Eh bien voilà , nous y sommes, le dernier chapitre de La Mission. Je l'ai fait un peu plus long que les précédents, mais j'espère sincèrement que la qualité de l'histoire n'en a pas souffert. Je croise les doigts pour que cette fin vous convienne et vous souhaite une agréable lecture !

Évidemment, One Piece ne m'appartient pas, mais cela ne saurait tarder;)


Une douleur lancinante foudroya Sabo au côté droit tandis que la lame de Stelly le perforait de part en part. Le jeune commandant avait sentit le métal froid et impitoyable entailler ses côtes avant de poursuivre son chemin.

Dans une tentative désespérée de reprendre le contrôle de son propre corps et ne pas se laisser paralyser par le choc, Sabo prit alors une profonde inspiration. Il sentit aussitôt ses chairs se mouvoir autour de la lame et s'autorisa un bref gémissement de douleur. Cette action lui coûta quelques interminables secondes, mais elle lui permit de s'assurer par ailleurs que ses poumons étaient toujours intactes. Il jeta aussitôt un bref coup d'œil sur le côté et jura intérieurement . Koala n'avait pas amorcé le moindre geste pour le couvrir, comme l'aurait exigé la procédure . En revanche, elle fixait avec une expression horrifiée la plaie béante d'où s'écoulait à présent un mince filet de sang. Ses mains s'étaient misent à trembler et Sabo réalisa bien vite que si lui était parvenu à surmonter le choc qui avait suivi le coup de poignard, il en avait été autrement de sa jeune comparse. Jetant un œil à sa droite cette fois, il pu constater que la plupart des nobles, dont Costa, qui n'étaient pas parvenus à s'échapper quelques instants plus tôt étaient demeurés dans la pièce pour assister à la brève passe d'arme.

Outlook lui, considérait la scène de ses deux yeux écarquillés et offrait à Stelly une expression de surprise et de soulagement mêlés, comme s'il était incapable de se décider sur la réaction à adopter.

Le jeune noble avait lâché son arme et l'avait laissé enfoncée jusqu'à la garde à quelques centimètres des poumons de sa victime. Sabo réalisa son erreur en un clin d'œil : un professionnel aurait retiré sa lame immédiatement après avoir porté le coup, afin que le fer n'entrave pas l'hémorragie de sa proie.

Il avait donc affaire à un vulgaire débutant.

Ces quelques secondes de réflexions lui semblèrent durer une éternité . Rasséréné cependant par l'apparente incompétence de son frère de substitution, ainsi que celle des nobles qui venaient une fois encore de faire preuve d'un manque évident de réactivité, il se mit de nouveau en mouvement.

Le jeune commandant fit brusquement un pas en avant et arracha lui-même la lame qui lui remuait les entrailles. La douleur l'aveugla momentanément mais il n'attendit pas de recouvrer pleinement ses sens pour contre-attaquer.

Il fit volte -face pour se trouver nez-à-nez avec Stelly et lui fendit la mâchoire d'un magistrale crochet du droit. Ce nouvel assaut eu pour effet de secouer les occupants de la pièce de leur transe contemplative. Aussi, tandis que Stelly se remettait tant bien que mal sur ses pieds pour se précipiter à nouveau sur son adversaire, Costa pointa à son tour son revolver sur Koala.

Sabo exécuta un quart de tour sur la gauche et esquiva sans peine l'assaut maladroit de son adversaire. Il le saisit alors par le poignet et Stelly, emporté par son propre élan, bascula et se précipita de lui-même sur le poing du jeune commandant. Sonné par la violence du coup, plié en deux, le noble ne vit pas le coude de Sabo s'abattre sur sa nuque. Il s'écroula instantanément, inanimé sur le carrelage.

De brefs échos de lutte retentirent dans le dos du révolutionnaire, informant ce dernier que sa partenaire n'avais pas fais plus de cas de Costa. L'altercation n'avait pas duré cinq minutes.

Il reporta aussitôt son attention sur la dernière personne qui se tenait encore debout au centre de la pièce. En effet, les quelques nobles restants avaient préféré prendre leurs jambes à leur cou plutôt que d'affronter les deux révolutionnaires. Seul Outlook, sûrement trop préoccupé par le sort de son unique héritier, était resté planté au milieu des cadavres, de sorte qu'il se trouvait désormais seul dans le salon en l'agréable compagnie de Koala et de Sabo.

Ce dernier parcouru en trois foulée la distance qui le séparait du noble pour venir se planter devant lui.

« Bien, » s'exclama-t-il d'un air satisfait avant de croiser les bras sur sa poitrine , « J'aimerais à présent que vous m'accordiez une dernière faveur, Outlook-san. »

Le noble ne le quittait pas des yeux et tressaillis à l'entente de son nom, mais Sabo l'ignora et poursuivi.

« J'ai besoins de connaître le nombre exact de gardes qui nous attendent dehors à l'instant même où nous parlons. Voyez-vous, il me déplairait fortement de tomber dans une embuscade, fût-elle patiemment orchestrée. »

Outlook ne répondit pas. En revanche, il dévisagea Sabo de plus belle et ce dernier sentit le regard du noble s'attarder brièvement sur sa cicatrice avant de poursuivre sont chemin .

« Alors, tu es bien vivant ...» articula-t-il enfin.

« Tient donc, aurions-nous sous-estimé les capacités de déduction de l'honorable Outlook ? »

« Je ne comprend pas...J'ai pourtant vu ton bateau couler ! »

« Je sais… Peut-être même que ça a été la seule et unique fois où tu as posé les yeux sur ton fils. Pour le voir couler au fond de la baie. Déçu ? »

« Mais pourquoi rejoindre la révolution ?Pourquoi aujourd'hui encore t'attaches-tu à salir ton nom et à ruiner ma réputation ?! Seigneur, jamais tu ne t'es montré moins digne de moi qu'en ce jour ! »

Koala redouta un instant que le noble soit allé trop loin, mais son partenaire se contenta d'éclater d'un rire sans joie .

« Pourquoi ? Voyons voir, son Exellence désire-t-elle entendre mes raisons dans l'ordre chronologique ou alphabétique ? Je te l'ai déjà dit : je tente de protéger ce monde de l'emprise perverse du gouvernement. Mais il me semble que tu n'as pas à en savoir davantage et il serait malvenu de ta part de tenter à nouveau de me faire parler. Je t'ai donné une réponse, j'en exige une en retour ! Je vais répéter ma question une dernière fois pour m'assurer que tu aies bien compris . Combien de gardes as-tu ameuté et nous attendent-ils ? »

Il avait abandonné les faux-semblants et la politesse feinte, et son air menaçant cette fois dissuada Outlook de le faire patienter plus longtemps.

« J'en ai placé sept au niveau du portail, cinq sur le toit et trois autres devant la porte d'entrée , je crains que ça ne vous laisse aucune échappatoire.»

« Et c'est bien là que tu te trompe. Je compte bien évidemment sur ta bienveillante coopération. »


Quelques minutes plus tard, Outlook gisait solidement ficelé au pied de la cheminée éteinte. Koala acheva de resserrer ses nœuds. Elle se retourna après avoir contemplé son travail d'un air satisfait et échangea un hochement de tête entendu avec son partenaire. Sabo s'accroupit alors auprès du noble.

« Si tu nous as mentit, je reviendrais pour finir ce que j'ai commencé et je te pris de croire que malgré tout ce que tu m'as fait, ça ne me plaira pas plus qu'à toi. Dis-toi simplement que tu ne fais que récolter ce que tu as semé et considère ça -il agita les plans sous son nez - comme le remboursement de ta dette. »

«Quelle dette ?! » s'offusqua Outlook.

« Tu me dois dix ans de ma vie, tu te souviens ? »

« Espèce de… vous ne gagnerez pas cette guerre ! Seule la justice triomphera ! Les révolutionnaires ?! Les révolutionnaires ne sont pas les fauves de l'Histoire. Ils n'en sont que les charognards. Ils ne dévorent que des sociétés mortes et des institutions malades ou débiles -»

« ...Et vous planifiez l'extermination massive de milliers d'innocents dont le seul crime est de n'être pas nés de sang royal. Tu crois que ça fais de vous des héros ? »

«Tu ne comprend rien à rien. Nous sommes pour la justice et non pas pour l'égalité. » répondit simplement le noble.

« Tu comprendra bien vite à quel point ces deux termes sont liés. »

Le jeune commandant se releva et jeta un dernier coup d'œil aux bandages ensanglantés qui lui enserraient la taille. Il fit alors mine d'hésiter et se tourna à nouveau.

« J'oubliais, tu ne dois surtout pas alerter les gardes. Donc on ne crie pas et on reste bien sage, n'est-ce pas ? »

Sur ces mots, les deux révolutionnaires quittèrent la pièce.


Peu de temps après, de long hurlement retentirent en provenance du grand salon et les appels pressants d'Outlook se firent entendre jusqu'au dehors . À l'entente de la voix de leur maître, tout les gardes à l'exception de ceux qui étaient postés sur le toit se précipitèrent dans la demeure.

Pendant ce temps, Koala montait à l'étage à la suite de son compagnon.

« Rassures-moi, tu ne t'attendais pas franchement à ce qu'il suive tes instructions ? » l'interrogea-t-elle, perplexe.

« Bien sûr que non. Je n'ai fait que m'assurer qu'il fasse le plus de bruit possible. Vois-tu, il est d'autant plus tentant d'appeler au secours que je lui ai expressément demandé de ne pas le faire . Les gardes du rez-de-chaussée vont rappliquer, on va juste descendre par les toits pour ne pas les croiser . Ils ne seront plus en bas pour nous accueillir,et on pourra rejoindre le bateau. Tu comprends ? »

« Et s'il y en avais d'autres ? Outlook peut très bien avoir « omis » de nous en mentionner quelques uns, non ? »

« Non, il a dit la vérité. Il a évoqué quinze gardes en tout et j'ai eu tout le loisir de les compter pendant le bal. Il n'y en a que quinze. »

« Dont trois sur les toits, tu les as déjà oubliés ? »

« J'en m'en chargerais, ne t'inquiète pas. »

« Dans ton état ? Franchement, je- »

Sabo lui fit signe de se taire tandis qu'ils atteignaient le deuxième étage et qu'ils s'arrêtaient devant une porte de bois sombre. Sans hésiter, le révolutionnaire poussa le battant du bout des doigts. La porte s'ouvrit sur une vaste chambre. La pièce avait été entièrement vidée de son mobilier et semblait inhabitée depuis plusieurs années. Leurs pas résonnèrent dans la chambre vide et Sabo dirigea aussitôt les siens vers la fenêtre qui se trouvait à l'autre extrémité de la pièce tandis que Koala examinait son environnement. Les murs avaient été dénudés, mais elle identifia ici et là quelques vestiges de papier-peint bleu, comme si l'ouvrage avait été exécuté de mauvaise grâce et abandonné à mi-chemin. Au sol, elle ne trouva qu'un plancher usé. Le bois était marqué de profonds sillons, comme si quelque chose de très lourd avait été traîné sans précautions hors de là. En dehors de ces étranges empreintes cependant, elle ne discerna aucune trace de passage. Curieusement, la pièce avait été abandonnée et personne ne semblait y avoir posé le pied depuis une éternité. Elle trébucha tout-à-coup sur un objet qu'elle prit en premier lieu, et dans la confusion de l'obscurité pour le pied d'un meuble . Mais l'objet lui arrivait à peine aux genoux et elle discerna finalement les angles d'un coffre à jouet en bois, lui-même paré d'une plaque métallique. Elle y lu un nom. Celui de son partenaire.

« C'était ma chambre. » Sabo s'était retourné pour trouver Koala penchée au dessus de son vieux coffre à jouets. « Je suis presque étonné qu'ils l'aient gardé . »

La jeune révolutionnaire voulut prononcer une parole d'excuse, lui dire à quel point elle était désolée mais rien ne lui vint à l' esprit et elle demeura silencieuse. Alors Sabo poursuivi, désignant la fenêtre ouverte par laquelle s'engouffrait désormais une légère brise.

« Je passais toujours par là pour...m'échapper… du moins temporairement, puisqu'ils finissaient toujours par me retrouver. Personne n'est au courant, donc on a encore un peu de temps devant- »

Il s'interrompit tout-à-coup pour jeter un regard horrifié par dessus l'épaule de sa partenaire. Avant même que cette dernière ne puisse faire volte-face, elle se trouva ceinturée par une paire de bras puissants et sentit la morsure du fer contre sa gorge.

« Personne, vraiment ? Tu oublies que moi je t'ai déjà vu passer par là, crétin ! » susurra la voix doucereuse de Stelly à l'oreille de la jeune femme. « Écartes-toi de cette fenêtre où je lui tranche la gorge. »

Mais Sabo , reprenant contenance ,se contenta de prendre un air ennuyé et de hausser les épaules

« Je t'en prie, tranches-lui la gorge. Ce n'est pas comme ça que tu m'empêchera moi de me tirer d'ici, triple-buse.Désolé Koala,mais je ne mettrai pas cette mission en danger pour un simple soldat. » acheva-t-il avant de lui tourner le dos et de poser un pied sur le rebord de la fenêtre.

« Quoi ?! Espèce de- »

Le jeune noble lâcha Koala pour se jeter sur lui. Il n'avait pas fait trois pas que Sabo faisait volte-face pour lui braquer un pistolet entre les deux yeux.

« Peut m'importe que tu trompes tes proches pour de l'argent, mais je te serais grès à l'avenir de ne pas nous ranger dans la même catégorie. »

« Mais de quoi est-ce que tu parles ? »

« Des faux plans que tu as donné à Outlook. »

Cette fois, c'était Koala qui avait parlé. Elle lui tendit la liasse de papiers qu'elle tenait entre les mains.

« Où sont les vrais ? »

« Mais comment- ? »

« Je sais reconnaître un faux quand j'en vois un. »

« De plus » insista Sabo, « pourquoi as tu pris cet air surpris en entrant dans la pièce ? Peut-être parce que tu n'était pas à notre poursuite. Tu t'es réveillé quand les gardes ont débarqué dans le salon mais nous étions déjà partis et tu t'es précipité ici pour voir si nous n'y avions pas pris quelque-chose. Koala m'avait prévenu pour les plans, ils se trouvent donc dans cette pièce. Plus précisément à en juger par les regards que tu jettes sans arrêts à ta droite, dans ce coffre. »

D'un bond élégant, Sabo sauta de son perchoir et s'accroupit auprès du coffre à jouet .

« Le code. »

Stelly se renfrogna immédiatement et Koala se pencha par dessus l'épaule de Sabo pour constater que le loquet métallique avait été renforcé d'un lourd cadenas à trois chiffres.

«'Sais pas... »

Sabo poussa un soupir exaspéré et se remit sur ses pieds pour pointer à nouveau le pistolet sur le noble.

« Parfait, je vais conter jusqu'à dix et au bout de dix je te fais sauter la cervelle. Un...Deux... »

Stelly demeura silencieux.

« Trois...Quatre...Cinq... »

Une goutte de sueur perla sur la tempe du jeune homme mais aucun son ne sorti de sa bouche. Ses mains devinrent moites et il commença à trembler. Il ne lâchait pas le canon du pistolet des yeux.

« Six-Sept-Huit-» débita alors Sabo.

« 813 !»

Le nombre avait aussitôt franchi les lèvres du noble et Sabo baissa son arme.

« Tu vois, c'était franchement pas si compliqué . Tiens-moi ça. » commanda-t-il en lui fourrant le pistolet dans les mains avant de se pencher à nouveau sur le cadenas. Il s'employa aussitôt à tourner les molettes métalliques, mais il n'eut pas sitôt déverrouillé le loquet que la voix de Koala retentit dans son dos.

« Sabo ! »

« Les mains derrière la tête ! Relèves-toi lentement et écartes-toi de ce coffre. Maintenant !»

« 'Te fatigues pas. » se contenta-t-il de lancer par-dessus son épaule avant de se remettre au travail.

Sans hésiter, le jeune noble rabattit le chien du pistolet et pressa la détente. Seul un léger cliquetis répondit à son geste.

« Qu'est-ce que... » Stelly jura et jeta rageusement l'arme au sol. « Je vais vous... »

Et pour la troisième fois dans la même soirée, il reçut un violent coup à l'arrière du crâne et s'écroula aux pieds de Koala.

« Tu m'excusera, je sais que tu aimes bien te réserver ce privilège mais il était vraiment trop bruyant. »

« Pas de problème, de toute faç- Ouch ! »

Sabo s'était remis sur ses pieds et avais fais face à sa partenaire pour se faire accueillir par une gifle cuisante .

« Pourquoi tu ne m'as pas prévenu qu'il était déchargé ?! J'ai cru mourir de peur, espèce de crétin ! »

« Mais enfin... »

Il fut cette fois interrompu par des éclats de voix provenant du rez-de-chaussée.

« On en discuteras plus tard. » se ravisa-t-il. « Voilà comment on va faire. Je passe en premier, les gardes doivent être postés quelques toits plus loin, au-dessus du jardin. Je connais bien ces toits,je vais les éloigner du port et les perdre en ville. Toi, tu rejoins le bateau et tu lèves l'ancre. Éloignes-toi de la côte, prends de l'avance et je te rejoindrais dés que je me serais occupé d'eux...d'une façon où d'une autre. »

« Quoi ?! Et si tu n'y arrives pas à temps ? »

« J'y arriverais, tu me connais. »

« Justement ! »

« Fais-moi un peu confiance. »

« Écoutes, je ne plaisante pas ! Et s'ils te rattrapent ?! »

« Alors... Alors...» Sabo sembla hésiter un moment. Il dévisagea son amie comme s'il la voyait pour la première fois et aprés une féroce lutte interne, glissa une main derrière sa nuque et noua ses lèvres aux siennes. Le premier instant de surprise passé, Koala ferma les yeux et répondit au baiser. Les cris des soldats se rapprochaient à chaque instant mais les deux jeunes gens refusèrent de se séparer.

« ...Alors, » souffla finalement le jeune commandant contre les lèvres de sa compagne « je te souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d 'en réaliser quelques uns. Je te souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. » Il planta ses yeux dans ceux de Koala. Cette fois, il fallait partir, les soldats n'étaient plus très loin. Sans un mot, Sabo enjamba l'appui de la fenêtre et disparu dans l'obscurité.


Dés qu'elle avait entendu les trois gardes quitter les toits de la maisons et s'élancer à la poursuite de son partenaire, Koala avait enjambé la fenêtre à son tour pour regagner les jardins. Une partie d'elle voulait suivre leurs traces et rejoindre Sabo, mais sa raison lui soufflait que ce serait leur perte à tout les deux. Alors elle traversa à toute vitesse la ville-haute et atteint enfin le port. Toujours aucune trace de Sabo.


Le jeune révolutionnaire courait à perdre haleine. Chaque foulée, chaque respiration lui était une torture et l'air frais de la nuit lui brûlait la gorge en s'engouffrant dans ses poumons. Lorsqu'il s'arrêta un instant à l'ombre d'une corniche pour reprendre son souffle, les tremblements de ses jambes trahirent son épuisement et la perte massive de sang qu'il avait subi suite à sa blessure. Il entendit à nouveau les pas de ses poursuivants dans son dos. Il aurait donné n'importe quoi pour faire volte-face et les affronter, mais son état ne lui permettait que de fuir Il repris donc sa course.

Course qu'il devait abréger au plus vite avant qu'il ne s'effondre sur le toit pour y attendre la mort .

Soudain, il aperçu un horizon bleu azur au-delà des rangées de cheminées et su qu'il arrivait au port. Seulement, il n'avait toujours pas semé ses poursuivants. S'il descendait des toits, ils les rabattraient tous vers le bateau, vers une certaine jeune fille rousse. Quelques mètres seulement le séparaient désormais de la mer et toujours aucune solution ne s'offrait à lui . Il lui fallait prendre une décision. Soudain, il dévia de sa course et dans un ultime effort, bondit sur le toit adjacent au sien. Un long hurlement retentit peu après dans son dos qui s'interrompit brutalement un peu plus bas, lui indiquant par la même occasion qu'il avait semé au moins un de ses poursuivants. Il atteint alors le sommet du dernier bâtiment qui longeait la côte et se retrouva suspendu à vingt mètre au dessus du vide. Sous ses pieds de gigantesques rouleaux s'écrasaient contre les murailles avec force rugissements . Il aurait besoins d'élan, de beaucoup d'élan, afin de sauter assez loin de la côte et ne pas finir projeté à son tour contre les rochers, mais avant cela, se dit-il...

Choses promises, choses dues .

Il se débarrassa à toute vitesse de son manteau, laissant la soie glisser de ses épaules et coinça le vêtement sous son bras. Puis de sa main libre, il délaça ses bottines de cuir et les retira à leur tour. Il enveloppa soigneusement ses chaussures dans le somptueux tissus et balança son bras d'avant en arrière au dessus du vide. Enfin, il lâcha le paquet et contempla avec satisfaction lorsqu'il vint s'écraser au pied des murailles.

De toute façon, elles n'auraient fait que me gêner. Se dit-il tandis que la marée emportait les bottines.

Soudain, une balle siffla prés de son oreille et il se retourna pour constater que ses poursuivants l'avaient rattrapé. Sans s'accorder une seule seconde d'hésitation, il fit demi tour et se précipita sur les deux soldats. Ces derniers s'étaient serrés pour tenir ensemble sur la corniche et se retrouvèrent pris au dépourvu sous l'assaut du jeune révolutionnaire. Incapables de l'esquiver, ils se jetèrent tout deux du toit pour atterrir avec perte et fracas au bas du bâtiment. Mais Sabo ne parcouru que quelques mètres, après quoi il se retourna et, prenant le plus d'élan possible, effectua le trajet inverse. Tirant sur les muscles de ses jambes, il allongea ses foulées, parvint en quelques enjambées au bord du toit et se projeta le plus loin possible de la muraille. Durant le temps d'un battement de cœur, il se sentit flotter dans les airs. Il consacra ses dernières goulée d'air pur à rassembler ses esprits et joins ses bras tendus-jusqu'alors déployés de chaque côté de son corps-, au-dessus de sa tête.

L'eau salée se referma autour de Sabo et le froid le paralysa instantanément de ses long doigts de glace. Lors-qu'après s'être longuement débattu, il perça enfin la surface, l'air s'engouffra à nouveau dans ses poumons et il su que jamais auparavant il n'avait goutté quelque chose d'aussi délicieux . À l'horizon enfin il aperçu la silhouette du bateau et entreprit de le rejoindre à la nage.


Lorsqu'un peu plus tard,fourbu mais heureux, il se hissa aux côtés de sa compagne, celle-ci lui tendit aussitôt un escargophone.

« Sabo ? » retentit la voix familière de Dragon. « Je suis heureux que vous vous en soyez si bien sortis tout les deux. Malheureusement, tu n'as pas encore terminé. Désolé, mais tu vas devoir enchaîner avec une nouvelle mission. Koala te montrera la carte. Bonne chance, soldat ! »

Sur ces mots, il raccrocha au nez d'un Sabo trempé et furibond.

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire !? »

Sans un mot , Koala lui agita une carte sous le nez, dont il se saisit d'un geste rageur avant de l'examiner. Un sourire illumina alors son visage et il leva les yeux vers elle.

« Très bien ! » s'exclama-t-il avant de déposer un tendre baiser sur les lèvres de la jeune femme. « Dis à Hack que nous prenons le large. Nous sommes attendus à Dressrosa. »


Et voilà, c'est terminé pour cette histoire ! Merci beaucoup à tout ceux qui l'ont lue jusqu'au bout et à Umichan17 pour m'avoir régulièrement donné son avis (j'espère sincèrement que ce dernier chapitre t'a plu, n'hésitez surtout pas à me laisser une review ça me fait tellement plaisir;) !

Aussi, je me dois de préciser que les citations suivantes de m'appartiennent pas :

* « Les révolutionnaires ne sont pas les fauves de l'Histoire. Ils n'en sont que les charognards. Ils ne dévorent que des sociétés mortes et des institutions malades ou débiles. »

* « Nous sommes pour la justice et non pas pour l'égalité »

Citations de Jean-Marie Le Pen dans Les Français d'abord (1984)

Je précise à toute fin utile que je n'approuve évidemment pas les idées de cette personne.

* « Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d 'en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. » Extrait des Vœux de Jacques Brel, célèbre chanteur français, pour ceux qui sont nés dans les années 2000.

Vous trouverez aussi dans ce chapitre un petit clin d'œil à mon grand ami Arsène Lupin, héros du romancier Maurice Leblanc (« 813 »). Lisez ses aventures, elles en valent le détour !

Encore merci d'avoir lu cette fanfiction et à bientôt pour de nouvelles aventures !