Bonjour et merci pour vos adorables reviews et follows j'espère vous surprendre et que vous prenez plaisir à lire la suite des aventures de Will et Pete'.
Musique : Goodnight, Travel Well - The Killers
Sans Identité (III). The Bloody Book
-Est-ce que c'est son sang ? Je demande à Alex mais celui-ci semble tout aussi surpris que nous.
-Je.. Je n'en sais rien.
-Ça semble récent, tu as dit qu'elle a pris ce livre à la bibliothèque du lycée la semaine dernière ?
-Oui... Enfin je crois.
-Will, il faut qu'on y aille. Déclare mon coéquipier, pressé, en emportant le livre avec lui.
Quelque chose m'échappe. Peter semble presque hystérique depuis qu'il a jeté un œil dans ce bouquin, d'accord il a l'air étrange mais quand même ! Qu'est-ce qu'il a de si particulier mis à part ces tâches de sang ?!
-Je viens avec vous. Déclare Alex.
-Hors de question. Reste là gamin. Répond de suite Peter, ne le laissant pas négocier.
-Vous croyez que je vais rester les bras croisés ici sans rien faire alors que ma meilleure amie a disparu ?
-Ecoute gamin, tu ne le sais pas encore mais ces choses, lui explique-t-il en brandissant le livre, te dépassent complètement. Et au risque de te décevoir, il se peut que Malia n'est pas vraiment celle que tu crois connaître.
-Quoi ? Vous plaisantez j'espère ! S'écrie Alex.
-Est-ce que ton amie t'a déjà parlé de son passé ? Ses parents ? Tu te dis son meilleur ami, son frère même, mais tu savais qu'elle lisait ça en secret ? Elle te l'a caché ? Pourquoi ? Tu ne la connais que depuis deux ans. Donc tu ne la connais pas. Énonce Peter. Maintenant si tu veux qu'on la retrouve, laisse-nous faire.
Nous remontons la rue pour retrouver le pick-up que l'on a garé un peu plus loin.
-Tu as été dur avec lui, tu ne crois pas ? Je demande avec un ton accusateur.
-Parfois ça vaut mieux, on ne devrait pas trop s'attacher aux personnes.
-Mais lui il tient à elle, c'est normal qu'il s'inquiète ! Toi tu es peut-être un solitaire Peter, tu n'aimes même peut-être personne, mais qu'est-ce que j'en sais ?! Tout le monde n'est pas comme toi, tu n'avais pas le droit de lui dire ça. Je m'exclame, indigné.
-Ça ne me fait pas plaisir figure-toi. Mais si Malia n'est pas humaine comme nous, ça ne m'étonne pas que ça soit parti en vrille ce week-end et qu'elle a disparu. La preuve, regarde-nous ! On est obligé de se cacher. On ne peut pas vivre normalement avec nos pouvoirs, lorsqu'ils surviennent et qu'on ne peut pas les contrôler, ça ne passe pas inaperçu. De plus, lorsqu'on s'attache, ça se fini toujours mal...
Il parle comme si ça lui est arrivé -je ne sais pas ce qu'il cache- mais je ne peux pas le contredire, je sais qu'il a raison. Je l'ai vécu aussi. Ça ne veut cependant pas dire que j'approuve sa façon de dire les choses.
-Et ça, fait le brun en claquant le livre sur le siège du pick-up à côté de moi, c'est probablement la cause de sa disparition.
-En quoi ce bouquin y est pour quelque chose ? Je demande, intrigué.
-Will, ce n'est pas un simple bouquin. C'est un livre de sorcellerie ! Qui sait ce que Malia a provoqué en laissant couler son sang sur ces pages !
-Pas quelque chose de bon ? Je suppose.
-Ça peut être n'importe quoi. Bon comme très mauvais. On va très vite le savoir, mais pour ça il faut faire quelques recherches. Trouvons un cyber-café ou quelque chose de ce genre. J'ai besoin d'une connexion internet.
Nous avons troqués nos uniformes de Fed contre nos vieux vêtements habituels, plus discrets on va dire. Malheureusement nous n'avons pas trouvé grand-chose au sujet de ce mystérieux symbole. Si quelques phrases sont en latin, la majorité des pages est cryptée, dans un langage inconnu et nous n'avons pas obtenu de traduction sur internet.
-M'enfin, c'est quoi ce charabia, soupire Peter exaspéré, se renfonçant dans son siège.
-aucune idée. Je réponds, ne pouvant être d'aucune aide car je ne connais pas grand-chose à l'informatique.
-Bon et bien je crois qu'on va devoir faire un petit tour à la bibliothèque du lycée.
-Il est dix-huit heures passée je ne pense pas que ça soit encore ouvert.
-Qui t'a dit qu'on y allait de jour ?
Peter me fixe avec un sourire, avec un air me mettant au défi et je gonfle mes joues en signe d'agacement. Je hais ce type déraisonnable. On peut dire que la vie ne manque pas de piquant avec lui au moins.
*o*o*o*o*
La nuit vient de tomber. Nous franchissons les grilles et traversons le parc du campus pour rejoindre la bibliothèque. Les portes sont fermées mais bien sûr, le roi de l'effraction force la serrure facilement pour nous faire entrer. Nous allumons tout deux nos lampes torches pour nous éclairer et progressons entre les rayons de livres. Je ne sais pas exactement ce que l'on cherche mais j'observe chaque recoin à la recherche d'indices qui pourrait nous amener à comprendre la raison de la disparition de l'adolescente. Je dirige mon faisceau de lumière sur une rangée de livres puis jette un coup d'oeil à Peter en même temps. Je le vois planté au milieu d'une rangée de tables, silencieux. Il a les yeux fermés et la tête légèrement inclinée. C'est une étrange façon d'enquêter. Il doit être en train de faire le vide dans sa tête pour se concentrer et réfléchir. Et soudain, il relève la tête pour regarder droit devant lui et avance d'un pas déterminé. Il observe les tables une par une avant de s'arrêter devant celle au fond de la grande pièce. Je suis obligé de me rapprocher pour voir ce qu'il fait. Il inspecte la table en faisant le tour et se penche pour regarder en dessous.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Je demande à voix basse en l'éclairant avec ma lampe torche.
-Là. Du sang. Il fait en désignant le sol. ça doit être là que-
Une ribambelle de livres se met brusquement à tomber des étagères dans un des rayons sur notre droite pour choir lamentablement sur le sol. Nous nous retournons en même temps Peter et moi et découvrons Alex, l'air horrifié se tenir devant nous. Pris sur le fait.
Pete' se détend presque aussitôt et lâche un soupir d'exaspération.
-Et voilà le boulet de service. Il fait en faisant un vague signe de la main, comme s'il s'y attendait. On repassera la discrétion hein.
Et sur ces mots, il continue son investigation où il l'avait laissé comme si de rien était. Alex le suit du regard, les yeux gros comme des soucoupes.
-Vous avez dit du sang ?
-Quelques gouttes seulement. C'est ça qui t'a déstabilisé et fait commettre l'erreur de révéler ta présence ? L'interroge Peter par-dessus son épaule tout en farfouillant entre les livres d'Histoire.
-Je vous l'ai dit, je ne vais pas rester sans rien faire. Rétorque-t-il légèrement soulagé. Et puis... je ne vous crois pas, au sujet de Malia.
-Et moi, je crois que tu te trompes... Lui annonce mon ami en sortant quelque chose d'un livre qu'il a ouvert et qu'il tient dans sa main.
Il nous montre une photo et la retourne pour que l'on puisse lire le mot qui est écrit au dos. "Je suis désolée Alex".
Le jeune homme cesse de respirer. Il est désemparé et surtout, il espère qu'il se trouve dans un cauchemar et qu'il va bientôt se réveiller. Mais la vérité est là et tout porte à croire que Malia est partie, qu'elle l'a quitté sans un au revoir. Alex prend la photo qui représente les deux amis souriants que lui tend d'un air grave et navré Peter . Je compatis aussi. Il est dur de perdre quelqu'un de cette manière. Pete' m'adresse soudain la parole.
-Tu veux bien raccompagner Alex dehors ?
Je hoche la tête et pose une main sur l'épaule de l'adolescent pour le diriger vers la sortie. La nuit est fraîche en ce début d'automne et nous atteignons le portail en silence.
-Je suis sûre qu'elle avait ses raisons. J'essaie de lui en persuader du moins. Ça signifie au moins qu'elle n'a pas été enlevée par... des extraterrestres.
Alex tourne le dos au portail pour me faire face.
-Vous aviez peut-être raison. Elle est arrivée aussi soudainement qu'elle a disparu. Je ne la connais pas aussi bien que je le pensais. Mais vous avez promis de la retrouver. Alors, s'il-vous-plaît, si vous la trouvez... Dites-lui de revenir. Me supplie-t-il les yeux brillants.
Le gamin prend la photo que j'ai trouvée dans un bouquin bien planqué derrière une série de livres sur la mythologie. Il se perd aussitôt dans la contemplation du doux souvenir amer. Un bruit s'apparentant à un grattement attire mon attention et je prends quelques secondes pour écouter plus attentivement. Ni Will ni Alex ne semblent s'en être aperçu, peut-être ai-je rêvé mais par précaution, je préfère m'en assurer. Je referme le bouquin et le glisse dans une de mes poches intérieure du manteau kaki.
-Tu veux bien raccompagner Alex dehors ? Je propose, parce que le gamin a eu suffisamment d'émotions pour ce soir et surtout parce que s'il se passe quelque chose ici, je n'ai pas envie qu'il se retrouve au milieu de la bataille, mêlé à cette histoire.
Willy acquiesce et je le remercie du regard. Je les regarde sortir de la bibliothèque et une fois que la porte se referme derrière eux, je sors mes lames tranchantes attachées à ma ceinture. Toujours sortir armé, c'est la règle. Je m'appuie dos contre un rayon et me penche pour observer du coin de l'œil la pièce plongée dans la pénombre tout en contrôlant ma respiration pour faire le moins de bruit possible. Il règne un silence pesant jusqu'à ce que j'entende un nouveau grattement et un reniflement... un souffle. Mes muscles se crispent et tout mon corps se tend, à l'affût, prêt à bondir au moindre mouvement. La chose se déplace quelque part dans un coin de la bibliothèque et avec précaution je change de sens pour aller à l'autre bout du rayon et fais le tour le plus discrètement possible afin de me rapprocher de la source du bruit. Malheureusement, ou heureusement, le bruit cesse et le silence revient. Une main sur mon épaule me fait sursauter et je tourne la tête pour voir Will me dévisager.
-Un problème Pete' ?
-Non, c'est rien. Je réponds en rangeant mes lames sans qu'il s'en aperçoive.
Mieux vaut ne pas l'alarmer. Je suis peut-être seulement un peu paranoïaque sur les bords.
-Bon, enfin débarrassé du boulet ? Je fais pour changer de sujet.
-Il est très peiné par ce qu'il vient d'apprendre. M'informe Will. Elle est vraiment partie d'elle-même ?
-Hmmm je t'avoue que je ne sais plus trop... Elle a juste dit qu'elle regrettait de ne pas lui avoir avoué sa passion secrète pour la mythologie et le surnaturel plus tôt.
-Comment tu sais ça ? M'interroge Will en fronçant les sourcils, suspicieux.
-Elle a écrit ça dans son journal. Je sors le dit journal de ma poche et l'agite sous son nez pour prouver ce que j'avance.
-Donne-moi ça ! Commande le brun en me le prenant des mains. Ça ne se fait pas de lire le journal d'une fille, tu sais ça ? Me signale-t-il en commençant à feuilleter.
-Mouais... En tout cas, ça ne nous apprend pas grand-chose de plus.
Je vois que Will commence à douter lui aussi. Nous ne tirerons rien de plus en restant ici mais où pouvons-nous concentrer nos recherches ? Dans quelle direction devons-nous nous diriger ? Si notre instinct ne nous guide pas nous n'avons rien. Et je me sens affreusement faible et inutile tout à coup. J'ai appris à traquer des créatures sortant de l'ombre. Mais une jeune femme ? Mon entraînement me semble vain dans cette situation-ci.
-Si Malia est partie d'elle-même, elle ne doit pas être loin, pas encore... Elle n'a que seize ans, elle n'a pas le permis. Et si elle a pris les transports en commun ou même si elle n'est ne serait-ce que passée par la ville, des gens l'auront sûrement aperçue, non ?
Je fixe Will, mon regard s'illuminant soudain.
*o*o*pov Willo*o*
La rue est pleine de monde aussi je traverse la chaussée en regardant des deux côtés, prudent. Je me dirige à grands pas vers le pick-up, stationné sur le parking au soleil. Je plisse les yeux, la lumière se reflétant sur les voitures blanches agressant mes yeux clairs. Il fait encore étonnement chaud pour un début d'automne, c'est pourquoi j'ai décidé d'abandonner mon pull pour un simple débardeur blanc. Je tape sur la vitre pour signaler ma présence à Peter, qui est lui, affalé sur le siège passager dos à la portière, les pieds étendus sur le volant -carrément quoi !- et mâchouillant une touillette pour le café en tapotant sur le clavier d'un ordinateur et regardant de temps à autre l'extérieur. Le brun relève la tête et se redresse pour m'ouvrir. Je m'engouffre à l'intérieur de l'habitacle et il enlève ses pieds pour me laisser la place côté conducteur.
-Bon j'ai du nouveau. J'annonce aussitôt.
Je reviens tout juste de l'université du Wisconsin. Depuis ce matin, j'en fais le tour pour essayer de trouver des étudiants qui auraient aperçu Malia ou mieux, lui auraient parlé.
-J'avais raison, Malia a quitté l'internat vendredi soir après les cours et se dirigeait vers la ville. Elle n'est pas revenue depuis. Il faut donc se concentrer sur ce point et voir où elle aurait pu aller.
-Hm, hmm. Fait-il distraitement comme s'il n'en avait rien à carrer de ce que je racontais. T'en as mis du temps juste pour ça. Pendant que tu te trémoussais devant les jolies petites minettes du campus, j'ai peut-être trouvé un moyen de savoir où elle s'est rendue !
-Je ne me trémoussais pas ! J'objecte agacé. Attends, quoi ?
-Oh arrête papi, t'es pas encore sénile à ce que je sache, tu as quand même bien profité de la vue, non ?
Je ne l'écoute déjà plus et pointe du doigt l'ordinateur qui se trouve sur ses genoux. Il arrête de mâchouiller sa touillette en plastique pour suivre mon regard.
-C'est quoi ça ?
-ça ? Il fait avec un sourire. Je me suis fait plaisir ! Adieu les cyber-cafés pourris, bonjour PC portable ! La totale classe, hein ?
-Et ça, c'est quoi ? Je demande -pas impressionné du tout, en voyant plusieurs vidéos défiler à l'écran.
-Les quelques caméras de surveillance de la ville. Je repasse les enregistrements du vendredi soir, aux heures où auraient pu passer Malia.
-Comment tu as fait ça ?!
-Oh quelques bidouillages informatiques, rien de bien méchant.
Mes sourcils se haussent très haut. Ce mec est en train de pirater des vidéos de surveillance comme si c'était la chose la plus banale à faire et la plus légale du monde. Si, si. Je me frotte le visage d'une main, blasé et pose ma tête au creux de ma paume pour fixer l'écran. Peter ne dit rien et tape frénétiquement sur le clavier de son matériel fraîchement acquis. Et je suis sûr qu'il l'a volé. Ou quelque chose du genre, parce qu'il n'a pas un rond en poche pour s'acheter quoi que ce soit de neuf et coûteux. Tout à mes pensées je ne le vois pas se redresser et se pencher pour coller son nez à l'écran. Sa déclaration me fait brusquement sortir de ma rêverie.
-Je crois que j'ai quelque chose !
Le brun à l'allure de cow-boy rembobine la vidéo afin de repasser la scène. Il la fait défiler au ralentit jusqu'à ce qu'on voit à nouveau la silhouette apparaître à l'écran et fait un arrêt sur image lorsqu'on voit enfin le visage, quelques peu pixelisé, se tourner vers la caméra.
-C'est elle, pas vrai ? Je souffle, retenant ma respiration.
-Ça m'en a tout l'air. Déclare Pete'.
Il ferme alors son PC, le jette presque sur la banquette arrière et nous sortons de la voiture sans perdre plus de temps. Nous nous dirigeons sur les lieux et repérons vite la caméra ayant filmé la jeune femme. Nos recherches débutent ici. Tandis que Peter entre dans les diverses boutiques pour pêcher des informations, moi, j'essaie d'imaginer quel itinéraire le plus logique elle aurait pu prendre. Je suis nerveux et Peter ne l'est pas moins. Il arbore un air sombre et concentré, impatient. Mais il ne se décourage pas pour autant et me booste en me bousculant en donnant un coup d'épaule à la sortie du n-ième magasin où il n'a rien obtenu de nouveau qui puisse nous être utile. "Aller papi" il me fait avec son air taquin habituel et je lui réponds par un petit sourire. Nous nous sommes ensuite séparés pour être plus efficace dans nos recherches. Il est midi passé et j'ai déjà fait plusieurs fois le tour dans les rues à proximité mais toujours rien. Soit elle est douée soit celui qui s'en est pris à elle est un véritable professionnel pour kidnapper des gens. Je ne comprends pas pourquoi j'ai vu cette fille en rêve, que je sentais sa présence depuis plus de deux semaines et que maintenant qu'on est là sur place, il n'y a plus rien, pas même un indice pouvant nous montrer la bonne direction... C'est un peu dingue tout de même ! J'ai traversé les petites ruelles sombres de la ville et soudain, mon esprit m'a entraîné loin d'ici, me montrant des scènes sans me demander mon avis. J'étais dans la rue, je me suis retourné et j'ai à peine eu le temps d'apercevoir le visage d'un inconnu que celui-ci est venu me saisir et serrer sa main sur ma gorge. Puis je me suis trouvé aspiré dans une sorte de tourbillon noir, me donnant la sensation de vertige et d'estomac qui se retourne. Enfin, j'ai vu de la paille ainsi que du sang goûtant sur le sol poussiéreux. Le flash s'est arrêté là et je me suis retrouvé au milieu de cette rue à me tenir la tête entre les mains, le souffle court. J'ai mis quelques secondes à me remettre de ce que j'ai vu avant d'analyser la chose. Qu'est-ce que ça voulait dire ? J'ai secoué la tête pour me débarrasser de ces images inexplicables et ai rebroussé chemin comme je sentais que tout ça ne me mènerait qu'à un mur. Sur ma route je suis passé devant une boutique où des télévisions exposées derrière la vitrine diffusaient des images des informations du jour. Une alarme a de suite sonné dans ma tête.
J'ai couru jusqu'à atteindre le restaurant-bar du coin où je devais retrouver Peter. Celui-ci est attablé et mange un bol de nouilles en s'aidant de baguettes chinoises tout en feuilletant les deux bouquins que possédait Malia. Je viens me planter devant lui et il écarquille les yeux de surprise devant mon apparition précipitée.
-Mec, il faut que tu vois ça !
J'aperçois la télévision du restaurant juste devant nous et cherche frénétiquement la télécommande des yeux. Elle est sur le comptoir, derrière une serveuse qui passe le chiffon sur une des tables sans s'occuper de nous. Je me concentre une demi-seconde dessus et la télécommande s'envole à travers la pièce pour atterrir dans ma main. Je change de chaîne aussitôt pour retrouver les mêmes images que j'ai vues tout à l'heure et augmente le volume pour que l'on puisse entendre ce qui se dit. Pas le temps de s'ébahir devant mon petit tour de télékinésie, de toute façon -et fort heureusement- personne n'a rien remarqué, il n'y a presque personne dans ce restaurant. Sur l'écran est diffusée des images aériennes d'un impact énorme et circulaire au milieu de la campagne et en son centre, quelque chose qui semble avoir brûlé, on peut apercevoir encore quelques piliers brûlants et noirci mais tout n'est que cendre sinon. Le commentateur prend la parole pour raconter les faits.
"Dans la nuit, une grande déflagration a eu lieu dans ce milieu isolé du Kentucky. Une grange aurait semble-t-il littéralement explosé. Nous ne connaissons pas les raisons de ce terrible événement. Si l'hypothèse d'un acte terroriste est écartée, il reste à savoir s'il s'agit d'un acte criminel ou non. Est-ce une bombe qui aurait fait exploser cette grange ? Y a-t-il des morts ? Pourquoi s'en prendre à une grange isolée en rase campagne ? L'enquête est en cours... Les policiers ont établis un périmètre de sécurité autour des lieux..."
Peter à la mâchoire qui lui en tombe et ferait presque tomber son bol de nourriture s'il ne l'avait pas tenu bien. Nous restons scotchés à l'écran un moment en silence.
-C'est étrange... Finit par lâcher mon ami. Il faut qu'on aille jeter un coup d'œil.
-Alors quoi, on laisse tomber la piste; on abandonne Malia, c'est ça ? Je rétorque.
-Il y a peut-être un lien justement. Il fait objectivement en reposant doucement son bol sur la table.
-C'est insensé, ça s'est passé à plusieurs centaines de miles !
- peine dix heures de route pour y arriver. On y sera dans la matinée si on ne perd pas trop de temps.
Il avait peut-être raison après tout, les choses n'arrivaient pas par hasard…
La suite la semaine prochaine avec La Traque commence (I).
