentionne Ginny aussi soudainement dans la conversation.
— Alors vous avez eu de ses nouvelles, reprend Luna, la première à sortir de son hébétement. Comment va-t-elle ? A-t-elle subi ces phénomènes ?
— Elle va très bien, elle s'est d'ailleurs fait de bons amis. Elle m'a dit qu'il y avait des monstres par contre, des monstres anormaux... Ça doit faire partie de ces phénomènes.
— Vous savez quel genre de monstre Mrs. Weasley ? demande avidement Miss Granger.
— Je crois qu'ils ont un rapport avec la mythologie grecque, répond-elle en se rappelant de sa discussion avec sa fille.
— Ça rejoint mes recherches, murmure la jeune femme ; on lui demande plus amples explications. À partir d'articles de journaux, j'ai fait des recherches sur les monstres. Et beaucoup coïncident avec d'autres monstres d'origine mythologique.
— Sans vouloir vexer personne, ça a l'air un peu fou tout ça, fait remarquer Percy Weasley interrompant un silence penseur.
Il reçoit des regards noirs, surpris voir ahuris.
— Je veux dire qu'il faut être sûr avant de s'embarquer – encore une fois – dans ce genre d'aventure à durée indéterminée.
Toute la salle lui sourit, surtout sa famille, heureuse qu'il envisage cette aventure avec eux. Et puis, il faut avouer que Hermione est plus que soulagée qu'il ne remette pas en cause ses recherches. Ils continuent à discuter sur le même sujet, des informations relançant à chaque fois les débats. Ils pensent à manger seulement grâce à Molly, lorsque celle-ci arrive avec un plat gigantesque et que les yeux de ses fils s'animent. Les blagues fusent. La bonne humeur plane sur le domicile familial. Mais deux chaises sont libres, froides et pesantes. La mort de proches est là dans l'ombre des sourires. Pourtant ce n'est pas le passé qui a de l'importance mais le futur.
Weasley, Zabini, Granger, Malefoy et Potter...on dirait le début d'une mauvaise blague
Voilà, c'est le moment. Harry a l'impression de revenir à ces années où ils traquaient Voldemort avec Ron et Hermione. (D'accord, c'est il y a un mois mais la banalité s'écoule lentement.) Parce qu'ils sont dans la même situation aujourd'hui, marchant dans Londres à la recherche désespérée d'un train. Oui, ils savent transplaner mais pour cela il faut connaître le lieu d'arriver, en plus c'est fatiguant.
Ils trouvent le bon train et s'engouffrent dedans parmi les Moldus. Ron regrette déjà de ne pas avoir choisi le mode de transport sorcier jusqu'à cette plage. Le transplanage n'obéit qu'à quelques règles : la première est la relation magie mental et distance, rien de plus simple, (c'est d'ailleurs avec cette règle qu'on s'était rendu compte de la supériorité du potentiel magique des elfes de maisons) et la seconde est le calcul de la distance, bien sur la distance avec ce moyen de transport était complètement différente mais il était dit que transplaner à travers l'eau (car on gardait toujours la même altitude par rapport au niveau de la mer) réduisait la distance, traduction pour les courtes distances qui restent par exemple dans un même pays, aucun problème on peut faire comme d'habitude mais pour les longues distances ou lorsque l'on est fatigué, il faut mieux voyager en « souterrain » comme on dit.
Certes ils voyagent déjà en souterrain, ce qui met Ron très mal à l'aise. Mais c'est mieux pour rejoindre le littoral. De la côte anglaise, ils rejoindront celle américaine puis Ginny. Le plan, si on peut appeler ça comme ça, c'est d'aller voir ces demi-dieux, les aider autant que possible et évaluer si la situation pourrait vraiment dégénérer.
Ils n'ont aucune idée de ce qui peut se passer mais peu importe, tant qu'ils sont ensemble, ça va bien se passer. Durant le trajet, le silence est d'ordre. Ils n'ont connu que Voldemort comme définition du mal, aujourd'hui, un nouvel ennemi, un nouvel inconnu avec sûrement de nouvelles façons de se battre et se défendre. La peur se mélange avec un autre sentiment beaucoup plus complexe mais aussi plus agréable ils savent qu'ils feront quelque chose de bien.
Quand ils sortent de la gare, dix coups de cloches leur annoncent l'heure. Le trio se met à marcher rapidement vers la navette. Ils se trouvent plus au nord de Canterbury, dans un petit village moldu qui cependant a assisté à tellement de phénomènes paranormaux qu'on hésitait à dire ce village sorcier. La cabine de transplanage se trouvait près de la plage, à droite d'un arbre avec une fleur bleue, une autre rouge et une dernière verte. Lorsqu'ils débouchent enfin sur cette plage, ils voient deux jeunes hommes déjà près de l'arbre. Ils s'attendent à devoir faire la queue, ce qui est assez énervant après avoir supporté le métro et la marche.
Puis après avoir avancé, ils se rendent compte qu'ils connaissent les deux jeunes hommes : ce sont Malefoy et Zabini. Depuis qu'ils ont quitté Poudlard, ils n'ont pas eu l'occasion de les revoir, et tant mieux se sont-ils dit. Sauf qu'ils semblent attendre quelqu'un eux.
— Alors depuis quand le trio d'or se fait désiré ? raille le grand noir.
— C'est pas comme si on était au courant que vous seriez là, on se serait mis sur notre trente-et-un pour l'événement.
Harry et Blaise se fixent. Jamais ces cinq-là n'ont eu de bons rapports, alors pourquoi les deux Serpentards les attendent ici ?
— On va faire bref, coupe le beau blond, on sait que vous partez quelque part, et on sait que l'on doit partir avec vous. Alors pourquoi se compliquer la vie ? Ce n'est pas comme si on serait obligé de rester collés du matin au soir.
Le trio se concerte du regard et finit par acquiescer – ils n'ont pas le temps de faire un interrogatoire le port-au-loin étant à heure fixe. Tous les cinq se rendent dans la cabine de transplanage pour rejoindre celle de Long Island.
Mot de Maneeya
Deuxième chapitre réécrit. Et bien je suis presque à 5 000 mots... J'ai presque de quoi être fière. Sinon et bien ça fait plaisir de voir qu'il y a des gens qui suivent malheureusement j'écris pas plus vite que l'éclair et même les réécriture risque de mettre du temps. Donc je fais de mon mieux et si vous vous demandez, cette histoire me plait toujours alors je m'accroche !
A une prochaine, Maneeya.
