Bonsoir à toutes et à tous.
Aujourd'hui c'est avec beaucoup d'émotion que je poste le dernier chapitre de cette première partie. Je vous remercie d'avoir suivi les aventures de Pete' et Will jusqu'ici et j'espère que la deuxième partie sera à la hauteur de vos attentes ! En tout cas, elle promet plein de nouvelles péripéties et rebondissements. En milieu de chapitre, un petit avant goût de cette partie sera introduit.
Je vous souhaite une bonne lecture.
POV : Peter
Musiques : Depeche Mode - Precious / Winter - Shout (Tears For Fears - Re-Imagined)
Notre priorité (I). Came Back For My Memories.
Les choses se sont un peu tassées après le coup de gueule de Will hier soir. L'éclatement de la vérité a au moins permis de mettre les choses au clair entre nous. La tension est retombée et tout est revenu à peu près en ordre. Les entraînements ont repris. Malgré tout, Will est plus froid avec moi. J'ai perdu la confiance du seul ami que je me suis fait et je ne peux pas lui en vouloir, ça va être dur de retrouver la relation amicale que l'on avait réussi à construire. Mais il faut aller de l'avant je suppose…
Scarlett n'est pas revenue tout de suite. Elle savait que ce n'était pas le bon moment et laissait le temps à Will pour digérer l'information et a attendu que la tension soit retombée. Le lendemain, lorsque Will a été prêt à m'écouter et surtout prêt à entendre les raisons qui m'ont poussées à lui laisser la vie sauve, je me suis lancé dans quelques aveux bien difficiles à faire.
Quelques jours auparavant…
Scarlett ouvre la porte et entre dans la chambre.
-Peter… ? Peter, mais qu'est-ce que tu as fait ?! S'exclame la jeune femme en me rejoignant à grandes enjambées pour attraper mon bras en sang.
Pourquoi elle affiche un air aussi inquiet alors que l'on se connaît à peine et surtout que j'ai essayé de la tuer quelques jours plus tôt ? Je dégage mon bras, lui faisant lâcher prise. Le sang coule de ma coupure que je me suis faite à l'instant pour rouler le long de ma main, les gouttes finissant par tomber sur le sol du motel.
-Ce n'est rien. Je fais. Tu n'as pas à te préoccuper de ça. Parle-moi plutôt de ce livre. J'exige en attrapant de mon autre main le livre sur lequel j'ai versé mon sang pour lui mettre sous le nez. Qu'est-ce que tu sais à son propos ?
Les yeux marron de Scarlett s'agrandissent tout d'un coup et ses lèvres s'entrouvrent sous la surprise, signe que ce fichu bouquin ne lui est pas inconnu. Elle essaie de le prendre en levant le bras mais je le mets en l'air hors de sa portée, méfiant. La brune abandonne en ramenant aussitôt les bras le long du corps. Elle ne tente rien car elle sait ce qui l'attendra si elle tente quoi que ce soit. Je lui ai laissé la vie sauve et elle bénéficie même de ma protection mais en contrepartie elle m'aide lorsque je le lui demande. C'est aussi simple que cela.
-Comment as-tu eu ce livre ? M'a-t-elle demandé en plissant les yeux.
-Réponds juste à la question. Qu'est-ce que tu sais ?
Un peu agacée, elle gigote sur place et soupire avant de me donner la réponse que j'attendais.
-C'est un livre de sorts très puissant. Je ne sais pas où tu as pu te le procurer mais il a été écrit par une sorcière, Rowena, pour son fils lorsqu'il le lui a demandé. Un certain… Roi des Enfers qui la gardait en captivité. Or il se trouve que lorsque Rowena a filé, elle a pris le livre avec elle pour ne pas que le démon s'en serve à des fins personnelles et depuis, le précieux manuscrit a disparu.
-Et ce symbole, à quoi sert-il ? Je demande ensuite en tournant les pages pour le lui montrer.
Elle l'examine quelques secondes en parcourant les inscriptions des yeux.
-Je crois que… C'est une sorte de sort de géolocalisation…. Les démons s'en servent pour-
Elle s'interrompt et son regard va du livre jusqu'à ma blessure et inversement.
-Peter… Ne me dis pas que tu as activé le sort ?!
-Tu es arrivée un peu trop tard on dirait. Je fais en soupirant.
-T'es sacrément idiot pour un chasseur.
Je lui lance un regard noir mais je ne réplique pas car elle n'a pas tout à fait tort.
-Donne-moi ta main, je vais te soigner. Propose alors Scarlett pour passer à autre chose.
-Pas de magie. Je préviens.
-Donne ta main, je vais simplement te faire un bandage.
Je la regarde faire en silence pendant qu'elle désinfecte la plaie et elle est si proche de moi que je peux sentir son souffle sur mon cou. Cette sensation me déstabilise autant qu'elle me grise. Me rappelant chaque chasse aux sorcières auxquelles j'ai dû participer avec le Maître. Je crois que tout au fond de moi, j'ai toujours été attiré par elles et c'est pourquoi je n'ai jamais pu venger Gregory et donc n'ai pas pu me résoudre à tuer Scarlett. Celle-ci a relevé la tête pour me fixer et je n'ai pas pu me détacher de son regard jusqu'à ce que sa voix me fasse revenir à la réalité.
-C'est bon.
-Ouais...Merci. J'ai soufflé en essayant de me reprendre en me levant du lit sur lequel nous étions assis et en m'éloignant d'elle.
*o*o*o*o*
Quelques jours de plus se sont écoulés durant lesquels rien de bien palpitant ne s'est produit. Nous avons tâtonné dans le noir pour nous retrouver face à une impasse. Et le mur est sacrément haut, je peux vous le dire. Jamais depuis le début de mon long et périlleux voyage je me suis retrouvé aussi désarçonné et à la recherche de quelque chose à faire. Il n'y avait même pas une petite chasse pour nous occuper, pas un petit monstre à se mettre sous la dent. En cet après-midi ensoleillée, nous sommes assis autour d'une table dans notre vieux motel, Will tapant furieusement sur le clavier de mon ordinateur portable pendant que j'avais le nez dans un bouquin. D'habitude c'était le contraire mais comme Will avait déjà fait tout le tour sur ce qu'il pouvait trouver sur les Nephilim dans les livres, il continuait ses recherches sur internet. Et il se débrouillait plutôt pas mal finalement, ayant appris rapidement à surfer sur le web. Le brun s'était aussi peu à peu habituer à la présence plus fréquente de Scarlett mais on pouvait voir que c'était encore tendu. La jeune femme était derrière moi, les coudes sur le dossier de ma chaise, penchée juste au-dessus de moi, en train de nous observer dans nos recherches en silence. J'ai soupiré en laissant tomber le bouquin sur un tas d'autres livres en vrac sur la table, livre que je feuilletais depuis un petit moment déjà mais qui se révélait être un ramassis de conneries, balançant ma jambe sous la table en posant ma tête dans la paume de ma main. J'allais devenir fou à rester ici sans rien trouver. Will a levé les yeux vers moi et a cessé de pianoter un instant sur les touches.
-Et ton coffre, il n'y a vraiment pas quelque chose dedans qui pourrait nous aider ? Me demande-t-il pour la énième fois.
-Nan rien, je te l'ai déjà dit. Ca aurait été trop facile de nous laisser un acte de naissance ou au moins un nom de famille hein ?
-Il doit bien y avoir quelque chose... Marmonne Will tout en réfléchissant.
-Vous cherchez encore qui vous êtes et d'où vous venez hein ?
-On veut savoir qui sont nos parents biologiques. Mais on n'a absolument rien. Répond Will.
Scarlett s'est redressée et nous a regardé comme si on était les deux plus grands imbéciles que le monde ai jamais connu.
-Sérieusement ? Ne me dites pas que vous n'y avez pas pensé ! Elle s'exclame. Et je ne parle même pas de magie ici ! Ajoute-t-elle avant que nous ne réagissions Pete' et moi.
-Eh bien quoi ? Je fais, piqué au vif.
-Un test de paternité ! Un test ADN !
Will et moi nous sommes figés, nous traitant mentalement tous deux d'idiots.
Non mais franchement, quels cons. Treize chapitres d'aventures périlleuses pour ça. Que Scarlett me jette un sort qui m'oblige à me donner des claques ! Will s'est pincé l'arête du nez en lâchant un soupir et Scarlett s'est frappée le front avec la paume de sa main... Oui on était une belle brochette d'imbéciles. Mais au moins, on savait ce qui nous restait à faire maintenant.
*o*o*o*o*o*
Alors il en était ainsi. Nos chemins se séparaient ici. C'était ce qu'il avait décidé. Je n'ai pas eu la force d'objecter. Il avait déjà fait son choix et avait avancé cet argument, il avait prononcé "plus d'intérêt commun". Je l'ai regardé ranger ses affaires et faire son sac pour partir et mon estomac se tordait douloureusement.
-Je ne peux plus attendre Peter. M'a-t-il annoncé un peu plus tôt hier. Je pars demain.
-Mais... Et Malia ? Il faut qu'on la retrouve. Tu n'as pas oublié quand même ? Tu l'as dit toi même, on ne peut pas abandonner. J'ai objecté.
-Arrête de dire ça, Malia n'est plus ton objectif premier. Et cela fait des semaines qu'on n'a rien de toute façon. Elle n'est pas en danger, pas pour l'instant. Je le sentirai et toi aussi sinon. Toi et moi, on sait ce qu'on a à faire maintenant et ce sont deux choses qui se trouvent dans deux directions opposées. Toi, tu dois retrouver ta sœur, et moi mon coffre. Tu as de la chance, tu as retrouvé ta famille. Moi non. Je suis sûr que la réponse que je cherche se trouve dans ce coffre. Je veux retrouver mes parents Peter. Ça fait tellement longtemps que j'attends ça, savoir d'où je viens et quel est mon nom, et j'apprends, quelques semaines auparavant, que la réponse se trouvait juste sous mon nez, dans une boite que je possédais depuis des années. Il est temps que j'aille la chercher.
-Alors...Ce n'était qu'un arrangement ce voyage, pour toi ? Toi et moi dans ce pick-up, les aventures, les soirées autour du feu de camp, les chasses... ça ne comptait pas ?
-Peter, c'est toi qui es venu me trouver. C'est toi que ça arrangeait. Et... c'est toi qui as trahi ma confiance. M'a-t-il rappelé, sans méchanceté mais pour ne pas se voiler la face.
J'ai dégluti difficilement en hochant silencieusement la tête, regardant ailleurs pour ne pas croiser ses yeux bleus si saisissants.
-Je ne regrette rien Peter. M'a avoué le brun. Mais il faut que j'y aille.
Et donc, tôt ce matin il a plié bagage et il charge maintenant son sac dans la camionnette qu'il avait trouvé avant de partir prendre sa veste restée à l'intérieur du motel. Je l'attends dehors, mains dans les poches, tout en donnant de petits coups de pied dans les cailloux trainants sur le béton. Il ressort et je le rejoins devant le véhicule. Il se tourne vers moi et je lui tends un portable.
-Tiens. Prend-le. Pour garder contact. En cas de besoin ou quoi que ce soit d'autre, n'hésite pas à m'appeler.
Il accepte le cadeau et le met dans sa poche après avoir vérifié dans la liste des contacts que mon numéro est bien présent.
-Merci.
Je ne peux pas m'empêcher de venir le prendre dans mes bras pour une étreinte virile et lui donne une tape dans le dos.
-Fais attention à toi.
-Ouais toi aussi. Répond le brun avec un sourire, rendant la tape amicale.
Puis il se recule enfin et monte au volant de sa camionnette. Il descend la vitre et je m'en approche.
-Fais pas cette tête Pete', je vais juste chercher mon coffre au Wyoming. On se retrouvera après. Et qui sait ? Je trouverai peut-être une nouvelle piste de mon côté.
-Ouais. Bien sûr.
-Tu aurais pu venir tu sais... Me fait remarquer Will.
Et comme je parais hésiter un instant, il ajoute.
-Va la retrouver. C'est notre destin pas vrai ? Comme tu me l'as si bien dit, il faut suivre son instinct. Alors va-s'y et fonce, avant de perdre sa trace. Elle sait peut-être des choses sur ta famille ou sur nos coffres.
J'acquiesce et il me gratifie d'un sourire.
-Fais bonne route, Lone Star*.
-Tâche de ne pas faire l'andouille, Star Lord. Réplique Will avant de démarrer et de s'engager sur la route.
Je regarde la camionnette filer jusqu'à ce qu'elle disparaisse de ma vue puis je traine mon corps jusqu'à la chambre qui me semble bien vide à présent.
Un son provenant de mon ordinateur me fait relever la tête, m'indiquant que je viens de recevoir un email. Je m'installe devant l'écran pour ouvrir ma messagerie et y découvrir un email de l'hôpital m'informant des résultats du test de paternité à Will et à moi. Ce que je lis me laisse bouche bée et ma main, figée sur le pavé tactile, se met à trembler comme ma lèvre le fait déjà. Je me lève de la chaise et cherche frénétiquement mon portable qui je suis sûr ne doit pas être loin. Je fais trois tours sur moi-même en examinant la pièce et m'empresse de m'en emparer lorsque je le trouve enfin, posé sur la table de chevet. Je tape le numéro de Will et l'appelle aussitôt. La sonnerie retentit.
-Aller, décroche, décroche. Je supplie en faisant les cents pas.
Je tombe sur le répondeur et rappelle une seconde fois puis une troisième fois mais toujours rien.
-Merde ! Je lâche en balançant mon portable rageusement à travers la pièce. Celui-ci atterrit sur le matelas et rebondit dessus.
Will et moi sommes cousins.
Et bien évidemment, il fallait que la nouvelle tombe juste après son départ…
PartII : The Power Of Six.
J'ai quitté l'Illinois avec un poids sur le cœur. J'avais l'impression de laisser Peter derrière moi, le quittant sans même me retourner. Car je savais que si je le faisais, j'allais sans aucun doute retourner sur mes pas. Et je ne pouvais me le permettre. J'avais un but, comme une sorte de promesse à laquelle je devais tenir. Alors j'ai foncé en faisant le vide dans ma tête pour continuer à avancer sans me poser plus de question. Une fois arrivé au Nebraska, me trouvant à une centaine de kilomètres du brun, je me sentais plus léger. C'était comme si je rentrais à la maison après un long voyage...
Ah la maison... Cela faisait déjà plus de deux mois que j'étais parti. Cela me paraissait pourtant bien plus longtemps. J'avais l'impression d'avoir fait ça toute une partie de ma vie... rouler sur les routes américaines, courir après des monstres ou l'inverse, sprinter pour s'en défaire, dormir à la belle étoile et parfois dans des motels ringards, se taper des barres dans le pick-up de Peter qui roule encore on ne sait comment, se battre contre des fantômes, chercher une jeune fille disparue que l'on ne connait même pas... Que d'aventures étranges et qui ont bouleversé ma vie pourtant jusqu'alors si paisible. Et je me surprends à aimer ça, malgré les dangers et l'instabilité et même si la terre où j'ai vécu ces douze dernières années me manque.
Je m'arrête dîner au bord de la route. Le soleil décline lentement à l'Ouest, donnant au ciel une jolie couleur orangée. Je m'appuie contre le capot de la camionnette pour profiter des derniers rayons de soleil et baisse les yeux vers le téléphone que m'a donné Peter. Je remarque qu'il a essayé de m'appeler trois fois ce matin, probablement juste après mon départ. Bah, il peut bien attendre un peu... Je le rappellerai lorsque j'aurai enfin récupéré mon coffre. Mes doigts glissent sur l'écran distraitement alors qu'un numéro me revient en tête. Je m'en vais pour taper ce numéro mais reste un moment le doigt figé au-dessus du clavier tactile, n'étant pas sûr que ce soit une bonne idée. Mais d'un côté j'avais promis...
Alex était tellement bouleversé par la disparition de Malia. Lorsque je l'ai raccompagné dehors, le soir où Peter et moi étions allés chercher des indices à la bibliothèque de l'université où la jeune fille étudiait, il m'avait demandé de le joindre si jamais on la retrouvait. Il m'avait donné son numéro sur un bout de papier et depuis, je l'avais mémorisé.
Maintenant que faire ? Je pourrais tout aussi bien lui laisser un message. Oui ça me parait bien, et cela m'évitera de l'affronter de vive voix. J'écris donc un rapide sms.
"Malia est en vie. Ne la cherche pas, elle va bien mais ne peut pas revenir. Pas d'inquiétude. -Will"
D'accord, je ne disais pas tout à fait la vérité. Mais je ne mentais pas non plus. Malia est quelque part et elle sait se défendre -Peter et moi avons pu voir la puissance avec laquelle elle avait pulvérisé la grange et ceux qui la retenait là. Donc elle n'était pas en danger et pouvait se débrouiller. Et si elle ne comptait pas rentrer à Madison, Alex ne pourrait rien y faire. Ce message était juste pour le rassurer...En quelque sorte.
Il m'est difficile de trouver le sommeil cette nuit-là. J'ai beau me tourner et me retourner sur le matelas, il m'est impossible de fermer les yeux plus de quelques secondes. Je fini par fixer le plafond jusqu'à sombrer dans les ténèbres, un rêve inquiétant venant troubler mon repos. Je peux sentir un froid mordant, faisant se crisper mes muscles et pulser mon sang en moi. Sans ouvrir les yeux, je sais que c'est le noir absolu et que le danger me guette à tout instant. Je ne peux pas bouger comme si une force psychique me privait de tout mouvement. Puis des grondements me parviennent soudain et des flashs de lumières me permettent de distinguer des silhouettes immenses et terrifiantes, qui me révèlent que je suis entouré de monstres. Je suis piégé. J'ai l'impression que ma cage thoracique est opprimée, cette atmosphère étrange m'étouffant et l'angoisse grandit en moi comme les flashs continuent de me montrer ces horreurs. Je parviens à donner un furieux coup d'ailes pour me libérer de l'emprise invisible qui me retient et je m'envole à travers un long tunnel sombre dont je ne vois même pas les parois tellement il fait noir. Une porte apparaît soudain sur le côté et je viens l'ouvrir je ne sais comment pour me trouver face à une silhouette humaine qui, assit au fond de sa geôle, lève ses deux yeux bleus de glace vers moi et-... Je me redresse brusquement sur mon lit, en sueur, le souffle court et les ailes déployées. Il me faut une minute pour me remettre du choc et comprendre ce qui vient de se produire. C'est bien la première fois que mes ailes apparaissent à cause d'un mauvais rêve...
Wyoming... La nostalgie s'empare de moi au moment où j'entre dans l'Etat, le lendemain matin de mon départ. Alors que je file droit vers Wind River Ranch, mon regard vagabonde sur les paysages montagneux que je connais si bien. La maison, les animaux... Jo. Rien que de penser à mon Oncle, je serre le volant un peu plus entre mes doigts, appréhendant finalement ce retour. Va-t-il m'accueillir à bras ouvert ou va-t-il me jeter à la porte pour être parti du jour au lendemain, qui plus est sans lui donner de nouvelles ? Et tout simplement... Est-ce qu'il va bien ? Je suis heureux de pouvoir rentrer, mais je ne sais même pas comment je suis censé agir en arrivant devant sa porte... Je m'efforce de ne pas trop y songer jusqu'à ce que le Ranch soit dans mon champ de vision. Je me gare devant la porte d'entrée et frappe avant d'ouvrir et d'entrer.
-...Oncle Jo ? Je lance mais aucune réponse ne me parvient.
La demeure reste entièrement silencieuse. Je cherche alors le vieil homme, mais ne le trouve ni dans la cuisine, ni dans le salon, ni même dans la cour. Même Flash semble absent. J'abandonne pour l'instant mes recherches, il est probablement avec les moutons dans les montagnes, et monte à l'étage pour rejoindre ma chambre. Je redécouvre cette pièce où j'ai passé mon adolescence avec un oeil nouveau. Comme si tout ça s'était déroulé il y a des années auparavant, peut-être même dans une autre vie. Mon regard parcourt les quelques photos qui sont punaisées aux murs et je m'approche de l'une d'elle pour la décrocher. J'observe le visage d'Oncle Jo qui semble presque sourire à l'objectif, mais c'est juste le soleil qu'il a dans les yeux qui le fait grimacer et plisser les yeux. Je me tiens juste à sa droite, un bras sur son épaule, avec un air on ne peut plus sérieux. Je faisais déjà une tête de plus que lui à l'époque. Je secoue la tête mais ne peut faire disparaître le petit sourire aux coins de mes lèvres. Je plie la photo en deux et la glisse dans la poche de ma chemise à carreaux puis je me retourne pour examiner de nouveau la chambre, essayant de me rappeler où j'ai pu mettre l'objet abandonné. Je me penche pour regarder sous mon lit et le trouve, caché derrière un tas de boites en carton, un vieux manteau et des peluches. Je l'extirpe de sous le lit et souffle dessus pour enlever la poussière avant de l'observer, telle une relique sacrée. Enfin le voilà. C'est bien lui, je ne me suis pas trompé, c'est le même que celui de Peter. Un bruit au rez-de-chaussée m'arrache cependant à ma contemplation et je me relève, laissant le vieux coffre cylindrique au milieu de ma chambre pour aller vérifier. Je m'arrête en haut des escaliers et tend l'oreille pour mieux écouter.
-Oncle Jo...? J'appelle, pensant qu'il venait de rentrer. C'est toi ?
A nouveau aucune réponse, ce que je trouve plutôt étrange et je deviens méfiant. Je suis en train de descendre les escaliers quand j'entends un bruit de craquement. Je me fige au milieu des marches et fronce les sourcils. Je m'en vais pour descendre sans bruit jusqu'en bas des marches quand un nouveau craquement se fait entendre dans le salon. Soudain je sens une présence mais je n'ai pas le temps de me retourner pour voir qui se tient juste derrière moi car je dégringole déjà les dernières marches après qu'on m'ait poussé. J'atteris tout en bas en roulant et grimaçant sous la douleur de la chute et me relève en titubant pour voir une jeune femme inconnue venir vers moi.
-Qu'est-ce qu-... Je m'interromps lorsque je vois ses yeux virer entièrement au noir en ma présence.
Une démone.
Mon sang ne fait qu'un tour. Je me jette sur elle sans réfléchir mais elle m'envoie balader contre une porte qui s'ouvre et j'en profite alors pour m'engoufrer dans la cuisine à la recherche d'une arme. Je fouille les tiroirs pour en sortir un couteau de boucher tout en tourner mon cerveau à cent-à-l'heure. Comment m'ont-ils trouvé ? Qu'est-ce qu'ils fichent ici ? Je pivote au moment où elle entre, le sourire aux lèvres et avec une démarche effroyablement calme et sereine. Je cours en brandissant le couteau mais elle lève simplement la main pour m'arrêter avec son pouvoir de télékinésie en bloquant l'objet tranchant comme un rasoir et en le faisant reculer jusqu'à le plaquer contre le mur. J'ai beau tirer dessus de toutes mes forces, impossible de le faire bouger et je me retrouve donc bloqué moi aussi dos au mur avec la démone s'approchant de moi avec un air déterminé. Il est hors de question que je la laisse prendre le dessus et je me sers de l'appui que j'ai pour relever les jambes et lui donner un coup avec le deux pieds en plein dans le ventre. Elle se plie en deux, le souffle coupé et ça lui fait lâcher son emprise sur le couteau et me permet donc de me libérer. Je passe devant elle pour sortir de la maison mais aussitôt que je sors de la cuisine, je tombe sur deux autres démons, un grand noir baraqué qui me bloque le passage et un sur ma droite. Je me trouve piégé, encerclé par trois démons au beau milieu du couloir. Je sens mon sang bouillir en moi, comme si mon corps n'attendait que de pouvoir libérer le pouvoir qu'il contient. Je me retiens toutefois, n'ayant vraiment pas envie de ravager la maison de Jo. Mauvais choix, je ne vois pas arriver le quatrième démon dans mon dos et il me donne un coup dans la nuque me faisant perdre connaissance.
J'ouvre les yeux quelques minutes plus tard en grognant, ma tête cognant douloureusement. Je suis agenouillé au milieu du salon, les mains attachées dans le dos par des cordes. Un des démons, celui qui m'a eut par surprise, se penche vers moi et sourit sournoisement.
-Alors t'es réveillé petit ange ?
Je lui lance un regard mauvais et tire sur mes liens, avec l'envie d'aller l'étrangler.
-Oh quel dommage. Il fait en me voyant essayer de me libérer avec mes pouvoirs. Je ne crois pas que tu vas pouvoir te débarasser de ça si aisément.
J'écarquille les yeux et il hausse les épaules avant de se redresser, mains dans les poches.
-Et oui... C'est bête pas vrai ? Tu ne croyais tout de même pas qu'on allait se faire avoir deux fois. Deux des nôtres sont morts au Kentucky, tués par cette fille. Il me dit, confirmant ce que je pensais.
Ces liens inhibent mes pouvoirs. Ils avaient prévu le coup. Bon sang. Je m'étais fait avoir si facilement. Toutes ces heures d'entrainement, me préparant pour le combat, pour éviter des situations comme celles-là et surtout ne plus être faible... Tout ça pour quoi au final ? Pour tomber dans leur piège comme un imbécile !
Je me redresse, plus en colère que jamais et la démone blonde et le démon baraqué se lèvent, prêts à me remettre à ma place si je gigote un peu trop.
-Eh eh eh ! tout doux mon gars. M'avertit le démon. Je te conseille de te tenir tranquille.
Son regard est soudain attiré par quelque chose et il s'approche à nouveau de moi pour venir se saisir de la photo qui dépasse de la poche de ma chemise.
-Touche pas à ça ! Je crache.
-Oh mais c'est ton charmant petit vieux.
Mon coeur s'arrête de battre. La maison silencieuse, trop silencieuse, et aucune trace de Jo ou de Flash...
-Qu'est-ce que vous lui avait fait ? Je siffle ...QU'EST-CE QUE VOUS LUI AVAIT FAIT ?!
-Relaxe pépito, ton "Oncle" est juste parti faire un petit tour en ville pendant qu'on visitait la propriété... Prie pour qu'il ne rentre pas trop vite. Il ajoute à mon oreille.
Je jure de le tuer s'il arrive quoi que ce soit à Jo.
-Eh ! Je l'ai trouvé ! Fait le quatrième démon en revenant dans le salon avec... mon coffre dans les bras.
-Parfait. On va pouvoir y aller. Il ne nous reste plus que les quatre autres à trouver.
Les quatre autres ?!
-Allez, on l'embarque. Ordonne le démon à ses compères.
Et avant que je ne puisse comprendre quoi que ce soit, je me retrouve avec un sac noir sur la tête.
Dans la demeure à présent vide, résonne depuis la chambre à l'étage le vibreur d'un téléphone portable...
*Lone Star : Le surnom que Peter donne à Will provient de "Lone Star State". Sur le drapeau du Texas, l'étoile solitaire symbolise l'indépendance.
Encore un grand merci à vous. Vos reviews me font sourire, me permettent de remettre en question certains points sur l'histoire et d'améliorer les points faibles ou flous avant de poster.
J'attaque dès maintenant la relecture de la deuxième partie afin de corriger un maximum de fautes et surtout pour vérifier si tout est cohérent et logique. Cela risque de me prendre une, voire deux petites semaines étant donné que je passe les derniers exams de ma scolarité. Une fois que cela sera terminé et que j'aurai plus de temps, je pourrai commencer à écrire la troisième partie. En attendant, j'attends vos retours, vos critiques, et aussi vos appréciations.
Je vous donne donc rendez-vous pour le 3 juin pour la suite : Notre Priorité (II). Be My Family Or Not.
Que va-t-il advenir de Will ?
Peter va-t-il retrouver sa sœur ?
Parviendront-ils à retrouver leur mémoire, leurs origines, et surtout...Malia ?
