Salut, je suis de retour ! Oui, mon chapitre est encore une fois sorti BEAUCOUP trop tard, gomen! Je suis hyper angoissée, j'avais peur que ce chapitre ne vous plaise pas…Enfin, si quelque chose vous déplait, je vous invite une nouvelle fois à me laisser une review et j'en profite pour te remercier personnellement Umichan17 ! Je suis super contente de trouver à chaque fois un petit commentaire quand je publie un chapitre, ça me fais juste fondre ^^ Je ne sais pas si j'aurais eu la motivation pour continuer sans tes encouragements, alors merci beaucoup.
Bonne lecture à tous !
Les deux coups de feu retentirent dans le long corridor et l'écho des détonations vint se répercuter contre le marbre. Il se mêla quelques temps aux piaillements affolés des nobles avant de s'éteindre définitivement. Le silence s'établit alors peu à peu, assourdissant. Durant ce qui sembla à Outlook une éternité, on entendit plus que leur souffle précipité. Dans un réflexe naturel, presque animal, tous s'étaient rassemblés en une unique volée encore frémissante d'appréhension. Finalement, une voix s'éleva dans la galerie et brisa le silence.
"Allons voir !"
Tous approuvèrent et Outlook, prenant la direction du petit groupe, entreprit de retourner sur ses pas. Lorsqu'enfin ils débouchèrent dans le grand salon, des exclamations de surprise interloquée s'élevèrent de l'attroupement .Outlook quant à lui, demeura bouche bée devant le spectacle de chaos et de désolation qui s'offrait à lui.
Trois gardes gisaient sur le sol en tas de membres désordonnés, comme autant de pantins désarticulés et de minces filets de sang s'écoulaient des larges entailles qui marquaient les trois corps, si bien qu'une flaque sombre s'était formée aux pieds du noble et s'y étendait à vue d'œil. Ce dernier sentit son estomac se contracter douloureusement à la vue d'une telle effusion d'hémoglobine et il recula instinctivement de quelques pas afin de s'éloigner le plus possible des trois cadavres. Lorsqu'enfin il parvint à détacher ses yeux des dépouilles sanglantes, son regard intercepta aussitôt un quatrième garde occupé à se débattre quelques mètres plus loin avec une jeune femme et qui luttait pour maintenir cette dernières plaquée contre le sol.
Son adversaire arborait elle aussi d'impressionnantes estafilades et sa vie semblait la fuir un peu plus à chaque instant, s'écoulant de ses nombreuses blessures. Cependant elle se démena tant et si bien que durant l'espace d'un instant, elle parvint à échapper à la prise du soldat, pour basculer de nouveau et venir s'affaler aux pieds d'Outlook. La jeune femme rassembla alors ses dernières forces dans une tentative désespérée de prendre ses jambes à son cou, mais la main du noble plongea à cet instant dans une poche intérieure de sa veste et en tira un minuscule révolver de poche, qu'il appuya contre sa tempe. Elle s'immobilisa brusquement puis tourna la tête pour toiser son agresseur d'un air mauvais.
"Plus un geste ou je te brûle la cervelle! " tonna le vaillant Outlook, dans un brusque accès d'héroïsme. Mais elle ne sembla aucunement affectée par cette souveraine ardeur, ni même par la menace du petit pistolet car elle jeta au noble un regard méprisant. Ce dernier fronça les sourcils et un cliquetis menaçant retentit lorsqu'il rabattit le cran de sécurité de son arme. Son index vint se poser sur la gâchette. Il plongea plus profondément encore ses yeux dans ceux de son adversaire, dans l'espoir d'y dénicher une lueur de frayeur, mais un frisson parcouru son échine lorsqu'il fut gratifié à la place d'un rictus narquois. Les traits du visage de sa captive ne trahissaient que le dégoût qu'il paraissait lui inspirer. Outlook n'avait bien évidemment jamais fait l'expérience d'une telle sensation, et celle-ci le plongea dans un état de stupéfaction muette. Si cette femme ne le craignait pas, pas même lorsque son pistolet était braqué sur elle, alors elle représentait un danger certain pour lui et les autres nobles présents dans la pièce.
Il raffermi sa prise sur la crosse de son arme pour mieux atténuer les tremblements qui l'agitaient et s'apprêta à tirer. Soudain, une main gantée apparu dans son champ de vision et se saisit du canon du révolver.
" Ne faites surtout pas ça! "
Outlook fit volte-face pour se retrouver nez-à-nez avec Ashita. Il en oublia presque la jeune femme qui se tenait en face de lui.
"Je vous demande pardon Ashita-sama? Avec tout le respect que je vous dois, cette femme s'est introduite dans ma demeure, dans le but de me dérober mes plans. Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas l'abattre sur-le-champ! "
L'autre paru réfléchir. L'épaisse barbe qui couvrait son visage rendait son expression plus difficile à déchiffrer, cependant Outlook cru voir un éclair de contrariété passer dans son regard.
" Outlook-sama, cette femme n'aura sûrement pas pris le risque de venir seule. J'entend par là qu'elle a probablement des alliés dans la place, qui l'auront aidée à s'introduire ici. Vous devriez plutôt l'interroger."
Les yeux du noble s'écarquillèrent.
"Vous voulez dire…Il y en a d'autres ? Ici ?"
Il se mit à lancer des regards nerveux tout autour de lui, comme s'il craignait que les plantes en pots ne se changent brusquement en guerriers féroces.
"Ashita-sama a raison, attachez-la. Nous lui ferons avouer où se cachent ses acolytes !" Conclut-il sans cesser de tenir sa jeune captive en joue. Cette dernière n'avait cependant, et depuis un certain moment déjà, plus la force de fuir. Une balle devait l'avoir touchée au mollet car elle semblait avoir du mal à se tenir debout . Le noble fit donc un signe aux trois gardes qui venaient de faire irruption dans la pièce et sans un mot, ces derniers saisirent la jeune femme rudement par les épaules et la forcèrent à s'agenouiller. Enfin on lui lia les poignets. Néanmoins, Outlook ne baissa pas son arme.
"Qui t'envoie? Parle !" Cracha-t-il.
Il brandit son poing, celui qui ne tenait pas le pistolet, avec la ferme intention de faire parler la jeune femme. Une seconde fois, la main d'Ashita intercepta son geste.
" Un instant Outlook-sama, vous ne voudriez pas abimer ce joli minois? Je vous en prie, ne gaspillez pas votre précieuse énergie en menace inutiles: je suis certain que vous n'obtiendrez rien d'elle de cette manière."
"Que me proposez-vous alors?" s'impatienta le noble cette fois.
"Accordez-moi simplement trois petites minutes pour la fouiller, je trouverais bien un indice."
Outlook eu une moue agacée mais céda finalement.
"Je vous en donne deux."
Ashita acquiesça puis se glissa entre les deux gardes qui maintenaient la captive en joue. Il s'agenouilla à son tour et s'employa alors à vérifier le contenu de chaque poche. Ses mains tâtèrent méticuleusement les vêtements de la prisonnière, puis disparurent derrière son dos, où elles s'affairèrent encore un long moment.
"Avez-vous bientôt terminé ?" Intervint finalement Outlook qui avait suivi toute la procédure d'un œil suspicieux. Qu'est-ce qui pouvait bien prendre autant de temps ? Il vit alors Ashita interrompre son ouvrage et un rictus moqueur se dessiner sur son visage hirsute. Le noble trouva quelque chose de déplaisant, d'extrêmement inquiétant à ce sourire.
"Ne vous impatientez pas Outlook-sama. C'est terminé. "
Et sans même lui laisser le temps de répliquer, Ashita sauta sur ses pied, exhiba deux longues dagues et, dans un large mouvement circulaire, trancha simultanément la gorge des deux gardes.
Les deux hommes s'écroulèrent lourdement sur le sol qu'un peu plus de sang vint teinter. Ce fut si rapide, si violent que d'abord, personne ne réagit. Les yeux des nobles semblèrent ne pas vouloir se détacher des deux corps brisés et sanguinolents. Outlook de son côté se tint immobile, tétanisé, tout prés de l'emplacement où Ashita s'était tenu. Bien que l'homme qui avait pris sa place lui ressemblait en tout points, il était impossible de les confondre: l'étranger n'arborait ni le sourire enthousiaste, ni l'expression niaise de son alter-ego. En revanche, une lueur malicieuse brulait dans son regard, qui fit tressaillir le noble.
Quelque chose venait alors de remuer, de s'ébrouer depuis un coin délaissé de sa mémoire. Il vit à cet instant l'inconnu saisir délicatement la jeune femme par le bras pour l'aider à se relever et constata à cette occasion que celle-ci avait été libérée de ses liens. Ce ne fut qu'à cet instant, et à cet instant seulement, qu'il réalisa son erreur.
"Les révolutionnaires nous assaillent ! " Il eu à peine achevé de parler que l'homme attaquait de nouveau.
Outlook amorça un geste dans sa direction mais Sabo fut plus rapide que lui: sans perdre un instant de plus, il se précipita sur le dernier garde, qui venait d'assister à la pénible agonie de ses deux collègues. L'homme semblait peu disposé à tenir compagnie à ces derniers sur le marbre, aussi, il braqua à son tour son arme sur le jeune commandant et pressa la détente. Trop lent. Sabo esquissa un pas sur la droite et esquiva aisément la balle. S'il n'était pas en ce moment même plongé dans les ennuis jusqu'au cou, il aurait probablement ri de la désolante incompétence du tireur. Quelques cris et un craquement sourd plus tard, le soldat gisait à ses pieds, le crâne réduit en un amas de pulpe sanguinolente.
L'hystérie se déchaina alors dans la salle et les nobles se mirent à courir dans tout les sens. Tout ce joyeux troupeau, braillant, meuglant, vociférant, piétinant, se précipita vers la sortie et personne ne prêta la moindre attention à Outlook, jusqu' à ce qu'un nouveau coup de feu retentisse. Tous s'agglutinèrent instantanément contre les murs dans l'espoir d'échapper à une nouvelle fusillade, mais aucune déflagration ne suivit.
Sabo avait aperçu le canon du pistolet juste à temps pour ne pas recevoir la balle en pleine tête, mais celle-ci en effleurant sa pommette gauche y avait tracé une longue estafilade et emporté avec elle le postiche qui jusqu'alors dissimulait son visage.
Avec un grognement de douleur, le révolutionnaire porta une main à sa joue. Il la ramena de nouveau devant son visage pour la trouver couverte de sang et jura intérieurement. Il releva les yeux pour lancer un regard meurtrier à ses assaillants. Alors qu'il s'apprêtait déjà à devoir affronter une armada de gardes, il ne trouva qu'Outlook.
Curieusement, le noble n'avait pas fait un geste dans sa direction. Quelques pas plus loin se trouvait Costa, qui tenait encore son révolver fumant à bout de bras. Épouvanté, Sabo vit alors son père le dévisager, interdit, détailler chaque trait de son visage et finalement planter ses yeux dans les siens.
-"S-Sabo ..?" Son nom avait quitté les lèvres d'Outlook dans un murmure presque inaudible, comme une incantation muette. "Mon fils ?"
Le jeune commandant grimaça.
-" Ne m'appelle pas comme ça, pas toi…"
-"Mais… que…"
L'autre ne parvenait plus à aligner deux mots et Sabo lu dans son regard la stupeur, la confusion ainsi qu'une étrange lueur qui ressemblait vaguement à de la culpabilité. Il chassa cette idée absurde de son esprit. Il devait trouver un moyen de les sortir de ce pétrin le plus vite possible avant que la situation ne dégénère. Il ne voyait qu'une seule solution, et au regard de l'expression paniquée de Koala, elle risquait d'être divertissante.
Outlook avait baissé son arme durant la courte durée de leur échange et Sabo profita de cet instant d'inattention pour fondre sur lui et pour refermer sa main sur le bras du noble. D'une habile torsion du poignet, il força ce dernier à lâcher son pistolet.
"Messieurs-dames, ceci n'est pas un exercice !" clama-t-il alors d'une voix forte en appuyant la lame d'une de ses dagues contre la gorge d'Outlook. "Je vais vous demander de bien vouloir capituler sans faire d'histoire. Sinon je lui taille un deuxième sourire et je l'envoie par le fond avec ces putains de godasses ! Compris ? "
Quelques nobles acquiescèrent et il ne pu s'empêcher de sourire à la vue de leurs expressions épouvantées.
"Bien. Koala, vas-y, récupère les plans. "
Sa partenaire s'exécuta. Costa esquissa un geste dans sa direction et le jeune commandant du réitérer ses menaces, tout en exerçant une pression un peu plus forte sur sa lame pour le garder à distance.
-" Sabo… mais qu'est-ce que tu fais? " S'étrangla le noble. " Je ne comprend pas…"
-"Je sauve toutes ces vies que vous vous donnez tant de mal à détruire …Il serait temps pour vous de réaliser que votre petit monde bancal va s'écrouler." souffla Sabo en réponse à son oreille.
Un grincement métallique lui indiqua que Koala était parvenu à ouvrir le coffre et qu'elle avait mis la main sur les plans. Soudain, un cri retentit derrière lui.
Il n'eu pas le temps de se retourner qu'une douleur foudroyante lui traversa le flanc droit. Il perçut enfin, bien que trop tard, la respiration sifflante de Stelly dans son dos.
