Encore une absence inacceptable, je sais; pour ma défende j'ai eu du mal à écrire ce chapitre, encore plus pour le prochaine mais j'espère quand même que ce sera à la hauteur de vos attentes. Sinon j'espère que vous allez bien et sur ce Bonne Lecture!


αγνότερη


La simple et sinistre caverne est raménagée. Pour le plus grand confort de son hôte principal. Celui-ci est d'ailleurs bien mécontent du travail de ses acolytes:

-Est-ce que vous faites exprès? Ce n'est pas possible d'être aussi incompétants! Un! Vous en avez trouvé qu'un seul! s'énerve le chef. Croyez-moi, si vous n'avez pas autre chose que "Ils sont tous sur le sol américain." d'ici demain midi, je vous réserverai une torture à la hauteur.

Il disparait par un rideau, laissant ses chercheurs tremblants de peur qui se sont vite remis au travail car ils le savent: ce que Fýsi̱ dit, il le fait.

Le tyran passe dans une pièce adjacente. Une belle blonde l'attend en se limant passivement les ongles. Elle lui sourit lorsqu'il fait son entrée.

-Quels soucis t'empoisonnent l'existence? questionne-t-elle.

-Ces stupides magiciens n'arrivent pas à trouver les autres gamins et pourtant il me les faut!

-Détend toi, conseille LaVeela d'une voix suave tout en lui caressant la joue ainsi qu'une partie du cou. tu auras bientôt le petit Bobby.

-Ce n'est pas suffisant, affirme-t-il d'une voix moins coléreuse grâce aux caresses. Quant à nos nouveaux ennemis, ils vont beaucoup me divertir.


Tout le monde aime le Rubik's Cube, c'est pas pour ça que c'est simple


Léo n'est pas dans son bungalow. En fait, il est là où il se sent le mieux, dans le bunker neuf. Et puis, au moins, là, il y a Festus, enfin sa tête mais c'est quasiment pareil. La veille au soir, il a récupéré tout les différents morceaux du truc qu'il cherche. Et il a passé une bonne partie de la nuit a les tripotés dans tous les sens. C'est un peu comme un jeu, après tout, Valdez est cent pour cent fils d'Héphaïstos. On peut pas faire plus stéréotypé à vrai dire.
Et quand on voit les pièces de son jeu, on comprend qu'il ait pu autant s'amuser. Aucune pièce n'était identique à l'autre, certaines sont même d'un matériaux inconnus! Décidément, c'est presque la paradis! Presque, parce que malgré tout l'intérêt que le jeune demi-dieu porte à ses objets, il a un mal chien à trouver comment assembler ces pièces, ou juste trouver leur utilité.
La pièce que lui a donné Jason ressemble à de l'or terni, improbable puisque l'or ne s'oxyde pas. Cette pièce a la forme d'une feuille enroulée sur elle-même. En la saisissant, Léo a même eu peur de la casser mais quelque soit la matière de cette feuille, il a du se rendre à l'évidence qu'elle était incassable. Ginny lui a confié sa pièce, elle a les même dimensions qu'une balle de tennis à la différence qu'elle est creuse et qu'elle est aussi trouée à un certain endroit.. Un trou fin, environ deux centimètres de diamètre aux bords secs et tranchants. Sa matière aussi est non-identifiée, la balle est tellement légère, on aurait dit des plumes. La surface semble lisse mais il suffit de passé son doigt dessus pour constater qu'elle ne l'est pas. Quant à sa couleur, elle est sombre et semble s'imprégner des couleurs qui l'entoure pour se rendre invisible. Pas la peine de préciser qu'il a plusieurs fois failli la perdre? Puis, il y a celle qu'il a ramenée avec ces coéquipiers, la plus petite, la plus fragile aussi d'après ce qu'il y a compris. Elle est entre le jaune et le vert, et semble être mouillée en permanence. Elle brille de mille feu pourtant, on ne dirait jamais que sa surface est tangible. Malgré tous ses efforts, Léo n'a pu faire rencontrer cette troisième partie à n'importe quel autre objet. Clarisse lui a confié une sorte de ficelle, elle ferait partie de leur lot d'objets apparemment. Celle-ci est souple, comme un fil d'eau. Quasiment impossible a manipuler, ce petit bout a bien embêter le jeune Valdez. Et pas qu'un peu. De toute façon, il n'a aucune idée de son rôle dans l'objet final. Tout comme la partie rapportée par les triplettes -pardon- par Hazel, Leah et Rosalie. Cette dernière est la plus flippante à son avis mais il s'était abstenu de tout commentaire devant son regard. Et heureusement, il est pas tombé sous son charme alors que toutes les conditions étaient réunies: elle était belle et inatteignable. Par contre son mec était un peu trop musclé à son goût. Bref, ces demoiselles avaient ramené un collier de perles. Un collier de perles! Qu'est-ce qu'il pouvait ben en faire? Aucune idée, surtout que ça semblait être des vraies perles... Tant pis, il leur trouverait bien une place. Après tout, il avait toute la nuit.

Lorsqu'il s'éveille, il ne peut que grogner. Il a vraiment mal dormi. En même temps le sol du bunker est pas vraiment recommandé si on veut passer une nuit douce et confortable. Il émerge doucement et tangue jusqu'à la porte. Ses yeux se ferme automatiquement à cause du soleil qui semble presque se moqué de lui. Il se dit qu'il est en retard alors il essaie d'accélérer tout en protégeant ses yeux. Arrivé au réfectoire, il ne voit personne. Évidement: c'est l'été! Le soleil se lève plus tôt, il doit être dans les environs de six heures. Il grogne une nouvelle fois et se dépêche de rejoindre son bungalow. Il s'étale dans son lit qui a des allure de Plaza après avoir dormi dans le bunker. Il s'endort ainsi, au summum du bonheur.


Votez Fýsi̱: la compréhension et la sécurité!


Le mal de tête prend toute la place dans son cerveau. Un vrai cauchemar, son cœur semble avoir pris la place de son cerveau. Percy se sent vraiment mal. Une envie de vomir, la sensation de ne plus pourvoir bouger aucun de ses membres... Tout lui donne envie de hurler. Mais même ça, il ne peut pas le faire apparemment.
Enfin les alentours s'éclairent. Il y a tellement d'images à la suite qu'il voit trouble mais il semble qu'il recule dans le temps. Les bâtiments changent, la couleur les aspects les formes... Il a même du mal à en croire ses yeux, ils voient tellement de choses. Hallucinant. Quand enfin le rythme ralentit, Percy peut voir la construction du Parthénon sur l'Acropole, une vrai merveille c'est sur. Puis le temps remonte encore, il voit Athéna conseiller un jeune roi dans une pièce qu'il ne reconnait pas. Toutes ces vues sont telles qu'il en oublie ses douleurs. Et dire que des centaines voir des milliers de scientifiques ce sont succédés pour comprendre ces civilisations antiques...alors que lui les voit comme s'il avait été présent. Il est forcé de constater qu'en même temps de changer d'époque, il change de lieu. Maintenant, il se trouve face un gigantesque ras de marais. Il regarde rapidement autour de lui, cherchant à savoir de quelle civilisation il s'agissait: sur un des vases encore debout, il put voir une pieuvre dessiné dessus, une boucle d'oreille perdue ressemble à une abeille. Puisant dans d'anciens souvenir de son début d'année, il se rappela que ces spécificités étaient propres à la civilisation minoenne en Crête. C'est quoi les dates déjà? 2600 à 1200 avant J.-C, il lui semble. Il devine aisément que ce tsunami est l'oeuvre du volcan Santorin. Et malgré le fait qu'il sache qu'il ne risque rien de l'eau, il ne peut s'empêcher d'avoir peur devant l'énorme vague qui a jadis rasé un palais situé en montagne. L'image change encore, il visite de loin les égyptiens. Le temps recule encore; Percy voit quelques villages, quelques personnes regroupés mais sans réelle organisation. Et au bout d'un moment, il ne voit plus personne. Adossé contre un arbre, il voit son premier dinosaure. Comme dans n'importe quel film, il est énorme et semble apprécier la chair. Pendant un instant, le jeune demi-dieu croit que le reptile l'a senti car celui-ci renifle en sa direction mais finalement il part. Le temps continue de remonter. Les animaux sont tellement bizarres que Percy en vient à se demander s'il est bien sur Terre...

Puis finalement, il découvre une nouvelle civilisation. Les bâtiments sont fait de pierre, de bois et de paille. Il se retourne et voit des champs presque à perte de vue. Cette ville ressemble un peu au ville romaine. Mais en même temps, toutes ses rues parallèles et perpendiculaires lui fait aussi penser aux villes des États-Unis qui sont sur le même modèle. Il aimerait pouvoir stocker toutes ces informations pour les donner à sa belle en rentrant surtout celles concernant tous ces bâtiments. En ce moment, il est sur un mirador, une soldat est en train d'observer les horizons. Une chose est sûr, il n'aurait jamais deviné qu'elle faisait partie de leur armée. Une longue tresse blonde se balance contre sa hanche, elle a donné à ses traits fins et gracieux, un air sérieux mais fatigué. Percy profite de cette vue en hauteur pour observer la ville. Superficie? Environ la moitié de sa ville, New-York, soit sept cents kilomètres carrés.C'est quand même pas mal pour une ville bâtie avant les dinosaures. Il observe les différents bâtiments de deux ou trois étages, le plus haut étant de cinq étages. La plupart des bâtiments sont rectangulaires, très communs. Le centre ville est agité, sûrement une place commerciale.
Du bruit se fait entendre, un tête passe par le trou du plancher desservant l'échelle. La tête d'un jeune garçon, quatorze ans à tout casser, dépasse. Il sourit en croisant le regard de la belle blonde. Il monte pour lui dire bonjour. Lui aussi fait parti de l'armée devine le voyageur en constatant qu'il porte un uniforme semblable à la femme. Invisible pour eux, il n'a rien d'autre à faire qu'écouter leur conversation.
-Tu vas passer ta journée à quoi? questionne le jeune homme.
-Aucune idée mon petit Pili.
-Et moi qui étais sûr que tu passerais la journée dans un lit avec ton cher fiancé, rit-il.
-Tu sais que c'est pas mon genre. Je vais aller chez Urié, en premier temps repos, puis je l'aiderait pour ce qu'elle a à faire.
Sa voix est aussi douce que son visage. Le jeune homme sourit d'un air un peu mélancolique faut dire. La blonde décide de lui presser le bras puis de partir. Franchement même lui, Percy, a pu voir la tension qui régnait être ces deux là. son hypothèse est la suivante: le jeune garçon lui a fait sa déclaration, mais a du le repousser a cause de son fiancé ce qui crée un froid. Ouais, c'est assez plausible.

Percy descend après la jeune femme, Quieza d'après un homme d'âge mur qui l'a saluée, puisque celle-ci va voir Urié, la seule personne que le jeune demi-dieu "connait". Urié... Que sait-il d'elle. C'est la troisième fois qu'il va la voir. La première était dans son rêve, il y a découvert sa hargne contre Fýsi̱ et puis, elle était incroyablement proche de Gabry. Puis dans ce monde parallèle lorsqu'ils devaient être à Central Park, il a découvert son don pour le combat et ses réflexes beaucoup plus aiguisés que les siens. Il a aussi eu un aperçu de son côté maternel mais ça il ne le retient pas. Physiquement, la femme est très jolie avec ses traits harmonieux entourés de sa chevelure châtaigne. Et son regard noisette pouvant déstabiliser presque n'importe qui. Mais bon c'est pas parce que la voir est un régale pour les yeux que Percy suit la soldat. Simplement, si elle a été dans ces deux précédentes "visions" il doit bien y avoir une raison. Néanmoins, ce n'est pas ça qui empêche le demi-dieu de se questionner. Que pourrait-il se passer dans une ville aussi charmante? En ce moment, il traverse la rue principale derrière Quieza. M. Jackson est surpris par la douceur de l'air ambiant. Un mélange entre les fleurs qui ornaient la plupart des étables des commerçants. La route est recouverte de pierres plates, à plusieurs endroits, il voit des artisans refaisant certains passages. La belle blonde tourne à droite puis frappe à la troisième maison. Toujours avec son statut d'homme invisible, il voit Gabry ouvrit la porte. Dans le hall, se trouvent un canapé et un meuble, chacun d'un côté. Ils entendent une conversation prenant de l'ampleur à la gauche. Un pique sonore fait tourner leur tête dans cette direction.

-Qu'est-ce qui se passe? questionne la jeune engagée après avoir échanger les banalités habituelles.
-Urié et sa sœur -tu te souviens de Dolce?- elles sont en train de se disputer à propos de Fýsi̱... Encore un politique qui fout la merde.
-Mince, ça prend pas un peu trop d'ampleur?
-Si mais c'est habituel maintenant. De plus elles n'apprécient pas quand j'interfère dans leurs histoires.
-Il me semble qu'elles sont toutes les deux aussi têtues l'une que l'autre? se souvient-elle.
-Exacte mademoiselle. Mais d'un côté même je suis pas d'accord avec l'avis de Dolce, je la comprend: avec ce qui c'est passé l'hiver dernier entre son fiancé et leur enfant... Normal qu'elle est pas envie de défendre l'équité mais quand même...
Même si sa nouvelle amie hoche la tête d'un air entendu, Percy lui n'a quasiment rien compris avec tous ces sous-entendues. Les trois demi-dieux passent dans la salle adjacente où, en effet, les deux sœurs se lorgnent d'un regard noir. Dolce ressemble à sa sœur, exactement les mêmes traits, par contre sa chevelure est plus claire, plus longue, et plus volumineuse. Elle est aussi beaucoup plus menue que sa grande sœur. Percy se dit qu'elle ne doit pas savoir se battre. Le ton monte encore. La pièce est simple, convivial: une table carrée avec douze chaises disposées autour (trois sur chaque côté), un autre coin est aménagé avec des coussins et d'autres objets que Percy ne reconnait pas.
-Tu dis n'importe quo! hurle Dolce d'une voix anormalement aiguë qui pousse le voyageur à se retourner vers elle. La séparation des espèces est une bonne chose, de cette manière nous sommes en sécurité.
-Non mais tu t'entends?! Alors c'est ce qu'on est? Une des espèces, juste bonnes à être dirigé?!
-Non bien sûr grande sœur... Mais avoue que ce n'est pas rassurant de savoir qu'à un coin de rue, une vampire un peu affamé peut croquer une personne que t'aime. Le simple fait qu'il y ait des quartiers différents pour chacun de nous le prouve: on ne peut pas vivre ensemble.
-Tu délires complètement. Je sais que t'es mal à cause de l'abandon de Soa (Dolce tique légèrement à l'entente de ce nom) mais c'est pas parce que ton vampire t'as délaissé que tu peux condamner tout le monde. Tu crois que ton Fýsi̱ va nous faire quoi? à nous les filles d'Himéros? Il va nous transformer en dame de compagnie ou en fille de rue simplement parce que notre père est la personnification du Désir Amoureux! C'est ça que tu veux? Parader dans ces robes sans deuxième couche?! Quant à ton homme il va sûrement finir soldat abruti, à ne faire qu'obéir parce qu'un bloque de pierre ça pense pas!
Cette fois, sa jeune sœur la gifle. Le coup est si fort qu'Urié tombe de sa chaise.

-Maman...?
Dolce se tourne vers la petite voix, les yeux écarquillés par la surprise. Les deux sœurs se rendent compte qu'elles ne sont pas seules. Elles rougissent toutes les deux avant que la jeune mère prenne sa fille dans ses bras et l'emmène autre part après avoir vaguement saluer les deux autres. Après un dernier regard glacial échangé, Urié se retourne vers ses deux amis et son visage prend de suite un air beaucoup plus aimable. Son petit copain la serre dans ses bras avant de lui embrasser le front. Puis c'est la soldat qui fait la bise à son amie. Ils s'asseyent chacun d'un côté.
-Ton moral va comment?
-Il stagne; mais l'obstination dont fait preuve Dolce...ça me met hors de moi.
-Calme-toi carina mio tout ce passera bien, promis.
Il va ajouter quelque chose mais finalement, il est coupé par un bruit brut venant de la cour. Aussitôt, Urié se tend puis se lève brutalement en fronçant les sourcils.
-C'est peut-être rien...dit doucement Quieza sans vraiment y croire.
Urié se précipite vers un couloir à droite de la salle. Percy la suit un peu avant les deux autres. Dolce est à genoux, sa tête est maintenu par la main d'un jeune homme habillé tout en noir. Devant elle sa fille a les yeux surpris et la gorge nouée.
-Ne t'inquiète pas mon bébé, tout ira bien. Tout..
La jeune mère ne finit pas sa phrase car l'homme tranche sa gorge. Avec horreur, Percy voit le visage de la petite fille se décomposait. Les larmes affluent dans ses petit yeux, si innocent. Elle tombe à terre, les yeux fixés sur sa mère. Sa maman. Sa maman qui est au sol. Mais pourquoi elle se relève pas?! Pourquoi elle ne lui parle pas? Pourquoi...pourquoi elle ne la regarde pas? De son côté, Urié n'a pas perdu de temps pour se précipiter vers sa petite sœur, sortant une de ses épées, elle tient l'homme à l'écart de sa sœur. Tout cela en disant à sa nièce de rentrer à la maison. Portant la petite ne bouge pas; elle n'entend rien. Percy en profite pour dévisager le meurtrier. Une chose est sur, il est trop beau pour quelqu'un qui tue une mère devant son enfant. Brun, grand, il sourit comme s'il a fait quelque chose de bien. Gabry a pris la jeune enfant dans ses bras.
-Fýsi̱, crache la grande sœur, les yeux haineux. Vous le payerez je vous le promets.
-Je suis inatteignable voyons. A par m'éclabousser avec votre boue, vous ne pouvez rien faire.

Il disparut après ces derniers mots. Urié s'autorise enfin à pleurer, se penchant vers sa petite sœur. Elle lui ferme les yeux puis embrasse son front. Quand Gabry et Percy voient ses yeux s'ouvrirent sur son regard déterminé, ils sentent que ce n'est pas fini.
-Urié, calme-toi. Fais ton deuil au lieu d'agir sans réfléchir.
Mais sa fiancée ne l'écoute pas. Elle court, prend de l'élan puis saute sur le toit avant de disparaitre. "Merde." Gabry dépose la petite fille dans ses bras dans ceux de Quieza en lui promettant de revenir. Et lui aussi disparaît par la voie des toitures. Cette fois, Percy a un peu de mal à les suivre mais heureusement, il est entraîné. Les deux hommes retrouvent la jeune femme dans une ruelle. Fýsi̱ est en face d'elle, le même sourire fier sur le visage. Soudain, brisant le face à face, ils entendent un cris. Un cris puissant qui résonne un peu trop. Surtout que le cris vient de la scène de crime. Deux petits plis d'inquiétude apparaissent sur le front de leur ennemi. Trois femmes apparaissent, entourant Fýsi̱, au même moment où un vampire aux yeux noirs débarque et fixe le beau criminel avec un regard vengeur que même Urié n'avait pas. Percy dévisage les nouveaux arrivants un par un.
-Soa... Tu ne devrais pas être là. Vu ta tête tu as du voir Dolce mais ce n'est pas une raison pour agir sur une impulsion.
Gabry ricane a ses paroles puisque c'est bien l'impulsion de sa fiancé qui les a menés là. Le Soa en question n'est pas vraiment grand, surtout avec Gabry a côté. En fait, il fait a peu près la taille d'Urié. Il est tout fin, comme s'il était malade en permanence. En ce moment, il est en position de combat et fixe Fýsi̱ sans prêter attention à tout ce qui est autour. Percy se rend compte qu'il a un peu de sang à la commissure des lèvres.

De son côté, Fýsi̱ semble toujours aussi détendu, une main dans la poche. La plus jeune est à sa gauche, la jeune fille semble avoir à peine quinze ans pourtant son regard est enflammé. Tous ses habits sont blancs, blanc délavé et sale avec toutes ses taches de boues. Et pour égayer ce tableau, une barre de fer est attachée dans son dos. Enfin, c'est plus de l'acier après réflexion. Un des bouts de cette barre est pointu mais il laisse une ouverture - très bizarre. Un peu en retrait, se tient une deuxième femme qui elle est beaucoup plus vieille. Elle a les traits froids et un air snobinard insupportable. Ses cheveux blonds sont étriqué dans une coiffure compliquée. Elle porte une de ces robes "sans deuxième couche" et Percy comprend enfin ce que ça veut dire: la robe est très jolie, et très suggestive surtout, sa poitrine est à peine cachée par de la dentelle, le reste du tissus tombe en épousant la moindre de ses formes. C'est dommage que sa façon de regarder tout le monde comme de la merde gâche l'effet. La troisième femme est celle qui parait la plus folle. Ses yeux sont entourés de noirs et sa tignasse rousse part dans tous les sens, elle est accroupie, joue avec un poignard et fixe Soa comme un futur dessert. Ils sont tout simplement flippants, la tension entre les deux groupes est ingérable et à ce moment précis, Percy aimerait vraiment fuir.
-Mais qui voilà...tes trois chiennes; toujours là pour emmerder le monde, soupire Urié.
-Voyons pas de vulgarité ma chère Urié, tu sais que je tiens beaucoup à mes amies.
Le grognement de Soa les rappelle à l'instant présent: la mort de Dolce, sa petite fille, et la vengeance qui souhaite être accomplie. Urié demande à Soa de se calmer, de réfléchir. Lui ne l'entend pas, obnubilé par le meurtrier de celle qu'il aime. Alors elle décide de poser sa main sur son bras, pour que son esprit se reconnecte. Le vampire réagit immédiatement, et très violemment: il la repousse avec énergie tout en lui lançant un regard noir. Soa n'a pas envie de se calmer, il n'a as envie de penser à autre chose parce que tout ce qui compte c'est le corps de sa bien-aimée, sans vie sur le sol d'une cour terreuse ainsi que le visage dévasté de sa fille. Il faut qu'il paie. Il peut pas s'en sortir, pas après ça. Et puis d'abord pourquoi? Hein?! Pourquoi c'est arrivé à Dolce? Il doit bien y avoir une centaine de mère dans cette fichue ville? Pourquoi ce con de Fýsi̱ a choisi d'assassiner sa fiancée et de traumatiser sa fille? Il mérite simplement la mort.
-Soa je tiens à te présenter mes excuses; je n'ai rien contre toi simplement ta fille posait problème. Je n'ai fait qu'éradiquer le problème, tu comprend?
Tuer. Tuer Dolce est égal à éradiquer un problème. Il aimerait se dire qu'il s'est endormi, qu'il cauchemarde. C'est vrai, ça arrive à tout le monde de cauchemarder. A tout le monde sauf aux vampires. Et c'est ce qu'il est. Un vampire qui a laissé sa belle mourir. Il s'en fout des conséquences: Dolce n'est plus et il ne pourra plus rien pour sa petite fille. Alors a-t-il une raison? une seule raison de se retenir?

Il attaque.

Percy a du mal à voir tous les détails à cause de la vitesse du vampire. Mais il voit bien que ce n'est pas Fýsi̱ qui contre-attaque, c'est la femme à sa droite qui s'occupe de ça. Elle bondit sur Soa en même temps que celui-ci court. Elle passe au-dessus de lui et d'une main, elle saisit sa tête; un coup de pied derrière le genoux et le jeune vampire tombe.
-Non, Léonie faites pas ça !
-Ypovolí̱, murmure-t-elle en appuyant son pouce sur le front de Soa.
Le voyageur n'a aucune idée de ce qui se passe mais comprend rapidement. Le vampire se relève, ses yeux sont devenus blancs vides, son corps se relève et reste immobile. "Ypovolí̱" ça veut dire soumission, il le sent plus qu'il le déduit.
-Vous voulez toujours vous battre? questionne Fýsi̱ avec un ton condescendant.
Percy aimerait bien crier "Oui!" puisque chaque fois qu'il voit cet homme agir ou parler, il ne souhaite que lui abîmer le visage, à chaque fois un peu plus. Pourtant Gabry refuse d'un signe de tête tout en retenant sa fiancée dans ses bras. Le jeune voyageur s'aperçoit que la jeune femme tremble, ses yeux sont larmoyants et fixés sur Soa, enfin ce qu'il reste de lui. La forçant à faire demi-tour ils partent et Percy ne peut que les suivre. "Il faut aller prévenir son frère" lâche Urié sur la route. Elle échange un long regard avec son fiancé puis celui-ci semble se résigner, il soupire puis ils changent de direction.

Encore sous le choc des derniers événements, Percy Jackson les suit en espérant malgré lui que c'est bientôt fini. Ils traversent beaucoup de rues dont la rue principale. Le fils de Poséidon constate que la population a changé: ce sont tous des vampires. Le couple et le voyageur invisible s'arrêtent devant une maison. Un homme vient leur ouvrir. Il ressemble tellement à Soa qu'il ne peut être que son frère. Il a les yeux dorés mais ils sont inquiets en ce moment. Il ne s'occupe donc pas des usages habituels:
-Que s'est-il passé?
-Léonie l'a agressé.
Les yeux du vampire se plissent en deux fentes menaçantes, visiblement il sait ce que ça veut dire. Percy voit Gabry se tenir sur ses gardes.
-Aro, je suis désolée... Je suis tellement-
-Tu ne seras jamais assez désolée, la coupe-t-il la voix glaciale. Sache simplement une chose: s'il n'avait pas rencontré sa petite pétasse de sœur, il irait bien. Alors j'espère qu'elle crèvera, elle et sa bâtarde.
Sans s'éterniser une seconde de plus, il referme la porte. Le regard des deux hommes restent fixés sur la jeune femme qui se retient de toutes ses forces de pleurer. Enfin, pleurer c'est un euphémisme. Elle aimerait être assez libre pour tomber à terre et crier toute sa souffrance à l'heure actuelle. Elle n'en fait rien bien sur. Ce n'est pas le moment de passer pour une folle, ce serait un cadeau de plus à Fýsi̱ et ça c'est hors de question.

Percy se sent figé, il observe ses "amis" qui ne le connaissent pas tout en se demander quand il rentrera chez lui. Parce que pour dire vrai, il ressent vraiment le besoin de rentrer chez lui, là où il est vivant, là où sont ses amis. Il se sent vraiment mal ici, il ne peut que voir le malheur de tous les gens qu'ils croisent sans jamais pouvoir agir. C'est difficilement supportable. Urié se tourne vers son fiancé, un air résigné sur le visage. Celui-ci soupire, son regard est voilé de tristesse en regardant sa belle qui vient d'enterrer ses larmes.
-Je veux pas le laisser faire du mal, commence-t-elle.
-Je sais Urié mais nous en avons déjà discuter non?
-Cette fois, je veux être plus engagée. Je ferai tout pour le combattre. T'es avec moi?
-Oui.
Percy est loin d'être rassuré. Il voit encore les corps des soldats sur la terre avec tout ce sang. Il sait que c'est comme ça que ça va se finir. Le jeune voyageur se sent enfin aspirer. Il se laisse faire s'en résister en espérant voir le visage de sa belle.


Ô LaVeela! suspends ton sadisme


Elle s'éveille en sursaut. Par les Dieux, c'est sans aucun doute la pire nuit de sa vie. Annabeth est persuadée que même quand elle était petite et qu'il y avait monstres et araignées qui hantaient ses nuits, elle dormait mieux. D'accord, elle exagère mais cette nuit a vraiment été horrible.
Elle a passé ces dix dernières heures à faire des rêves lubriques sur son copain et tous ses réveils se ressemblent: haletante, perdue, chamboulée... Elle déteste cette sensation. C'est vrai quoi, elle est une fille d'Athéna, elle est censée représenter la sagesse; pas être un instrument de la luxure.
Annabeth ouvre les yeux, prête à établir sa résidence dans cette salle de bain. Mais la jeune femme se rend compte qu'elle n'est pas dans son lit. Elle reconnait immédiatement l'odeur, c'est le lit de Percy. Aussitôt elle se redresse. Ouf: personne n'est là et il semble être assez tôt pour qu'elle puisse rejoindre son bungalow sans être vue.
Après s'être rapidement inspectée de tous côtés pour être sure que rien ne la trahirait, Annabeth sort du bungalow numéro trois telle une voleuse. Pour tout dire, elle se sent encore bizarre à cause de la nuit qu'elle vient de passer. Elle est même anxieuse de voir son chéri! Mais au moins, la fraîcheur matinale lui fait du bien. Évidement, il est hors de question de traverser par l'allée principale: n'importe qui pourrait la voir d'une fenêtre. Alors la voilà qui se cache dans les sous bois, tentant de reconnaître son bungalow qu'elle n'a pas l'habitude de voir de dos. Enfin, elle reconnait la façade. Avec quelques difficultés, elle passe par la fenêtre du deuxième étage. Le soulagement qu'elle ressent quand elle pose les pieds sur le parquet... Et elle se dit alors qu'avec un peu de maquillage et beaucoup de chance, personne ne serait au courant pour cette nuit.

Pendant toute la nuit, entre ses différentes phases de délires et rêves lubriques, elle a eu quand même le moment de réfléchir à tout ce qui s'est passé. Qu'avait-elle fait la veille? Elle s'en souviens, elle s'est réveillée comme chaque matin à la Colonie, puis a conduit ses frères et sœurs au réfectoire où elle a constaté l'absence de son chéri. Un peu triste de commencer sa journée sans son bisou du matin, elle est partie d'abord aux murs (puisqu'il y en a plusieurs maintenant) et après à l'arène. Là-bas, avec Piper, elles ont entraîné des jeunes pensionnaires tout en assistant aux essaies d'autres combattants. Ensuite, voyant que son copain n'avait toujours pas pointé le bout de son nez, elle était allé le réveiller. Après il y avait eu cette discussion un peu bizarre avec Aglëa, et enfin l'attribution des quêtes. A Central Park, ils se sont fait avoir bêtement par des pierres hallucinogènes. Et c'est là qui tout est devenu bizarre.
Annabeth a rencontré LaVeela et après ses fichus test, celle-ci a déposé un baiser sur son front. A partir de là, elle a eu beaucoup de réactions bizarres même si elle ne s'en est pas rendue compte immédiatement. D'abord quand elle a revu Percy, elle a voulu savoir si elle lui plaisait...alors qu'ils étaient poursuivis par des dragons! Ensuite, c'est l'épisode du métro: cette sensation de chaleur, elle n'a pas arrêtée de la ressentir cette nuit. Ce sont ses hormones un peu trop excités. Et entre le corps de son Percy et les démonstrations du couple d'en face, ses hormones avaient de bonnes raisons d'être excités avec ça. Après ça, elle a eu cet excès de libido avec son chéri entre deux bungalows. Par les Dieux, il vaut mieux éviter d'y penser, elle n'a aucune envie de mouiller -encore- sa culotte. Et elle ne l'a plus vu depuis puisqu'il a eu cette discussion avec Monsieur D. Bien sûr, il y a eu toute cette nuit horrible et éprouvante.
Conclusion, tout est de la faute de LaVeela. Cette folle et son baiser ruinent sa vie.

Avant tout, elle a besoin d'une bonne douche. Annabeth n'a pas vraiment l'habitude de se sentir aussi bizarre... Quoi qu'il en soit elle profite de cette douche froide pour préparer un plan pour la journée: en premier, ne rien dire à personne tant qu'elle en est pas obligée, en second, ne rien faire de bizarre avec Percy et surtout se contrôler dès qu'il serait dans les parages. En attendant, elle ne peut que faire des recherches.
Juste ça rend anxieuse la fille de la Sagesse. C'est vrai après tout, rien ne garantissait que la bibliothèque d'Athéna contenait quoi que ce soit avec une personne telle que LaVeela. Mais Annabeth ne veut pas y penser, si ce n'est pas ici, il faudra demander de l'aide. Et ça, c'est loin de toutes ses envies.
Lorsque le cor retentit, Malcom passe sa tête à travers l'entrebâillement de la porte. Il lui demande rapidement si tout va bien, la voyant entre tous ces livres. Bien décidée à faire comme si tout allait bien, Annabeth acquiesce puis descend pour conduire ses frères et sœurs. Encore une fois, elle remarque que Percy n'est pas là. Il faudra qu'elle aille voir Monsieur D. pour lui soutirer des informations.

La demoiselle déjeune avec ses frères et sœurs, comme si de rien n'était. Son plan marche à merveille. A la fin du repas, elle va voir Dionysos en croisant les doigts dans son dos.
-Anne-Belle Chade, je t'écoute, la salue-t-il en la voyant arriver.
-Je voudrais vous demander si vous savez où est Percy, demande-t-elle sans ce soucier de cet énième manque de respect.
-Sur le balcon de la Grande Maison. Que feriez vous sans moi?
Prenant ceci pour une question rhétorique, Annabeth s'abstient de répondre et se contente de remercier le Dieu. Elle se dirige ensuite vers la maison. Encore une fois, elle tombe sur son amoureux endormi dans un sommeil agité. Mais ce matin, elle a chaud en regardant ce corps dans les vapes. Explication: Percy dort avec un air plus que sérieux sur le visage (alors il est impossible pour la jeune femme de rigoler) son tee-shirt est presque entièrement cramé, et un bout de son caleçon est physique. Alors malgré son plan et ses bonnes résolutions, son esprit se met à imaginer ce qui se cache dessous. Annabeth se gifle. Puis, toujours énervée, elle gifle Percy.
Le jeune homme s'éveille en sursaut, sur ses gardes. Mais il se rend vite à l'évidence: il n'y a que Annabeth. Alors pourquoi elle l'a frappé?

-Annabeth qu'est ce qui se passe? s'inquiète-t-il?
-Rien du tout, répond-elle précipitamment; puis elle embraye pour éviter tout autre question embarrassante: Tu as encore loupé le petit-déjeuné Cervelles d'Algues, il faut aussi que tu ailles te changer. A plus tard.
La voilà déjà disparut. De toute façon, il fallait qu'elle fuit ce terrain miné. Elle s'était promis de rester normal, d'avoir le même comportement que tous les jours mais voilà, un Percy torse nu et elle perd tous ses moyens. Par les Dieux, elles déteste son corps, elle déteste sa tête, elle déteste la bibliothèque d'Athéna, et surtout, elle déteste LaVeela.
Et voilà qu'elle voit Piper et Jason en pleine séance de yeux doux. C'est ça la solution. Athéna en tant que Déesse de la Sagesse et de la Stratégie guerrière, n'a aucune raison de posséder un ouvrage ayant un quelconque rapport avec LaVeela. Par contre, Aphrodite, la Déesse de l'Amour et de la Beauté a plus de chance de lui donner des informations.
Un peu gênée d'interrompre leur intermède romantique, Annabeth s'excuse d'emprunter Piper. Annabeth rougit avant même de commencer à parler à son amie. Elle reste une dizaine de secondes pantelante, essayant de trouver l'inspiration.
-Piper, débute-elle solennellement, il faut que ce que je te demande reste strictement confidentiel. Promets le moi s'il te plait.
Son cerveau d'Aphrodite se connecte immédiatement devant l'air grave d'Annabeth parce que Piper le sait maintenant: il n'y a que Percy qui puisse la mettre dans cet état et pour qu'elle en fasse un secret d'État ce doit être important. Pour la rassurer, Piper lui prend les mains et lui fait son sourire spécial décontraction. Doucement, elle lui assure que tout ce qu'elles diront sera scellé. La fille d'Athéna prend une grande inspiration, prêté à réaliser son cauchemar, c'est-à-dire qu'autrui apprenne son secret.
-C'est à propos du baiser de LaVeela, j'ai l'impression qu'il m'a changée. Est-ce que dans ton bungalow tu pourrais trouver des informations sur elle?
-Bien sur, je finis un truc et après je vais chercher des informations sur cette folle. T'inquiète pas!
Un dernier sourire et elles se quittent.


Le maître des sorciers


Après cinq heures d'entrainement, Clarisse est contente de prendre une bonne douche. Elle a été réveillée par le soleil qui est diablement fort en ce mois-ci. Elle ne prend pas sa douche à son bungalow parce qu'elle pense passer bien assez de temps avec ses frères. Et puis elle préfère de loin les douches communes des filles: c'est tout frais tout propre. Alors que la salle de bain réservée aux filles chez les Ares ressemble presque à celle des gars: ses frères se sont dit que lorsque leur salle de bain était occupée, ils pouvaient utiliser celle des demoiselles. Clarisse les aurait bien planter pour ça. Et en plus, aucun de ces attardés ne semblaient comprendre le problème!
Elle est dans sa partie savoureuse de sa douche, le moment où elle n'a qu'à profiter de l'eau chaude. Elle finit par sortir après avoir enfiler ses sous-vêtements. Une fille d'Aphrodite se maquille devant le miroir, elle est plutôt jeune et ses mains sont hésitantes. Elle lui fait un petit sourire dans le miroir. Avec son amitié avec Selena, toutes les filles d'Aphrodite se sont mises à l'aimer et à vouloir l'aider. Au début, elle ne savait pas comment le prendre, et en fait, c'est toujours le cas. Elle pose ses effets à côté d'un lavabo, et commence à dompter ses cheveux. Elle fait simplement sa queue de cheval habituel. Avec surprise, elle entend la demoiselle à côté lâcher un cri. Clarisse voit son regard fixe sur le mur d'à côté, une expression choquée sur le visage. Aussitôt, s'attendant au pire, Clarisse se retourne sans oublier de prendre son poignard, au cas où.
Deux têtes se font voir par les vitres -habituellement troubles- de la salle de bains. Clarisse inspire fortement, les yeux exorbités, prête à démembrer ses sales petits gars. Sans réfléchir, elle lance son couteau sur eux. S'il n'y avait pas eu la vitre, la lame se serait planter entre les deux yeux de Drago Malefoy. D'ailleurs, lui et son cher ami ont les yeux grands ouverts, comme si la réaction de la guerrière est démesurée. Ils lui font un dernier coucou de la main avant de disparaître. Rapidement, Clarisse finit de s'habiller et se précipite hors de la salle de bain, elle fait le tour du bungalow mais malheureusement, Malefoy et Zabini ont disparu.
Clarisse lève la tête et regarde les différentes fenêtres alignées. Elle sait qu'ils ont utilisé un sort pour voir à travers. Sachant que les fenêtres extérieures illuminent les parties douches, ils auraient tout à fait pu éclaircir celles-là. Elles ne sont pas mieux protégées que les autres. Alors finalement, ce sont des gentils salops qui regardent les filles se parent. Peut être des fétichistes d'eye-liner qui sait. Mais tout de même, il est hors de question de les laisser s'en tirer. Ces petits sorciers connaîtront la vengeance d'une fille d'Ares.

Petite Ginny,
J'espère que tu vas bien. Ici, tout suit son cours même si le monde semble un peu moins joyeux. Comme promis, je t'ai joint un Port-au-Loin pour lundi, Ron et toi partaient à 11h30 (heure de Long Island).
On pourra en profiter pour tous parler à ce moment; ceci explique la brièveté de ma lettre.
Ne sois pas trop triste, à bientôt.
Mélancolique, Ginny relit la lettre. Ça ne lui sert à rien, elle a l'information principale qu'il faut d'ailleurs qu'elle communique à Ron. Elle ne voit donc pas Blaise Zabini lui rentrait dedans.
-Dis donc, faut regarder où tu vas, fait remarquer le jeune homme.
-Tu aurais très bien pu le faire, réplique la jeune Weasley de mauvaise humeur.
-Oh t'es en semaine rouge Weasmoche, raille Drago. (Ginny grogne pour toute réponse puis trace son chemin.) Alors tu crois que Clarisse nous a vu?
-Tu lui a fait un signe de main, lui rappelle son ami en levant les yeux au ciel, alors évidement qu'elle nous a vu.
-Soit, elle va se venger?
Blaise réfléchit sérieusement à la question. Après tout, cette fille a vraiment l'air folle dans son genre. Et elle a un manque évident de féminisme; queue de cheval, brassière et shorty...non mais c'est quoi ça? Sans même parler de la déception qu'il a eu. Surtout que, quand Drago lui a proposé ce plan, il a accepté dans l'espoir de voir Nissa. Oh oui, Nissa dans de jolis sous-vêtements classes et suggestifs. Voilà ce qu'il a espéré voir en suivant Drago dans sa quête de belles formes féminines. Il a bien déchanté. Pour en revenir à la vengeance de Clarisse, il faut toujours se méfier surtout quand l'ennemie a les yeux fous dès qu'elle peut trancher quelque chose.
Blaise va répondre mais il est coupé par la rouquine qui s'est retournée vers eux:
-Les mecs, désolée mais c'est pas Maitre Romi là-bas?
Les deux jeunes hommes regardent la femme en train de conseiller une jeune fille sur comment utiliser le tranchant de son poignard. Le port altier, elle a la tête très légèrement penchée en même temps qu'elle parle. C'est bien Maitre Romi, avec ses cheveux blanc/gris acier et son tailleur si caractéristique et bien coupé.
-Qu'est-ce qu'elle fout là? Elle avait disparu dans la nature, s'exclame Drago.
-Quel langage vulgaire, s'offusque son ami avec un sourire rieur. C'est vraiment, vraiment elle? Ce serait flippant qu'elle nous ait enseignés puis qu'elle enseigne maintenant ici.
-Faut en être sur, décrète Drago avant de marcher vers leur ancienne professeure.

Avant même que Ginny puisse dire quoi que ce soit, les deux anciens Serpentards ont fondu sur Dinxa Romi. La jeune Weasley les regardent, ahurie, et dire qu'elle n'a pas pu en placer une. En même temps elle se fait la réflexion qu'ils ont un goût vestimentaire super bizarre.
A la Colonie, le style en général c'est décontracté. Quand Drago Malefoy s'habille en décontracté, cela donne des mocassins en cuir, un pantalon en lin, une chemise noir avec trois boutons ouverts, une troisième veste d'un joli vert. Chez elle, tout cet attirail n'a rien de décontracté, c'est même un peu trop classe. Quant à Blaise, il a à peu près le même costume, si ce n'est que lui a une chemise blanche avec les manches retroussées, sa troisième veste est mauve et aussi qu'il a des baskets en toile aux pieds. Mais ils sont aussi classes l'un que l'autre. Ils sont même beaux, se dit Ginny en riant intérieurement.
Finalement, elle s'oblige à aller voir ce qu'il se passe du côté de Maitre Romi avant de divaguer encore plus. Quand elle arrive à leur hauteur, elle entend les sorciers lui conter les derniers évènements en Angleterre; comme le passage au karcher du Ministère de la Magie. Alors c'est vraiment elle, quoi que ça aurait difficilement pu être une sœur jumelle. Malheureusement pour l'esprit plein de questions de Ginny, la dame prend congés puisqu'elle est attendu autre par. A son départ, Annabeth et Hermione arrive chacune de deux côtés différents.
Ces deux-là, elles se ressemblent tellement que Ginny voit seulement deux possibilités: soit elles s'adorent, soit elles se détestent.
-Tu la connais?
-Que fait-elle ici?
Ginny lève les mains pour qu'elles lui laissent le temps de répondre.
-Alors en premier, oui je la connais, Maitre Romi nous a entrainés avant la guerre contre Voldemort. Et d'après ce que j'ai compris, elle serait là pour entrainer des gens.
-On peut lui faire confiance? questionne Annabeth.
-Oui, elle nous a vraiment beaucoup aidés, confie Miss Granger.
-Mione qu'est-ce qui te pose problème? s'inquiète son amie en sentant sa petite voix.
-C'est trop bizarre comme situation... Comment ça se fait qu'elle soit maintenant là? Surtout après avoir subitement disparue d'Angleterre, il y a un an, à tel point qu'on la croyait morte.
-Et qu'elle connaisse, et les demi-dieux et les sorciers... D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle est?
-Une elfe, elle me l'a confié avant de disparaitre l'année dernière.
Elles restent toutes les trois silencieuse. avant que la fille d'Athéna lâche:
-Je trouve ça trop louche; il faudrait se méfier...
-C'est quelqu'un de confiance, rétorque Hermione, sûre d'elle. Il te suffirait de faire sa connaissance pour le savoir.
-Qu'est-ce qui te rend si sûre?
Pendant un instant, Hermione se surprit à douter. Elle se souvient de la première fois qu'elle a vu Maitre Romi: elle n'avait aucune confiance, elle aussi,. Et il lui avait suffit d'une discussion avec la vieille elfe pour que son opinion change. Une simple petite discussion pour faire plier la têtue Miss Je-Sais-Tout. Elle balaye ses réflexions pour répondre avec toujours autant de certitudes:
-Il faut juste que tu apprennes à la connaître, tranche-t-elle avant de partir.
Annabeth reste ahurie. Durant leur petite discussion à Central Park, ils ont aussi parlé de Hermione Granger. Et apparemment, ses amis l'avaient décrite bien généreusement...
-Excuse-là; elle est vraiment pas comme ça d'habitude, assure la belle rousse en lui touchant doucement le bras. Je vais voir comment elle va.
Annabeth acquiesce. Son esprit bouillonnant est déjà en train de se pencher sur le cas de cette Hermione, si insupportable. Mais elle n'a pas le temps de se prendre la tête pour cette sorcière, elle a déjà ses propres problèmes. Aussi, elle décide de se rendre au bungalow numéro dix pour aider Piper dans ses recherches. De toute façon, elle est incapable de se concentrer dans son état.

Percy passe la porte principale de l'arène. Hazel et Jason sont déjà là, assis côte à côte en train de discuter avec une tiers personne. Le fils de Poséidon accélère la cadence comprenant qu'il est le retardataire. Tous lui souhaitent la bienvenue chaleureusement.
-Jeunes gens, je souhaitais vous apporter un enseignement qui pourrait vraiment vous aidez. L'acceptez vous?
-Oui, répondent-ils incertains après avoir échangé un regard.
Elle leur sourit pour les rassurer tout en les trouvant adorables. Ils n'ont vraiment aucune idée de ce qui les attend...
-Les enfants des Trois Grands ont beaucoup de pouvoir, ça vous le savez déjà. Seulement, une grande partie de cette puissance vient du champ d'action, vous avez chacun des éléments qui vous permettent de faire des choses extraordinaires. Vous pouvez même les utiliser lors d'un combat. Par exemple, le fils de Jupiter, c'est... (Elle hésite entre les deux garçons, les froissant quelque peu, mais finalement elle devine.) Toi. Donc tu peux sentir tout l'air qui est autour de toi, et avec de la concentration et de la pratique, tu peux "voir" les mouvements de l'air.
-Mais madame, excusez-moi mais si on se concentre sur ces mouvements, on risque pas d'être plus vulnérable dans un combat?
-Justement, il faudra développer un nouveau mode de combat, un mode que vous pourrez effectuer les yeux fermés, affirme-t-elle en leur tendant des bandeaux.

Ils hésitent tous à saisir ces bandeaux. Sans la vue, ils peuvent quasiment pas se défendre et ils n'ont pas assez confiance pour tenter de se priver de leur sens. Pourtant, une autre pensée traverse Hazel: celle de la dame qui l'aidait la veille. Et même si elle ne se souvient visiblement pas d'elle, Hazel veut lui faire confiance. Voilà pourquoi elle est en train d'attacher son bandeau derrière sa tête.
-Je te préviens tout de suite, lire la terre, c'est pas facile. En premier, ressent les vibrations, trouve les différences ombre/soleil. Est-ce que t'y arrive?
-Je dois vous répondre maintenant? questionne la fille de Pluton sentant le stress monter.
-Non bien sur, rie doucement l'elfe. Prend ton temps.
En fait il faudrait simplement du temps à la demoiselle. Le temps est primordial pour ces exercices. Mais le temps est aussi un luxe; le genre de luxe dont ils pourraient bientôt être à cours. Quant à ressentir les vibrations: plus facile à dire qu'à faire! Au moins, Hazel sent la terre, enfin qu'une petite partie, à peine la surface pour tout dire. C'est bien plus simple de faire pousser des pierres précieuses. Les vibrations, elles, se font très discrètes par contre.
-Hazel, appelle son professeur, dis moi si je marche.
Allez! un peu de concentration voyons. On va commencer par imaginer l'endroit où elle se trouve. Cette grande arène. Maintenant, il voit qu'elle ressente, grâce à la terre, ce qu'elle a vu plus tôt. Les fondations des gradins forment un cercle, elle le sent enfin. Mais vu la taille de l'arène, se souvient-elle, ça va plus lui prendre la tête qu'autre chose. Alors Mme Lavresque décide de se placer -à l'opposé de l'entrée à trois quatre mètres des gradins sur lesquels sont posés Percy et Jason- et d'établir un cercle d'à peu près cinq mètres autour d'elle -Romi ne serait sûrement pas partie très loin- maintenant concentration maximum. Elle est la terre à partir de maintenant. Hazel calme sa respiration jusqu'à ne plus l'entendre pour que seules les vibrations que causerait chaque pas résonnent. Poc. Poc. Poc. Aussi régulier qu'une horloge, les chocs vibrent en elle à chaque fois. Elle y est presque. Elle est quand même une fille de Pluton, elle doit bien pouvoir trouver à quelle distance. Un mètre? Non, c'est plus loin, elle l'entend, toujours à la même distance d'elle. Environs un mètre et demi, ça semble probable.
-Vous marchez en décrivant un cercle à un mètre et demi de moi.
Toujours privée de la vue, Hazel entend quelques applaudissements qui la font sourire. Elle enlève le bandeau, puis se fait féliciter par Dinxa Romi. Ensuite, c'est au tour de Percy de s'essayer à cet nouvel entrainement.
Il met à son tour le bandeau. Le demi-dieu grimasse; il déteste perdre un sens, il se sent vulnérable et perdu.
-Je suppose que tu n'ignores pas que les êtres humains sont majoritairement constitués d'eau. Tu dois d'abords la sentir pour voir ton adversaire. Mais attention, simplement la sentir parce que si t'exerce ton pouvoir sur elle, tu risques de tuer pas mal de personne aux alentours. Percy déglutit en essayant quand même d'être un minimum discret même s'il sent ses mains déjà moites. L'eau est partout, il doit pouvoir y arriver. Un peu de motivation.


Communiquer est essentiel


L'entrainement a été éprouvant. Plus qu'éprouvant même. Complètement lessivant. Aussi les trois héros accueillent avec joie l'annonce du repas. Hazel retrouve son frère tandis que Jason et Percy se dirige tous les deux directement au réfectoire. Ils sont légèrement sur les nerfs alors ils se contentent de marcher côte à côte: ils n'ont pas réussi l'exercice et ont plusieurs fois blesser Maitre Romi même si c'est légèrement. L'elfe leur a bien dit que leur échec était tout à fait normal, mais leur orgueil de mâle est quand même bien amoché. Elle leur a aussi donné des exercices à faire régulièrement pour s'habituer aussi, des exercices demandant de la patience... Très drôle. Au moins, cet entrainement a réussi un exploit, faire sortir le comportement bizarre d'Annabeth de l'esprit de son copain. Depuis Central Park, la jeune demoiselle a de telles réactions...Percy ne sait plus quoi penser mais il espère qu'elle finira par lui en parler.
Le repas se déroule normalement dans le réfectoire agrandi aux tables customisées pour certaines. Tous discutent, s'amusent, blaguent, ressemblent ainsi à une vraie colonie de vacances. Sans monstre, sans quête, sans prophétie et sans danger de mort. Le rêve quoi.

Nissa va pour repartir à la forge, pour finir un bouclier sur lequel elle travaille depuis plusieurs semaines, quand elle est interpellée par Chiron. Elle devient tout de suite un peu anxieuse. Leur directeur des activités n'est vraiment pas du genre à parler pour rien dire. Elle se souvient que ses premiers cours ont été assuré par Chiron, à cette époque elle se gênait pas pour aller le voir dès qu'elle en avait envie. Maintenant, elle n'ose plus vraiment, elle se dit qu'il a d'autre chose à faire, d'autres priorités. Et puis, il faut être sincère, comme tout professeur, Chiron aussi a ses préférences. Ça ne gène pas la fille d'Héphaïstos, elle n'a jamais eu envie d'avoir un surplus d'attention.
-Je suis désolé de te déranger, j'aimerai simplement savoir si tout ce passe bien avec nos invités. On m'a dit que tu as passé une bonne partie de la matinée avec l'un d'eux.
-Oh, Blaise. En fait, il n'a fait que m'observer en train de travailler mais il a pas l'air trop méchant.
Le centaure hoche la tête pensif.
-Chiron, je peux y aller? Je suis pressée de finir...
Il réinitie le mouvement, cette fois pour former une réponse affirmative. Nissa n'attend pas plus pour partir. Elle se rend compte avec un peu de tristesse qu'elle n'est plus vraiment à l'aise avec son directeur des activités. De plus, quant elle parlait de surplus d'attention, elle pensais à ce Blaise Zabini. Elle le connait depuis, trente heures à tout casser et il ne lui a même pas plu au premier abord (et oui, Nissa préfère de loin les hommes taillés un peu comme son père) mais ce n'est pas ça qui l'a empêché de s'imposer dans sa vie. Il est arrivé, comme une fleur, et s'est posé sur une chaise propre après l'avoir vérifiée une bonne centaine de fois. Oh, il ne lui a pas demandé s'il pourrait l'aider. De toutes façons, il en est sans doute incapable. Ses mains sont toutes fines, même avant sa venue à la Colonie, Nissa n'a jamais eu des mains aussi douces. C'est vrai que c'est un mauvais exemple, lorsqu'elle était enfant, elle touchait à tout et n'importe quoi alors forcément, des fois, elle se recevait une petite décharge ou une petite brulure. Ça la faisait rire mais sa mère, elle, était inquiète. Elle n'a pas le temps de s'apitoyer sur la relation mère/fille qu'elle entretient puisque Blaise apparait à ses côtés.
-T'as fait un détour il me semble non?
Décidément, il est bien décidé à la suivre.
-Chiron voulait me parler.
-De quoi? Oh je sais: tu caches un lourd passé de délinquance! (Nissa rit en réarrangeant son bandeau.) Me dit pas que t'as fait entrer de façon clandestine ton copain?!
-J'ai pas de copain et je ne suis pas non plus une délinquante.
Non mais, c'est quand ses idées. A-t-elle l'air d'une délinquante? Peut-être un peu en fait; il n'est pas le premier à penser qu'elle est une "méchante" fille. Ces mecs et leur fantasme grossièrement relié aux héroïnes de film d'action américain... De toute façon, elle n'a pas de soucis à se faire, ici, tout ce que les gars voient sur elle, ce sont ses mains calcinées et le nombre de ses frères dangereux. Au moins, elle est tranquille. Enfin, elle était tranquille puisque ce sorcier semble bien décider à la pister jusque sous sa douche.
-Tu vas me suivre combien de temps?
-L'éternité alors j'espère que tu es hospitalière.

Elle tape nerveusement du pied. Ça n'a rien n'a voir avec son hyperactivité, c'est sur. Elle essaie de se concentrer sur la discussion qu'elle entretient avec Aglëa; ça n'a jamais été aussi dur. Surtout qu'elle repasse en boucle les révélations qu'elle a découvertes avec Piper. Il y a des moments où on prie pour que ce soit notre esprit dément ait tout inventé, que le monde est simple et sans magie... Et Annabeth a prié très fort. En même temps, elle jette de fréquent coup d'œil à ce fichu bungalow.
-Tu te poses beaucoup de questions sur mon père en ce moment...
-Excuse moi. Ce n'est ni contre toi ni contre ton père, explique la jeune femme avec un sourire contrit; simplement la Colonie c'est ma maison alors je suis souvent méfiante avec les nouveaux venus.
-Je vois, affirme la fille d'Héra en hochant la tête. Tu sais tu peux aller en parler avec mon père. Il est toujours sincère. (A cette phrase, Annabeth entend très distinctement la fierté dans la voix de son amie.)
-Sérieux? Il est toujours sincère? questionne-t-elle réellement intriguée.
-Ouais, il a été élevé comme ça, chez les elfes, le mensonge est proscris. Tout ce qu'il peut faire c'est mentir par omission mais il aime pas vraiment faire ça. Bref, il te dira la vérité si tu le questionnes.
Elles se sourient avant que le sourire d'Aglëa se fane.
-Ça fait quand même longtemps qu'on a pas eu une vraie discussion...
-C'est ça d'être des héros... Mais tout va bien, généralement, nos ennemis attendent les vacances pour nous prendre tout notre temps, rie Annabeth. Zut j'en ai oublié nos examens!
-Moi aussi, rie Aglëa. C'est grave mais je peux pas m'empêcher de rien! Ils ont lieu la semaine prochaine?
-Il faudra demander à Chiron pour aller les passer.
-Y'a Percy tu devrais aller lui dire, vu comme il est, il doit avoir complètement oublier!
Cette petite allusion à son copain fait perdre le sourire de la belle blonde. Et dire qu'elle a réussi à ce changer les idées, enfin un peu. Elle se lève agilement prête à affronter sa pire peur de l'été.

Annabeth salue Percy en se forçant à sourire. Jamais elle ne s'était forcée à sourire à Percy. Vu la tête qu'il fait, il l'a bien remarqué. Prenant son courage à deux, et tentant d'oublier son coeur qui menace de sortir de sa poitrine, elle lui annonce qu'elle a quelque chose d'important à lui dire. A peine sont-ils entrés que Percy l'embrasse tout en la tenant fermement.
-Arrête! gronde-t-elle en le repoussant rapidement; tu sais très bien que j'arrive pas à réfléchir quand tu m'embrasses!
Le visage de Percy s'éclaire et s'assombrit au gré des mots de la jeune femme. Mais pour que sa copine ait besoin de réfléchir à ce qu'elle veut lui dire, ça doit être important. Alors Percy s'assoit sur le bord de sa fontaine tout en prenant la main d'Annabeth en signe de soutien.
-Tu as remarqué mon étrange comportement entre ce matin et hier je suppose. (Percy hoche la tête en essayant de trouver un lien avec quoique ce soit.) J'ai découvert que LaVeela est la cause de ce changement... (Maintenant la partie la plus difficile; dépasse ta peur petite Annabeth.) Mais les changements de mon comportement vont continuer... (Sans s'en rendre compte, Annabeth serre un peu plus la main de son amour comme pour se raccrocher à son canot de sauvetage.) D'après mes recherches, le baiser qu'elle a déposé sur mon front agit comme une malédiction qui développerait ma libido mais ils n'ont pas précisé pourquoi.
Leur deux respirations s'entremêlent dans un silence profond. Et Annabeth est surprise lorsqu'il lui tire la main, que sa tête se cogne contre son torse, et que un bras lui enserre la taille. Leur main se serre encore plus fort. Chacun de leur battement résonne dans leur moitié. Et sans pouvoir se l'expliquer, Annabeth souhaite pleurer. Mais elle se retient, pour une fois qu'elle se sent apaisée depuis son retour. De son côté, Percy ne se sent pas vraiment bien. Cette annonce le fige, c'est vrai, il a même peur. Franchement qu'est-ce qu'il peut faire pour l'aider quand le problème se trouve...à l'intérieur? Ça le stresse vraiment, d'autant plus que d'ordinaire, c'est plutôt elle qui bride sa libido à lui.

Elle s'éloigne un peu de lui, et lève la tête pour croiser son regard. La jeune femme est bouleversée par ces yeux si bleus et surtout si hésitants. Ils n'étaient pas fixe d'ailleurs. Tantôt, son regard se pose sur ses lèvres de sa belle blonde et ses yeux reflètent le désir éprouvé puis il semble électrifié, et doute comme si cette annonce diminue le droit qu'il a à embrasser sa copine.
-Tu peux m'embrasser, dit-elle d'une voix basse et tremblante.
Elle ne sait pas qui s'est avancé, ni qui a embrassé en premier. Tout ce dont elle est sûre c'est qu'elle pourrait passer sa vie dans les bras de cet homme-là. Enfin, c'est ce qu'elle se dit jusqu'à ce que la nymphomane en elle prenne le dessus.

Ça commence toujours par la chaleur. La même chaleur qui l'habitait toute cette nuit. Mais cette fois, dans les bras de Percy, impossible de faire partir cette chaleur. La chaleur qui se répand dans son corps. La chaleur qui se loge dans son bas ventre. Et leur baiser, auparavant doux, devient insatiable, sensuel et sauvage. Annabeth est même surprise par l'intensité de tout ce qu'elle ressent. Elle ne prend même pas le temps de ressentir les sensations qu'il lui donne. Non. Elle se contente de vouloir plus. Toujours plus. Elle finit par lui enlever son tee-shirt en tirant de tous les côtés sans réfléchir parce qu'elle était trop pressée. Ils se cognent, manquent de tomber dans la fontaine, font tomber le bouclier, et tombent eux-même au sol. Annabeth le chevauche, ne s'écartant de lui seulement pour enlever son propre tee-shirt.
Heureusement, enfin ça dépend du point de vue, ce petit instant sans réel contact permit à Percy de reprendre ses esprits. Ils pouvaient pas coucher là, sur le sol du bungalow de Poséidon, en début d'après-midi. C'était complétement impensable. D'ailleurs, ils auraient même pas du se trouver allongés. Percy se redresse rapidement avant qu'elle ne capture ses lèvres à nouveau. Il l'aide à faire de même. Pourtant sa confiance est ébranlée lorsqu'il croise son regard, ce gris déçu lui transperce le coeur. Il va pour lui prendre la main mais elle se dégage à toute vitesse. Impossible de dire lequel des deux et le plus blesser dans ce geste.

Elle finit assise seul sur un gros rocher près de la rivière. Elle se retient de pleurer. Malgré les yeux qui piquent. Malgré le ventre qui se tord. Malgré la gorge enrouée. Elle veut pas pleurer. Elle se sent mal,c 'est vrai. Elle peut pas le cacher. Par contre, elle peut se persuader que ça va partir. Rapidement.
Elle a besoin de raison. Elle a besoin de sa mère. Or, tout ce qu'elle peut faire c'est prie; la prier dans l'espoir dément qu'elle réponde, ou mieux, qu'elle vienne.
-Athéna ne te répondra pas Annabeth Chase, affirme une voix à sa droite.
Elle se retourne subitement, sans même prendre le temps d'analyser ces paroles parce que tout ce qui compte, c'est que tout le monde ignore sa détresse. Enfin, c'est le principal. Il est de profil pour l'instant. Mais quand il se met à la regarder de face, elle voit tout de suite Percy, enfin Percy version Dieu: sur de lui, les mains fraiches et aussi une chemise hawaïenne. Quelle ironie, elle prie Athéna et c'est Poséidon qui vient. Enfin, Annabeth prend le temps d'analyser la phrase. Alors sa mère allait l'ignorer?
-Qu'est-ce que vous en savez qu'elle répondra pas?
-C'est comme ça qu'elle a réagi avec toutes ses filles qui ont été sous la Malédiction de LaVeela.
"Toutes ses filles" alors elle n'est pas la seule... Elle ne sait pas comment prendre l'information. C'est une bonne ou mauvaise chose.
-Comment elles s'en sont sorties Seigneur Poséidon?
-Assez mal. Elles sont tombées enceintes et puis ça s'est fini par une mort tragique... Tu vas encore devoir accomplir une prouesse.
-Alors pourquoi elle nous aide pas? questionne la belle blonde la voie quelque peu enrouée.
-Tu sais, les demi-déesse qui ont rencontrées LaVeela sont des malchanceuses mais pour les Dieux, c'est comme un jeux, une sorte de téléréalité. Pour ta mère, c'est assez délicat, elle déteste que ses enfants aient la Malédiction.
-Elle va m'ignorer jusqu'à ce que je réussisse? s'effare Annabeth.
-C'est probable.
-Alors que je suis confrontée à cet immense truc? Avec des téléspectateurs divins dont le seul soucis sera de perdre quelques drachmes?!
-Tout n'est pas si noir, certains vous aideront peut-être... La réconforte le dieu. Bon d'autre vous enfonceront aussi mais vous pouvez vous en sortir.
Désespérée, Annabeth laisse tomber sa tête entre ses mains. Ils sont maudits décidément.
-Il y a autre chose que je dois savoir? demande la jeune femme d'une fois lasse.
Aussitôt, Poséidon parait gêné. Un Dieu gêné! Ça y est, elle a peur de connaitre la suite.
-Je suis pas le mieux placer pour te le dire mais tu n'apprécierais pas ce genre de surprise... Au contact d'un concentré de puissance, tes vêtements se changent en petite tenue.


Oracle, job facile? Dans tes rêves


Elle accélère. Rachel se faufile entre les arbres. Elle déteste cette impression d'urgence qui lui parcourt l'échine. Si ça ressemble à ça d'être demi-dieu, elle ne le souhaite plus. Lorsqu'elle arrive à sa grotte, elle est rouge. Et pourtant, l'urgence la pourchasse encore; Elle se fait même beaucoup plus pressante. Elle la pousse vers son espace personnel, derrière un lourd rideau blanc mais opaque. Elle se met à chercher frénétiquement des feuilles blanches. Elle en cherche, reverse quelques petits meubles au passage, et ça y est, elle a les feuilles en main.
Décidément être oracle au vingt-et-unième siècle, c'est pas de tout repos. Entre les prophéties récitées avec une voix d'outre-tombe, les rêves alambiquées dont elle ne se souvient parfois pas. Et ça, c'est les bons jours. Parfois ses mains s'animent seules. Elle est sans doute la seule oracle à avoir photo-philtre. Avec un peu de recul on peut trouver ça amusant. Mais sur le coup, elle se souvient que son coeur s'était horriblement emballé, tout comme aujourd'hui. C'était comme si elle était manipulée. Comme si elle était en danger. Elle regarde ses mains bougées. Enfin, plutôt sa main droite, celle qui tient le crayon à papier. L'autre tient fermement la feuille. Lui laissant le loisir d'observer cette main qui lui semble même étrangère. Les feuilles passent les unes après les autres à une vitesse impressionnante.
C'est loin l'époque où elle ne faisait que rêver puis coucher l'image restante sur un papier. En plus, c'est un sacret coup pour l'égo. Elle pensait dessiner bien mais ça, c'était avant; dès que l'esprit de l'oracle de Delphes prend le contrôle... tout ce qu'elle fait devient divin.
Ce n'est pas pour ça qu'elle comprend où ces dessins vont la mener. D'autant plus qu'elle a l'impression de toujours tracer les mêmes traits, les même courbes, les même ombres. Mais où donc va-t-elle? Rachel Elizabeth Dare sent le temps passé, à une allure plus lente que la normale. Quand enfin elle s'arrête, elle ne sent plus ses doigts. Elle tente de les masser un peu pour faire disparaitre la sensation d'engourdissement. Dans le même temps, elle observe les feuilles étendues devant elle. Elle déteste ne pas comprendre, c'est sans aucun doute la sensation la plus irritante pour elle. Lorsque quelque chose est là, c'est pour être compris, sinon, il pourrait tout aussi bien ne pas exister. Dans le même temps, tout l'irrite: ses cheveux roux qui ne cessent de gigoter, ses jambes qui ne veulent rester en place, et même son short qui une fois assise la serre trop - mais non! elle n'a pas grossi.
Bien à l'appris derrière le rideau opaque de sa grotte, Rachel se livre aux essaies. Essaie, c'est un joli mot pour dire qu'elle fait n'importe quoi en attendant que la grande inspiration vienne. Elle marche avec les feuilles à la main. Elle fait le poirier. Elle se place en position du lotus. Elle se frappe la tête contre une parois. Pas trop fort parce qu'elle a peur de vraiment se faire mal. Elle fait des sauts de pantin. Elle observe ses précédentes visions couchées sur le papier. Elle invoque l'esprit de Delphes. Elle hésite à prier Apollon. Mais finalement... Elle se frappe la tête contre une parois. Pas trop fort parce qu'elle a peur de vraiment se faire mal. Et à force d'avoir gesticuler, elle finit par s'allonger, fatiguée, en animant les feuilles comme un éventail. Au Diable cette prophétie, même elle a droit à une petite pause.
De toute évidence, certaines ne sont pas de son avis. A peine son esprit commence-t-il à s'échapper de cette grotte qu'il est vivement ramené par une découverte qui d'abord la fige. Suivant les gestes d'un éventail les feuilles ondulent en même temps et sous ses yeux, Rachel voit une feuille remplacer l'autre, des traits continuer d'autres, et le contenu s'animer. Par les Dieux elle aurait du y penser! Chrono-photographie, la décomposition du mouvement, si son regard passe d'une feuille à l'autre en peu de temps, Rachel pourra accéder au message. Pourquoi cet esprit mal tourné aime tant la torturer? Après avoir trouvé une agrafeuse dans son bazar, elle lie les feuilles puis les fait défiler, plusieurs fois.

Son petit film animateur peut se découper en plusieurs parties. En premier, elle a un premier plan sur une jeune fille, d'environ neuf ans, aux cheveux clairs et à l'air apeuré. Pendant quelques secondes, la fillette court et se retrouve dans les bras de...Clarisse Larue; c'est sur ça fait un choc. Quoiqu'il en soit, l'inquiétude gagne ensuite la demi-déesse. Et pour terminer en beauté, on change de lieu, atterrissant dans une école, et là, une flèche se dirige sur cette jolie fillette aux yeux vifs.


Je m'excuse platement pour avoir oser vous présenter une telle fin mais bon, il faudrait pas que vous vous ennuyer. Le flash back avec Urié m'a donné mal à la tête mais pour tout le reste c'était amusant! Que pensez vous de mes méchants? Et de ce chapitre?

Merci beaucoup de m'avoir lu! A la prochaine j'espère,

Maneeya