Bon lecture !
-Tu n'es pas sérieux j'espère ?! Il va nous tuer, tu comprends ça ?
-Et bien autant mourir avec un peu de classe.
-Un peu de classe ? Fýsi̱ va nous écarteler, fais pas n'importe quoi. Ça y est t'as fini de passer ton message ? Maintenant qu'on sait que des gosses sont partis des USA on est bien dans la merde alors au travail ! Si ça se trouve, c'est le dernier lever de soleil auquel on assistera...
Il y a une première fois à tout
Clarisse s'éveille avec difficulté ainsi que la dérangeante impression d'avoir oublié quelque chose. Elle se tord le cou pour regarder son réveil. Sept heures. Habituellement, elle est réveillée à cette heure-là mais le tour de garde qu'elle a fait dans la nuit l'a convaincue de profiter d'une heure de plus de sommeil. La fille d'Arès amène son bras devant ses yeux et examine la blessure du haut de son bras gauche. Elle avait à peine les bases des notions de médecine mais ce dont elle est sûre, c'est que cette blessure lui faisait encore plus mal qu'hier. Et là, terrible dilemme : aller voir un Apollon ou Drago Malefoy. Après leur retour de la veille, elle a ordonné à tout le monde d'aller se coucher mais bien sur les sorciers n'en ont fait qu'à leur tête (et Nyssa a décidé d'aider ses frères pour les tours de garde). Les autres ont sûrement eu une nuit sublime.
La jeune femme s'étira doucement, le sol du bungalow n'est pas ce qu'il y a de plus agréable. Les deux enfants s'étant partagés le lit de Clarisse, celle-ci a du se faire un lit de fortune après avoir passé quatre heures à arpenter la forêt. Elle n'a aucune idée de comment elle va faire rester debout toute la journée sans faillir. Son regard fait le tour du bungalow, quelques lits sont vides : celui de Marius, celui d'Amée (une de ses sœurs qui avait une treizaine d'années), et bizarrement celui de Gabin (ça c'est vraiment surprenant). Clarisse décide de se préparer vite pour partir aux nouvelles avant de réveiller tout le bungalow. Et aussi de trouver Gabin avant qu'il ne fasse des dégâts.
Une fois sortie, Clarisse croise très peu de pensionnaires : les lèves-tôt comme certaines Chasseresses, quelques Apollons, et une fille d'Hypnos somnambule de dix ans et demi. A la Grande Maison, elle a la surprise de voir la majorité des chefs de bungalow (la réunion ! voilà ce qui lui était complètement sortie de la tête). Elle salue tout le monde d'un signe de main tandis que Annabeth et Piper partent chercher Clovis, Katie et Raya (une fille de Nike). Une fois qu'ils sont tous présents, la réunion commence, comme toujours autour de la table de ping-pong.
-Cette nuit vous avez fait des tours de gardes mais aucun ennemi n'a été détecté. Quelqu'un a-t-il fait des rêves aillant un rapport ?
Certains pensionnaires lèvent la main pour répondre à la question de Chiron. Lou Ellen s'est vue enfermée dans son bungalow en feu ; Katie a vu un terrain sinistré (ou presque) par les flammes ; Clovis a vu quelqu'un en partie brûlé... Toutes ces allusions au feu n'ont pas fait du bien à Léo. Il regarde ses mains comme si ce sont des traîtresses. Piper ne manque pas de lui offrir un sourire rassurant.
-Bien nous renforcerons la sécurité autour de la Colonie. Après le petit déjeuné, vous aurez tous deux heures de libre avant le Capture l'Étendard traditionnel contre les Chasseresses. Léo comment avancent tes recherches ?
-Doucement mais sûrement, répond Léo avec un fin sourire malgré ses cernes. Avec les nouvelles informations que j'ai eu, je devrais réussir dans pas trop longtemps. Normalement...
-On compte sur toi ; préviens nous de tes avancées.
Voilà qui ne met pas trop la pression au faiseur de feu.
-Ceux qui sont punis participeront à la surveillance au lieu de participer à Capture-l'Etendard. L'état d'alerte n'est pas déclaré. Faites en sorte que chacun garde son calme.
"Très rassurant." ne peut s'empêcher de penser Clarisse avec ironie. A ce demander ce que Chiron a en tête en ce moment... Clarisse va pour se lever et partir quand Chiron reprend la parole.
-J'ai une information concernant Dinxa Romi ; ceux qui ne se sentent pas concernés peuvent partir.
Seule la curiosité pousse la fille d'Arès à rester. La salle est presque vide maintenant, seuls restent le groupe de sorciers (ni Ginny, ni Hermione n'a la moindre cerne), Nissa (toujours collée par Blaise), Percy et Annabeth (si il y a l'un, il y a l'autre - forcément), Jason, Hazel et Rachel (dont elle n'a pas remarqué la présence avant le départ des autres).
-Cette nouvelle va vous faire un choc, amorce Chiron, Dinxa Romi est morte dans la nuit.
Clarisse voit le visage des sorciers se décomposer. Et pour une fois ce n'est pas elle qui brise ce moment d'émotion :
-C'est bien notre chance ça! s'exclame Annabeth énervée. Avant de se rendre compte de ce que ça représente pour certaines personnes : désolée c'était mal placé...
-Que s'est-il passé ? finit par demander Ron d'une voix cassée.
-Ils l'ont faite taire, répond Rachel coupant le centaure. J'ai entendue Romi avec un autre type, il disait qu'il était leur médiateur et que justement ses patrons étaient en colère que Romi vous ait entraînés...
-Minute, interrompt Ginny, vous êtes en train de dire que Maître Romi est une..
-Agent double, complète Annabeth.
Malgré que chaque sorcier réagisse différemment, ils semblent tous atterrés. Personne n'ose dire un mot, le temps que chacun se fasse à cette idée. Hazel aussi ne semble pas aller très bien et Rachel décide que ce n'est pas le moment de leur dire que Dinxa Romi les voyait perdants de cette guerre. Soudain, Drago Malefoy se lève.
-Où est son corps ?
-Je ne pense pas que ce soit une bonne...
-J'ai déjà vu des cadavres alors indiquez-moi simplement la salle.
-A l'infirmerie, lâche Chiron de mauvaise grâce.
Le blond quitte la salle de jeux et Clarisse est démangée par l'envie de le suivre. Ginny lui en offre la possibilité en suivant l'ancien Serpentard. Tous le prennent comme le signal qu'ils peuvent aussi y aller. Quand ils arrivent, Drago est déjà en train de l'observer de partout. Bien que toucher de la boue le dérange, le blond touche un cadavre avec beaucoup de naturel.
-Zabini dis moi que ce qui s'est passé cette nuit n'a rien à voir avec son empoisonnement. (Le grand ténébreux ne dit rien, se contentant de croiser les bras, s'appuyer sur le mur le plus proche et fermer les yeux.) Dis moi que tu n'as pas deviné ce qui ce passe et que tu n'as pas tout gardé pour toi. (Blaise décroise ses bras pour mettre les mains dans ses poches.)
-Zabini, explique toi, ordonne Hermione d'une voix moins assurée que d'ordinaire.
-Je sais pas trop, j'hésite... J'ai pas vraiment envie d'en parler avec vous, hasarde-t-il.
Pendant un instant, tous croient que Ginny allait le faire exploser sur place. Finalement sa langue claque avant de provoquer le grand noir.
-La vérité, c'est que t'en sais rien Zabini. Tu fais le beau, tu te la pètes mais tout ça c'est que du vent ! Si tu sers à rien, rien ne t'empêche de dégager.
En réponse à ces attaques, le sorcier lui jette un regard glacial avant de se redresser. Se faire insulter par la fille Weasley, c'est déjà un gros problème, mais si en plus c'est devant Nissa... Il compte bien rééduquer cette saleté de rousse.
-Au cas où tu l'aurais oublié, j'ai de l'éducation Weasley. Romi est une elfe, et de ce fait elle a une magie bien différente de la notre. Romi a utilisé quelque chose de rare, elle a fait en sorte d'inspirer confiance à tous ceux qu'elle rencontre. Et de toute évidence, ça a parfaitement fonctionné sur nous. Quand elle est morte, sa magie a du s'extraire de ses victimes, ce qui a causé plus ou moins de douleur à celles-ci.
-Et pourquoi certains souffrent plus que d'autres ?
-Les personnes septiques lui font dépenser plus de magie pour être en confiance, lâche-t-il comme si c'est une évidence. Donc elles absorbent plus de sa magie, conséquence elles souffrent plus lors de son extraction.
-Quelle pétasse, souffle Ginny avec une moue dégoûtée.
Hermione sent sa tête tournée, comme si le sang n'afflue plus. Et tous ces gens qui bourdonnent autour d'elle... ça l'épuise. Même si Ginny a lancé un sort pour que ses cernes ne se voient plus, ce n'est pas ça qui fait disparaître toute fatigue. Rapidement elle sort de la pièce, subitement très pressée de retrouver l'air frais.
-Toi là, dit Drago, la rousse des prophéties.
-Rachel.
-Rachel ? Non mais c'est quoi ce prénom ? grimace le blond récoltant un regard noir. Soit, on dira que je me suis excusé ; qu'as-tu vu d'autres à propos d'elle ? (La jeune oracle hésite à parler.) Parle, nous ne sommes plus à ça près...
-Elle a dit que nous serons perdants et qu'elle a fait ça pour pimenter le combat. Mais peut-être que...
Rachel est coupée par le départ de Drago. Elle ne voit pas qu'il est furieux mais elle le sent, lorsqu'il la frôle un courant d'air tranchant la fait entièrement frisonner. Et il provient de lui.
Silencieusement l'infirmerie se vide.
Le réfectoire est bruyant, encore plus que d'habitude. Les nouvelles d'hier se sont répandues aussi vite qu'une traînée de poudre, affolant les plus jeunes. Malgré le fait que les conseillers ont suivis les instructions de Chiron, qui étaient de rassurer tant bien que mal les différents pensionnaires, ils ont aussi du annoncé la mauvaise nouvelle aux punis que l'on pouvait remarqués en train de bouder. Mais il n'y avait pas qu'eux. Une grande majorité des pensionnaires n'était pas pressés d'aller dans la forêt pour se faire ridiculiser une fois de plus.
-Enlève ton gilet, ordonne la voix impérieuse de Drago.
Sans prendre la peine de répondre, Clarisse le fusille du regard avant de se plonger dans cette magnifique activité qu'est le petit déjeuner tout en en profitant pour faire semblant de pas voir les divers regards plus qu'expressifs de ses frères et sœurs.
-Ta blessure a besoin de soin, je suis quasiment certain que tu dégustes encore plus que hier. Et, au cas où tu ne l'aurais pas deviné, j'ai besoin que t'enlèves ton gilet pour m'en occuper.
Avec un soupire à fendre l'âme, Clarisse dépose sa fourchette pour faire glisser la partie gauche de son gilet découvrant ainsi son épaules et son bras. Elle peut ainsi voir son pansement de la veille souillé de sang.
-Tu as forcé dessus ? questionne Drago en scrutant le bandage.
-Peut-être je fais pas attention à ce genre de chose.
-Tu devrais commencer, réplique le sorcier, commençant de suite à défaire le bandage.
Et Clarisse a beau l'interroger du regard., il ne laisse rien échapper. Pourtant, le jeune femme a besoin d'un sujet de discussion pour oublier que le blond est en train de tâter son bras de plus en plus douloureux.
-Tu participes au jeu ?
-Votre partie où il faut capturer un étendard. (Elle hoche la tête.) J'aime pas trop la tête de ces filles ; on dirait de vieilles aigries, confie-t-il en baissant la voix leur glissant en même temps un regard méfiant.
-Tu sais pas qui sont les Chasseresses ?
-C'est pas elles qui se frottaient ensemble dans des rivières publiques ?
Drago reçut de très mauvais regards de la part des jeunes femmes en question, et pas seulement parce qu'il a haussé la voix.
-Toi, on va s'occuper de toi dans une heure, menace Orla, une jeune teigneuse au regard incendiaire.
-Moi aussi j'adore quand on fait ça à plusieurs, sourit le beau blond sans se démonter.
Une énième fois, Clarisse essaie de décrypter ce personnage. Et encore une fois elle n'y arrive pas. L'impression d'avoir encore beaucoup de choses à découvrir à son propos ne la quitte pas. Rien que pour ça, elle resterait bien en compagnie du blond.
-Puis-je participer ? demande-t-il.
-Au Capture-l'Etendard ? Toi ? s'étrangle la guerrière. Rien ne s'y oppose je pense.
-Alors je fais la défense, décide le sorcier une fois finie la pose du bandage. Si ça te lance durant la partie bois un peu de ça, la conseille-t-il en lui passant une fiole, n'en abuse pas.
-Hey Nico ! Ça va ?
Ledit Nico se fige en entendant cette voix. Pile au moment où il souhaite être tranquille, il faut qu'il supporte une discussion avec Percy. Malgré lui, il ne peut s'empêcher de ressentir des papillons au creux de son ventre. Décidément, jamais sa tête et son cœur ne seraient d'accord. Nico diAngelo sent la poigne du héro contre son épaule et tout son corps se tend. Il se retient de souffler, peu désireux de provoquer des questionnements chez le jeune homme. Qui de toute façon est aveugle alors...
-Content que tu sois de retour.
-Ouais, moi aussi, marmonne-t-il sans enthousiasme. Tu te prépares pour le Capture-l'Etendart ? demande-t-il en voyant un plastron dans sa main libre.
-J'espère que tu participeras aussi, sourit le fils de Poséidon.
C'est douloureux à dire mais Nico sent son cœur chavirer. Il donnerait tout pour pouvoir se frapper la tête contre l'arbre le plus proche et faire sortir toutes ses pensées.
-J'y serai, réussit-il à dire d'une voix neutre et basse.
Et pour une fois il ose le regarder presque en face. Bien entendu, il aurait pas du. Son tee-shirt de la colonie est complètement déformé ; et un de ses mouvements lui laisse voir son épaule. Épaule où il peut voir distinctement une trace de morsure. Nico sent quelque chose remonter le long de sa gorge. Une boule hérissée menaçant d'enflammer son œsophage. Énervé contre ses sentiments, Nico fixe la terre que ses pieds foulent avec rage. Et pourtant il n'arrive pas à chasser cette horrible image qui s'est imposée dans son esprit, de l'heureux couple. A vomir. Il faudra malheureusement qu'il se retienne jusqu'au départ de cet horrible beau gosse aux yeux verts.
-Bon alors, on se revoie sur le terrain, termine le héros incertain et gêné.
Nico hoche la tête, plus qu'heureux que cette entrevue se finisse enfin. Et encore une fois, comme à chaque fois qu'une partie de Percy est projetée dans son cerveau, le jeune demi-dieu pense à Cupidon. Plus précisément, le Cupidon à l'esprit fou et possédant un sens de l'humour assez douteux pour lui permettre de suivre l'horrible émission mettant la fière fille d'Athéna dans tous ses états. Quel délicieux canular.
Lorsqu'il relève enfin la tête – car il ne sait pas encore marcher les yeux fermés – il constate que deux jeunes filles le regardent en murmurant (est-il nécessaire de les traiter de commères?) quand elles voient que le demi-dieu les a vu, elles détournent rapidement leur regard. Elles ont peur de lui comme pratiquement toute la Colonie. Il ne se gêne pas pour les fusiller des yeux en retour. Il leur en veut de le rejeter sans même savoir qui il est. Nico va pour partir et trouver un endroit où il serait seul mais constate qu'un jeune homme le regarde tout sourire. Évidement le fils d'Hadès bloque immédiatement : les gens ne lui sourient pas en général.
Mais rapidement, il constate qu'il ne s'agit pas d'un sourire amical mais moqueur. Sauf que ce jeune homme n'est pas le moins du monde apeuré par son regard noir. Au contraire, il s'en amuse, ses yeux pétillent. Pour Nico, voilà une bonne raison de le détailler. Contrairement aux membres de la Colonie, il n'aborde pas le sempiternel tee-shirt orange. Il porte une chemise blanche, au col de couleur vive qui met en valeur son regard sombre, retroussée avec beaucoup de soin ; beaucoup trop. Quant à son pantalon, Nico a l'impression qu'il s'agit d'un rideau. En même temps, ce n'est pas lui qui sera incollables sur l'art vestimentaire. Bref, tout cela n'empêche, l'habit tombe parfaitement sur l'afro-britannique. Il faut bien l'avouer, le résultat est plus que plaisant. Pour finir, Nico sourit en voyant les chaussures : mocassins italiens.
- Bonjour Bambi, rit le sorcier en attrapant son épaule ; le jeune demi-dieu est tellement surpris qu'il n'a pas le temps de répondre. Étais-tu bien en train de reluquer Percy Jackson non ?
- Si tu dit qu-... commence le brun de son ton le plus menaçant.
- Que quoi ? coupe immédiatement Blaise la voix instantanément plus froide. Que tu reluquais un jeune homme casé ? Que tu aimes les hommes ? Ou que tu es un être doté de sentiments ?
Nico lui ôterait bien la vie dans les secondes qui suivent si les répercussions n'auraient pas été aussi graves. Après réflexion, il pourrait peut-être cacher le corps... Plus sérieusement, c'est la curiosité qui prime, et le pousse à ne pas partir.
- Je vais te conseiller car j'aime le secret. Premièrement, il faut améliorer ta discrétion. Parler, mater et marcher sont des actions contradictoires, tu ne peux tout faire en même temps. Si tu veux reluquer quelqu'un attend que la discussion soit finie et trouve toi un lieu tranquille où tu es peu visible.
- De toute façon, personne ne me voit même en temps normal alors...
- Pauvre agneau, se moque le sorcier : mets du carmin. Comme je disais si tu veux être discret, il ne faut pas que ta première activité interfère avec la seconde. Capisci ?
- Di accordo.
Le coin de ses lèvres s'étirent en un sourire paressant presque sincère. Nico en est gêné. Il se dit qu'il n'a vraiment pas l'habitude des rapports humains.
- Tu es bien un sorcier ?
Blaise hoche la tête mais change de sujet :
- Tu ne devrais pas être gêné de ce genre de préférences. Vous descendez de dieux antiques et l'Antiquité est l'âge d'or des homosexuels. Et entre nous, vu comme les femmes sont compliquées, être homosexuel est un investissement de nos jours.
Le jeune sorcier arrange un pli invisible sur son pantalon. Nico le trouve de plus en plus plaisant. Néanmoins, le fils d'Hadès est dérangé car depuis le début, la conversation ne tourne qu'autour de lui.
- Tu étais proche de celle qui est morte ?
Le sourire de Blaise se fige instantanément. Il s'éloigne de deux pas, regarde le ciel à sa droite.
- Personne ne peut être proche de ce genre de personnage ; tu le sais je pense, termine-t-il les yeux rivés sur Nico diAngelo.
Il commence à partir, énervé contre lui même de ne pas avoir contrôler cette conversation comme il le souhaitait. Cependant...
- Tu devrais tenter de parler avec des garçons qui te voient en potentiel petit ami. Tu trouverais peut-être le Grand Amour.
Les Chasseresses, une quarantaine de jeunes filles de onze à seize ans se dispersent dans la partie sud-ouest de la forêt. Certains pourrait penser qu les effectifs sont disproportionnés – les pensionnaires étant quatre voir cinq fois plus nombreux qu'elles – néanmoins ce n'est pas ça qui pourrait les empêcher de gagner. Elles sont soudées. Contrairement aux pensionnaires qui sont capables de se retourner les uns contre les autres pour un simple malentendu. Ou alors, une petite vengeance pendant la partie. Il 'y a rien de mieux pour rigoler un peu (sauf quand on a le ventre troué, là ça fait pas du bien). Quoi qu'il en soit, les chasseresses sont redoutables.
Et les deux sorciers qui se sont proposés d'assurer la défense ont tout intérêt à avoir l'esprit alerte. De manière général, la plupart des demi-dieu n'apprécient pas de rester en défense, ils préfèrent l'action et l'adrénaline. La plupart. Mais la présence de ces deux sorciers a changé pas mal de choses. On ne sait comment, ils se sont attirés les sympathies de bons nombres de pensionnaires. Hier, Drago Malefoy – insouciant – a tenté de draguer une jolie chasseresse. Vu la réaction de la jeune fille, pas étonnant qu'il ait tant hâte de cette sympathique confrontation. Cela sans compter son accrochage avec Orla Quirke le matin même. C'est son honneur qui doit être défendu aujourd'hui même. Du côté de Blaise Zabini, rien n'était en jeu simplement suite à une altercation qu'il a entendu entre Lacy et une jeune chasseresse rousse, il a décidé de prendre le parti de la jeune demi-déesse. Et aussi de bien s'amuser.
Drago et Blaise ont prévu un tas de pièges pour combattre la stratégie des chasseresses quelle qu'elle soit. Le son du cor retentit ; les cris de trois dizaines de demi-dieux emplissent la forêt ; leur équipe vient de commencer l'offensive. Lorsque le premier groupe de Chasseresses – après avoir esquivé les attaquants adverses – se retrouve dans les sous-bois côté nord est observant la second partie. Rapidement, elles constatent qu'une rangée de demi-dieux les attend cinq mètres après le ruisseau. Ils ont beau être bien cachés, rien ne résiste aux yeux affûtés de chasseuses. Diana fait parcourir son regard le long de la forêt. Répartis tout du long, la jeune fille figée à ses treize ans et deux mois ne voit pas où elles pourraient se faufiler.
- Il faudra attaquer de front.
- Aucune ouverture ?
Diana réfute d'un signe de tête.
-Où sont-ils le plus nombreux ? C'est sûrement pour protéger leur étendard.
Leur petit groupe, à peine cinq, se passe le mot et les voilà cherchant là où les pensionnaires forment une ligne dense. Une petite rousse aux cheveux très courts lance leur signe : un discret roucoulement d'oiseau. Sans dire un mot, Ryan pointe une partie de la ligne où les pensionnaires sont plus serrés.
- Ne vous faites pas voir.
Et Spencer décoche une volée de flèches pour faire une brèche. Pour se protéger, les pensionnaires sont obligés de se disperser tout en cherchant des yeux l'archère. Vif, le groupe de chasseresses s'est déjà faufilé ; lorsque deux pensionnaires s'aventurent près de la rivière, ils n'y trouvent rien ni personne. Seule trace de vie, au loin, des bruits de combat se font entendre sans compter les quelques poissons parcourant la rivière.
Plusieurs pensionnaires, en ligne, les armes à la main, les plastrons dans les feuillages, les sens en alerte ; ils suivent le plan. Pas sourds, ils entendent des bruissements. Mais le Plan dit de ne surtout pas bouger. Dommage. D'autres s'amuseront.
Et bien entendu, un fils de Déméter qui va fêter ses deux perles est prêt pour recevoir leurs invités. Élevé sur les premières branches d'un arbre, il voit le groupe de Chasseresses passer. Il faut dire que ça l'amuse que pour une fois ce soit elles qui soient traquer. Pas assez fou pour attaquer seul, il cherche des yeux ses compagnons : sa jeune sœur sur l'arbre à droite, sur celui de gauche une autre de ses sœurs, un peu plus âgée ainsi que plus loin sur la droite un fils d'Hebe, Tabbe.
John est plutôt satisfait que pour une fois lui et ses frères et sœurs aient un vrai poste pour ce jeu. Trop généralement, les Déméter devaient défendre l'étendard sans vraie stratégie : tous préféraient attaquer. Et pourtant la forêt est quasiment une extension d'eux même. Après l'agriculture, c'est leur domaine.
Légers comme l'air – ils ont décidé de ne pas porter leurs protections pour se déplacer plus discrètement – un sifflement ; ils tombent des arbres et attaquent avant qu'elles n'aient pu bander leur arc et faire ainsi un maximum de dégâts. Malgré la surprise, elles se défendent bien. Tabbe tente de maîtriser Orla, celle qui paraît la plus ingérable. Deux demi-dieux de plus sont venus les retrouver, eux se trouvaient sur les arbres un peu plus loin. Ryan, la jeune rousse tente de faire face à John qui est plus grand et plus musclé qu'elle. Elle n'a encore jamais combattu en tant que Chasseresse sauf lors des entraînements. John attaque sans relâche bien décidé à faire d'elle une otage. Marre de perdre contre ces chasseuses.
A deux mètres de lui, un face à face de duos entre Ehma et Diana et les demi-sœurs Katie et Cora. Les deux derniers pensionnaires essaient de faire face à la dernière chasseresse : Spencer, discrète mais une des plus efficaces. Mitchell, un fils d'Aphrodite, et Shanon, une fille de Nemesis, tous les deux peu habitués au combat, se font mener par le bout du nez par Spencer. Elle sourit, elle s'amuse. Les souris divertissent le chat. Mais ses yeux s'assombrissent quand elle voit que Ryan a du mal contre son adversaire. Pour l'aider, elle se sert du poids de Mitchell pour bousculer ce John. Et, sans savoir si c'est prémédité ou non, la jambe de ce dernier balaie celles de la jeune Ryan qui tombe en arrière et se cogne contre le tronc d'arbre. Spencer inquiète fais un pas dans sa direction mais l'épée de Mitchell l'empêche d'avancer plus. Plissant les yeux, elle se promet de lui faire mordre la poussière.
Pourtant, l'esprit tout occupé par la chute de sa coéquipière, elle en oublie qu'elle a deux adversaires. Alors qu'elle ridiculisait autant que possible celui qui l'a empêchée de s'occuper de leur nouvelle recrue, Shanon lui met littéralement un bâton dans les pieds en même temps qu'elle la bouscule. S'en suit une courte bataille au corps à corps dont Spencer sort ligotée. Elle est choquée de s'être faite avoir par les pensionnaires de la Colonie. Et par un fils d'Aphrodite en plus ; déshonneur. A partir de cela, rapidement, Cora et Katie arrivent elles aussi à attraper leurs adversaires démotivées. Seuls restent Tabbe et Orla lancés dans un combat enragé.
Sur ordre de son grand frère, Cora s'élance dans la forêt à la recherche des garçons Waly, Blaise et Clovis. Pour la première fois, elle envisage vraiment la victoire de la Colonie. Elle reste sur ses gardes lors de sa course puisqu'ils ne savent pas si un autre groupe de chasseresses a percé leur ligne. Elles trouve facilement les trois gars. Ils se prélassent contre un arbre ; Clovis somnolait tandis que Waly faisait découvrir au sorcier les joies des consoles portables.
Cora n'a même pas besoin de leur expliquer qu'il la suive. Sans courir cette fois - Waly était chargé d'un énorme sac – la fille de Déméter refait le chemin en sens inverse. Lorsqu'ils arrivent ils voient les cinq Chasseresses assises autour d'un arbre et ligotées. Katie regarde d'un œil critique sa jambe entaillée et John cache sa douleur due à son coude écorché et sali.
-C'est la petite rousse qui est blessée, leur annonce Tabbe. Elle s'est cognée le crâne.
Waly hoche la tête avant de se pencher vers la nouvelle recrue sous les regards clairement haineux et méfiants de Spencer et Orla. De toute façon ce n'est pas surprenant, les Chasseresses pourraient tuer tous les hommes de la Terre si seulement il n'y avait pas le risque d'extinction de la race humaine. Peu importe, ça ne l'empêchera pas de dormir. Aussi il se concentre plutôt sur la jeune fille, il observe sa tête – aucune goutte de sang, puis ses yeux – tout semble normal. Il prend son pouls, mais encore une fois, Ryan semble aller très bien. Waly décide de simplement mettre de la glace puisqu'il semble qu'il n'y a rien de plus à faire.
Ensuite il laisse place à Clovis. Celui-ci s'étire, toujours peu motivé. Le fils d'Hypnos se conditionne pour effectuer sa mission : les endormir. Rassurée de voir que leur amie a été soignée, les chasseresses réfléchissent à ce qu'elles pourraient faire ; le combat un contre un n'est plus possible et avec les autres qui sont venus, elles sont encore plus en désavantage, la seule idée valable serait de prévenir une des leurs pour qu'elles les aident... Mais encore une fois, elles ne sont pas sûres, après tout personne ne les a bâillonnées peut-être que les pensionnaires attendent justement qu'elles fassent appel à d'autres chasseresses pour les piéger elles aussi. Et de toute façon, elles ne peuvent pas se permettre de leur révéler un de leur signe de communication ; ils pourraient le réutiliser. Elles n'eurent pas le temps de trouver une solution à leur dilemme car Clovis a commencé à endormir Orla, puis Spencer. La jeune Ryan (sûrement peu habituée à la magie) le regarde comme s'il leur a planté une épée dans le ventre.
-Elles ne sont qu'endormies, précise-t-il.
Ryan hoche mollement la tête. Mais qu'est-ce qu'elle se sent stupide ! C'est un jeu, évidement que ça ne peut pas être pire qu'un dodo. Elle garde la tête baissée tout en regrettant que ses cheveux ne soient pas assez long pour cacher ses rougeurs. Et oui, malheureusement elle continue de rougir malgré tous ses efforts. Quand vient son tour d'être endormie, elle ne résiste même pas, il pose la main sur son front et elle laisse sa tête tomber sur l'épaule voisine.
Blaise sourit, décidément le ciel est rose aujourd'hui. Il sourit avant de disposer le sortilège autour de l'arbre de leurs prisonnières. Leur plan se déroule à la perfection.
Au loin, les cris de guerre se sont arrêtés ; ce qui au lieu d'avoir un effet rassurant rend la forêt encore plus inquiétante. Cette attaque avortée n'est pas la première tentée par l'équipe des Chasseresses. Étant à peine une quarantaine, le groupe n'a pas pu dépêcher plus de dix attaquantes. Il faut bien que plusieurs dizaines de chasseresses soient présentes pour se défendre contre la horde de pensionnaires qui a attaqué à plein régime.
Un duo et un trio de Chasseresse parcourent donc la forêt de leur adversaire. Elles n'ont aucune idée d'où peu bien se trouver le premier groupe mais peu importe, il faut trouver leur étendard et l'amener à la rivière. Et dans le doute, mieux vaut imager le pire que le meilleur.
Sandra connaît quelque peu la forêt de la Colonie, elle y a déjà combattu mais étonnamment parmi toutes les offensives qu'elle a menées ici, c'est la première fois qu'est organisée une telle défense. Depuis qu'elles ont traversé la rivière, elles n'ont rencontré qu'une ligne de défense pratiquement inutile et aucun pensionnaire ne s'est jeté sur elles en gueulant. A croire que leur tactique a vraiment évolué.
Elles entendent parfois quelques bruits, des bruissements, qui disparaissent presque aussitôt laissant place au silence. Elles savent à peine que le premier groupe est partie vers le nord ce qui leur laisse encore un large champ où chercher ce fichu étendard.
Drew a enfin trouvé un plan qu'elle apprécie. Un plan où elle a un rôle à jouer. Et quel rôle ! Elle lisse ses cheveux d'une main distraite. Pour une fois, ce serait les Chasseresses qui se retrouveraient humiliées par cette partie ; et non ses frères et sœurs. Une nouvelle ère commence. Sa voix s'élève dans la forêt, le chant se trouve bientôt repris par les autres pensionnaires. Drew met tout son pouvoir dans ce chant – ce n'est pas bien dure, c'est le premier chant de la Colonie qu'elle a appris. Petite, elle avait été surprise d'avoir autant de faciliter à chanter le grec ancien. Les mots coulent et s'envolent. Toute cette langue est en elle.
Billie chante avec très peu de conviction. Quel plan stupide ! Comme si les Chasseresses pouvaient se faire avoir par faire avoir par ce genre de ruse ; stupidissime. Un de ses frères Will lui apporte la veste d'une des Chasseresses capturées. Cette partie du plan est plus intelligente même si c'est sur elle qu'est tombé le devoir de se déguiser. "Motivée ?" lui demande Will. Billie caresse les armes qu'on lui a apportées. Malgré tout ce qu'on peut dire sur les Chasseresses, Artémis sait leur fournir des merveilles. Le toucher de la courbe de l'arc, mmh. De quoi être jalouse.
-Bien sur que je suis motivée ! Où je vais ?
Cassidy et Ura en avaient marre de cet horrible chant plein de magie. Ça les déconcentre. Pourquoi ne pas garder un bon silence tout ce qui a de plus agréable ? Vu les gosses que c'est, ils doivent trouver le boucan a leur goût. Le duo avance doucement, sur leur garde puisqu'elles sont quand même en territoire adverse.
Soudain un cri se fait entendre ; un combat a lieu au nord-est de leur position. Les deux jeunes filles échangent rapidement un regard avant de se précipiter dans la direction. Chacune ayant un tresse se balançant en cadence avec leur course.
-Attend ! Regarde Cassy, fait remarquer la Chasseresse avec sa voix tendrement grave.
Ladite regarde en direction du doigts pointer entre quelques arbres. Elle ne voit pas directement mais remarque une personne attachée à un arbre. Une minute plus tard elle reconnaît la chevelure rousse si caractéristique de Ryan dont la tête est lâche. Échange de regards inquiets. Deux pas après elles croisent le regard d'Orla, apeurée. Sa bouche bouge, articule sans qu'aucun bruit ne sorte ; sa tête tourne, gigote sans que cela n'ait le moindre sens.
Sans chercher plus loin, les deux Chasseresses accourent pour les délivrer. Elles s'accroupissent près de leurs coéquipières et amies. Ura, occupée avec les liens d'Orla ne voit pas les yeux de celle-ci s'agrandir – elle entend le mot "Derrièr-" mais n'a pas le temps de comprendre le sens qu'elle se retrouve balayée. A terre, deux flèches la clouent au sol, une par la manche, l'autre par le bras.
Cassidy elle a le temps de reculer pour éviter trois flèches successives tout en sortant instinctivement ses deux couteaux de chasse. Malheureusement, John qui a fait tomber sa sœur d'arme avec une lance l'attaque de suite. Tabbe lui aussi sortit de nul part saisit les deux flèches figeant sur place Ura pour lui lier les mains. Peu encline à laisser un petit mâle la toucher, la demoiselle essaie de lui décrocher la mâchoire à l'aide d'un bon coup de poings. Tenter de se battre avec une douleur lancinante au bras n'est pas très réaliste. Rapidement elle se fait battre. Elle rejoint ses coéquipière, poignets liés, bras bandé, contre l'arbre.
Du côté du combat, Cassy se retrouve vite dépasser. Même si leur hargneuse Orla a voulu l'aider en faisant tomber John grâce à quelques croche-pied, peu de choses ont changé pour la Chasseresse. Une autre adversaire a aussi débarqué de derrière armée d'une longue épée. Cassidy est forte c'est vrai, mais pas assez pour affronter deux adversaires de cette façon. Ses deux poignards atterrissent à terre.
Lena avance doucement derrière les deux autres chasseresses nommées Zoe et Sarah. Contrairement à la plupart de se coéquipières, Lena n'est pas fan de ce genre de jeux. Cette sorte de traque ne l'excite pas du tout. Le chant des pensionnaires la stresse, elle sent la magie dans les voix auxquelles elle ne doit pas prêter attention.
Le trio progresse rapidement dans la forêt, la musique recouvrant le bruit de leurs pas précipités. Les deux devant se retournent vers leur acolyte avec un sourire en pointant du doigt l'étendard fièrement dressé à une cinquantaine de mètres. C'est ça l'effet que ça fait de trouver le Saint Graal ? Aussitôt elles courent vers le tissu puis son surpris par un cri guerrier.
-J'y vais, dit immédiatement Sarah avant de partir sans attendre une réponse de leur part.
Lena jura dans une ancienne langue contre son empressement. Sarah avance à longues foulées, sûre d'elle, près à venir en aide à une de ses sœurs d'armes. Quelques effluves de bronze céleste se baladent dans l'air. Deux pensionnaires dans leur affreux tee-shirt orange sous leur plastron font face à une chasseresse. Aussitôt l'impétueuse se jette dans l'arène.
Agile, elle défend rapidement sa coéquipière puis le combat reprend. Quand celle-ci l'attaque brusquement. Encerclée, Sarah croit s'étouffer lorsqu'elle voit que la femme avec qui elle a fait équipe une minute plus tôt enlève son casque. Ses traits ne lui sont pas du tout familiers. Elle rugit face à cette supercherie mais surtout contre sa bêtise.
-Continuons sans elle, soupire Zoé pendant ce temps-là.
Dorénavant seulement deux, elles continuent d'avancer pour s'emparer de leur étendard. Ladite Zoé balaie les environs du regard. Constatant qu'il n'y a personne, elle s'élance le saisit et repart aussitôt. Mais sur son parcourt, elle rencontre très vite un pensionnaire armé et menaçant. La Chasseresse lance l'étendard à sa coéquipière, ou du moins où elle pense que celle-ci est. Lena qui est quand même une des meilleures traqueuses de la troupe, rattrape habilement l'objet puis se cache en grimpant dans un arbre assez touffu pour lui assurer une cachette fiable.
Sachant pertinemment qu'il est dangereux de rester au même endroit, elle commence par de petits déplacements d'arbre en arbre – sans cesser de prier silencieusement pour qu'aucune branche ne casse. A peine une minute plus tard, la chasseresse redescend sur la terre ferme et court vers la rivière. Zoé réapparaît courant à ses côtés.
-Je te couvre.
Elle accélère pour percer leur ligne frontalière. Elles sont proches de la victoire. Le cor retend, les coupant dans leur élan.
-Merde ! s'exclame Zoé énervé.
Des cris s'élèvent de la rivière, les cris de joie des pensionnaires prennent de l'ampleur, ces cris se transmettent. Chiron, les sabots dans le lit d'eau, annonce la voix quelque peu réjouie :
-Victoire de la Colonie donnant un total de 56 pour les Chasseresses à 1 !
Battues par les pensionnaires.
La fratrie c'est sacré.
Quelque peu énervée, Ginny a parcouru toute la Colonie avant de trouver son crétin de frère occupé à manger clandestinement. Et pourtant c'est pas faute de lui avoir dit. Juste à temps, elle prend brutalement la main de Ron pour la poser sur la canette qui sert de Port-au-loin. Celui-ci a à peine le temps de dire à son nouvel ami : "Il faut que j'y - " qu'ils sont happés.
Pendant qu'ils atterrissent, Ginny commence à se sentir gêné de la brutalité dont elle a fait preuve. Ça ne lui ressemble pas. Le stress de découvrir l'état de George est beaucoup plus fort qu'elle ne le croyait. Soudainement, une grosse bourrasque la fait frissonner de la tête au pied. Elle avait complètement oublié combien l'air anglais était frais. Ron ne loupe pas cette occasion pour se moquer d'elle mais il a aussi la gentillesse de lui passer son gilet. Enfin, ils arrivent devant le magasin de farces et attrapes.
Lors de la montée de pouvoir de Voldemort, tous les magasins avaient fermés leur porte, ils étaient sombres et semblaient presque hantés. Excepté celui des jumeaux, pétillant et lumineux. Mais aujourd'hui c'est l'inverse. Tous les magasins ont repris vis sauf le célèbre magasin de farces et attrapes. Ginny doit se faire violent pour ne pas pleurer devant la triste devanture. Les rideaux tirés, les animations sont abîmées, tout est d'un gris sinistre. Quant elle croise le regard de son frère, elle ouvre la bouche pour se défendre mais il la devance :
-Je pense pareil.
C'est pas ça qui va l'apaiser.
-Vous vous faites désirer ? Raille une voix dans leur dos.
-Bill ! s'exclame Ginny en l'enlaçant.
-Hey doucement princesse, tu vas faire tomber ma boisson, rie-t-il. Alors comment vous allez ? questionne l'aîné pendant que sa petite sœur savoure la boisson qu'elle lui avait piqué.
-Bien même si Ginny se découvre des points communs avec maman.
-La ferme Ronald, gronde la concernée non sans lui attribuer une tape sonore sur le bras.
Ledit Ronald lui sourit, un brin moqueur car il faut avouer qu'elle ne lui a pas du tout fait mal. Ils sont interrompus par l'arrivée d'un Percy haletant. Le fait que Ginny ne l'ait pas vu depuis plusieurs semaines rend ses changements physiques encore plus flagrants. Ses cheveux roux ont poussé si bien que sa course les fait rebondir. Un paquet de dossier est coincé sous son bras, l'autre porte une mallette – celle qu'ils lui ont offerte. Quand il arrive, il est rouge à cause de l'effort. Il les salue s'excusant du retard. Percy boit la boisson avant de demander qui se faisait encore désirer. Charlie bien sûr. Au bout de six bonnes minutes, il apparaît devant eux. Il leur adresse un sourire contrit sans pour autant formuler d'excuses.
-Prêts ? demande-t-il, devant leur hochement de tête il pousse la poignet.
La porte est verrouillée. Il lâche un juron alors que Percy rit dans son dos.
-Heureusement que il y a un cerveau dans cette famille, dit-il en montrant une clef, celle du magasin.
En entrant, Charlie est choqué par l'atmosphère la poussière s'est entassé sur les meubles et étagères encore pleins d'anciens produits. Les différents étages sentent le renfermé. Le peu de lumière qui entrait par petites touches rendait le lieu lugubre.
-Je vais chercher George, annonce Ginny la voix sèche.
Charlie faillit dire quelque chose mais il se retient. La situation n'était pas normale, logique que leur comportement ne le soit pas non plus. Il aurait pourtant tout donné pour que ce soit le cas. Si Charlie arrivait à travailler aussi loin de sa famille, c'est parce que lorsqu'il rentrait rien n'avait vraiment changé. Enfin à part Ginny qui devenait une femme, il retrouvait ses frères quasiment comme ils les avait laissés. Mais maintenant tout est chamboulé et il va être obligé de s'y habituer.
De son côté, Ginny regrette déjà ce qu'elle a dit. Foutu orgueil. C'est quand même pas complètement sa faute ; voir ce lieu dans cet état a pratiquement anéanti le peu d'espoir qu'elle avait. Pendant un court instant, elle a voulu se rouler en boule et pleurer toutes les larmes de son corps. Et Bill l'a surprise. Ginny déteste que ses frères la surprennent en position de faiblesse. C'est une question de fierté. Alors pour se défendre face au regard inquiet de son premier grand frère, elle a dit qu'elle allait chercher George. Elle a bien vu qu'il s'est agacé de sa manœuvre. Mais il n'y peu pas grand chose.
Ginny monte les marches devenues grinçantes jusqu'à arriver à la porte marquée du mot "Privé". La jolie rousse essaie de se motiver, de se dire qu'elle en est capable malheureusement seul le souvenirs des pleurs de son frère. Mais elle n'a pas fait ce voyage pour rien, hors de question de repartir tant que son frère se terre comme un cadavre.
George est avachi sur la table. Il ne sait pas depuis quand mais ça ne doit pas faire longtemps puisqu'il n'a ni faim ni soif. Il aurait pu avoir mal partout mais on aurait dit que son système nerveux est coupé. George relève la tête et croit voir sa sœur. Celle qui est sensée se trouver en Amérique aux dernières nouvelles. Sans accorder plus d'attention à sa vision, il baisse la têtes persuadé que son esprit lui joue des tours. Ce qu'il aimerait c'est dormir, oui dormir pour l'éternité. Comme son frère. Rien n'aurait pu rendre Ginny plus inquiète que ce regard vide. Elle n'aurait jamais cru qu'un tel état de déprime puisse être atteignable. En tout cas pas par George. Si même lui est atteint, personne n'est à l'abri.
-Allez George debout ! s'exclame énergiquement la petite dernière en frappant des mains, faisant sursauter le rouquin.
Sans lui laisser le temps de s'affaler un peu plus sur cette fichue table, elle l'attrape par le bras bien décidée à le mettre debout. Aucun doute, il a pris du poids durant son hibernation. Ginny a l'impression de traîner un poids mort sur son dos. George arrive à peine à soulever un pied alors prendre appuie sur l'autre... C'est trop demander. La jeune Weasley a du mal à descendre tous ces escaliers mais son moral remonte d'un coup en voyant que ses frères ne l'ont pas attendues les bras ballants.
Ils ont entassés leur affaire sur le comptoir et commencé à nettoyer les deux premières pièces à l'aide de brosses et de différents types de balais. George écarquille les yeux. Il sait que ce n'est pas un rêve, malgré tout l'esprit qu'il peut avoir, jamais il n'aurait imaginé un tel scenario. Toute sa fratrie réunit autre part que autour de la table délicieusement bien garnie de leur mère ? Il croyait que c'était impossible. Cependant il les reconnaît, chacun d'eux est encré dans sa mémoire. Il a quand même vécu avec eux. Il a testé ses premiers prototypes sur eux. Enfin, il a testé avec Fred... Ses traits doivent traduire ses pensées car ses frères brises le silence.
-Tu comptes rester les mains dans les poches ou tu prends un balais?demande Percy avec le sourire.
-Vous regardez travailler a l'air vachement intéressant, rie-t-il sans toutefois être sûr de ces mots.
Charlie souffle à sa remarque – cachant que cette petite blague de George (de faible niveau il faut l'avouer) le rassure – puis lui lance un chiffon. Après que Percy ait changé la station de la radio, toute la fratrie se met à nettoyer tout en se remémorant quelques souvenirs. Rien de trop douloureux, rien ayant un rapport direct avec Fred. Plutôt les souvenirs les plus humiliant que chacun connaît de l'autre. Se moquer fait toujours partie des petits plaisirs dans une famille.
Molly Weasley aurait cru à un rêve si elle avait été présente : tous ses enfants nettoyant ce magasin dans une bonne ambiance sans dispute. La poussière s'étant accumulée dans les moindres recoins, ils mettent plusieurs heures à tout récurer finissant par l'appartement privé au dernier étage. Chacun fait attention à bien éviter la porte de la chambre de Fred. Quand ils ont enfin mené leur tache à bien, ils tombent par terre soupirant et souriants.
-Bon George ; passons au chose sérieuse : où est la bouffe ?
Le cadet reçoit tous les coussins disponibles avant d'être traité de morfale. Et en punition, il doit aller chercher à manger pour tout le monde. Les autres dressent la table en l'attendant. Ils ont le temps de se servir deux ou trois verres avant que Ron réapparaisse les bras chargés. Discrètement pour Ginny que ses frères s'obstinent à voir comme une enfant. Ils font cuir les aliments comme ils peuvent, essayant de ne pas s'empoisonner au passage. Au bout de quelques minutes après le début du repas, quelqu'un débarque.
La fratrie a continué à discuter, de sujets à peu près légers : leur boulot, leurs amis et leur problème de couple. Ils ont pratiquement tous repris leur fonction initiale ; Bill à Gringotts, Charlie était rapidement reparti en Roumanie avec ses dragons, Percy était monté en grade au Ministère, Ron cherchait sa voix, Ginny révisait ses ASPICS pour les passer en candidate libre et George s'était terré dans sa boutique. Après la guerre, certains ont eu hâte de revenir à leur vie d'avant, celle qu'ils connaissaient tandis que d'autres se sont pressé vers l'avenir, pressés d'oublier ce passé encombrant. L'essentiel était bien de passé à autre chose.
Leur vie sentimentale est un peu moins dorée. Bill a plaisanté au sujet de sa femme qui s'est mise en tête d'avoir un enfant. En fait, cela l'inquiète bien plus qu'il ne le laisse paraître mais ce sont ses petits frères pas ses amis. Charlie a éludé toutes questions sur le sujet ; et Ginny en est très satisfaite. Percy est resté très évasif, annonçant juste l'aube d'une rupture avec Pénélope. Malgré les insistances de ses frères et sœur, il n'a lâché aucune information. En même temps, il se voit mal expliquer que Pénélope le trouve lâche de pardonner aussi facilement et de se rapprocher sans plus de suspicion de sa famille. Les interminables disputes engendrées le fatiguent plus que tout le travail exigé au Ministère. D'ailleurs en parlant de sa petite amie insupportable, il y a quelque chose qu'il a oublié. Et comme toujours, impossible de se souvenir de ce que c'est. Ça ne doit pas être si important alors. Quant à George, ils croient tous qu'il ne cache rien. Cependant cela est remis en cause quand une jeune femme mate débarque.
- Angelina ?
Si elle pouvait, elle serait rouge de honte. Elle s'excuse, prête à faire demi-tour et à mourir dans un coin. Toutefois, George réagit enfin comme George ; il la retient.
- T'arrives au bon moment, sourit-il. Qu'est-ce que tu apportes de bon ?
Angelina est surprise. Elle a toujours été proche du trio : Fred, George et Lee. Un peu plus qu'une simple camarade mais bien moins qu'une meilleure amie. Ce qui n'empêche pas le fait qu'elle les connaissent. Elle a vu leurs défauts en même temps qu'elle a pris conscience de leurs plus grandes qualités. Elle a réfléchi pendant des heures au moyen de différencier les deux frères.
Puis il y a eu la Guerre. Ses seuls moments de répit étaient lorsque la radio laissait leurs voix lui parvenir. Soit les nouvelles étaient affreuses... Mais si les jumeaux étaient toujours là tout était possible. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Aujourd'hui, devant George, elle est prise de doute. Il n'y a plus de "jumeaux" ; il n'y a plus deux jumeaux. Il y a juste George. Mais pour elle, c'est suffisant pour se battre.
- Lasagnes et pudding, répond-elle avec un temps de retard.
Accueillants, tous lui font une place tout en échangeant des sourires entendus. A tous les coups, mademoiselle Johnson va se faire interroger.
Le repas est fini depuis une vingtaine de minutes, ils se sont tous remis au travail. Après la séance de nettoyage vient le trie. George en a parlé pendant le déjeuné et a été clair "hors de question de fermer". Mais en même temps, il ne compte pas "voguer sur ses acquis". Sa famille le soutient à fond même s'ils n'ont aucune idée de ce que signifie concrètement ses mots. En tout cas, ils vident les étagères et classent tout ce qui se trouve dans le magasin.
Discrètement, Ginny s'arrange pour se retrouver seule avec la petite amie potentielle de son frère. Tout ça est à surveiller. Au fin sourire de son ancienne coéquipière, Ginny devine qu'elle a compris son petit manège. Mais elle ne va pas se plaire pour une fois qu'un de ses frères trouvent une femme belle et intelligente (et non elle ne fait pas allusion à son frère aîné) .
- Vas-y, poses tes questions. Ne me dis pas que tu es devenue timide.
- Ça, ça n'arrivera jamais, rit la jolie rousse. En fait c'est la curiosité qui me ronge. C'est surprenant que l'on soit tous venus ici le même jour, non ?
Sous sa peau mate, Angelina rougit ; ce qui se traduit par des jours un peu plus foncés. Elle prend bien soin d'éviter le regard de la petite dernière.
- La vérité, c'est que je viens tous les jours. Notre rencontre n'est pas du au hasard.
- Tous les jours ?
- Oui. Je lui apporte les repas, j'essaie de le maintenir en vie... Mais vous êtes plus performants que moi, rit-elle la gorge nouée.
Quand l'ancienne capitaine ose enfin regarder le visage de son interlocutrice, elle constate que les yeux de Ginny sont posés derrière elle. Rapidement, Angelina se retourne déjà apeurée de ce qu'elle va découvrir. George au regard plus que sérieux. D'un geste peu naturel, elle passe ses mains sur son ventre, comme pour l'empêcher de prendre ses jambes à son cou. Métaphoriquement. Celui-ci ne cesse de se tordre dans son habitacle. Le regard de George est bien trop déstabilisant pour que mademoiselle Johnson ne pense seulement à garder la face. Dans le même temps, la "petite Ginny" part discrètement de la pièce où l'atmosphère s'est faite pesante. Non sans penser à fermer la porte derrière elle.
Dans la tête de George, un immense court circuit a lieu. Depuis que ces mots ont raisonné dans son esprit. Pourtant, il a beau fouillé dans sa mémoire, il ne voit que des images floues. Mais il est assez sain d'esprit pour savoir qu'il n'aurait pas pu se maintenir en aussi bonne santé seul. Il aurait du la voir. Il s'en veut de ne pas l'avoir vue. Car si cela avait été le cas, il se serait bouger pour pas qu'elle le voit dans cet état.
- Angelina, est-ce que tu pourrais nous laisser ?
Pendant une fraction de seconde, il vit clairement sa surprise et sa déception. Mais très vite, ses yeux s'assèchent pour devenir impassibles. Il la voit ouvrir la bouche prête à parler mais rien ne sort. Au final elle transplane directement. Avec un soupire de lassitude, George s'appuie sur l'embrasure de la porte retenant un grognement quand il se cogne le dos. Portant la main à son cœur, il sent la flasque bien au chaud dans sa poche intérieur. George a passé près d'une journée à trouver cette flasque magique emplie pour cinq ans de Vodka Pur Flamme. Et il y a mis le prix. Il saisit le récipient glacé et savoure le contact enflammé du liquide contre son œsophage. Il réinitie l'expérience histoire d'être de bonne humeur. Malgré le nombre de regard entendu qu'ils échangent, aucun de ses frères – ni sa sœur – ne prononce la moindre parole à propos d'Angelina à son retour.
Molly Weasley a reçu le patronus de son fils aîné, il y a de ça une vingtaine de minutes, annonçant l'arrivée de tous ses enfants pour le dîner. Elle est bien décidée à se surpasser. Ça fait bien trop longtemps qu'elle n'a pas eu tous ses enfants à table ; à lui mettre les larmes aux yeux. De la cuisine où elle s'affaire, la mère entend la porte s'ouvrir et se refermer. Vu la douceur, signe de lassitude, avec laquelle la porte, c'est sûrement Arthur rentrant du Ministère. Il vient tout de suite dans la cuisine pour se servir un grand verre d'eau, après avoir embrasser sa femme.
- Mais qu'est-ce que c'est que tout ça Molynette ? s'estomaque-t-il en voyant la quantité d'aliments en préparation.
- Les enfants mangent à la maison ! s'exclame-t-elle heureuse de se retrouver face à quelqu'un.
Beaucoup plus discret, le patriarche Weasley se contente d'un sourire et d'étreindre sa femme. Ces derniers temps, il a du mal à montrer sa joie – c'est comme s'il n'était plus vraiment lui même. Mais ce n'est pas ce qui l'inquiète le plus, en fait il est terrorisé à l'idée que ses enfants voient ce changement. Arthur sent sa femme resserrer son étreinte autour de lui. Une fois de plus, il se dit qu'il a trouvé l'épouse parfaite. Un peu trop vive et têtue mais ils se complètent.
- Que puis-je faire pour me rendre utile Molynette ?
Heureuse de son enthousiasme, Mrs. Weasley commence par lui dire de préparer la table dans le jardin après l'avoir sortie du garage. Même si le couple a souvent des visites, chacun de leur enfant a déserté leur maison. Que ce soit pour leur travail, pour leur vie de couple, ou simplement pour fuir, tous sont partis laissant une grande maison vide à un vieux couple fatigué. Le fait d'avoir cette grande table déprimait Molly qui passait le clair de son temps dans cette maison. Avant, ça ne la gênait pas mais aujourd'hui elle a l'impression de tourner en rond. Si maman a de la chance, ses petits mettront assez de bazar pour l'occuper tout le lendemain.
- Chérie, tu es sûre que c'est une bonne idée de commencer à cuisiner maintenant ? Il est encore tôt.
- La viande met du temps à cuire et une fois le bateau fin prêt, c'est un soucis en moins.
Son mari quitte l'encadrement de la porte reliant cuisine et jardin pour venir l'enlacer. Molly se laisse bercer, profitant des bras réconfortants de son mari. Malheureusement elle savait aussi que si elle y restait trop longtemps, de sombres pensées la rattraperaient.
- Tiens allons chercher les guirlandes lumineuses dans le garage, ça fera joli pour se soir. Et tond la pelouse ! on dirait un terrain en jachère.
Arthur lève les yeux au ciel devant son ton impérieux mais obtempère. Rien ne peut atténuer la joie qu'il se fait de voir ses enfants. Et bien sur, lorsqu'ils arrivent, ils font du bruit.
-J'ai l'impression d'avoir le corps en morceau...
Ça c'est Ginny, depuis qu'elle a douze ans elle a toujours la même voix quand elle se plaint pour rien.
-Pauvre petit chou à la crème, rigole Charlie avec sa voix grave.
-Dites les gars vous êtes pas sensé me traiter comme une princesse, me porter et tout ça.
Les voix se rapprochent.
-On va te porter, jusqu'au lac...
-Et t'y laisser tomber !
-Hilarant et – Papa !
M. Weasley a du mal à réceptionner sa petite fille mais heureusement, depuis le temps, elle a compris qu'il ne faut plus compter sur son vieux père pour ça. Puis chacun de ses fils, tout à tour vient l'enlacer. Dont George qui lui glisse un "Pardon" d'une voix enroué.
-Venez à la table du jardin, s'exclame le père en leur montrant le chemin comme à des invités. Maman a mis les petits plats dans les grands ce soir.
Ils ont la très forte impression d'être ramené plusieurs années en arrière et qu'à la fin de l'été, il faudra retourner à Poudlard.
-Mes chéris !
Leur mère prend soin de chacun les étouffer avec amour sans oublier de commenter chaque changement physique effectué.
-Au fait maman, j'ai invité Fleur pour cette fête improvisée, annonce Bill une fois les retrouvailles maternelles finies.
Le sourire de Molly se fige et c'est toute raide qu'elle se tourne vers son aîné.
-Je croyais que c'était une fête de famille.
-Fleur est ma femme, rappelle de façon quelque peu sèche le jeune homme.
-Évidement, sourit Mrs. Weasley soucieuse que ce dîner se passe sans tension.
Ron et Ginny échange un regard amusé ; certaines choses ne changeront jamais. Et tant mieux. La vieille sonnette tinta.
-J'y vais, ça doit être elle, dit Bill en se levant.
Un petit silence, comique selon Ginny s'interrompt quand sa mère fronce les sourcils en la regardant.
-Enlève-moi tout de suite ce petit sourire de ton visage jeune fille. Et vas chercher les apéritifs sur la table de la cuisine s'il te plaît.
-Oui chef ! répondit la jeune femme en pouffant.
Sa mère a si peu changé selon certains aspects. Malheureusement. Arrivée dans la cuisine étriquée, Ginny remarque immédiatement que quelque chose ne va pas. Elle met du temps avant de se rendre compte que quelque chose a changé. En même temps, jamais il ne lui a pris l'idée de passer la cuisine au peigne fin. Finalement elle trouve la réponse prêt de la fenêtre.
Entre le vieux bois et le chaume du mur se trouve des restes de papier peint. Cet horrible papier peint, présent depuis ses trois ans a disparu. Arthur et Molly ont mis ce papier peint pour recouvrir les restes de l'ancienne peinture au plomb. Certes ce n'est plus utile mais pourquoi se casser la tête à l'enlever ? Ginny se souvient alors de l'énorme tache de couleur taupe malade qui avait sentie pendant plusieurs semaines. Une blague de Fred et George. Pendant un instant, Ginny est persuadée que Fred va débarquer à l'encadrement de la porte pour lui lancer une pique genre "Harry est d'accord pour sortir avec une fille qui a un pelage à la place des cheveux ?". Comme si ça risquait d'arriver ! Ginny se retrouve assise, le front contre le bois de la table, accablée par des maux bien trop importants. Tiens, et pourquoi pas mourir ? ce serait peut-être plus divertissant que cette vie.
La voix de Fleur Weasley la ramène à l'instant présent. Quelle sotte d'oublier l'apéritif n'est-ce pas ? Les mains quelque peu tremblantes, Ginny amène l'imposant plat. Pratiquement personne ne lui prête attention. Et heureusement. Sinon quelqu'un aurait pu remarquer son teint pâli, ses cheveux aplati ou son regard vague.
Contrairement à elle, l'ancienne Miss Delacour est toujours parfaite comme à son habitude. Ses cheveux retombent avec grâce. Ses yeux pétillent. Sa silhouette vous nargue. Oui Fleur est fidèle à elle-même. Elle lui offrit un sourire charmant avant de la serrer dans ses bras comme si elle était sa BFF - Best Friend Forever. Mal à l'aise, Ginny lui tapote maladroitement le dos. A travers les parfaits cheveux blonds de la française, elle voit Charlie se retenir d'éclater de rire. Aucun doute qu'elle doit faire une sale tête. Elle s'assit près de Ron et George qui étaient en pleine discussion.
Ginny pense aussi à Luna qu'elle n'a pas vu depuis près d'un mois. Elle lui en voudrait sûrement si elle ne passait même pas faire un coucou. Les discussions fusent et vont de bon train. Ils en profitent pour savourer ce moment. Bill est quelque peu inquiet depuis que sa femme a quitté la table. Et Ginny décide de profiter de ce moment pour leur dire qu'elle compte rendre visite à son amie avant le repas. Elle part rapidement, préférant ne pas attendre qu'il fasse nuit. Néanmoins, n'ayant pas oublier la fraîcheur de la région, Ginny passe par sa chambre à la recherche d'un gilet.
Elle monte vite les escaliers afin d'éviter les souvenirs embusqués de son défunt frère. Sa chambre étant quasiment au dernier étage, elle y arrive essoufflée. Elle tourne la poignet et se jette à genoux devant sa malle. Elle balaie le fond de l'habitacle à la recherche d'un bout de tissu qu'elle pourrait reconnaître. L'étoffe brune se fait enfin voir, Ginny s'en saisit puis se redresse. Et là face à elle, Fleur Weasley née Delacour comme elle ne l'a jamais vue ; son visage est figé dans une expression stupéfaite comme en témoignent ses yeux exorbités, le nez et le regard rougis par des pleurs de toute évidence. Ginny n'est pas seulement choquée d'avoir surprise sa belle sœur dans cette position, elle est aussi particulièrement gênée. Elle hésite entre son envie de fuir et son côté sociable.
-Tu as des soucis ? finit par demander la plus jeune.
Fleur fait enfin quelques mouvements lents et laborieux après être rester si longtemps sans bouger.
-Ce ne sont pas de gros soucis.
Pour la première fois, Ginny n'est pas irritée par son accent. Elle s'assit sur le lit, à côté de sa belle-soeur, ressentant pour la première fois depuis un bon bout de temps de la timidité.
-Ma soeur me déteste, finit-elle par lâcher platement. C'est pourtant peu étonnant, je suis souvent détestée peu importe mes efforts leur nombre et leur intensité. Je devrais être habituée... (Ses larmes sont retenus par ses paupières.)
-Je suis sure que tu n'es pas tant détestée.
Elle rit la gorge nouée, incapable d'accorder foi à cette phrase.
-Ta phrase sonne faux : même toi tu me détestes, je ne suis pas aveugle ni sourde.
-Faut dire que tes manières sont énervantes, tu fais trop d'effort, avoue la jeune rousse après quelques instants de silence on ne peut plus gênants. Mais je suis désolée d'avoir contribué à ce que tu te sentes mal. (Fleur la regarde les yeux écarquillés.) Parfois je suis un peu vache et têtue mais faut pas hésiter à me le dire. Prend exemple sur mes frères.
-Jamais j'oserai... J'aurais trop peur que vous me détestiez encore plus.
-Tu devrais oser Fleur ; t'es la femme de mon frère tu devrais te sentir un minimum en famille ici.
Assise sur le bord du lit, la belle blonde donne son dos et à peine un bout de son profil au regard de son unique belle-sœur. Fleur d'ici semble méditer - elle est belle, elle est intelligente, elle a tout... elle ne parait pourtant pas si heureuse. Elle retient ses larmes. Elle courbe le dos.
-J'ai une idée ! s'exclame la jeune rousse ; sa belle-sœur se tourne vers elle. Si t'arrives à m'insulter c'est que tu seras soignée !
Fleur éclate de rire malgré la situation.
-Je ne pense pas que ce soit une si bonne idée sans vouloir te vexer.
-Je suis énormément vexée. Nouvelle idée, il faut que l'on se batte.
-Pardon ?
-Tu sais une bonne bagarre ; on se déroule.
-Je ne sais pas me battre, avoue la jeune femme.
-Tu t'es jamais battu ? Même pas avec ta sœur ? (Fleur répond d'un signe de tête.) Wouha, je suis sous le choc.
-Ma sœur et moi ne sommes pas très proche tu sais, elle s'est éloignée depuis quelque temps.
-C'est peut-être pas si grave. Je veux dire, j'ai aussi eu une période où je rejetais tous les conseils de mes frères. Pas parce que je leur en voulais mais simplement parce que j'en avais marre qu'ils me considèrent comme la petite dernière. Je voulais plus de liberté ; c'était une quête d'affirmation. Il y a peu de chance que ta sœur se mette tout à coup à te détester.
Ginny ne réussit pas à savoir si oui ou non, ce qu'elle a dit à aider la nouvelle Mrs. Weasley. Elle s'est retournée vers le mur. Soudain Fleur se lève, ses yeux sont de nouveau secs.
-Merci Ginny, dit la française avec son drôle d'accent, je comprends pourquoi tout le monde t'adore, sourit-elle avant de sortir.
Adieu et à bientôt
Ginny n'a même pas le temps d'atterrir que ses sens se mettent en alerte: une boule de feu se dirige vers elles. C'est dommage. Tout ce que la rouquine souhaitais, c'était dormir dans les bras de son amoureux. C'est trop demandé? Après l'après-midi et la soirée qu'elle a eues, elle a espéré que les Dieux - puisqu'ils existent - seraient assez indulgents pour lui offrir un repos bien mérité.
Luna a vu l'attaque et sans réfléchir à outre mesure saisit le bras de son amie et se jette sur la droite. Ses réflexes sont de plus en plus aiguisés. La jeune sorcière se demande si c'est une bonne chose. Mais un coup d'œil autour d'elle lui fait vite comprendre que ce n'est pas le moment de philosopher :
Une quantité de jeunes courent dans tous les sens, affolés par ces jets enflammés. Des blessés se battent contre des bêtes. Quelques uns tentent d'étouffer les flammes. Des pégases portent ceux qui ont du mal à avancer. Luna a brusquement envie de vomir regrettant presque d'avoir accompagné sa meilleure amie ; celle-ci a parlé d'éviter une guerre mais ils sont déjà en plein dedans.
La blonde émerge quand une enfant, dix ans à tout casser, se cogne contre elle. Elle aussi blonde, avec une tresse en épi de blé dans le dos, elle lève la tête pour voir la jeune femme. Elle détaille rapidement sa tenue.
-Vous êtes une sorcière?
Doucement, Luna hoche la tête inquiète pour la suite. La petite lui prend impérieusement la main avant de l'entrainer en courant. Luna n'a pas vraiment le choix. Son amie la suit, elle aussi à la course, incapable de réfléchir, abasourdie par... par tout! Tout ce bazar, tous ces cris, toutes ses flammes. C'est dans un état second qu'elle observe le spectaculaire sauvetage de Luna.
Le feu et la magie ne font pas bon ménage. Quant au feu magique et la magie made in Hecate, cela donne un mélange explosif. La cabine numéro vingt s'est transformée en volcan. De la lave coule du toit, brulant le palier en bois. L'angle gauche du mur est effondré en un tas de braises fumantes laissant voir une jeune femme apeurée. Luna dit passivement à la fillette de rester proche de Ginny pendant qu'elle s'approche doucement de la bâtisse. Elle essaie de faire abstraction du bruit, des explosions un peu partout, et de tout ce rouge dansant devant ses yeux. Elle oublie les craquements qui lui indiquent que bientôt, tout s'écroulera. Et peu importe qu'il y ait quelqu'un à l'intérieur ou pas.
Les doigts sur la baguette, Luna réfléchit au sort qu'elle va utiliser. Chaque minute qui passe, le risque augmente. Elle sent des picotements au bout de sa main.
-Aqua Suade Mano, murmure la sorcière en effectuant un gracieux mouvement de poignet.
Un élan d'eau attrape la jeune femme de façon assez brusque il faut l'avouer. Lou après avoir enduré la chaleur du volcan, supporte sans grogner l'eau presque glacée l'emportant hors de l'habitacle. Elle s'écroule dans les bras d'une inconnue au relent de gazon - original. Celle-ci l'aide à se relever en la couvant d'un regard insistant. Lou en est mal à l'aise. Avec beaucoup d'agacement, la fille d'Hecate constate qu'elle tremble nerveusement. Elle réussit à peine à lancer la poupée à sa petite sœur qui la regardait avec ses yeux nougat ronds de surprise.
-Va à la Grande Maison et vois si tu peux te rendre utile.
La petite fille pince les lèvres, serre sa poupée contre elle, elle ne s'est jamais sentie autant en danger qu'en voyant sa grande sœur trembler ainsi. Néanmoins, elle sait que rester ne sert à rien aussi elle obéie.
-Où est-ce que tu peux te reposer? demande Luna.
-Me reposer? C'est une plaisanterie?! s'estomaque la demi-déesse en réprimant ses tremblements. C'est le moment d'être utile au cas où tu ne l'aurais pas remarqué!
Luna observe les alentours. Comme si elle les découvre. Ginny sort enfin de son état second quand son amie qualifie la situation de la colonie de "bazar". Ginny préfère ne même pas faire de remarque tellement elle est estomaquée. C'est vrai que son amie est peu banale, et voit les choses à sa manières. Mais ce n'est pas une raison valable pour voir cette situation comme une simple chambre mal rangée.
Deux voix la sortent de sa consternation par des cris nécessaires pour qu'elle puisse les étendre. Hermione lui fait peur même avec ses cheveux en bataille mais surtout ses traits portant si peu d'expressions.
-Tu sais où est ton frère ?
-Il est resté avec George, pour l'aider à remonter la pente.
Hermione hoche la tête avant de détourner son visage. Ginny n'a pas le temps de faire quoi que ce soit de réconfortant que Annabeth ( bizarrement habillée d'un tee-shirt trop grand et de bottines en cuir) enchaine alarmée.
-J'ai besoin d'aide, il y a une statue très importante pour les Grecs que l'on doit emmener. Et je me demande si vous connaissez un sort pour la rétrécir...
-Je vais m'en charger si tu acceptes, dit Hermione à la surprise de sa sœur de cœur.
-Vous allez pas vous entretuez ? demande tout de même une Ginny qui commence à douter de l'intégrité mentale des deux jeunes femmes.
Elles laissent échapper un petit rire avant de commencer à partir. Soudain, Ginny attrape le bras de la demi-déesse pour lui demander:
-Que s'est-il passé ici?
La situation a complètement dégénéré. C'est le moins qu'on puisse dire. L'après-midi a ressemblé à une idylle pour la majorité des pensionnaires ; vaincre les Chasseresses, il y a de quoi être de bonne humeur. Ensuite ils ont passé l'après-midi en diverses activités. Les quelques blessés ont été à l'infirmerie. Tout allait bien.
Puis sans signe avertisseur, alors que Percy et Annabeth s'occupaient de l'atelier de canoë quand une soucoupe est venue. Le couple n'eut pas le temps de voir en quoi elle est différente qu'elle a attaqué.
Elle a projeté un élan de magie brute qui en se cognant contre leur barrière de protection a créé une réaction détruisant celle-ci. Les pensionnaires, eux, ont juste ressenti la déflagration. Annabeth l'a particulièrement bien ressentie puisqu'elle s'est retrouvée dans une uniforme de cuir bien trop moulant. Pour la première fois des fils d'Arès l'ont regardée avec autre chose que de la rage. Et Drew lui a dit que cet ensemble était bien mieux que son habituel short/tee-shirt. Percy a alors pris des dispositions devant tous ces regards en lui donnant son tee-shirt.
Rapidement tout s'est dégradé. Des monstres ont accouru vers le goûter surprise. D'horribles soucoupes sont apparu en plus, livrant toujours plus de feu. Panique, personne n'a compris la situation. Les gens courent, s'affolent mais surtout sont prêts à tout pour défendre leur territoire.
Gavin est un de ceux ayant vite déchanté. Il a voulu se battre et personne n'a pu le convaincre. Alors sa grande sœur lui a dit de monter sur le toit de la Grande Maison. Là, la hauteur lui a offert un champ visuel impressionnant. Surtout parce qu'il a vu les monstres qui arrivé en masse, comme s'ils s'étaient tous rassemblés dans une grotte pour sortir au moment propice. Cette horde les encerclait et du côté de la mer, c'étaient des objets volants rougeoyantes. Brutalement mais sûrement, il a compris qu'il n'y avait que deux choix : la mort ou la fuite.
-Loufoca ! s'exclame gaiement Mr. Zabini une malle dans chaque main. Mais tu rayonnes dis donc. Alors comment trouves-tu l'air américain? Les cendres, le feu, tout à fait un pays pour toi. Comme une station balnéaire.
Luna sourit à son presqu'ami sans relever son humour douteux. Elle le questionne sur les malles portées qui serviront de transport pour les affaires personnelles des pensionnaires. Luna l'aide.
Alors que le feu envahit les lieux, les chemins ne sont plus, les bâtiments semblent fondre, Grover fixe Guenièvre. Être transi d'amour, ce n'est pas son genre. Mais il sait que lui doit partir et qu'elle doit rester. Elle est une nymphe, elle reste où elle vit.
-Fais pas cette tête Grov' on va se retrouver bientôt, sourit la nymphe.
Le sorcier noir a placé un peu plus tôt un enchantement pour protéger les bois, voilà ce qui explique qu'elle soit tout simplement en vie. Quant à son satyre, il n'en mène pas large. Faut dire qu'il est assez peureux. Mais ce qui prime là maintenant, c'est son impuissance. Il ne peut rien en tant que protecteur. Il ne peut rien en tant que petit ami.
Les malles sans fond remplies des affaires, les pensionnaires se serrent les uns contre les autres. Drago s'inquiète. Chiron et les conseillers n'ont pour l'instant trouver aucune destination. Et pendant ce temps, Drago doit maintenir le port-au-loin.
La discussion s'éternise ; même s'ils se décident maintenant le sorcier n'aura pas le temps d'effectuer sa manipulation. Il choisit autre chose. Des gouttes d'eau l'éclabousse à cause des défenses aqueuses mises en place par Percy, Blaise et Luna. Les pégases s'inquiètent et ne tiennent pas en place même si le fils de Poséidon tente de les rassurer.
Drago distribue la corde à tout le monde en essayant de ne pas se soucier de la pagaille présente. Tous au moins ont bien compris qu'il est nécessaire de tenir la corde. C'est déjà ça. Drew se tait à propos de la morve que sa petite sœur, collée à elle, lui laisse sur son tee-shirt. Annabeth serre une poupée russe ayant la forme de la statue de sa mère. Elle jette un coup d'œil à Clarisse, aux frères Alatir, à Katie, à Nissa, à tous les anciens de la colonie en fait.
Ils pensent comme elle. Ils ont le cœur déchiré de voir leur maison ainsi, un tas de cendre, une terre stérile. Certains aimeraient vomir mais même ça ne les apaiserait pas. Maintenant, ils sont à la rue. Qui sait ce qu'ils vont devenir? Ils sont beau les héros ! Soudain ils ont l'envie de lâcher cette corde qui veut les arracher à leur domicile. Juste pour ne pas abandonner, ne pas céder. Mais ils savent aussi que mourir ici, dans ces conditions n'aura rien de glorieux, d'héroïque, ce serait simplement stupide et suicidaire.
Vingt-et-une heure cinquante huit, ils sont tous aspirés par le nombril. Pour le meilleur comme le pire.
13 000 mots pour aujourd'hui (à peu près) j'en suis plutôt contente surtout que je mourrais d'envie d'écrire sur les Weasley ! Alors vous les trouvez comment ? Je remercie Fidjy (ça m'a fait très plaisir et m'a même motivée). En tout cas, c'est toujours un plaisir d'écrire cette fanfic, j'ai hâte que vous découvriez tout les secrets de l'intrigue. D'ailleurs que vous a fait le décès de Romi ?
En tout cas, j'espère que vous appréciez la lecture, à une prochaine,
Maneeya.
