Bonjour !
Voici donc le premier chapitre de Wingschester Legacies. On entre enfin dans le vif du sujet...
Merci à Courtney Ackles, Ignis08 et didi35 pour vos review, favorite & follow. J'espère que la suite sera à la hauteur de vos attentes...
Bonne lecture.
PS : L'histoire est racontée par le point de vue (POV) des personnages de l'histoire, donc à la première personne du singulier.
Le changement de temps/lieu sera indiqué par des *o*o*o*, le changement de POV par *POV* et les flash back seront en italique.
Les couples principaux, parents des Nephilim sont Dean/Castiel, Sam/Gabriel mais aussi d'autres couples que vous découvrirez plus tard.
Musique : Lindsey Stirling -Roundtable Rival.
Michel était sceptique. Des Nephilim... Cela ne présageait rien de bon...
Il resta cependant étrangement silencieux sur ce sujet. Un réel bonheur était en train de se propager dans le bunker et il n'avait pas envie de briser ce moment, en famille.
l'Étranger (I).Drink And Sleep.
Des années plus tard... Quelques part dans le Colorado, USA.
C'est dans mon bon vieux pick-up un peu rouillé et un peu passé de date que je roule comme un dingue à vive allure vers le nord. Je sais que j'ai l'air d'un fou avec mes cheveux trop longs, mon teint bronzé et mes vêtements usés, dans cette caisse toute pourrie, qui crache de la fumée noire lorsque j'appuie trop fort sur le champignon, qui grince lorsque j'ouvre la porte et à laquelle il doit y avoir de multiples pièces ayant besoin d'être réparées et changées depuis belle lurette. C'est qu'elle en a avalé des kilomètres depuis que je l'ai. Mais elle ne m'a jamais lâché et je me fiche bien de ce que l'on peut en penser tant qu'elle continue de rouler. Je réajuste mes lunettes de soleil sur mon nez lorsque le panneau annonçant le changement d'État apparaît dans mon champ de vision.
Wyoming, me voilà.
Un sourire se dessine sur mes lèvres et je resserre ma prise sur le volant avant d'appuyer sur l'accélérateur. Il me tarde d'arriver. Cela fait des jours voire des semaines que je sillonne la grande route. Je suis éreinté, mes membres endoloris par les trop longs trajets sans pause et le manque de sommeil qui commence à s'accumuler depuis que je suis parti du Nouveau-Mexique et après avoir traversé l'Arizona puis une partie de l'Utah pour arriver au Wyoming en passant par le Colorado. Pourtant, je suis incapable de m'arrêter, et ce, malgré la fatigue. Quelque chose en moi m'en empêche et me dit d'aller plus vite, car j'approche de mon objectif. C'est étrange de dire ça mais je ne connais pas la raison pour laquelle j'ai entreprit ce voyage. Il y a quelques semaines de cela, j'ai eu une drôle de sensation. Mon instinct m'a dit d'aller vers le nord alors je l'ai tout simplement suivi. J'ai l'impression que j'ai quelque chose d'important à accomplir même si je ne sais pas encore ce que c'est. Bien sûr j'étais un peu sceptique au départ, et je le suis toujours un peu d'ailleurs, mais lorsque j'ai dépassé ce panneau, lorsque je suis entré dans le Wyoming, j'ai senti cette sensation se renforcer, renforçant en même temps ma détermination à avancer.
Je file maintenant tout droit vers Rock Springs et prend ensuite la 191. Plus au nord, les montagnes se dessinent au fur et à mesure que je roule, majestueuses, dominantes, dans toute leur splendeur. Un peu plus loin au bord de la route j'aperçois une station-service et une boutique. Il doit être aux alentours de midi et je crève la dalle, sans vouloir exagérer. Je gare donc le pick-up sur le parking pour manger un morceau. J'en profite pour me dégourdir les jambes tout en me dirigeant vers la boutique où j'achète un sandwich et une boisson énergisante. Je paie le tout avec la monnaie qu'il me reste du fond de mes poches à la petite caissière, super mignonne soit dit en passant. J'esquisse un sourire auquel elle répond timidement. Ahhh si seulement je n'étais pas aussi débraillé et crade, je lui aurais bien dit deux trois mots agréables… Je m'en vais alors sans rien ajouter et sans me retourner, mon en-cas sous le bras. Sandwich que je dévore, assis à l'arrière de mon véhicule pour profiter d'un soleil rayonnant en ce début d'après-midi. A peine le dernier morceau en bouche que je saute à terre pour attraper la carte qui se trouve dans ma poche de pantalon arrière. Je la déplie d'un mouvement de main et je la pose à plat sur la plage arrière de la voiture avant d'y jeter un œil attentif et songeur pendant plusieurs minutes. Je relève ensuite la tête en direction du nord puis regarde vers l'est et je suis tiraillé par les deux possibilités qui s'offrent à moi. Que dois-je faire et où dois-je aller ? Personne ne peut me montrer la voie à suivre. Je suis seul, moi et ce satané sentiment que quelque chose ou quelqu'un attend que je le retrouve, que ce soit au nord comme à l'est. Je grimace dans ma réflexion et plisse les yeux comme pour essayer de voir à travers les déserts et les montagnes et y trouver les mystères qui pourraient bien s'y cacher. Je fini par prendre ma décision en espérant que ça soit la bonne même si elle est prise sur un coup de tête et je replie vivement la carte, la rangeant dans son emplacement d'origine avant de me réinstaller au volant du bolide. –et quoi ? Si on a plus le droit de plaisanter ! Quoiqu'il en soit, je reprends la route en direction des montagnes. Qui plus est, un grand bol d'air frais ne me fera sûrement pas de mal après tout ce que j'ai pu traverser au Nouveau-Mexique.
Les paysages défilent et trois heures et demi plus tard, voilà que j'atterris dans une petite ville du nom de Moose, perdu en plein milieu des montagnes. Le nom me fait rire et je m'attends presque à voir des élans se promener dans les rues, comme si c'était la chose la plus normale du monde. Cela me plaît bien, c'est là que je décide de m'arrêter aujourd'hui.
C'est un coin plutôt tranquille où il y a peu d'habitants de sorte que tout le monde doit connaître tout le monde ici. La ville est séparée en deux par la rivière Snake et possède une supérette, deux ou trois petites boutiques pour les touristes de passage ainsi que quelques bars dont la plupart doivent ouvrir à la tombée de la nuit. Je sens que je suis proche, plus proche que je ne l'ai jamais été et cela me redonne de l'énergie pour commencer mes recherches. Je gars mon véhicule sur le parking de la rive gauche et m'en vais donc à pied faire un tour.
Je suis assis sur un tabouret et lis le journal local accoudé au bar qui se trouve juste à côté de la supérette. Il est vingt heures passée à ma montre et le petit bar est déjà bondé. Il n'y a pratiquement que des habitués car ils se sont tous retournés vers moi pour me regarder quand je suis entré. J'ai fait le tour de la salle des yeux, un peu embarrassé d'être le centre de l'attention mais je ne me suis pas laissé impressionner pour autant et j'ai avancé droit vers le comptoir. Une fois assis, les autres sont retournés à leurs préoccupations, c'est-à-dire boire, jouer au billard et jacasser, oubliant purement et simplement ma présence. J'ai commandé une bière et me suis approprié le journal, le feuilletant avec une attention toute particulière en faisant fit du brouhaha autour de moi.
-Salut.
La voix enjôleuse mais fait directement relever la tête et je ne suis pas surpris de voir une charmante jeune femme s'asseoir à côté de moi en me fixant avec un sourire charmeur. Ok, elle est canon.
-T'es plutôt bronzé dis-moi.
-C'est que le soleil tape dur dans le coin. Je réponds sans la lâcher du regard.
D'ailleurs, après m'avoir détaillé, pour ne pas dire ouvertement maté, ses yeux rencontrent les miens pour ne plus s'en détourner.
-ça alors, tes yeux sont…
-Dorés je sais, je complète, ils prennent cette couleur quand je me trouve face à de l'or. Et je lui fais un clin d'œil.
Elle a l'air ravie par mon compliment vu comment son visage s'illumine. Ce n'est pas la première fois que je sors cette phrase mais ça marche à tous les coups. Les filles sont fascinées. On peut dire que ce n'est pas commun comme couleur. Mais j'avoue que ça aide car si ce n'est pas grâce à mon style de fringue un peu bizarre et démodé –faut dire que j'ai pas changé de vêtements depuis deux jours et que je rêve d'un bon bain dans de l'eau chaude et moussante depuis des semaines- je suis sûr qu'elles craquent tous avec mon regard de braise et mon bronzage du sud façon surfeur.
-et…. Tu t'intéresses aux meurtres ? Souffle-t-elle en se mordillant la lèvre et en glissant son doigt sur l'article de journal que j'étais en train de lire avant qu'elle n'arrive.
Je saute sur l'occasion.
-Des phénomènes étranges se produisent par ici. Je trouve ça excitant, pas toi ?
C'est le moment de vérité. Soit je la fais fuir soit elle se prend à mon jeu, et je penche plutôt pour la deuxième possibilité bien que la première ne soit pas impossible non plus.
-Hum, t'as pas froid aux yeux toi au moins.
Bingo.
-Et... Qu'est-ce qui te fait dire que ce sont des meurtres ? Je demande, comme l'article ne relate qu'une série de suicides.
- Autant de morts en si peu de temps, ça ne peut pas être dû au hasard, si ? Me sort elle avec une lueur dans les yeux pétillants qui me fait dire qu'elle est plus intéressée par me mettre dans son lit que par le sujet un peu glauque sur lequel elle m'a lancé.
Cela se voit aussi par le ton un peu détaché qu'elle prend, alimentant la discussion juste pour pouvoir continuer de flirter avec moi. Il faut dire que je lui tends un peu la perche aussi -eh quoi ? Toutes les occasions sont bonnes pour flirter ! Pourtant, ce qu'elle dit n'est pas dénué de sens et même si je réponds sur un ton tout aussi désinvolte, je n'en suis pas moins désintéressé -Tout est bon pour glaner des informations.
Petite futée pensais-je en me redressant sur mon siège tout en lui adressant un de mes sourires ravageurs. C'est qu'elle commence à me plaire, la petite brune dans son cuir rouge et sa petite robe noire qui lui va si bien. A moins que ça ne soit l'alcool qui me monte doucement à la tête, je dois être à mon troisième verre. J'avale d'ailleurs une gorgée d'alcool et repose mon verre avant de poser LA question.
-C'est quoi ton petit nom, ma jolie ?
Elle se penche légèrement vers moi et je sens sa main frôler mes doigts qui sont posés sur le bar.
-C'est Scarlett. Souffle-t-elle en détachant chaque syllabe.
Avant même qu'elle n'ait le temps de me demander le mien, je me fais bousculer par un type, cassant l'ambiance si romantique et faisant éclater la bulle d'intimité dans laquelle nous étions plongés tout deux. Je tourne la tête et voit un gars plutôt bien bâti regardant avec surprise la moitié de son verre se renverser à ses pieds. Surprise qui se transforme vite en frustration lorsqu'il relève la tête vers moi. Nos regards se croisent et je vois tout de suite que je suis tombé sur du lourd. Mais vraiment du très lourd.
-Et alors, tu pouvais pas faire attention ? Me siffle-t-il visiblement très mécontent.
-T'as qu'à moins boire, peut-être que tu marcheras plus droit comme ça. Je rétorque sans réfléchir aux conséquences que cela pourrait susciter.
J'ai comme qui dirait lancé un froid car ses potes, parce qu'ils étaient en bande, s'arrêtèrent de pouffer et nous dévisagèrent avec un air grave, attendant la suite. L'abruti qui leur sert de chef et que je viens d'insulter sort de sa stupéfaction et penche la tête sur le côté en plissant les yeux.
-J'ai jamais vu ta sale face par ici. Tu viens d'où ?
-Trop bourré pour t'en souvenir peut-être ? Je lâche, commençant par être vraiment ennuyé.
-Hey Chérie, tu ferais mieux de t'éloigner de ce type louche, on ne sait pas d'où il vient et ce qu'il est venu faire là. Dit-il en se tournant vers Scarlett qui hausse les sourcils et recule sur son siège lorsqu'il lève la main vers elle.
Cette fois s'en est trop. Je me lève d'un bond et lui faire face.
-Tu la touches pas, ok ? J'ordonne avec l'air le plus menaçant que je possède.
Le mec lève les bras en signe de reddition et recule de quelques pas.
-Ah. A ta place je ne ferai pas ça l'ami. Me conseille-t-il avec un sourire arrogant et... vainqueur.
Je m'aperçois maintenant que notre petite altercation n'a pas passé inaperçu car tout le monde s'est tu et nous regarde comme deux chiens prêts à se jeter dessus.
-Tu te crois tout permis parce que tu es du coin ? Je lance en secouant la tête devant le comportement puéril du type.
Je sais qu'il n'attend que ça, que je le frappe en premier. Et je sais que personne ne me viendra en aide ici, ils regardent tous ce type avec une crainte certaine. C'est vrai que ce crétin est imposant et intimidant, il n'a probablement pas de cervelle mais il a du muscle et sait taper; qui plus est, ils ne se risqueront pas à prendre la défense d'un étranger qui est seulement de passage. Heureusement pour moi, je suis plus sage et préfère retourner à ma place. Je n'ai ni envie de lui donner raison, ni l'envie de céder à mes pulsions meurtrière pour si peu.
-Ou peut-être que tu n'as pas les couilles de le faire. Me souffle-t-il alors que je lui tourne le dos pour me rasseoir et ignorer ses provocations.
BAM.
Un grand coup est donné sur une des tables un peu plus loin dans la pièce et tout le monde se tourne dans la direction du bruit, moi compris. Je sens tout à coup une drôle de sensation dans ma poitrine qui s'étend ensuite dans tout mon corps. Il fait soudainement chaud comme si l'air était électrisé, lourd et chargé en même temps et que je suis capable de sentir les molécules autour de moi s'entrechoquer et vibrer à l'unisson. Cela me pétrifie comme cela me procure une joie intense et d'autres sentiments contradictoires que je n'arrive pas à déterminer tellement c'est incompréhensible. Je reviens à la réalité lorsque le type qui a abattu son poing sur la table s'avance vers le casse-Ouille de service, poing toujours serré et le regard dur.
-Ca suffit Andy. On peut pas passer une soirée tranquille ici sans que tu viennes foutre ton bordel. Maintenant tu te calmes et tu le laisses tranquille. Il t'a rien fait. Fait-il avec une pointe d'agacement et de colère à peine voilée dans la voix.
Wouaouh. Si je m'attendais à ça. C'est un petit maigrichon, du moins il fait maigrichon par rapport à l'autre brute là, qui me vient en aide. Ou du moins se soucie de la quiétude maintenant très fragile des lieux. Pour le décrire rapidement, il a les cheveux bruns courts coiffé en bataille avec des yeux aussi bleus que l'océan, porte une barbe de trois jours, et même s'il est habillé simplement d'un jeans et d'un débardeur blanc, il ressemble à un top-modèle. Il doit avoir à peu près mon âge, c'est-à-dire vingt ans mais contrairement à moi, il ne doit pas avoir de mal à faire tomber les filles à ses pieds grâce à son physique parfait. Cependant je dois dire que même s'il se tient bien droit face à Andy-la-brute et le fixe avec sévérité, sans vouloir être pessimiste, il n'a aucune chance si Andy et ses potes veulent en venir aux mains. De plus, il n'a pas la tête d'un gars qui aime se battre.
-Mais regardez qui voilà mes amis ! Chantonne Andy avec un grand sourire, en agitant les bras et en s'approchant de lui. Tu as vraiment envie de faire ton petit flic ce soir pas vrai ?
-Recommence pas Andy... L'avertit le brun exaspéré.
-C'est pas parce que t'es le petit protégé de JoJo que t'as tous les droits, tu sais. Et pourquoi vouloir protéger cet étranger ?
Le jeune homme me jeta un coup d'œil avant de lancer un regard noir à Andy.
-Je crois parler pour tout le monde ici en disant que y'en a marre de ton comportement. Déclara-t-il.
-Personne ne s'est plaint aux dernières nouvelles !
-Parce que t'es qu'un connard d'emmerdeur de première qui n'écoute personne. Cracha le brun, qui restait quand même étonnement calme.
-Ah! Rit Andy. C'est comme ça qu'il t'a éduqué JoJo le barjo ?! Retourne donc t'occuper de ton petit vieux et tes moutons et tes bourrins, bouseux.
Le plus petit ouvrit la bouche pour la refermer l'instant d'après, visiblement abasourdi par ce qu'il venait de dire. Il était vexé et son visage se ferma. Il se retourna pour partir, Andy savourant sa victoire sur sa victime favorite avec un grand sourire et les gars de sa bande se moquant du brun en gloussant. Gloussements qui se murent en cris d'horreur lorsque le dit brun se retourna subitement vers Andy pour lui décocher son poing dans la figure. Je pus voir un éclair de colère brillant dans ses yeux bleus. L'espace d'une seconde Andy resta figé, surpris par l'attaque mais il se reprit très vite et attrapa son agresseur par le col pour lui envoyer une belle droite au visage. Le brun chancela et porta sa main à sa lèvre, où quelques gouttes de sang perlaient. Avant même qu'Andy puisse s'attaquer de nouveau au brun, je lui fis un croche-pied et il se ramassa de tout son long sur le parquet.
-Oups, désolé. Fis-je, pas du tout désolé en souriant avant que ce con ne m'attrape par le pied pour me faire tomber aussi par terre.
Cela signala le début de la bagarre générale, les cinq gars de la bande se jetant sur nous à l'unisson, les autres personnes présentent dans le bar se mêlant à la bataille, le patron essayant vainement de calmer le jeu et tout ne fut qu'un capharnaüm de pieds et de jambes, de verres cassés et de tables renversées. En somme, un joli bordel pendant au moins une dizaine de minutes. Après avoir envoyé ensemble Andy valser dehors, devant l'entrée du bar où il atterrit une fois de plus par terre et K-O, le brun et moi-même nous regardons et d'un commun accord, nous sautons par-dessus son corps et nous mettons à courir comme des fous pour fuir les lieux. Arrivés à l'autre bout de la rue, le brun m'attrape par la manche et me tire derrière un bâtiment, où l'on se cache, plaqués contre le mur froid. Le brun se risque à jeter un coup d'œil d'où nous venons mais personne ne semble nous avoir suivi. Il pose sa tête contre le mur en levant les yeux au ciel, dans un soupir silencieux. Nous soufflons tous les deux bruyamment en essayant de reprendre notre souffle. Je me penche en avant, les mains sur les genoux et je ne peux empêcher un rire franchir mes lèvres.
-Ça c'était une chouette bagarre ! Je lance.
-Une chouette bagarre hein ? Il me répond, en grimaçant, l'air pas très amusé.
Il porte sa main à sa lèvre et même dans la pénombre j'arrive à distinguer qu'il a la lèvre inférieure éclatée et gonflée, due à la droite magistrale que lui a envoyé Andy. On a rien de cassé mais on va probablement avoir quelques bleus en nous réveillant le lendemain et peut-être même quelques courbatures. C'est qu'ils tapent fort ces abrutis du Wyoming.
Le brun soupire en constatant les dégâts et donne un coup de pied rageur qui fait voler du sable et de la poussière.
-Oh bon sang, je vais me faire tuer en rentrant.
Je me redresse et l'observe en fronçant les sourcils. Il s'est sûrement mis dans la merde et pense déjà aux conséquences.
-En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est que cette petite brute a eu son compte. Tu lui as foutu une sacrée déverrouillée ! Je lui fais remarquer sincèrement.
Il se tourne vers moi et me détaille un moment de la tête au pied comme si j'étais fou. Mais j'aperçois enfin un fin sourire se dessiner aux coins de ses lèvres.
-Arrête, c'est toi qui lui a foutu la raclée de sa vie. Me réplique-t-il.
Nous nous esclaffons alors tout deux jusqu'à en perdre haleine. J'ai des crampes à l'estomac à moins que ce ne soit déjà les bleus qui font leur apparition. Lorsque l'on reprend enfin contenance après s'être bidonnés comme deux idiots, je lui tends ma main.
-Moi c'est James, James Urban.
-Henry. Juste Henry. Me répond-il avant de me serrer la main.
Un courant glacé me traverse soudainement le bras, puis brûlant, puis autre chose et il se passe quelque chose d'étrange en moi comme tout à l'heure mais en encore plus puissant, une sensation, un sentiment plus fort que tout, à la fois déchirant et indolore, violent et doux, une force qui me fait lâcher sa main comme si je m'étais brûlé la peau ou bien électrocuté. Je relève les yeux vers lui et je vois qu'il écarquille les yeux, aussi surpris que moi. Et là je sais. Je sais sans me poser de question, c'est une révélation qui s'impose à moi comme une évidence.
-C'est toi... Je dis dans un souffle.
Mes paupières deviennent lourdes et mon corps s'engourdit sans que je puisse le contrôler.
Et là, tout devient noir. Je ne sens même pas mon dos percuter le sol quand je sombre dans les ténèbres.
La suite, le week-end prochain avec le chapitre 2 : L'étranger (II). Smell It, Feel It.
Etant donné que j'ai plusieurs chapitres d'avance, je posterai régulièrement, à hauteur d'un chapitre (qui font entre 6 et 12 pages) par semaine.
Vous aurez peut-être deviné qui sont ces deux garçons et qui sont leurs parents.
N'hésitez pas à me faire par de vos impressions. Bonne fin de week-end !
