Bonjour !
Désolé j'ai une semaine de retard. Donc je ne m'attarde pas et vous laisse découvrir ce nouveau chapitre.
POV : Sumiko.
Musique : Warrior - Beth Crowley / A Perfect Circle, Pete.
Nouveaux ennemis (I). Against Her Own Demons
Washington, D.C.
-Combien de temps il va rester accroché à nos basques celui-là ? Me demande Jackson.
-Jusqu'à ce qu'il aura compris qu'il n'a aucune chance pour que je change d'avis et décide de le suivre dans son aventure. Mais qui sait ? Il pourra peut-être nous être utile s'il reste.
-Je ne l'aime pas. Bougeonne le démon.
ça je m'en doutais déjà. Peter est puissant et est un danger pour tous les démons. C'est pourquoi Jackson se méfie. Il n'a pas envie de se faire poignarder dans le dos par un être mi-ange mi-humain qui, qui plus est se trouve être mon frère jumeau.
-Et puis d'ailleurs, comme n'ai-je pas pu m'apercevoir de sa présence. On sent venir les anges à des kilomètres.
-Détrompe-toi. Ils sont doués pour masquer leur présence quand ils le veulent. Qui plus est, Peter n'est qu'à demi-ange. Tant qu'il n'utilise pas sa Grâce, ses pouvoirs, il peut se fondre aisément parmi les Hommes.
-Ce sont des aberrations.
-A ton avis, pourquoi les Nephilim se cachent ? Ils n'étaient pas censés voir le jour. Au final, ce n'est pas de leur faute. Ce sont les parents les responsables...
Ce sont toujours eux les responsables, je pense.
-Se rapprocher autant d'un humain, ça doit leur brûler les ailes non ? Plaisante-t-il.
-Dois-je te rappeler qui est le créateur des démons ? Je fais, piquée au vif.
-Le Diable, il répond.
-Un archange déchu. Je rectifie. Au final cela revient au même, les démons sont des aberrations aussi.
Jackson ne peut qu'acquiescer parce que j'ai raison. Je trouve étrange qu'il ne m'ait pas posé plus de questions sur Peter. Mais je pense qu'il a compris quelle relation nous entretenons, d'un simple regard. La ressemblance est frappante même si je voudrais la nier. Tandis que Jackson aiguise sa lame à côté de moi, je tourne la tête pour observer Peter, assit plus loin, au bord du vide. Nous nous trouvons actuellement sur le toit d'un immeuble et la vue sur Washington est imprenable d'ici. Il promène son regard sur la ville, la douce brise d'automne faisant voleter ses cheveux derrière lui. Sa présence crée en moi des sentiments confus et contradictoires. Une part de moi veut qu'il s'en aille tout de suite et qu'il ne revienne plus jamais me voir de sorte que je puisse continuer ma vie comme avant mais l'autre part trouve sa présence réconfortante et... je ne sais pas... apaisante ? Comme si je venais de retrouver un proche disparu depuis longtemps. C'est étrange mais le voir ici réveille en moi quelque chose d'enfoui depuis... Mal à l'aise, je change de position et gigote avant de me relever en grognant.
-Où tu vas ? Me demande Jackson en levant ses yeux gris métallique vers moi.
-Le voir pardis. Je soupire comme si ça m'exaspère mais que je me sens obligée d'y aller.
Je rejoins Peter, venant m'asseoir à côté de lui, pieds dans le vide. Il devait y avoir cinquante mètres de hauteur depuis le sol.
-Alors, à quoi tu penses ? Tu ne regardes pas la ville pour admirer le paysage pas vrai ? Je lance.
-Il y a tellement plus derrière tous ces buildings et ce traffic incessant de véhicules.
-On ne va pas parler philosophie quand même ?
-Tu ne le sens pas ? Me demande Peter en plongeant ses yeux d'ambres dans les miens, émeraudes.
Voilà la différence entre nous deux, refletant nos caractères diamétralement oposés : nos yeux, miroirs de l'âme...
-Sentir quoi ? Je l'interroge en faisant semblant de ne pas accorder d'importance à cette sensation en moi, comme quelque chose qui se tort doucement.
-Cette chose vers laquelle notre instinct nous pousse. Comme si... on avait quelque chose d'important à accomplir.
-Quoi ? Tu te sens l'élu d'une quête confiée par Dieu ? Je me moque en laissant échapper un rire.
Mon jumeau secoue la tête, un léger sourire au coin des lèvres. Mais si je regarde plus attentivement, il y a un voile infiniment plus triste dans son regard.
-Si c'est une technique pour me persuader à venir avec toi, ça ne marchera pas tu sais. Je fais, n'ayant pas envie de me faire avoir de cette façon mais il n'insiste pas plus que ça.
-Comment tu l'as rencontré ? Demande Peter en désignant Jackson d'un mouvement de tête.
Je soupire en hochant doucement la tête plusieurs fois, prête à lui raconter cette partie de mon histoire.
-Ca remonte à il y a six ans, j'avais à cette époque-là quatorze ans...
"
New-York City, New-York.
-Clarisse... Je salue vaguement.
-Oh Shannon ! Désolé j'avais pas vu que tu étais rentrée ! Fais la jeune femme en gloussant, depuis la porte de sa chambre, accrochée au cou de son petit copain.
-ça fait rien. Je fais un peu blasée en me désintéressant d'eux.
-On sort de toute façon, et on compte pas rentrer tôt alors bye ! Lance-t-elle gaiement en entrainant son mec avec elle en dehors de l'appartement.
-C'est ça, bye.
J'essaie de contenir ma mauvaise humeur et n'objecte pas car même si je me sens un peu comme la cinquième roue du carosse, Clarisse me laisse être sa colocataire et en plus, je ne paie pas de loyer. ça ne se refuse pas, surtout quand on n'a comme moi pas les moyens de se loger en plein New-York. Il me tarde de trouver un boulot pour enfin me tirer d'ici et avoir un toit rien que pour moi, sans ce moulin à parole de Clarisse et son petit copain qui squatte cinq jours sur sept l'appartement. Ma vie me semble bien déprimante, et elle l'est c'est sûr. Pour l'instant j'étudie au lycée mais je déteste cet endroit emplit de jeunes qui me regardent bizarrement parce que j'ai un style un peu gothique qui ne leur plait pas. J'ai un nombre d'amis qui avoisine d'ailleurs le zéro parce qu'apparemment je suis "différente". Que voulez-vous, moi, je n'ai pas eu de parents ni de proches pour m'éduquer, prendre soin de moi et m'aimer comme je suis alors ça ne m'étonne pas d'être ainsi rejetée. Au moins, je fais suffisamment peur au gens pour qu'ils ne viennent pas me chercher des noises.
Avant d'atterir ici, que m'est-il arrivé et pourquoi suis-je donc orpheline ? Je ne m'en souviens pas, j'ai dû effacer ces moments pénibles de ma mémoire pour passer à autre chose. Je sais juste que je me suis pas mal baladée, fuguant de chez mes familles d'accueil imposées par les orphelinats parce qu'il était hors de question que des inconnus me dictent ma conduite et choisisse la vie que je devais mener à ma place. Petite, j'étais très sauvage et quand quelque chose ne me plaisait pas, je ne fais pas semblant d'aimer.
Ce soir-là, je ne sais pas ce qui m'a pris d'accepter d'accompagner Clarisse en discothèque. Je suppose que c'était pour qu'elle cesse de geindre sur le fait que son petit-ami boudait et pour se venger, voulait lui montrer qu'elle pouvait très bien s'amuser sans lui. Quoi qu'il en soit, je me suis retrouvée au Pandémonium, en plein milieu des jeunes buvants, s'esclaffants et dansants au rythme d'une musique assourdissante sous la lumière des projecteurs. Autant vous dire que je ne me sentais pas dans mon élément. Je restais silencieuse et étrangère à toute cette agitation, me sentant bien seule. Clarisse m'avait délaissé depuis un moment déjà, et je pouvais la voir au milieu de la piste pendue aux bras d'un autre homme, riant comme une tordue. Je me suis glissée entre les gens pour atteindre le bar bondé. Comme il n'y avait pas de place où m'asseoir, je me suis tournée vers la piste et j'ai vu un garçon au teint mât dansant seul au milieu des autres. Il avait des yeux bleu ciel hypnotisants, des tatouages qui le rendaient on ne peut plus intéressant -attractif! me disait mon cerveau mais j'ai repoussé cette pensée aussitôt- et il me regardait avec un sourire aux lèvres. Il me regardait. Hum, peut-être qu'après tout, il n'y avait pas de mal à s'amuser un petit peu ? Quelques minutes plus tard, le mystérieux garçon tatoué avait disparu et je n'ai pas pu m'empêcher de le chercher du regard. Je l'ai aperçu à l'autre bout de la piste et j'ai essayé de me rapprocher pour voir où il allait. Il est passé dans une seconde pièce et je l'ai observé derrière le grillage qui nous séparait. Oh. Une superbe jeune femme blonde l'a rejoint et il a passé ses mains autour de sa taille pour la rapprocher de lui. Mais qu'est-ce que j'espérais de toute façon, qu'il s'intéresse à quelqu'un comme moi ? Pourtant j'ai continué à les espionner et ce que j'ai vu par la suite m'a paru insensé à tel point que je n'ai pas tout de suite compris ce qui se passait. Un homme encapuchonné s'est faufilé derrière lui et pendant que la blonde distrayait le garçon, il a sortit une lame étincelante de sa manche et l'a poignardé dans le dos. Le garçon n'a rien pu faire d'autre que hurler et de s'effondrer au sol. J'ai lâché un cri et ai mis tout de suite après mes mains devant ma bouche mais c'était trop tard. L'homme encapuchonné et la blonde se sont tournés vers moi et leurs yeux sont passés au noir, entièrement, avant de revenir à leur couleur normale. Je ne comprenais pas, ces deux personnes avaient assassiné ce garçon et personne ne s'était aperçu de rien. Les gens autour de moi continuaient de faire la fête comme si de rien était. J'ai commencé à paniquer en voyant le regard surpris des deux meurtriers sur moi. Et tout d'un coup, sans savoir comment, je me suis retrouvée dehors, à quelques rues plus loin du Pandémonium, la main toujours plaquée sur ma bouche. J'ai tourné la tête des deux côtés en tentant de comprendre ce qui venait de se produire mais c'était complétement dément ! Avais-je été droguée et victime d'hallucination ? Où avais-je simplement trop bu ? Impossible de savoir. La seule chose d'intelligent à faire tout de suite était de rentrer illico presto à l'appartement et c'est ce que j'ai fait. J'ai traversé les rues sombres de Manhattan en trottinant jusqu'à regagner ma chambre et m'y suis enfermée pour le reste de la soirée. Le lendemain matin j'espérais être sortie d'un mauvais rêve mais ma malchance ne s'arrêtant pas là, je me suis retrouvée avec des post-it et feuilles de papier où était dessiné le même symbole étrange, accrochés partout dans ma chambre, du sol jusqu'aux murs et même au plafond. Ma parole je devenais folle. L'éclat de voix de Clarisse dans le salon m'a fait revenir à la réalité et bondir sur mes pieds pour décrocher en vitesse le plus de papier possible avant qu'elle ne rentre et voit ça. Malheureusement, elle a ouvert la porte et s'est stoppé net pour me dévisager. J'étais en pyjama, les cheveux en bataille et mon regard exprimait la panique totale.
-Heu... je...c'est... J'ai balbutié.
-Mais c'est quoi tout ça ? Elle m'a fait, une main posée sur sa hanche. Tu nous fais une compétition d'art abstrait ou quoi ? Bon, je disais, pourquoi t'es partie en plein milieu de soirée ? Tu aurais pu me prévenir au moins ! C'était pas bi-
Et elle a continué à me bassiner avec ses questions, enchainant sur sa vie blablabla et patati et moi-je, comme à son habitude. J'ai hoché mécaniquement la tête en souriant bêtement pour lui faire croire que j'écoutais son monologue. La vérité est que j'étais juste rassurée qu'elle n'accorde plus du tout attention à ces étranges symboles qui m'inquiétaient un peu plus sur ma santé mentale. D'abord l'assassinat passant inaperçu, puis moi qui change de lieu brusquement et enfin ces symboles. Normal que je commençais à me poser des questions. Les jours d'après ont été tout aussi étranges. La vie poursuivait son cours normalement mais moi, j'avais l'impression que j'étais dans une bulle à part, voyant les choses différemment et j'avais la sensation que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Ce qui était vraiment perturbant. Cette impression s'est confirmée quand j'ai revu l'homme encapuchonné du Pandémonium. En fait, il me fixait depuis la terrasse du café alors que j'étais à l'intérieur tranquillement en train d'écouter le petit-ami de Clarisse -oui car il voulait vraiment retrouver sa belle et pour ça pensait me supplier pour que je l'aide.
-Shannon ? ça ne va pas ? T'es livide tout d'un coup. Demande-t-il alors que j'essaie de me soustraire au regard brûlant de l'assassin.
Oh bon sang, il m'a retrouvé. Non, tu rêves ma vieille, il n'est pas vraiment là. Il n'existe pas. J'essayais de me convaincre en glissant contre le dossier du canapé pour me cacher. Le petit-ami de Clarisse me regardait bizarrement. J'ai jeté de nouveau un coup d'oeil vers la terrasse et il a suivi mon regard. Pas d'assassin en vue.
-Tu as vu un fantôme ou quoi ?
Je n'osais répondre. Tout ce que je sais, c'est que j'ai tressailli quand j'ai vu l'homme se tenant maintenant au bar. Il m'a regardé avec un sourire amusé et est sorti d'un pas tranquille par la porte de derrière qui menait sur le côté de la rue. Il se moquait de moi en plus ?!
-Je reviens tout de suite. Je me suis entendue répondre en me levant d'un bond pour me précipiter vers la porte sous le regard hébété de l'autre rouquin que j'abandonnais derrière moi.
Il fallait que je sache ce qui s'était passé ce soir-là. Une fois dehors j'ai retrouvé l'assassin adossé à un mur et me suis dirigé vers lui. Maintenant qu'il avait enlevé sa capuche, je pouvais voir à quoi il ressemblait. C'était un garçon aux cheveux châtain et aux yeux d'un gris métallique perçants qui me toisait du haut de ses un mètre quatre-vingts. Il portait les mêmes habits noirs qu'au Pandémonium.
-L'histoire de ce type est minable. Il ferait mieux de se trouver une autre petite copine.
Je l'ai dévisagé, prise de court.
-Quoi ? ...Je me fiche de ses histoires de coeur ! Je veux savoir pourquoi tu me suis. J'ai répondu avec colère.
-Qui a dit que je te suivais ?
-Et en plus tu nous écoutais ! Est-ce que tu vas m'expliquer ce qui se passe ou bien je dois appeler la police ?
-Pour leur dire quoi ? Que tu as vu un homme en tuer un autre en pleine discothèque et que personne d'autre à part toi a assisté à la scène ? Crois-moi, il le méritait.
-Donc tu ne nies pas. Je ne suis pas folle, ce que j'ai vu est vrai.
-Tu es différente Shannon.
-Je ne comprends rien à ce que tu me racontes. Je rétorque. Pourquoi la police ne me croirais pas hein ?
-Tu as beaucoup à apprendre. Décréta le mystérieux assassin. Comment tu leur expliquerais ce que tu as vu, alors que toi, tu t'es volatilisé pour atterir dehors ?
Je me suis crispée. Commment... ?
-Sous la panique et la peur tu t'es téléportée.
-Arrête de te moquer de moi. Je lance mais des sueurs froides apparaissent sur mon front.
-Tu sais que je dis vrai.
J'allais protester avec véhémence mais la sonnerie stridente de mon téléphone m'en empêcha.
-Clarisse ?!
-Shannon ! Viens vite ! Il y a des choses- l'appartement- attaquer- ! AHH ! J'entendais hurler depuis l'autre bout du fil.
Mon sang ne fit qu'un tour. J'avais beau ne pas beaucoup apprécier ma colocataire, il semblait qu'elle était en danger et j'ai regardé l'autre homme avant de raccrocher et de lui lancer un "On en a pas fini." avant de me mettre à sprinter à travers les rues de la capitale. Sur mon chemin, j'ai bousculé des gens, passé devant des voitures au risque de me faire renverser mais je n'ai pas ralenti l'allure. Une fois arrivée à l'immeuble, j'ai monté les marches quatre en quatre et ouvert vivement la porte de l'appartement pour découvrir un triste spectacle. Le logement était complétement ravagé comme si on y avait lâché un fauve. J'ai appelé Clarisse mais elle ne m'a pas répondu. J'ai alors traversé le salon et la cuisine pour essayer de la trouver tandis que mon coeur battait la chamade. Un bruit se fit entendre juste derrière moi et je me suis retournée pour voir un molosse noir aux yeux rouges me fixer en grondant dangereusement. J'ai reculé très lentement et il a fait deux pas vers moi, prêt à me bondir dessus pour m'enfoncer ses crocs dans la gorge. Je me suis alors ruée dans la salle de bain en fermant à clé la porte déjà à moitié défoncée derrière moi. Je me suis saisie de la tringle à rideau qui gisait à terre et me suis blottie dans l'angle du mur, la peur au ventre. Le chien était en train de déchiqueter la porte à grands coups de griffe. Je me suis relevée et suis sortie par l'autre porte menant dans la chambre au moment où il est rentré puis lui ai donné des coups de tringle quand il s'est rapproché. Ca l'a sonné et j'ai lâché mon arme et me suis éloignée pour souffler. Bien sûr, ça ne pouvait être pire... Je me suis retournée pour voir le chien se transformer en quelque chose d'autre. Bon sang mais c'était quoi ce truc ?! J'ai fui vers la cuisine tandis que le monstre me poursuivait en sautant sur les murs et le plafond tout en se recomposant en quelque chose de plus hideux et inhumain. Je suis tombée au sol lorsqu'il m'a attrapé la jambe et lui ai donné de furieux coups de pied pour m'en débarasser tout en rampant au sol. Ma dernière chance pour m'en sortir était des plus dangereuse mais je n'avais pas d'autre option. J'ai allumé la gazinière à fond, versé du liquide et me suis réfugiée derrière la porte d'un placard avant de mettre le feu avec la flamme du briquet. Le monstre a pris feu et fut réduit à l'état de purée. Un espèce de liquide noir gluant absolument horrible. Je me suis redressée en titubant et me suis éloignée à reculons... Et j'ai vu le truc se recomposer et reprendre vie. Qu'est-ce que je pouvais bien faire maintenant ? Face à moi se trouvait une créature couverte d'écailles avec d'innombrables yeux injectés de sang enfoncés dans son crâne arrondi. Quelque chose entre le scorpion, l'alligator et l'araignée. Génial. Je vous laisse imaginer la monstruosité. Je ne sais pas comment j'ai fait, j'ai dû agir d'instinct car j'ai saisi un couteau qui traînait par là et me suis entaillée la peau au creux de ma main avant de la tendre vers le monstre au moment où il allait bondir sur moi.
-"Hellhounds*!" J'ai crié.
Une vive lumière est apparue et une silhouette animale s'est jeté sur la chose qui voulait me tuer. Ni une ni deux, j'ai débarrassée du plancher, courant vers la sortie. Je me suis retrouvée face à face avec un homme aux yeux noirs qui arborait un sourire sadique.
-Oh non ! non,non,non ! J'ai fait en reculant.
Alors qu'il allait me donner un coup de poignard, le garçon à la capuche de tout à l'heure l'a intercepté et envoyé valser. Il a atteri dans le mur. N'en revenant pas je l'ai regardé bouche bée et il a froncé les sourcils en me détaillant comme pour voir si je n'étais pas blessée mais déjà, d'autres gens avec des yeux noirs sans vie sont apparus.
-Attention ! J'ai crié à son intention comme l'un d'eux fonçait sur lui.
Le garçon aux yeux gris l'a repoussé d'un violent coup de pied dans les côtes et à tout de suite enchaîné avec les autres tandis que j'essayais d'éviter les coups en longeant les murs, le souffle court. J'ai vu le premier homme qu'il a arrêté tenter de se relever et j'ai tourné la tête vers le garçon mais il était trop occupé à se battre avec d'autres assaillants. J'ai alors pris mon courage à deux mains et attrapé une de leurs armes et l'ai planté dans le dos de l'homme. Une nouvelle fumée noire s'est échappé du corps avant de disparaître dans l'air. Le silence revint dans l'appartement et le garçon aux yeux gris s'est approché de moi et a attrapé mon bras pour me relever. Il s'était débarrassé de tous les assaillants tout seul.
-Tu apprends vite on dirait, finalement. Il m'a lancé.
-C'était... C'était qui ? J'ai reussi à demander.
-Des démons.
-Quoi ? J'ai laissé échappé, d'une voix étranglée, complétement dépassée par les événements.
-Tu es vraiment spéciale, je te l'avais dit. Tu n'es pas comme les autres. Qui es-tu vraiment...?
Il a plissé les yeux et m'a observé d'un oeil scrutateur. Je ne savais que répondre. Même moi, je ne savais plus vraiment qui j'étais. Je me retrouvais avec d'étranges dons. Me téléporter et tuer des démons ? Bah voyons, quoi de plus banal ?
-Au fait tu peux rappeler ton chien ?
-Mon...Chien ? Qu'est-ce que tu racontes je n'ai pas d-
Il a fait un mouvement de tête vers la cuisine où un chien de petite taille au pelage noir s'apparentant à un bébé rottweiler s'acharnait encore sur ce qui restait du monstre en grognant.
-Je... j'ai commencé en secouant la tête, ne comprenant pas.
Le garçon a pris mon poignet sans délicatesse et a regardé l'intérieur de ma main. J'ai enfin remarqué le sang qui coulait de la plaie et qui me piquait ainsi que le symbole que j'avais tracé avec la lame du couteau.
-Bravo, tu viens de te lier avec un Chien des Enfers. A-t-il déclaré. Ton nouveau protecteur.
Je suis restée muette.
-Bon on ferait mieux de ne pas traîner ici.
-Attends... Je fais, ayant enfin retrouvé la voix. Tu veux dire que tu m'emmenes avec toi ?
-Je viens de te sauver la vie non ? T'as vraiment envie qu'on te retrouve ici entouré de tous ces corps ou alors me suivre, pour te montrer le véritable monde dans lequel tu vis et ce dont tu es capable de faire avec tes pouvoirs qui viennent de naître ?
Mon choix fut vite prit.
-Comment tu t'appelles ?
-Jackson. Je suis aussi un démon. Au fait, comment tu vas l'appeler le cabot ?
Je me suis tournée vers le chiot des Enfers, qui était assis et battait joyeusement de la queue en voyant que je m'intéressais à lui.
-Shadow. J'ai fait.
Comme une ombre. Ma vie allait bientôt changer."
Peter se frotte le menton avec son pouce.
-Donc tu as un "Chien des Enfers". Le truc qui nous a poursuivi la dernière fois, Will et moi...Shadow ? C'est ton protecteur ? Bizarre je ne l'ai pas encore vu-
-OUAF ! Aboie Shadow juste dans son dos.
-AAAAAAAAAAAAH !
Peter sursaute si haut qu'il se retrouve dans le vide. Heureusement il sort ses ailes et remonte en flèche pour éviter de s'écraser en bas du building et Shadow sautille et remue la queue, langue sortie en regardant Peter avec l'air de dire "chouette un poulet ! Je peux le manger dis dis dis ?"
-Il est un peu possessif. Je te conseille de ne pas m'approcher trop près quand il est dans les parages. Je le préviens en l'observant battre des ailes à hauteur respectueuse.
-Tu aurais pu me prévenir avant. Réplique-t-il en faisant la moue.
J'éclate de rire, et cela fait tellement longtemps que ce n'est pas arrivé que je sens Jackson relever la tête, surpris. Mon côté humain refait surface... Je me mets à caresser Shadow pour que Peter puisse redescendre tranquillement à terre.
-Je comprends maitenant pourquoi je suis sensible à l'eau bénite. Il lance.
-Comment ça ? Je fais en plissant les yeux.
-Je te l'ai dit, nous ne sommes pas si différents, Sumiko. Nous sommes liés par le sang, donc si tu as du sang de démon... J'en ai aussi...
Je serai donc aussi en partie Nephilim ? Impossible... ça voudrait dire qu'on serait à la fois humain, démon et ange ? Quelle sorte de nouveau monstre sommes-nous à la fin ?
-J'ai autre chose à te demander... Commence Peter.
-Quoi ?
-Est-ce que tu as en ta possession un coffre ?
Je relève les yeux vers mon jumeau et le fixe un instant avant de me relever.
-La discussion est close. Je lâche en pivotant sur mes talons et en rentrant dans le bâtiment.
*o*o*o*o*
Ce soir-là, alors que Jackson est occupé et que Peter doit dormir dans la chambre au fond de notre planque, je me rends silencieusement dans le sous-sol. Je pose la bougie sur le vieux bureau en bois, viens pousser une étagère sur roulette et écarte des tapis roulés sur eux-mêmes avant d'attraper une boite en bois cylindrique posée dans l'angle du mur froid et nu. Je m'agenouille sur le sol et ouvre la boite pour regarder son contenu, avec une pointe de colère, nostalgie et mal-être mélangés. C'est comme une plaie qui ne guérit pas. J'attrape l'objet qui se trouve en son centre et le regarde avant de finalement le serrer contre moi. Je ferme les yeux et ramène mes jambes contre moi pour poser ma tête sur mes genoux, restant un moment comme ça pour faire le vide. Tant de choses sont venus bouleverser ma vie. Pourquoi ? Pourquoi Peter réapparait-il maintenant alors qu'avais enfin réussi à tourner la page ?
-Hum...
Je relève la tête. Peter se tient là, adossé contre l'embrassure de la porte. A la lueur vacillante de la flamme de la bougie, son visage est soucieux, comme si quelque chose le tracassait. Je me relève et ravale quelques larmes. Je n'ai plus pleuré depuis mes six ans, ce n'est pas maintenant que ça allait recommencer.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je ne voulais pas te déranger... Il fait doucement, apparemment gêné mais soucieux de me voir comme ça.
-Ce n'est rien. Je fais en regardant le mur. Je pensais enterrer ce coffre de toute façon... Pour me débarrasser de mon passé tu vois...
-Parce que tu crois que c'est la bonne solution ? Souffle-t-il calmement.
-Parfaitement ! Je lâche si abruptement que j'en fais tomber la peluche que je tenais dans ma main.
Nous nous interrompons et nous baissons tous les deux en même temps dans le but de ramasser la peluche. Au moment même où nos doigts touchent le jouet, une décharge électrique nous traverse tous deux et nous sommes saisis par les mêmes images qui défilent dans nos esprits.
"-Qu'est-ce que tu en penses ma chérie ? Demande une voix d'adulte masculine.
-Pas belle. Lance une petite fille, boudeuse.
-Mais c'est une poupée ! Qui n'aime pas les poupées ? Lance une seconde voix mi-amusée, mi-perplexe.
-Bah... On trouvera autre chose.
-Elle préfère jouer avec le chien qui fait trois fois sa taille."
"-Aller donne-la moi ! Clame une voix enfantine, celle de Peter.
-Na. Fait Sumiko.
-Tu l'aimes pas de toute façon ! Lance le petit.
Les deux enfants ses mettent à courir, Peter essayant d'attraper la peluche-poupée. Tous deux rient en traversant le champs."
D'autres scènes défilent.
C'est comme si tous les instants où cette peluche est apparue dans notre vie nous sont réapparus rien qu'à son toucher.
-Incroyable. Souffle Peter avant d'esquisser un sourire réjouit. Tu détestais cette peluche. C'est moi qui jouais tout le temps avec.
-...
Il s'interrompt pour me fixer, les yeux brillants et je pense à la même chose que lui. Ces instants de vies sont les nôtres. Nous avons vécus ensemble avant. Nous ne nous en rappelons juste pas, comme si on avait effacé tous ces souvenirs de notre mémoire...
*o*(POV PETER)*o*
Le lendemain, on frappe à la porte et je me réveille en sursaut sur le lit sur lequel je dormais tout habillé. Je me redresse pour voir Sumiko attendant que je me lève. ça a l'air urgent.
-Debout, je vais te montrer pourquoi mes affaires sont tellement plus importantes que les tiennes.
Nous avons quitté Washington un quart d'heure après que je me sois levé. A vrai dire, c'est la première fois que j'utilisais mes ailes pour aller aussi loin... Il aurait fallu dix heures de route en voiture, trop long pour les deux autres ! J'ai donc dû abandonner mon cher pick-up à Washington. Heureusement, mes pouvoirs ont marché correctement et j'ai atterri comme convenu dans l'Etat du Michigan, à Détroit, à quelques mètres à côté de Sumiko et Jackson qui eux, s'étaient téléportés grâce à leurs pouvoirs démoniaques.
-Où sommes-nous ? Je demande en reprenant mon souffle, car bon sang, ce voyage me demandait quand même pas mal d'énergie !
-Nos informateurs nous ont indiqué qu'on trouverait ce qu'on cherche ici. Me lance Sumiko en m'indiquant la maison face à nous et vers laquelle se dirige déjà Jackson.
C'est une maison tout ce qu'il y a de plus banal, enfin, si on passe le détail que ce ne sont pas de simples maisonnettes qui se trouvent dans cette rue mais de grandes villas avec de grands jardins très propres. Un quartier riche et calme en somme. Nous nous approchons de la maison ciblée par le duo.
-Tu m'expliques ce qu'on fait ici ? Je fais à Sumiko pendant que Jackson part faire un tour de reconnaissance pour être sûr que personne d'autre n'est ici et que ce n'est pas un piège.
-Eh bien pendant que tu coures en pleurant à la recherche de ton papa et ta maman que tu ne connais même pas, nous on essaie de faire en sorte que le monde n'éclate pas en deux tu vois. Lance la brune en croisant les bras et attendant le retour de Jackson sur le perron.
-Comment ça, qu'est-ce qui se passe ? Je fais un peu perdu -et aussi en grimaçant comme elle me traite implicitement de bébé.
-Les Enfers sont en effervescences ! Les démons sont divisés, certains flippent, mais la plupart ont déjà choisi leur camp.
-Mais c'est parfait ça si les démons s'entretuent ! Je lui fais remarquer, ce qui la fait rouler des yeux.
- Ouais, et quand Lucifer marchera sur Terre et détruira tout, tu penseras aussi que ce sera génial ?
-Comment ? Lucifer... Tu veux dire Satan ? Tu parles bien du Diable ? Je demande, abasourdi.
-Et comment. Affirme Jackson en revenant vers nous. L'archange déchu le plus puissant, en chair et en os.
-Je croyais qu'il était enfermé dans la Cage par Saint-Michel, le prince des Archanges, depuis sa révolte contre son créateur. Je récite, me rappelant ce que j'ai pu lire à son sujet.
-Plus depuis l'Apocalypse. De fervents démons aidés par des humains ont ouvert la Cage il y a quelques années maintenant, et ça a bien failli être la fin. Toutefois, Lucifer a été "vaincu" et... il est devenu humain. C'est ironique quand on y pense non ? Lui qui haïssait les Hommes, est devenu l'un d'entre eux.
-Une punition pire que la mort si tu veux son avis. Ajoute Jackson.
-Bref, on a plus entendu parler de lui... Jusqu'au jour où on a entendu une rumeur circuler à son sujet. Continue Sumiko.
Cela fait beaucoup à digérer... D'abord le Diable existe mais en plus, l'Apocalypse, la prétendue fin du monde a déjà eu lieu et on a réussi à passer au travers et sauver nos fesses... Je reste bouche bée en apprenant cela.
-Et maintenant... Poursuit Sumiko. Maintenant Lucifer cherche à retrouver ses ailes. Et donc, tout l'étendu de ses pouvoirs.
-Et c'est possible...?
-Normalement, non. Mais il semble avoir trouvé un moyen. C'est un processus long qui demande pas mal de choses à exécuter, des sacrifices par exemple, mais il avance. Et il avance vite. Et devine ce qu'il compte faire lorsqu'il aura retrouvé tous ses pouvoirs ? Nous faire tous tomber.
-On entre ? Suggère Jackson car l'atmosphère semblait s'être comme refroidie autour de nous avec la découverte de ces joyeuses perspectives de nouvelle fin du monde, j'ai nommé : l'Apocalypse 2.0.
Sumiko hoche la tête et Jackson s'en va pour déverrouiller la porte mais celle-ci est déjà ouverte. Il recule d'un pas, laissant la porte s'ouvrir entièrement en grinçant. En fait, nous reculons tous d'un pas, sous la surprise.
-Mais qu'est-ce que... Commence Jackson.
Sumiko décroise les bras, l'air vaguement stupéfaite, presque comme si elle s'y attendait. Elle s'avance à l'intérieur lentement, et nous découvrons avec effroi les tapisseries déchirées, le porte manteau cassé en petits morceaux, les meubles renversés, des traces de sang sur le plancher et sur les murs...
-Qu'est-ce qui s'est passé ici... ? Je souffle.
Je m'avance moi aussi en regardant avec horreur les dégâts. La maison est sans dessus-dessous. Dans le salon, après avoir promené mon regard un peu partout, celui-ci est attiré par quelque chose de brillant, sur le sol. Je m'agenouille et attrape l'objet avant de le tourner entre mes doigts pour l'examiner. Un collier. Le bijou en argent représente...un ange.
Soudain, un flash m'emporte. J'aperçois une jeune fille aux longs cheveux noirs et un sourire radieux se diriger vers la porte où quelqu'un frappe. "Je vais ouvrir !" Lance-t-elle gaiement à quelqu'un d'autre. Mais elle se fige dans l'entrée comme la porte s'ouvre. Son sourire se fâne et dans ses grands yeux bleu océan j'y lis la peur. L'ombre d'une main armée d'une lame va s'abattre sur elle. Mais au même instant, quelqu'un apparaît pile devant elle, faisant barrière de avec son corps. Du sang gicle dans la pièce, juste devant la jeune fille. "Va t'en !" Tonne la voix à son intention.
-Lucifer était ici il y a encore très peu de temps. Annonce Jackson juste dans mon dos, ce qui me fait sursauter et je me relève pour être à sa hauteur.
-Lucifer...?
-Pas que lui apparemment, il y a eu de la bagarre. Note Sumiko en nous rejoignant. Des anges. Je peux sentir toute leur puissance et ça m'en donne des frissons. On ferait mieux de ne pas trop tarder ici, d'autres pourraient venir.
-Non... pas un ange. Je rectifie en jetant un œil sur le sang au bout de la plume. Une Nephilim. Malia. Je suis sûr et certain que c'est elle, je le sens, je détecte sa Grâce dans toute la pièce.
-''Malia'' ? Font les deux autres.
-Malia était ici ! Je m'exclame. Will et moi, c'est elle qu'on cherchait ! Bon sang de bordel de... Elle a été kidnappée par le Diable ! Elle est en danger. Il faut qu'on la retrouve, il faut que je prévienne Will ! Je fais en secouant légèrement Sumiko par les bras pour lui faire comprendre l'urgence de la situation.
Je me dirige avec empressement à l'extérieur pour tenter de joindre Will sur son portable tandis que Sumiko se retourne vers Jackson, l'air soucieuse et semblant se rendre compte de quelque chose.
-Il a besoin d'un Nephilim dans son plan pour expulser les anges du Paradis.
-Et il l'a maintenant. Il compte la sacrifier lorsqu'il aura trouvé tous les éléments qu'il lui faut pour parvenir à ses fins... Souffle Jackson. Si on ne l'arrête pas avant qu'il retrouve ses ailes... Il aura déjà gagné.
Cette fois, on est vraiment mal...
Enfin voici venu un personnage de la série ! Lucifer, le grand retour ! Ça commence à se préciser et devenir intéressant...
Prochain chapitre : on retrouve les mésaventures de Willou dans : Nouveaux Ennemis (II) - A Man Trap
"-Je sens qu'on va s'amuser... Il fait, ses yeux brûlants d'une lueur nouvelle.
-Attends...
-HEY ! Il lance aux démons. C'est moi que vous vouliez enchaîner ? VENEZ ME CHERCHER !
Comme je le craignais, tous les regards noirs se focalisent sur nous. Mais c'est qui ce type ? "
