Hello ! Ravi de vous retrouver pour ce dixième chapitre !
Je suis agréablement surprise par vos reviews, j'ai l'impression de gagner un défi en réussissant à vous faire accrocher à cette histoire, c'est un plaisir et un honneur pour moi, vraiment merci de me suivre.
Chapitre un peu plus court aujourd'hui mais dans lequel vous pourrez apprendre deux trois choses.
Bonne lecture !
POV : Will
Musique : Amber Run – I Found.
La traque commence (II). WeFound Nothing.
Une fois de plus, son véhicule pourri nous lâchait. Et une fois de plus, Peter a voulu le réparer. On était donc encore sur le parking, Pete' s'affairant sous le capot depuis un bon quart d'heure, sans parvenir à trouver ce qui clochait. On perd du temps à mon humble avis, mais je ne dis rien et attend patiemment, les bras croisés sur le torse tout en observant distraitement la ville. Je me rapproche du brun quand je l'entends commencer à grommeler.
-Elle peut pas nous lâcher maintenant ! S'insurge-t-il en se redressant.
Je roule des yeux.
-Laisse-moi voir. Je fais en me penchant à mon tour.
Il se pousse pour me laisser la place et je jette un coup d'œil circulaire. Peter m'observe avec attention, espérant qu'avec un œil nouveau et extérieur, on puisse identifier la panne. Je me fige cependant et relève les yeux vers Peter qui attend mon verdict en tapotant son menton avec son doigt.
-Peteee…. C'est quoi tous ces morceaux de scotch ?
-Baaah…. Les moyens du bord. Il fait en haussant les épaules et en grimaçant coupable.
Ce mec ne peut être sérieux… Je lui lance un regard blasé et lui prend la clé de douze des mains avant de me pencher à nouveau sur son rafistolage pour bidouiller deux trois choses. Moins de dix minutes plus tard, le moteur ronronne lorsque je tente de redémarrer le pick-up. Peter s'avance vers moi avec ses grands yeux dorés émerveillés et siffle, impressionné.
-Incroyable ! Pourquoi tu ne m'as pas dit plus tôt que t'étais doué ?!
-Parce que je ne le suis pas, c'est juste toi qu'est une quiche en mécanique. Il suffit de réfléchir un petit peu… J'ajoute plus bas.
-Non mais tu m'épates là je dois dire, elle est comme neuve. Alleeeer, tu ne peux bien me dire où tu as appris tout ça ! Insiste-t-il en me donnant une tape dans le dos et en passant son bras par-dessus mon épaule.
Un sourire se dessine lentement sur mes lèvres en repensant à une certaine scène de mon passé. J'ai bien failli être embauché dans un garage mais j'étais trop jeune à l'époque. Un jour, j'ai même dépanné un couple qui avait un problème de moteur et était donc coincé au bord de la route, à quelques pas du ranch. Quand Oncle Jo a vu ça, il s'est mis en colère et il m'a tellement hurlé dessus que je n'ai jamais voulu retoucher à une voiture… Aujourd'hui encore, je me demande quelle mouche l'a piqué.
-J'ai eu quelques occasions de réparer quelques vieilles voitures dans le Wyoming. Je réponds à Pete'
-Ohhh alors tu t'y connais aussi bien en chevaux sous le capot qu'en équidés ? T'aurais pu réparer le frein sur ces trucs là d'ailleurs…
-Pfff… Je fais, vaguement amusé. Faudrait déjà que tu apprennes à passer correctement les vitesses si tu veux pouvoir freiner.
Je ris en revoyant Peter arriver vers moi au trot en essayant de ne pas tomber de cheval.
-Aller en route, il est tard et on a déjà perdu assez de temps… ! Il lance joyeusement pour couper court à la discussion.
Nous avons quitté le Wisconsin une heure plus tard, direction le Kentucky. La nuit venue, nous nous arrêtons dans un motel dans une petite ville de passage. Peter n'avait pas le cœur à planter la tente ce soir et je crois deviner que c'est pour ne pas perdre de temps à tout remballer le matin afin de partir plus vite. Après avoir passé deux semaines à dormir sur les pierres, je peux vous dire que mon dos est soulagé de pouvoir retrouver un matelas sur lequel dormir. Même si ce lit est de piètre qualité, beaucoup trop mou avec un sommier qui grince au moindre mouvement, je m'en contente largement. Le comble quand même, c'est que le courant saute de temps à autre et Peter est obligé d'allumer des bougies pour éclairer la pièce. Il en a posé deux sur les tables de chevet, une sur la vieille commode et en pose une à même le sol à côté du coffre qu'il a emporté avec lui pour ensuite s'asseoir par terre. Il m'a promis de l'ouvrir ce soir. Je viens m'installer à côté de lui et observe la flamme qui danse devant mes yeux. Peter expire profondément, comme s'il s'apprêtait à faire un rituel.
-Ces objets font partis du contenu de ton coffre ? Je demande en désignant d'un vague geste de la main les différents objets qui jonchent le sol, devant nous.
-La plupart me sert dans la vie de tous les jours.
Il y a un briquet en fer magnifique, un livre à la couverture rouge bordeaux dont l'écriture dorée est fine et élégante mais aussi son revolver -un Colt Paterson des années 1830- et des munitions sur lequel est gravé un symbole et contient du sel. J'observe ensuite le coffre en bois mystérieux.
-C'est normal que tu n'aies pas pu l'ouvrir, m'apprend-t-il alors. Tu ne peux pas forcer le cadenas. C'est impossible. J'ai fini par le comprendre assez vite, crois-moi...
En voyant la tête qu'il fait, j'imagine que ça n'a pas dû être de la tarte. Je peux très bien imaginer Peter forcer dessus comme un bourrin, utilisant toute sorte d'outils et usant de moyens pas très conventionnels pour parvenir à ses fins, désespérant mais ne lâchant pas l'affaire. Oh oui, je peux très bien l'imaginer.
-Il est scellé de sorte à ce que personne d'autre que son propriétaire ne puisse l'ouvrir.
-Ça à l'air surnaturel.
-Ça doit être un sort qui protège son contenu.
-J'imagine que c'est quelque chose de difficile à trouver, mais qui en fait se révèle être tout simple, hein ? Je devine et lui adresse un sourire en coin.
-La ferme. Lance-t-il alors, ne voulant pas revenir sur cette humiliation. Je disais donc, si tu veux l'ouvrir plutôt que d'essayer vainement de casser le coffre, il suffit de te concentrer.
-Euuuuh ouais…Tu m'expliques ? Parce que je me voyais déjà essayer d'ouvrir un cadenas rien qu'avec la force de l'esprit….
-C'est ce que je suis en train de faire. Assure-t-il en tendant les bras pour attraper son coffre et le rapprocher de lui. Il faut te concentrer et laisser ta force agir.
Pour appuyer ses paroles, il ferme les yeux et prend le coffre entre ses mains. Il se concentre quelques secondes, faisant le vide en lui et je peux voir une légère aura blanche se dégager de lui pour aller vers le coffre. Je cligne plusieurs fois des yeux, pour être sûr que ce que je vois est réel et quelques secondes plus tard, j'entends un déclic. Peter rouvre les yeux et me montre le cadenas, maintenant ouvert comme par magie. J'en reste bouche bée. Il soulève ensuite le couvercle et je me penche pour observer son contenu, ma curiosité piquée au vif. Il en sort une longue lame blanche et la scrute sur toutes ses coutures.
-Wouah, joli. J'admire.
-Ouais, mais je n'ai jamais vu une arme comme celle-là auparavant, je me demande à qui elle a bien pu appartenir...
-Et tout ça, ça sert à quoi ? Je demande en désignant les autres objets étranges au fond du coffre.
-Je n'en ai fichtrement aucune idée ! Mais je suppose que si ça a été mis là exprès pour nous, c'est pour une bonne raison, du moins je l'espère.
-Ça nous aide bien, tient...
Le brun finit par remettre tous les objets en place dans sa boîte avant de refermer le cadenas. De mon côté, je vais m'asseoir sur mon lit en mettant les mains derrière ma tête, pour me plonger dans mes pensées. Maintenant, je n'ai qu'une envie, c'est de retourner le plus vite possible au Wyoming pour retrouver mon propre coffre et découvrir son contenu. Qui sait ? Peut-être qu'il y a dedans des choses qui me permettront de comprendre enfin qui je suis.
-D'après toi, qui est-ce qui nous a donné ces coffres, et dans quel but ? Je questionne mon ami en regardant le plafond, essayant d'imaginer ces gens.
-Des personnes qui tenaient à ce qu'on patauge comme des idiots dans la boue, avec leurs indices débiles, je suppose. Ils avaient probablement envie de nous voir galérer dans ce merdier. C'est cool de se foutre de nous comme ça les mecs. Dit-il ironiquement.
Je hausse les épaules. Il a peut-être raison, mais il peut tout aussi bien avoir tort. Ces coffres pourraient être la clé à nos questions ou une aide précieuse offerte par ces inconnus. Peter s'arrête pour me regarder, comme je suis encore plongé dans mes réflexions.
-Will... Il faut que je te dise un truc. Il m'annonce en venant s'asseoir sur le rebord de son lit, face à moi.
Je me redresse un peu pour caler mon dos contre le mur et tourne la tête vers lui. Il joue avec ses doigts et se lèche les lèvres, ne savant pas par quoi commencer, hésitant même s'il devait ou non me dire ce qu'il s'apprêtait à dire.
-J'ai... Je t'ai déjà dit que j'ai vécu un temps au Nouveau-Mexique.
Il fait une pause, cherchant ses mots.
-J'avais une famille là-bas. J'avais des gens pour s'occuper de moi...
Il sourit mais les mots sortent de sa bouche avec un goût amer.
-Je savais qu'ils n'étaient pas mes vrais parents. Me je l'acceptais, après tout, j'avais de la chance d'être adopté. J'aurais pu être heureux... Mais ça n'a pas été du tout le cas. Ils ne m'aimaient pas. Ils ne m'ont jamais aimé. J'avais tout juste cinq ans, et pourtant je le voyais dans leurs yeux, dans leur comportement. Tout en eux m'indiquait qu'ils me repoussaient sans qu'ils aient besoin de le dire. Je ne sais pas le pourquoi de ce rejet. Étais-je différent ? Ai-je fais quelque chose qu'il leur déplaisait ? Quoi qu'il en soit, le jour de mes huit ans, quand j'ai commencé à faire des choses étranges avec ma pensée, j'ai tout fait pour qu'ils n'en sachent rien. Je ne voulais pas qu'ils me détestent plus et qu'ils me donnent à je ne sais quel institut pour ne pas dire asile ou je ne sais quoi. J'ai grandi avec ce secret en moi. Je ne dis pas que je n'ai pas apprécié vivre à Santa Fe, au contraire. Mais je me sentais comme un intrus parmi ces gens. Ces humains. Dès que je fus assez grand pour me débrouiller seul, je suis parti. Et je me suis senti libéré. Ça a été le déclic car d'autres talents se sont révélés à ce moment-là, sûrement parce que je les avais bridés jusque-là. J'ai appris à les contrôler. Et j'ai découvert la chasse. Que toutes sortes de créatures existaient, malfaisantes pour la plupart. Mais tout ça pour te dire quoi ? Que cette période à Santa Fe n'a jamais été ma vie. Je n'étais pas à ma place. Et surtout, que je n'ai aucun souvenir avant mes quatre ans.
-Les enfants oublient leurs premières années d'existence. Je fais.
-Non. Je veux dire, c'est comme si tout un pan entier de ma vie a été effacé. Il n'y a plus aucune trace de ma vie avant Santa Fe. La seule chose qu'il me reste, c'est ce coffre. Et rien dedans ne me permet de me rappeler mon passé.
Je hoche gravement la tête et je serre les dents. Je nourris peut-être trop d'espoir sur ces coffres, c'est ce qu'il essaie de me faire comprendre. Pourtant nous avons les mêmes et Peter a réussi à me trouver, alors que nous ne nous connaissions pas du tout jusqu'à il y a une semaine et demie. Et puis, je ne peux pas dire que je me rappelle de mon enfance non plus. Jusqu'à mes six ans, c'est le noir total. Je chasse les souvenirs de mes jeunes années tout aussi difficiles. Il est des choses pénibles que nous préférons tous enterrer au fond de notre mémoire, en priant pour qu'elles ne refassent plus surface.
*o*o*o*o*
Arrivés sur les lieux le lendemain, nous découvrons un spectacle surprenant. Il est difficile de s'imaginer un bâtiment ici car il n'en reste plus rien, ou presque. Des morceaux de tôles ont été retrouvés à cent-cinquante mètres de là, au milieu des champs mais sinon l'explosion a tout détruit, ne laissant que des cendres. Le plus bizarre dans tout ça c'est le cercle parfait dessiné au sol. Peter est accroupi en son centre et observe avec minutie le sol à la recherche du moindre indice. Je me tiens debout juste à côté de lui et jette un coup d'œil circulaire à la scène. Des badauds sont venus faire les curieux, armés de leur appareils photo et leur portable mais la police a établi un périmètre de sécurité tout autour afin qu'ils restent à distance. Nous avons dû nous vêtir de nos costards -cravate et nos faux badges de spécialistes afin de pouvoir enquêter sur la zone. Je baisse les yeux vers mon collègue pour le voir prendre une poignée de cendre et les laisser ensuite glisser entre ses doigts.
-Elle est en vie…. Il murmure en regardant d'horizon.
Je plisse les yeux et l'interroge du regard. Il se redresse et expire, à la fois soulagé et soucieux de résoudre ce problème épineux.
-Je m'en doutais mais maintenant j'en suis sûr, c'est bien à des démons qu'elle a eut affaire. Au moins on sait qu'elle va bien, qu'elle a réussi à s'en sortir… Le problème c'est qu'on ne sait pas par où elle est partie.
-Tu veux dire qu'on est à nouveau au point mort ?
-Qui sait où elle se trouve maintenant ? On n'a aucun moyen de la retrouver. Fait Peter, désespéré.
- On ne peut pas laisser tomber pour autant. Elle est sûrement seule et...
- Sans défense ? Tu veux rire, ce qu'elle a fait là-
- Dangereuse je dirai plutôt... Je corrige en observant les dégâts autour de nous.
-Oui… Si c'est bien elle qui a fait ça… On peut s'attendre à tout. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé ici mais ce n'était pas un simple bâton de dynamite qui a provoqué ça. Tu le sens ?
-Quoi ?
-Cette puissance…
J'ai humé l'air et acquiescé. Depuis que nous sommes arrivés, je sens que l'air est chargé et mon corps est tendu, comme aux aguets.
-Au fait… Tu faisais référence à des démons tout de suite. Qu'est-ce que tu as voulu dire par-là ?
-Exactement ce que j'ai dit. Des démons.
-Attends, je parie qu'il y a aussi des sirènes, des loups-garous et des fées ?
-Évidemment. Toutes ces histoires n'existent pas sans raison. Elles sont basées sur des faits, alors que les humains les prennent pour des mythes.
-Et les zombies ? Je dois m'inquiéter d'un effet The Walking Dead ?
-Ne soit pas ridicule ! Se moque-t-il. Quoique, ça ne m'étonnerait pas si j'en voyais. Bref, pour en revenir aux démons, je ne sais pas ce qu'ils mijotent mais on va surveiller ça de très près. Ces saloperies sont rusées et possèdent une force surhumaine et la télékinésie. S'ils cherchent Malia, c'est qu'il y a une raison, et pas une très bonne.
-D'accord… Du coup, maintenant on fait quoi ? Je demande comme nous n'avons aucune piste sur laquelle nous lancer.
-Maintenant on attend… On attend un nouveau signe qui nous indiquera par où aller et quoi chercher.
Will et Peter semble être au point mort... Pas d'inquiétude, ils vont avoir de quoi s'occuper en attendant d'avoir une nouvelle piste et l'action sera au rendez-vous dans les prochains chapitres !
Petite référence à The Walking Dead aujourd'hui.
Dans le prochain chapitre, Secrets & Mensonges (I). Lie Or Die But Don't Tell Who You Are :
Ames, Iowa.
"Il est des choses pénibles que nous préférons tous enterrer au fond de notre mémoire, en priant pour qu'elles ne refassent pas surface. Mais lorsque elles nous font face sans prévenir, nous sommes obligés de nous confronter à elles à nouveau... On ne peut se défaire du passé."
