Bonjour & Bonsoir.
La semaine dernière, une nouvelle question "Dean et Sam sont-ils morts ?" est restée en suspens... Vous n'aurez peut-être pas la réponse aujourd'hui mais pas d'inquiétude, cela viendra, comme tout le reste.
Aujourd'hui on va plutôt s'intéresser au sort réservé à Will.
Bonne lecture !
Et encore merci pour votre soutien, que ce soit par review, follow ou favorite !
POV : Will.
Musique : Tokio Hotel - Ready, Set, Go ! / Blow - Ke$ha
Nouveaux ennemis (II). A Man Trap.
Quelque part dans le sud-ouest du Texas.
Je fini de me réveiller dans un dernier sursaut, mon corps secoué par des spasmes violents. Ce qui a pour effet de libérer ma "Grâce" autour de moi. Je me sens alors à ce moment-là tomber et je percute le sol plus tôt que je ne le pensais. Les chaînes qui me retenaient prisonnier en l'air claquent maintenant dans le vide juste au-dessus de moi et je me redresse en grimaçant sur les coudes qui me lancent à cause du choc. Pareil pour mes genoux.
C'est ce pressentiment de danger qui m'a sorti de mon inconscience. Dans mes rêves, j'ai eu quelques nouvelles visions. Malia en danger... Ses yeux bleus emplis de terreur. Des plumes, du sang, des cris...un vrai massacre dans la maison où elle se trouve. Je ne sais quel lien nous unit mais je dois la rejoindre car je sais que je dois aller la sauver, la protéger. Je n'aurai jamais dû m'arrêter de la chercher. C'était une grossière erreur. Je dois me sortir de là et vite mais je ne sais pas où ces saletés de démons m'ont emmenés. Je me lève pour tenter d'éclaircir ce mystère. C'est le noir absolu. Impossible de savoir s'il fait jour ou nuit, quel jour nous sommes et combien de temps il s'est écoulé depuis que je suis ici. Une atmosphère angoissante m'entoure et il fait froid. Comme dans mon rêve, je pense. Je suis sûr qu'ils m'ont enfermé quelque part au fin fond d'une grotte... En avançant à tâtons, je trouve les barreaux en fer froid qui me retiennent prisonnier. Personne ne semble cependant garder les lieux. Bien, tâchons de sortir d'ici en douce. Je recule d'un pas, tend le bras vers le verrou de la cage et ferme les yeux en inspirant profondément. Je mets un certain temps à me concentrer mais parvient finalement à forcer le verrou grâce à mon esprit. Je pousse la porte de ma prison qui s'ouvre en grinçant, sort de là et referme derrière moi avant de progresser silencieusement le long du couloir obscur. Un grondement sourd sur ma droite me parvient et je me fige. Des deux côtés du couloir s'alignent d'autres cages encore plus grandes que la mienne et y contiennent toute sorte de monstres. Des chiens énormes, sûrement des loups garous, mais aussi des goules, des sirènes -et je ne parle pas d'Ariel ! Celles-là donneraient des cauchemars aux petites filles- et d'autres créatures mi-hommes mi-animales des plus étranges et des plus terrifiantes sont enfermés ici. Okay, je fais pour moi même, il faut vraiment que je me tire d'ici. Je continue d'avancer et au bout du couloir, j'entre dans un long tunnel sombre et le longe sans croiser personne jusqu'à ce que celui-ci se scinde en deux tunnels. Je prends celui de droite et quelques minutes plus tard, débouche sur une nouvelle série de cellules, mais qui sont cette fois fermées par des portes métalliques hermétiques. Bon, je suis tombée sur une impasse. Je rebrousse chemin et prends cette fois l'autre tunnel. C'est mieux, je commence à apercevoir de la lumière au bout de celui-ci. Cependant je dois me cacher derrières de grosses caisses en bois pour éviter qu'on ne me voit. Car plus loin dans la caverne, plusieurs personnes se déplacent, débouchent d'autres tunnels pour en entrer dans d'autres. Génial. Ce truc est un vrai labyrinthe. Si j'arrive à en trouver la sortie et sans me faire voir, ce sera un vrai miracle. Qui plus est, je n'ai aucune idée de comment je vais pouvoir traverser le pont qui est juste devant moi afin de rejoindre l'autre rive en sachant que ça grouille de démons de l'autre côté et que sous le pont, c'est le vide. Et croyez-moi, je n'ai pas envie faire le grand saut juste pour savoir ce qu'il y a au fond, s'il y a un fond bien sûr. Tout en réfléchissant à comment trouver la sortie et y parvenir sans utiliser la force, quelque chose me revient en tête. Mon coffre ! Je ne peux pas partir sans ! Ils l'ont emmené avec eux... Il doit bien se trouver quelque part par ici ! C'est à ce moment que j'entends deux démons parler entre eux tout en se rapprochant. Mince ! Vite, il faut que je me planque ! Mais en tournant la tête à gauche et à droite je ne trouve aucun endroit où me cacher et si je reste là, je vais me faire griller ! Je bondis sur mes pieds et repart donc dans le tunnel par où je suis venu. A la réunion des trois tunnels, je prends celui qui mène aux cellules que j'ai découvert juste avant. Au moins, s'ils se dirigent vers ma cage et la trouvent vide, ils croiront que je me suis enfui et je pourrais toujours me cacher dans une des cellules ici. Avec un peu de chance, ils ne me trouveront pas et penseront que j'aurai réussi à m'échapper. Toutefois, les voix se rapprochent encore et je vais me tapir dans l'ombre, derrière des planches en bois. Je retiens ma respiration quand ils passent à côté de moi et ils continuent jusqu'à arriver à l'une des cellules. Je ne les vois pas mais entends une trappe qu'ils ouvrent comme pour regarder à l'intérieur d'une cellule pour ne pas avoir à y entrer.
-Il ne mange plus rien depuis des jours, il ne bouge même plus. Fait l'un. Il va crever ce crétin.
-Non, il est costaud. On a eu beau le torturer, il n'a pas lâché un mot, même pas un cri de douleur. Rétorque l'autre.
-Il finira bien par parler. Ricane alors l'autre.
Les deux démons repartent. Je soupire, soulagé qu'ils n'aient pas senti ma présence. Sans faire de bruit, je m'extrais de derrière les planches. Il est hors de question que je reste une minute de plus dans cet endroit glauque. Je ne sais pas ce qu'ils sont en train de manigancer et je n'ai pas l'intention de m'arrêter pour le leur demander. Je me stoppe net alors que j'allais repartir, quelque chose au fond de la pièce venant d'attirer mon regard. Je m'approche et retrouve avec bonheur ce qui semble être mon coffre. Je m'en empare et m'aperçois qu'un deuxième coffre, plutôt rectangulaire mais assez similaire au mien avec ses étranges symboles incrustés dans le bois est entreposé là aussi. Aux marques qui se trouvent sur l'ouverture et le cadenas, on dirait qu'on a essayé de le forcer mais sans résultat concluant. Je me rappelle des paroles de Peter. "Il est scellé de sorte à ce que personne d'autre que son propriétaire ne puisse l'ouvrir." Je résiste à l'envie d'ouvrir tout de suite le mien et m'empare du deuxième coffre avant de faire demi-tour. En passant devant la cellule où s'étaient arrêtés les démons je m'arrête à nouveau en soupirant. Ils torturaient quelqu'un... Je ne pouvais décidément pas partir en laissant ce quelqu'un ici tout en sachant ça... Je pouvais au moins lui ouvrir pour qu'il ait une chance de s'évader tout comme moi. Je pose à terre les deux coffres que je tenais et m'approche de la porte mais suspens mon geste au-dessus de la clenche en remarquant les symboles complexes dessinés dessus. C'est mauvais. Je sens que c'est puissant et sans avoir besoin de le vérifier je sais que je ne pourrais pas rentrer... C'est comme quand les démons m'avaient ligoté avant de venir ici. Je m'empare d'une lame rouillée qui traîne sur une étagère au fond de la pièce et vient gratter les symboles pour les désactiver. Une fois fait, je laisse tomber le couteau inutile et ouvre la porte. J'y découvre un garçon aux cheveux blonds emmêlés qui doit faire à peu près mon âge quoiqu'un peu plus jeune, assis sur une chaise au fond de sa cellule, les poignets entravés par des chaînes. En m'apercevant, il relève la tête qu'il gardait baissé et je rencontre ses yeux bleus électriques en parti cachés par ses mèches de cheveux qui lui tombent sur le visage. Il devait être enfermé ici depuis un moment déjà vu la longueur de cheveux qu'il a.
-Le champ de force... Il est désactivé ? Il demande d'une voix rauque.
-Je... Je crois oui. Je réponds, me sentant brusquement mal à l'aise.
-Recule. Il m'ordonne froidement et je m'exécute sans hésiter, ne savant pas à quoi m'attendre de la part de l'inconnu.
Le blond attrape les chaînes qui le retiennent et tire d'un geste sec dessus, les arrachant littéralement du mur avant de les lancer dans le couloir comme des frisbees. Le plafond émet un craquement menaçant, des blocs de pierres chutent dans le passage et j'utilise la télékinésie pour me protéger. Avant que j'aie pu prononcer le moindre mot, le prisonnier sort de sa cellule en se frottant les mains pour en chasser la poussière. Il est plus grand que moi, torse nu et musclé. Des tatouages ornent ses bras, sa poitrine et son dos. Je me demande si je ne viens pas de relâcher un monstre.
-ça fait tellement du bien de sortir. Bon sang, depuis le temps que j'attends ça ! Il lance en humant l'air, bombant alors le torse.
-Heu... Je fais en ayant l'impression d'être une crevette à côté de lui.
Des cris se font entendre depuis l'autre bout du tunnel. Apparemment, les deux démons ont entendu le boucan qu'a fait leur prisonnier car ils arrivent à grand pas. Ça n'a pas l'air d'inquiéter ce dernier, qui se dirige tranquillement vers le fond de la pièce afin de récupérer ce qui semble être un de ses objets personnels. Quelque chose qui ressemble à un yoyo.
-Oh ils vont regretter de m'avoir enfermé.
Je hausse un sourcil, pas très rassuré. Les deux démons finissent par apparaître et aussitôt, le blond lance son yoyo dont le fil vient s'enrouler autour d'un des démons. Il se jette ensuite dessus pour lui donner un fulgurant coup de poing. De mon côté j'évite de justesse l'autre démon qui fonce sur moi et l'envoie dans le mur puis je fais apparaître mon katana, stocké dans la bulle inter dimensionnelle, afin de me débarrasser de lui. Lorsque je me retourne pour voir ce que fait le blond, je le trouve en train de battre à mort le démon. Ce type est fou.
-Hey ! Je l'interpelle. Si tu veux sortir, il faut qu'on fiche le camp d'ici...maintenant ! Je m'exclame.
Celui-ci finit de renvoyer le démon en Enfers et nous partons en courant après avoir repris les deux coffres.
-Au fait, moi c'est Will au passage. Et toi, c'est quoi ton nom ? Je demande alors qu'on traverse le tunnel.
-C'est Matt. Il lâche en regardant droit devant lui.
-Okay...
Nous arrivons au pont et nous arrêtons devant.
-Ok on est mal, ils sont vraiment nombreux de l'autre côté. Comment on va passer ? Je fais en réfléchissant à toute vitesse, pour ne pas se les trouver à dos.
Matt ne prend même pas la peine de se cacher et arbore un sourire carnassier.
-Je sens qu'on va s'amuser... Il fait, ses yeux brûlants d'une lueur nouvelle.
-Attends...
-HEY ! Il lance aux démons. C'est moi que vous vouliez enchaîner ? VENEZ ME CHERCHER !
Comme je le craignais, tous les regards noirs se focalisent sur nous. Mais c'est qui ce type ? Moi qui voulais rester discret... C'est peine perdu avec lui. Il semble vouloir foncer tête la première dans la bataille, même s'ils sont en surnombre et que nous sommes que deux.
-Mais t'es malade ou quoi ? Je lâche, sidéré.
-Donne-moi ça. Il fait en prenant le coffre rectangulaire. On ne peut pas se téléporter mais eux non plus. On a l'avantage, on est moins limité en pouvoir qu'eux. Accroches-toi. Il ajoute tandis que des démons courent déjà vers nous, arme en main. On va le passer ce pont.
Il m'a tiré par le bras et nous avons couru vers le pont. Or, au dernier moment, il a bifurqué sur le côté et nous nous sommes retrouvés la tête en bas, et nous avons continué à courir sous le pont comme si la gravité venait de s'inverser pour nous. Les démons, sous la surprise, se sont arrêtés en plein milieu du pont et une fois que nous avons fini de traverser, Matt a coupé les liens du pont et les démons sont tombés dans le précipice en hurlant. Nous avons repris notre course folle, Matt dégommant tous les démons sur notre passage comme si ce n'étaient que des moustiques. Je n'en revenais pas. Le problème c'est qu'à force de prendre des tunnels au hasard, nous nous sommes perdu et nous avons dû retourner sur nos pas. De nouveau dans la grande caverne au plafond haut, nous nous sommes arrêtés et nous avons regardé dans toutes les directions. Quand soudain...
-...Par-là ! Je m'écrie et nous reprenons notre course folle à travers un énième tunnel inexploré.
Je sens l'air frais sur mon visage. Nous y sommes presque...! Cependant un nouveau démon se tient face à nous, décidé à ne pas nous laisser passer... C'est le type qui m'avait trouvé au Wyoming. Je plisse les yeux et ne ralentit pas l'allure, sabre sorti. Il allait voir ce qu'il allait voir ce sale fumier.
-NON ! Me hurle Matt juste derrière moi.
Trop tard, je ne vois qu'au dernier moment le sceau au sol et le traverse, provoquant une douleur me déchirant les entrailles. Un cri traverse mes lèvres et je m'écroule au sol, incapable de lutter contre la force du sortilège. La suite est floue, j'entends des sons au loin et ma vue s'obscurcie. Mon corps meurtri ne répond plus... Un combat se déroule juste à côté de moi et quelques minutes ou quelques secondes plus tard - je ne saurai dire- une silhouette se penche au-dessus de moi et je sens qu'on me soulève pour me poser sur quelque chose qui se met ensuite à bouger. Je flotte, moitié conscient, moitié inconscient, jusqu'au moment où je suis lourdement jeté sur le sol. Ma vue s'améliore un peu et je dodeline de la tête, voyant des arbres, du sable, le soleil qui tape au-dessus de ma tête et Matt, penché vers moi et me secouant par les épaules.
-Mec, ça va ? Hey, reste avec moi ! T'es un grand malade toi. Traverser un sceau de force, c'était hyper dangereux. Incroyable que t'es encore vivant et en un seul morceau. Hey, garde les yeux ouverts !
-Hmmr... Je grogne en réponse.
-Le choc est rude, il va te falloir quelques jours avant de t'en remettre totalement.
Ma tête va exploser, j'ai l'impression que mes poumons vont prendre feu, qu'on m'a brisé les os et que mon estomac se tort comme une serpillière. Génial comme sensations.
-Tu peux marcher ?
Je secoue le bras pour lui dire de me laisser tranquille et j'arrive à me redresser et me lever en prenant appui sur l'arbre derrière moi par je ne sais quel miracle. Je regarde le paysage qui s'étend devant moi. Un canyon. Le désert Texan à perte de vue. Un peu plus en amont, j'aperçois un point noir. L'entrée d'une grotte. Le repère des démons duquel on vient de s'évader. Matt a une force surhumaine, il a réussi à me prendre sur son dos et nous amener jusqu'ici avec les deux coffres. Nos coffres. Alors... Matt est l'un des nôtres aussi ? J'abandonne ma réflexion ici, mon cerveau refusant de coopérer et chercher plus loin. Et il faut que je me concentre pour ne pas retomber dans l'inconscience. Je me traîne difficilement derrière le blond qui ouvre la marche à travers le désert et ce, pour ce qui me semble être des heures.
Plusieurs jours se sont écoulés durant lesquels je n'ai cessé de tomber dans l'inconscience pour me réveiller et vomir alors même que je n'avais plus rien à vomir, n'ayant pas mangé depuis des jours, avec un mal de crâne pire qu'après une cuite, et des pics de douleur abominables, sans parler de la fièvre qui s'est abattue sur moi deux jours plus tôt. Le quatrième jour, je commençais à aller un peu mieux. J'avais cessé d'avoir des haut-le-cœur et j'arrivais à tenir debout sans m'aider des murs et des meubles mais la douleur n'était pas encore partie. Je ne pouvais pas utiliser mes pouvoirs ni ma Grâce pour me soigner. Je me suis levée de la couchette que j'occupais et me suis dirigé lentement vers le salon.
Matt et moi avons investi une vieille baraque abandonnée qu'on a trouvée après des heures de marches à travers le désert. Nous sommes au milieu de nulle part, et c'est vraiment un endroit insalubre mais au moins, nous sommes à l'abri et je peux récupérer mes forces sans être inquiété d'être retrouvé par des démons nous cherchant activement. Du moins, c'est ce que Matt m'a assuré et à vrai dire, dans l'état où j'étais, il pouvait me raconter ce qu'il voulait que j'aurai été d'accord du moment qu'on me laissait dormir.
J'entre dans le salon qui sent le renfermé. Les tapis ont été grignotés par les mites, la tapisserie est délavée et arrachée par endroit, les canapés sont défoncés et les meubles usés par le temps et la lumière qui entre par les vitres sales et jaunies. Bon sang... quel taudis... Mes narines me chatouillent et je crois que je vais commencer à faire une allergie à la poussière. Un bruit me fait lever les yeux au plafond. C'est non sans surprise que je découvre Matt, assit en tailleur au plafond, la tête en bas en train de manger une barre chocolatée.
-Yo mec. Ça roule comme tu veux mon pote ?
Je cligne plusieurs fois des yeux en me pinçant l'arête du nez. Non vraiment, voir un type dans cette position qui commence à vous taper la causette comme si tout ceci était naturel dès le matin, c'est vraiment perturbant. Bon au moins, il avait pris le temps pendant ces trois jours où j'étais complètement mort de se débarbouiller et de se couper les cheveux. Seuls ces vêtements déchirés, poussiéreux et j'en passe -mais où a-t-il trouvé ce débardeur à l'origine blanc mais maintenant tâché je ne voulais savoir avec quoi ou comment ?- laissaient à désirer.
-Combien de temps j'ai dormi ? Je demande en me frottant le visage.
-Des mois. Il répond, railleur. Tu ferais mieux de manger un truc, t'es tout palot. Me fait remarquer le blond.
Ahah, sans blague. Il me fait encore de l'humour. Il a bouffé un clown ce matin ou quoi ?
-Regarde dans le placard, dans la cuisine. Ajoute-t-il en me désignant la pièce à côté tout en s'essuyant la bouche.
Je m'y rends et ouvre les placards se trouvant en hauteur. Avant de les refermer aussitôt.
-Putain. Je lâche et je l'entends ricaner depuis le salon.
Je reviens sur mes pas.
-Ne me dit pas que tu as mangé ce qu'il y avait dans ces placards ? Je fais, y croyant à peine.
Il continue de rire en secouant la tête et laissant tomber le papier emballage que je rattrape avant qu'il ne me tombe sur la tête.
-Ces trucs sont périmés depuis cinq ans ! Je m'exclame en brandissant le papier devant lui.
Il se lève et marche au plafond puis sur le mur avant de regagner le sol.
-Oh c'est bon, fais pas ta chochotte. Tu vas pas mourir pour si peu. Il répond simplement, amusé. J'ai pas mangé à ma faim depuis des semaines, dans ce trou à rat. Il ajoute en se jetant sur le canapé sur lequel il rebondit en faisant grincer les ressorts.
J'hallucine, je ne sais même pas pourquoi je continue à parlementer avec lui, il n'en fait qu'à sa tête. Mon estomac se tort violemment mais je ne sais pas si c'est à cause de la faim ou par révulsion en repensant aux mets moisis stockés dans les placards. Et il veut que je mange ces trucs ?! Un sourire moqueur plaqué sur le visage, il me regarde, les mains derrière la tête et les pieds croisés sur la banquette. Il se moque de moi cet imbécile. C'est un sale type arrogant, se payant la tête des autres et une tête brûlée en prime.
-Au fait... Où sont nos coffres ? Je demande, en proie à une panique soudaine.
Je n'arrivais plus à me rappeler si on avait dû s'enfuir en les laissant à la caverne ou si Matt avait réussi à les emmener avec nous.
-Ils sont là.
Soulagé, je respire à nouveau, le stress redescendant d'un cran. Matt bondit pour se remettre debout et se dirige vers la cuisine. Je le suis et il ouvre le placard sous l'évier mais je ne vois rien. Il vient alors enlever une plaque -un faux fond !- et récupère nos coffres cachés derrière.
-Ingénieux. Je ne pensais pas que tu irais les planquer si bien...
-Qu'est-ce que tu crois ? J'avais pas envie que ces démons remettent leurs sales pattes dessus.
-Ils ont essayé de l'ouvrir, pas vrai ?
-Pff, ce truc est impossible à ouvrir ! Je me demande encore pourquoi je le garde avec moi.
-Attends, tu veux dire que même toi, tu n'as pas réussi à l'ouvrir ?
-Mec, je l'ai balancé en haut d'une falaise mais cette saloperie est restée intacte. Il me raconte.
-Tu as quoi ? Je fais dans les aigus, éberlué.
-J'ai tout essayé ! Même avec ma force surhumaine ça marche pas !
.tain. Sérieusement ? Je suis tombé sur quoi là ? Et moi qui pensais que Peter était un cas... J'ai trouvé encore pire que lui.
-Ce coffre est bien à toi, n'est-ce pas ? Je m'enquiers.
-Bien sûr.
-Tu es Nephilim, comme moi ?
-Yep.
-...Et tu marches au plafond ?
-Anti-gravité mec. Le truc le plus cool de la Terre. Mais ne change pas de sujet, tu veux en venir où à la fin ? Demande le blond, agacé par mes questions.
-Un sortilège empêche quiconque d'ouvrir nos coffres. J'explique. Seul son propriétaire en est capable. Mais pour ça, il faut que tu te concentres.
Matt m'a regardé comme s'il attendait encore la réponse.
-Eh bien, concentre-toi pardi ! Tout ce que tu as à faire c'est te concentrer sur le cadenas et il s'ouvrira tout seul ! J'explicite. ...Y'a pas de clé, c'est toi la clé. J'ajoute rapidement avant qu'il ne rétorque quelque chose et que je finisse par péter un câble.
Il finit par faire ce que je lui dis. ça prend un bon bout de temps. Apparemment, il préfère taper et cogner sur les monstres que de mener une réflexion. Tout dans les muscles, rien dans la tête hein. Sa patience -aussi courte soit-elle- fini par payer tout de même et le coffre s'ouvre comme par magie. Sans attendre, il plonge la main dans la boite et en sort des objets avec lesquels il commence déjà à jouer.
-Cool, y'a plein de gadgets ! Tient, je me demande à quoi ça sert ça...
Il a l'air d'être à l'aise avec son contenu, maniant d'étranges boules de différentes couleurs avec dextérité, jouant avec une petite barre de fer s'allongeant au premier toucher puis en différentes armes aux touchers suivants c'est-à-dire lance avec lame tranchante au bout, barre hérissée de piques, javelot.
-Mortel ! Il s'exclame joyeusement. Matte-moi un peu ça !
Je baisse les yeux sur mon propre coffre, le serrant contre moi avec appréhension. Matt m'observe, cessant un instant de jouer.
-Tu ne l'ouvres pas ?
-...
-C'est bon, prends ton temps.
Je suis resté une bonne demi-heure, peut-être plus, assis sur le tapis du salon en face de mon coffre en me demandant si je devais l'ouvrir ou non maintenant. J'avais peur d'être déçu. Et si il ne contenait, comme Matt que des armes ou des gadgets sans lien avec mon passé ? Je plaçais tellement d'espoir dans ce coffre depuis le début... J'espérais qu'il y ait un mot, une lettre, une photo... Rien qu'un petit bout de souvenir, pour savoir qui je suis et d'où je viens... Quelque chose qui me rappellerait mon enfance oublié... Dans mon dos, Matt ouvre le frigo et vient boire à même la brique. Je ne préfère pas savoir depuis combien de temps ce liquide se trouve dans ce frigo qui ne tourne même plus.
-Matt... Depuis combien de temps on est ici ?
-Quelle question, quatre jours ? Peut-être cinq ? Il fait en refermant le réfrigérateur d'un coup de pied et jetant la brique vide dans l'évier.
-Tu déconnes ! C'est pas vrai, cinq jours ?! Je fais, en ayant une pointe de lucidité.
Je me relève, passant avec nervosité mes doigts dans mes cheveux. ça ne va pas, ça ne va pas du tout, je ne me suis pas rendu compte du temps qui passait !
-Il faut qu'on bouge ! Il faut qu'on y aille ! Je fais avec agitation. Prends tes affaires, on se tire. Malia est en danger et ça fait cinq jours qu'on se prélasse ! Je déclare en prenant mon coffre sous le bras et en me dirigeant vers la sortie.
-Oh oh ! Calmes-toi mec, t'iras nulle part dans ton état. Lance Matt en se mettant sur mon chemin.
-Tu comprends pas, on peut pas attendre plus longtemps ! Je réplique en essayant de forcer le passage.
-Tu rigoles ou quoi ? ça fait à peine un jour que tu tiens debout- Commence-t-il en me bloquant le passage.
-ça suffira ! Je l'interromps.
-ET à peine trois heures que tu es levé et regardes-toi, tu es déjà à bout de force.
Il me repousse d'un seul doigt et je titube. Bon sang, je n'ai vraiment pas senti que je m'épuisais si vite... Et en forçant davantage, je ne faisais que de me vider inutilement de mes forces. Quel idiot.
-Je...Je peux pas me permettre d'être faible. Il faut que je retrouve Peter. Que je le prévienne. Je souffle, ma vue redevenant floue et les sons lointains.
-Recouches-toi. Ordonne Matt.
Je me sens basculer vers l'arrière. Matt me tient par les épaules, je crois. L'arrière de ma tête rencontre quelque chose de mou. Et c'est le noir complet, encore une fois.
Encore un nouveau personnage ! Matt est un sacré numéro... Il est particulier, plutôt mystérieux et il me plait beaucoup. Et vous ?
Prochainement, ENCORE de la nouveauté avec un flashback en Floride dans: Nouveaux Ennemis (III). Reason To Flee.
